Astronomie et Ă©cobuage

Astronomie et Ă©cobuage

 

IV, 29

 

1799-1800

 

Le sol caché éclipsé par Mercure

Ne sera mis que pour le ciel second

De Ulcan Hermes sera faicte pasture

Sol sera veu pur, rutilant & blond.

 

"Hermes" : terres hermes

 

On appelle "terres hermes" certaines terres vacantes & incultes que personne ne réclame, & qui appartiennent an seigneur justicier. Et vacants. «Les vacants, dit Loiseau, chap. 12, n. 117, sont une espece de biens déférés au fisc, autrement que par confiscation ou déshérence, dont il y en a de deux sortes : l'une de ceux qui n'ont jamais eu de maître, comme les terres vaines & vagues des champs, les places vuides des villages que le haut-justicier peut appliquer à son profit, quand bon lui semble.» «L'autre espece de biens vacants, ajoute cer auteur, n. 121, est de ceux qui ont autrefois eu maître, & qui sont délaissés sans culture.» Il est constant que les terres incultes de toute ancienneté, & que nos Coutumes appellent terres gayves, hermes & vacants, appartiennent au seigneur haut-justicier du territoire où elles sont situées : ce principe atresté par tous les auteurs, & consacré, les dispositions de notre loi municipale, que par celles de plusieurs autres. Coutumes, ne peut assurément être révoqué en doute ; mais on demande si la possession immémoriale, dans laquelle sont les habitants d'une paroisse, d'envoyer pacager leurs bestiaux sur les terres hermes & vacants de leur seigneur justicier, équivaut à un titre , & empêche que le seigneur puisse valablement concéder ces mêmes terres à qui bon lui semble (Coutumes générales et locales du pays et duché de Bourbonnais, 1779 - books.google.fr).

 

Les lois de 1792 et 1793

 

Qu'est-ce que des terres vaines et vagues, dans le sens des lois du 28 aoĂ»t 1792 et du 10 juin 1793 ? Les terres en Ă©tat de culture et de production ne sont pas des terres vaines et vages. Pour fixer la denomination de terres vaines et vagues, ou de terres cultivĂ©es et en Ă©tat de production, il faut faire abstraction de leur nature ancienne, et considĂ©rer l'elat oĂą elles Ă©laient lors de la publication des lois des 28 aoĂ»t 1792, et 10 juin 1793. Les pacages ou pâturaux des communes Ă©taient lĂ©galement autre chose que terres vaines et vagues, dans le sens fĂ©odal, attribuant aux seigneurs les terres hermes et vagues. Du moins, Ă©tait-ce la disposition expresse de la coutume du Bourbonnais, art. 331.

 

Dans le sens de l'art, 1er, sect. 4 de la loi du 10 juin 1793, il doit être justifie que le terrain était vain et vague au 4 août 1789: si la décision laisse du doute sur ce point de fait, cela suffit pour qu'il y ait lieu à cassation (Jean Baptiste Sirey, Jurisprudence du XIXme siècle, ou Table tricennale du Recueil Général des lois et des arrêts en matière civile, criminelle, commerciale et de droit public, 1834 - books.google.fr).

 

"Ulcan" ou "Vulcan" : Vulcain, le feu

 

Vulcain (Vulcanus en latin) est le dieu romain du feu, des volcans, de la forge, et le patron des forgerons. Il incarne non seulement le feu bienfaisant, source des industries humaines, mais aussi le feu destructeur dont il peut prĂ©cipiter ou suspendre le cours : sous le surnom de mitis, le doux, ou quietus, le tranquille, il est celui qui peut Ă©teindre les incendies. Il est honorĂ© chaque annĂ©e au cours des Vulcania du 23 aoĂ»t. Les Romains l'ont identifiĂ© au dieu grec HĂ©phaĂŻstos (fr.wikipedia.org - Vulcain (mythologie)).

 

"Sol" (vers 4)

 

Il s'agirait ici de la surface de la terre, et non du soleil. Le sol brûlé est "pur", purifié par le feu.

