Robert de Sablé

Robert de Sablé

 

VII, 10

 

2006-2007

 

Par le grand prince limitrophe du Mans,

Preux et vaillant chef de grand exercice,

Par mer et terre de Gallots et Normans,

Caspre passer Barcelone piller isle.

 

Baléares

 

Mis en d√©route, une partie des Almohades, qui avaient pris pied sur le continent √† la fin du Xle s, se regroupent dans les √ģles. Mais leur r√©pit ne dure pas, car dans le m√™me temps se forme le royaume catalo-aragonais qui entend imposer son point de vue en M√©diterran√©e face √† sa grande rivale la r√©publique de Venise (les Aragonais iront m√™me jusqu'√† s'installer en Sicile...). Voici donc de nouveau les chr√©tiens suffisamment puissants pour r√©cup√©rer les Bal√©ares et le sel qu'elles produisent et qui, soit dit en passant, se vend √† prix d'or. La puissance qui monte est alors le royaume d'Aragon. C'est une entit√© politique de culture catalane, qui englobe Valence, Saragosse, Barcelone et quelques terres du sud de la France. Jaume d'Aragon (Jacques le Conqu√©rant) assure la reconqu√™te chr√©tienne des Bal√©ares, dont les √ģles rejoignent l'une apr√®s l'autre son royaume : Majorque en 1229 (apr√®s 3 mois de si√®ge devant Palma), Minorque en 1231 et Ibiza en 1235. Jaume r met sur pied un programme de colonisation des terres (franchise de vassalit√©, octroi d'indulgences aux colons par le pape, etc.). Seule Minorque conna√ģt un sort un peu particulier : alors que, √† Majorque et Ibiza, Jaume se la joue muscl√© en rempla√ßant les mosqu√©es par des √©glises et en instaurant un syst√®me f√©odal classique, il se contente d'annexer Minorque, faisant de ses habitants ses sujets mais laissant √† leur t√™te un gouverneur musulman, le rats. √Ä Majorque, il offre aux habitants une charte accordant √† tous les m√™mes droits au regard de la loi et, dans les ann√©es 1250, il met en place un gouvernement qui change tous les ans (ce syst√®me, plut√īt moderne pour l'√©poque, perdura jusqu'au XVI. s). C'est √©galement √† cette √©poque que s'√©panouit, sous l'√©gide de la communaut√© juive de Majorque, une √©cole de cartographie renomm√©e (Guide du Routard Bal√©ares 2020/21, 2020 - books.google.fr, Dess Schomerus, Nostradamus: Ein Scharlatan, 2018 - books.google.fr).

 

"Caspre" : Caspe ?

 

Caspe est une ville d'Aragon (Malthe, Corse, Minorque et Gibraltar, 1797 - books.google.fr).

 

Par un compromis rest√© c√©l√®bre sous le nom de compromis de Caspe, les √Čtats d√©f√©r√®rent √† neuf personnes le soin et le droit de d√©cider entre les pr√©tendants, et le 29 juin 1412, l'infant don Fernando fut proclam√© roi d'Aragon (Gutierre D√≠az de G√°mez, Le Victorial, Chronique de Don Pedro Ni√Īo, comte de Buelna (1379 - 1449), 1867 - books.google.fr).

 

Robert IV de Sablé

 

Robert IV de Sabl√©, seigneur de Sabl√©, un des principaux barons du Maine, alors sous domination anglaise, est le onzi√®me ma√ģtre de l'Ordre du Temple qu'il a dirig√© de 1191 √† sa mort en 1193. Il a combattu au c√īt√© de Richard CŇďur-de-Lion pendant la troisi√®me croisade. Il a aussi laiss√© une Ňďuvre po√©tique.

 

