Cap Horn VII, 28 2019-2020 Le Capitaine conduira grande proye, Sur la montagne des ennemis plus proche, Environné par feu, fera telle voye, Tous échapez, or
trente mis en broche. "capitaine" et "proye" "capitaine" et "proye" conduisent à considérer la flibuste Environ la mi aoust [1586], ce grand
et renommé Capitaine Anglois en fait de marine, après
un long et périlleux voiage par lui entrepris et fait
sur la grand'Mer Océane, arriva à Londres, rapportant
Ă la Roine d'Angleterre, sa maistresse,
de belles et hardies conquestes, et un grand et riche
butin, consistant en or, argent, perles, pierreries et autres précieux meubles;
aussi force artillerie et autres munitions de guerre et de gueule prises sur
les Hespagnols, aux Indes et Terres-Neufves. Il fut bien veu, bien
venu, salué, caressé et honnoré tant de la Roine que de toute la noblesse et peuple d'Angleterre,
comme aiant fait un aussi long, hazardeux
et mĂ©morable voiage, avec un aussi heureux et brave exploict, qu'autreÂ
homme quelconque ait fait sur mer depuis la descouverte
de l'Amérique et autres Terres qu'on appelle Neufves.
Tellement qu'on l'apeloit desjĂ
la Terreur des Espagnols et le Fléol de leur Roy. Sur
quoi on fist à Paris les deux distiques suivants : Drac parvus, Regem magnum si terret Iberum, Draco quid faciet, tempore dame! Teret Prœda licet mundus
non sit satis ampla Philippo, Ampla satis mundo præda Philippus
erit. Traduction : « Si
le petit Drake effraie le grand roi d'Espagne, ah ! que fera Draco avec le
temps ? Il l'écrasera. ». « Bien que le monde ne soit pas une proie assez grande pour Philippe,
Philippe sera une proie assez grande
pour le monde ». Pierre de L'Estoile, né à Paris
en 1546 et mort le 7 octobre 1611 est un mémorialiste et un collectionneur
français. Il a écrit un journal qui sert de chronique aux règnes d'Henri III et
Henri IV. Ce document constitue une source unique pour l'Ă©tude historique des
guerres de religion Francis Drake, né en 1540, dans le Devonshire, mourut en
mer, le 9 janvier 1595. Le voyage dont veut parler Scaliger est celui qui a
rendu si célèbre le nom du navigateur, voyage qui dura du mois de décembre 1577
jusqu'au 3 novembre 1580 et qui fut le premier voyage accompli par un Anglais
autour du monde, car il ne faut pas prendre au mot la devise qu'adopta
l'aventureux capitaine et qu'il plaça sous un globe terrestre : Tu primus circumde- disti me, devise qui supprimera gloire de Magellan, mort en
1521. Drake malheureusement ne retraça pas lui-même l'histoire de ses
explorations. Mais Scaliger put lire, l'année suivante, une relation d'un autre
voyage de Drake à Saint-Domingue, Carthagène, la Virginie, et la Floride en
1585, relation intitulée : Expeditio Fiancisci Draki equilis angli in Indias occidentales, etc. (Leyde, 1588, brochure in-4o de
21 pages). La traduction française qui parut (ibid. même année et même format)
a pour titre : Voyage du chevalier Fr. Drake aux Indes Occidentales. Quant au
récit du grand voyage de 1577-1580, il a été écrit par le capitaine portugais
N. de Sylva et a été publié en 1600 (Londres, in-4°). C'est d'après cette
première édition anglaise du famous voyage, que le
sieur de Vauchelles donna en français le Voyage de
Francis Dracke Ă l'entour du monde (Paris, 1613,
in-8»). J.A. de Thou s'est beaucoup occupé de Drake dans son Histoire
universelle. Voir Livres LXXI, LXXX1V, LXXXVIII, CXV. C'est dans le livre LXXI,
à l'année 1580, que le grand historien a raconté le voyage de circumnavigation
auquel Scaliger s'intéressait tant En septembre 1578, Sir Francis Drake, au cours de sa
circumnavigation, passa le détroit de Magellan et déboucha dans l’océan
Pacifique. Avant de pouvoir poursuivre sa route vers le nord, son bateau
rencontra une tempête et fut repoussé largement au sud de la Terre de Feu où il
débarqua sur une île qui « était plus au sud de trois quarts d'un degré que
toutes les autres isles », ce qui ne peut
correspondre qu'aux îles Diego Ramirez. L’étendue d’eau libre que l’équipage
