Les tonneaux de Blaise Pascal

Les tonneaux de Blaise Pascal

 

VII, 40

 

2028-2029

 

Dedans tonneaux hors oingts d'huile & gresse,

Seront vingt vn deuant le port fermez,

Au second guet par mort feront proĂĽesse,

Gaigner les portes, & du guet assommez.

 

"greffe"

 

Lors du siège du château en 1592, les habitants de Cirey y avaient transportĂ© ce qu'ils avaient de plus prĂ©cieux ; les archives de la commune y Ă©taient enfermĂ©es, et Pierre Bertin, notaire-tabellion du bailliage, y avait aussi conduit les registres et actes du tabellionage ainsi que ceux du greffe, le tout enfermĂ© dans un tonneau. On sait que tout fut brĂ»lĂ© (AbbĂ© Piot (curĂ© de Chancenay), Cirey-le-Château: La marquise du Châtelet, sa liaison avec Voltaire, 1894 - books.gogle.fr).

 

On enduisait les tonneaux, mais à l'intérieur, de graisse pour protéger le contenu de l'humidité (Michel Vanbockestal, Les phénomènes inexpliqués en Belgique: Les grands dossiers du Cerpi, 2014 - books.google.fr).

 

Le stratagème des tonneaux

 

Au moment de la Praguerie, 1440, Charles Ier de Bourbon et le duc d'Alençon, partisans du dauphin, le futur Louis XI, tentèrent eux aussi de surprendre Montferrand. Pour eux cette place eut Ă©tĂ© un poste d'observation de premier ordre et une retraite de toute sĂ»retĂ©. Mais dès l'annonce de la rĂ©volte du dauphin, par mesure de prudence, les marais avaient Ă©tĂ© inondĂ©s, les fossĂ©s remplis d'eau et les ponts-levis rĂ©gulièrement levĂ©s. A cette vue, renonçant Ă  prendre la ville par surprise, les deux capitaines se mirent Ă  en faire le siège. Au bout de quelque temps, celui-ci se prolongeant, ils firent le simulacre de se retirer et levèrent le camp, sans pour cela renoncer Ă  prendre la place. En effet, Bourbon, dont la prise de Montferrand hantait l'esprit, avait imaginĂ© un stratagème qu'il croyait infaillible. Ayant dissimulĂ© son armĂ©e tout proche, Ă  Malmouche (Le terroir de Malmouche, ou Mallemouche, est situĂ© au Nord-Est de la ville non loin de la route n° 9), la veille de la foire des Provisions, il envoya Ă  la ville, conduit par des charretiers, un convoi de tonneaux dans chacun desquels, au lieu de vin, il avait cachĂ© des soldats. Ceux-ci introduits dans les murs devaient, la nuit, en ouvrir les portes Ă  l'armĂ©e. Mais, Ă  leur entrĂ©e, pendant que les charretiers s'expliquaient avec le guet, un paysan gourmand, voulant goĂ»ter le vin, perça un des tonneaux ; rien naturellement n'en coula, par contre un bruit insolite se produisit dans la pièce. Le paysan Ă©bahi en avertit le guet, les Consuls en furent avisĂ©s. Ceux-ci aussitĂ´t firent dĂ©foncer les tonneaux et leurs occupants furent incarcĂ©rĂ©s. Montferrand une fois de plus Ă©tait sauvĂ©. Aussi en remerciement au Ciel d'une protection si manifeste, la ville fit cĂ©lĂ©brer, depuis lors et jusqu'Ă  la RĂ©volution, le dimanche de la SexagĂ©sime, une messe solennelle d'action de grâce Ă  Notre-Dame. Peu après, les ducs de Bourbon et d'Alençon, agissant comme reprĂ©sentants du dauphin, se rencontrèrent, au couvent des Cordeliers de cette ville, avec les envoyĂ©s du roi Charles VII pour arrĂŞter les prĂ©liminaires d'un traitĂ© de paix qui fut signĂ© postĂ©rieurement Ă  Cusset par le roi et le dauphin eux-mĂŞmes (Henri Du Ranquet, Emmanuel Du Ranquet, Montferrand: ses vieilles pierres : château, remparts, Ă©glise, logis (1935), 1997 - books.google.fr).

 

Charles de Bourbon, duc de Bourbonnais et d'Auvergne et le duc d'Alençon s'étant ligués contre le roi Charles VII, pendant la Praguerie, cherchent à profiter de la foire des Provisions, qui commence le vendredi avant le carême, dans la ville de Montferrand des soldats cachés dans des tonneaux destinés à la marée (Ambroise Tardieu, Histoire de la ville de Montferrand et du bourg de Chamalières en Auvergne: ouvrage faisant suite à l'Histoire de la ville de Clermont-Ferrand, 1875 - books.google.fr).

 

Le Port

 

Dans le port de Montferrand, il y avait...

 

Il n'y a pas de port à Clermont à part le quartier de ce nom et l'église Notre-Dame du Port.

 

"portus" en latin veut dire aussi "entrepĂ´t".

 

Au XIVe siècle, l'aire de Montferrand avec ses remparts et ses tours dĂ©fendant les courtines Ă©tait entre en bonne place entre Carcassonne et OrlĂ©ans. D'autre part, sise sur la grande voie et Ă  mi-chemin de Paris Ă  Beaucaire, aux foires universellement rĂ©putĂ©es, Montferrand Ă©tait, non seulement un lieu de passage très frĂ©quentĂ© des trafiquants allant ou venant de l'une Ă  l'autre ville, mais encore un relais commode oĂą s'effectuaient de nombreuses transactions. Y affluaient les denrĂ©es, les Ă©pices et les vins liquoreux d'Italie et d'Espagne, ils s'y Ă©changeaient contre les produits des pays de Loire et du Nord de la France. Beaucaire, sur le RhĂ´ne Ă©tait le port ouvert sur l'Ă©tranger ; Montferrand Ă©tait l'entrepĂ´t oĂą se faisaient les Ă©changes entre les marchandises venues par Beaucaire et les produits de l'intĂ©rieur (Henri Du Ranquet, Emmanuel Du Ranquet, Montferrand: ses vieilles pierres : château, remparts, Ă©glise, logis (1935), 1997 - books.google.fr).

 

La place Champet ou Champeix aujourd'hui Delille chargĂ©e d'histoire est situĂ©e sur la partie haute d'un glacis qui allait en s'Ă©largissant en contrebas jusqu'au val de la Tiretaine au nord, et Ă  l'est jusqu'aux prairies humides du bas de la butte clermontoise. Son premier nom vient sans doute de l'Ă©poque celte : le «champ herm», ou champ dĂ©sert. Dès le Moyen Age, elle ne mĂ©rite plus ce nom, car elle est le carrefour commercial pour les arrivages - les «apports» de marchandises - de la plaine de Limagne, du Midi et de la vallĂ©e du RhĂ´ne. Elle est alors appelĂ©e «le Portus», «le champ de l'apport» ou «le port de Clermont», d'oĂą le nom de la rue et de l'Ă©glise voisines du Port. En novembre 1095, le pape français Urbain II vient prĂŞcher Ă  Clermont la première croisade, pendant que le concile siège Ă  la cathĂ©drale. C'est sans doute sur cette place, seule capable de contenir la foule immense, oĂą l'on comptait treize archevĂŞques, plus de deux cents Ă©vĂŞques, de nombreux prĂ©lats et seigneurs dont le Lorrain Godefroy de Bouillon, que dĂ©buta l'histoire des Croisades (Louis Passelaigue, Histoire des rues de Clermont et Montferrand, 1997 - books.google.fr).

