L'Hôtel de Soissons

L'Hôtel de Soissons

 

VII, 9

 

2005-2006

 

Dame l'absence de son grand capitaine,

Sera priée d'amour du Vice-Roy,

Fainte promesse & malheureuse estreine,

Entre les mains du grand Prince Barroy.

 

Ce quatrain porterait sur le destin malheureux de Catherine de Bourbon, soeur du roi de France Henri IV (The True Prophecies Or Prognostications of Michael Nostradamus, Translated and Commented by Theophilus de Garencieres, 1685 - books.google.fr).

 

Catherine de Bourbon

 

L'hôtel de Soissons était situé sur l'emplacement actuel de la Halle aux blés; il occupait tout l'espace compris entre les rues Coquillière, de Grenelle, des Deux-Écus et du Four-Saint-Honoré. [...] Jusqu'à la mort de Catherine de Médicis, arrivée en 1589, cet hôtel porta le nom d'hôtel de la Reine, n'en déplaise à M. Alexandre Dumas, qui, dans son drame de Henri 111, fait dire à Catherine : "Notre hôtel de Soissons", nom qu'il ne prit qu'en 1604, quinze ans après la mort de Catherine, lorsqu'il fut acheté par Charles de Bourbon, comte de Soissons. Catherine mourut, assistée à ses derniers moments par Laurent de Saint-Germain, évêque de Nazareth. Son testament léguait son hôtel à Christine de Lorraine, sa petite-fille; mais Catherine ayant laissé plus de dettes que de biens, l'hôtel fut vendu au profit des créanciers. Catherine de Bourbon, sœur de Henri IV, l'acheta. A la mort de cette princesse, le comte de Soissons, qui l'avait ardemment aimée, paya cet hôtel près de 100 mille livres pour s'entourer des souvenirs de sa chère maitresse. Le comte de Soissons mourut en 1612; sa fille Marie de Bourbon apporta en mariage l'hôtel de Soissons à Thomas de Savoie, prince de Carignan; leur fils Eugène-Maurice hérita de l'hôtel et du titre des comtes de Soissons; il épousa Olympe Mancini, et fut le père du prince Eugène, qui naquit à l'hôtel de Soissons le 18 octobre 1663. Sous la Régence, l'hôtel de Soissons appartenait au prince Victor-Amédée de Savoie-Carignan, qui offrit à Law de transporter dans les jardins de son hôtel le marché des actions, que le chancelier avait repoussé de la place Vendôme. Law accepta, et une ordonnance du 1er août 1720 établit la Bourse dans le jardin de cet hôtel, où le prince de Carignan fit construire cent trente-sept baraques, qu'il louait 2,500 livres par mois. Malgré les énormes bénéfices que dut lui procurer celte spéculation, le prince de Carignan mourut insolvable en 1741; ses créanciers obtinrent la permission de faire démolir son hôtel pour en vendre les matériaux. Un ami des arts, Petit de Bachaumont, parvint à sauver la colonne de Bullant en l'achetant de ses deniers. La ville de Paris acheta en 1755 les terrains de l'hôtel de Soissons pour la somme de deux millions; en 1762, on résolut d'y élever un édifice pour la halle u blé; en 1767, cette halle et les maisons uniformes qui l'entourent étaient achevées. La colonne, rachetée par la ville, avait été décorée d'un cadran solaire, et une fontaine coula de son piédestal. A ces deux conditions, on voulut bien oublier que la colonne de Bullant dérangeait quelque peu la symétrie de la nouvelle halle, et le dernier vestige du palais de Médicis a pu parvenir jusqu'à nous, en sacrifiant à la Révolution les chiffres couronnés, les emblèmes et les fleurs de lis qui attestaient sa royale origine (Amédée Renée, Les nièces de Mazarin: études de moeurs et de caractères au 17e siècle, 1856 - books.google.fr).

 

L'insuccès politique de la Ligue était une défaite pour les princes lorrains. L'intérêt et la dignité faisaient à Charles III une loi de ne pas entretenir avec Henri IV des rapports trop fréquents et trop intimes. Le duc ne sut point le comprendre. Il n'avait pas réussi à faire monter son fils Henri, marquis de Pont-à-Mousson, sur le trône fleurdelisé : il voulut du moins lui procurer la main de la sœur du roi, Catherine de Bourbon. L'intérêt seul pouvait y trouver son compte : Catherine avait six ans de plus que Henri ; elle était sa parente au troisième degré et surtout elle était calviniste fervente. [...] Clément VIII, en ce même temps, écrivait de Rome des lettres pressantes au duc, pour le détourner d'un projet aussi dangereux ; au cardinal de Lorraine, pour le prier d'agir sur son frère Henri. [...] Henri de Bar et son père se flattaient que le pape céderait devant le fait accompli et que peut être, le temps aidant, la nouvelle duchesse se convertirait. Mais Clément VIII fut inflexible. [...] Vains efforts : le 29 janvier 1599, l'archevêque de Rouen, Charles de Bourbon, frère bâtard de Henri IV, bénit le mariage dans le cabinet même du roi. [...]

