La voix des Ă©toiles

La voix des Ă©toiles

 

VII, 17

 

2011-2012

 

Le Prince rare de pitié & clemence,

Viendra changer par mort grand connoissance :

Par grand repos le regne travaillé,

Lors que le grand tost sera estrillé.

 

Cette version pose le problème du placement des rimes (plates) aabb alors qu'ailleurs c'est abab (Version 1557 - www.zannoth.de).

 

Version 1568 :

 

Le Prince rare de pitie & clemence ;

Apres avoir la paix aux siens baillĂ© :

Viendra changer par mort grand cognoissance,

Par grand repos le regne travaillé. (Jacques Halbronn, Réflexions sur les avatars des quatrains centuriques aux XVIe et XVIIe siècles, 2004 - michel.nostradamus.free.fr, LES PROPHETIES de Nostradamus, 1568 - www.google.fr/books/edition).

 

"rare"

 

Vertu hĂ©roĂŻque et rare, pitiĂ© gĂ©nĂ©reuse, clĂ©mence, observation des lois saintes ! Alfonse est l'exemple des rois (Lope de Vega, Le meilleur alcade est le roi).

 

Tous les caractères de la pièce, soit ceux que l'histoire indiquait au poëte, soit ceux que lui-même a créés, sont tracés avec un rare talent. Le roi Alphonse VII, avec sa justice sévère et sa bonté pour les faibles et les petits, est bien l'Alphonse VII de l'histoire, et l'on reconnaît en lui ces rois d'Espagne du moyen âge qui se considéraient sérieusement, et quelle que fût d'ailleurs leur conduite, comme les représentants de Dieu sur la terre (Lope de Vega, OEuvres, Tome 2, 1822 - books.google.fr).

 

Dans l'ancienne constitution municipale de l'Espagne, l'alcade (alcalde) était à la fois maire, juge de paix, juge de première instance au civil et au criminel. Ici, en disant que le roi est le meilleur des alcades, le poëte veut dire seulement que pour faire justice, pour la faire prompte et complète, le meilleur des juges c'est le roi.

 

A la fin de sa comĂ©die, Lope annonce que cette pièce est historique et qu'il en a empruntĂ© l'argument Ă  la quatrième partie de la Chronique d'Espagne. Voici, dans sa naĂŻve simplicitĂ©, le rĂ©cit de cette Chronique : "Cet empereur des Espagnes (Alphonse VII) Ă©tait grand justicier, et l'on va voir comme il redressait les torts qui avaient lieu dans le pays. Un infançon qui demeurait en Galice, et qui avait nom don Fernand, ayant pris par force Ă  un laboureur son hĂ©ritage, le laboureur alla se plaindre Ă  l'empereur, qui Ă©tait pour lors Ă  Tolède. [...] Quand l'empereur fut arrivĂ© Ă  l'endroit qu'habitait l'infançon, il fit appeler le juge suprĂŞme du lieu, et lui ordonna de lui conter en toute vĂ©ritĂ© ce qui s'Ă©tait passĂ©. Et le juge lui dit tout. Et l'empereur, dès qu'il fut instruit de la chose, rĂ©unit tous les braves-hommes de l'endroit, alla avec eux jusqu'Ă  l'habitation de l'infançon; et arrivĂ© qu'il fut Ă  sa porte, il le fit appeler en lui faisant dire que l'empereur l'appelait. En entendant cela, l'infançon eut grand'peur, et il essaya de fuir; mais il fut arrĂŞtĂ© et menĂ© devant l'empereur. Et l'empereur examina toute l'affaire devant les braves-hommes; et comme l'infançon ne pouvait rien rĂ©pondre pour sa dĂ©fense, l'empereur le fit aussitĂ´t pendre devant sa porte, en ordonnant que l'on rendĂ®t au laboureur tout son hĂ©ritage avec les rĂ©coltes."

 

Le fait dont nous donnons le récit s'est passé vers le milieu du douzième siècle. Les infançons (infançones) étaient plus que de simples hidalgos. Les braves-hommes (omes buenos) étaient les petits propriétaires d'un endroit. El merino. C'était à peu près ce qu'était en France un sénéchal de robe longue (Lope de Vega, OEuvres, Tome 2, 1822 - books.google.fr).

 

Prudencio de Sandoval (1553-1620) dans sa Chronica general de Espana situe l'événement en 1151 (Benito Vicetto, Historia de Galicia, Tome 5, 1872 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Prudencio de Sandoval).

 

El mejor alcalde, el rey es una obra de teatro de FĂ©lix Lope de Vega escrita entre 1620 y 1623, segĂşn la dataciĂłn propuesta por Morley y Bruerton, y publicada en 1635 en la vigesimoprimera parte de las comedias de este autor.

 

La acciĂłn se sitĂşa en Galicia a comienzos del siglo XII, en el reinado de Alfonso VII de LeĂłn el Emperador (es.wikipedia.org - El mejor alcalde, el rey).

 

Lope de Vega Carpio (Madrid, 25 de noviembre de 1562-Madrid, 27 de agosto de 1635) fue uno de los poetas y dramaturgos más importantes del Siglo de Oro español y, por la extensión de su obra, uno de los autores más prolíficos de la literatura universal (es.wikipedia.org - Lope de Vega).

 

A la mort d'Urraque arrivée en 1126, ALPHONSE VIII(VI), son fils, fut véritablement roi de Léon et de Castille, et ces deux états respirèrent un peu sous un règne où les guerres furent moins fréquentes que sous les règnes précédens. Pour accommoder des prétentions qu'Alphonse VIII avait sur l'Aragon et la Navarre, les princes chrétiens le reconnurent en quelque sorte pour suzerain sous le titre d'empereur, ce qui le fait désigner sous le titre d'Alphonse l'empereur.

 

Alphonse VIII(VII) meurt en 1157, et l'impolitique partage des Ă©tats recommence et prĂ©pare de nouveaux dĂ©chiremens. Don Sanche, l'ainĂ© des fils d'Alphonse, eut la couronne de Castille. Le premier rĂ©sultat du partage fut la rĂ©volte des rois maures tributaires, et l'agression du roi de Navarre qui, les armes Ă  la main, demandait le redressement de plusieurs griefs. Le Navarrois fut battu et obligĂ© de se retirer; mais on ne put mĂŞme pas s'occuper sĂ©rieusement des Maures. (EncyclopĂ©die nouvelle dictionnaire philosophique, scientifique, littĂ©raire et industriel, Tome 3 : BOT-CONSOM, 1811 - books.google.fr).

 

L'auteur de la Chronica Adefonsi semble guidé par le souci de témoigner du rétablissement de l'autorité royale et de contribuer , par ses écrits , à son renforcement. Considérablement enrichies sous le règne d'Alphonse VI, grâce aux revenus induits par le protectorat imposé aux principautés musulmanes , les noblesses léonaise et castillane ont acquis une grande liberté d'action pendant la minorité d'Alphonse VII, au bénéfice de l'union orageuse conclue entre la reine Urraca et Alphonse Ier d'Aragon. Le premier livre de la chronique décrit la lutte soutenue par Alphonse VII pour faire accepter son autorité par les magnates rebelles et pour s'imposer dans le concert des souverains chrétiens, principalement aux dépens de son beau-père (Daniel Baloup, Reconquête et croisade dans la Chronica Adefonsi, Cahiers de linguistique et de civilisation hispaniques médiévales, 2002 - books.google.fr).