découvrit convainquit Drake que, loin d’être un autre continent, comme il
l’avait d’abord pensé, la Terre de Feu était une île avec l’océan ouvert au
large de son extrémité sud. Cette découverte fut sans suite, les bateaux continuant
à emprunter le passage connu du détroit de Magellan En Patagonie et en Terre de Feu, plus d'un siècle sépare
la découverte du détroit de Magellan (1520) de celle du cap Horn (1616). Le cap Horn (en espagnol : cabo
de Hornos) est un cap situé à l’extrémité sud de
l’archipel de la Terre de Feu, dans sa partie chilienne. Ce point est
généralement considéré comme étant le plus austral de l’Amérique du Sud. Le cap
Horn est également le plus au sud des grands caps, et il marque la frontière
nord du passage de Drake. Pendant de nombreuses années, il a été un point de
passage crucial des routes commerciales entre l’Europe et l’Asie. Elles étaient
empruntées par les voiliers pour transporter les marchandises tout autour du
globe, et ce bien que les eaux océaniques autour du cap présentent de nombreux
dangers : tempêtes fortes et fréquentes avec une mer très grosse, courant
circumpolaire antarctique et présence possible d’icebergs voire des vagues
scélérates. Ces dangers et l’extrême difficulté de son franchissement ont donné
au cap Horn son caractère légendaire, mais aussi la réputation d’être un
cimetière marin. Il est parfois surnommé le « cap dur », le « cap redouté » ou
le « cap des tempêtes ». De nos jours, grâce au canal de Panama, les navires
cargos ne sont plus dans l’obligation d’emprunter la route du cap Horn L’origine du nom est néerlandaise (« Kaap
Hoorn »), le cap ayant été baptisé ainsi
en l’honneur de la ville de Hoorn, aux Pays-Bas, par le marchand hollandais
Jacob Le Maire, accompagné du navigateur Willem Schouten,
natif d’icelle ville, qui doublent la pointe extrême de l'Amérique le 31
janvier 1616. Ce nom a donné « cabo de Hornos » en espagnol, que l’on peut traduire par « le cap
des fours », ou « cape Horn » en anglais. Le passage de
Drake est une nouvelle voie ("voye") de contournement de l'AmĂ©rique Sud. Horne ou Cap d'Hoorn appelĂ© Cap de San Salvador par les Espagnol Harengs On fabriqua Ă
Horn, en 1416, les premiers grands filets pour la pĂŞche au hareng. Les
pĂŞcheurs de Horn et d'Enchuizen se servirent de
navires de grand port appelés Haring-buizen. Cette
navigation a été poussée à un si grand succès qu'elle a pris le nom de Grande
PĂŞche Hoorn, Ă peu de distance de Purmerend,
a de beaux édifices publics. Cette ville était autrefois considérable par ses
manufactures et ses atteliers, qui maintenant
n'annoncent que la décadence. Elle a donné naissance à plusieurs personnages
renommés, parmi lesquels on compte Guillaume Corneille Schouten,
qui voyagea le premier autour du monde, et découvrit le promontoire méridional
de l'Amérique, auquel il donna le nom de Cap Horn ; Pierre et Adrien de Jong,
connus parmi les savans sous le nom de Junius ;
Théodore Velius, médecin, historien et poëte, qui vivait au commencement du 17ème siècle ; Pierre Florisze et Jean Bloys, excellens marins et grands capitaines ; les Hoogerbeets, célèbres jurisconsultes, qui périrent victimes
des querelles politiques ; Pierre Jansze Livorn, Ă qui on doit l'invention des Katten
de Hoorn, qui sont des navires marchands d'une très-grande capacité ; Regnier van Twisk, qui inventa la
boussole vers la fin du 16ème siècle, et plusieurs autres honmes
distingués par leurs talens ou leurs services. Enfin
c'est Ă Hoorn, qu'on a fait le premier grand filet Ă prendre des harengs, dont
l'étendue est telle, qu'on le retire quelquefois chargé de 10 lests de harengs
d'un seul coup. Le lest est une mesure nominale de 12 tonneaux ; le toitueau contient 1000 harengs. Il est remarquable que ces
filets énormes furent inventés dans le même tems que Guillaume Dreukelsz, né
à Biervliet en Flandre, trouva la méthode de
conserver le hareng en le caquant. La pêche du hareng, appelée la grande péche, se fait par les Hollandais, en tems de paix, le long