¬ęMessire Robert de Sablueuil eut deux filles, lit-on dans une enqu√™te du XIVe si√®cle sur l'usage des comt√©s d'Anjou, de Touraine et du Maine ; desquelles messire Guillaume des Roches ot l'ainzn√©e, et par ce ot ledit Guillaume toutes les baronnies qui appartenoient audit Guillaume et toutes les autres seigneuries li remestrent ensement les baronnies quittes et d√©livr√©es √† tenir et √† expleiter, par raison d'ainznesse, sans que messire Jeuffroi Marciau qui ot l'autre √† femme en eust ne tenist riens outre LX livres de rente, que li diz Robert li avoit donn√© en mariage ¬Ľ. Malgr√© le dernier membre de phrase qui semblerait indiquer que Philippe avait √©t√© mari√©e du vivant de son p√®re, ce qui fixerait le mariage de Marguerite, sa sŇďur, √† une √©poque ant√©rieure, l'abb√© Angot affirme qu'il n'en est rien. Il ajoute que, quoi qu'en dise Bertrand de Broussillon, Gilles M√©nage avait fini par identifier exactement Geoffroi Marteau dans ses derni√®res Additions, devinant dans ¬ęJeuffroi Marciau,¬Ľ ¬†le nom Geoffroi Martel ou Marteau qui lui est donn√© express√©ment dans les chartes de l'H√ītel-Dieu d'Angers. Le 8 janvier 1195, en effet, Geoffroi Marteau, sur le conseil de Philippe (de Sabl√© ; le pr√©nom Philippe fut longtemps √©pic√®ne, √©quivalent de Philippa au f√©minin), sa femme, conc√®de √† l'aum√īnerie tout ce que lui avait donn√© Foulque de Mastac, son p√®re, sur Femart et le Pir√©. Il fut p√®re de Robert de Sabl√©, seigneur de Mastas (Matha) et Mornac en Saintonge, qui portait un √©cu √† la bande losang√©e, qui est de Mastas, et au revers un contrescel, avec l'aigle de Sabl√© et le mot SECRETUM en exergue. Ce dernier √©tait p√®re de Foulque de Mastas qui devait 200 livres en 1252 pour la ran√ßon de son p√®re et devait hommage √† Henri III d'Angleterre, roi d'Angleterre, pour une terre de l'√ģle d'Ol√©ron assign√©e √† son fr√®re Geoffroi (fr.wikipedia.org - Robert IV de Sabl√©).

 

La descente anglaise

 

On sait que les Plantagenets ont attendu plus de cinquante ans avant de reconna√ģtre par un acte solennel les conqu√™tes de Philippe-Auguste. Depuis les premi√®res ann√©es du XIIIe si√®cle jusqu'en 1259, ils ont √©t√© constamment en guerre avec la France. Ne pouvant se r√©soudre √† ratifier la perte de leurs possessions continentales, trop faibles pour les reprendre, trop fiers pour acheter la paix au prix d'un humiliant abandon, ils n'ont trait√© qu'en d√©sespoir de cause, apr√®s de longs et inutiles efforts. Pour reprendre la Normandie, le Poitou, l'Anjou, le Maine, il aurait fallu gagner des batailles, et la victoire ne se d√©cida jamais que pour la France. Henri III, roi d'Angleterre, et ses sujets mirent longtemps √† se rendre compte qu'ils devaient renoncer √† la revanche; sous Philippe-Auguste, au temps de son fils et de saint Louis, ils laiss√®rent tra√ģner les hostilit√©s, guettant les occasions, pr√©parant des armements qui n'aboutissaient pas toujours, attaquant la France, puis se retirant sans avoir rien obtenu, parfois battus et toujours malheureux. Apr√®s chaque prise d'armes, comme on ne pouvait rester ind√©finiment en guerre ouverte, on faisait une tr√™ve, conclue pour un temps plus ou moins long, et souvent, quand ??? arrivait √† son terme, on la renouvelait, faute de pouvoir mieux faire. L'exp√©dition de 1230 est l'une de ces tentatives faites par le¬† fils de Jean Sans-Terre pour remettre la main sur les anciens domaines de sa famille. Elle n'a pas √©t√© plus heureuse que les autres, et pourtant les circonstances dans lesquelles la France se trouvait alors semblaient favorables au roi d'Angleterre.

 

Louis IX sortait à peine de l'enfance ; la régente Blanche de Castille employait son génie et les ressources de la couronne à défendre le pouvoir royal contre le mauvais vouloir ou l'inimitié déclarée des grands vassaux. [...]

 

La tr√™ve, conclue d'abord en 1227 pour une ann√©e, avait ensuite √©t√© prorog√©e jusqu'au 22 juillet 1229. C'est avec impatience que Henri III en voyait approcher le terme, car il comptait bien mettre √† profit, pour reprendre l'h√©ritage de ses p√®res, la guerre civile qui allait commencer en France, le m√©contentement des Normands, l'humeur inqui√®te et turbulente des Poitevins et surtout les rancunes du comte de Bretagne. Une fois d√©cid√© √† faire contre la France un grand effort, le roi d'Angleterre poussa ses pr√©paratifs en homme qui se disposait √† conqu√©rir pour le moins deux ou trois provinces. Tout d'abord, comme pr√©lude aux actes de guerre, on vit repara√ģtre en Angleterre ces mesures rigoureuses qui, √† chaque reprise d'hostilit√©s, interrompaient les relations commerciales d'une rive √† l'autre de la Manche.