 

PiĂ©tĂ©, clĂ©mence et justice : prĂ©cĂ©dents romains

 

Le mot latin pietas s'appliquait Ă  des devoirs moraux : devoirs de l'homme envers les dieux, devoirs du citoyen envers sa patrie, des parents envers leurs enfants, des enfants envers leurs parents. Ces devoirs se sont peu Ă  peu colorĂ©s d'affection et de tendresse, et sous l'Empire romain le mot pietas, Ă©largissant son sens, sert Ă  exprimer des sentiments de bienveillance et de compassion Ă  l'Ă©gard des autres hommes. Ce mot a fourni au français deux mots : l'un, piĂ©tĂ©, est un mot d'emprunt, qu'on peut qualifier de savant ; l'autre, pitiĂ©, rĂ©sulte d'une Ă©volution qui n'est peut-ĂŞtre pas entièrement populaire, mais qui du moins atteste un emprunt qui a pĂ©nĂ©trĂ© de bonne heure dans la langue populaire (Georges Gougenheim, Les mots français dans l'histoire et dans la vie, 2010 - books.google.fr).

 

Traditionnellement la Vita Marci est attribuée à Julius Capitolinus et la Vita Cassii à Vulcacius Gallicanus. Cette attribution n'a pas résisté à la critique des commentateurs de l'Histoire Auguste. On admet de plus en plus qu'il n'y aurait eu qu'un seul auteur sinon de tout le recueil, du moins des biographies des empereurs du IIe siècle, auteur empruntant à deux sources principales, une source biographique, œuvre de Marius Maximus, et une source annalistique d'un auteur inconnu. Partant de ces sources, le compilateur de l'Histoire Auguste aurait rédigé les biographies des principaux empereurs et aurait employé ensuite certaines parties de ces Vitae comme base pour la rédaction des biographies secondaires. Ainsi, la Vita Veri serait un développement de certaines phrases de la Vita Marci, développement où la fantaisie et l'imagination de l'auteur se seraient donné libre cours (S.J. de Laet, Note sur deux passages de l'Histoire Auguste, L'Antiquité classique, Volumes 13 à 14, 1945 - books.google.fr).

 

1. Les deux premières vertus du prince sont la pietas et la clementia : C'est la volontĂ© divine qui remet le pouvoir au prince (II, 2); consĂ©quement, la succession est une affaire divine. La pietas envers les dieux assure la protection du prince (VIII, 3). Aucun bon empereur n'a jamais Ă©tĂ© vaincu par un usurpateur (VIII, 3). C'est l clementia qui porte l'empereur au rang des dieux (XI, 5-6). 2. Les actes concrets dictĂ©s par la clementia : Indulgence pour les complices de la rĂ©bellion (VIII, 7; XII, 9). Respect et garanties affirmĂ©es pour l'ordre sĂ©natorial en gĂ©nĂ©ral (VIII, 7; XII, 3 et 9). Indulgence et pardon Ă  l'Ă©gard des habitants d'Antioche (IX, 1). ClĂ©mence Ă  l'Ă©gard de la famille d'Avidius Cassius : elle se traduit par la garantie des biens, le respect des prĂ©rogatives de l'ordre sĂ©natorial Ă  laquelle elle appartient, la libertĂ© de dĂ©placement (IX, 2-4; XII, 6-7). Il apparaĂ®t nettement que cette clĂ©mence, "indissociable compagne de l'empereur" liĂ©e Ă  la pietas, met l'emphase sur le pardon et le respect Ă  accorder Ă  ceux qui ont participĂ© Ă  une rĂ©bellion, principalement aux sĂ©nateurs. Le texte est loin d'ĂŞtre innocent, et l'Ă©vocation concrète et continue de la clĂ©mence du prince rĂ©vèle plusieurs intentions de l'auteur. L'ensemble de la Vita Cassii est structurĂ© sur l'antithèse des deux personnages principaux. Marcus, l'empereur, le philosophe, celui pour qui la clĂ©mence reprĂ©sente la première vertu et le premier devoir du prince, et Cassius, l'excellent gĂ©nĂ©ral, dont la sĂ©vĂ©ritĂ© atteint les dimensions de la cruautĂ©. L'opposition entre la clĂ©mence, la sĂ©vĂ©ritĂ© et la cruautĂ© articule le raisonnement de SĂ©nèque et sera repris par Pline le Jeune dans le PanĂ©gyrique de Trajan (Cahiers des Ă©tudes anciennes, NumĂ©ro 28, 1993 - books.google.fr).

 

Marc Aurèle s'appliqua à gouverner avec justice et avec sagesse. Il aimait le travail, dit Xiphilin; il se donnait tout entier au moindre de ses devoirs, ne disant, ne faisant et n'écrivant jamais rien avec négligence. Quand il rendait la justice, il passait quelquefois onze et douze jours sur la même affaire, pour l'examiner exactement (Pensées de Marc Aurèle, Le Magasin pittoresque, Volume 8, 1840 - books.google.fr).

 

Le texte des Pensées a été entièrement préservé grâce à deux manuscrits seulement. Le premier est le codex du XVIe siècle Vaticanus Graecus 1950; le second est le codex Toxitanus (T), qui a reçu son nom du poète Michael Toxites (forme latinisée de Michael Schütz) qui, probablement en avril 1556, a donné le manuscrit à l'humaniste Conrad Gessner, selon la dédicace placée avant le texte — également nommé Palatinus (P)Note 1 par ses éditeurs — et qui aujourd'hui a disparu. C'est ce dernier dont s'est servi Guilielmus Xylander pour sa traduction en latin de l'original grec, et imprimée, qui constitue l'édition princeps, imprimée à Zurich en 1559 par Andreas Gesner (fr.wikipedia.org - Pensées pour moi-même).

 

Marcus Annius, devenu Marc-Aurèle, Ă©tait parent d'Adrien : il Ă©tait neveu de la femme d'Antonin, et fiancĂ© Ă  la fille de VĂ©rus CĂ©sar. Il Ă©tait d'origine espagnole : son bisaĂŻeul paternel, qui, le premier de sa famille, vint s'Ă©tablir Ă  Rome, avait pour patrie Ucubis ou Succubis, ville de la BĂ©tique, peu Ă©loignĂ©e d'Italica, patrie d'Adrien (Charles Romey, Histoire d'Espagne depuis le premiers temps jusqu'Ă  nos jours, Tome 1, 1839 - books.google.fr, Emile Lefranc, Petit abrĂ©gĂ© de gĂ©ographie ancienne, 1876 - books.google.fr).

 

Alfonso VII hace de Oreja el centro defensivo de la referida línea. Oreja, como ya dijimos, fue la antigua Aurelia romana, fundada posiblemente por el emperador de estirpe hispánica Marco Aurelio (161-80) (Anales toledanos, Volumes 18 à 20, 1984 - books.google.fr).

 

"connoissance" : cognitio

 

"cognitio" : connaissance mais aussi procĂ©dure judiciaire, enquĂŞte (Gaffiot).

 

Depuis Auguste, Rome et l'Italie dépendaient du sénat. En son nom, les préteurs y jugeaient les procès, mais en concurrence avec de multiples juridictions. Hadrien restreint leur compétence à un rayon limité autour de l'Vrbs et il partage l'Italie entre quatre circonscriptions confiées chacune juridiquement à un «consulaire». Outre leurs attributions en matière de sécurité, d'allocations alimentaires ou de gestion municipale (Histoire Auguste, Hadrien, 22, 13; Antonin le Pieux, 2, 11; Marc Antonin le Philosophe, 11, 6), ces quatres «consulaires» trancheront désormais les différends soustraits aux tribunaux locaux. Ces nouveaux responsables de la justice en Italie appartenaient certes à l'ordre sénatorial, en tant qu'anciens consuls, mais ils instruisaient les affaires au nom de l'empereur. Les «clarissimes» attendront sa mort pour faire abroger cette mesure par Antonin le Pieux (Appien, Guerres civiles, I, 38, 172). Mais Marc Aurèle rétablira les «consulaires» sous le nom de iuridici. À Rome même, le préfet du prétoire Suburanus, qui était un chevalier, intervenait au nom de Trajan dans un procès d'ordre criminel (Pline le Jeune, Lettres, VII, 6-11). Les pouvoirs judiciaires du sénat étaient donc grignotés et, de toute façon, le droit d'appel à l'empereur ou cognitio dispensait d'avoir à tenir compte de toute autre instance (Robert Turcan, Hadrien: souverain de la romanité, 2008 - books.google.fr).