 

"rutilant" : le feu d'Ă©cobuage

 

Le 1er Septembre 1789, Arthur Young passe l'après-midi à visiter à la Tour d'Aigues, au Sud-Ouest de Manosque, la ferme attenante au Château du Il note que «l'écobuage est pratiqué partout... on détruit chaque buisson pour l'écobuage pour faire des tas d'engrais pour les terres cultivées. En ce moment, on les brûle partout. L'opinion générale est hostile à cette pratique ; mais le Président remarque qu'elle a été en usage, sans interruption, probablement depuis 2000 ans, et que cependant, la terre n'est pas plus mauvaise qu'elle n'a jamais été». Qui est donc ce «Président» assez favorable à cette pratique pas si nocive qu'on a bien voulu le dire, et que condamne le Parlement de Provence depuis si longtemps ? C'est le Président de la Tour d'Aigues, Président à mortier à ce même Parlement... et Directeur depuis dix ans de la Société d'Agriculture. Écobuage en usage depuis deux mille ans, dit le Président à Young. Cette affirmation m'a indiqué la direction d'une « piste étymologique que je livre ici, comme simple hypothèse, à la suite de tant d'autres qui se sont essayés sur cette origine obscure du terme écobuage. Il n'est pas inintéressant de nous y pencher à notre tour si l'on songe que l'écobuage a été pendant des siècles un mode privilégié de fertilisation des terres, si largement répandu au sein des communautés agro-pastorales du vaste monde. Deux mille ans ? Nous voici en pleine «Celto-Ligurie» plus ou moins «grecoromanisée». En Haute Provence, nous avons relevé à Mons, les «escoubo» qui sont les petits genêts dit «à balai» qui se rencontrent dans les «hermes» «friches», landes, terres gastes et autres terres à défricher. De l'«Excubiae» à «escoubo», petits genêts à balai de Provence, à ecobues : broussailles avec leurs mottes avec lesquelles on édifie les fourneaux qui se consument dans les champs des jours et des nuits jusqu'à ce que le feu fasse s'écrouler l'édifice rougeoyant, le «fil d'Ariane» pourrait être le suivant :

 

1°. Les premiers occupants Romains de ce qui allait être la Provence, voient, (comme pourront le voir au fil des générations, aussi dans d'autres régions, les habitants des plaines), tous les automnes le spectacle de ces points lumineux en assez grand nombre qui se montrent disséminés dans l'obscurité des nuits à diverses hauteurs sur les montagnes Ce sont nos «fourneaux» qui achèvent de se consumer.

 

2°. A ces «petits temples» de mottes de gazon et de broussailles (qui pouvaient parfois atteindre deux mètres de haut), et qui sont littéralement vouées au feu fertilisateur, les Romains donne le nom d'«excubiae».

 

Faire des excubiae, qui donneront «escoubo», c'était donc construire des fours dont les briques étaient constituées par les mottes des genêts et autres buissons, dont la paroi était constituée des tiges, touffes, petites branches de ces genêts et autres broussailles, qui, dûment séchées, prennent feu au contact d'un fagot enflammé au centre de cet édifice éphémère dont on répand après combustion toutes les parties pour fertiliser le champ à ensemencer (D. Solakian, Le problème des bois dans la Communauté agro-pastorale en Haute Provence au XVIIIe siècle, Annales historiques de la Révolution française, Volume 55, 1983 - books.google.fr).

 

L'action de l'écobuage ne se borne pas à réduire en cendres le gazon, elle s'exerce aussi sur la bande de terre qui sert de support à ce même gazon. Cette terre, ainsi exposée au feu, prend la couleur et le caractère de la brique (A. Rodat, Le Cultivateur Aveyronnais: Leçons élémentaires d'agriculture pratique, et vues sur la science de l'exploitation rurale, 1839 - books.google.fr).

 

"blond" : blondeur des blés

 

L'Ă©cobuage est une opĂ©ration agriculturale qui consiste Ă  Ă©corcher le sol gazonnĂ©, Ă  enlever par lambeaux plus ou moins grands, plus ou moins Ă©pais, le gazon ; Ă  faire sĂ©cher ces mottes en les plaçant debout au moyen de la forme mi-circulaire qu'on leur fait prendre; enfin Ă  former avec ces mĂŞmes mottes des fourneaux au centre desquels on place des genĂŞts secs ou autres broussailles qui servent Ă  les soumettre, en y mettant le feu, Ă  une combustion lente et Ă©touffĂ©e. Quand le moment de semer est venu, on Ă©tend les cendres des fourneaux avec la pelle ; puis on les enterre, en mĂŞme temps que le grain, par un simple trait de l'araire, sans autre travail prĂ©paratoire. Les plus mauvaises terres, ainsi grossièrement divisĂ©es, donnent des rĂ©coltes dont la vigueur a passĂ© en proverbe : quand nos villageois veulent vanter une rĂ©colte, ils disent que voilĂ  un blĂ© qui ressemble Ă  un blĂ© d'Ă©cobuage (A. Rodat, Le Cultivateur Aveyronnais: Leçons Ă©lĂ©mentaires d'agriculture pratique, et vues sur la science de l'exploitation rurale, 1839 - books.google.fr).

