LETTRE à HENRY - Jovialistes

Lettre à Henry

 

Jovialistes et Achem

 

‚ÄĒEt ne seront de leurs assaillemens vains, & au lieu que iadis fut l'habitation d'Abraham, sera assaillie par personnes qui auront en veneration les Iouialistes. Et icelle cit√© d'Achem sera enuironnee, & assaillie de toutes parts en tresgrande puissance de gens d'armes.‚ÄĒSeront affoiblies leurs forces maritimes par les Occidentaux. Et √† ce regne sera faicte grande desolation, & les plus grandes citez seront de peuplees, & ceux qui entreront dedans seront comprins √† la vengeance de l'ire de Dieu.‚ÄĒEt demeurera le sepulchre de tant grande veneration par l'espace de long temps soubs le serain √† l'vniverselle vision des yeux du Ciel, du Soleil, & de la Lune. Et sera conuerty le lieu sacr√© en ebergement de troupeau menu & grand, & adapt√© en substances prophanes.‚ÄĒO quelle calamiteuse affliction sera par lors aux femmes enceintes: & sera par lors du principal chef Oriental, la plus part esmeu par les Septentrionaux & Occidentaux vaincu, & mis √† mort, profligez, & le reste en fuite, & ses enfans de plusieurs femmes emprisonnez, & par lors sera accomplie la Prophetie du Royal Prophete: Vt audiret gemitus compeditorum, vt solueret filios interemptorum.‚ÄĒQuelle grande oppression qui par lors sera faicte sur les Princes & gouuerneurs des Royaumes, mesmes de ceux qui seront maritimes & Ori√™taux, & leurs langues entremeslees √† grande societ√©: la langue des Latins & des Arabes par la communication Punique,‚ÄĒ& seront tous ces Roys Orientaux chassez profligez, exterminez, n√ī du tout par le moyen des forces des Roys d'Aquilon & par la proximit√© de nostre siecle par moyen des trois vnys secrettem√™t cerchant la mort, & insidies par embusches l'vn de l'autre, & durera le renouuellement de Triumuirat sept ans, que la renommee de telle secte fera son estendu√ę par l'vnivers, & sera soustenu le sacrifice de la saincte & immaculee hostie:‚ÄĒ& seront lors les Seigneurs deux en nombre d'Aquilon, victorieux sur les Orientaux, & sera en iceux faict si grand bruit & tumulte bellique, que tout iceluy. Orient tremblera de la frayeur d'iceux freres, non freres Aquilonaires.‚ÄĒEt pource, Sire, que par ce discours ie mets presque confusement ces predictions, & quand ce pourra estre & l'aduenement d'iceux, pour le denombrement du temps que s'ensuit, qu'il n'est nullem√™t ou bien peu conforme au superieur: lequel tant par voye Astronomique, que par autres mesmes des sacrees escritures, qui ne peuuent faillir nullement,‚ÄĒque si ie voulois √† vn chacun quatrain mettre le denombrement du temps, se pourroit faire: mais √† tous ne seroit aggreable, ne moins les interpreter iusques √† ce Sire, que vostre Maiest√© m'aye octroy√© ample puissance pour ce faire, pour ne donner cause aux calomniateurs de me mordre.‚ÄĒ

 

Jovialistes

 

Jupiter

 

Dans la gnose ismaélienne, on peut trouver une identification de l'Imam avec la planète Jupiter du hiérocosmos. Le dieu Jupiter a pour génitif en latin Jovis, qui a donné l'adjectif français "jovial" (cf. le Mont Jovis de la Lettre, nom latin du Col du Grand Saint Bernard), et le nom du jour de la semaine le jeudi.

 

L'univers o√Ļ en brillent au Ciel les astres annonciateurs, c'est le hi√©rocosmos ('√Ęlam-e D√ģn) qui est l√† parmi les hommes. Hier d√©j√†, bien que ne fussent pas absents de son Ciel les astres mal√©fiques, ces Saturne et Mars du microcosme que sont les imams de l'hypocrisie et de i'inscience, put √™tre divulgu√©e pourtant la gnose de la Religion √©ternelle. Aujourd'hui, bien que brillent au Ciel du m√©socosme les deux astres b√©n√©fiques, l'imam et le Hojjat qui sont les Jupiter et V√©nus du '√†lam-e D√ģn, pourquoi le bon augure n'en estil pas sensible √† la trace dans une prosp√©rit√© de la gnose ? La r√©ponse, telle que la fournira ici le ¬ęta'w√ģl ¬Ľ, sera conforme √† ce symbolisme des mondes pr√©c√©demment mis en lumi√®re. Cosmos naturel et hi√©rocosmos sont instaur√©s comme deux exemplifications d'un m√™me arch√©type (p.160, 161). Nous avons rappel√© pr√©c√©demment la conception fondamentale (ci-dessus pp. 75 ss.) qui motive et justifie l'anagogie du ¬ęta'w√ģl¬Ľ, lorsque du cosmos des philosophes sa progression reconduit au cosmos de la Religion √©sot√©rique. L'homme a une √Ęme sensible et une √Ęme pensante. II a besoin des nourritures terrestres, de cette v√©g√©tation qui cro√ģt et prosp√®re sous l'influence des Sph√®res et des astres. Et il a besoin de cette nourriture sp√©culative √©labor√©e par les Im√†ms et leurs Preuves, qui sont les Sph√®res et les astres du Ciel √©sot√©rique de la Religion √©ternelle. Pour l'une et l'autre nourriture, il y a des temps d'abondance et il y a des temps de disette (¬ß 162). Lorsque les puissances sensibles, les app√©tits mondains, dominent chez les hommes, et que l'Inscience et l'Inconscience se sont √©tablies sur eux en souveraines, lorsque leur √Ęme pensante est devenue si d√©bile qu'ils ne sont plus dignes de la Connaissance, alors les Gardiens de l'herm√©neutique sacr√©e, de la gnose du Livre de Dieu, qui sont les nu√©es f√©condantes de la Mis√©ricorde divine, s'abstiennent d'en distiller la ros√©e. Ils savent que s'ils parlaient, ces ignorants pr√©tentieux et endurcis ‚ÄĒ Dieu les maudisse! ‚ÄĒ seraient incapables d'entendre. C'est selon le rituel secret des Fr√®res de la Puret√©, le temps pendant lequel les Sages ne doivent pas ¬ęrompre le je√Ľne¬Ľ, c'est-√†-dire le temps pendant lequel ils doivent observer rigoureusement la discipline de l'arcane. Par l√† m√™me nous voici pr√™ts √† entendre la v√©ritable signification d'aujourd'hui, hier, demain. Cette signification est perceptible non pas dans la succession indiff√©rente des jours d'un calendrier profane, mais dans la continuit√© d'un Temps qui est par essence une hi√©rophanie, une liturgie, c'est-√†-dire le Temps de la mytho-histoire que rythment les Cycles du ¬ę '√Ęlam-e D√ģn ¬Ľ, et dont la vie de l'adepte parcourt et reproduit en elle-m√™me une image. Demain, c'est l'au-del√† de la mort. D'ici l√† la vie de chacun de nous, c'est toujours son aujourd'hui (¬ß163, p. 162). Hier, bien que N√Ęzir ne fasse que le sous-entendre, c'est ce qui pr√©c√©da la naissance initiatique ou spirituelle (Wil√Ędat-e ruh√Ęn√ģ). De m√™me, le Cycle d'un Proph√®te c'est le jour de ce Proph√®te (¬ß164), et c'est tout le temps compris entre sa suscitation (ba'lh) et la R√©surrection (Qiy√Ľmat), c'est-√†-dire l'av√®nement de Qa'im qui vient clore le cycle de sa Proph√©tie (Q√Ę'im al- Qiy√Ęmat). C'est en ce sens que les jours de Mo√Įse, de J√©sus et des autres Proph√®tes, sont des jours d√©pass√©s (Nasir-i Khusraw, Livre r√©unissant les deux sagesses, ou, harmonie de la philosophie grecque et de la th√©osophie isma√©lienne, Volume 3 de Biblioth√®que iranienne, Henry Corbin, 1953 - books.google.fr).

