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Emergence des
puissances russe et américaine IV, 50 1815 Libra verra
regner les Hesperies, De ciel &
terre tenir la monarchie : D‘Asie forces
nul ne verra peries, Que sept ne tiennent par rang la hierarchie. La Balance verra les Hespéries régner et tenir la monarchie du ciel et de la terre; personne ne verra les forces de l'Asie ruinées, avant que sept papes n'aient tenu à leur tour la hiérarchie (l'Église). Commentaire : Aux deux premiers vers, réminiscence d'un passage de l'Astronomicon de Manilius (IV, 773-777) où le poète joint la louange d'Auguste à celle de Rome, tous deux conçus sous le signe de la Balance : Hesperiam sua Libra tenet, qua condita Roma Orbis et imperium retinet discrimina rerum, Lancibus et positas gentes tollitque premitque, Qua genitus Caesar melius nunc condidit urbem Et propriis frenat pendentem nutibus orbem. Sa Balance tient l'Hespérie, signe sous lequel Rome étant fondée, - et son empire universel, - elle détient le contrôle sur les choses et élève et abaisse les nations posées dans les plateaux, signe sous lequel César étant engendré, il fonde en mieux maintenant la Ville et tient les rênes de l'univers suspendu à ses signes de tête. Ce texte a inspiré Nostradamus à plusieurs reprises et représente pour ainsi dire son passage manilien préféré. Contrairement au modèle cependant, le quatrain ne vise pas nécessairement l'Italie; ici comme ailleurs dans le même contexte, le pluriel Hesperies est ambigu et, en tant que pays du soleil couchant, peut désigner l'Espagne aussi bien que l'Italie. En C 4.96, Nostradamus paraît dire que Marie d'Angleterre, de par son mariage avec Philippe II, «succedera au regne de Balance», c'est-à-dire au règne d'Espagne (Pierre Brind'Amour, Les premières centuries, ou, Propheties de Nostradamus (édition Macé Bonhomme), 1996, p. 537). Cf. Horace Ode 3, 6, 8 pour l'Italie par rapport à la Grèce et Ode 1, 36, 4 pour l'Espagne par rapport à l'Italie (Gaffiot). Les Hesperies désigneraient alors l'Espagne et l'Italie réunies sont un monarque de même nationalité dont un membre sera le monarque d'une religion ("ciel"). On peut penser aux sept climats qui divise le globe terrestre au moyen âge, classé du Sud au Nord de I à VII. "Ciel et terre... Monarchie" L'Italie du Sud et l'Espagne ont connu des monarques espagnols en même temps tandis qu'à Rome il n'y a eu que deux papes espagnols, de la même famille d'ailleurs : Rodrigo de Borja, né Roderic Llançol i de Borja le 1er janvier 1431 à Xàtiva (royaume de Valence, couronne d'Aragon) et mort à Rome le 18 août 1503,
devenu Rodrigo Borgia après son arrivée en Italie, est le 214e pape de l’Église catholique sous le nom d’Alexandre VI de 1492 à 1503
(fr.wikipedia.org - Alexandre VI). Calixte III (Alonso de Borja i Llançol, plus connu sous le nom de Alfonso Borgia), né à Canals dans le royaume de Valence le 31 décembre 1378,
mort le 6 août 1458 à Rome, est le 209e pape de l'Église catholique, élu le 8 avril 1455. Âgé de 76 ans, cardinal, évêque de Valence, candidat de compromis,
il est couronné le 20. Il est généralement jugé comme faible, en particulier à cause de son népotisme. Il accompagne par la suite Alphonse V lors de la conquête
de Naples en 1442, qui tombera le 12 juin de la même année. Naples étant de jure sous l'égide de la Papauté, son suzerain l'envoie prêter allégeance devant Eugène IV.
Son talent diplomatique le fait élever au rang de cardinal en mai 1444
(fr.wikipedia.org - Calixte III). Alphonse V, dit le Sage ou le Magnanime, roi d'Aragon, de Naples et de Sicile, monta sur le trône en 1416, et mourut le 27 juin 1458.
