Reconnaissance de l’église arménienne par Mahmoud II

Reconnaissance de l’église arménienne par Mahmoud II

 

IV, 71

 

1830-1831

 

En lieu d'espouse les filles trucidees,

Meurtre Ă  grand faute ne sera superstile,

Dedans le puits vestules inondees,

L'espouse estainte pur hauste d'Aconile.

 

"vestules"

 

MĂ©lange de vestales et de vetula (vieille) (Florent Arnaud, Le Grand Livre de l'Histoire du Monde des Hommes. Tome IV, 2010 - books.google.fr).

 

Sept vieilles vierges noyées

 

C'est saint Nil ("Aconile" : aco - Nil ?) qui raconte le martyr de sept vierges septuagénaires condamnées à être noyées pour avoir refusé de sacrifier aux dieux à Ancyre en Galatie (Oeuvres completes de Voltaire avec des notes et une notice sur la vie de Voltaire: Dictionnaire philosophique. 2, Volume 8, 1875 - books.google.fr).

 

Saint Nil, sa femme vertueuse et son fils

 

Saint Nil du Sinaï ou Nil d'Ancyre est un moine et écrivain religieux grec qui a vécu à la fin du IVe et au début du Ve siècle, disciple de saint Jean Chrysostome. Canonisé, il est fêté le 12 novembre dans l'Église orthodoxe.

 

Né à Ancyre, il fut d'abord haut fonctionnaire à Constantinople. Il était marié et avait deux fils. Il fut converti par Jean Chrysostome quand celui-ci devint patriarche de Constantinople (397). Sa femme et lui s'entendirent pour se séparer et entrer en religion : lui-même et son fils Théodule se retirèrent comme anachorètes sur le mont Sinaï ; sa femme et son autre fils devinrent aussi religieux en Égypte. Quelque temps plus tard, Théodule fut enlevé par des nomades, qui voulurent d'abord le sacrifier à leurs dieux, mais finalement le vendirent comme esclave ; Nil partit à sa recherche. Il le retrouva devenu bedeau de la cathédrale d'Élusa, en Palestine. L'évêque de la ville procéda à l'ordination du père et du fils et leur permit de retourner sur le Sinaï. Il faut toutefois préciser que l'authenticité du texte légué par la tradition comme l'autobiographie de Nil, avec son caractère passablement romanesque, est aujourd'hui fortement mise en doute. Nil mourut à une date incertaine après 430.

 

Nil est un écrivain religieux important, très connu et influent de son temps. Son œuvre consiste en dix-neuf traités ascétiques, des commentaires de textes bibliques, et des lettres (plus de mille) adressées à divers contemporains, par lesquelles il intervint dans les querelles religieuses de l'époque et prodigua ses conseils à d'importantes personnalités. De ses écrits fut tiré plus tard un recueil de maximes ascétiques (environ deux cents).

 

Les traités ascétiques furent d'abord partiellement édités par Pierre Poussines (Paris, 1639), collection complétée par Joseph Marie de Suarès (Rome, 1673). 355 lettres furent publiées (grec-latin) par Poussines (Paris, 1657), nombre porté à 1061, divisées en quatre livres, par Léon Allatius (Rome, 1668). Ces éditions sont reprises dans le volume 79 de la Patrologia Graeca de l'abbé Migne (1860) (fr.wikipedia.org - Nil du Sinaï).

 

On peut envisager que sa femme est morte saintement dans son monastère égyptien.

 

Nil a écrit un commentaire sur le Cantique des cantiques (Marie-Gabrielle Guérard, Commentaire sur le Cantique des cantiques de Nil d'Ancyre: édition princeps, Tome 1, 1994 - books.google.fr).