 

Ex quo illud certissimum est quod Iudex appellationis vulgo, Alcade mayor, qui nominatus est à Dominis oppidorum præcedere debet cæteros judices ordinarios, an major illius sit & pleniorem causarum cognitionem ac dignitatem superiorem obtineat ut in simili arguit, Menoch. dict.conf.126.n.15. (Antonio Fernández de Otero, Tractatus de officialibus reipublicae: necnon oppidorum utriusque Castellae, 1682 - books.google.fr).

 

El Fuero de los fijosdalgo que en 1138 sancionó Alfonso VII en las Córtes de Nájera, precisaba los privilegios de la nobleza y sus relaciones con los vasallos y el Monarca, y era á la vez una compilacion de las fazañas y albedrios que en aquella época venia á formar una jurisprudencia, muy aceptable porque indicaba ya la tendencia á la unidad de la legislacion (Francisco Lastres, Procedimientos civiles y criminales, 1877 - books.google.fr).

 

Pendant les cinq siècles qui venaient de s'écouler depuis la conquête arabe, le droit coutumier s'était développé d'une manière incroyable, & le droit royal avait commencé de se former. Les rois avaient donné des chartes aux villes (cartaspueblas). Aiphonse VII avait publié, au milieu du douzième siècle, son Fuero de las Cortes de Najera (1138), appelé aussi Fuero de los fijosdalgo, Fuero de las fazañas, Costumbre antigua de España. Alphonse VIII avait permis aux nobles de Castille de rédiger la Fuero Viejo. Après la bataille de Las Navas de Tolosa (1212) & la conquête de Cordoue & de Séville (1248), les rois de Castille, qui venaient de doubler la richesse de leurs États, sentirent le besoin de les organiser, & la seconde moitié du treizième siècle est une des plus brillantes périodes de l'histoire législative de l'Espagne (Georges Desdevises du Dezert, La justice en Espagne au dix-huitième siècle, 1895 - books.google.fr).

 

Le couronnement impĂ©rial de 1135 d'inspiration wisigothique, geste orgueilleux de rĂ©affirmation du vieux modèle hispanique, peut ĂŞtre regardĂ© comme un chant du cygne, le dernier sursaut d'une tradition devenue incongrue alors que se dĂ©ploie la RĂ©forme grĂ©gorienne. PassĂ© la mort d'Alphonse VII, en 1157, l'image du souverain mĂ©diateur entre Dieu et son peuple, dĂ©rivĂ©e des figures de rois bibliques, se dissipe rapidement dans la documentation. L'espace symbolique ainsi libĂ©rĂ© est presque instantanĂ©ment occupĂ© par des saints : saint Jacques, au premier chef (Daniel Baloup, La ReconquĂŞte - Un projet politique entre chrĂ©tientĂ© et Islam: Un projet politique entre chrĂ©tientĂ© et Islam, 2023 - books.google.fr).

 

Aristote

 

En 1618, un phĂ©nomène cĂ©leste, analogue Ă  celui qui avait inspirĂ© Ă  GalilĂ©e l'idĂ©e mère de son système, provoqua chez, nous l'Ă©closion d'une foule d'ouvrages spĂ©ciaux : c'Ă©tait l'apparition d'une splendide comète. Pour Froidmont, qui dĂ©jĂ  trois annĂ©es auparavant avait favorablement accueilli les idĂ©es de Copernic, «cet astre annonçait la mort d'un prince : celle d'Aristote, le prince des philosophes, pour qui les comètes ne sont que des phĂ©nomènes mĂ©tĂ©oriques se produisant dans les rĂ©gions de l'atmosphère». Le professeur louvaniste prouve Ă  l'Ă©vidence que celle de 1618 voyageait dans les espaces planĂ©taires. «Hic cometa certe Aristoteli nostro non minas solum, sed exitium tulit. Ite Peripatetici, et imaginarium funus facite vestro principi.» Un astre venait de naĂ®tre au sein des cieux, que l'on croyait soustraits aux vicissitudes et aux gĂ©nĂ©rations ! Dès lors Aristote avait tort de dire que les cieux sont incorruplibles et immuables (Maurice de Wulf, Histoire de la philosophie scolastique, MĂ©moires couronnĂ©s et autres mĂ©moires: Collection in 8o, Volume 51, 1895 - www.google.fr/books/edition).

 

Caractères généraux et conséquences de la vertu et du vice

 

§ 1. D'une manière gĂ©nĂ©rale, le propre de la vertu, c'est de procurer Ă  l'âme une bonne disposition morale, de lui assurer des mouvements calmes et ordonnĂ©s, et par suite, une harmonie parfaite de toutes les parties qui la composent. Aussi, une âme bien faite semble-t-elle le vĂ©ritable modèle d'un État et d'une citĂ©. § 2. La vertur sait faire du bien Ă  ceux qui le mĂ©ritent; elle aime les bons; elle ne se plait pas Ă  châtier les mĂ©chants, ni Ă  se venger d'eux; elle se plaĂ®t au contraire Ă  la pitiĂ©, Ă  la clĂ©mence, au, pardon. § 3, Les compagnes habituelles de la vertu sont : la probitĂ©, l'honnĂŞtetĂ©, la droiture du coeur, la sĂ©rĂ©nitĂ©, qui ne conçoit que de bonnes espĂ©rances. De plus, elle nous fait aimer notre famille, aimer nos amis, aimer nos compagnons, aimer nos hĂ´tes; elle nous fait aimer les hommmes et tout ce qui est beau. En un mot, toutes les qualitĂ©s qu'elle nous donne sont dignes de louange et d'estime. § 4. Les consĂ©quences du vice sont absolument contraires (Aristote (apocryphe), Des vertus et des vice, Chapitre VIII, Morale d'Aristote, Tome 3, traduit par BarthĂ©lemy-Saint-Hilaire, 1856 - www.google.fr/books/edition).

 

"clémence"

 

Mais je vois se dresser contre moi un philosophe qui, du carquois péripatétique tire un syllogisme bien aiguisé et le décoche dans la direction des pythagoriciens, ne voulant pas souffrir qu'ils s'en aillent ainsi sans avoir eu á livrer bataille. Si la comète, dit-il, était une réfraction, elle ne devrait pas apparaître dans un miroir ou dans l'eau par l'effet d'une autre réfraction ou réflexion; or, nos miroirs et notre fleuve Arno en reflètent l'image lumineuse telle que nous la voyons au ciel; donc, ce n'est pas une réfraction. Contre ce très subtil syllogisme, posté comme en embuscade derrière la comète dans le traité de la Voie Lactée, j'avoue ne connaître aucune parade, rien qui puisse couvrir et défendre les infortunés pythagoriciens. Qu'ils s'en remettent donc à la merci et à la clémence d'Aristote et confessent que leurs comètes, étant des réfractions, ne devraient pas se refléter dans les miroirs; elles le font pourtant, à l'exemple de l'arc-en-ciel et de ce cercle qui se forme parfois autour du Soleil ou de la Lune et que nous désignons sous le nom de halo, à l'exemple aussi des verges et des parhélies qui, bien qu'elles soient des réfractions ou des reflets, au dire d'Aristote lui-même, n'en ont pas moins la permission de se regarder au miroir. Mais il est temps d'en arriver à l'opinion d'Aristote et, par un examen attentif, de voir si elle se fonde sur des conjectures plus probables ou si, au contraire, elle n'est pas moins chancelante que celles qu'il prétend réfuter (Galileo Galilei, Dialogues: Lettres choisies, traduit par Paul-Henri Michel, 1966 - www.google.fr/books/edition).