 

N√© pr√®s de Balkh, d'une famille shi'ite, Nasir-e Khosraw se convertit, au cours d'un voyage en √Čgypte fatimide, √† l'isma√©lisme, dont il devient un ardent propagandiste ; il a d√©crit de pieux po√®mes √† tendances didactiques, un ¬ę Livre sur le bonheur ¬Ľ (Sa‚Äėadat-namah), un ¬ę Livre de la clart√© ¬Ľ (Rawshana'i-namah) et un ¬ę Itin√©raire ¬Ľ (Safar-namah), o√Ļ il parle de son voyage. Dans une douzaine d'ouvrages, il exposa la doctrine isma√©lienne. Le plus c√©l√®bre est le Djami‚Äė al-Hikmatayn (le ¬ę Livre des deux sagesses ¬Ľ qui r√©unit la th√©ologie et la philosophie (laquelle est pour lui le n√©o-platonisme) (www.universalis.fr).

 

La joie

 

Ceux qui naissaient sous le signe de Jupiter, roi des dieux de l'Olympe, √©taient promis √† une destin√©e heureuse, exprim√©e par l'adjectif jovial (du latin Jovis, Jupiter). Le mot signifiait d'abord ¬ęqui a trait √† trait √† Jupiter ¬Ľ. Par la suite, capt√© par la proximit√© phon√©tique de joie (latin "gaudia"), le sens est devenu proche de ¬ęgait√© forte, permanente¬Ľ : ¬ęC'√©tait un homme d'humeur joviale¬Ľ (Daniel Kunth, Les Mots du ciel: pr√©face d'Hubert Reeves, 2011 - books.google.fr).

 

A comprehensive examination of Mubarak's major works clearly indicates that he saw the object of his love in the persona of the Ismaili Imam of the time (Imam-i Zamari) in particular, and 'Ali as the spiritual incarnation of the divine essence in general. For him, the Imam is the essence of religion and the 'pole' (qibla) of men of knowledge. However, in most cases, he avoids using the actual name or revealing the status of his beloved [the beloved represents the Imam in his spiritual reality]. Instead, he makes indirect reference to and constant, 'silent' praise of him : If you are the seeker of the lord of the world, / Then look at 'the unity of age and time' ! There are therefore several Sufi poetic terms employed in Mubarak's poetry referring to the Beloved, such as Shah-an-Shahi 'ishq ('the king of the kings of love'), Yar ('the friend'), Nigar, Dildar ('the heart's possessor') Sanam ('the idol'), Shukh ('jovial, witty'), ma 'bud (a 'worshipped' one) and ma 'shuq (the Beloved). Although Mubarak holds firm to his way of religious understanding, he tolerates religious diversity and the various ways of looking for and approaching God, the Beloved. If the concealed becomes manifest the beloved is still the beloved whether hidden or unveiled, Though you seek Him in the Ka'ba, a mosque, or a Magian temple, the beloved does not change. Mubarak's poetic imagination is not simply a mystical description of an experienced 'extraordinary' sensation, but also a reality described in a language of metaphor. For instance, while describing the nature of truth (haqq), Mubarak states that it is not the concrete reality which can be found in the world, but it is an abstract notion hidden in and created by the 'happy fortune' (bakhti naku) of the seeker, who wants to establish room for worshipping God's in his/her heart: Truth is not a reality to look for around the world, / It is a useless suffering. / The step which is put forward to the world of your own / Will take you to the destination. As we have seen, Mubarak-i Wakhani is an extraordinary exemplar of Ismaili tradition in Badakhshan, whose pioneer was indeed Pir Shah Nasir. [...] Mubarak Wakhani is a window onto the tradition of Nasir Khusraw which was able to survive and even thrive among the peoples of the Pamir (Abdulmamad Iloliev, Mubarak Wakhani's Intellectual Contributions to Nasir Khusraw 's Tradition in Pamir (Tajikistan), Nasir Khusraw, 2005 - books.google.fr).

 

Mubarak Whakani (1843 - 1903) est un poète mystique et soufi du Tadjikistan (Pamir).

 

Chez N√Ęsir-e-Khusraw, l'Intelligence est elle aussi la premi√®re √©manation issue de Dieu. Mais le penseur fatimide la met en rapport avec la joie (sor√Ľr): "La preuve que la subsistance de l'Intelligence est la joie, c'est que l'instauration de la joie va de pair avec la disparition de l'ignorance; or l'ignorance est abolie par la connaissance. Cons√©quemment, il appert de ces pr√©misses que la joie est par la connaissance et que la connaissance est l'acte de l'intelligence". Reprenant l'id√©e d'Aristote, N√Ęsir-e-Khusraw poursuit en disant que le rire, qui constitue la manifestation par excellence de la joie, est une sp√©cificit√© de l'homme. C'est d'autre part de l'intelligence que provient la connaissance, entendue comme la mani√®re dont les hommes appr√©hendent les choses telles qu'elles sont. Cette connaissance concerne √† la fois les choses sensibles et les choses intelligibles. Bien qu'elle proc√®de de l'intelligence Universelle, N√Ęsir-e-Khusraw accorde une plus grande importance √† l'Ame universelle (Michel Boivin, La Renovation du Shi'isme Ismaelien En Inde Et Au Pakistan: D'apres les Ecrits et les Discours de Sultan Muhammad Shah Aga Khan, 2013 - books.google.fr).

 

Les notions d'Intelligence et d'Ame se retrouvent dans la religion des Druzes (ceux du jeudi), avec le natek et l'asas, le précédant et le suivant à l'exemple du prophète Mahomet et d'Ali (cf. quatrain X, 79).

 

Abu Mo‚Äôin Hamid ad-Din Nasir ibn Khusraw al-Qubadiani or Nasir Khusraw Qubadiyani Balkhi [also spelled as Nasir Khusrow and Naser Khosrow] (1004 ‚Äď 1088 CE) was a Persian poet, philosopher, Isma'ili scholar, traveler and one of the greatest writers in Persian literature. He was born in Qabodiyon, (Qabadiyan), a village in Bactria in the ancient Greater Iranian province of Khorasan, now in modern Tajikistan and died in Yamagan, now Afghanistan.