des cĂ´tes de l'Ecosse et ne dure que depuis la St. Jean jusqu'au 15 juillet. Pendant
ce court période, ce poisson de passage se trouve en si grande quantité sur les
côtes des îles de Hetland, que le produit de la pêche
montait annuellement Ă plus de 3oo,ooo tonneaux. Cent
mille personnes vivaient de cette pĂŞche et de ce qui y a rapport; les frais,
qu'elle exigeait, montaient Ă plus de 1o millions de florins, et cependant on
Ă©valuait le profit au montant du capital. Depuis la guerre avec l'Angleterre,
cette branche de commerce se trouve réduite au - dessous - d'un huitième de ce
qu'elle rapportait autrefois ; et ce n'est pas le commerce seul qui a Ă
supporter cette perte, les particuliers en souffrent Ă©galement ; car le lest de
harengs, qui se vendait 150 florins avant la guerre, coĂ»te actuellement 700 Ă
800 florins. Ce poisson, pris et caqué dans la saison que je viens d'indiquer,
est considéré par les médeeins du pays comme un
aliment si sain, qu'ils ont coutume d'appeler ce tems - lĂ les vacances de la
Faculté. On pêche aussi du hareng dans la mer du Nord, près des côtes
d'Angleterre, et dans le Zuiderzee; mais, au lieu de le mettre, en caque, comme
l'autre, on le fume après lui avoir donné le sel pendant vingt-quatre heures au
moins. Les harengs ainsi fumés se nomment sorets.
Pour les sorer, on leur passe dans la tĂŞte un petit
bâton appelé aine et on les suspend, à quelque distance l'un de l'autre, dans
un attelier préparé pour cela ; chaque attelier sert ordinairement à sorer
ou fumer 12000 harengs à la fois. A Hoorn siégeait autrefois une des chambres
de la Compagnie des Indes orientales, qui avait le droit d'expédier, à son
tour, un ou plusieurs vaisseaux pour ces colonies lointaines. Il y avait aussi
une monnaie, qui alternait de dix en dix ans avec les villes d'Enckhuizen et de Medenblik. Plusieurs
habitans aisés de cette ville avaient formé, en 1774,
une association pour l'Ă©tablissement de quelques fabriques au profit des
pauvres ; les commencemens de cette entreprise furent
assez heureux, mais ces premiers succès ont été de courte durée et l'on ne voit
partout que décadence et misère profonde. On m'a fait remarquer une église des
catholiques, bâtie sur un terrein qui a été acheté
pour trois oignons de tulipe Sortant des glaces du Nord, les troupes de harengs font
aussitôt attaquées par toutes les grosses & les petites especes
de poissons voraces, qui, pressés par la faim & conduits par un instinct
particulier, vont Ă leur rencontre, & les chassent continuellement devant
eux, de la mer Glaciale dans l’Océan Atlantique. Les harengs effrayés cherchent
bientĂ´t les CĂ´tes, & se jettent dans les Golfes, les Bas-fonds, & mĂŞme
aux embouchures des Fleuves, tant pour y trouver un asyle
contre leurs ennemis, que pour mettre leurs petits en sûreté. Aussitôt qu’ils
ont jetté leur frai, ils continuent leur route; &
le mĂŞme instinct qui fait voyager les peres, porte
leurs enfans à les suivre, dès qu’ils en ont la
force. Tous ceux qui Ă©chappent aux
filets des pêcheurs, se rendent vraisemblablement dans d’autres mers, car
ils disparoissent entierement
Il y a environ trois cens cinquante ans que l'usage d'encaquer le hareng subsiste. Avant qu'on eût trouvé le moyen de le conserver, on ne le mangeait vraisemblablement que frais ou sec. L'époque de cette utile invention est fixée, par quelques Historiens, à l'an 1397, & par d'autres, à 1416. L'inventeur s'appellait Guillaume Beuckels, ou Beuckelfen, ou Bucfeld, & il était de Biervlier en Flandre. On reconnut bientôt en Hollande les avantages de la caque, pour conserver le goût du hareng, & pour le transporter aisément par-tout. Depuis ce temps, cette invention si simple est devenue comme la base du commerce des Hollandais. Aussi la mémoire de Beuckels a-t-elle été dans la fuite en telle recommandation, que l'Empereur Charles V & la Reine de Hongrie, allèrent, en 1536, en personnes, voir son tombeau à Biervlier, comme pour le remercier d'une découverte si avantageuse a leurs sujets de Hollande (Histoire générale des voyages, Tome III, 1779 - books.google.fr). Voici la maniere dont on apprête les harengs sors à Meklenbourg. Aussitôt que