 

L'interprétation du Cantique comme un itinéraire de purification de l'âme identifiée à une femme prostituée et idolâtre est aussi au cœur d'autres exégèses médiévales, et tout particulièrement de celle de Nil d'Ancyre qui fait ainsi parler la «nigra sedpulchra» de Cant. 1,4 : «Car même s'il vous semble que je suis noire maintenant parce que je porte quelques signes de ma première condition et que j'ai, survolant mon apparence, une sorte de brouillard, comme celui qui vient du graillon des idoles, sachez pourtant que comme dans une tente, sous ma peau d'éthiopienne, a été révélée une extraordinaire beauté qui resplendira dans le bain nuptial» (Nil d'Ancyre, Commentaire sur le Cantique des Cantiques, Paris, Cerf, 1994, p. 153) (Angela Guidi, Amour et Sagesse. Les Dialogues d’amour de Juda Abravanel dans la tradition salomonienne, 2011 - books.google.fr).

 

Aconile : « Akoè Â» - Nile ?

 

akoè (grec) : oreille, écoute, obéissance, réputation (M. Court de Gebelin, Dictionnaire Étymologique De Langue Grecque, 1782 - books.google.fr).

 

L'opposition de la foi et des œuvres qui a dominé l'interprétation de la doctrine paulinienne a contribué à présenter la foi comme une adhésion à une idée. Or, pour Paul, l'intelligence de la foi au Christ se reçoit de l'accueil d'une puissance dont l'équivalent est le précepte divin, qui réclame l'adhésion. C'est l'écoute de la Loi au Sinaï qui avait stimulé sa mise en œuvre et c'est la puissance de la Loi qui, chez tout zélé de la Loi, en stimule la mise en pratique. Paul oppose donc principalement une mise en œuvre pure, exempte de toute disposition de foi, telle qu'elle se présente chez les chrétiens se soumettant idéologiquement à la Loi et une mise en pratique qui procède d'une réception de foi, une évidence pour un pharisien qui a éprouvé le zèle pour la Loi de Dieu. Les Galates, ces chrétiens d'origine païenne, devront être enseignés sur la nature de l'adhésion à la Parole de Dieu qui se distingue de la conformation à des règles extérieures.

 

L'argumentation développée au ch. 3 de l’épître aux Galates établit ainsi un parallèle entre la réception de la Loi et la prédication de l'évangile du Christ qui ressort clairement dans les premiers versets. La foi en la prédication du Christ crucifié qui procure l'Esprit se conçoit chez Paul en parallèle à la pratique de la Loi qui stimule la vie. Le discours de Paul se perçoit mieux sur l'arrière fond de la puissance de la parole prescriptive de Dieu qui appelle l'adhésion de l'homme et prend résolument le nom de foi. Le parallèle entre la Loi et la foi apparaît à deux reprises -) «Est-ce par les œuvres de la Loi que vous avez reçu l'Esprit ou est-ce par l'écoute de la foi ?» (v. 2b) -) «Celui donc qui vous prodigue l'Esprit et opère parmi vous des miracles, le fait-il par les œuvres de la Loi ou par l'écoute de la foi ?» (v. 5). L'expression "ex ergôn nomou è ex akoès pisteôs" est redoublée. Ici l'écoute de la foi s'oppose aux œuvres de la Loi, cette pratique vécue sans l'adhésion intime aux préceptes en tant que reçus de la bouche de Dieu et qui s'érige en œuvre humaine. Si l'écoute du précepte gouvernait l'économie de l'Alliance Sinaïtique c'est l'écoute de la foi qui ordonne la Nouvelle Alliance dans le Christ. Les deux économies fonctionnent dans l'esprit de Paul de la même façon. La mise en pratique authentique des préceptes de la Loi suscite un zèle pour Dieu tandis que l'accueil de la parole de la Croix communique l'Esprit.