 

La place Delille est située au coin nord-est du plateau central de Clermont-Ferrand, au pied du quartier du Port. À cet endroit arrivait la route venant de Paris par Montferrand (fr.wikipedia.org - Place Delille, fr.calameo.com).

 

Vers 1440 on ne signalait plus à Montferrand que deux ou trois boutiques mal approvisionnées contre une vingtaine autrefois et la direction de la ville était passée entre les mains d'une quinzaine de riches familles de propriétaires terriens (Histoire des communes du Puy-de-Dôme, Volume 1, 1987 - books.google.fr).

 

Huile et graisse

 

La foire des Provisions, fondĂ©e en 1356, est ainsi nommĂ©e parce que on y faisait des provisions de bombance pour les Jours Gras et de lĂ©gumes secs pour le CarĂŞme, s'ouvrait le vendredi suivant la QuinquagĂ©sime et ne finissait que le vendredi suivant. On y trouvait des marchandises de Bruges, des draps du Nord, des soieries de Lyon, des dentelles de toutes sortes, surtout du Livradois et du Velay, des Ă©maux de Limoges, des denrĂ©es de la Limagne, et de Montpellier et des pelleteries de toutes provenances. Pour ce dernier article, la foire des Provisions de Montferrand est encore, de nos jours, la seconde foire de France pour la Sauvagine (Henri Du Ranquet, Emmanuel Du Ranquet, Montferrand: ses vieilles pierres : château, remparts, Ă©glise, logis (1935), 1997 - books.google.fr).

 

Bien qu'elle ne soit pas située dans les Montagnes Occidentales, il faut souligner le rôle essentiel joué en ce sens par la fameuse foire aux provisions de Montferrand où allaient se ravitailler à l'entrée du Carême les maîtres d'hôtel des seigneurs des Montagnes, tels ceux de Vernines et de Murol. [...] Les épices sont un des éléments importants de la fameuse « foire aux provisions » de Montferrand fixée au vendredi précédant le carême.

 

A Vic sont utilisés essentiellement le lard, pour les jours gras, et l'huile pour les jours maigres. La consommation du lard a été incorporé dans celle de la viande de porc. La consommation d'huile était de 25 g par jour maigre car le poisson et les œufs étaient souvent mangés frits. Marguerite de Latour utilise aussi de l'huile pour les jours maigres. A Murol le beurre tient la place de l'huile, ce qui représente évidemment une adaptation aux ressources locales et aussi une forme d'autoconsommation puisque ce beurre était fourni par la vacherie seigneuriale (Pierre Charbonnier, Une autre France: la seigneurie rurale en Basse Auvergne, du XIVe au XVIe siècle, Tome 1, 1980 - books.google.fr).

 

Sièges de Montferrand de 1388 et 1391

 

La ville de Montferrand fut prise, selon Froissart, le jeudi d'avant le dimanche gras, le 17 février 1388. Il résulte d'un acte de Jehan de Berry, que la prise de Montferrand eut lieu en fait le samedi 8 février, le jour de la foire des Provisions (A. Mazure, L'Auvergne au quatorzième siècle, tableau historique de cette province durant l'invasion anglaise, 1356-1392, 1845 - books.google.fr).

 

Un manuscrit concernant l'histoire de Montferrand (bibliothèque de Clermont, no 94) dit que Geoffroy Tête Noire, autre formidable routier, qui faisait son quartier général au château de Ventadour, en Limousin, prit Montferrand en 1391. Cette assertion est inexacte. Ce manuscrit fait erreur puisque ce capitaine mourut deux ans auparavant (en 1389) au château de Ventadour, où il fut enseveli en la chapelle de Saint-Georges. M. Mazure (l'Auvergne au XIVe siècle, p. 171), remarque avec raison que nul entre les routiers qui parurent de 1380 à 1389, autre que Geoffroy, n'avait inspiré autant de terreur en Auvergne. Partout, aux archives de Montferrand, on voit les appréhensions du peuple à l'égard de ce chef de pillards. Les gens de cette ville le croyaient toujours à leurs portes. C'est sans doute, ajoute M. Mazure, d'après cette préoccupation, que Le Laboureur, en son histoire de Charles VI a attribué, à ce chef, la prise de Montferrand. André du Chesne (Antiquités et recherches des villes et châteaux de la France. p. 623, édition de 1648), parle à tort de ce prétendu siége de 1391, ayant sans doute pris son renseignement dans l'historien de Charles VI. Il est à croire qu'après la prise de la ville de Montferrand, en 1388, par Perrot-le-Béarnais, plus d'un bourgeois se figura qu'il avait eu à faire à Geoffroy Tète Noire (Ambroise Tardieu, Histoire de la ville de Montferrand et du bourg de Chamalières en Auvergne, 1875 - books.google.fr).

 

Geoffroy Teste-noire, qui se tenoit en la place de Chalus en Limosin, surprit & pilla par vne ruse insigne durat le regne de Charles VI. Il s'en alla vers icelle l'an 1391 auec quatre cens bons soldats choisis d'entre tous les siens, & scachant qu'elle estoit peu soigneusement gardée, mit de nuit vne embuscade le plus pres des murailles qu'il peut, & instruisit quelques siens soldats de contrefaire les Marchands & d'aller sur le point du iour, auec quelques asnes chargez de viures en ladite ville. Ces soldats estans, suiuant leur instruction, arriuez au bout du pont de la porte de la ville, prierent les portiers de leur ouurir, lesquels ne se doutans d'aucune surprise, abbatirent le pont & laisserent entrer ces faux Marchands en leur ville à leur grand dommage. Car vrayement Marchands en apparence, mais au refte vrays soldats, se saisissans de la porte, & desployans leurs armes les tuerent. Et aussi tous ceux qui estoient en embuscade, entrerent dedans la ville, tuerent tout ce qu'ils rencontrerent, & l'ayans pillée, chargerent leurs chariots & mulets de proye & de bagage, & se retirerent à Chalus (André Du Chesne, Les Antiquitez et recherches des villes, chasteaux et places plus remarquables de toute la France par André Du Chesne, 1631 - books.google.fr).