 

D√®s le 26 octobre, Henri III avertit ses vassaux que Mauclerc √©tait venu lui faire hommage pour la Bretagne, que, se conformant √† l'avis du comte de Bretagne et √† celui de ses barons, il avait remis l'embarquement au dimanche apr√®s P√Ęques (14 avril 1230). La trahison de Pierre de Dreux restait enti√®re, quoique l'effet en f√Ľt recul√© ; les historiens des deux pays sont tous d'accord pour lui attribuer l'invasion que Louis IX et Blanche de Castille eurent √† repousser en 1230. En attendant, il recevait le prix de son odieuse conduite ; pendant l'hiver, le printemps et l'√©t√©, on lui rendit successivement tous les revenus et les fiefs qu'il avait perdus en Angleterre, comme sujet de Louis IX, notamment son comt√© de Richemont1, et, le 21 mai, nous voyons Henri III lui donner, dans un acte dat√© de Nantes, ce titre de duc que le roi de France ne lui reconnaissait pas. [‚Ķ]

 

Le roi d'Angleterre avait d√©cid√© que deux ports seulement, Douvres et Portsmouth, seraient affect√©s au passage3; c'√©tait l√† le seul parti qu'il conv√ģnt de prendre pour √©viter une dispersion dangereuse; au surplus peu de ports √©taient assez vastes pour renfermer une grande flotte. C'est presque uniquement √† Portsmouth qu'allaient se r√©unir les forces navales et l'arm√©e destin√©es √† la guerre de Bretagne. [‚Ķ]

 

L'arm√©e anglaise s'√©tait r√©unie vers la f√™te de P√Ęques, √† Reading ; une assez petite distance la s√©parait de Portsmouth. Arriv√© dans cette ville, Henri III, au moment de partir, visita les pauvres et les malades, baisa des l√©preux et leur fit de larges aum√īnes ; ces actes d'humilit√© ext√©rieure √©taient comme le pr√©lude oblig√© de son orgueilleuse entreprise. Le 30 avril, on s'embarqua ; le 1er mai, f√™te de saint Philippe et de saint Jacques, on mit √† la voile. Le lendemain, Henri III, ayant avec lui seulement une trentaine de vaisseaux, s'arr√™ta pour la nuit √† l'√ģle de Guernesey, afin de donner un peu de repos, au milieu d'une travers√©e p√©nible, √† l'une de ses sŇďurs, qui l'accompagnait. Le vendredi 3 mai, il prit terre √† Saint-Malo, avec Guillaume le Mar√©chal, comte de Pembroke, les comtes de Hereford et de Glocester. Le justicier d'Angleterre Hubert de Burgh, le comte de Chester et de Lincoln, le comte de Huntingdon, Philippe d'Aubigny et quelques autres seigneurs √©taient arriv√©s dans ce port la veille au soir. Ce n'√©tait l√† qu'une faible partie de l'arm√©e anglaise : le gros de la flotte, ayant √† sa t√™te le comte Richard, fr√®re de Henri, s'√©tait s√©par√© √† Guernesey des vaisseaux qui accompagnaient le roi. Richard, comte de Ferrers, le conn√©table de Chester et presque tous ceux qui allaient envahir la France d√©barqu√®rent, d√®s le jeudi 2 mai, au port de Saint-Gildas, dont nous ignorons l'emplacement exact, mais qui, selon toute apparence, se trouvait sur la c√īte septentrionale de la Bretagne, √† quelque distance de Lannion et de Morlaix. Henri III, d√®s qu'il eut appris leur arriv√©e, leur ordonna de marcher √† sa rencontre dans la direction de Lamballe, leur donna rendez-vous √† Dinan et leur envoya des voitures destin√©es au transport de son tr√©sor. [‚Ķ]

 

Pierre Mauclerc se trouvait alors √† la fronti√®re de l'Anjou, pr√™t √† s'opposer √† la marche de Louis IX, qui √©tait encore en terre fran√ßaise et s'avan√ßait vers Angers. D√®s qu'il eut appris l'arriv√©e de son puissant alli√©, il se rendit en toute h√Ęte √† Saint-Malo, o√Ļ il arriva le 6 mai. Le 7, le roi d'Angleterre et le comte de Bretagne eurent une conf√©rence. La plupart des vassaux bretons √©taient alors d'accord avec Pierre; beaucoup firent hommage √† Henri III et lui pr√™t√®rent serment de fid√©lit√©, tandis que le comte lui livrait ses villes fortes et ses ch√Ęteaux. Cependant la noblesse du pays n'√©tait pas tout enti√®re d√©vou√©e √† cette mauvaise cause ; le propre beau-fr√®re du comte, Andr√© de Vitr√©, tenait ouvertement le parti du roi de France. [‚Ķ]