 

During the seven years of his 19,000-kilometre journey (1046‚Äď1052), Nasir visited Mecca four times, and performed all the rites and observances of a zealous pilgrim; but he was far more attracted by Cairo, the capital of Egypt, and the residence of the Fatimid caliph-imam Ma'ad al-Mustansir Billah, the Imam of the Ismaili Shi'a Muslims, which was just then waging a deadly war against the Abbasid caliph of Baghdad, and Toghrul Beg the Seljuk, the great defender of the Sunni creed. At the very time of Nasir's visit to Cairo, the power of the Egyptian Fatimids was in its zenith; Syria, the Hejaz, Africa, and Sicily obeyed al-Mustanir's sway, and the utmost order, security and prosperity reigned in Egypt. At Cairo, he learned mainly under the Fatimid da‚Äėi ("missionary") Mu'ayyad fid-Din al-Shirazi, and became thoroughly imbued with the Shi'a Isma'ili doctrines of the Fatimids, and their introduction into his native country was henceforth the sole object of his life. He was raised to the position of da‚Äėi "missionary" and appointed as the Hujjat-i Khorasan, though the hostility he encountered in the propagation of these new religious ideas after his return to Greater Khorasan in 1052 A.D. and Sunnite fanaticism compelled him at last to flee (en.wikipedia.org - Nasir Khusraw).

 

Les cycles

 

La longue vie de l'univers s'articule en cycles de sept mille ans, vers la fin desquels intervient un jugement des √Ęmes non encore √©lues ; celles qui alors sont indignes d'√©merger seront r√©incarn√©es au cours du cycle suivant pour tenter √† nouveau leur chance, sauf les plus m√©chantes devenues √† la longue des d√©mons tortur√©s par les app√©tits corporels. Ces cycles se divisent √† leur tour en mill√©naires inaugur√©s chacun par un proph√®te envoy√© : Adam, No√©, Abraham, Moise, J√©sus, Muhammad et le Qa'im de la r√©surrection, tous √©tant des manifestations ici-bas de plus en plus parfaites de l'Ame du genre humain. Cinq d'entre eux, de No√© a Muhammad, apportent chacun une nouvelle l√©gislation religieuse abrogeant la pr√©c√©dente. Ces l√©gislations, qui constituent une √©preuve, recouvrent une m√™me r√©alit√© profonde qui doit rester cach√©e aux m√©chants et aux non-initi√©s jusqu'√† la venue du Q√Ę'im de la r√©surrection ; car les six premiers mill√©naires constituent une p√©riode d'√©sot√©risme. A l'int√©rieur de chacun de ces six mill√©naires se succ√®dent, en vertu de cycles astrologiques et notamment des conjonctions de Saturne et de Jupiter, des s√©ries (en principe huit) de sept im√Ęms, ou heptades, th√©oriquement r√©parties chacune sur 120 ans en moyenne et passant alternativement de la clandestinit√© √† la manifestation tous les 240 ans approximativement. Les diff√©rents √©chelons des initi√©s sont reli√©s hi√©rarchiquement les uns aux autres et √† l'envoy√© ou √† l'im√Ęm par un influx, de m√™me qu'arrive √† ce dernier l'influx inspirateur de cinq √©chelons d'√™tres spirituels dont les premiers sont l'Intellect et l'Ame. Mis √† part cette notion des cycles astrologiques et proph√©tiques qui, je le r√©p√®te caract√©rise la doctrine philosophique des auteurs isma√Įliens, la conception de la descente et de la remont√©e est tr√®s analogue √† celle de F√Ęr√Ębi, le philosophe duod√©cimain ; et chez les mystiques sunnites nous trouvons, sinon la descente, du moins la remont√©e. Ajoutons que la da' wa ismailienne est une pr√©figuration √©minemment pure des confr√©ries de l'Islam sunnite (Yves Marquet, Po√©sie √©sot√©rique isma√Įlienne : la Taiyya de Amir b. Amir al-Basri, 1985 - books.google.fr).

 

Triplicité

 

La nouvelle l√©gislation qui, en d√©but de mill√©naire, vient remplacer la pr√©c√©dente, sera mieux adapt√©e aux conditions de l'√©poque. Ces lois religieuses dont les trois derni√®res sont la juda√Įque, la chr√©tienne et la musulmane, recouvrent une m√™me r√©alit√© profonde qui doit rester cach√©e aux non-initi√©s jusqu'√† la manifestation du Q√Ę'im, qui, lui, la d√©voilera √† tous avant le jugement de fin de cycle. Mais entre les proph√®tes envoy√©s, il faut en tout temps un imam (√©quivalent d'un proph√®te n'apportant pas une nouvelle Loi) pour continuer √† guider les hommes. De m√™me que les envoy√©s sont au nombre de sept, il y a dans chacun des six premiers mill√©naires huit s√©ries de sept imams ou ¬ęheptades¬Ľ (usb√Ľ'-s, par analogie avec la semaine), constitu√©es chacune de cinq imamats et deux moiti√©s d'imamat, le dernier imam d'une heptade √©tant le premier de l'heptade suivante, ou q√Ę'im, √©voquant le Q√Ę'im de la R√©surrection, car il y a un parall√©lisme des petits cycles √† l'int√©rieur des grands (Adam et le Q√†'im √©tant un m√™me personnage). Les huit heptades sont divisibles en deux s√©ries de quatre heptades qui constituent en 480 ans (ou 476 environ) un cycle complet. Ces quatre heptades se partagent en deux groupes : un groupe renaissance-apog√©e de 240 (238) ans, durant lesquels les imams r√©gnent avec une grande audience, et un groupe d√©cadence-clandestinit√©, o√Ļ le nombre des m√©chants se multiplie, les imams devant m√™me, durant une p√©riode, se cacher. Le passage du groupe d√©cadence-clandestinit√© au groupe renaissance-apog√©e est cens√© √™tre d√©termin√© par le pr√©tendu passage de la conjonction de Saturne et de Jupiter des signes de feu aux signes de terre (par exemple en 928), ou des signes d'air aux signes d'eau (par exemple en 1404) ; l'inverse est lui d√©termin√© par le pr√©tendu passage de la conjonction des signes de terre aux signes d'air (par exemple en 1166) ou des signes d'eau aux signes de feu (par exemple en 690). (Yves Marquet, La d√©termination astrale de l'√©volution selon les Fr√®res de la Puret√©, Bulletin d'√©tudes orientales, Volumes 44 √† 45, 1993 - books.google.fr).

 

Le passage de la conjonction d'une triplicit√© √† une autre tous les 240 ans √©tait cens√© d√©terminer un changement de dynastie et un renversement de situation dans l'im√Ęmat En ces 240 ans se succ√©daient deux heptades d'im√Ęms correspondant √† une double p√©riode : renaissance et apog√©e, la conjonction se produisant alors douze fois dans des signes de terre (Taureau, Vierge, Capricorne), ou dans des signes d'eau (Cancer, Scorpion, Poisson) ; ou au contraire d√©cadence et clandestinit√©, la conjonction se produisant alors douze fois dans des signes de feu (B√©lier, Lion, Sagittaire) ou dans des signes d'air (G√©meaux, Balance ou Verseau) (Yves Marquet, La philosophie des alchimistes et l'alchimie des philosophes: J√Ębir ibn Hayy√Ęn et les "Fr√®res de la Puret√©", 1988 - books.google.fr).

 

Le 28 ao√Ľt 571, qui r√©pond √† la naissance de Mohammed, la conjonction est entr√©e dans la triplicit√© aquatique qui comprend Scorpion, √Čcrevisse et Poissons, et y a √©volu√© dans cet ordre √† quatre reprises jusqu'en 789. Le 3 octobre 809, elle est entr√©e dans la triplicit√© ign√©e (Sagittaire, Lion, B√©lier). Enfin, le 19 novembre 1047, elle est pass√©e dans la triplicit√© terrestre (Capricorne, Vierge, Taureau) (Paul Casanova, Une date astronomique dans les √Čp√ģtres des Ikhw√Ęn as Saf√Ę, Journal asiatique, 1915 - books.google.fr).