 

21 tonneaux : problème mathĂ©matique

 

Claude Gaspar Bachet, sieur de MĂ©ziriac, ainsi qu’il se prĂ©sente lui-mĂŞme, n’a guère laissĂ© de trace dans l’histoire. Lorsqu’il est mentionnĂ©, c’est le plus souvent comme auteur d’une traduction commentĂ©e de Diophante qui fut le livre de chevet de Fermat. Mais c’est aussi lui qui a Ă©crit le premier ouvrage de quelque ampleur consacrĂ© aux rĂ©crĂ©ations mathĂ©matiques. Ses Problèmes plaisans et dĂ©lectables ont connu de son vivant deux Ă©ditions. La première fut publiĂ©e Ă  Paris en 1612, la seconde Ă  Lyon en 1624. Mais d’abord quelques mots sur Bachet lui-mĂŞme. Il est nĂ© Ă  Bourg-en-Bresse en 1582, d’une riche famille de magistrats lettrĂ©s assez rĂ©cemment anoblie. En dehors de quelques longs sĂ©jours Ă  Paris et en Italie, il passa sa vie dans sa province. Il mourut Ă  Bourg en 1638. Avant tout, c’était un humaniste Ă©rudit : polyglotte, traducteur du grec, du latin et de l’italien, auteur de poĂ©sies en français, en latin et en italien... et l’un des tout premiers membres de l’AcadĂ©mie française, oĂą il ne mit jamais les pieds. En mathĂ©matiques, c’était comme Pascal et Fermat un amateur, de niveau plus modeste sans doute mais fort douĂ© et dont la contribution, on le verra, n’est pas nĂ©gligeable. L’édition de 1612 du livre des « Problèmes » est, pour l’essentiel, un recueil d’énigmes de salon destinĂ©es Ă  un public curieux et cultivĂ© mais sans talent particulier pour les mathĂ©matiques. Certaines d’entre elles sont reprises de l’Anthologie grecque ou des Propositiones ad acuendos juvenes d’Alcuin.

 

« Trois hommes ont à partager 21 tonneaux, dont il y en a 7 pleins de vin, 7 vides et 7 pleins à demi. Je demande comment peut se faire le partage, en sorte que tous trois aient un nombre égal de tonneaux et égale quantité de vin ». L’idée de ce problème fameux est selon toute vraisemblance empruntée à Alcuin. On trouvera l’étude du cas général (avec 2N tonneaux au lieu de 21) dans le B.V. no 512, aux pages 25-35 de l’article « Énigmes carolingiennes ». Il est à noter qu’Alcuin, qui traite le cas N = 10, donne une seule de ses cinq solutions, alors que Bachet donne pour N = 7 les deux solutions, prouve que ce sont les seules et indique sommairement comment trouver les trois solutions du cas N = 8 (www.apmep.fr, Jacques Sesiano, Récréations mathématiques au Moyen Âge, 2014 - books.google.fr).

 

Jacques Ozanam, né le 16 juin 1640 à Sainte-Olive (Ain) et mort le 3 avril 1718 à Paris, mathématicien français, parle de ce problème dans ses Récréations mathématiques et physiques, 1re édition, Paris, Jombert, 1694 (fr.wikipedia.org - Jacques Ozanam).

 

Les mathématiques au XVème siècle

 

La reprise du travail savant et une tournure nouvelle de l'histoire européenne apparaîtront autour de 1450, de manière assez inattendue. Nicolas de Cues (1401-1464), puis deux universitaires viennois Peurbach (1423-1461) et son élève Regiomontanus (1436-1476) raniment le travail mathématique et scientifique. Dans le même temps Gutemberg met l'imprimerie au point (1455). Constantinople passe au monde ottoman, envoyant un nouvel afflux de livres et de savants dans un monde occidental en pleine transformation (Michèle Porte, Memoire de la Science, 1987 - books.google.fr).

 

Les ComplĂ©ments arithmĂ©tiques (De Arithmeticis complementis) paraissent en 1450 et ne contiennent guère d'allusions philosophiques ; le contenu est purement mathĂ©matique. Il s'agit pour N. de Cues de rĂ©pondre Ă  une demande d'explication sur sa première prĂ©misse des Transmutations GĂ©omĂ©triques. La mĂŞme annĂ©e, tout en pratiquant les mathĂ©matiques, N. de Cues Ă©tudie le fonctionnement de la pensĂ©e ; il Ă©crit le De Idiota, dont le livre II, intitulĂ© De Mente, contient l'essentiel de sa thĂ©orie de la connaissance. La pensĂ©e est dĂ©finie comme mesure, comme nombre vivant, comme mouvement de la passion vers l'intellection (Jean-Marie Nicolle, MathĂ©matiques et mĂ©taphysique dans l'oeuvre de Nicolas de Cues, 2001 - books.google.fr).

 

Notons encore le mathématicien Nicolas Chuquet né à Paris qui vécut à Lyon où il rédige en 1484 son œuvre majeure, écrite en français, Triparty en la science des nombres, qui ne fut jamais publiée de son vivant. Estienne de La Roche a reproduit dans son propre ouvrage Larismethique,  imprimée à Lyon en 1520 puis révisée et rééditée en 1538 par les frères Huguetan, de nombreux passages du Triparty qu'il a sélectionnés, réagencés et enrichis. Au début de Larismethique, il mentionne sa dette envers Chuquet, Paccioli et Philippe Friscobaldi (un banquier de Lyon né à Florence), mais seulement globalement (fr.wikipedia.org - Nicolas Chuquet).

 

"chuquet" diminutif de "chuc" est un mot auvergnat qui désigne une colline plus petite que le puy (Francisque Mège, Souvenirs de la langue d'Auvergne: essai sur les idiotismes du département du Puy-de-Dôme, 1861 - books.google.fr).

 

CHUQUET est une forme normanno-picarde de souchet, "petite souche" ; il est attestĂ© comme non de famille sur la liste des propriĂ©taires inscrits en 1823 sur la matrice cadastrale de Flottemanville (Françoise Girardy, Les Noms de lieu du canton de Beaumont-Hague (Manche), 1972 - books.google.fr).

 

Nicolas Chuquet crĂ©e le système actuel des grands nombres, dit l'Ă©chelle longue, ou système Chuquet, dans lequel on groupe ces grands nombres par paquets de six chiffres, et oĂą le mot billion signifie un million de millions (10 puissance 12), alors que dans l'Ă©chelle courte il vaut un milliard. Les mots bymillion et trimillion apparaissent en 1475 dans un manuscrit de Jehan Adam. Pour 10 puissance 12, puisque le mot million revient deux fois, il nomme ce nombre «bymillion». Le terme million existait avant Adam et Chuquet. C’est un mot d’origine probablement italienne, millione, forme intensifiĂ©e du mot mille : un million est Ă©tymologiquement un gros millier, rappelant les unitĂ©s de second ordre d’Archimède.La manière dont Adam et Chuquet prĂ©sentent ces termes suggère qu’ils dĂ©crivent un usage prĂ©existant, plutĂ´t qu’une invention personnelle. Il est probable que des termes comme billion et trillion Ă©taient dĂ©jĂ  connus Ă  cette Ă©poque, mais que Chuquet (expert dans l’art de manier les exposants) en a gĂ©nĂ©ralisĂ© le système, inventant les noms correspondant aux puissances plus Ă©levĂ©es. (idĂ©esmix.fr, mathislecorbot.com).

 

On fait remonter à l'Arithmétique de Jean Trenchant, mathématicien français, conseiller des officiers du roi, né au XVe siècle, ayant principalement vécu à Lyon. le premier emploi du mot milliard, écrit “miliars" pour noter 1000 millions. (fr.wikipedia.org - Jean Trenchant).