 

En attendant l'entrée en ligne des grandes armées, les hostilités se poursuivaient à la limite des pays occupés par les Français et les Anglais. Savary de Mauléon, qui tenait pour le roi d'Angleterre, faisait la guerre aux habitants de la Rochelle, fidèles au roi de France. Le 26 mai, Henri III écrivit de Nantes à ses baillis et à ses féaux de ne pas s'opposer aux prises que pourraient faire sur les Rochelois les gens de cet infatigable batailleur. Mais les grandes opérations militaires se faisaient attendre ; Henri se préparait lentement.

 

A ce moment, la situation de Pierre Mauclerc n'√©tait pas mauvaise ; le mouvement d'opposition dans lequel allait bient√īt √™tre entra√ģn√©e la noblesse bretonne ne s'√©tait pas encore prononc√©. [‚Ķ] En Normandie, Henri III √©tait s√Ľr de trouver plus d'un alli√©. [‚Ķ]

 

Sans aller jusqu'√† pr√©tendre, avec un historien du temps, que les grands vassaux de la couronne de France avaient trait√© avec le roi d'Angleterre, on peut affirmer que, m√™me en pr√©sence de l'invasion √©trang√®re, leurs sentiments √† l'√©gard de Blanche et de Louis IX √©taient rest√©s fort ti√®des. On allait voir bient√īt dans quelle mesure il √©tait possible de compter sur eux. Il est probable que le comte de Boulogne et plusieurs des grands conf√©d√©r√©s contre Thibaud de Champagne √©taient venus se ranger sous la banni√®re royale pour marcher contre les Anglais. En tout cas, Louis IX et sa m√®re se trouvaient √† la t√™te d'une grande et belle arm√©e, quand , dans les premiers jours de mai , ils s'avanc√®rent vers Angers1. A c√īt√© de gens incertains ou aux sentiments ouvertement hostiles, Blanche avait dans cette arm√©e quelques grands seigneurs d'une fid√©lit√© s√Ľre. Les plus illustres √©taient : le vieux roi de J√©rusalem, Jean de Brienne, aussi d√©vou√© que brave, le comte de Flandre, le comte de Champagne, qui figurent, avec les comtes de Nevers, de Blois, de Chartres, de Montfort, de Vend√īme, de Roucy, avec Mathieu de Montmorency et plusieurs autres, sur l'acte de la condamnation prononc√©e contre Mauclerc. [‚Ķ]

 

L'occupation d'Oudon et de Champtoceaux √©tait un assez modeste succ√®s, mais Blanche de Castille, abandonn√©e en pleine guerre par une partie de ses vassaux, ne pouvait, en ce moment, r√™ver de grandes victoires. Dans une situation aussi grave, c'√©tait beaucoup que de ne pas reculer. Les nobles coalis√©s contre Thibaud de Champagne, au moment o√Ļ le roi les avait convoqu√©s √† venir combattre les Anglais, avaient fait une tr√™ve qui devait durer jusqu'√† l'octave de la Saint-Jean (1er juillet). A l'approche de ce terme, et √† l'expiration des quarante jours pendant lesquels ils devaient au roi le service militaire, ils prirent cong√© de Louis IX, et, malgr√© tous ses efforts et ses pri√®res, retourn√®rent √† leurs guerres priv√©es. [‚Ķ]

 

Le moment semblait venu pour Henri III de pousser en avant et de marcher droit en pleine France. Il s'en garda bien : savait-il seulement ce qu'il voulait faire ? En ce moment m√™me on l'appelait en toute h√Ęte du c√īt√© de la Gascogne, o√Ļ r√©gnait le d√©sordre. [‚Ķ]

 

Lorsque Henri III, en traversant le Poitou, s'avan√ßa dans la direction de la Gironde, ce qui se passa entre lui et les seigneurs du pays montra que, de ce c√īt√©, le terrain √©tait fort bien pr√©par√© pour les Anglais. Dans le courant de juillet et d'ao√Ľt, la plupart des vassaux poitevins s'arrang√®rent de leur mieux avec l'ennemi de leur v√©ritable souverain (Elie Berger, Les pr√©paratifs d'une invasion anglaise et la descente de Henri III en Bretagne (1229-1230). In: Biblioth√®que de l'√©cole des chartes. 1893, tome 54 - www.persee.fr).