 

Ceux qui pensent que le règne d'Aristote au moyen âge a été funeste pour les sciences useront, sans doute, de sévérité à l'égard de l'écrivain infatigable par l'influence duquel ce règne s'est affermi et consolidé; mais ceux qui ne partagent pas cette manière de voir, jugent, loin de là, qu'au XIe siècle, le péripatétisme commenté par les philosophes arabes, ne pouvait qu'offrir d'utiles directions et d'abondants matériaux à l'activité des esprits (Dictionnaire des sciences philosophiques, Tome 1, 1844 - www.google.fr/books/edition).

 

Le 23 avril 1610, moins de trois semaines avant sa mort, Henri IV signe le dĂ©cret nommant le français Jean de La Blancque au poste de consul de France Ă  Danzig. IgnorĂ© de l’historiographie française mais frĂ©quemment mis en avant par les historiens polonais, cet Ă©vĂ©nement avait Ă©tĂ© prĂ©parĂ© par une prĂ©sence française active en Europe du Nord dans la seconde moitiĂ© du XVIe siècle. Ă€ l’arrière-plan des nĂ©gociations pour l’élection en 1573 au trĂ´ne de Pologne d’Henri de Valois, futur roi de France Henri III, se trouvait en effet un personnage de première importance, Charles de Danzay, qui orienta pendant une bonne trentaine d’annĂ©es la politique de Catherine de MĂ©dicis et de ses fils en Europe du Nord. Charles de Quissarme, seigneur de Danzay, gentilhomme poitevin converti au protestantisme par Calvin lors d’un sĂ©jour Ă  Strasbourg, dĂ©bute dans la carrière diplomatique comme reprĂ©sentant du roi de France auprès des protestants allemands rĂ©voltĂ©s contre Charles Quint. Devenu ensuite rĂ©sident puis ambassadeur français Ă  Copenhague de 1548 Ă  1589, il est Ă  diverses reprises chargĂ© de missions en Allemagne (Ă  LĂĽbeck, en Mecklembourg, en PomĂ©ranie), ainsi qu’en Suède et en Pologne, oĂą Henri de Valois l’appelle auprès de lui Ă  Cracovie. Dès 1568, il s’était employĂ© Ă  intercĂ©der auprès de la cour de Pologne en faveur des navires français saisis par les corsaires polonais, puis Ă©tait intervenu comme mĂ©diateur au congrès de Stettin de 1570 qui mettait fin Ă  la guerre de Sept Ans du Nord (1563-1570). Si Danzay s’emploie Ă  cette occasion Ă  rĂ©tablir la paix entre les puissances baltiques, ce n’est pas seulement pour assurer Ă  la France de solides alliances de revers en Europe du Nord face aux Habsbourg. Les questions Ă©conomiques, notamment celle du commerce entre la France et les pays de la Baltique, l’intĂ©ressent au premier chef : il a songĂ© un moment Ă  l’instauration en France d’un nouveau comptoir hansĂ©atique, et il ne cessera, toute sa vie durant, de prĂ´ner la dĂ©fense et le dĂ©veloppement du commerce français en mer Baltique. Les archives de Gdansk conservent toute une sĂ©rie de lettres adressĂ©es par Danzay Ă  la ville de Danzig dans les annĂ©es 1567-1577. En 1581, les arguments Ă©conomiques de Danzay seront repris par le dernier frère d’Henri III, le duc François d’Anjou, qui propose aux villes hansĂ©atiques une alliance dĂ©fensive visant notamment Ă  protĂ©ger le commerce français en Baltique et le commerce hansĂ©atique en France (Marie-Louise Pelus-Kaplan, «Mourir pour Danzig» ? L’importance du grand port polonais pour le royaume de France Ă  l’époque moderne In : ExpĂ©riences de la guerre, pratiques de la paix, 2013 - books.openedition.org).

 

Son grand-père Thomas Suyreau, dit Quissarme, médecin de Louis XI, avait été anobli par ce prince en 1481; et c'est lui qui acquit le domaine de Danzay, commune de Saint-Georges-de-Noisné (Deux-Sèvres).

 

Tycho Brahé

 

Charles de Danzay (1515 - 1589) posa la première pierre de l'observatoire d'Uraniborg en tant qu'ami de Tycho Brahé (Jean-Pierre Luminet, La discorde céleste, 2008 - www.google.fr/books/edition).

 

De Tycho Brahé à Kepler et Galilée s'élabore la conception horlogère de l'univers. Le Danois Tycho Brahé symbolise le personnage même de l'observateur. En 1573, ses premières publications lui valent une telle réputation, que, trois ans plus tard, le roi Frédéric II du Danemark lui fait don de la petite île de Hwen, proche de Copenhague, où il peut édifier un observatoire doté d'instruments – sextants et quadrants de très grand format – d'une précision jusqu'alors inégalée. Il est ainsi en mesure de compléter et de corriger le catalogue de Ptolémée, de s'attacher au mouvement de la Lune et de dresser des tables du déplacement des planètes. Contrairement à l'usage de son époque selon lequel astres qu'à certains moments jugés astronomiquement importants, comme les conjonctions ou les oppositions, il pratique des observations continues. Pendant trente-cinq ans, il accumule des informations qui deviendront la base indispensable des travaux ultérieurs. Ce travail «innocent» suffit, à lui seul, à mettre directement à mal certaines conceptions héritées d'Aristote. En 1572, c'est la détection, dans la constellation de Cassiopée, d'une étoile nouvelle, une supernova, dont les calculs démontrent qu'elle se situe dans le monde supralunaire de la perfection, alors que, comme tout ce qui bouge et dérange l'harmonie des cieux, elle aurait dû se situer dans le monde sub-lunaire des choses imparfaites. C'est aussi, en 1577, l'observation d'une comète brillante qui, se déplaçant à travers les prétendues sphères célestes, démontre du même coup que ces dernières ne correspondent à aucune réalité physique. Ces observations révèlent en outre que le ciel n'est pas immuable. Pourtant, des considérations purement religieuses conduisent Tycho Brahé à rejeter le système héliocentrique de Copernic.

 

KĂ©pler, Ă©lève de Tycho-BrahĂ© qui lui laisse Ă  sa mort en 1601 ses prĂ©cieux registres d'observations, a complĂ©tĂ© et dĂ©montrĂ© l'explication de Copernic. La grande joie de sa fin de vie est d'avoir pu Ă©tablir un rapport entre les vitesses maximale et minimale de chaque planète et l'harmonie musicale : «Le reflet multiple des astres joue la mĂ©lodie, et la nature sublunaire danse sur cette musique», la «musique des sphères» Ă©tait de retour (RenĂ© Passet, Les grandes reprĂ©sentations du monde et de l'Ă©conomie Ă  travers l'histoire: De l'univers magique au tourbillon crĂ©ateur, 2010 - www.google.fr/books/edition).