les harengs sont sortis de l'eau, on les sale, & après qu’ils ont resté quelques
heures dans la saumure, on les embroche
par trente, quarante & plus Ă des broches de bois. On les met ensuite
fous un tonneau, ou dans un four quarré, long, tout ouvert, bâti de briques, &
haut de trois à quatre pieds, dans lequel ils font attachés par rangs. On
allume au-dessous du bois, de la mousse & d’autres matieres
qui donnent plus fumée que de feu. Au dessus des
harengs, on met des sacs & des tapis, pour que la fumée ne se dissipe
point. Ils demeurent ainsi attachĂ©s pendant une heure & davantage , jusqu’Ă
ce qu’ils soient assez secs, & que la fumée leur ait fait prendre une
couleur brune. Alors on les retire du four, on en fait des paquets de soixante
& dix, ou de quatre vingts pieces,
& on les garde jusqu’au temps qu’on les met en vente Le 20 juillet 1572, Frédéric II de Danemark épousa Sophie
de Mecklembourg-GĂĽstrow (1557 - 1631), fille du duc
Ulrich de Mecklembourg-Güstrow et d'Élisabeth de
Danemark. De cette union naquit entre autres Anne (1574 - 1619) qui Ă©pouse en
1589 Jacques Ier, roi d'Angleterre et d'Écosse (1566-1625). Sa politique
étrangère fut marquée par un appui des puissances étrangères protestantes.
Élisabeth Ire d'Angleterre était célibataire, Frédéric II de Danemark la courtisa,
une initiative qui fit de lui un chevalier de la Jarretière (1578). Entre 1574
et 1585, Frédéric II de Danemark reconstruisit le château de Kronborg, à Elseneur, qui sert de cadre à la pièce de
Shakespeare, Hamlet. Frédéric II de Danemark fut également un soutien pour le
célèbre astronome Tycho Brahe Au retour de son tour du monde, en septembre 1581, Drake
devient maire de Plymouth6 et est élu Member of Parliament la même année, pour représenter une
circonscription inconnue (peut-ĂŞtre Camelford [cf. quatrain VI,
46]), puis à nouveau en 1584 pour représenter Bossiney
et enfin pour Plymouth en 1593. En 1585, la guerre Ă©clate entre l'Espagne et
l'Angleterre. Drake met les voiles en direction du Nouveau Monde, met Ă sac le
port de Saint-Domingue et capture la ville de Carthagène des Indes (en actuelle
Colombie). Le 6 juin 1586, alors qu'il Ă©tait sur le retour vers l'Angleterre,
il lance un raid sur le fort espagnol de San AugustĂn
en Floride espagnole. Ces attaques encouragent le roi Philippe II d'Espagne Ă
ordonner la planification d'une invasion de l'Angleterre. Dans une attaque
préventive, Drake « fait roussir les poils de barbe du Roi d'Espagne » en
conduisant une flotte jusque dans les ports de Cadix et de La Corogne, deux des
principaux ports du royaume, et en les occupant quelques mois. Drake est vice admiral, aux commandes de la flotte anglaise, sous les
ordres de lord Howard of Effingham, lorsque celle-ci
repousse l'Armada espagnole dans sa tentative d'invasion de l'Angleterre en
1588 Herring
were recorded as first seen off north Devon in 1580, possibly a result of a
lowering in sea temperature, while pilchards declined in Devon waters in the
middle of the 17th century Alison Mary Locker, The role of stored fish in England 900-1750AD, the evidence from historical and archaeological data, 2000 - eprints.soton.ac.uk "Environné par le feu" : la Terre de feu La Terre de Feu (en espagnol : Tierra del
Fuego) est le nom donné à l'archipel qui se trouve à l'extrême sud du continent
sud-américain. Avant l'arrivée des Européens, la région était habitée par des
Amérindiens depuis près de 12 000 ans. Les Selknams
Ă©taient essentiellement des chasseurs-cueilleurs, alors que les Yagans et Alakalufs Ă©taient des
pêcheurs nomades vivant dans les nombreux canaux. C'est d'ailleurs les feux allumés par ceux-ci, et qui étaient visibles
depuis l'océan, qui donnèrent son nom à l'archipel. Les noms de Terre des
Fumées et Terre des Feux furent choisis par Fernand de Magellan, premier