 

Robert de Sablé et Oléron

 

Le roi d'Angleterre, ma√ģtre de Mirambeau, continua sa marche vers la Gironde. A Blaye, le 2 ao√Ľt, il promit √† Geoffroy de Ran√ßon deux mille marcs pour l'attirer √† son service et √† son hommage. Au cours de cette campagne, il avait remport√© un avantage plus s√©rieux en s'assurant d'Ol√©ron : il l'avait inf√©od√©e nagu√®re au comte de la Marche (8 d√©cembre 1226), et depuis lors Louis IX et Blanche de Castille l'avaient promise √† ce prince par le trait√© de Vend√īme. Le 21 juillet, les chevaliers et autres habitants de cette √ģle re√ßurent l'ordre d'ob√©ir au s√©n√©chal de Gascogne Henri de Trubleville; sur leur demande, transmise par le s√©n√©chal, Henri leur confirma les libert√©s qu'ils avaient eues sous ses pr√©d√©cesseurs. Robert de Sabl√©, venu √† l'hommage du roi d'Angleterre, fut mis en possession des terres et fiefs que son p√®re avait eus dans l'√ģle, et d'autres fiefs y furent confirm√©s, au nom de Henri III, par Henri de Trubleville. Le roi d'Angleterre s'y maintint, et le 16 septembre on le voit mander √† Savary de Maul√©on de d√©livrer les hommes d'Ol√©ron, leurs vaisseaux et marchandises dont il viendrait √† s'emparer. Ce fut pour les Anglais une conqu√™te assez durable; ils en rest√®rent ma√ģtres plusieurs ann√©es ; une charte du 15 mai 1231 nous montre Robert de Sabl√© recevant la confirmation des biens qu'il avait poss√©d√©s dans l'√ģle, et dont il avait √©t√© dessaisi par le comte de la Marche. La prise d'une petite ville, l'occupation temporaire d'une √ģle situ√©e en dehors du vrai th√©√Ętre de la guerre ne pouvaient avoir qu'une m√©diocre influence sur la marche des hostilit√©s, et l'on peut se demander avec quelle intention Henri III √©tait venu de si loin visiter Bordeaux, sa capitale fran√ßaise, en voyant qu'il y resta tout au plus une semaine (Elie Berger, Les pr√©paratifs d'une invasion anglaise et la descente de Henri III en Bretagne (1229-1230). In: Biblioth√®que de l'√©cole des chartes. 1893, tome 54 - www.persee.fr).

 

Robert de sabl√© avait pass√© convention, moyennant inf√©odation de rentes ou autres concessions, avec Henri III le 2 ao√Ľt 1230. Il est mentionn√© dans une lettre de Raoul Fitz-Nicolas √† Raoul Nevil, √©v√™que de Chichester du 8 juin : ¬ęJe crois que le roi, nostre sire, aura le plus grand nombre des seigneurs du Poitou, qui viendront √† son service, tels que Geoffroy de Ran√ßon, Renaud de Pons, Itier de Barbezieux, Robert de Sabl√©, Aimery de Rochechouart, Aimery de Thouars et Beno√ģt de Mortagne. Gr√Ęce √† eux, le roi pourra chevaucher en s√©curit√© par la terre de Poitou jusqu'en Gascogne, et, s'il le faut, s'en retourner ensuite en Bretagne.¬Ľ (Elie Berger, Les pr√©paratifs d'une invasion anglaise et la descente de Henri III en Bretagne (1229-1230). In: Biblioth√®que de l'√©cole des chartes. 1893, tome 54 - www.persee.fr).

 

Fin de la descente anglaise

 

Le 12 septembre, apr√®s une longue et peu glorieuse exp√©dition, il revit Nantes. A quoi lui avait servi cette promenade militaire ? Pouvait-il au moins se dire qu'en quittant le Poitou il laissait en bonne situation ceux qui s'√©taient compromis pour lui, dont il avait achet√© √† bon prix le d√©vouement peu s√Ľr ? [‚Ķ]

 

Le roi d'Angleterre n'était plus en état de tenir la campagne ; les résultats de son expédition étaient bien médiocres; sans avoir remporté aucun avantage sérieux, sans avoir engagé d'action importante, il en était réduit à conclure une trêve partielle, en attendant l'avortement définitif de son entreprise. […]

 