 

Il y a pr√®s d'un si√®cle, Paul Casanova attirait d√©j√† l'attention sur un passage bien pr√©cis de la quarante-huiti√®me √©p√ģtre (¬ęDes modalit√©s de l'appel [√† aller] vers Dieu¬Ľ), dans lequel les Ikhw√Ęn annoncent le transfert de la conjonction des plan√®tes sup√©rieures d'un trigone au trigone suivant. Nous reproduisons ci-dessous la traduction qu'il avait lui-m√™me donn√©e dans un article devenu fameux: ¬ęUn des privil√®ges de nos fr√®res √©minents, c'est qu'ils sont les savants dans les choses de la religion, les connaisseurs dans les secrets des proph√©ties, les instruits dans les calculs philosophiques. Donc, quand tu en rencontreras un et que tu auras √©prouv√© sa vertu, annonce-lui la bonne nouvelle qui le r√©jouira et rappelle-toi que va na√ģtre le cycle du d√©voilement et du r√©veil et de la disparition des t√©n√®bres pour l'humanit√©, gr√Ęce au transfert de la conjonction, du signe (zodiacal) des triplicit√©s du feu au signe des triplicit√©s des min√©raux et des animaux, dans le dixi√®me cycle qui correspond √† la maison de la souverainet√© et de l'apparition des drapeaux. ¬Ľ A partir de cet extrait, et sur base du calcul r√©trospectif des conjonctions plan√©taires, Casanova pensait pouvoir conclure que la conjonction pr√©dite par les Ikhw√Ęn √©tait celle qui devait se produire en l'an 1047 et marquer le triomphe de la cause isma√©lienne ‚ÄĒ une pr√©diction selon lui remarquable puisque, douze ans plus tard, le fatimide al-Mustans√Įr se faisait effectivement proclamer calife √† Bagdad, mettant fin, encore que tr√®s provisoirement, au r√©gime des Abbassides alors en place depuis trois si√®cles sans interruption. Plus r√©cemment, Yves Marquet a repris le m√™me probl√®me, pour arriver √† une conclusion sensiblement diff√©rente. Selon lui, la p√©riode de r√©daction des √©p√ģtres se serait r√©partie sur pratiquement tout le dixi√®me si√®cle et l'extrait cit√© ci-dessus n'aurait pas vis√© la victoire finale du califat fatimide mais bien l'un de ses succ√®s pr√©liminaires, comme la prise du pouvoir en Egypte (en l'an 969), voire m√™me celle qui eut lieu ant√©rieurement en Ifriqiy√Ę (en 909), lorsque, pour la premi√®re fois, le mouvement isma√©lien cessa d'√™tre une organisation r√©volutionnaire clandestine pour devenir un pouvoir de fait. Il ne nous revient pas de trancher entre ces diff√©rents points de vue qui, stricto sensu, n'int√©ressent que quelques sp√©cialistes de l'histoire de la civilisation arabo-musulmane. Ce que nous avons plut√īt voulu montrer, en √©voquant par quelques exemples la survie en terre d'Islam de la doctrine relative aux conjonctions des plan√®tes sup√©rieures, c'est √† la fois la permanence et l'extraordinaire capacit√© d'adaptation de certaines th√©ories astrologiques. Les civilisations, les empires et les religions peuvent se faire ou se d√©faire: l'esprit humain demeure fondamentalement le m√™me, avec ses croyances et ses craintes, ses r√™ves et ses superstitions (Godefroy de Callata√Ņ, Conjonctions astrales et transferts de souverainet√©, Mais comment peut-on √™tre Persan ? El√©ments iraniens en Orient & Occident : liber amicorum Annette Donckier de Donceel, 2003 - books.google.fr).

 

Si on place la date de triplict√© d'eau en 571, alors la nouvelle date de passage est de 1523 √† 1761. 1594 o√Ļ se placerait le quatrain I, 50 est dans cette p√©riode. Il y reste avec la date de triplict√© d'eau en 1404 qui se termine en 1642.

 

De l'aquatique triplicité naistra

D'un qui fera le jeudy pour sa feste :

Son bruit, loz, regne, sa puissance croistra :

Par terre & mer aux orients tempestes.

 

Ce quatrain serait en rapport avec le remarquable règne de l'émir du Liban Fakhr eddine, de 1595 à 1634, qui était de religion druze. Les Druzes se rassemblent le jeudi soir pour la prière au sein de conseils, les majliss (cf. I, 50).

 

"qui auront en grande vénération les Jovialistes" : Persécutions en Palestine par le Calife Al Hakim, inspirateur du mouvement druze

 

Ainsi que l'a pr√©cis√© Casanova, se fondant sur la table des conjonctions g√©ocentriques de Saturne et de Jupiter, dress√©e par van de Sande Bakhuyzen et publi√©e √† la fin du m√©moire de Goeje sur les ¬ęCarmathes du Bahra√Įn et les Fatimides¬Ľ, lors de la naissance suppos√©e de Mahomet en 571, la conjonction passait √† la triplicit√© de l'eau; elle a d√Ľ passer √† celle du feu en 809 et elle passait √† celle de la terre en 1047. [...]

 

Cette date de 1047 √©tait donc vraisemblablement celle que les F√Ętimides pr√©voyaient approximativement pour le renversement de la dynastie abbasside et peut-√™tre m√™me la conqu√™te de Byzance, ce qui explique leur activit√© vers cette date en direction de la M√©sopotamie. On peut en d√©duire que Mahomet a inaugur√© une p√©riode d'apog√©e (en 571 ; √† moins qu'elle n'ait commenc√© effectivement qu'√† l'H√©gire?), qu'en 690, une p√©riode de d√©cadence commen√ßait et que la p√©riode de clandestinit√© devait durer de 809 √† 928, cette derni√®re date marquant approximativement le d√©but de la p√©riode de remont√©e aboutissant √† la date fatidique de 1047 et √† l'apog√©e (Yves Marquet, La philosophie des Ikhwan al-safa', 1973 - books.google.fr).

 

Le règne des Fatimides est dans son ensemble favorable aux Juifs, à l'exception de la dernière période, sous le règne d'Al-Hakim. Son règne ne semble pas avoir fondamentalement ébranlé la puissance fatimide puisqu'il conserve le vaste domaine califal qui, à son époque, n'avait encore rien perdu territorialement. Il participe même à l'expansion de l'empire fatimide en conquérant la Syrie jusqu'à Alep.

 

Sa folie, √† moins que ce ne soit sa conviction intime, l'isma√©lisme pouss√© jusqu'√† ses derni√®res cons√©quences, lui fit accepter et favoriser les th√©ories d'extr√©mistes isma√©liens suivant lesquels la divinit√© s'√©tait incarn√©e en lui. Les informations des historiens sur le r√īle respectif qu'ont jou√© en cette affaire des missionnaires isma√©liens, Hamza b. 'Al√ģ b. Ahmad al-Zawz√Ęn√ģ et Muhammad b. Ism√Ę'√ģl Anushtek√ģn al-Daraz√ģ, sont assez confuses, et il est certain que plusieurs √©pisodes ont √©t√© confondus. En tout cas, il semble que ce soit en 1017-8 que commen√ßa cette pr√©dication, avec l'accord du calife.