En 1442, il triomphe de l'armée de René d'Anjou et fait une entrée triomphale dans la ville de Naples le 26 février 1443. Il transforme le royaume en l'un des grands
centres commerciaux et culturels de la péninsule italienne
(fr.wikipedia.org - Alphonse V (roi d'Aragon)). A Ratisbonne en 1454, on discuta d'un plan de croisade, la scedula, dont on fit une traduction en français pour Philippe le Bon duc de Bourgogne. Il
était proposé le rassemblement d'une armée destinée à refouler les Turcs hors d'Europe en
avril 1455; cette armée devait être dirigée par un capitaine sous la bannière impériale et durer trois années. La campagne militaire s'effectuerait
par la vallée du Danube. D'autre part, le pape, avec le roi d'Aragon et les républiques italiennes, devait réunir, toujours pour avril 1455, une flotte
qui devait attaquer les Turcs dans le détroit des Dardanelles. Le pape devait aussi susciter des soulèvements dans les Balkans et inciter les peuples orientaux
ennemis des Turcs à créer un second front. Les bulles de croisade devaient être publiées, une trêve générale de cinq années proclamée dans l'Europe latine
à partir de Noël 1454. L'empereur convoquait une diète pour discuter des détails à Francfort, le 8 septembre et demandait à tous les rois d'équiper des armées
(Jacques Paviot, Les ducs de Bourgogne, la croisade et l'Orient, fin XIVe siècle-XVe siècle, 2003 - books.google.fr). "verra" : astrologie Au Livre VIII, CHAP. III de la Mathesis de Firmicus, l'introduction d'une autre notion nouvelle, chère à Manilius, est celle des couples de signes du Zodiaque qui se voient et s'entendent : 3. Le Verseau et le Taureau se regardent en oblique et s'entendent. Les Gémeaux voient la Balance et l'entendent également. Semblablement, la Balance entend et voit également les Gémeaux. [partie perdue] 7. Sagittaire et le Lion s'entendent et se voient également. La Vierge regarde, certes, le Capricorne, mais ne l'entend pas. Semblablement le Capricorne voit la Vierge, mais il ne l'entend pas. La Balance voit le Verseau, mais elle n'est pas vue par le Verseau; pourtant, ils s'entendent également l'un l'autre 4. Le Scorpion voit bien les Poissons, mais il ne les entend pas. Les Poissons voient le Scorpion, mais ne l'entendent pas Le Sagittaire et le Bélier sont placés de telle façon qu'ils ne peuvent ni se voir ni s'entendre. Le Capricorne et le Taureau ne peuvent ni se voir ni s'entendre. Le Verseau et les Gémeaux se voient, mais ils ne s'entendent absolument pas. Les Poissons et le Cancer ne se voient pas, mais ils s'entendent. 5. C'est pour que tu connaisses parfaitement les for- mules de combinaison et que tu saches comment les signes sont disposés dans le cercle du Zodiaque , que nous avons exposé les secrets de ce sujet . En effet , ces douze signes ne sont pas disposés selon un ordre et une progression déterminés , et ils ne sont pas placés de façon que , quand ils se lèvent en un lieu postérieur , ils voient toujours les signes qui les précèdent et ceux qui les suivent . Afin de te montrer cela non par des arguments mais par des faits , nous t'avons présenté cet exposé tiré des livres d'Abra- ham , afin que notre parole te persuade, par des preuves éclatantes, de ce que nous t'avons dit. Antiochus, en disant que la Balance ne voit pas le Bélier à cause de la Terre qui se trouve juste entre eux, a rejoint, par une sorte d'image, le système des antiscies. Antiscies : les astronomes associaient par couples les signes zodiacaux qui avaient même latitude : lorsque le soleil se trouvait dans l'un ou l'autre de ces signes couplés, les jours, et par conséquent les nuits, avaient, dans un cas comme dans l'autre, la même durée. Pour cette raison, Ptolémée (Tetr. 1,16) les appelle isodunamounta" (équipollents). Les astrologues disaient que les signes ainsi placés se voyaient par-dessus ou par-dessous le disque de la terre, placé au centre du cercle zodiacal, et échangeaient leurs rayonnements : Firmicus revient sur cette théorie au chap. 29. Traduction de antiscia : certains astrologues utilisent le terme antices, mais la définition qu'ils en donnent ne correspond pas à l'idée que s'en faisaient
les Anciens : nous conservons donc une forme francisée du terme utilisé par Firmicus, antiscie, le plus souvent au pluriel antiscies, puisqu'il se
rapporte toujours à des couples. On prendra garde au fait que cette dernière forme est utilisée en géodésie pour désigner des points d'un même méridien,
de latitude égale, mais opposés de part et d'autre de l'équateur et où, conformément au sens de anti-scia, les ombres sont opposées
rigoureusement les unes aux autres. L'illustre astronome Hipparque de Nicée, connu surtout par le catalogue d'étoiles qu'il avait dressé vers 130 av. J.-C.,
avait mis au point plusieurs systèmes permettant de mieux observer les astres et de mesurer leurs mouvements (PW, VIII, 1666). Croyant à
«une parenté entre les astres et l'homme» (cf. PLIN. nat. 2,95), ce théoricien de la théodésie zodiacale et des antiscies avait été très tôt
«récupéré» par les astrologues (cf. R. TURCAN, Littérature astrologique et astrologie littéraire dans l'Antiquité classique, dans Latomus, 27, 1968, p. 399 s.)
(Pierre Monat, Mathesis: Livres VI-VIII de Julius Firmicus Maternus, 1997 - books.google.fr,
Béatrice Bakhouche, Théorie et pratique chez Firmicus Maternus : antiscies et horoscope d’Albinus (II, 29), - www.openstarts.units.it). Si les signes situés sur un même parallèle se voient et sympathisent par les yeux, ceux qui sont situés symétriquement dans le sens perpendiculaire s'entendent et sympathisent par l'oreille. Évidemment, les astrologues avaient commencé par supposer que ces signes, séparés par le disque terrestre, ne pouvaient pas se voir; et, comme l'axe des oreilles est perpendiculaire à celui des yeux, leur raisonnement enfantin ne manquait pas d'une certaine logique. Le système des signes voyants comportait deux signes sans regard; l'ordonnance des signes entendants comportait deux signes sans oreilles ou n'ayant personne à entendre, le Bélier et la Balance. Manilius fait de cette surdité un privilège, montrant ainsi combien était naturelle la transition du sens d'entendre à celui d'obéir : Consilium ipse suum est
Aries, ut principe dignum est : / Audit se Libramque videt (Manil., II, 485). De même, Libra suos sequitur sensus, solumque videndo / Lanigerum (II, 501). Certains
astrologues eurent l'idée d'établir aussi un lien d'audition, c'est-à-dire de subordination, entre ces deux isolés, qui devaient se voir sans s'entendre. La
Balance obéit au Bélier, par application de la règle commune (Demoph., p. 193)
(Auguste Bouché-Leclercq, L'astrologie grecque, Tome 1, 1899 - books.google.fr). Julius Firmicus Maternus est un écrivain latin du IVe siècle apr. J.-C. né et ayant vécu à Syracuse (Sicile).