 

Dix centaines de millions ou mille millions forment un billion. La monnoie du plus bas aloi, soit de cuivre seul, soit de cuivre mélangé d'un peu d'argent, est une monnoie de billon. Dans le département du Puy-de-Dôme est une petite ville qui se nomme Billom, où atelier monétaire est attesté à l'époque mérovingienne,

 

L'universitĂ© de Billom est une universitĂ© (studium) prĂ©sente Ă  Billom, en Auvergne, entre le XIIe et la fin du XVe siècle. Ayant accueilli jusqu'Ă  2000 Ă©tudiants elle est une des plus grandes universitĂ©s d'Ă©poque mĂ©diĂ©vale au sein du royaume de France ; elle se voit ĂŞtre la première universitĂ© d'Auvergne, ancĂŞtre des universitĂ©s clermontoises postĂ©rieures (Louis Philipon De La Madelaine, Des homonymes français ou mots qui dans notre langue se ressemblent par le son et diffèrent par le sens, 1802 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Billom).

 

L’université de Billom ne comprit d’abord que les facultés des arts; elle délivrait le diplôme de maître ès arts, assez semblable à notre diplôme de bachelier ès lettres (Historique du Collège de Billom. Discours prononcé par M. l'abbé Beauregard, 1864 - books.google.fr).

 

Fondé au VIIIe siècle, le chapitre Saint-Cerneuf de la ville devint le studium épiscopal. Au XIIIe siècle, on transforma l'école en Université: elle suivit de peu Paris, Toulouse, Montpellier, et compta jusque deux milles élèves dans son enceinte. Quand Saint-Louis et Robert, son chapelain, fondent la Sorbonne, Billom fournit en jeunes gens le nouveau collège. Un peu plus tôt, Guillaume d'Auvergne, le chef des «réalistes», était évêque de Paris. Plus tard, quand Loyola fonda la Compagnie de Jésus. Billom fut le premier collège jésuite en France, fondé en 1558, juste après le Collegium Romanum. De l'école de Billom, on garde plusieurs souvenirs dans le Quartier Latin. Le collège de Montaigu (bibliothèque Sainte-Geneviève) fut fondé à la fin du XIIIe siècle par Aycelin de Montaigu, cardinal, de la famille des viguiers de Billom, puissante dans les Ordres militaires, et à Jérusalem. Juste à côté, Béraud IX de Mercoeur fait construire le collège de Navarre. Plus tard, la Convention y dressa  Polytechnique. Au XVIe siècle encore, le collège de Clermont (lycée Louis-le-Grand), filiale parisienne de Billom, fondée sur l'ancien palais de la Tour d'Auvergne, à la porte Saint-Jacques. Ces maisons accueillaient les jeunes venus des montagnes (Xavier Papaïs, Nombrils du monde, Po&sie [i.e. Poésie]., Numéro 120, 2007 - bokks.google.fr).

 

On devrait chercher dans la prose de Chuquet des éléments linguistiques soit normanno-picard soit auvergnat pour trancher.

 

Il faut remarquer que Nicolas Chuquet (comme les auteurs de langue d'oc) a remplacé par CION la terminaison latine TIO des noms substantifs. N'oublions pas que l'enseignement officiel des mathématiques était toujours fait en latin [voir Fulconis dans le quatrain VII, 19] (Adolphe Viani, Un ouvrage d'économie et de mathématiques en nissart: le "Compendion de l'abaquo" (1492) de Pellos, Bulletin philologique et historique (jusqu'à 1610) du Comité des travaux historiques et scientifiques, 1986 - books.google.fr).

 

À la fin du XVème siècle, il y a presque un siècle et demi que l'occitan n'est plus employé à l'écrit par les administrations civiles à Clermont et à Montferrand, plus d'un demi-siècle que toutes les institutions religieuses l'ont également abandonné. En 1477, la Passion d'Auvergne est représentée en français à Montferrand. Il est possible que la Passion d'Auvergne ait servi de pont entre les Passions dramatiques du domaine occitan et celles du Nord (Jean-Pierre Chambon, Émmanuel Grélois, De Albas Peiras à Beaupeyras (lieu-dit, Clermont-Ferrand): les transformations d'un microtoponyme entre ancien occitan et français moderne, Revue belge de philologie et d'histoire, tome 83, fasc. 3, 2005 - www.persee.fr).

 

On classe aujourd'hui la langue des registres consulaires de Montferrand parmi les dialectes d'oc, mais il s'agit, bien entendu, d'un dialecte occitan très septentrional. Que nous apprennent ces archives sur les comportements linguistiques des Montferrandais au Moyen Ă‚ge ? Est-ce que, en l'occurrence, les Montferrandais agissaient comme s'il se trouvait dans la plaine bourbonnaise, Ă  quelques kilomètres ville, une frontière linguistique quelque peu abrupte ? La ville de Montferrand fut fondĂ©e seulement dans la deuxième moitiĂ© du XIIe siècle. Sa charte de franchises, rĂ©digĂ©e en langue vulgaire et non en latin, date de 1198. SituĂ©e sur les terres du Comte d'Auvergne Ă  trois kilomètres du siège Ă©piscopal de Clermont, les raisons de la fondation de la ville sont claires : il s'agissait pour le comte de tenir en Ă©chec les ambitions de son grand rival territorial, l'Ă©vĂŞque de Clermont. Cette rivalitĂ© a persistĂ© tout au long du Moyen Ă‚ge, jusqu’à la fusion de Montferrand avec Clermont en 1630, sinon plus tard. C’est vraisemblablement la prise de position anti-Ă©piscopale qui explique l’attachement des consuls de Montferrand Ă  la langue vulgaire. Les archives municipales que ceux-ci nous ont laissĂ©es sont immenses, comportant des centaines de registres de comptabilitĂ©, des rĂ´les de taille, les procès-verbaux des sĂ©ances du consulat etc. Beaucoup d’autres villes de consulat ont conservĂ© des archives en langue vulgaire. Mais aucune, Ă  ma connaissance, ne remonte aussi haut que celles de Montferrand. Elles commencent en 1258 et ne s’arrĂŞtent qu’au milieu du XVIIIe siècle. Le nombre de documents qu’on y trouve rĂ©digĂ©s en latin est infime, mais nous savons par ailleurs que les consuls ont utilisĂ© cette langue dans toute leur correspondance avec la cour du roi jusqu’à la Guerre de Cent Ans. Entre 1258 et 1387 la langue de l’administration consulaire est l’occitan. Voici la liste des documents rĂ©digĂ©s en langue d’oc. [...] Au lendemain de l’annexion, le pouvoir capĂ©tien n’a visiblement pas dĂ©couragĂ© l’emploi de cette langue rĂ©gionale comme langue administrative. C’est seulement vers la fin du siècle suivant, sous la pression de la Guerre de Cent Ans, que le Duc de Berri intervient pour pousser les consuls Ă  passer au français. [...] Pour ce qui est de la langue de ces consuls montferrandais, ce qui frappe d’abord c’est le caractère local de leur Ă©criture. On voit la parentĂ© entre cette langue et celle des chartes toulousaines, mais la prĂ©sence dans l’esprit de nos «secrĂ©taires de mairie » d’une norme occitane suprarĂ©gionale fait complètement dĂ©faut. Il s’agit incontestablement de l’occitan, mais d’un occitan qu’un Francimand descendu de Bourges n’aurait pas eu trop de mal Ă  comprendre. [...] Il n’est pas Ă©vident que les Montferrandais se rendaient plus souvent en pays d’oc qu’en pays d’oĂŻl. Ils traversaient assez souvent les Monts du Forez pour se rendre Ă  Lyon, et les ressemblances entre la langue des Montferrandais et celle des ForĂ©ziens ne sont pas nĂ©gligeables. Les consuls montferrandais se rendaient souvent Ă  Paris (une distance de 400 km, soit 10 jours de route), et des Parisiens arrivaient souvent Ă  Montferrand. Jamais dans les archives il n’est question de traducteurs ou de problèmes de comprĂ©hension. Le passage de l’occitan au français Ă  la fin du XIVe siècle ne suscite aucun commentaire mĂ©talinguistique (Anthony Lodge, Le clivage oc-oĂŻl au Moyen Ă‚ge : fiction mĂ©thodologique. MĂ©langes de l'École française de Rome. Moyen-Age, tome 117, n°2. 2005 - www.persee.fr).