 

Légasse observe ici : «Il n'y a pas correspondance entre les deux mots du binôme erga nomou / akoè pisteos. S'il est vrai qu'erga et akoè représentent une donnée objective offerte à l'homme, pisteôs n'est pas le pendant de nomou ; c'est erga noumou, en bloc, qui correspond à akoè» (Galates, op. cit., p. 210 note 1). Il ne justifie pas son assertion mais l'observation est importante pour ne pas opposer la Loi des œuvres avec la avec la foi de l'écoute. Le parallélisme - antithétique - s'inscrit en effet davantage entre les œuvres et l'écoute. La remarque permet de mettre en exergue la primauté de l'écoute qui fait défaut dans la manière dont les Galates ont de se reporter à la Loi (Jean-Eudes Renault, La Loi et la Croix: L'écriture de la Croix dans l'écriture de la Loi, 2009 - books.google.fr, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles, Tome quatorzieme, qui compred les histoires de Saint Paulin, de S. Celestin Pape, de Cassien, de S. Cyrille d'Alexandrie, & du Nestorianisme, 1732 - books.google.fr).

 

Fadaises

 

Voltaire ne croit pas aux légendes des vierges martyres, condamnées au viol, bien que septuagénaires, raconté par saint Nil qui en dit être le témoin.

 

Selon Derrida, Socrate délègue en effet la question de la moralité de l'écriture à une akoè, un ouï dire, un bruit qui court, venu des Anciens, autrement dit une fable «récitée» que Socrate oppose au logos et au savoir dialectique qu'on puise en soi-même, ce qui revient à dire que l'origine de l'écriture se perd dans le mythe (Christine Chollier, Anne-Elisabeth Halpern, Alain Trouvé, Du jeu dans la théorie de la lecture, 2020 - books.google.fr).

 

"filles trucidées"

 

Les fondations de Tarse, Alexandrie et Ancyre sont ainsi marquées par le sacrifice d'une jeune fille dont il n'est pas précisé qu'elle soit devenue la Tychè de la ville. Ces apparentes irrégularités sont peut-être dues au caractère abrégé du texte dont nous disposons (Recherches sur la chronique de Jean Malalas, Volume 2, 2004 - books.google.fr).

 

Sur dix sacrifices humains, six, selon la Chronique de Jean Malala, auraient été accomplis par Alexandre, Séleucus, Auguste et Tibère (Celle de Macédonia par Alexandre, d'Aimathè et d'Agavè par Séleucus, de Grégoria par Auguste, d'Antigonia par Tibère et de Calliopè par Trajan), soit pour protéger une cité contre d'éventuels séismes à l'occasion de sa fondation, ou de la construction de remparts et d'édifices publics, soit pour la purifier, à la suite d'un tremblement de terre et prévenir de nouvelles secousses.

 

Auguste fonde Ancyre en Galatie sur l'emplacement d'Arinè et immole, pour purifier le site, une vierge à laquelle il donne le nom de Gregoria.

 

Séleucus, à l'occasion du tracé des murailles d'Antioche, fait immoler par le prêtre Amphion une vierge nommée Aimathè et lui érige une statue de bronze (Etienne Decrept, La persécution oubliée des chrétiens d'Antioche, Revue d'études augustiniennes et patristiques, Volumes 52 à 53, 2006 - books.google.fr, The Chronicle of John Malalas, traduit par Elizabeth Jeffreys, Michael Jeffreys, Roger Scott, 2017 - books.google.fr).

 

Epouse et fondation

 

Alexandre et ses successeurs ont crĂ©Ă© de nombreux Ă©tablissements aux fins les plus diverses : colonies de vĂ©tĂ©rans grecs ou macĂ©doniens, souvent situĂ©es Ă  des emplacements stratĂ©giques, agglomĂ©rations indigènes hellĂ©nisĂ©es, villes nouvelles jumelant d'anciennes capitales, dont l'Ă©ponyme Ă©tait le fondateur ou son Ă©pouse (Alexandrie, Antioche, Dèmètrias, PtolĂ©maĂŻs, SĂ©leucie, ApamĂ©e, ArsinoĂ©, BĂ©rĂ©nikè, LaodicĂ©e) (Dictionnaire de la Bible, Tome 10, 1981 - books.google.fr).

 

"superstile" : super stilo ?

 

Le latin classique n'a pas de terme simple pour exprimer l'idée de meurtre (Manuel des antiquités romaines: Le droit pénal romain, traduit par Gustave Amédée Humbert, 1907 - books.google.fr).