Il a compilé vers 330 apr. J.-C. un ouvrage en huit livres sur l'astrologie : la Mathesis (ou les Matheseos libri octo). Imprimé en 1501 par Alde Manuce,
cet ouvrage a été réédité récemment en trois volumes par Les Belles Lettres (voir bibliographie). Wilhelm Knappich a écrit
que la Mathesis est «le seul traité latin d'astrologie qui ait été entièrement conservé». Bien qu'étant assez confus - on peut même dire que les contradictions y pullulent -
en raison de la multiplication des sources compilées (notamment Marcus Manilius, Claude Ptolémée, Dorothée de Sidon, d'anciens traités gréco-égyptiens faisant référence
à Hermès Trismégiste ainsi que des sources chaldéennes), la Mathesis servit longtemps de base aux astrologues occidentaux
(fr.wikipedia.org - Julius Firmicus Maternus). Anagramme : libra/abril "Hesperia" désigne aussi le couchant (Gaffiot). Le moment où la première étoile se lève s'appelle chez les Grecs "espera", et chez les Latins vesper. Les
Grecs ont donné à cette étoile le nom de "esperos", et les Latins celui de vesperugo, qui se lit dans ce vers de Plaute: Neque vesperugo, etc.: Ni l'étoile du soir ni les Pléiades ne se couchent
(Varron, De la langue latine, avec la traduction sous la direction de M. Nisard, 1854 - books.google.fr). On s'en tient au coucher du soleil et dans l'absolu au coucher d'une étoile. Le jour des calendes d'avril, le Scorpion se couche le matin; il annonce le mauvais temps. Le jour des nones, vent Favonius ou vent de midi avec de la grêle,
et quelquefois dès la veille. Le huit des ides, les Pléiades se cachent le soir; quelquefois il fait froid. Le sept, le six et le cinq, les vents de midi et d'Afrique
annoncent le mauvais temps. Le quatre, la Balance commence à se coucher au lever du soleil; elle annonce quelquefois le mauvais temps. La veille des ides, les Hyades se cachent;
froid. Il ne faut pas manquer pendant ces jours-ci de bêcher les vignes pour la première fois dans les pays froids, et cette opération doit être terminée avant les ides
(Désiré Nisard, Les Agronomes Latins : Columelle, De l'agriculture, 1856 - books.google.fr). Le terme est appelé en latin idus (uniquement féminin pluriel). Il pourrait provenir du verbe iduare, «diviser», évoquant la position des Ides en
milieu de mois. L'écrivain romain Varron le fait venir de l'étrusque itus ou du sabin idus, qui signifient «division».
Les ides sont situées à peu près à la moitié des mois du calendrier romain, leur date variant suivant les mois :
le 15e jour lors des mois pleins, comportant 31 jours (Martius, Maius, Quintilis et October) ;
le 13e jour les autres mois : les mois caves de moins de 31 jours (Ianuarius, Februarius, Aprilis, Iunius, Sextilis, September,
November et December) et l'éventuel mois intercalaire Mercedonius
(fr.wikipedia.org - Ides). Pour en finir, on se décida à s'entendre, sauf à reprendre plus tard la lutte électorale, et l'union se fit sur le nom d'un vieillard qui n'avait plus longtemps à vivre. C'est par l'effet de ce compromis que fut élu, dans la matinée du 8 avril, un cardinal espagnol, le vieil Alphonse Borgia (Alonso Borja), qui prit le nom de Calixte III; l'élection se fit par accession; ce résultat était dû principalement aux démarches des cardinaux Scarampo et Alain. Certaines personnes avaient prédit, avant la réunion du conclave, que la désunion des Italiens amènerait l'élection d'un «ultramontain»; les faits leur donnaient raison. Au lieu d'un Grec, comme Bessarion, on avait pour Pape un Espagnol; au lieu d'un humaniste et d'un philosophe, c'était un légiste qui allait s'asseoir sur la chaire de Saint-Pierre. [...] Le début du pontificat de Calixte III fut malheureux. Le jour même où il prit possession du pouvoir, les haines de parti, qui ne cessaient jamais de couver
dans Rome, se manifestèrent par une violente explosion. C'était le 20 avril, jour de la fête solennelle du couronnement
(Ludwig Freiherr von Pastor, Histoire des papes depuis la fin du moyen âge, Tome 2, traduit par Alfred Poizat, Furcy Raynaud, 1888 - books.google.fr). En espagnol "avril" se dit "abril"
(Ch. Marquard Sauer, Nouvelle grammaire espagnole, 1871 - books.google.fr). "Sept" On avait trouvé, disait-on, dans un couvent du mont Athos deux tablettes prophétiques attribuées à Léon le Sage, contenant la liste des empereurs et des
patriarches; les noms du dernier empereur et du dernier patriarche manquaient. On racontait aussi que Michel Paléologue avait interrogé un devin sur la destinée de sa race,
et qu'il avait obtenu pour toute réponse le mot mamaïmi; ce mot composé de sept lettres marquait, disait-on, que le septième Paléologue serait le dernier. Enfin, jusque dans les
oracles de la sibylle d'Erythrée, on prétendait avoir trouvé l'annonce de la chute de l'empire. La même opinion était répandue chez les autres nations: une vieille femme avait
assuré à Jean Hunyade, après la défaite de Kassova, que les revers des chrétiens finiraient quand Constantinople serait détruite par les Turcs. Toutes ces prédictions, passant
de bouche en bouche, achevaient d'abattre les esprits. Tel était l'état de la cité quand, au mois d'avril 1453, 200,000 Osmanlis investirent les remparts du côté de la terre. C'était la douzième fois
qu'elle était assiégée par les musulmans; de tout temps, ils avaient été convaincus que cette ville devait leur appartenir: Mahomet la leur avait promise
(Théophile Lavallée, Histoire de l'Empire Ottoman: depuis les temps anciens jusqu'a nos jours, 1855 - books.google.fr). Si la prise de Constantinople a lieu deux ans avant l'élection de Calixte III, cela permet de situer cependant l'époque de l'interprétation événementielle. Les "sept" des forces de l'Asie désigneraient autant Byzance que les Ottomans. La liste est longue des écrits tentant de dater les signes annonciateurs de la chute de l'empire ottoman : quelques cas rapides notés ça et là pour montrer le suivi chronologique
et l'universel succès chez Turcs, Grecs et occidentaux, de ces calculs programmant chute d'Empire et fin du monde : un auteur ottoman de la fin du XIVe siècle signale que,
de son temps, les foules turques prévoyaient la fin du monde pour l'an 800 de l'Hégire soit 1397 au moment même où curieusement circulait en monde chrétien une
"Lettre du grand-maître des chevalier de Rhodes" qui prévoyait la naissance de l'Anté-Christ pour une date située entre 1385 et 1396. Les approches de l'an 900 de l'hégire comme
celles de l'an 1000 de l'ère musulmane donnent aussi lieu à spéculations chronologiques et troubles populaires. L'Apocalypse de saint Jean est tout naturellement au centre des
supputations exégétiques post-byzantines concernant la fin de l'Empire ottoman; selon la situation politique du moment, les tensions internationales ou la succession dynastique de
la maison d'Osman, les commentateurs grecs se perdent en conjectures chronologiques sur la chute du sultanat, présumée imminente. On décrypte le texte johannique à la lumière
des événements de son temps : les diadèmes de la Bête sont les turbans ottomans et les sept têtes de ladite Bête sont les sept sultans des origines à la prise de Byzance.