 

DĂ©bat

 

La question du rĂ´le bĂ©nĂ©fique ou nĂ©faste du feu en agriculture est l'objet d'une controverse en France autour des annĂ©es 1800. Des jugements contradictoires sont portĂ©s sur la pratique de l'Ă©cobuage au cours du XVIIIe siècle. Olivier de Serres y voit une bonne pratique, mais l'abbĂ© Rozier, dans les annĂ©es quatre-vingts condamne le procĂ©dĂ© et son opinion prĂ©vaut pendant une trentaine d'annĂ©es dans les milieux agronomiques français. Après 1820, l'opinion des anglais, presque tous favorable Ă  l'Ă©cobuage, redevient dominante et après 1835, plus aucun ouvrage d'agronomie français ne condamne l'Ă©cobuage. Il est difficile de dire si les sources locales sont le reflet de ce dĂ©bat ou si elles ne sont que la condamnation d'une pratique considĂ©rĂ©e comme archaĂŻque et dont le rĂ©sultat est peu esthĂ©tique. Les effets de cette pratique sont effectivement difficiles Ă  apprĂ©cier : Ă©limination de mauvaises herbes, apport de cendres Ă  des sols acides, destruction de parasites variĂ©s... tout n'Ă©tait certainement pas mauvais, mais les contemporains avaient visiblement beaucoup de mal Ă  considĂ©rer qu'une terre brĂ»lĂ©e et pelĂ©e pouvait ĂŞtre synonyme de fertilitĂ© (Annie Antoine, Le paysage de l'historien: archĂ©ologie des bocages de l'ouest de la France Ă  l'Ă©poque moderne, 2002 - books.google.fr).

 

"pasture"

 

Toutes les objections qu'on a faites jusqu'ici contre l'Ă©cobuage, proviennent ou d'un raisonnement fait sur de faux principes, ou de faits fournis par de mauvais agriculteurs. Ordinairement, on fait de l'Ă©cobuage la prĂ©paration d'une suite de rĂ©coltes de grains, et peut-ĂŞtre mal calculĂ©es. Si l'on faisoit prĂ©sent d'un tas de fumier Ă  un mauvais cultivateur, et qu'il l'employât dans les mĂŞmes principes, il Ă©puiseroit aussi son terrain : il faudroit Ă©galement en conclure que fumer les terres c'est les Ă©puiser. L'Ă©cobuage donne un tas de fumier Ă  disposer; mais si l'on en dispose mal, la terre en souffre. En faisant de l'Ă©cobuage une prĂ©paration pour mettre en prĂ©, tout va bien. Il y a en Suffolk plusieurs milliers d'acres de prairies nĂ©gligĂ©es, de maigres pâturages, couverts de toutes sortes de mauvaises plantes, de manière que leur amĂ©lioration est difficile, si l'on ne les rompt. Tout cela devroit ĂŞtre Ă©cobuĂ© ; non pas pour ĂŞtre ensuite soumis au rĂ©gime de la charrue, qui ruineroit infailliblement ces terrains, et les laisseroit dans un Ă©tat incomparablement plus mauvais qu'il n'Ă©toit auparavant, mais pour ĂŞtre convertis en prĂ©s aussi promptement que la rotation des rĂ©coltes le permet. Or cette rotation doit ĂŞtre invariablement celle qui suit. 1°. Turneps mangĂ©s sur place par les moutons. 2°. Avoine et graine de prĂ©s. Les turneps et l'avoine payeront, et au-delĂ , les dĂ©penses d'un desse chement, s'il avoit fallu le faire avant d'Ă©cobuer, ainsi que les frais de l'Ă©cobuage et tout autre; en sorte que le changement d'un dĂ©tĂ©stable pâturage en un excellent prĂ©, sera tout profit. Le fermier gagnera beaucoup, et le propriĂ©taire encore davantage, s'il a eu la prĂ©caution de stipuler dans son bail, comme on doit toujours le faire, de ne laisser sortir de son domaine, sous aucun prĂ©texte quelconque, le fourrage qu'il produit. Les pâtures sèches, Ă©levĂ©es, qui sont recour vertes de bruyères, doivent Ă©galement ĂŞtre Ă©cobuĂ©es ; mais pour ĂŞtre aussi remises en prĂ© avec des herbes qui leur conviennent, en mĂŞme temps qu'elles conviennent aux moutons. Sur un terrain de peu de fond, deux rĂ©coltes successives de grains après l'Ă©cobuage, seroient pernicieuses. Peut-ĂŞtre pourroit-on rĂ©tablir le prĂ©, sans faire aucune rĂ©colte de grain, et dans ce cas, ce seroit tant mieux (Arthur Young, Agriculture du Suffolk (General view of agriculture), Bibliothèque britannique, 1799 - books.google.fr).