 

De nombreux traités de géométrie médiévale s'occupent de calcul du volume des tonneaux, mais ce n'est qu'au XVe siècle que Jean Fusoris et Nicolas Chuquet donnent explicitement les moyens de calculer ces graduations (Pierre Portet, Les mesures du vin en France aus XIIIe et XIVe siècles d'après les mémoriaux de la Chambre des comptes de Paris, Bibliothèque de l'École des chartes, 1990 - books.google.fr).

 

Le jeu du tonneau

 

Nos ancĂŞtres se divertissaient en des amusements simples. Le dimanche, après la semaine de labeur, ils se plaisaient Ă  se rĂ©unir et Ă  jouer au tonneau, dans les jardins des cabarets de banlieue. On ouvrait, dans une barrique hors d'usage, des trous du mĂŞme calibre que celui de la bonde, et, en bras de chemise, en buvant quelque peu, on s'exerçait Ă  envoyer dans les ouvertures des palets, voire mĂŞme de la monnaie. Aujourd'hui, les joueurs sont en face d'un meuble assez complexe, demandant une adresse plus grande. Ce meuble a des trappes surmontĂ©es d'arceaux, un moulinet tournant sur un axe qui s'oppose mĂ©caniquement Ă  l'entrĂ©e de tout palet qui ne tombe point Ă  plat sur l'aile visible. Et en arrière de ce moulinet grimace d'ordinaire une figure: tĂŞte de crapaud, tĂŞte de lion, chimère quelconque ouvrant sa gueule vers le joueur. Un système ingĂ©nieux fait descendre le palet entrĂ© par une ouverture jusqu'Ă  un rebord infĂ©rieur oĂą se lit le nombre de points correspondant Ă  chacune des ouvertures. Des jeux de tonneau sont spĂ©cialement construits pour les enfants ; mais, pour eux comme pour les grandes personnes, ce jeu reste un amusement de jardin ou de campagne. Comme autrefois, les gens du peuple aiment le jeu de tonneau ; tous les marchands de vin de la banlieue de Paris en mettent Ă  la disposition des consommateurs (Gaston Vuillier, Plaisirs & jeux depuis les origines, 1900 - archive.org).

 

Une carte postale publiée dans les  Souvenirs de la Celle Saint-Cloud montre deux personnes en train de jouer au tonneau, jeu d'adresse où l'on doit lancer des palets dans un coffre percé (www.lacellesaintcloud.fr).

 

Montferrand et les sciences : Blaise Pascal

 

L'annĂ©e 1646 est le moment oĂą Blaise commence de s'intĂ©resser au vide et Ă  l'Ă©quilibre des liqueurs. En octobre Pierre Petit, un ami de Mersenne, a rapportĂ© la nouvelle de l'expĂ©rience d'Italie chez les Pascal Ă  Rouen. Voici le schĂ©ma compliquĂ© du dĂ©roulement des Ă©vĂ©nements. En octobre 1646 la bataille sur le vide dure depuis deux ans. Les expĂ©riences princeps de Torricelli datent de 44. Dans toute l'Europe les savants tentent de refaire l'expĂ©rience. Elle est difficile Ă  rĂ©aliser car le verre est de mauvaise qualitĂ© et il casse sous la pression du mercure avant que l'on puisse conclure. En outre deux problèmes restent en suspens : pourquoi le mercure subsiste-t-il dans le tube, la pression de l'air est-elle cause du phĂ©nomène comme Torricelli le pense ? Qu'y a-t-il au-dessus du mercure, le vide ou non ? Pascal procède Ă  des 'expĂ©riences'. Le rĂ©seau de diffusion de Pascal via l''AcadĂ©mie de Paris' est très efficace. Dès le premier semestre de l'annĂ©e 1647, avant toute publication, Pascal acquiert une grande renommĂ©e dans le monde savant français pour les expĂ©riences en cours. Ă€ l'automne cependant une lettre de Varsovie parvient Ă  Mersenne, envoyĂ©e au mois d'aoĂ»t. La missive annonce que lĂ -bas, le Père Magni se prĂ©vaut d'avoir le premier montrĂ© l'existence du vide et fait moult expĂ©riences. Roberval est chargĂ© de rĂ©futer la prioritĂ© du père 'polonais' en Ă©voquant Torricelli. Quant Ă  Pascal, il se hâte d'Ă©crire et diffuse le texte des ExpĂ©riences nouvelles touchant le vide..., en assurant l'avenir par l'annonce d'un traitĂ© dont la première ligne n'est pas Ă©crite. Le texte est publiĂ© en octobre 1647. ImmĂ©diatement le P. NoĂ«l, recteur du collège de Clermont Ă  Paris, publie une lettre critique. RĂ©ponse de Pascal le 29 octobre. Nouvelle lettre du P. NoĂ«l, qui par ailleurs dĂ©nonce auprès du Prince de Conti, homme de la Compagnie, les expĂ©riences touchant le vide. Pascal rĂ©pond par le biais d'une lettre adressĂ©e Ă  Le Pailleur cependant qu'Etienne Pascal signe la seconde rĂ©ponse au P. NoĂ«l, on est en fĂ©vrier-mars 48. Le vide est une affaire de famille. Les Pascal sont dĂ©sormais en guerre ouverte contre le monde jĂ©suite. Mais Pascal et Descartes se sont rencontrĂ©s les 23 et le 24 septembre 47, une fois sans tĂ©moins. Descartes, grand adversaire du vide, a dit et Ă©crit qu'il avait suggĂ©rĂ© Ă  Pascal comment vĂ©rifier l'hypothèse de la pression de l'air : en expĂ©rimentant si la hauteur de mercure variait avec l'altitude. Après l'entrevue de Descartes et Pascal tout le monde Ă  Paris, Mersenne, Huygens, Auzout et Gassendi parle de faire une telle expĂ©rience (L'oeuvre... Rochot p.299). Le 13 dĂ©cembre 1647 Descartes demande Ă  Mersenne des nouvelles de l'expĂ©rience dans une lettre fort intĂ©ressante (Descartes Oeuvres... III, p.754-6). Pascal date du 15 novembre 1647 la lettre oĂą il demande Ă  son beau-frère Florin PĂ©rier de faire l'expĂ©rience en Auvergne. La diminution de la hauteur du mercure dans le tube torricellien entre la ville de Clermont et le sommet du Puy-de-DĂ´me est constatĂ©e le 19 septembre 1648. Le beau-frère de Blaise lui en rend compte dans une lettre du 22 septembre 1648. Presqu'un an pour faire l'expĂ©rience ; tous les historiens des sciences sont d'accord sur ce  point : Blaise a antidatĂ© sa première lettre. Il publie les deux lettres et son interprĂ©tation Ă  Paris en octobre 1648. C'est le RĂ©cit sur la grande expĂ©rience des liqueurs... La controverse avec les jĂ©suites se poursuit. Cette fois-ci c'est un jĂ©suite du Collège de Montferrand qui conteste Ă  Pascal la prioritĂ© de son expĂ©rience. Blaise rĂ©pond par deux lettres en Ă©tĂ© 1651 adressĂ©es Ă  Monsieur de Ribeyre. Enfin il rĂ©dige vers la mĂŞme Ă©poque deux traitĂ©s sur l'Equilibre des liqueurs et sur la Pesanteur de la masse de l'air qui seront Ă©ditĂ©s après sa mort par Florin PĂ©rier en 1663. VoilĂ  l'historique de la controverse (Michèle Porte, Memoire de la Science, 1987 - books.google.fr, Louis Rougier, De Torricelli Ă  Pascal, Chapitre XII – L’insincĂ©ritĂ© de Pascal, Philosophia Scientiæ 14-2, 2010 - journals.openedition.org).