 

Repos de plus grand travail

 

Guillaume Des Autels, né en 1529 en Bourgogne et mort dans les années 1580, est un poète et polémiste français associé à la Pléiade On lui doit la Paix venue du ciel, dédiée à « monseigneur l’évêque d’Arras » Antoine de Granvelle, avec le Tombeau de l’empereur Charles V, tousjours Auguste, 1559, Réplique de Guillaume Des Autelz aux furieuses défenses de Louis Meigret, 1556, Harengue au peuple françois contre la rébellion, 1560 (fr.wikipedia.org - Guillaume Des Autels).

 

Louis Meygret, grammairien français, nĂ© vers 1510, Ă  Lyon, mort après 1560, tout en travaillant Ă  des traductions, murit le plan d'une vaste rĂ©forme orthographique, qu'il s'efforça longtemps de faire prĂ©valoir. Ainsi il publia : Le second livre de C. Plinius Secundus sur l'Histoire des Ĺ’uvres de Nature; Paris, 1540, in-8°; la 2e Ă©dit., ibid., 1552, in-8°, est corrigĂ©e par l'auteur "tant de langage que de sens", ou plutĂ´t appropriĂ©e Ă  son système grammatical; Livre du Monde fait par Aristote; Paris, 1541, in-8°; Les troisième et quatrième livres de L. Moderatus Columella, traitans du labeur des vignes; Paris, 1542, in-8°. Ces Ă©crits ne l'avaient pas tirĂ© de l'obscuritĂ©. "Or ne scay je, s'Ă©criait plus tard Guillaume des Autels, qui est ce Meygret, sinon que l'on le m'ha dict estre un de ces triviaux et vulgaires translateurs qui ne savent rien faire, sinon nous rompre les oreilles de leurs sottes versions ou plus tost perversions, et empunaisir leur propre paĂŻs de ces drogues amenĂ©es des lieux estrangers" (Jean ChrĂ©tien Ferdinand Hoefer, Nouvelle biographie gĂ©nĂ©rale, Tome 35 : MĂ©rat - Monnier, Jean ChrĂ©tien Ferdinand Hoefer, 1861 - www.google.fr/books/edition).

 

Si feray, Meigret, si feray : quand tu viendras fourni de bonnes raisons. La veritĂ© m'est plus amie (comme disoit ce prince des Peripatetiques Aristote) que tous mes amis : Ă  celle vertu, en son tressaint temple, deuant sa waye image, i'ay fait offrande de mes sens, de mon intellect (Replique de Guillaume des Autelz, aux furieuses defenses de Louis Meigret (touchant la question de nostre escriture Françoise). Auec la Suite du Repos de Lautheur, 1551 - www.google.fr/books/edition).

 

Guillaume des Autels, charollais, a Ă©crit entre autres choses quatre recueils d'Ă©pigrammes, de sonnets et d'odes : le Repos de plus grand travail (1550), la Suite du Repos (1551), l'Amoureux Repos et les Façons lyriques (1553); il y cĂ©lèbre une dauphinoise de Romans, sous le nom de Sainte; c'est dans sa dixième façon lyrique qu'il a chantĂ© «l'accord de MM. Saingelais et Ronsart». Il a Ă©tĂ© vraiment le trait d'union entre les novateurs et les survivants de l'ancienne Ă©cole. Pontus de Tiard (ou Thyard), cousin de Des Autels, est trop connu comme membre de la PlĂ©iade pour que nous en parlions, ainsi que BaĂŻf, Du Bellay, Dorat, Jodelle et Belleau nommĂ©s dans les vers prĂ©cĂ©dents (Paul Laumonier, Oeuvres completes de Pierre de Ronsard, 1928 - www.google.fr/books/edition).

 

Dans la prĂ©face de l'Amoureux Repos, Des Autels traduit une formule de Quintilien : «Hunc nemo in magnis rebus sublimitate, in parvis proprietate superaverit» (Inst. or, X, 1, 46). Ce jugement est le fruit d'une longue tradition critique qui remonte Ă  la PoĂ©tique d'Aristote : le philosophe considère Homère comme le père de la tragĂ©die et de la comĂ©die, puisqu'avec l'Iliade et l'OdyssĂ©e, il a offert le modèle d'un rĂ©cit de langage Ă©levĂ© mettant en scène de l'Ă©quivalent narratif de la tragĂ©die.

 

Des Autels ne connaissait probablement pas directement le texte d'Aristote, mais il connaissait assurément une version très altérée de l'analyse aristotélicienne, celle de Donat, qui estime qu'Homère a défini le modèle du style le modèle du style tragique dans l'Iliade et du style comique dans l'Odyssée. Toutefois, il faut remarquer que si Quintilien et Donat constituent deux avatars d'un même lieu commun critique d'ascendance aristotélicienne, ni l'un ni l'autre ne propose entre «style comique» et «propriété». Cette synthèse est proprement le fait de Des Autels qui construit l'équivalence entre le couple antithétique des styles tragique et comique d'une part, et de l'autre, le couple hauteur-propriété (Emmanuel Buron, Comique et propriété dans la préface de l'Amoureux repos de G. Des Autels, Le lexique métalittéraire français (XVIe-XVIIe siècles), 2006 - www.google.fr/books/edition).

 

Reprenons les mots de Ronsard sur Nostradamus dans l'ElĂ©gie Ă  Des Autels : par les mots douteux de sa prophete voix, comme un oracle antique, il a des mainte annĂ©e predit la plus grand part de nostre destinĂ©e. On pourrait en conclure que Ronsard voit en Nostradamus d'abord le prophète, et qu'il hĂ©site Ă  considĂ©rer l'Ă©criture nostradamienne comme une crĂ©ation poĂ©tique (Anna Carlstedt, Nostradamus mĂ©lancolique. Un poète dĂ©guisĂ© en prophète ?, Nouvelle revue du XVIe siècle, NumĂ©ro 22, 2004 - www.google.fr/books/edition).

 

Ou soit que du grand Dieu l'immense eternité

Ait de Nostradamus l'entousiasme excité,

Ou soit que le Demon bon ou mauuais l'agite,

Ou soit que de nature il ait l'ame subite,

Et outre le mortel s'eslance iusqu'aux cieux,

Et de lĂ  nous redit des faicts prodigieux,

Ou soit que son esprit sombre & melancolique,

D'humeurs gralles repeu, le rende fantastique :

Bref, il est ce qu'il est : si est-ce toutefois

Que par les mots douteux de la prophete vois,

Comme un oracle antique, il a dés mainte année

Predit la plus grand part de nostre destinée (Charles Joseph Marty-Laveaux, La Pléiade françoise, Tome 18, 1891 - www.google.fr/books/edition).

 

Rimes plates

 

All of the early elegies are written in decasyllables or in alexandrines, in rimes plates, and all of them most remarkably, if not quite in the form of epistles, do contain an address. This use of the address, which would always be a characteristic of Ronsard's elegies, is worthy of note since it is characteristic of the épître, a genre which Du Bellay, in the Deffense, had advised French poets to avoid.

 

Two of the discours had appeared as elegies in the edition of 1560 (“l'Elégie à Guillaume des Autels” and “l'Elégie à Loys des Masures”). These two poems, in which Ronsard treated for the first time the problems posed by the rise of Protestantism, foreshadow the “Discours des misères de ce temps.” Interestingly, the Hymnes of 1555, 1556, by their form and philosophical themes, were early versions of the discours (Gertrude S. Hanisch, Love Elegies of the Renaissance: Marot, Louise Labé, and Ronsard, 1979 - www.google.fr/books/edition).