Les dix jours de tribulations (Apocalypse de saint Jean, II, 10) représentent les dix souverains depuis la prise jusqu'au dixième qui est Osman II avec l'assassinat duquel (1622)
doit, selon Zacharie Gerganos, exégète contemporain de ce sultan, disparaître l'Empire; aux arguments scripturaires, cet auteur joint des causes politiques et mêmes monétaires, qui confirment les écritures :
"Les signes de la disparition prochaine des Turcs sont évidents, écrit-il, car ils ne remportent plus aucune victoire, il n'y a plus d'ordre intérieur ni de respect pour la hiérarchie... La
destruction des Ottomans ne tardera guère; l'assassinat de leur roi, le mépris de leur monnaie en sont les signes. Les dates de l'écroulement ottoman sont parfois rejetées dans un plus lointain
futur, 1795, 1802, 1818, 1876 et même, selon un exégète du XVIIIe siècle, Théodoret de Jannina, bien prêt de la fin réelle de l'Empire, en 1906 ! Les dates contenant un triplement du 6 pour
obtenir le chiffre de la Bête, 666, sont souvent mises en relief : pour l'exégète gréco-ottoman, Pantazès de Larissa (mort en 1795), 343 ans après la chute de Constantinople soit en
1766... "la gloire de Croissant s'obscurcira". Ce chiffre de la Bête, les Orthodoxes le retrouvent chez leurs ennemis, Latins comme Turcs : la valeur numérique du mot "lateinos" est,
pour Zacharie Gerganos, de 666 comme, pour Pantazès de Larissa, contemporain de Sélim III, qui accorde la même valeur numérique de 666 au nom même du sultan. L'illuminé juif
Shabbataï Zvi bénéficia des inquiétudes apocalyptiques qui agitaient l'Europe chrétienne des années 1666, période où Zvi se trouvait au plus haut de sa popularités. Les
Occidentaux se livrent bien sûr aux mêmes jeux que les sujets chrétiens des sultans : Pour le dominicain Jean de Viterbe (1432-1502), le sultanat turc s'effondrera sous le septième
souverain identifié avec le septième ange porteur de coupe de l'Apocalypse; pour un Prognosticon italien du début du XVI siècle, l'Empire ottoman s'écroulera entre 1534 et 1536;
on y lit que "...la maison ottomane tombera et défaillira en sa 13e, 14e ou 15e tête et ne passera pas au-delà". Au XVIIe siècle, lit-on dans le Dictionnaire de Pierre Bayle, un
vaticinateur que l'on appelait "le Prophète Jean" vint trouver la reine de Pologne "...et essaya de lui prouver par l'Apocalypse que l'Empereur des Turcs devait être détruit sous le
règne de Louis XIII et le pontificat d'Urbain VIII". Un autre question essentielle trop vaste pour être abordée ici autrement que par une brève allusion, est celle
du lien étroit que l'on suppose en monde chrétien entre la chute de l'Empire et la fin du Monde, tradition à laquelle s'en mêle une autre, musulmane celle-là et basée sur des hadith
dits ' utrûkûhum qui font des Turcs le peuple de la fin des temps. La prise de Constantinople par les Turcs devient donc doublement annonciatrice des temps derniers.
A l'inverse, la préservation ou la prolongation de l'Empire retarde la fin du monde. C'est dans cette perspective qu'il faudrait peut-être comprendre les curieuses tentatives
que certains humanistes du quattrocento, comme Pie II ou Georges de Trébizonde, firent pour convertir Mehmed II après la prise de Constantinople : christianiser le nouveau maître
de l'Empire romano-byzantin, c'était prolonger ledit Empire et éloigner la fin des temps. Les spéculations apocalyptiques des Byzantins et des Turcs étaient bien entendu le plus
souvent utilisées pour fustiger le pouvoir réputé injuste de l'adversaire : elles étaient donc armes de controverse religieuse et d'affrontement théologique. Mais l'on sait aussi les
points communs qui liaient en ces matières judaïsme, christianisme et islam. Or cette communauté certaine du patrimoine eschatologique des trois monothéismes, n'échappait pas
toujours aux contemporains et pouvait même parfois devenir le plus petit dénominateur commun qui permettait un dialogue et une conpréhension minimale entre des groupes religieux concurrents.