 

Alors que le mot meurtre désigne aujourd'hui tous les homicides volontaires, l'ancien droit réservait ce terme aux seuls homicides prémédités, appelés assassinats en droit actuel. Plus précisément, le meurtre supposait une préparation ou une organisation préalable, comme le guet-apens ou l'empoisonnement, d'où la formule de Beaumanoir : «Nul meurtre n'est sans trahison». L'intérêt de la distinction l'homicide simple et le meurtre résidait dans le mode d'exécution de la peine de mort, de toute façon applicable dans les deux cas : la plupart des coutumes prévoyaient que l'homicide simple serait pendu serait d'abord «traîné» à travers la ville avant d'être pendu. Au XVIIIe siècle on constate une évolution du vocabulaire : le mot meurtre perd son sens médiéval et tend vers sa signification actuelle de simple homicide volontaire. Au-delà de ces fluctuations sémantiques, la distinction fondamentale oppose l'homicide simple aux homicides aggravés (Chantal Ausseur-Dolléans, Guide de la protection des espaces naturels et urbains, 1991 - books.google.fr).

 

Le roi «potest dispensare super stilo qui est de jure positivo». C'est ce pouvoir du roi de dispenser des règles rigoureuses de la jurisprudence (Katia Weidenfeld, Les origines médiévales du contentieux administratif: (XIVe-XVe siècles), 2001 - books.google.fr, Sophie Petit-Renaud, "Faire loy" au royaume de France de Philippe VI à Charles V (1328-1380), 2001 - books.google.fr).

 

Auguste aurait pratiqué ce sacrifice de Gregoria en toute impunité. Mais le "ne" de "ne sera superstile" indique le contraire.

 

Apocalypse 6,15-17 : Les Rois de la terre, les Princes, les Officiers de guerre, les riches, les puissans, & tout homme esclave ou libre, se cacherent dans les cavernes & dans les rochers des montagnes. Et ils dirent aux montagnes & aux rochers : Tombez sur nous, & cachez-nous de la face de celui qui est assis sur le Thrône, & de la colère de l'Agneau. Parce que le grand jour de leur colère est venu & qui pourra subsister ?

 

Ces paroles sont prises d'OsĂ©e 10,8. Jesus-Christ les applique Ă  la dĂ©solation envoyĂ©e aux Juifs pour venger sa Passion. Rien n'empĂŞche qu'elles ne soient aussi appliquĂ©es en cet endroit Ă  la chute de l'Empire Romain, en punition de la mort des Martyrs ; ni qu'elles ne puissent ausi s'appliquer au Jugement dernier (Isaac-Louis Le Maistre de Sacy, La sainte Bible en latin et en françois, avec des note littĂ©rales pour l'intelligence des endroits les plus difficiles; et la concorde des quatre evangelistes, Tome 3, 1717 - books.google.fr).

 

Ancyre

 

Ancyre est devenue en 25 av. J.-C. la capitale de la nouvelle province romaine de Galatie. Dans les années qui suivirent, on y édifia le temple d'Auguste et de Rome1. Après la conquête turque, le temple fut converti en mosquée. L'inscription a été découverte en 1555 par Ogier Ghislain de Busbecq, ambassadeur de l'empereur Ferdinand Ier de Habsbourg à Constantinople, qui la fit connaître en Occident par ses Lettres turques, ouvrage dans lequel il publie une partie de ses lectures de l'inscription (fr.wikipedia.org - Monument d'Ancyre).

 

Bajazet Ier, sultan ottoman, est défait par Tamerlan près d'Ancyre en 1402 (Paul Alexandre Dulard, La Grandeur de Dieu dans les merveilles de la nature: poëme, 1767 - books.google.fr).

 

Cf. quatrain VII, 13.

 

"puits" : le puits des sept

 

Les sept vieilles vierges d'Ancyre - Tecusa, Alexandra, Claudia, Phaina, Euphrasia, Matrona, et Julia - sont jetées dans un étang ("in paludem") et non dans un puits (Acta sanctorum quotquot toto orbe coluntur: Maius, Tome 16, 1866 - books.google.fr).