 

Si al-H√Ękim avait d√©cr√©t√© d√®s 1004 l'obligation pour les chr√©tiens et les juifs de porter le zunnar (ceinture reconnaissable) et le turban noir, et interdit la procession des Rameaux √† J√©rusalem en 1007, c'est en 1008 que sa politique religieuse prit un tournant radical. Cette ann√©e-l√†, il confisqua les biens (waqf) des √©glises et monast√®res d'√Čgypte. L'ann√©e 1009 v√ģt la destruction de nombreux monast√®res et √©glises : particuli√®rement le monast√®re de Qusayr, en √Čgypte et l'√©glise du Saint-S√©pulcre √† J√©rusalem. La destruction de ce haut-lieu de la chr√©tient√© mit un terme aux relations pacifiques entre l'empire fatimide et l'empire byzantin, l'empereur Basile II interdisant en 1015 les relations commerciales avec l'√Čgypte et la Syrie. Les dhimmis se virent oblig√©s de porter le ghiyar (insigne, morceau de tissu color√© distinguant les gens du Livre des musulmans) en sus du zunnar. Al-H√Ękim permit en 1013 aux chr√©tiens et aux juifs d'√©migrer en territoire grec avec tous les biens qu'ils pourraient emporter avec eux (fr.wikipedia.org - Al-Hakim bi-Amr Allah).

 

Le quatrain X, 73 daté de 2230-2031 se place une triplicité de terre 1047 + 952 = 1999 terminée en 2237. 1999 est la fin du période de triplicité de feu c'est-à-dire de décadence, et le début d'une période de triplicité de terre, renaissance. 1999 est la date mentionnée dans le quatrain X, 72, mis en rapport, par la méthode présentée sur ce site, avec les attentats de New York du 11 septembre 2001, attentats dits "islamistes" (cf. quatrain VI, 97).

 

Le temps présent avecques le passé,

Sera jugé par grand Iovialiste :

Le monde tard par luy lassé,

Et desloyal par le clergé juriste.

 

La tonalité du quatrain est assez en rapport avec une idéee de déclin et de fatigue.

 

Chaulveron donne la liste des conjonctions Jupiter-Saturne entre 1425 et 2199 à la page 246 (Chaulveron, Nostradamus et la fin des temps: 1555-2065, 2017 - books.google.fr).

 

Les dates fournies par Paul Casanova ne correspondent pas. Les triplictés se recouvrent partiellement.

 

1404 est la date de début de triplicité aquatique qui se termine théoriquement en 1642. La triplicté de feu commence en fait en 1603 et devrait se terminer en 1880, en fait en 1821 (Bélier), la triplicté de terre commence en fait en 1802 et devrait se terminer en 2118, en fait en 2000 (Taureau), la triplicité d'air commence en fait en 1981 et devrait se terminer en 2356, en fait en 2199 (Verseau).

 

La théorie des 238 ans n'est pas effective, pour les deux systèmes. Selon le comput, le quatrain X, 73 daté de 2230-2231 se place dans une période de triplicité d'air 1166 + 952 = 2118 terminée en 2356, ou une triplicité de terre 1047 + 952 = 1999 terminée en 2237. La triplicité d'air est une période de décadence et de clandestinité, et celle de terre une période de renaissance. Le premier comput fait commencer les triplicités 119 ans avant le second comput (Casanova). 119 est la moitié de 238. L'intérêt du comput de Casanova c'est que l'on obtient la date de 1999. A la date de 1761, date de fin de triplicté d'eau, le quatrain III, 77, qui renvoie au III, 31 par la date de 1727, se situe dans la région du Moyen Orient dominée par le Bélier selon l'astronome latin Manilius. En 1762, se place une conjonction de Saturne et de Jupiter dans la constellation du Bélier.

 

Sichem/Achem/Achen/Aachen/Aix la Chapelle

 

Ce passage de la Lettre  à Henry, roy de France second, est à comparer avec les chapitres XXXVIII et XXXIX d'Ezechiel.

 

Il y a une √©tonnante et remarquable concordance entre Nostradamus et ces deux chapitres d'Ezechiel ; la vision de Nostradamus √©tant centr√©e sur la France et l'Europe et celle d'Ezechiel sur Isra√ęl et le Moyen-Orient (Jean-Charles de Fontbrune, Nostradamus, historien et proph√®te, tome II, Rocher, 1982, pp. 139-141).

 

Sichem se trouvera dans le royaume du Nord lors de la division du royaume d'Isra√ęl. Le royaume du Sud sera appel√© royaume de Juda.

 

Aix la Chapelle est la capitale du saint Empire Germanique, royaume de l'Aquilon (nord) selon le Liber de oneribus.

 

Achem pourrait être la ville samaritaine de Sichem (Chaulveron, Nostradamus et la fin des temps: 1555-2065, 2017 - books.google.fr).

 

Il n'y a de Juifs samaritains qu'√† Naplouse; ceux d'√Čgypte sont kara√Įtes, comme il y en a en Crim√©e, √† Constantinople, √† Damas, √† J√©rusalem, et dans deux petits villages pr√®s de Bagdad. Naplouse est certainement, comme le dit M. le s√©nateur, l'ancienne Sichem ; il ne reste pas la moindre trace de Samarie. On croit seulement qu'elle √©toit √† demi-heure de cette ville, l√† o√Ļ il y a un puits que la tradition dit √™tre celui de la Samaritaine. Les Juifs samaritains croient encore que ceux d'Angleterre sont de leur secte. Ils sont au plus soixante, hommes, femmes et enfans, restes d'une secte qui se d√©truit journellement par la mis√®re. Les deux moins malheureux sont au service du chef du pays, emploi qui leur donne rigoureusement du pain ; les autres cherchent journellement √† vivre d'industrie. Ils habitent les vieilles masures dans un mauvais quartier de Naplouse. Ils croient peu en Dieu. Le pup√ģtre sur lequel ils placent l'√Čcriture, est surmont√© d'une figure d'oiseau qu'ils appellent Achima, mot particulier √† cette secte. Lorsqu'ils invoquent l'√™tre supr√™me, ils ne disent pas, comme les autres Juifs, Adonai, ils disent toujours Achima, ce qui fait croire qu'ils adorent la divinit√© sous le symbole de cet oiseau, qui a la forme d'un pigeon, et qu'ils croient √™tre le principe de toute chose, peut-√™tre m√™me la divinit√©. Leur seule synagogue est une tr√®s-petite et tr√®s-sale chambre. Ils doivent, pour y prier, √™tre v√™tus de blanc, et ne se m√™ler avec aucun √©tranger : ils prient cependant v√™tus comme ils le sont. Leur synagogue est ouverte √† tout le monde. On y voit rarement des curieux; mais, en ce cas, on les place s√©par√©ment. Ils observent le sabbat sans refuser l'occasion de gagner; ils √©gorgent eux-m√™mes les animaux qu'ils mangent. Ils ne touchent que ce qui tient de leur secte; s'ils sont forc√©s par le travail de toucher un √©tranger ou ses hardes, ils doivent se laver le plut√īt possible pour se purifier. Ils ne se marient qu'entre eux. Les morts, selon eux, sont impurs ; ils s'en √©loignent, et font ensevelir les leurs par des Turcs ou des Chr√©tiens. Les hommes ont les mŇďurs des malheureux de tous les pays ; ils sont crapuleux par occasion. Il se trouve parmi eux des femmes infid√®les, libertines m√™me , mais sans publicit√©. Ils n'ont de liaisons avec personne, et jamais avec les Kara√Įtes et les Rabbanites ; ils croiroient r√©ciproquement se d√©shonorer en se fr√©quentant : ils vivent ordinairement chez eux; le besoin les y oblige. L'√Čcriture est leur unique livre. Ils apprennent √† leurs enfans √† les conno√ģtre; c'est leur seule √©ducation : ils sont ignorans. Le tr√®s-petit nombre sait lire et √©crire en arabe seulement, pour ce qui a rapport √† un mis√©rable trafic, ce qui se r√©duit √† prendre des notes. A leurs P√Ęques, ils vont annuellement sur le mont Garizim offrir un mouton en sacrifice (M. Pillavoine, Vice-Consul de France √† Saint Jean d'Acre au s√©nateur Gr√©goire, 12 juillet 1808) (Correspondance des Samaritains de Naplouse, pendant les annees 1808 et suivantes, 1829 - books.google.fr).