Le comte de la Marche, qui avait pour femme la m√®re de Henri III, √©tait le n√©gociateur d√©sign√© d'une suspension d'armes ; entre lui et son beau-fils la guerre n'avait pas √©t√© bien violente. Lors de son passage √† Pons, le 15 ao√Ľt, Henri III avait √† la demande du comte entam√© des pourparlers avec le roi de France ; on devait rester en paix, au sud de la Loire, du 18 ao√Ľt au 1er septembre. [‚Ķ]

 

Les bonnes dispositions de la noblesse bretonne lui étaient plus que jamais nécessaires ; son armée se fondait. Les Anglais, confinés dans la péninsule, avaient beaucoup souffert. […]

 

Au moment de quitter le Poitou, il avait annoncé son intention de repasser en Angleterre avant la Saint-Michel, envoyé des commissaires dans les ports de son royaume pour s'assurer des vaisseaux nécessaires au transport des troupes, et mandé à tous les patrons et marins de ses Etats de venir le rejoindre à Saint-Malo dès qu'ils auraient le vent favorable. […]

 

Apr√®s toutes ces demi-mesures, qui devaient aboutir √† un insucc√®s final, le roi d'Angleterre ne songea plus qu'√† s'embarquer. Il ne lui restait pas autre chose √† faire ; il avait choisi, pour descendre en Bretagne, le moment o√Ļ presque tous les grands seigneurs de France s'entendaient pour combattre l'autorit√© de la reine Blanche ; or, les d√©sordres int√©rieurs de la France touchaient √† leur fin. Les barons avaient √©chou√© dans leurs tentatives contre le comte de Champagne ; Blanche de Castille avait sauv√© Thibaud IV, et, d√®s le mois de septembre 1230, le comte de Boulogne, Philippe Hurepel, avait donn√© l'exemple de l'ob√©issance en venant √† Compi√®gne se soumettre au roi. Henri III n'avait rien su faire, alors que l'est du royaume √©tait en feu, que les grands vassaux de la couronne d√©sertaient en masse la banni√®re royale ; la vanit√© de ses grands projets devenait √©vidente, maintenant que la France √©tait pacifi√©e, que l'autorit√© de Louis IX √©tait consolid√©e par le r√©tablissement de la paix entre Thibaud de Champagne et ses ennemis. Il le savait fort bien quand il reprit, √† petites journ√©es, le chemin des c√ītes du Nord (Elie Berger, Les pr√©paratifs d'une invasion anglaise et la descente de Henri III en Bretagne (1229-1230). In: Biblioth√®que de l'√©cole des chartes. 1893, tome 54 - www.persee.fr).

 

Lien avec le quatrain précédent VII, 9

 

Apr√®s avoir, avec une obstination pleine de perfidie, forg√© de toutes pi√®ces une l√©gende d'apr√®s laquelle Thibaud de Champagne aurait √©t√© l'amant de la reine, les ennemis de Blanche pass√®rent de la calomnie √† la violence ouverte et se coalis√®rent pour d√©poss√©der son prot√©g√©. L'oncle du roi, Philippe Hurepel, comte de Boulogne, √©tait √† la t√™te de ce parti, que composaient avec lui le duc de Bourgogne et le comte de Nevers, les comtes de Saint-Pol et de Guines, le sire de Coucy, le comte Robert de Dreux, ses fr√®res le comte de M√Ęcon, l'archev√™que de Reims et Pierre Mauclerc, comte de Bretagne, l'irr√©conciliable et redoutable ennemi de la reine Blanche. Pr√©tendant d√©pouiller le comte de Champagne au profit de sa cousine la reine Alix de Chypre, ils se disposaient √† se jeter sur ses √Čtats au moment o√Ļ finit l√† tr√™ve qui depuis quelque temps avait √©t√© r√©tablie entre l'Angleterre et la France et qui finissait en 1229 (Elie Berger, Les pr√©paratifs d'une invasion anglaise et la descente de Henri III en Bretagne (1229-1230). In: Biblioth√®que de l'√©cole des chartes. 1893, tome 54 - www.persee.fr).

 

Dans le quatrain pr√©c√©dent, la typologie parle de Thibaud III de Champagne, p√®re de Thibaud IV ¬ę amant de Blanche de Castille ¬Ľ, alors que le texte du quatrain rend compte d‚Äôun adult√®re princier (Catherine de Bourbon et le comte de Soissons).

 

"prince"

 

Le prince en question pourrait √™tre plut√īt Robert IV de Sabl√©. Le quatrain s'appuierait sur M√©nage pour √©tablir une filiation avec Robert de Matha.