 

Comment trouver une explication de ce mot impropre qui invaliderait l'interprétation ?

 

Or Dieu visita Sara, comme il l'avait promis, et elle enfanta un fils dans sa vieillesse, dans le temps que Dieu avait prĂ©dit; et Abraham nomma ce fils Isaac et il le circoncit le huitième jour, comme Dieu l'avait ordonnĂ© ; et il avait alors cent ans. L'enfant prit sa croissance, et il fut sevrĂ© ; mais Sara voyant le fils d'Agar l'Egyptienne IsmaĂ«l jouer avec son fils Isaac, elle dit Ă  Abraham : Chassez-moi cette servante avec son fils ; car le fils de cette servante n'hĂ©ritera point avec mon fils Isaac. Et Abraham, ayant consultĂ© Dieu, se leva du matin, et prenant du pain et une outre d'eau, les mit sur l'Ă©paule d'Agar, et la renvoya ainsi elle et son fils, et Agar s'en alla errante dans le dĂ©sert de BersabĂ©e; et l'eau ayant manquĂ© dans son outre, elle laissa son fils couchĂ© sous un arbre : elle s'Ă©loigna de lui d'un trait d'arc, et s'assit en le regardant, et en pleurant, et en disant : Je ne verrai point mourir mon enfant... Dieu Ă©couta la voix de l'enfant, L'ange de Dieu appela Agar du haut du ciel, et lui dit : Agar, que fais-tu lĂ  ? Ne crains rien ; car Dieu a entendu la voix de l'enfant : lève-toi, prends le petit par la main, car j'en ferai une grande nation. Et Dieu ouvrit les yeux d'Agar, laquelle ayant vu un puits d'eau, remplit sa cruche, et donna Ă  boire Ă  l'enfant, et Dieu fut avec lui. Il devint grand, demeura dans le dĂ©sert ; il fut un grand archer, et il habita le dĂ©sert de Pharan, et sa mère lui donna une femme d'Egypte (La bible expliquĂ©e, Oeuvres complètes de Voltaire, Tome 4, 1868 - books.google.fr).

 

Remarquez que le mot «puits» est rĂ©pĂ©tĂ© sept fois dans ce chapitre XXIX de la Genèse, pour faire allusion aux sept femmes avec lesquelles Jacob avait vĂ©cu. C'est pour cette raison que ce puits est appelĂ© «BersabĂ©e» qui signifie «le puits des sept». Voici les sept rĂ©pĂ©titions du mot «puits» : «Et il vit un puits dans un champ, etc. (Gen. XXIX,2)» ; «Car c'Ă©tait Ă  ce puits qu'on abreuvait les troupeaux...(Gen. XXIX,2)» ; «Et l'entrĂ©e du puits Ă©tait fermĂ©e par une grande pierre (Gen. XXIX,3)» ; «Et on remettait la pierre sur l'ouverture du puits(Gen. XXIX,3)»; «Et on levait la pierre du puits (Gen. XXIX,3)» ; «Et il Ă´ta la pierre qui fermait le puits (Gen. XXIX,10)» ; «...Et que nous ayons Ă´tĂ© la pierre de dessus le puits (Gen. XXIX,8)». En tout sept fois.

 

Pour MoĂŻse, le mot «puits» n'est mentionnĂ© qu'une seule fois dans le verset suivant : «Et il se retira au pays de Madian, oĂą il s'assit près d'un puits.» La raison de cette diffĂ©rence entre Jacob et MoĂŻse est celle-ci : le dernier ne cohabitait pas avec sa femme dans ce bas monde, alors que le premier n'a jamais cessĂ© les relations conjugales avec ses femmes. Le verset : «Une seule est ma colombe et ma parfaite amie ; elle est unique Ă  sa mère» s'applique Ă  MoĂŻse, qui n'avait qu'une seule Ă©pouse. C'est en raison de ce qui prĂ©cède que MoĂŻse est montĂ© Ă  un degrĂ© supĂ©rieur Ă  celui de Jacob et qu'il est considĂ©rĂ© en haut comme le maitre de cĂ©ans. C'est pour la mĂŞme raison que pour MoĂŻse, l'Écriture dit : «...OĂą il s'assit près d'un puits», alors que, pour Jacob, l'Écriture dit : «Et il vit un puits dans un champ» : le premier Ă©tait tout près du «puits», alors que le second ne l'a vu que de loin (Sepher ha-Zohar (Le livre de la splendeur): doctrine Ă©sotĂ©rique des IsraĂ©lites, Tome 2, traduit par Jean de Pavly, 1906 - books.google.fr).