Européen à atteindre les îles et à traverser le détroit qui porte son nom, en
1520. Le roi Charles-Quint nommera officiellement et définitivement l'archipel
Terre de Feu Montagne L'étymologie du mot « Patagonie » a fait l'objet de
nombreuses recherches et controverses. Le seul témoignage provient d'Antonio
Pigafetta, un des 18 survivants de l'expédition de Magellan autour du monde
qui, de retour en Europe, a publié un récit du voyage en 1524. Au début de
l'année 1520, il y décrit la rencontre avec un « géant » qui « était tant grand
que le plus grand de nous ne lui venait qu'à la ceinture » et précise plus loin
« le capitaine appela cette manière de gens Pataghoni
». Les cartes marines du Nouveau Monde ajoutaient parfois la légende regio gigantum (« région des
géants » en latin) pour la région de Patagonie. Entretenue entre autres par les
dires de Francis Drake, la croyance générale en une terre peuplée de géants -
jusqu'à 3 m de hauteur selon certains auteurs – a persisté pendant 250 ans. Et
comme il ne donne pas l'origine de ce mot, des interprétations se sont
développées autour de l'idée de « grands pieds » d'où la « Terre des Grands
Pieds » construite avec Pata (pied en espagnol) M. Frésier, directeur des
fortifications de Bretagne raconte qu'Ă©tant au Chili, don Pedro Molina,
gouverneur de l'île Chiloë, et plusieurs autres
témoins oculaires, lui ont dit qu'il y avait dans l'intérieur des terres une
nation d'Indiens nommés par leurs voisins Caucohues,
qui viennent quelquefois jusqu'aux habitations espagnoles, et qui ont jusqu'Ă
neuf ou dix pieds de haut. Ce sont, disaient-ils, de ces Patagons qui vivent
sur la côte déserte de l'est, dont les anciennes relations ont parlé. Les Espagnols
qui habitent l'Amérique méridionale sur les côtes de la mer du Sud, dit Raveneau de Lussan, ont pour
ennemis certains Indiens blancs qui habität une
partie du Chili : ce sont des gens d'une grandeur et d'une grosseur
prodigieuses. Ils leur font toujours la guerre, et quand ils en prennent
quelques-uns, ils leur lèvent l'estomac comme on lève le plastron d'une tortue,
et ils leur arrachent le cœur Les Espagnols n'ont pas de plus grands ennemis que ces
Patagons & les Chiliens leurs voisins Dans le Chili, les
habitants des montagnes sont grands et vigoureux. Les Patagons, qui vivent sur
le versant oriental des Andes, sont des tribus nomades ; ils se montrent
ennemis prononcés des Espagnols, qui redoutent surtout les Puelches et les Araucaniens Jacques Raveneau de Lussan, né à Paris vers 1663, décédé peut-être en Haïti
après 1690, est un aventurier et flibustier français. Auteur de Journal du
voyage fait à la mer du Sud, avec les flibustiers de l'Amérique en 1684 et
années suivantes, il a laissé une des sources précieuses d'information sur les
années où la flibuste se recycle dans les plantations, ou bien cesse de
combattre. On ne connaît pas le sort de Raveneau de Lussan après la parution de son livre On a soutenu que le nom avait été appliqué à ces
populations en souvenir du Grand Patagon qui apparaît dans le Primaléon ou Second livre de Palmerin,
roman espagnol très aimé pendant tout le XVIe siècle, et dont la plus ancienne
édition attestée remonte à 1512. Pour ce qui est des Patagons, un examen attentif de la
question m'a amené non seulement à revenir à l'explication traditionnelle du
nom, mais à inverser la relation qu'on admet entre la littérature et la vie
dans ce cas particulier. Il m'est apparu comme infiniment probable que
l'épisode du Grand Patagon capturé par Primaléon
s'inspire pour une bonne part des récits des compagnons de Magellan revenus en
1522. Ceci implique que l'épisode en question ait été ajouté au roman dans
l'Ă©dition de SĂ©ville 1524, la plus ancienne qui nous soit aujourd'hui accessible,
et qu'il ne figure ni dans l'édition solidement attestée de Salamanque 1512, ni
dans celle de 1516 sur laquelle on a des données plus incomplètes. L'historienne de la littérature espagnole qui a imaginé