 

Le grand ma√ģtre des templiers, chef d'arm√©e et chef religieux, avait rang de prince dans toutes les cours souveraines ( Marc Andr√© Barbot de la Tr√©sorerie, Annales historiques des anciennes provinces d'Aunis, Saintonge, Poitou, Angoumois, P√©rigord, Marche, Limousin et Guienne, 1858 - books.google.fr).

 

Acrostiche : PPPPC ou la bataille d'Arsouf

 

PPPC : entre autres "Primipilo Praetoriae cohortis" (Ram√≥n √Ālvarez de la Bra√Īa, Siglas y abreviaturas latinas con su significado, 1884 - books.google.fr).

 

Une comparaison des chevaliers de l'H√īpital avec les soldats romains et les pr√©toriens √©t√© faite par Mathias Stephani dans un chapitre (Quintus) de Discursus Academici suivant la description des Templiers (Quartus) (Matthias Stephani, Discursus Academici, Tome 2, 1625 - books.google.fr).

 

La bataille d'Arsouf eut lieu le 7 septembre 1191, √† Arsouf, en Terre sainte, dans le cadre de la troisi√®me croisade. Elle opposa une arm√©e crois√©e forte de 20 000 hommes command√©e par Richard CŇďur de Lion, renforc√©e par des contingents de chevaliers de l'ordre du Temple dirig√©s par Robert de Sabl√© et des chevaliers de l'ordre de L'H√īpital men√©s par Garnier de Naplouse, √† une arm√©e ayyoubide forte de 20 000 hommes (dont une majorit√© mont√©e), command√©e par Salah ad-Din Yusuf ibn Ayyub. Il s'agit de la premi√®re victoire crois√©e depuis 14 ans, la derni√®re datant de 1177, quand Baudouin IV de J√©rusalem √† la bataille de Montgisard r√©ussit √† repousser une force ayyoubide √©galement dirig√©e par Saladin (fr.wikipedia.org - Bataille d'Arsouf).

 

Beno√ģt de Peterbourg √©crit (H. F. T. XVII p. 529 A) : "(Rex) divisit statim exercitum suum per turmas... In prima cohorte erat Jakes de Avennes... Post illam cohortem venit alia cohors in qua erat Rex Angli√¶... Tertiam vero cobortem Christianorum, cujus duces fuerunt Hugo Dux Burgundi√¶. (L'auteur ajoute : ¬ęet Templarii¬Ľ. Mais nous croyons que, sur ce d√©tail, Benoit de Peterbourg est mal renseign√©. Les Templiers form√®rent ce jour-l√† l'avant-garde (Henri Marie Louis Delpech, De La tactique au XIIIme si√®cle, Tome I : Types de la tactique du XIIIme si√®cle, 1886 - books.google.fr).

 

Arsouf se trouve pr√®s de C√©sar√©e maritime, ville du centurion Corn√©lius, premier gentil √† se faire baptiser, en l'occurrence par saint Pierre (Joseph-√Čpiphane Darras, Histoire g√©n√©rale de l'Eglise depuis la cr√©ation jusqu'√† nos jours, Tome 25, 1877 - books.google.fr).

 

Le Centurion Primipilaire ou Primipile (Centurio Primipilarius, - Primipilaris, ‚Äď Primipilus ou Primopilus), Centurion du 1er manipule d'une cohorte, commandait la premi√®re centurie ou compagnie des triaires ou pilani (arm√©s de javelots); d'o√Ļ cette expression : Primum pilum ducere (C√©sar), ou deducere (Ovide), commander la premi√®re compagnie des triaires, √™tre Primipilaire ou Primipile. Il commandait aussi la coborte, assistait au conseil de guerre, et veillait sur le cbamp de bataille √† la garde de l'Aigle l√©gionnaire. Le G√©n√©ral ou les Tribuns nommaient les Primipilaires (Revue africaine, 1863 - books.google.fr).

 

Il a existé un Cornelius Martialis, tribun de cohorte prétorienne, dégradé en 65 après J.-C pour son implication dans une affaire de moeurs, et rétrogradé comme primipilaire (Yann Rivière, Le cachot et les fers: détention et coercition à Rome, 2004 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 2007 sur la date pivot 1230 donne 453.

 

Euric, né vers 420 et mort en 484, est roi des Wisigoths de 466 à sa mort. Fils du roi Théodoric et d'Amalaberge d'Ostrogothie, il devient roi après avoir assassiné son frère Théodoric II. Ce dernier était au pouvoir, après avoir assassiné avec Euric son frère Thorismond, depuis 453, date de la mort d'Attila, qu'il a combattu aux Champs Catalauniques en 451 (fr.wikipedia.org - Euric).