On a parlé de ces derviches gagnés par le message messianique de Shabattaï Zvi. On pourrait évoquer aussi ces signes messianiques apparus à Salonique au XIe siècle, comme, entre autres,
une vision du prophète Elie à laquelle juifs et chrétiens accordaient entière créance selon les sources du temps, dans cette ville de Salonique où Shabbataï Zvi
recruta d'ailleurs ses plus chauds partisans six siècles plus tard. On peut rappeler le célèbre dialogue que Grégoire Palamas l'un des grands théologiens et mystiques de la fin
de l'époque byzantine mena avec un savant turc probablement disciple du grand mystique et théologien musulman qui influença profondément le monde turco-ottoman, Ibn Arabî
(Michel Balivet, Byzantins et Ottomans, relations, interaction, succession, 1999 - books.google.fr). Pour Zvi cf. quatrain II, 62 - 1676-1677. Pour l'année 1876 cf. quatrain V, 35 - Les Anglais à Chypre. "D'Asie forces" L'Asie-Mineure a été vraiment la force de la monarchie. Aussi longtemps que Byzance posséda les rivages d'Anatolie où elle recrutait le meilleur
de ses équipages ses flottes furent puissantes dans les mers orientales : lorsqu'elle les perdit vers la fin du XIe siècle, ce fut la ruine de cette marine
qui avait été si longtemps, selon le mot d'un écrivain, «la gloire de la Romanie». Aussi longtemps que Byzance fut maîtresse de ces thèmes orientaux où elle
trouvait, avec des soldats robustes, les meilleurs de ses officiers et de ses généraux, son armée y puisa une force singulière. Lorsque à la fin
du XIe siècle les Turcs Seldjoucides, vainqueurs à la journée décisive de Mantzikiert (1071), fondèrent au cœur de l'Anatolie le sultanat de Roum,
ce fut un coup terrible dont jamais l'empire ne se releva. Aussi longtemps que Byzance conserva ces provinces fertiles et riches, pleines de grandes villes
florissantes et de ports fréquentés, elle y trouva sans peine les ressources nécessaires à ses dépenses. Du jour où elle les perdit,
les sources de sa prospérité économique furent taries. À partir de la fin du XIe siècle, l'Asie, dévastée, dépeuplée, épuisée par la guerre, cessa,
même dans les régions qui restèrent ou revinrent temporairement sous l'autorité impériale, d'être une ressource pour Byzance. Les Comnènes sont la dernière
des grandes familles féodales d'Anatolie dont le nom apparaisse dans l'histoire. L'hellénisme dès le XIIIe siècle et encore davantage au XIVe
siècle, est presque partout en Asie Mineure dans une décadence lamentable. Le XIe siècle, qui fut pour les provinces d'Anatolie ce que le XVe
sera pour celles d'Europe, a enlevé à l'empire byzantin le meilleur de sa force militaire et économique
(Charles Diehl, Byzance, grandeur et décadence, 1919 - books.google.fr). Acrostiche : LDDQ, Lyddaque (et Lydda) Nil medicae potuere manus, rex aetheris illum Jam voluit vita floridiore frui. Hesperie vices quos Florida terra superbas Laetaque quot frondes palladis arbor alit. Et quot arenoso ludunt in littore conchae Et placide tenera fronde teguntur aves, Quotquem soporiferos loethea papavera flores Et violas Paphii laeta roseta ferunt, Et quod apes tenerae sicula pascantur in Hybla Lyddaq(ue), quam multis mollis in undat aquis.
(Bartolus Canutius, Juvenilium reliquiæ, et properata laborum interludia, 1615 - books.google.fr). AQUILONIUS (BERTEL KNUDSEN) : Born at Kongsted, in Seeland, Denmark, 7 March, 1588. Travelled abroad, and on his return home was appointed first rector at Malmö, and subsequently parish priest at Löderup. Dead 7 Jan. 1650. Ad poeticam Danicam deductio quæ versus in ea lingua scribi ad Græcos omnes Latinosque demonstret, quæ rhetoricam nos ad cultas omnes gentes, bene
si non supra eas, habere. C. Aq. [Cornelio Aquilonio] editore. 8° Portuæ, 1641.
(Catalogue of the Printed Books in the Library of the Faculty of Advocates, Volume 1,Partie 1, 1867 - books.google.fr,
Han Lamers, Toon Van Hal, Aquilonius on the “Danishness” of Ancient Greek : Serious Argument or Parody ? - books.google.fr). DANEMARC. - Danus, Danois (Wailly). Quelques auteurs danois croient que le nom de leur pays est tiré de celui de DAN, fils de Jacob, dont ils font descendre
leurs rois (Moréri). Chavigny, l'élève de Nostradamus, a dit dans son livre des Pleiades : l'Antechrist doit naistre de la tribu de Dan. [...]
Malvenda, théologien espagnol, a donné un long et savant ouvrage sur l'Antechrist... L'auteur prétend qu'il sera juif et de la tribu de Dan; et il se fonde
sur l'autorité des Pères, et sur le y 17 du chap. 49 de la Genèse, où Jacob mourant dit à ses fils: DAN est un serpent dans le chemin, et un céraste dans le sentier;
et sur le chap, 8, v 16 de Jérémie, où il est dit que les armées de DAN dévoreront la terre
(Henri Torné-Chavigny,L'histoire prédite et jugée par Nostradamus: texte de l'édition de 1566, à Lyon, par Pierre Rigaud, 1860 - books.google.fr). La multitude des qualificatifs associés à Hybla suggère une myriade d'Ible existant sur le sol sicilien, en réalité tous ces noms se réfèrent
à trois, peut-être quatre, Ible distincts, et presque tous d'origine sicilienne. Les écrivains les plus anciens de l'histoire de la Sicile ont parfois contribué à accroître la confusion
existante sur l'Ible, citant parfois l'un au lieu de l'autre, ou omettant le surnom qui les distinguait. Pensez simplement au "miel sucré d'Ibleo", qui a été attribué à pratiquement tous les Iblei.