 

Henri II, pieux comme il l'était, souffrait vivement de se sentir rebelle à l'autorité de l'Église. Il désirait donc répudier Catherine ; mais il craignait son beau-frère et il comptait s'appuyer sur un ordre du pape. Il partit donc pour Rome, le 17 avril de l'an 1600 ; Christophe de La Vallée, alors souffrant, ne put l'accompagner. Arrivé le 15 mai, il fut reçu en audience le 26. Clément VIII l'accueillit avec bonté et remit l'examen de sa cause à une commission composée des cardinaux Bellarmin, San-Severino, d'Ossat, et de trois théologiens. Le choix du cardinal d'Ossat était une preuve que le souverain pontife, dans toute cette affaire, n'entendait point céder à la passion, mais au respect des sacrés canons et à l'intérêt suprême du Catholicisme. La commission déclara que le pape pouvait en tout état de cause relever le prince de l'excommunication ; qu'il pouvait aussi, s'il le jugeait expédient, accorder les dispenses de parenté et de disparité de culte, mais que le duc de Bar ne pourrait recevoir l'absolution, s'approcher de la Table Sainte et gagner les indulgences du jubilé que s'il s'engageait à quitter Catherine. Le pape se trouvait alors dans une grande perplexité : s'il accordait les dispenses, il était persuadé que la duchesse de Bar, obstinée dans ses erreurs, serait un danger pour la foi des Lorrains ; s'il engageait Henri à remplir son devoir de chrétien, il craignait le ressentiment du roi de France. Il préféra laisser aller les choses et continua simplement à refuser les dispenses. Catherine, alléguait-il, avait autrefois promis de se convertir pour obtenir la main du comte de Soissons : pourquoi se contredisait-elle, alors qu'il s'agissait d'intérêts beaucoup plus considérables. Cependant le prince, poussé par les inquiétudes de sa conscience et par le secret désir de son cœur, souscrivit sans peine à la demande des cardinaux, déclara renoncer à Catherine de Bourbon, reçut l'autorisation de prendre un confesseur, gagna les indulgences et, le 13 décembre, quitta la Ville éternelle. Mais, en rentrant en Lorraine, il se retrouva en présence du fait accompli. Celle qu'il avait promis de répudier était toujours à la Malgrange et Henri IV, instruit de tout par le cardinal d'Ossat, prétendait bien que sa sœur resterait duchesse de Bar.

 

Les Lorrains ne furent guère affectés de la mort prématurée de Catherine, et le duc dut prescrire un deuil officiel dans tous ses États. Quant à Henri II, il ne tarda point à conclure un nouveau mariage. Le 22 mars 1606, il épousa Marguerite de Gonzague, nièce de la reine Marie de Médicis, mais cette seconde union ne lui donna que deux filles, les princesses Nicole et Claude. Nous verrons plus tard quelles terribles conséquences devait avoir pour le pays cette absence d'héritier masculin (Eugène Martin, Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, Tome 2, 1901 - books.google.fr).

 

La romancière Charlotte-Rose de Caumont La Force publie en 1703 une biographie très romancée de Catherine de Bourbon, la présentant comme une amante malheureuse, Mémoire historique, ou Anecdote galante et secrète de la duchesse de Bar (fr.wikipedia.org - Catherine de Bourbon (1559-1604)).

 

Vice roi

 

Charles de Bourbon (né le 3 novembre 1566 à Nogent-le-Rotrou – le 1er novembre 1612 au château de Blandy-les-Tours), comte de Soissons et de Dreux, est un prince de sang français, cousin d'Henri IV. Il est le demi-frère du prince de Condé, chef du parti protestant et le cousin du roi de Navarre devenu Henri IV de France, en 1589. Bien que de religion catholique, il rejoint les troupes de ce dernier et combat l'armée royale à la bataille de Coutras (1587). A l'avènement d'Henri IV, il devient successivement chevalier des ordres du Roi, grand maître de France, gouverneur de Dauphiné et de Normandie. En 1612 Samuel de Champlain convainquit Charles de se faire attribuer la charge de vice-roi de Nouvelle-France par le roi Louis XIII (fr.wikipedia.org - Charles de Bourbon-Soissons).