 

En Provence

 

De 1704 à la Révolution, les «Messieurs de la Chambre forestière» (de Provence) ne rendront pas moins de 11 Arrêts, tournant tous autour des coupes et défrichements dans les bois, et de la question des chèvres. Les arrêts généraux sont ceux des 20 décembre 1606, 7 octobre 1633, 20 mai 1659, 7 octobre 1686, 15 février 1690, 5 février 1706, 9 décembre 1717, 4 juillet 1718, 15 mai 1724, 28 mars 1730, 27 janvier 1731, 17 avril 1741, 31 mai 1763, 20 novembre 1767, 7 août 4773, 30 mars 1781. Les principaux thèmes qui dans ces Arrêts sont :

 

1° Point de coupe sans permission de la Chambre des Eaux et Forêts, et point de permission sans un rapport préalable du commissaire de la marine. Cette disposition résuite de l'ensemble de lous les arrêts ; elle atteignait les particuliers comme les communautés et gens de main morte. Plus tard, vinrent s'y joindre celles de l'ordonnance de 1669.

 

2° Défense absolue à tous les habitants de la province, de quelque état et qualité qu'ils soient, d'arracher les arbustes, arbrisseaux, plantes, etc., de les couper autrement que ras de terre, sans toucher aus racines.

 

3° Défense absolue à toute personne de défricher les lieux penchants et ardus, boisés ou non boisés (Charles de Ribbe, La Provence au point de vue des bois, des torrents et des inondations avant et après 1789, 1857 - books.google.fr).

 

Acrostiche : LN DS, Hélène déesse

 

Les Lacédémoniens avaient un temple à la déesse Hélène. On raconte que Pâris ne posséda qu'un fantôme créé par Junon ayant l'apparence de la fille de Tyndare. La vraie Hélène était pendant la guerre de Troie en Egypte (Encyclopédie Méthodique, Tome 3, 1790 - books.google.fr).

 

Dans Alexandra, Lycophron compare Hélène, dont il a une mauvaise image (la chienne de Pephnos), au râle des genêts (krex) enlevé deux fois dont la vue portait malheur aux futurs mariés (Évelyne Prioux, Voir les mythes: Poésie hellénistique et arts figurés, 2021 - books.google.fr).

 

Le krex est le rôle des genêts (rallus crex, L.) ; il doit son nom au cri bref, aigre et sec, crex crex crex, qu'on prendrait pour le croassement de la rainette. Son plumage rassemble à celui des cailles, et comme il habite comme celles-ci, les prairies, et qu'il fait son apparition à la même époque de l'année, on lui a donné le nom de roi des cailles, en croyant qu'il conduisait les bandes de ces oiseaux migrateurs (Jean Chrétien Ferdinand Hoefer, Histoire de la zoologie: depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, 1890 - books.google.fr).

 

L'Ă©cobuage, connu de toute antiquitĂ©, consiste Ă  brĂ»ler, en mottes dĂ©tachĂ©es, la croĂ»te superficielle du sol, couverte d'une vĂ©gĂ©tation inutile ou nuisible. L'Ă©cobuage est un moyen de dĂ©frichement, pour les terrains incultes couverts de genĂŞts, ajoncs, bruyères, etc. Les prairies, naturelles ou artificielles, que l'on veut dĂ©truire, sont elles-mĂŞmes souvent Ă©cobuĂ©es ; mais la convenance de cette opĂ©ration dĂ©pend, principalement, de la nature particulière du sol. Il est mĂŞme des pays oĂą l'on a conservĂ© l'usage, très-ancien, d'incinĂ©rer les chaumes ordinaires des cĂ©rĂ©ales (Benjamin Nadault de Buffon, Cours d'agriculture et d'hydraulique agricole, 1853 - books.google.fr).

 

Le passage de Mercure sur le Soleil

 

Il y a un passage de Mercure sur le Soleil le 7 mai 1799, observé par l'abbé Henry (Nova acta Academiae Scientiarum Imperialis Petropolitanae: praecedit historia eiusdem academiae ad annum, Volume 13, 1799 - books.google.fr, Amédée Guillemin, Le ciel : notions d'astronomie à l'usage des gens du monde et de la jeunesse, 1866 - books.google.fr).