 

Blaise Pascal naît le 19 juin 1623. Son père devient échevin de Clermont l'année suivante. Il en démissionne en 1625, alors que son fils était tombé malade. Il sera soigné par un cataplasme posé par la rebouteuse qui lui aurait jeté le sort. […]

 

Au cours de l'année 1625, Étienne Pascal acheta, pour la somme considérable de 31 600 livres, la charge de second président de la Cour des Aides de Montferrand. Le notable, officier royal, devenait juge. La Cour des Aides de Clermont comptait deux ou trois présidents, avec rang d'ordre, et une vingtaine de conseillers. C'était une cour souveraine, c'est-à-dire qu'elle jugeait en dernier ressort. Ses arrêts ne pouvaient être réformés que par le roi en son Conseil. […]

 

Etienne Pascal est un des artisans de la fusion des villes de Clermont et de Montferrand en 1630 (Yves Chiron, Pascal, 2009 - books.google.fr).

 

Le tonneau de Pascal

 

Le crève-tonneau de Pascal est une expérience hydrostatique réalisée par Blaise Pascal en 1646. Dans cette expérience Pascal insère un tube de 10 m de long dans un tonneau rempli d'eau2. Quand de l'eau est ajoutée dans le tube, Pascal montre que l'augmentation de la pression fait exploser le tonneau (fr.wikipedia.org - Crève-tonneau de Pascal).

 

Vocabulaire mathématique

 

Le latin probus est, selon Quicherat, une syncope de probatus, qui a le sens d'éprouvé. Pour être déclaré brave par excellence, il faut donc avoir fait ses preuves, s'être distingué par ses prouesses. Le nombre de ces braves est limité à neuf et il n'y a généralement pas d'écart pour leur désignation. «Probus, gallis preux, miles animo valens.» (Du Cange). — «Preux, vieux mot qui signifiait hardi et vaillant, strenuus, fortis. Ménage dérive ce mot de probus, comme prouesse de probicia qu'on a dit pour probitas» (Dict. de Trévoux) (Xavier Barbier de Montaut, Les tapisseries des Preux à Saint-Maixent, Revue poitevine et saintongeaise, 1893 - archive.org, Gilles Ménage, Dictionaire étymologique ou Origines de la langue françoise, chez Jean Anisson, 1694 - books.google.fr).

 

On a dit de la théorie des probabilités qu'elle est la science du hasard... En débattant le plus sérieusement du monde de ce qu'on désignerait plus tard sous le nom de martingale, Blaise Pascal et Pierre de Fermat en ont élaboré les germes dès le XVIIe siècle. Les jeux de hasard sont ainsi devenus un objet de science.

 

Pour Alain Rey, linguiste qui a dirigĂ© l'Ă©laboration du Dictionnaire historique de la langue française, l'histoire du mot probable rĂ©vèle son enracinement dans le subjectif Ă  travers l'Ă©vocation de concepts fondamentaux tels que la crĂ©dibilitĂ© (et ses nuances : de la croyance admissible - conjectures - Ă  la croyance possible), la probitĂ© (ĂŞtre probe), le jugement Ă©thique (approuver), le jugement de vĂ©ritĂ© ainsi que les procĂ©dures de vĂ©rification permettant de parvenir Ă  un tel jugement (prouver), l'Ă©preuve (Ă©prouver), le probable et la probabilitĂ©. C'est en fait l'Ă©tude du mot latin probus qui permet de mettre au jour l'ensemble des concepts dĂ©rivĂ©s Ă©voquĂ©s ci-dessus. Dans le mot probus, le prĂ©fixe pro marque Ă  la fois, un dynamisme et une action positive qui se dĂ©veloppe dans l’espace et le temps. Par exemple, dans le domaine agricole, probus ager dĂ©signe un champ oĂą les graines germent puis poussent bien : ce qui est probus rĂ©pond Ă  l’attente et est de qualitĂ©. AppliquĂ© aux relations humaines, le mot exprime la bontĂ©, la droiture, l’honnĂŞtetĂ© (probitĂ©), la rĂ©ponse positive Ă  l’attente. On trouve ensuite des mots comme probatio (la preuve) ; probare (puis approbare, reprobare) qui signifie Ă  la fois « prouver » et « approuver » ; probabilis qui va donner probable et probabilisme avec ses diffĂ©rents sens : le sens des JĂ©suites est voisin de celui de la philosophie et de la thĂ©ologie scolastiques (probable dĂ©signe ici la qualitĂ© que procure Ă  un jugement une ou plusieurs autoritĂ©s reconnues : le fait d'ĂŞtre probable signifie ĂŞtre approuvable parce qu'approuvĂ© par une autoritĂ© indiscutable), puis, au XVIIIe siècle, avec Jakob Bernoulli, son sens mathĂ©matique (probabilisme quantitatif avec la prise en considĂ©ration du nombre de cas favorables Ă  la rĂ©alisation d'un Ă©vĂ©nement et calcul de la valeur de l'espĂ©rance dans une situation d'incertitude) (Bernard Courtebras, MathĂ©matiser le hasard: Une histoire du calcul des probabilitĂ©s, 2008 - books.google.fr).

 

Le mot « problème » vient du grec ancien (pro-blĂŞma) signifiant littĂ©ralement : ce qui est jetĂ© ou lancĂ© devant moi. D'oĂą l'expression courante : ĂŞtre confrontĂ© Ă  un problème (Jean Laberge, Du fiabilisme: la garantie mĂ©taphysique de la foi, 2017 - books.google.fr).