 

La cit√© fut fond√©e en l'an 72 par les Romains et fut initialement nomm√©e Flavia Neapolis (¬ę nouvelle cit√© de l'empereur Flavius ¬Ľ), √† environ deux kilom√®tres √† l'est de la cit√© biblique de Sichem, premi√®re capitale du royaume d'Isra√ęl. Vespasien la fait construire √† la place d'un ancien village samaritain d√©nomm√© Mabartha. Philippe l'Arabe transforme Flavia Neapolis en Julia Neapolis en 244 et y fait venir de nouveaux colons romains. Elle garde le statut de colonie jusqu'en 251 sous Tr√©bonien Galle. La ville √† cette √©poque est devenue majoritairement chr√©tienne, avec une minorit√© samaritaine. L'√©v√™que de Neapolis participe au concile de Nic√©e en 325. Des r√©voltes de Samaritains interviennent au Ve si√®cle, notamment en 451, √† cause de rel√®vements de taxes.

 

Apr√®s la conqu√™te de la cit√© par les Arabes en 636, la cit√© est renomm√©e Nablus. Le g√©ographe arabe Al-Maqdisi la d√©crit au Xe si√®cle, comme un ¬ę petit Damas ¬Ľ. Naplouse est r√©put√©e pour ses ateliers de tissage, en particulier du lin.

 

Les Crois√©s arrivent ici en 1099 avec Tancr√®de et la renomment ¬ę Naples ¬Ľ (le nom de la ¬ę Naples ¬Ľ italienne vient aussi d'une ancienne ¬ę Neapolis ¬Ľ, tout comme ¬ę Nabeul ¬Ľ en Tunisie). La cit√© devient une des villes majeures du royaume de J√©rusalem. Elle est √©pargn√©e des combats, et des crois√©s s'y installent m√™me. Le concile de Naplouse s'y r√©unit en 1120 et jette les fondations des premi√®res codifications et lois du royaume franc. La communaut√© samaritaine a le droit de construire une nouvelle synagogue vers 1130, l'ancienne √©tant transform√©e en √©glise. C'est vers 1140 et le milieu du XIIe si√®cle que les Arabes musulmans et leurs troupes turques reprennent leurs attaques √† partir de leur base arri√®re de Damas. Ils br√Ľlent les √©glises et une partie de la ville en 1137, mais finissent par √™tre repouss√©s. La reine M√©lisende de J√©rusalem demeure √† Naplouse qui retrouve sa prosp√©rit√©, entre 1150 et 1161. Les crois√©s restaurent et agrandissent la ville, font construire une nouvelle √©glise d√©di√©e √† la Passion du Christ et une autre √† sa R√©surrection, ainsi qu'une vaste h√ītellerie pour les p√®lerins chr√©tiens. Cependant les musulmans command√©s par la dynastie ayyoubide s'emparent de Naplouse en 1187. La majorit√© des chr√©tiens latins s'enfuit par crainte de vengeance, tandis que les chr√©tiens arabes grecs-orthodoxes et les Samaritains demeurent, ainsi bien s√Ľr que les musulmans. Les √©glises crois√©es et la synagogue samaritaine sont transform√©es en mosqu√©es (fr.wikipedia.org - Naplouse).

 

Tout le monde sait que Salmanasar, roi d'Assyrie, ayant d√©truit le royaume des dix tribus et pris Samarie, emmena dans ses Etats tout ce que la ville et les provinces conquises renfermaient de familles distingu√©es par le rang, la puissance et les richesses , et que pour remplacer cette nombreuse et opulente population, il envoya des colonies tir√©es des diverses parties de son Empire. Ces nouveaux peuples n'avaient ni le m√™me culte, ni les m√™mes mŇďurs, ni la m√™me langue; mais les Juifs samaritains formant la plus grande partie de la population, les colonies √©trang√®res ne tard√®rent pas √† adopter leurs usages, leur langue et leur religion , et bient√īt il n'y eut plus qu'un seul peuple, celui des Samaritains. Leur culte, leurs dogmes, leurs lois civiles √©taient fond√©es sur les livres de Mo√Įse, et les Samaritains n'√©taient pas moins religieux observateurs de la loi que les Juifs; mais ils n'adoraient pas de la m√™me mani√®re ; ils faisaient leurs offrandes sur le mont Garizim, et les Juifs les faisaient sur le mont Sion ; cela suffisait pour entretenir entre les deux peuples une haine mortelle ; tant les id√©es religieuses elles-m√™mes peuvent enfanter de discordes et de maux, lorsqu'elles sont livr√©es √† l'indiscr√©tion d'un z√®le ardent et passionn√© ! Quelques autres points, sans doute, divisaient encore les Juifs et les Samaritains ; mais ces vari√©t√©s d'opinion sont si difficiles √† saisir, qu'√† peine pourrait-on, dit M. de Sacy, √©tablir entre les deux nations la m√™me diff√©rence qu'entre les Pharisiens et les Sadduc√©ens, √† l'√©poque o√Ļ le Messie vint substituer la loi nouvelle √† la loi de Mo√Įse ; et cependant nulle haine ne divisait les deux eectes; ils participaient aux m√™mes c√©r√©monies , aux m√™mes sacrifices ;ils se trouvaient r√©unis dans les m√™mes assembl√©es, aux m√™mes tribunaux ; ils ne s'aimaient point, mais ils ne s'anath√©matisaient pas.. Si l'on demande quelle est l'origine du nom de Samaritains, le grand nombre des lecteurs toujours pr√™t √† r√©pondre, parce qu'il n'est jamais pr√™t √† douter, r√©pondra sans h√©siter qu'il vient de Samarie, comme le nom de Parisiens vient de Paris; mais les lecteurs instruits pourront bien ne pas se contenter de cette explication, et demanderont peut-√™tre d'o√Ļ vient le nom de Paris. Ici la foule des lecteurs serait un peu embarrass√©e ; car il faudrait chercher, dans la langue celtique, une origine raisonnable ; et la foule des lecteurs conna√ģt fort peu la langue celtique. Qui sait m√™me si toute l'√©rudition de l'Acad√©mie celtique suffirait √† la solution du probl√™me ? Il n'en est pas de m√™me pour les Samaritains. Ce peuple a √©t√© l'objet des recherches d'un grand nombre de savans ; et S. Epiphanes, l'un des P√®res les plus √©rudits de la primitive √©glise , ne para√ģt nullement embarrass√© sur l'√©tymologie de leur nom. Il ne fait aucune difficult√© de le d√©river d'un mot h√©bra√Įque qui r√©pond au mot fran√ßais gardiens. Il estime donc que les Samaritains √©taient les gardiens du pays et de la loi. Ils gard√®rent l'un plus mal que l'autre. On n'a aucun reproche √† leur adresser sous le rapport de la fid√©lit√© religieuse ; mais leur courage n'a pu les affranchir de la dispersion g√©n√©rale √† laquelle est condamn√©e toute la race de Jacob. Ils sont aujourd'hui errans, sans asile, sans consid√©ration, et presque sans esp√©rance. On trouve des Juifs par-tout, on ne trouve de Samaritains presque nulle part. Les descendans de L√©vi, de Sim√©on, d'Issachar, de Ruben, de Nephtali, etc., sont aujourd'hui r√©duits √† un petit nombre de familles, pauvres, malheureuses et m√©pris√©es. Elles √©taient m√™me totalement oubli√©es en Europe lorsque Jules Scaliger songea √† faire quelques recherches √† leur sujet, dans l'intention de se procurer le Pentateuque samaritain. On travailla donc √† √©tablir des liaisons avec eux ; on d√©couvrit qu'ils avaient quelques √©tablissemens √† Sichem (aujourd'hui Naplouse) et au Caire. On re√ßut des r√©ponses de leurs docteurs; les plus anciennes sont adress√©es √† Joseph Scaliger, et dat√©es de l'an 1589 de l'√®re vulgaire ; mais Scaliger √©tait mort lorsque ces lettres arriv√®rent, et elles furent remises au savant P. Morin, et publi√©es en latin par R. Simon, dans son recueil des Antiquit√©s de l'Eglise orientale (Salgues, sur Annales des voyages, de la g√©ographie et de l'histoire publi√©es par M. Malt-Brun, Mercure de France, Tome 55, 1813 - books.google.fr).