 

"second ciel"

 

Silvestre de Sacy donne la notice du Livre du Secret de la créature, dont l'auteur est Arabe :

 

Après avoir ainsi exposé son système sur la formation des quatre substances élémentaires, l'auteur entreprend d'expliquer d'une manière particulière la formation des sept cieux, & des sept astres qui gouvernent toutes choses. Il pose d'abord pour principe, que la légèreté est la cause de l'ascension, & la pesanteur la cause de la fixité, c'est-à-dire, de cette qualité des corps qui est opposée à la volatilisation; que la chaleur est l'essence de la légèreté, & le froid l'essence de la pesanteur; enfin, que de mouvement est le caractère inséparable, la propriété nécessaire & constitutive de la chaleur, & le repos celui du froid.

 

Du mélange du feu & de l'air furent formés les astres, le Soleil & la Lune; tous les astres ne sont donc autre chose qu'une matière lumineuse formée du feu & de l'air.

 

Le mouvement de la chĂ»te de cette matière lumineuse augmentant sa chaleur, le principe humide s’altĂ©ra, & le principe sec ? domina de plus en plus; elle continua Ă  s'Ă©clater, & il s'en dĂ©tacha successivement plusieurs portions. Ces portions ainsi dĂ©tachĂ©es remontèrent vers le septième ciel, & la masse principale continua Ă  descendre. La portion de matière lumineuse, qui Ă©toit demeurĂ©e suspendue Ă  la voĂ»te du septième ciel, devint comme l'ame dont ce ciel Ă©toit le corps, & c'est la planète de Saturne. La masse de matière lumineuse qui continuoit Ă  descendre, Ă©prouvant toujours dans la chĂ»te une augmentation de chaleur & de sĂ©cheresse, se divisa en un grand nombre de portions, & chaque ciel qu'elle traversoit en retenoit une partie. Les portions qui demeurèrent ainsi suspendues Ă  la voĂ»te du sixième & du cinquième ciel, formerent les planètes de Jupiter & de Mars. Lorsque la masse de la matière lumineuse fut parvenue au quatrième ciel, elle s'y arrĂŞta, ses parties se rapprochèrent, prirent une forme ronde, & formèrent le Soleil. On a dĂ©jĂ  dit qu'après la formation de Saturne, il s'Ă©toit de nouveau Ă©levĂ© vers le septième ciel quelques portions Ă©chappĂ©es de la masse de la matière lumineuse ; mais ces portions ne purent s'y fixer, parce que le septième ciel avoit retenu autant de matière lumineuse que sa nature le comportoit, & qu'il en Ă©toit pour ainsi dire saturĂ©. Ces portions surabordantes furent donc obligĂ©es de redescendre vers les cieux infĂ©rieurs ; la mĂŞme chose arriva dans le ciel de Jupiter & dans celui de Mars: tout cet excès de matière lumineuse Ă©tant parvenu au quatrième ciel, y rencontra un grand nombre de semblables portions surabondantes que le Soleil avoit laissĂ© Ă©chapper. Tous ces Ă©clats de la matière lumineuse se choquèrent, & s'Ă©tant rĂ©unis, descendirent vers le troisième ciel qui en retint une portion dont se forma l'astre de VĂ©nus. Le reste continuant Ă  descendre, traversa le second ciel ; la portion qui demeura suspendue dans le second ciel, forma l'astre de Mercure, & tout le reste se rĂ©unit dans le premier ciel. Ce rĂ©sidu n'Ă©toit plus homogène, il participoit aux qualitĂ©s des six astres dĂ©jĂ  formĂ©s. Les portions Ă©manĂ©es du Soleil se rĂ©unirent en un seul corps, & formèrent la Lune; c'est pour cela que la Lune tire sa umiere du Soleil, & efface l’éclat des autres astres : les parties Ă©manĂ©es des autres planètes se divisèrent en un grand nombre de portions, & formèrent toutes les Ă©toiles (Notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque du Roi lus au ComitĂ© Ă©tabli par Sa MajestĂ© dans l'AcadĂ©mie royale des inscriptions et belles lettres, Tome 4, 1799 - books.google.fr).

 

Antoine-Isaac, baron Silvestre de Sacy, né le 21 septembre 1758 à Paris où il est mort le 21 février 1838, est un linguiste, philologue et un orientaliste-arabisant français (fr.wikipedia.org - Antoine-Isaac Silvestre de Sacy).