 

La version 1557 du quatrain est en rimes plates.

 

Cf. Ronsard aux quatrains IX, 45 et IX, 50, comme Prince des poètes, qui "règne" et qui exerce son "empire".

 

Acrostiche : LVPL, lupule

 

Le brochet est aussi un des poissons qui entend le mieux. Du temps de Charles IX, il y avait, sous le vivier du Louvre, un brochet qui, quand on criait lupule, lupule, se montrait aussitôt pour venir prendre le pain qu'on lui jetait (Alexis François Aulagnier, Dictionnaire des alimens et des boissons en usage dans les divers climats et chez les différens peuples, 1839 - www.google.fr/books/edition).

 

Aussi Aristote (Lib. IV. Cap. 8. Histor. animal.), Pline (Lib. X. Hist. Nat. Cap. 70.) & Elien (Lib. IX. Histor. anim. Cap. 7.) mettent particulièrement le brochet au nombre des poissons, qui ont l'ouïe bonne (Johann Albert Fabricius, Théologie de l'eau ou essai sur la bonté, la sagesse et la puissance de Dieu, manifestées dans la création de l'eau, 1741 - www.google.fr/books/edition).

 

Aristote parle du loup à l'ouïe fine, or le loup aquatique est le brochet (Jacques Christophe Valmont de Bomare, Dictionnaire raisonné universel d'Histoire Naturelle, Tome 6, 1769 - www.google.fr/books/edition).

 

Lupule est aussi une forme dialectale du nom du brochet qui est le requin des eaux douces; il y règne en tyran dévastateur comme le requin au milieu des mers (M. Baudrillart, Code de la pêche fluviale, 1829 - www.google.fr/books/edition).

 

Haka, hake : the ordinary name for this fish in mediaval Latin is hakedus (Brochet) (Rerum Britannicarum Medii Ævi Scriptores, Or, Chronicles and Memorials of Great Britain and Ireland During the Middle Ages, Volume 72, NumĂ©ro 2, 1880 - www.google.fr/books/edition).

 

On dit que ce poisson vit très-long-temps : on cite pour preuve celui que l'Empereur Frederic II jeta dans un Ă©tang avec un anneau d’airain passĂ© dans les opercules de les ouĂŻes, & portant une infcription Grecque; on assure que ce brochet fut retrouvĂ© deux cents soixante-deux ans après : mais ce rĂ©cit a bien l'air d'une fable (Valmont de Bomare, Dictionnaire raisonnĂ© universel d'histoire naturelle, Tome 2, 1791 - www.google.fr/books/edition).

 

On a vu des brochets du poids de 1000 livres, ce qui suppose une très longue existence. Le brochet que l'on prit à Kaisers-Lautern, en 1497, avait 19 pieds et pesait 350 livres; il portait à ses opercules un anneau de cuivre avec une inscription annonçant qu'il avait été mis dans l'étang de Lautern par ordre de l'empereur Frédéric II, c'est-à-dire 267 ans auparavant (Cosmos: revue des sciences et de leurs applications, Volume 34, 1896 - www.google.fr/books/edition).

 

Crusius attribue à l'empereur Fréderic Ier Barberousse le grand, père de Fréderic II, l'établissement de l'étang de Kaiserslautern. Radevick dit aussi positivement que ce prince fit bâtir la maison de plaisance de Kaiserslautern, qu'il y forma un étang, le peupla de poissons, etc. Günther, poète allemand, qui a écrit en vers latins l'histoire des hauts faits de cet empereur, parle dans son poëme3 du séjour de Frederic Barberousse à son château de Kaiserslautern. Ces différents passages historiques conduisent à se demander si le brochet pris à Kaiserslautern, et mis le premier dans l'étang par les mains d'un Fréderic, n'y aurait pas été jeté par l'empereur Fréderic Barberousse, contrairement à l'indication de l'inscription grecque de l'anneau qui attribue le fait à Fréderic II (Georges Cuvier, Achille Valenciennes, Histoire naturelle des poissons, Toume 18, 1846 - www.google.fr/books/edition).

 

It has been gravely held by some that the word Lucius -"luce" is from the Latin luceo, to "shine," and applied to our Esox because of certain phosphorescent properties he displays in the dark. But unfortunately for this etymology he has no phosphorescent properties; and we can hardly suppose he was called the "shiner" on the lucus a non lucendo principle, because he does not shine. There can be little or no doubt about Lucius being merely the Greek "lukos", “a wolf." And what better or more significant title could the fish have ? He is, indeed, the "wolf-fish." The title is an illustrious one. There was a Roman emperor, Lucius Verus, the "original" Lucius, and long after him a Pope Lucius, whose character may be surmised from the following lines quoted by Dr. Badham :

 

"Lucius est piscis, rex atque tyrannus aquarum,

A quo discordat Lucius iste parum." (John Jackson Manley, Notes on Fish and Fishing, 1881 - books.google.fr).

 

Lucius Aurelius Verus, né à Rome le 15 décembre 130 sous le nom de Lucius Ceionius Commodus, adopté en 138 par Antonin le Pieux sous le nom de Lucius Aelius Aurelius Commodus, est coempereur romain avec Marc Aurèle du 8 mars 161 à janvier 169, date de sa mort à Altinum en Vénétie. Il porte alors le nom et les surnoms de Imperator Caesar Lucius Aurelius Verus Augustus Armeniacus Parthicus Maximus Medicus (fr.wikipedia.org - Lucius Aurelius Verus).

 

Le pape Lucius en question est le troisième, contemporain d'Alphonse VIII de Castille, petit-fils d'Alphonse VII contemporain, lui, de Lucius II (François Xavier de Feller, Biographie universelle, Tome 5, 1860 - books.google.fr).

 

Anciennement on hésite pour Esox entre saumon et brochet. Dans les manuscrits des Leges Visigothorum, isoces est rendu par isices, isoce par isice etc. (André Boutemy, La définition du nom de poisson esox (isox, isicus), Hommages à André Boutemy, 1976 - books.google.fr).

 

On pense Ă  Isis et son oxyrhynchus.

 

L'ouĂŻe

 

Nous exposerons rapidement la thèse de Maigret, introduction naturelle Ă  sa Grammaire, et cause de tant de colères; le procès instruit, pièces en main, nous pourrons porter un jugement sur cette affaire, le premier mais non le dernier mot d'un long dĂ©bat. Meigret, ainsi le voulait son sujet, s'appuie sur l'analyse; il part de la dĂ©finition des sons, ou «choses sensibles Ă  l'oye» (ouĂŻe), et distingue la voix naturelle et la voix artificielle ; «les voix ont les elemens de la prononciation et les letres les marques ou notes des elemens... Puisque les letres ne sont qu'images de voix, l'escriture devra estre d'autant de letres que la prononciation requiert de voix; si elle se treuve autre, elle est faulse, abusive et damnable.»

 

On ne peut nier ni la vĂ©ritĂ© du principe, ni la justesse de la conclusion; mais ce principe d'une relation seule nĂ©cessaire entre la prononciation et l'orthographe est trop absolu, et la conclusion trop rigoureuse. Si l'usage suffit pour Ă©crire un mot conformĂ©ment Ă  des règles qui ne sont point celles de la prononciation, qu'est-ce qui remplacera le maintien des lettres Ă©tymologiques, pour aider Ă  retrouver, par la philologie comparĂ©e, la juste valeur des vocables, et Ă©tablir, grâce Ă  cette ressource infaillible de la comparaison des mots, les relations ethnographiques des peuples ? C'est surtout de ce cĂ´tĂ© que le progrès de la science a donnĂ© tort Ă  tous les faiseurs de systèmes; et si maintenant nous demandons une orthographe rationnelle, ce sera celle qui conservera le plus de consonnes Ă©tymologiques, ou du moins des consonnes Ă©tymologiques caractĂ©ristiques (M. Livet, La grammaire et les grammairiens du XVIe siècle, Journal gĂ©nĂ©ral de l'instruction publique et des cultes, Volume 25, 1856 - www.google.fr/books/edition).