 

On peut voir un jeu de mot avec deux sens anciens du mot assommer dont l'un mathĂ©matique :

 

Assommer briser, escarboüiller la teste, Macto, aui, atum, are. Caput grauiore ictu elidere. Caput comminuere. Assommer vn bœuf, Mactare bouem, Caput boui elidere, comminuere. Assommer, assoupir, Engourdir, Sopio, consopio, piui, tum, pire, stupefacio, feci, factum, facere. Le trop manger & boire, l'assomme à la table mesme, Immodicus cibus, & potus eum, vel ipsa in mensa, sopiunt, consopiunt, stupefaciunt, stupore obruunt.

 

Assommer, sommer, faire une somme de plusieurs pieces, Summam cogere, colligere, conficere, conflare, facere multis ex partibus (Philibert Monet (SJ), Abregé du Parallèle des langues francoise, 1635 - books.google.fr).

 

En 1556, Tartaglia publie une mĂ©thode de calcul des coefficients binomiaux et une table du triangle arithmĂ©tique dans son ouvrage General trattato di numeri et misure. En 1636, le père Marin Mersenne insère dans son Harmonicorum Libri XII, une table du triangle arithmĂ©tique. [...] Ă€ la fin du XVIIe siècle ce triangle arithmĂ©tique fut le point de dĂ©part de trois branches des mathĂ©matiques : recherches sur les sĂ©ries infinies, calcul des diffĂ©rences finies et thĂ©orie des probabilitĂ©s. On a sans doute associĂ© le nom de Pascal au triangle arithmĂ©tique parce que ce triangle fut appelĂ© par Montmort en 1708, dans son ouvrage Essai d'analyse des jeux de hasards, « la table combinatoire de M. Pascal » et par de Moivre, en latin, en 1730, Triangle arithmĂ©tique de Pascal, comme on peut le voir sur la figure de la page 181 du traitĂ© de De Moivre : Triangulum Arithmeticum PASCALIANUM (Jean-Jacques Samueli, Jean-Claude Boudenot, Une histoire des probabilitĂ©s: des origines Ă  1900, 2009 - books.google.fr).

 

Acrostiche : DSAGn, DeSAG (roumain) ?

 

DESAG ou DASAG, s. m. besace, bissac. panetière. Cine vrea sa sara peste groapa, arunce mai'nainte desagii peste ea (I. SLAV.); qui veut sauter le fossĂ©, doit d'abord jeter sa besace par dessus. Eu mare, tu mare, da desagii cine-i duce la moara ? (Petre ISPIRESCU) Si nous sommes tous Ă©gaux qui portera le bissac au moulin ? (FrĂ©dĂ©ric DamĂ©, Nouveau dictionnaire roumain-français, Tome 1, 1893 - books.google.fr, Petre Ispirescu (1830 - 1887), Legende sau basmele românilor (1882), 1988 - books.google.fr).

 

C'est le voévode de Transylvanie, János Hunyadi (Hunedoara), d'ascendance roumaine, qui est l'âme de la résistance aux Turcs, de 1440 à 1456. Après l'effondrement hongrois à Mohács en 1526, la Transylvanie, séparée de la Hongrie, devient à son tour une principauté vassale du sultan (Roumanie, Encyclopaedia Universalis, Les Grands Articles, 2015 - books.google.fr).

 

Giuliano Cesarini, né en 1398 à Rome et mort le 10 novembre 1444, trouve la mort le 10 novembre 1444 en Bulgarie, dans les marais proches du port de Varna (Odessos), lors de la croisade contre les Turcs qu'il était chargé de conduire pour le pape, défaite, catastrophique par ses conséquences. Professeur de droit canonique à Padoue, il eut pour élève Nicolas de Cues (Nicolas Krebs), théologien, philosophe, humaniste, mathématicien et prélat allemand de la fin du Moyen Âge (fr.wikipedia.org - Giuliano Cesarini (1398-1444), fr.wikipedia.org - Jean Hunyadi).

 

Quoiqu'il soit beaucoup mieux connu comme philosophe que comme savant et qu'il n'ait dĂ©couvert aucune vĂ©ritĂ© scientifique, Nicolas de Cues (1401-1464) a exercĂ© une influence certaine sur LĂ©onard de Vinci, Giordano Bruno, Copernic et Kepler : son affirmation de la valeur absolue du principe de continuitĂ© et son identification formelle du cercle avec un polygone Ă  une infinitĂ© de cĂ´tĂ©s forment la base de la Stereometria doliorum («StĂ©rĂ©omĂ©trie des tonneaux») de Kepler, point de dĂ©part de la gĂ©omĂ©trie des indivisibles du XVIIe siècle (RenĂ© Taton, Histoire gĂ©nĂ©rale des sciences : La science moderne (de 1450 Ă  1800), 1969 - books.google.fr).

 

Kepler et sa pĂ©riode de Linz (mai 1612 - juillet 1628). Au cours de cette longue pĂ©riode, entremĂŞlĂ©e de plusieurs voyages et traversĂ©e d'Ă©vĂ©nements familiaux, politiques, militaires et d'Ă©vĂ©nements familiaux, politiques, militaires et sociaux, dont beaucoup marquèrent profondĂ©ment la vie, la carrière et l'Ĺ“uvre de Kepler, celui-ci publia de nombreux Ă©crits Des 41 publications rĂ©pertoriĂ©es par M. Caspar (Bibl. no 42 Ă  79, 65a, 65 b et 73a), nous ne retiendrons en dĂ©tail que les neuf suivantes : Tout d'abord, deux ouvrages de mathĂ©matiques appliquĂ©es, consacrĂ©s Ă  un problème pratique de stĂ©rĂ©otomie, le jaugeage des tonneaux, et marquant l'une des premières apparitions du calcul des indivisibles. Le premier, en latin, s'adresse Ă  un public cultivĂ© : 10. Nova stereometria doliorum vinariorium... Accessit Stereometriae Archimedis Supplementum («Nouvelle stĂ©rĂ©omĂ©trie des tonneaux Ă  vin... suivie d'un supplĂ©ment Ă  la stĂ©rĂ©omĂ©trie d'Archimède»). Linz, 1615 (Bibl. no 48) (Tableau chronologique des oeuvres de Johann Kepler, SociĂ©tĂ© astronomique de France, 1972 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 2028 sur les dates pivot 1440 et 1391 donne 852 et 754.

 

Dans un de ses Mémoires, M. Ménard s'est proposé de réformer la chronologie d'une ancienne chronique, qui nous apprend quelques faits qu'on chercheroit en vain dans les autres monumens historiques. Cette chronique a été compilée par un auteur anonyme, sur d'anciens titres des archives de l'église cathédrale de S. Théodorit d'Uzès; elle a été insérée dans un vieux manuscrit de la bibliothèque de M. de Marca, archevêque de Toulouse: ce Prélat l'ayant communiqué à Caseneuve, auteur du dernier siècle, celui-ci l'a publiée dans son Traité du franc-alleu de la province du Languedoc, imprimé à Toulouse en 1645. Cette pièce, qui s'étend depuis le milieu du VIIIe siècle jusqu'après le commencement du IXe, est excellente pour le fond des vérités historiques; & c'est par-là qu'elle mérite d'être conservée & mieux connue qu'elle ne l'a été jusqu'ici: mais on ne sauroit comprendre jusqu'à quel point y règnent l'inexactitude & la confusion dans l'ordre des temps; de douze articles dont elle est composée, il n'y en a pas un seul qui présente une date juste & véritable; ils font tous placés sous des années qui ne leur appartiennent point, & cela à deux, douze, vingt, & plus de trente ans de différence. Il n'est pas facile de décider d'où peut être provenue une si grande continuité d'erreurs.