 

C'est par l'allĂ©gorie que les Pères ont rĂ©alisĂ© cette relecture de tout l'Ancien Testament Ă  la lumière du Nouveau, et du Nouveau Testament Ă  la lumière du prĂ©sent et du futur de la vie des croyants. Étymologiquement, allĂ©goriser signifie parler en d'autres termes que les termes propres. Il s'agit d'un transport de la signification, en passant du sens premier des termes Ă  un autre sens, supposĂ© cachĂ© sous le sens littĂ©ral. La dĂ©marche Ă©tait connue des anciens, dans la lecture allĂ©gorisante des poèmes homĂ©riques, ou l'exĂ©gèse du Juif Philon d'Alexandrie. Quel est le principe qui va guider l'exĂ©gète chrĂ©tien dans cette transposition et la faire Ă©chapper Ă  l'arbitraire ? Saint Paul en rend compte dans le seul texte du Nouveau Testament oĂą se rencontre l'expression «allĂ©goriser» : en Galates 4,24, Ă  propos de la destinĂ©e des fils d'Abraham issus l'un de la servante, l'autre de la femme libre, l'apĂ´tre Ă©crit : «Il y a lĂ  une allĂ©gorie : ces femmes sont, en effet, les deux alliances.» L'Ancien Testament devient donc le «type» (d'oĂą le terme «typologie») des Ă©vĂ©nements qui trouvent dans le Nouveau leur rĂ©alisation. Cassien (fin du IVe, dĂ©but du Ve siècle) a donnĂ© un commentaire Ă©clairant de cette exĂ©gèse paulinienne (ConfĂ©rences, XIV, 8) : «L'histoire a trait Ă  la connaissance des Ă©vĂ©nements passĂ©s et qui frappent les sens. L'apĂ´tre en donne un exemple, lorsqu'il dit : Il est Ă©crit qu'Abraham eut deux fils, l'un de la servante et l'autre de la femme libre. Mais celui de la servante naquit selon la chai ; et celui de la femme libre, en vertu de la promesse [Ga 4,22-23]. Ce qui suit relève de l'allĂ©gorie, parce qu'il y est dit des choses rĂ©ellement arrivĂ©es, qu'elles figuraient d'avance un autre mystère. Ces deux femmes sont les deux Alliances : l'une, du mont Sina, enfante dans la servitude ; et c'est Agar. Car Sina est montagne d'Arabie, qui symbolise la JĂ©rusalem actuelle, laquelle est esclave avec ses enfants [Ga 4,24-25]. L'anagogie s'Ă©lève, des mystères spirituels, Ă  des secrets du ciel, plus sublimes et plus augustes. On la voit dans ce que l'apĂ´tre ajoute immĂ©diatement : Mais la JĂ©rusalem d'en haut est libre ; et c'est elle qui est notre mère. Car il est Ă©crit : RĂ©jouis-toi, toi qui n'enfantais pas ! Éclate en cris joyeux, toi qui ne connaissais pas les douleurs de l'enfantement ! Les enfants de la dĂ©laissĂ©e sont plus nombreux que les enfants de celle qui avait l'Ă©poux [Ga 4,26-27].» (La Bible et sa culture, 2018 - books.google.fr).