Magellan baptisant les Patagons en souvenir d'un monstre littéraire, n'avait
malheureusement pas sous la main en Amérique le Primaléon,
livre rare, non réimprimé de nos jours. Un résumé comme celui qu'elle a utilisé
masquait le fait que ce monstre n'est pas seul, dans le roman, Ă s'appeler
Patagon, mais qu'il y apparaît bel et bien entouré d'un peuple de Patagons et
de Patagonnes. Il ne s'agit pas d'un nom propre personnel, mais collectif,
ethnique. Bien entendu, nous sommes en pleine ethnographie imaginaire comme
nous sommes en pleine géographie romanesque. Primaléon
navigue vers Apollonie où il va retrouver la belle Gridonia, quand il aborde dans une grande île dont on ne
nous dit pas le nom et dont la population est singulièrement composée. Les gens
de la côte sont civilisés. Mais dans les
montagnes habite depuis une époque récente un peuple tout à fait sauvage dont
la barbarie est en quelque sorte personnifiée dans le Grand Patagon, cet être
redoutable, hybride de bête et d'homme. Il a pour père un animal
extraordinaire, doué de grand entendement et caractérisé surtout par son grand
amour des femmes. C'est de l'union de cet animal avec une sauvagesse patagonne
qu'est né le Grand Patagon, monstre chasseur comme le peuple dans lequel il est
né, et qui de plus fait régner la terreur parmi les gens des plaines, car il
tue ceux qu'il rencontre. [...] Ce qui est très insolite, dans l'épisode qui
nous occupe, c'est la présence toute proche, autour du monstre, d'un peuple
venu on ne sait d'oĂą, portant le mĂŞme nom que lui, auquel il appartient par sa
lignée maternelle et dont on ne nous dit pas clairement s'il tire son nom de
son peuple ou vice versa. Leurs voisins disent pourtant, que les Patagonnes et
les Patagons sont ainsi dénommés à cause de leur sauvagerie (« que assi las llamamos por salvajes »). En quoi consiste cette sauvagerie ? Il ne
s'agit pas de sauvages nus au corps couvert d'une Ă©paisse toison comme ceux qui
jouent un rôle bien connu dans la littérature et les arts du Bas Moyen Age, et
qui, armés de massues, devinrent des accessoires du blason1. Nos Patagons de
roman sont des sauvages qui chassent avec des arcs et des flèches, qui mangent
la chair crue des animaux tués par eux et qui s'habillent de la peau de ces
mĂŞmes bĂŞtes. Or ce genre de vie est celui des Patagons de Patagonie tels que
les Ă©voquent Pigafetta et les autres compagnons de Magellan qu'interrogea
Maximilien Transylvanus. [...] Abel Lefranc avait bien montré l'influence des
navigations de Jacques Cartier sur le Quart livre de Rabelais. Le problème est
souvent complexe. Le cas de la Californie, qu'on invoque pour affirmer
l'influence de la littérature romanesque sur les démarches des conquistadors,
laisse voir, quand on l'examine à fond, de curieuses réactions réciproques entre
roman et découverte. Il est exact que California,
trente ans avant d'entrer dans la toponymie du Nouveau Monde, Ă©tait, dans Las Sergas de Esplandian,
l'île de Calafia, reine des Amazones noires. Les
grognards de Hernan Cortés appliquèrent par dérision à cette région déshéritée
un nom évoquant des trésors fabuleux Sur les cartes médiévales en effet, les terres australes,
situées au-delà de l'Afrique méridionale, sont habitées par le peuple des Sciapodes dont l'un d'eux, visible en marge de la carte d'Osma (XIIIe siècle ; Miller 1895-1898, I : 35-36), lutte
contre la chaleur accablante de la zone torride en s'abritant sous son unique
et énorme plante de pied. On lit sur la carte de Hereford (XIVe siècle) : « Scinopodes [sic]
qui n'ont qu'une jambe, d'une vitesse Ă©tonnante, ils se font de l'ombre avec la
plante de leur pied » (Santarem 1849-1852, II : 393). La carte d'Osma insiste également sur leur capacité à se déplacer « celeritate mirabili ». Aussi,
quand les navigateurs du XVIe siècle découvrent les mystérieuses terres
australes non pas au sud de l'Afrique comme le croyaient les géographes du
Moyen Age, mais au sud de l'Amérique, reconnaissent-ils dans les Patagons ce