(www.lasiciliainrete.it). Ragusa est l'ancienne Hybla Minor suivant Cluvier; d'autres la placent à Butera
(Annales des voyages, de la géographie, de l'histoire et de l'archéologie, Tome 7, 1867 - books.google.fr). Philip Cluwer (Clüver, Cluvier ou Cluverius, né en 1580 à Dantzig et mort le 31 décembre 1622 à Leyde) est un géographe et historien allemand
(fr.wikipedia.org - Philip Cluwer). Cluvier penche pour Megara en ce qui concerne le miel d'Hybla, aussi bon que celui de l'Hymette
(Philippi Cluveri Sicilia antiqua ; cum minoribus insulis, ei adjacentibus. Item, Sardinia et Corsica, 1619 - books.google.fr). Raguse est une ville italienne, chef-lieu de la province du même nom dans le sud-est de la Sicile. La ville est divisée en deux parties : la ville haute Ragusa Nuova et une ville basse, plus ancienne, Ragusa Ibla. Saint Georges est le premier patron de la ville, lié à Ragusa Ibla, alors que Saint Jean le Baptiste a été élu patron de la ville haute Les Jardins Hybléen (Giardino Ibleo), à l'extrémité orientale de la ville, dominent la vallée. À proximité immédiate des jardins, subsiste un des derniers vestiges visibles de la ville médiévale.
Il s'agit du portail de San Giorgio Vecchio, de style gothique, datant de la deuxième moitié du XVe siècle, et dernier témoin de cette église détruite par le tremblement de terre de 1693
(fr.wikipedia.org - Raguse (Italie)). Les Siciliens craignent l'ambition des Tunisiens de s'emparer de l'île. Un miracle marque la bataille de Cérami en 1063, l'apparition d'une chevalier
blanc, identifié à saint Georges, et directement inspiré du récit biblique des Macchabées. La bataille gagnée, le pape Alexandre II accorde aux combattants
l'absolution plénière des pêchés, c'est-à-dire l'indulgence qui sera celle de la Croisade, et leur adresse une bannière marquée de la croix.
La Sicile a donc baigné, pour peu de temps, il est vrai, dans un esprit de pré-Croisade
(Henri Bresc, La Sicile, de la pré-croisade à la monarchie œcuménique (1060-1190), Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, Numéro 35, 2004 - books.google.fr). Au XIe siècle, ainsi que l'indiquent la Chroniquon andegavense et d'autres historiens, Geoffroy Martel, après avoir chassé les Sarrazins de la
Sicile, s'était rendu à Constantinople, où, en récompense de ses services, il reçut de l'empereur grec différents présents, parmi lesquels se trouvaient
la Sainte-Larme et un fragment de bras de saint Georges. Il déposa la relique de saint Georges dans la chapelle du château, bâtie sous le vocable de ce saint et
gratifia de la Sainte-Larme l'abbaye de La Trinité qu'il venait de fonder
(M. Haugou, Société française pour la conservation des monuments historiques, Tome 39, 1873 - books.google.fr). Quant à la figure de saint Jacques Matamoros, elle est mentionnée à 13 reprises. Saint Jacques chevalier est, tout comme l'évangélisateur,
présent sur à peu près tout le territoire (fig. 3, p. 129) : les régions du Nord, la Castille et le Léon, l'Estrémadure, l'Andalousie. On peut peut-être,
avec quelques réserves, distinguer l'Aragon, où dans trois cas sur quatre saint Jacques Matamoros n'est pas évoqué, laissant place à son concurrent saint Georges,
le patron local. […] Tel est le cas dans les chroniques de Huesca, Valence et Aragon. En effet, saint Georges se distingue lui aussi
par ses activités belliqueuses : outre son célèbre combat contre le dragon, il est connu pour avoir aidé les troupes chrétiennes contre les musulmans lors de diverses batailles
à Barcelone (fin Xe siècle), Huesca (1096), Majorque (1229), Valence (1238) et Alcoy (1275)
(Lidwine Linares, Territoire et représentations, L'imaginaire du territoire en Espagne et au Portugal, XVIe-XVIIe siècles, 2008 - books.google.fr). Au XIIIe siècle, antérieurement à la Légende dorée, le patronage martial de saint Georges fut introduit par les Chroniques catalanes (Jean de la Penya,
Ramon Muntaner, Pere III). Dans la Chronique du roi Jacques d'Aragon (Jaume Ier), Ramon Muntaner affirme que : «Selon ce que les Sarrasins nous contèrent,
ils dirent qu'ils avaient vu entrer un chevalier blanc avec des armes blanches; et il nous plait de croire qu'il s'agissait bien de saint Georges, car dans
diverses histoires, on trouve que dans d'autres batailles, les chrétiens et les Sarrasins l'ont aussi bien vu apparaître à de nombreuses reprises.»