 

Le portrait des Saxons ne para√ģt √™tre cependant, √† la premi√®re lecture, qu'une brillante dissertation, contenue dans une lettre √† Namatius, lequel semble avoir accept√© un commandement important dans la flotte du roi wisigoth, Euric (epist. VIII, 6). Namatius, qui habite Saintes, a √©tabli son quartier g√©n√©ral dans l'√ģle d'Ol√©ron et croise avec ses navires sur les c√ītes de la Charente et du Poitou. C'est donc l'indice que le danger saxon qui, au d√©but du si√®cle, n'affectait gu√®re que le littoral de la Manche et qui avait atteint l'embouchure de la Loire vers 460, √©tait, dix ans plus tard (la lettre de Sidoine √† Namatius doit √™tre dat√©e de 470¬† environ ) ressenti sur tout le littoral atlantique du territoire occup√© par les Goths, de la Loire aux Pyr√©n√©es. Les Saxons, pour Sidoine, sont des archipiratae ; ils ont de¬† la navigation , de la mer et de ses dangers , une connaissance √©tonnante ; ils aiment la temp√™te qui favorise leurs entreprises. Ils sont par surcro√ģt d'une cruaut√© inou√Įe : avant de quitter le territoire conquis, ils mettent √† mort, par noyade ou ou crucifixion, un sur dix de leurs prisonniers : c'est l√† pour eux un rite sacr√©. Ce portrait est-il exact jusque dans ses d√©tails effrayants ? nous ne pouvons gu√®re l'affirmer (Andr√© Loyen, Sidoine Apollinaire: Correspondance, Livres I-V (1960), 2003 - books.google.fr).

 

Fion et Sacorky

 

Fran√ßois Fillon, n√© le 4 mars 1954 au Mans (Sarthe), est un homme d'√Čtat fran√ßais, Premier ministre de 2007 √† 2012. Entre 1981 et 2007, il exerce les mandats de d√©put√©, de maire de Sabl√©-sur-Sarthe, de pr√©sident du conseil g√©n√©ral, de pr√©sident du conseil r√©gional des Pays de la Loire et de s√©nateur. Sa femme est Penelope Clarke, n√©e le 31 juillet 1955 au sud-est du pays de Galles, en Grande-Bretagne. Ils se marient le 31 mai 1980 √† Sabl√©-sur-Sarthe et ont cinq enfants (fr.wikipedia.org - Fran√ßois Fillon).

 

La famille Fillon est originaire de Vendée (famillesdevendee.fr).

 

Lors de sa visite √† Mouilleron-en-Pareds, village natal de Clemenceau, le 11 novembre 2016, Fran√ßois Fillon ¬ę√©voque Fontenay-le-Comte o√Ļ v√©cut le r√©publicain Benjamin Fillon : ‚ÄėQuand j'√©tais jeune, mon grand-p√®re refusait de parler de cette branche qui, disait-il, a fait fortune sur le dos du clerg√© !‚Äô¬Ľ (blogs.mediapart.fr).

 

D'autres voies gallo-romaines se prolongeaient sans coupures du continent dans les √ģles de R√© et d'Ol√©ron ; on suit encore leurs traces au loin dans les bancs rocheux qui frangent ces √ģles. M. Louis Brochet a soigneusement d√©crit de nombreuses tours, signaux, feux, etc., √©lev√©s du IIIe au Ve si√®cle non loin des anciens rivages de l'ancien golfe du Poitou. L'extension marine √©tait devenue telle dans ces parages que la navigation exigeait la construction de phares pour assurer la s√©curit√© d'une navigation sans nul doute intensive √† cette √©poque. Benjamin Fillon cite ce passage caract√©ristique de la Chronique de Pierre de Maillezais : ¬ęSous le r√®gne de ce prince (Guillaume T√™te d'√Čtoupe), la mer se retira subitement dans une nuit des marais du Bas-Poitou. Ce ph√©nom√®ne singulier changea compl√®tement l'aspect du pays et r√©unit plusieurs petites √ģles au continent.¬Ľ Mais la mer revint, car nous savons que ce m√™me Guillaume III avait comme femme Emme qui fonda en 974 l'abbaye de Maillezais, que cette abbaye avait un port florissant au XIe si√®cle et qu'il se faisait un grand commerce du sel (Bulletin de la Section de g√©ographie, Volumes 48 √† 51, 1933 - books.google.fr).

 

Sarkozy (ou ceux qui dirigent vraiment son pays) aurait-il lu les Centuries ?

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