peuple de coureurs d'Ă©lite nantis d'Ă©normes et difformes plantes de pieds. Les
anciennes croyances ne disparurent pas entièrement, mais elles se
transformèrent. Ni tout à fait le même ni tout à fait un autre, le peuple des
Patagons conserve des Sciapodes les traits invariants
qui le désignaient comme le peuple des Antipodes : peuple aux pieds difformes et
dont la signification du nom gardait la mémoire. A mesure pourtant que
progressent les connaissances empiriques sur le Nouveau Monde, d'autres mode de
« reconnaissance » se développent. Quand l'expérience renouvelée des voyageurs
finit par imposer la vérité sur le rude climat des régions magellaniques,
on renonce aux descriptions fabuleuses des climats tropicaux. On puise alors Ă
de nouvelles sources. A la chaleur accablante de la zone torride les cartes
médiévales opposaient en effet l'épouvante suscitée par l'enfer glacé des
régions septentrionales de l'Asie. On lit à ce propos sur la carte de Hereford
la notice suivante : « Tout est ici
horrible plus qu'on ne peut le croire ; le froid y est intolérable, il souffle
des montagnes un vent très âpre que les habitants nomment Bise. Là sont des
hommes féroces qui se nourrissent de chair humaine et boivent du sang » (Santarem
1849-1852, II : 338) "Montaigne"
et les harengs Scaliger, ennemi de Michel, qui avoit
blessé son amour-propre en lui préférant quelques Ecrivains, le prétendit fils
d'un Marchand de harengs : la guerre de vanité ne le cede
en acharnement qu'à celle de Religion Le Mégalopolitain Philopoemen, éduqué par le mantinéen Cassandre (ou Cléandre), était allié au roi de Macédoine Antigonos posté en face de la montagne d'Olympe et de celle de l'Evas. Cléomène III, occupait avec son aile gauche la colline nommée alors Euas, dont le versant est baigné par le Gorgylos, avec son aile droite le mont Olympos sur la rive gauche de l'Œnonte, reliefs défendus par une palissade et un fossé. La bataille commença avec l'attaque de l'aile droite macédonienne sur l'Evas, de l'infanterie légère suivie de l'infanterie lourde. Elle est alors attaquée sur ses arrières par la cavalerie mercenaire au service des Spartiates, sans que la cavalerie macédonienne réagisse : après avoir vainement exhorté Alexandre à attaquer, Philopoemen prend l'initiative et mène une charge des Achéens contre la cavalerie spartiate : cette contre-attaque force les mercenaires spartiates à revenir défendre le reste de la cavalerie et permet la continuation de l'attaque macédonienne sur le flanc droit. Eucleidas laisse se développer cette attaque sans essayer de l'arrêter avant qu'elle n'atteigne le sommet, si bien qu'il s'en trouve délogé et doit battre en retraite en perdant l'avantage du terrain : ses forces sont alors massacrées. Sur l'Olympe, l'engagement débuta par les unités d'infanterie légère qui ne parvinrent pas à faire la décision. Voyant que, parallèlement, son frère était mis en déroute, et que sa cavalerie n'était pas en meilleure posture, Cléomène tente alors de trouver le salut dans l'attaque et quitte ses retranchements pour se porter au-devant de la phalange macédonienne. Il parvient seulement à la faire pivoter sans briser son unité, et l'avantage du nombre finit par permettre aux Macédoniens de l'emporter. La bataille se poursuit sur le mont Olympos. Constatant sa défaite, Cléomène s'enfuit à cheval avec quelques hommes. Il gagna le port de Gytheion d'où il s'embarqua pour trouver refuge auprès de son protecteur Ptolémée III à Alexandrie (Polybe, Histoire, Tome 2, 1728 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Bataille de Sellasia, Sylvie Le Bohec, Antigone Dôsôn : roi de Macédoine, 1993 - books.google.fr). En 222 avant notre ère, Philopoemen participe à la bataille de Sélasie, où il combat dans les troupes d'Antigone Doson, roi de Macédoine, contre Cléomène, roi de Sparte. Blessé, il extrait stoïquement le javelot qui s'était brisé dans sa cuisse [embroché]. L'épisode est raconté dans les Vies des hommes illustres de l'auteur grec