 

Jules Scaliger √©tait install√© √† Agen o√Ļ Nostradamus s√©journa √† la m√™me √©poque. Les Samaritains sont peut-√™tre un des sujets du quatrain X, 91.

 

La variante du manuscrit H de l'Invencionario d'Alfonso de Toledo donne "Achen" pour Sethem/Sichem dans un de ses passages : "Sethem hedifico Emor la qual agora se llam Napol" (Philip Otto Gericke, The Invencionario of Alfonso de Toledo: Edition: With Introductory Study and Notes, 1965 - books.google.fr).

 

D'inspiration biblique et eccl√©siastique, l'Invencionario (XVe s.) traite de divers aspects de la vie mat√©rielle et spirituelle. Reflet de la culture et des coutumes de Castille sous Henri IV, il fournit en outre des indications sur l'√©rudition de jadis. Mais quel en est l'auteur? Serait-ce Alfonso Martinez de Toledo, l'Archipr√™tre de Talavera ? ou un autre Alfonso Martinez de Toledo, le ¬ę vecino de Cuenta ¬Ľ, comme se l'est demand√© Mario Penna ? E. von Richthofen, qui, semble-t-il, n'a pas consult√© les manuscrits, a opt√© pour l'Archipr√™tre en se r√©f√©rant √† l'Ensayo de Gallardo. Mais il oubliait ainsi que Gallardo s'√©tait simplement content√© de copier, pour son usage personnel, un extrait d'un catalogue incomplet, qui ne mentionnait pas le meiller manuscrit, celui du xve si√®cle. Or, celui-ci attribue Y lnvencionario au ¬ę vecino de Cuenta ¬Ľ. C'est √† ce t√©moignage √©vident que se rallie M. R. del Piero. La d√©dicace √©tant d'ailleurs dat√©e de 1474, le d√©but de la r√©daction se situerait vers 1460 (Les Lettres romanes, Volumes 19 √† 20, Universit√© catholique de Louvain (1835-1969), 1965 - books.google.fr).

 

"le grand sepulchre de grand tant veneration"

 

Jerusalem prise aux Seldjoulkides en 1099 par les Croisés ne sera reconquise par Saladin et les Seldjoulkides de Roum qu'en 1187, 40 ans après 1147/1149.

 

"esmeu par les Septentrionaux"

 

Jouant sur les conflits locaux, les musulmans r√©ussirent √† s'infiltrer dans les zones les plus strat√©giques. Il leur arriva de contr√īler le passage du col du Grand-Saint-Bernard. Apr√®s avoir √©t√© difficilement d√©log√©s de Bari o√Ļ ils avaient fond√© un √©mirat, ils contr√īl√®rent jusqu'en 915 une citadelle puissante sur le Garigliano. Il fallut une vaste coalition de Grecs et d'Allemands, agissant √† la demande du pape, pour les expulser de la p√©ninsule. Un renversement s'op√©ra au cours du XIe si√®cle avec l'arriv√©e des Normands qui mirent leurs redoutables capacit√©s guerri√®res au service du pape en 1059. Il leur fallut toutefois pr√®s de trente ans pour chasser les Arabes de Sicile. Pendant ce temps une r√©organisation interne de l'Italie du Nord aboutissait √† la naissance des r√©publiques urbaines, Pise, G√™nes et Venise, qui fond√®rent leur puissance sur l'activit√© navale. Refoul√©s de Corse, les musulmans le furent aussi de Sardaigne, au plus tard en 1020. Dans le m√™me temps les flottes pisanes et g√©noises portaient la contre offensive aux Bal√©ares et au Maghreb. Cette strat√©gie culmina en 1088 avec le pillage du grand arsenal fatimide de Mahdiya en Ifriqiya. L'occupation du littoral tunisien par le roi de Sicile, Roger II, de 1148 √† 1159 fut l'un des √©pisodes marquants de ce renversement de tendance¬† (attarikh.over-blog.com).

 

Georges d'Antioche, un chrétien syrien, est l'artisan de l'expansion normande en Afrique du Nord.

 

L'occupation normande fut √† vrai dire de trop courte dur√©e et cela explique, sans doute, la relative p√©nurie des sources. Quoiqu'il en soit, il semble √©tabli que le gouvernement normand de l'Ifriqiya fut lib√©ral. Tous les textes disent que les populations ont rapidement r√©int√©gr√© les villes occup√©es apr√®s une amnistie g√©n√©rale, qu'il n'y eut pas d'administration directe ni de gouvernement militaire, sauf √† Tripoli. Ailleurs le gouvernement fut confi√© √† des notabilit√©s locales inspirant confiance aux populations. Peut-√™tre Roger II, exploitant les querelles intestines qui d√©chiraient le pays, s'est-il appuy√© sur les tribus hilaliennes contre les Zirides. El Kairaouani √©crit que ¬ęplusieurs tribus arabes se soumirent¬Ľ au roi de Sicile. Le cas de Gabes est probant : alli√© de Roger II contre Ali, puis contre El Hassan, Gabes conserve apres la chute de Mahdiya, une quasi autonomie sous le gouvernement des Hilaliens Beni Djama qui ne furent chass√©s que par Abdel Moumen lors de la reconqu√©te almohade. D'apres IBN EL ATHIR, Roger II appuya les tribus arabes contre les Almohades, notamment en 1152-1153, lors de la bataille de Setif. L'administrationsicilienne dans les villes occup√©es semble avoir √©t√© extr√™mement prudente et discr√®te, soucieuse avant tout de ne pas provoquer de conflit avec les populations locales. Les institutions ant√©rieures √† la conqu√™te n'ont sans doute pas √©t√© modifi√©es. El Kairaouani note, √† propos de Mahdiya que Roger II ¬ęfit rendre la justice par des Kadis agr√©ables au peuple, et qu'il avan√ßa aussi des fonds aux n√©gociants pour ranimer le commerce¬Ľ (K. B. Elkhodja, Roger II en Ifriqiya, Africa, 1966 - www.inp.rnrt.tn).