 

En 1578, Roeslin publia à Strasbourg sa Theoria nova cælestium Meteôrôn, oeuvre d'une certaine extension qui - comme l'indique son titre complet - répondait à un objectif très ambitieux et n'abordait pas seulement le phénomène de la comète de l'année antérieure, mais également d'autres phénomènes comme les deux chasmata de 1575, comme les apparitions prodigieuses de mai 1578 (que Roeslin ne vit pas personnellement puisqu'il était alors en voyage, mais qu'il qualifie de nouvelles comètes, s'en remettant sur ce point aux témoignages concordants de sa propre famille et d'Eisenmenger) et bien entendu le très grand prodige de la nova de Cassiopée, dont il se proposait d'établir l'étroite relation avec la comète de fin 1577, autant à partir de la relation du mouvement de la comète avec elle, que par l'élucidation de la signification eschatologique de ces deux phénomènes extra-ordinaires. Disons tout de suite que Roeslin n'était pas un mathematicus. Comme le très jeune Maestlin affrontant la nova de Cassiopée, il était également dépourvu d'instruments astronomiques. Si cela n'empêcha pas Maestlin d'effectuer la splendide analyse géométrique que propose sa Demonstratio astronomica loci stellae novae de 1573, Roeslin se montra en revanche, en ce qui concerne les observations et les calculs, dépendant des publications de Cornelius Gemma (1535 - ca. 1578) sur la nova et sur la comète. Pourtant, cette dépendance, du reste explicitement reconnue par Roeslin, n'empêche pas de reconnaître que le médecin alsacien est un des cinq auteurs qui affirmèrent le caractère céleste de la comète. D'ailleurs, on comprend, on comprend mieux l'audace de Roeslin si l'on se souvient que deux de ces auteurs ( Tycho Brahe et Wilhelm IV langrave de Hesse - Kassel [1532-1592]) ne rendirent pas immédiatement publics leurs résultats. [...]

 

Roeslin donne comme argument contre l'existence de comètes aĂ©riennes la critique d'Aristote (voir De Cælo, II, 9) contre la doctrine pythagoricienne de la musique des sphères : les comètes aĂ©riennes devraient produire un son perceptible (Nouveau ciel, nouvelle terre: la rĂ©volution copernicienne dans l'Allemagne de la RĂ©forme (1530-1630), 2009 - www.google.fr/books/edition).

 

Le lien entre la vision et l'écoute est un élément structurant des recueils publiés en 1550 et 1553 par Guillaume des Autels. Dans le premier, Repos de plus grand travail, il s'agit de raconter le passage de la découverte du nom de la dame à la vision de de cette dernière, qui pourra elle-même devenir contemplation divine, d'autant plus aisément que le nom de la dame aura été tu, caché sitôt qu'entendu. Parfois, cette structure se donne à lire sous la forme d'un petit récit d'innamoramento. [...]

 

L'évocation, dans le huitain, de la prière silencieuse qui pourtant se fait entendre de Dieu (Au ciel estoit le bruit de son silence) est interprétée dans le sizain, non comme résultant d'un ouï-dire (nouvelle sceue/Par rapport d'autre), mais comme témoignage d'une chose vue; puis cette chose vue se dédouble, selon les tercets, en chose apperceue - objective, mais fugitivement objective - et en scène imaginée, rendue visible seulement par les sortilèges musicaux d'un amour enchanteur. En 1553, dans l'Amoureux repos, qui situe plus précisément cette narration dans un contexte néo-platonicien, dessiné dès la préface, l'organisation du recueil souligne souvent le lien entre l'image et l'écoute (Michel Jourde, La situation du sonnet en France vers 1550, Histoire et littérature au siècle de Montaigne, 2001 - www.google.fr/books/edition).

 

Ă©trille

 

En grec étrille est "xyster" à rapprocher de sistre (grec "seistron"), instrument de musique, que l'étrille à chevaux persane réunit, car elle est munie d'anneaux bruyants (Jean de Pontevès de Sabran, Notes de voyage d'un hussard: un raid en Asie (Caucase, Perse, etc.), 1890 - www.google.fr/books/edition).

 

Le sistre est l'attribut de la déesse Isis. Elle eut à faire avec des poissons dont l'oxyrinchus, un brochet, qui mangèrent le membre viril d'Osiris découpé en 14 morceaux après son assassinat par son frère Seth (M. de Cayrol, Les Pandarons, Histoire et Mémoires, Tome 2, 1784 - www.google.fr/books/edition).

 

Arisote : on Ă©trille bien les chevaux

 

Aristote se retrouve dans un Lai mĂ©diĂ©val oĂą il sert de monture Ă  la maĂ®tresse d'Alexandre : Le Lai d'Aristote.

 

C'est, selon toute vraisemblance, entre 1200 et 1220 environ et dans les milieux scolaires de Paris, que le conte, venu d'Orient par voie orale (Le Vizir sellé et bridé), fut adapté dans un esprit «clérical» par Henri d'Andeli à la personne d'Aristote, considéré comme le précepteur vieux, hirsute et grincheux d'Alexandre le Grand, apparu comme telle dans la seconde partie du XIIe siècle, comme le philosophe païen dont les ouvrages jouissaient d'une autorité trop absolue. L'intention initiale du conte ainsi acclimaté paraît avoir été mi-satirique et mi-plaisante, puisque aussi bien, conformément aux données de la tradition orientale, le maître de logique, après s'être laissé berner par la jeune femme, réussit finalement à trouver la réplique qui doit justifier quand même ses remontrances premières.

 

Henri d'Andeli était d'un milieu favorable à la diffusion d'une bourde "cléricale" dont le Stagyrite ferait les frais (Marurice Delbouille, Le Lai D'aristote de Henri D'andeli, 1951 - www.google.fr/books/edition).

 

Ce conte est resté populaire jusque tard dans la Renaissance (La chevelure dans la littérature et l’art du Moyen Âge, 2014 - www.google.fr/books/edition).

 

Après avoir dormi dans la poussière des bibliothèques, comme à peu près toutes les oeuvres du moyen âge, trop injustement dédaignées, à partir de la Renaissance jusqu'à la seconde moitié du XVIIIe siècle, le Lai d'Aristote retrouva bientôt la vogue qu'il avait eue autrefois. Le comte de Caylus le cite avec honneur dans son Mémoire sur les fabliaux (Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1753, t. XX., p. 362-364) (Alexandre Héron, La légende d'Alexandre & d'Aristote, 1892 - www.google.fr/books/edition).

 

Il faut voir encore si, en définissant, on a bien rapporté chacun des relatifs à la chose à laquelle il est naturellement; car on ne peut employer certains relatifs qu'en les attribuant à ce à quoi ils sont naturellement, et non point en les rapportant à aucune autre chose. Par exemple, le relatif vue ne peut s'employer que sage, en tant que sage, est ce à quoi l'emploie la science propre à chaque chose (Logique d'Aristote, Tome 4, traduit par Jules Barthélemy Saint-Hilaire, 1843 - www.google.fr/books/edition).