Plutarque (v.46-v.125), qui établit des parallèles entre des grecs et des romains célèbres. Philopoemen, stratège achéen, tenta de constituer une unité hellène contre la menace romaine. Lors d'une expédition contre la ville de Messène (183 av. J.C.), il fut fait prisonnier et condamné à boire la cigüe (www.louvre.fr). So, leaving Rause with thirty men in charge of the ships, the rest, seventy-three in all, went on in the pinnaces, arrived on the 28th at Cativaas, and after a few hours' repose came off Nombre de Dios about three o'clock in the morning of 29 July. They landed without opposition, and marched up into the town. The Spaniards, accustomed to the requirements of a wild life and to the frequent attacks of the Cimaroons, speedily took the alarm and mustered in the market-place ; but after a sharp skirmish, in which Drake was severely wounded in the thigh, they were put to flight. Two or three of them were, however, made prisoners, and compelled to act as guides and conduct the English to the governor's house, where they found an enormous stack of silver bars, the value of which was estimated at near a million sterling. As it was clearly impossible to carry away this silver in their boats, they passed on to the treasure-house, ` a house very strongly built of lime and stone,' in which were stored the gold, pearls, and jewels, 'more,' said Drake to his followers, `than the pinnaces could carry;' and then noticing that his men were somewhat backward, ` muttering of the forces of the town,' he told them that ` he had brought them to the mouth of the Treasure of the World; if they would want it they might henceforth blame nobody but themselves' (Drake Revived, p. 16) (John Knox Laughton, Francis Drake (1540-1596), Dictionary of National Biography, 1885-1900, Volume 15 - en.wikisource.org). Thomas North follows closely for a time, but in the last sentence he lets out his language to the needs of a maxim so pertinent to a countryman of Drake. The Greeks saw, says he, 'that it was not the great multitude of shippes, nor the pomp and sumptuous setting out of the same, nor the prowde barbarous showts and songes of victory that could stand them to purpose, against noble hartes and valliant minded souldiers, that durst grapple with them, and come to hand strokes with their enemies : and that they should make no reckoning of all that bravery and bragges, but should sticke to it like men, and laye it on the jacks of them.' The knight who was to captain his three hundred men in the Armada year, has the pull here over the bishop [Amyot]; and on occasion he has always such language at command. 'Les autres qui estoient demourez a Rome' instead of marching to the war are 'the home-tarriers and house-doves' : upbraided elsewhere because they 'never went from the smoke of the chimney nor carried away any blowes in the field.' When Philopoemen, wounded with a dart that 'pierced both thighes through and through, that the iron was seene on either side', saw 'the fight terrible, and that it woulde soon be ended,' you read in Amyot 'qu'il perdoit patience de despit,' but in North that 'it spited him to the guttes, he would so faine have bene among them.' (George Wyndham, Lives. Englished by Sir Thomas North in ten volumes by Plutarch, 1894 - archive.org). Sir Thomas North (1535–1604) was an English justice of the peace, military officer and translator. He served as captain in the year of the Armada. His translation into English of Plutarch's Parallel Lives is notable for being a source text used by William Shakespeare for several of his plays. The first edition of his translation of Plutarch, from the French of Jacques Amyot, appeared in 1579. The first edition was dedicated to Queen Elizabeth, and was followed by another edition in 1595, containing fresh Lives. A third edition of his Plutarch was published, in 1603, with more translated Parallel Lives, and a supplement of other translated biographies (en.wikipedia.org - Thomas North). |