 

Les Francs s'empar√®rent de la place de Sfax le 23 safar (12 juillet) √† la suite d'un assaut qui leur co√Ľta beaucoup de monde, et r√©duisirent en esclavage les hommes survivants, les femmes et les enfants. Une amnistie g√©n√©rale fut ensuite proclam√©e et permit √† la population, rentr√©e dans ses foyers, de racheter femmes et enfants. Le vainqueur traita avec mansu√©tude les habitants de Sfax aussi bien que ceux de Sousse et de Mahdiyya. Ensuite arriv√®rent des lettres de Roger qui accordaient l'amnistie √† toute l'ifrikiyya et qui √©taient remplies de belles promesses. Apr√®s avoir r√©tabli l'ordre dans les villes conquises, Georges conduisit sa flotte √† Ik'l√ģbiyya [Clypea, aujourd'hui Galipia), ch√Ęteau-fort bien d√©fendu naturellement. Mais √† cette nouvelle les Arabes se jet√®rent dans la place et la d√©fendirent si vigoureusement que les Francs durent se rembarquer apr√®s avoir subi des pertes sensibles, et regagner Mehdiyya (Ibn al Athir, Annales du Maghreb et de l'Espagne) (Pays d'Islam et monde latin, Xe-XIIIe si√®cle: textes et documents, 2000 - books.google.fr).

 

Triumvirat : La légende des trois condisciples

 

L‚Äôhistorien Rash√ģd al-D√ģn al-Thab√ģb rapporte cette l√©gende dans ses Sar Gudhasht-i Sayyidn√Ę. Hassan aurait fr√©quent√© l'universit√© de Nichapur avec Omar Khayyam, le po√®te-astronome perse, tous deux √©taient dans un cercle d‚Äôastrologues √† la cour princi√®re, mais Hasan dut le quitter √† cause d'un scandale commis par un rival jaloux. Un autre de ses camarades de classe fut Nizam al-Mulk qui devint premier ministre. Ces trois-l√† firent un pacte, selon l'autobiographie de Niz√Ęm, si l'un d'eux, n'importe lequel, montait haut dans la hi√©rarchie, il aiderait les autres √† y parvenir aussi. Plusieurs chercheurs ont des doutes sur l‚Äôauthenticit√© de cette l√©gende sur le pacte d‚Äôamiti√© et d‚Äôentraide de ces c√©l√®bres condisciples. Cela rel√®ve probablement de la l√©gende, car Nizam al-Mulk, Omar Khayyam et Hassan Sabbah avaient des √©carts d'√Ęge importants : le vizir al-Mulk ayant environ 30 ans de plus que Khayyam et 40 de plus que Sabbah. De plus Nizam al-Mulk, grand vizir des sultans Seldjoukides, faisait en toute logique preuve d'une grande m√©fiance √† l'√©gard des Isma√©liens, dont Sabbah sera tr√®s vite un tr√®s grand repr√©sentant.

 

Rashid al-Din, n√© en 1247 √† Hamadan, mort en 1318, est un homme d‚Äô√Čtat persan d'origine juive de la p√©riode des khans Houlagides et un historien, auteur notamment du livre intitul√© Jami al-tawarikh (Histoire universelle). Rashid al-Din est le fils d‚Äôun pharmacien juif de Hamadan, centre important de culture juive en Perse, √©tant notamment pourvu d‚Äôun coll√®ge rabbinique. Il se convertit √† l'islam vers 1277. Ibn Taymiyya, un th√©ologien Damas oppos√© aux Mongols, le d√©crit en ces termes apr√®s une rencontre en 1300 : ¬ę C'√©tait un Juif philosophant. Ensuite, il se rattacha √† l'Islam avec ce qu'il y avait en lui du juda√Įsme et de la pratique de la philosophie, et il rejoignit ce Rafidisme-l√† ¬Ľ. (fr.wikipedia.org - Hassan ibn al-Sabbah).

 

Seldjoukides, Mongoles et Assassins sont trois ennemis des Européens au Moyen orient. En 1187, Saladin reprend Jerusalem aux Croisés avec l'aides des Seldjoukides de Roum (autrement Romanie). Les Mongoles seront ceux qui mettront fin à la puissance seldjoukide.

 

Hasan-i Sabb√Ęh (1036 ? - 1124), parfois surnomm√© ¬ę le Vieux de la Montagne ¬Ľ, √©tait le chef de la secte chiite isma√©lienne des Niz√Ęrites, qu'il dirigeait depuis la forteresse d‚ÄôAlamut. il devient isma√©lien vers l'√Ęge de 35 ans et se rend en √Čgypte o√Ļ il parfait ses connaissances au Dar al-Hikma (Maison de la sagesse) du Caire (fr.wikipedia.org - Hassan ibn al-Sabbah).

 

En 1256, les Mongols, déferlant à nouveau en Perse, anéantissent Alamut, nid d'aigle en principe imprenable des Assassins, secte chiite ismaélienne crainte tant par les sunnites que par les croisés chrétiens.

 

"sera soustenu le sacrifice de la sainte hostie"

 

Saladin avait mis fin √† la dynastie fatimide en 1171, sept ans apr√®s la proclamation de la R√©surrection √† Alam√Ľt (1164). Peut-√™tre faut-il voir dans cet √©pisode la l√©gende d'apr√®s laquelle le Vieux de la Montagne voulut devenir chr√©tien. Les chroniqueurs des Croisades se font √©cho de la R√©surrection proclam√©e √† Alam√Ľt comme une volont√© de se rapprocher du christianisme, voire de se convertir au christianisme. Joinville (m. 1317) √©crit qu'un chef des Assassins proclama que le temps de Mahomet √©tait r√©volu, que ses disciples pouvaient manger du porc et boire du vin, pr√©alables avant de devenir chr√©tien (Boivin 1984 : 18). La l√©gende est d√©taill√©e par Jacques de Vitry, un chroniqueur du 13eme si√®cle. D'apr√®s Jacques de Vitry, le chef des Assassins aurait envoy√© un messager au roi de J√©rusalem pour lui faire part de ses intentions de devenir chr√©tien. Mais son messager aurait √©t√© tu√© au retour de sa mission par un chr√©tien (peut-√™tre oriental). Les Assassins, se sentant trahis, d√©cid√®rent alors de se retourner contre les Crois√©s. Cette l√©gende semble r√©sulter d'un m√©lange de divers faits historiques av√©r√©s. En effet, Saint Louis avait envoy√© un √©missaire aupr√®s du Vieux de la Montagne, fr√®re Yves Le Breton. Celui-ci fut surpris de trouver au chevet du Vieux des paroles de J√©sus rapport√©es par St Pierre (Boivin 1984 : 22). Le mythe des Assassins va perdurer dans l'imaginaire fran√ßais. Au fur et √† mesure que se construit la rationalit√© moderne a partir de la Renaissance, la repr√©sentation des Assassins accentue les aspects irrationnels (Michel Boivin, Les Isma√©liens d'Asie du sud: Gestion des h√©ritages et productions identitaires, 2008 - books.google.fr).

 

"d'Aquilon victorieux" peut faire référence à la bataille perdu par l'empereur du Saint Empire germanique Conrad III à Dorylée en 1147. Secrètement allié de l'empereur grec Manuel Comnène, qui trahissait les Latins, Masoud fit tomber dans un piége et anéantit complétement l'armée chrétienne.

 

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