 

Mai et Ă©cobuage

 

L'écobuage pour la préparation des terrains de plantation de végétaux issus de pépinières avait lieu en mai.

 

La véritable saison pour entreprendre le défoncement et l'écobuage est la mi-mai. On a remarque qu’un intervalle de trois ans, entre cette dernière opération et celle de la plantation, favorise la crue du plant forestier. La bruyère et le genêt doivent être arrachés lorsque ces plantes sont pourvues de fortes racines, car l'écobuage serait alors insuffisant pour les détruire (Traité de la Culture des Forêts, ou de l'application des sciences agricoles et industrielles à l'économie forestière, 1839 - books.google.fr).

 

En diverses régions, le mois de mai est une période d'écobuage des prairies (L'agriculture de l'Angleterre, 1878 - books.google.fr, Encyclopédie pratique de l'agriculteur, Volume 11, 1866 - books.google.fr, Louis-François Du Bois, Cours complet et simplifié d'agriculture et d'économie rurale et domestique, Tome 1, 1825 - books.google.fr).

 

Mythologie

 

Dans la mythologie grecque, le pré de l’Asphodèle ou prairie de l’Asphodèle (parfois appelé champ de l’Asphodèle ou plaine des Asphodèles) est un lieu du royaume des morts grecs. C’est l’endroit où séjournent la plupart des fantômes des morts, qui y mènent une existence in-substantielle et sans objet. Ce sont les âmes qui n'ont commis ni crime, ni action vertueuse qui y séjournent. Les âmes des défunts y séjournent éternellement sans but et patientent éternellement. Cette prairie est mentionnée trois fois dans l'Odyssée, deux fois lors de la Nékyia d'Ulysse (Odyssée, XI, v. 539 et v. 573), et une dernière fois lorsque les âmes des prétendants sont conduites par Hermès aux Enfers (Odyssée, XXIV, v. 13). Certains proposaient de remplacer par "prairie de cendres", ce qui, en grec, constitue presque une homonymie (fr.wikipedia.org - Pré de l'Asphodèle).

 

Les partisans de cette lecture [la prairie des Cendres] justifiaient leur choix par la logique des faits ; "Ă  cause de la cendre des morts qu'on brĂ»le". La survie des âmes aux Enfers Ă©tant prĂ©cĂ©dĂ©e de la crĂ©mation des corps, suivant le rituel funĂ©raire Ă©pique, on peut penser que la cendre figure naturellement dans le dĂ©cor de l'au-delĂ . En outre, loin d'ĂŞtre stĂ©rile, elle fait crotte une herbe grasse, ce qui Ă©tablit une parfaite cohĂ©rence entre l'image de la prairie des Cendres et l'idĂ©e d'une renaissance après le mort. Ce qui a suggĂ©rĂ© au poète ce vigoureux raccourci [...] c'est le spectacle des brĂ»lis couverts de cendre, que la première pluie transforme en un tapis d'herbe drue permettant aux bergers de nourrir leurs troupeaux quand les pâturages naturels sont Ă©puisĂ©s. [...] Il est certain que le monde grec de l'Ă©poque archaĂŻque connaissait la pratique de l'Ă©cobuage (toujours utilisĂ©e en Corse et dans les PyrĂ©nĂ©es) aussi ancienne que le pastoralisme en pays mĂ©diterranĂ©en (Suzanne Amigues, La prairie d'Asphodèle de l'OdyssĂ©e et de l'hymne homĂ©rique Ă  Hermès, 2002 - books.google.fr).

 

Dans l'Odyssée, on voit apparaître la figure d'Hermès dit «psychopompe» («conducteur des âmes» en grec) qui mène les nouveaux défunts dans l'Hadès, jusqu'à «la prairie d'asphodèles» où ils doivent désormais habiter (Dictionnaire de la mythologie gréco-romaine, 2016 - books.google.fr).

 

Cependant la prairie d'asphodèles n'a pas toujours une valeur infernale : cf. l'Hymne homĂ©rique Ă  Hermès, 221 et 344, oĂą les traces des vaches d'Apollon [assimilĂ© au Soleil] volĂ©es par Hermès paraissent retourner vers la prairie d'asphodèles (L'homme et la nature, histoire d'une colonisation : actes du colloque international tenu les 3 et 4 dĂ©cembre 2004 Ă  l'Institut catholique de Paris, 2006 - books.google.fr).

 

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