 

Anno Domini DCC. LV. Guillelmus, comes, qui infrĂ  fuit effectus monachus, Nemausum ingreditur in die veneris ramis palmarum. Et eodem anno preerat episcopus apud Narbonam vir venerabilis Daniel.

 

L'entrĂ©e du comte Guillaume dans Nismes est fixĂ©e, par cet article, au vendredi avant le dimanche des Rameaux de l'an 755, temps oĂą l'on suppose que siĂ©geoit Daniel, archevĂŞque de Narbonne : il faut, pour dĂ©montrer la faussetĂ© de cette Ă©poque, entrer dans quelques Ă©claircissemens historiques

 

D'abord il est certain que le comte Guillaume, dont il est ici question, & que la chronique dit s'être enfuite fait moine, n'est autre que Guillaume au court-nez, fils du comte Théodoric Vit. S. Guillem. & d'Aldane, ne sur la fin du règne de Pépin, qui fut ensuite S. Bened, fæcul. mis fort jeune à la cour de Charlemagne, & successivement honoré par ce Prince de la charge de Comte du palais, de Capitaine de la première cohorte de ses gardes; le même que Charlemagne nomma duc de Toulouse ou d'Aquitaine, à la place de Chorfon, destitué, pour crime de félonie, par l'assemblée de Worms, au printemps de fan 790; en cette dernière qualité, Guillaume eut une autorité majeure fur tout ce qui dépendoit alors du royaume d'Aquitaine, c'est-à-dire fur toute la Septimanie & fur la marche d'Espagne, comme l'avoit eue Chorson. C'est donc poftérieurement à sa nomination au duché de Toulouse que Guillaume dût se rendre à Nismes, parce qu'alors seulement l'inspection sur cette ville, comprise dans les dépendances du royaume d'Aquitaine, se trouvoit être véritablement de son reffort, & devoit intéresser son zèle. [...]

 

La prise d'Orange sur les Sarasins, qu'on y célèbre, est confirmée par le témoignage de la vie de Guillaume, & celle de Nismes est attestée par la chronique d'Uzès; de sorte qu'on peut regarder ce morceau comme une nouvelle preuve de ces deux faits, ainsi que de l'irruption des Sarasins: retranchons-en, si l'on veut, les traits fabuleux dont il est parsemé, mais adoptons-en le fait principal; du nombre de ces faux épisodes, par exemple, est le stratagème de la prise de Nismes, imaginé, ce semble, d'après celui du cheval de Troie; on suppose que le duc Guillaume fit entrer dans cette ville des charrettes chargées de tonneaux remplis de soldats qui se rendirent bien-tôt maîtres de la place comme le disent les premiers vers du charroy de Nismes, chanson de geste (Histoire de l'Académie royale des Inscriptions et Belles Lettres, Tome 29, 1764 - books.google.fr).

 

Les comtes de Toulouse ne sont pas des toulousains ni des méridionaux. Ils sont issus d'une grande famille de la Reichsaristokratie, celle des «Nibelungen historiques» alliée avec les Guilhelmides d'Auvergne. Le premier ancêtre connu, au début du IXe siècle, Foucaud missus en Rouergue, et peut-être comte, était l'époux de Sénégonde, fille de Frédelon avoué du comte d'Autun, et de Berthe (ou Aude) sœur de saint Guilhem. Ce fut leur fils, nommé aussi Frédelon, qui fit la fortune de la lignée en trahissant son roi Pépin II d'Aquitaine au profit de Charles le Chauve en 849, lui livrant Toulouses. Malgré quelques vicissitudes et des affrontements meurtriers avec les Guilhelmides à la fin du IXe siècle, la dynastie se maintint, et après plus d'un siècle de pouvoir les Raimondins sont acculturés en ces terres méridionales, grâce notamment à l'opération de Raimond «dont l'autre nom par la grâce de Dieu est Pons». La principauté territoriale qui naît alors n'est pas «l'expression enfin révélée d''un particularisme local resté vivace face aux mœurs et institutions franques, mais le résultat d'une fusion des cultures dans l'aristocratie d'une aire donnée» (Hélène Débax, La Féodalité languedocienne - XIe-XIIe siècles, Serments, hommages et fiefs dans le Languedoc des Trencavel, 2020 - books.google.fr).

 

Sénégonde, veuve Foucaud, missus en Rouergue et en Nîmois (vingt-cinq ans plus tôt), consent à la collégiale de Vieux en Albigeois qui les abrite un don pour le repos de son âme et de celle de son fils Frédelon, comte de Toulouse, mort en 851 (J.L. Biget, La sauveté de Vieux en Albigeois, Annales du Midi, Volume 102, Numéros 189-192, 1990 - books.google.fr).

 

Les pays qui s'Ă©tendent de NĂ®mes Ă  l'Albigeois et au Quercy servent de base Ă  une famille rattachĂ©e Ă  saint Guilhem par les femmes. Elle dispute le comtĂ© de Toulouse aux descendants du saint : Bernard de Septimanie, Bernard Plantevelue et Bernard de Gothie. Charles le Chauve, dont l'Aquitaine et la Septimanie rejettent Ă  l'origine la souverainetĂ©, rĂ©ussit Ă  prendre Toulouse en 849; en octobre de cette annĂ©e-lĂ , il passe Ă  Albi oĂą il souscrit deux diplĂ´mes; Ă  l'occasion de cette campagne, il confirme la possession des comtĂ©s de Toulouse et de Rodez Ă  FrĂ©delon, fils d'un certain Foucaud, missus en Rouergue vers 825. FrĂ©delon a pour successeur, en 851, son frère Raimond; ce dernier gouverne en outre Cahors et Albi, mais il est bientĂ´t Ă©liminĂ© par le marquis de Gothie, qui installe en Albigeois un comte de souche narbonnaise, Ermengaud. L'annĂ©e suivante – 864 –, entraĂ®nĂ©s par PĂ©pin II, neveu de Charles le Chauve qui n'a jamais admis d'ĂŞtre dĂ©pouillĂ© de l'Aquitaine au profit de son oncle, les Normands viennent assiĂ©ger Toulouse. Le comte Ermengaud rassemble des troupes pour protĂ©ger l'Albigeois qui semble ne pas souffrir exagĂ©rĂ©ment du passage de quelques bandes de pillards se dirigeant vers le Rouergue; l'incursion reste unique; les Normands, fort Ă©loignĂ©s de leurs bases ne seraient sans doute jamais venus s'ils n'avaient Ă©tĂ© sollicitĂ©s (Les nouveaux princes et le temps de l'essor (Xe-XIe siècles), Histoire d'Albi, 2000 - books.google.fr).

 

Le problème des 21 tonneaux posent la question du partage égalitaire.

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