L'impact culturel et cultuel de saint Georges (Sant Jordi) sur les rois conquérants de Catalogne fut considérable, et l'une des premières confréries
militaires lui fut dédiée au XIIIe siècle à Sant Jordi d'Alfama par Pierre III le Catholique, héros martial dont les exploits sont relatés par la Chronique
de Fra Salimbene de Parme. Peu après, suivirent celles de Santa Maria de Montesa, et Sant Jordi de Terol, et leur principal artisan fut le roi d'Aragon Pierre IV,
dit le Cérémonieux. Lui-même et d'autres monarques œuvrèrent «de manière quasi-obsessionnelle» pour la translation des reliques du saint en Catalogne,
et notamment la «Tête de saint Georges» (Cap de Sant Jordi), qui était conservée au monastère de Livadia en Grèce, le reste du corps se trouvant alors à Antioche,
en Turquie Séleucide. Dans un esprit de Reconquête (Reconquesta), ces Chroniques et récits semi-légendaires inscrivent l'histoire de saint Georges dans la Légende
historiée des rois et héros catalans; et le saint sauroctone y trouve même une place de choix, puisque Pierre III d'Aragon (Pere III d'Aragó) aurait lui-même affronté
un dragon (Drac) au lieu-dit Clot dels Estanyols, sous le mont Canigou
(Jean-Louis Olive : L'étrange cas de saint Georges en Catalogne , vieux laboureur ou jeune cavalier ?, Cahiers internationaux de symbolisme, Numéros 1-88, 1997 - books.google.fr). Lydda : Sonat stagnum (lac); aquarum scilicet
(Franciscus Petrus, Polygraphia sacra, Tome 2, 1724 - books.google.fr,
Jerónimo Lloret, Sylva seu potius hortus floridus allegoriarum totius S. Scripturae, 1612 - books.google.fr). Selon la carte de Madaba, Lydda (Lod, Lydéa, Diospolis) se trouvait primitivement dans la tribu de Dan qui occupa peu son territoire,
celui-ci étant envahi par celles d'Ephraïm et de Juda
(Germer-Durand, La carte de Madaba, Cosmos revue des sciences et de leurs applications, Tome 36, 1897 - books.google.fr,
Marie Nicolas Bouillet, Atlas universel d'histoire et de géographie, 1872 - books.google.fr). Adrichomius, Roger, etc., placent Joppé sous la tribu de Dan. Les Grecs étendirent leurs fables jusqu'à ces rivages. Ils disaient que Joppé tirait son nom d'une fille d'Éole.
Ils plaçaient dans le voisinage de cette ville l'aventure de Persée et d'Andromède. Scaurus, selon Pline, apporta de Joppé à Rome les os du monstre marin suscité par Neptune.
Pausanias prétend qu'on voyait près de Joppé une fontaine où Persée lava le sang dont le monstre l'avait couvert; d'où il arriva que l'eau de cette fontaine demeura teinte d'une couleur rouge.
Enfin saint Jérôme raconte que, de son temps, on montrait encore à Joppé le rocher et l'anneau auxquels Andromède fut attachée
(François-René de Chateaubriand, Itinéraire de Paris à Jérusalem et de Jérusalem à Paris, 1867 - gallica.bnf.fr). Il est dit autrement qu'elle était de la tribu de Benjamin ou celle d'Ephraïm
(La Sainte Bible selon la Vulgate, traduite en français, avec des notes, 1893 - books.google.fr,
Adrien de Longpérier, Antiquites grecques, romaines et gauloises, Tome 2, 1ere partie, 1883 - books.google.fr). Guillaume de la Tour d'Olièrgues, mort le 20 mars 1470, est un ecclésiastique français, évêque de Rodez (1429-1457). Il résigna son évêché, fut nommé évêque de Lydda en Palestine en 1456,
puis patriarche d'Antioche par Calixte III
(Emile Méjane, Le château de Muret, Revue du Rouergue, Tome 19, 1965 - books.google.fr,
fr.wikipedia.org - Guillaume de La Tour d'Oliergues). Le pape Calixte III était très en faveur de Guillaume d'Olièrgues
(Louis Paris, Le cabinet historique, Tome 17, 1871 - books.google.fr). Dans le Rouergue occidental des années 1450-1470 circulent en effet deux versions différentes du Karolus. Le texte connu depuis Noël Valois est contenu dans les actes un procès Inquisition qui eut lieu Rodez en 1467. Le comte Armagnac Jean IV et son confesseur franciscain Etienne de Gan avaient soutenu le schisme en 1430 avant de s'en détacher à regret. Mais Benoît XIV garda des partisans qui se réconfortaient, comme l'indique leur interrogatoire, avec des croyances millénaristes La plupart des Karolus sont écrits à la louange d'un roi Charles nouvellement arrivé au trône auquel on prédit les victoires qui précéderont son accession à l'empire universel liée à la réussite de la croisade en Terre sainte. Ce sont des textes officiels ou en tout cas des panégyriques encouragés par la royauté quand elle ne les émettait pas elle-même. L'exaltation d'un Charles fils de Charles a servi les prétentions françaises la monarchie universelle pendant plusieurs siècles du XIVe à la fin du XVIIe siècle (Colette Beaune, Nicole Lemaître, Prophétie et politique dans la France du Midi au XVe siècle. In: Mélanges de l'Ecole française de Rome. Moyen-Age, tome 102, n°2. 1990. Les textes prophétiques et la prophétie en Occident (XII-XVI siècle) pp. 597-616. - www.persee.fr). Le texte de Maleville été conservé dans le formulaire en langue d'oc un notaire dont les registres ont été déposés aux archives départementales de Aveyron. Le texte parle de l'Antéchrist qui naîtra en 1460 ou 1461 que Karolus remplacera. Cf. quatrain IV, 86 - Karolus - 1841-1842. Pour Rodez cf. quatrain IV, 44 - Concile de Paris - 1811. Une tradition, attribuée à Mahomet par d'anciens commentateurs du Coran, dit que Jésus tuera l'Antechrist sur la porte de Lydda, ou même sur la porte de
l'église de Lydda. L'Antechrist, appelé par les musulmans Dadjdjál, est décrit comme un monstre et appelé la bête de la terre. Ce hadith bizarre a incontestablement