 

Etrennes

 

En tout cas, même si Catherine de Bourbon le sait, il est trop tôt pour commander sa robe de noces. Mais, en novembre 1585, le temps des étrennes approchant, elle fait porter à l'orfèvre du roi de Navarre, Richard Lamy demeurant aux loges de la basse cour du château de Pau, deux bracelets d'or, trente-quatre diamants et six rubis pour faire des pendants d'oreille pour la comtesse de Guiche et pour le comte son fils (Raymond Ritter, Catherine de Bourbon : la soeur d'Henri IV : 1559-1604, Tome 1, 1985 - books.google.fr).

 

Dans le livre de Raymond Ritter, 10 pages parlent des étrennes en ce qui concerne Catherine de Bourbon (étrennes de 1573, 1577, 1589).

 

Typologie

 

Le report de 2006 sur la date pivot 1599 (mort de Catherine le 13 février) donne 1192.

 

Thibaud III de Champagne, né le 13 mai 1179, est le fils cadet d'Henri Ier de Champagne et de Marie de France. Il est mort à Troyes le 24 mai 1201. En 1197, il devient comte de Champagne à la place de son frère Henri II qui l'a désigné comme successeur. Le 1er juillet 11991, il épouse à Chartres Blanche de Navarre, fille du roi de Navarre Sanche VI de Navarre et de Sancha de Castille, parfois nommée Béatrice de Castille (mort en 1179). À la suite de l'appel du pape Innocent III, Thibaud III décide de se croiser en novembre 1199, lors du Tournoi d'Écry, en compagnie de son cousin le comte Louis de Blois, fils de sa tante Alix de France (1151-1195). C'est lui qui est désigné comme chef de la quatrième croisade. En 1200, son épouse Blanche met au monde une fille baptisée Marie. C'est pendant la préparation de son expédition en Terre sainte que Thibaud III meurt dans son palais de Troyes le 24 mai 1201. Quelques jours plus tard, le 30 mai 1201, Blanche qui était enceinte, met au monde un fils, le futur Thibaud IV de Champagne, dit le Chansonnier, qui deviendra Thibaud Ier de Navarre (fr.wikipedia.org - Thibaut III de Champagne).

 

Thiébaut Ier de Bar né vers 1158 et mort le 13 février 1214, fut comte de Bar de 1190 à 1214. Proche parent du roi de France, il se joignit aux croisés français. Fils cadet du comte de Bar, Renaud II de Bar et d'Agnès de Blois, Thiébaut appartenait par sa mère au clan des Thibaud de Champagne, une lignée faisant face au duché de Lorraine au plan local et au sein du royaume de France le centre d'une ligue d'opposition au roi Philippe Auguste (fr.wikipedia.org - Thiébaut Ier de Bar).

 

Au XIIe siècle, les Halles de Paris furent établies sur « les Champeaux » ou « Petits Champs » qui étaient d'anciens marécages. Quelques années plus tard, Philippe-Auguste acquit l'entière propriété des terrains en payant une redevance à l'évêché de Paris. C'était comme un « bazar » immense où, sur des emplacements spéciaux, se vendaient des denrées alimentaires, du textile, des chaussures, de la mercerie… Les marchands s'installaient sous des abris particuliers proches des maisons où se trouvaient les commerces fixes des fabricants. C'est ainsi que la rue de la Grande Friperie était le lieu des commerces de fripes. Progressivement, d'autres marchands vinrent s'installer autour de ceux qui avaient déjà leur emplacement. Compte tenu de l'augmentation des échanges, Philippe Auguste fit construire les premières halles pour les drapiers et tisserands, mais le marché continua de s'étendre, de telle sorte qu'à partir du XVIe siècle on envisagea sa réorganisation et l'élargissement des voies.

 

On fit bâtir des maisons avec généralement, à rez-de-chaussée, des portiques ou galeries couvertes connues sous le nom de «piliers des Halles» qui disparurent lors de la construction des pavillons Baltard. En raison des encombrements du marché des Halles, on édifia encore, de 1763 à 1767, «la Halle au blé» sur l'emplacement de l'hôtel de Soisson dont on conserva la colonne astronomique de Catherine de Médicis enchâssée dans le pourtour de l'édifice devenu la Bourse de Commerce. [...]

 

Le concours d'architecte lancé en 1848 fut remporté par Victor Baltard qui projeta d'édifier douze pavillons couverts de vitrage avec des parois en verre et des colonnettes en fonte. Dix pavillons furent construits entre 1852 et 1870. La construction des deux derniers s'acheva en 1936. L'insuffisance des surfaces disponibles, enserrées dans l'étau des nouvelles constructions édifiées lors de la rénovation du Second Empire, la saturation de la circulation, les problèmes d'hygiène et de fonctionnement du marché, face à la croissance de la population de Paris et de sa région et de ses besoins conduisirent à décider, en 1963, du transfert de toutes les activités du marché de gros des Halles vers Rungis et vers La Villette. [...]