 

Pourquoi la sueur est-elle plus abondante quand on l'Ă©ponge que quand on la laisse sĂ©journer librement telle qu'elle est ? Est-ce parce que l'on est refroidi par l'air extĂ©rieur ? Ou n'est-ce pas que la sueur, quand elle est au dehors, fait comme un couvercle sur les pores, qu'elle empĂŞche ainsi la sueur intĂ©rieure de sortir ? (Quand on l'Ă©ponge. Le mot grec semble indiquer qu'il s'agit des espèces question en termes identiques, d'Ă©trilles dont on se servait dans les gymnases) (Les problèmes d'Aristote, Tome 1, traduit par Jules BarthĂ©lemy Saint-Hilaire, 1891 - www.google.fr/books/edition).

 

Cf. le "gloios" aux quatrains I, 27 et IX, 59.

 

Typologie

 

Le report de 2011 sur la date pivot 1138 donne 265.

 

Capitolin a placĂ© cette ExpĂ©dition contre les Perses sous le second Consulat de Gordien qui rĂ©pond Ă  l'an 241. de l'Ere vulgaire ; c'est Ă  peu près l'Ă©poque des premieres incursions des Francs dans les Gaules. Ils les traverserent en 265, pillerent Tarragone, pĂ©nĂ©trerent en Espagne, d'oĂą quelques-uns passerent en Affrique. Cette excursion a Ă©tĂ© remarquĂ©e par Aurelius Victor, Eutrope & Orose, avec cette circonstance, que Victor l'attribue aux Francs, Eutrope aux Germains, Orose aux Germains ultĂ©rieurs. Donc ces Auteurs identifioient les Germains & les Francs (Jacques Ribauld de La Chapelle, Dissertation sur l'origine des Francs, 1749 - www.google.fr/books/edition).

 

Alphonse VI, le premier des rois de Castille qui avait mis dans un nouveau relief et solennellement confirmé le Fuero de Sepulveda, ayant conquis la cité de Tolède, antique capitale de l'empire gothique, dut se souvenir, la plus qu'ailleurs, du Forum judicum ou Fuero juzgo. Il déclara donc que les Chrétiens de cette ville resteraient soumis aux lois gothiques, et que, quant aux Juifs et aux Mores, ils continueraient à avoir des juges particuliers de leur nation et de leur religion. Il ajouta, en 1091, au Fuero de Léon, d'autres Fueros, et détermina dans quelle forme seraient décidés les procès entre les Juifs et les Chrétiens. Plus tard, les Castillans qui vinrent habiter Tolède ayant supplié le roi de les faire juger par le Fuero de Castille et non par le Fuero juzgo des Mozarabes, ce prince condescendit à leurs désirs; il leur accorda un alcade qui devait les juger pour toutes leurs contestations privées, mais il voulut qu'ils restassent soumis à la juridiction de l'alcade des Mozarabes dans les causes criminelles. Cette réserve ne put manquer de déplaire aux Castillans, pour qui cette juridiction était comme un joug étranger. Quoi qu'il en soit, il y eut trois priviléges de «Fuero donnés aux trois classes de Chrétiens qui composaient la population de la cité les Mozarabes, les Castillans et les Francs.» Malheureusement, on n'a conservé que le Fuero des Mozarabes; celui des Francs devait contenir des particularités remarquables. Ces Francs étaient sans doute une espèce de colonie venue du midi de la France. Au surplus, il n'est plus question de ce Fuero après Alphonse VI. L'empereur Alphonse VII confirma celui des Mozarabes en l'insérant dans un privilège adressé au concile de Tolède sans faire mention de ses trois classes d'habitants. Il semble donc que rien ne fut changé alors à l'état antérieur des choses. Mais le 16 novembre 1148, l'empereur promulgua le privilége du Fuero generale, en l'adressant aux trois classes de vecinos chrétiens et confirmant ceux qu'avait donnés séparément son aïeul Alphonse VI. Il paraît qu'il proposa ce Fuero à tous les principaux chefs-lieux de districts, tels que Madrid, Talavera, Maqueda, Alhamin, etc., et les diverses classes d'habitants de ces villes déclarèrent y donner leur adhésion. Ainsi, tout en conservant le Fuero juzgo comme droit commun, on tendait à généraliser le Fuero local de Tolède; on sentait donc le besoin, non-seulement de modifier partiellement la législation wisigothique par des Fueros particuliers, mais de lui substituer peu à peu une législation nationale complète sortie des mœurs du moyen-âge (Albert Du Boys, Histoire du droit criminel de l'Espagne, 1870 - www.google.fr/books/edition).

 

Le report de 2012 sur la date pivot 1148 (Fuero generale) on obtient 284.

 

Année d'accession au pouvoir de Dioclétien et début de l'ère copte ou ère des Martyrs ou ère de Dioclétien (fr.wikipedia.org - Année 284).

 

On relie les quatrains II, 28 ("avant dernier… prophète" ; Jean-Baptiste ?); X, 91 ("chef de l'an" : la dĂ©capitation de Jean-Baptiste fixĂ©e au 29 aoĂ»t jour du dĂ©but de l'ère copte commençant en 284) et celui-ci VII, 17.

 

Aristote

 

Les Analytiques d'Aristote - soit par la traduction de Jacques de Venise, si l'on fait confiance à la Chronique de Torigny, soit par un autre chemin - étaient déjà en circulation. Puisque Adam du Petit-Pont les avait en main en 1132, le Péripatéticien Palatin (Abélard) ne pouvait pas les ignorer, lui qui était à l'affût des nouveaux textes d'Aristote qui pourraient être découverts et qui, quelques années auparavant, avait saisi avec tant d'empressement une mauvaise version des Elenchi sophistarum (L. Nicolau D'Olwer, Sur la date de la Dialectica d'Abélard, Revue du Moyen Âge latin, Volumes 1, 1945 - www.google.fr/books/edition).

 

En fait, les textes médiévaux qui mentionnent la castration ne précisent presque jamais s'il s'agit d'une ablation des testicules ou du pénis (émasculation), ou des deux. Il est probable que, dans la grande majorité des cas, seuls les testicules sont en cause. L'ablation du pénis est à la fois plus douloureuse et plus dangereuse, avec un fort risque l'hémorragie, alors que la castration des testicules est plus supportable (Georges Minois, Abélard, Héloïse et Bernard: Passion, raison et religion au Moyen Âge, 2019 - www.google.fr/books/edition).

 

La queue des comètes, du brochet, d'Osiris et d'Abélard.

 

Musique des sphères

 

Pythagore en avait rĂŞvĂ©, quand il Ă©voquait la musique des sphères, le tĂ©lescope Kepler l'a montrĂ© ! En janvier 2012, Ron Cowen a publiĂ© dans la revue scientifique nature un article mettant en avant la“musique des Ă©toiles”. Il s'agit en fait de la traduction en son de frĂ©quences d'oscillation Ă©mises par les astres. Ces frĂ©quences changent tout au long de la vie d'un astre; il est donc possible de dĂ©terminer assez prĂ©cisĂ©ment son âge, sa taille, en fonction de ces oscillations. C'est le travail des astĂ©rosismologues, qui se sont appuyĂ©s en particulier sur les observations du tĂ©lescope Kepler. Ce tĂ©lescope Ă©tait sensĂ© observer et repĂ©rer des exoplanètes mais parmi ses enregistrements, les scientifiques repèrent les mouvements d'oscillation des astres voisins et parviennent Ă  en tirer de prĂ©cieuses informations. Il ne reste plus qu'Ă  transposer ces oscillations en ondes sonores : on peut enfin Ă©couter les Ă©toiles (Chroniques d'Altaride n°022 Mars 2014: La Musique, 2014 - www.google.fr/books/edition).

 

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