pour origine l'interprétation, plus ou moins arbitraire, d'un bas-relief du portail de la basilique où était figuré le combat de saint Georges. En effet, l'on ajoute,
en même temps, que Jésus tuera aussi le sanglier, et l'on place quelquefois le lieu de cet évènement sur l'une des portes de Jérusalem; or l'on connaît par l'histoire
l'existence d'un bas-relief, représentant le sanglier de la Xe légion, qui était encastré au-dessus de la porte d'Aelia Capitolina
(Conder, Kitchener, The survey of Western Palestine, Tome 2, 1882 - books.google.fr). Typologie Le report de 1815 sur la date pivot 1455 donne 1095. L'empereur de Constantinople, Alexis, s'était adressé aux princes de l'Occident et avait imploré leur secours contre les Turcs, qui étendaient leurs
conquêtes dans l'Asie-Mineure. Pendant que Pierre d'Amiens prêchait la guerre sainte en Europe, Alexis envoya au pape des ambassadeurs pour solliciter l'intervention
des Latins, et Urbain, pour répondre aux prières d'Alexis et aux vœux des fidèles, convoqua un concile à Plaisance (1095). Plus de deux cents évêques et archevêques, 4,000
ecclésiastiques et au-delà de 30,000 laïques se rendirent à l'invitation du Souverain-Pontife. La réunion fut si nombreuse qu'on fut obligé de s'assembler dans une plaine
voisine de la ville. Ce concile cependant ne prit aucune résolution touchant la guerre sainte, et Urbain convoqua, pour le mois de novembre de la même année, un second concile
à Clermont en Auvergne. Cette assemblée fut si nombreuse que la ville de Clermont ne put recevoir dans ses murs tous les princes, ambassadeurs et prélats, de sorte que les villes
et les villages des environs se trouvèrent remplis d'étrangers. Après avoir renouvelé la trève de Dieu et porté son attention sur la réforme du clergé, le concile s'occupa,
dans sa dixième séance, de la guerre sainte
(Johann Schoetter, Cours d'histoire universelle : Histoire du moyen-âge, Tome 2, 1874 - books.google.fr). Après Napoléon Les Etats-Unis (« les Hesperies » : pays du soleil couchant, à l’ouest) furent en guerre contre l’Angleterre de 1812 à 1814. Le sentiment national des Américains en fut fortifié et l’industrie de la nouvelle nation lui doit son essor. L’accroissement territorial, commencé par l’achat de la Louisiane à la France en 1803 et celui de la Floride à l’Espagne en 1819, se terminera en 1848 avec la guerre contre le Mexique (1846-1848) qui donne aux Etats-Unis la Californie et le Nouveau Mexique. Nous savons ce qu’ils deviendront par la suite : la première puissance mondiale (« De ciel et terre tenir la monarchie »). Cependant, sur le continent européen, Alexandre Ier de Russie (« D’Asie forces ») s’impose en 1814 « comme le chef de la coalition victorieuse, le maître des destinées de la France et de l’Europe[1] ». Dans sa somme d'histoire comparée des empires, Dominic Lieven a, entre autres, mis en parallèle l'Empire romain byzantin et l'Empire soviétique, qui ont en
commun une puissance et un territoire immenses et s'appuient sur un ensemble de croyances constituant une religion prétendument universelle. L'émergence de pôles
communistes concurrents, comme la Chine après 1963, peut être comparée à l'apparition de centres rivaux à Byzance qui trouvent leur légitimité dans une interprétation différente du dogme
(Andreï Kozovoï, La Chute de l'Union soviétique 1982-1991, 2023 - books.google.fr). Le déclin de la Russie s’amorcera avec l’accession au pouvoir de Mikhaël Gorbatchev qui est bien le septième dirigeant de l’Union soviétique après Lénine, Staline, Kroutchev, Brejnev, Andropov et Tchernenko. Les seuls véritables dirigeants effectifs de l'Union soviétique, dirigeants du Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS) sont : 1 - Vladimir Ilitch Oulianov (Lénine) (8 novembre 1917 - 3 avril 1922, soit 4 ans, 4 mois et 26 jours) : dirigeant de fait des bolcheviks tout en étant chef du gouvernement. 2 - Joseph Vissarionovitch Djougachvili (Staline) (3 avril 1922 - 16 octobre 1952[1], soit 30 ans, 6 mois et 13 jours) : Secrétaire général du Comité central du Parti communiste (ou bolchévique) de toute l'Union puis Secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique. 3 - Nikita Khrouchtchev (7 septembre 1953 - 14 octobre 1964, soit 11 ans, 1 mois et 7 jours) : Premier Secrétaire du Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique. 4 - Léonid Brejnev (14 octobre 1964 - 10 novembre 1982, soit 18 ans et 27 jours) : d'abord Premier Secrétaire du Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique puis Secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique. 5 - Iouri Andropov (12 novembre 1982 - 9 février 1984, soit 1 an, 3 mois et 28 jours) : Secrétaire général du Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique. 6 - Konstantin Tchernenko (13 février 1984 - 10 mars 1985, soit 1 an et 25 jours) : Secrétaire général du Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique. 7 - Mikhaïl Gorbatchev (11 mars 1985 - 24 août 1991, soit 6 ans, 5 mois et 13 jours) : Secrétaire général du Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique. - Vladimir Ivachko (24 août 1991 - 29 août 1991) : il assure l'intérim après la démission de Mikhaïl Gorbatchev du secrétariat général jusqu'à la suspension du PCUS par le Soviet suprême.
(fr.wikipedia.org - Liste des dirigeants de l'Union soviétique). [1] A. Malet et J. Isaac, « Révolution, Empire, 1ère moitié du XIXème siècle », Hachette, 1929, p. 383 |