 

Le RER fut inauguré en 1977 mais pendant des années, un immense trou béant occupa les anciens Champeaux. Les projets d’aménagement les plus divers furent élaborés. Enfin, après des atermoiements et des concours contestés et sans suite, le Forum fut achevé en 1986 (www.paris.fr, fr.wikipedia.org - Bourse de commerce de Paris).

 

En 2005, François Pinault (85 ans... en 2021) avait émis le souhait d’installer sa collection d’art moderne et contemporain dans un musée qu’il installerait tout près de Paris, sur l’ancien

site des usines Renault, l’Ile Seguin. Finalement, l’homme d’affaires posa ses œuvres à Venise, dans deux espaces splendides (dont le Palais Grassi), aménagés par l’architecte japonais Tadao Ando. Pourtant, l’idée d’un écrin parisien n’était pas enterrée et en juillet 2016, la mairie de Paris annonçait qu’il trouverait sa place au cœur de la capitale, à la Bourse du Commerce. Le projet ayant été confié au même bâtisseur nippon que ses prédécesseurs italiens, celui-ci l’a présenté en juin 2017, en même temps qu’était annoncée son ouverture pour le printemps 2019 (www.anousparis.fr).

 

La Colonne Médicis

 

La fonction de la colonne n'a jamais été précisément établie même si de nombreux auteurs estiment qu'elle est un témoignage du goût de la reine pour l'astrologie : elle aurait en effet servi de point d'observation du ciel à Côme Ruggieri, astrologue de la reine. Louis Petit de Bachaumont, chroniqueur du XVIIIe siècle, la sauva de la destruction en 1748, en l'achetant (la colonne fut vendue séparément de l'hôtel) et en l'offrant par la suite à la ville de Paris, qui ne l'accepta cependant qu'à la condition de lui rembourser la somme qu'il avait dû verser pour l'acquérir (fr.wikipedia.org - Colonne Médicis).

 

Vers 1730, Bachaumont se lie d’amitié avec Madame Doublet et partage un appartement dépendant du couvent des Filles de Sainte-Thérèse (fr.wikipedia.org - Louis Petit de Bachaumont).

 

Marie Anne Doublet, dite Doublet de Persan, née Legendre le 23 août 1677 à Paris où elle mourut le 16 mai 1771, est une femme de lettres et salonnière française, épouse de Louis Doublet, seigneur de Breuilpont en Normandie, seigneur d’Auneau en 1719-22, intendant du commerce, secrétaire des commandements de Monsieur, frère de Louis XIV, puis du Régent. Son château de Breuilpont fut souvent célébré en prose et en vers par ses hôtes. Elle allait chez le peintre Coypel où elle rencontrait Caylus, Fréret, Helvétius, Marivaux. Madame Doublet réunissait, tous les samedis, dans son salon, connu sous le nom de «Paroisse» (un appartement dépendant du couvent parisien des Filles de Sainte-Thérèse) une société choisie bien que fort mélangée de personnalités marquantes dans les sciences, les arts et les lettres. On y trouvait, outre son frère l’abbé Legendre, Mairan, La Curne Sainte-Palaye, Piron, Mirabaud, l’abbé de Voisenon, Falconet, Foncemagne, le comte d’Argental, l’abbé Chauvelin, l’abbé Xaupi, etc. Chacun des admis avait sa place marquée et son portrait au-dessus du fauteuil qu’il occupait. Le salon de Marie Anne Doublet est connu comme «le réseau de nouvellistes à la main le plus célèbre du XVIIIe siècle» : on y mettait en commun des informations collectées dans la journée qui étaient redistribuées sous forme de «nouvelles à la main». Deux registres étaient posés sur deux pupitres : sur l’un, on inscrivait les nouvelles douteuses, sur l’autre les nouvelles vraies (fr.wikipedia.org - Marie Anne Doublet).

 

Acrostiche : DSFE

 

DS : de suo, de son propre (argent)

FE : fecit erigi (Abréviations tirées du «Dictionnaire des Abréviations latines et italiennes» de A.Capelli - www.arretetonchar.fr).

 

D'où après ce qui a été dit la formule de Rigord au sujet de la construction de la Halle aux blés par Philippe Auguste (1195) :

 

"et inter murum exteriorem et ipsas halas mercatorum stalla fecit erigi desuper operta, ne mercatores tempore pluvioso a mercatura cessarent" (Jacques Du Breul, Theatre des antiquitez de Paris, 1612 - www.google.fr/books/edition).

 

Rigord (Rigordus) est un moine de Saint-Denis, médecin et chroniqueur, né entre 1145 et 1150 dans le Bas-Languedoc, peut-être à Alais, mort à Saint-Denis au plus tôt en novembre 1207, au plus tard en novembre 1209. C'est lui qui, le premier, donna à Philippe II de France le surnom d'«Auguste» (fr.wikipedia.org - Rigord (chroniqueur)).

Contact