 

"puits" et "Ă©pouse"

 

En hébreu, le mot "puits" (beer) est également utilisé avec le sens de "femme", "épouse". En égyptien, le vocable bi signifie "utérus" et "galerie de mine" (Mircea Eliade, Forgerons et alchimistes, 1977 - books.google.fr).

 

Dans Zohar I, 141a, la «source» c'est la sefira Yessod, le «puits» c'est la sefira Malkhout ; en ensemençant son Ă©pouse, l'homme imite, comme c'est sa raison d'ĂŞtre, l'activitĂ© de la sefira Yessod dans la sefira Malkhout et il stimule leur fĂ©conditĂ© constitutive de l'unicitĂ© divine. L'Ă©tude mĂŞme intensive de la Torah, qui est l'oeuvre la plus valeureuse, ne permet pas Ă  l'âme du cĂ©libataire de rejoindre sa destination ultime auprès de la Chekhina (Le Zohar: Genèse : VayĂ©chev, Miqets, traduit par Charles Mopsik, 1981 - books.google.fr).

 

Acrostiche : EMDL, mdl

 

On retient mdl.

 

Agar, apres avoir estyĂ© mise hors de la maison d'Abraham, fut errante au desert de Beerseba, & que son fils estant deuenu grand demeura au desert de Paran : car le desert de Beerseba estoit au paĂŻs de Canaan & le desert de Paran en estoit proche (Pierre de Launay, Paraphrase et exposition sur les epistres de Saint Paul, Tome 1, 1650 - books.google.fr).

 

Dans le même numéro des Ugarit-Forschungen où Good donnait ses raisons pour éliminer la traduction du verbe "to saddle,” B.Margalit reprenait la question. Good estimait que la relation du mdl verbe et du mdl substantif n'était pas claire. Il n'en repoussait pas pour autant l'idée que la corde ou laisse (guide-rope) par laquelle on conduisait un animal puisse être pensée comme un “éclair". Il suggérait de plus un rapprochement avec le difficile passage, Hab 3, 4. Dans un contexte de phénomènes lumineux et célestes, l'obscur mydw lw serait à lire m(y)d(w)lw et viendrait de la racine mdl. Margalit quant à lui estime que les deux mdl n'en font qu'un. Baal utiliserait un mdl, "harnais” (riding gear) à titre de coursier (riding) des nuages. mdl (harnais) désigne le harnachement normal d'un âne (Henri Cazelles, Sur mdl à Ougarit, Sopher Mahir: Northwest Semitic Studies Presented to Stanislav Segert, 1990 - books.google.fr).

 

Hab. 3,3 : Dieu viendra de Théman, et le Saint de la montagne ténébreuse de Paran. Sa vertu est le vêtement des cieux, et la terre est pleine de Sa louange.

Hab. 3,4 : Sa splendeur sera comme la lumière ; Il a dans Sa main des cornes (de puissance), et de la force Il a fait un puissant amour (theotex.org).

 

Il est question d'un âne dans le martyr de Théodote d'Ancyre. C'est un de ces animaux qui transporte le vin qui servira à enivrer les soldats gardant le lieu du supplice

où se trouve le corps du saint que le prêtre de Malos, Fronton, récupère.

 

Théman, Pharan, Sinaï, sont situés dans la région où le Seigneur donna sa Loi aux Hébreux.

 

Les saintes Écritures parlent d'un dĂ©sert (Gen. 21,22 ; Nb. 10,12), d'un mont (Deut. 33,2 ; Hab. 3,3) et d'une ville de Pharan (III Rois 11,18). Les trois Pharan tiennent les uns aux autres. La montagne portait le nom du dĂ©sert, qui lui-mĂŞme avait reçu le nom de la ville. La grande plaine de Pharan, oĂą sĂ©journa IsmaĂ«l, Ă©tait situĂ©e entre le dĂ©sert de SinaĂŻ, au sud, et le dĂ©sert de Zim, touchant Ă  l'IdumĂ©e, au nord, Ă  l'ouest de l'IdumĂ©e vers l'Égypte, de telle sorte que les extrĂ©mitĂ©s mĂ©ridionales du mont SeĂŻr et les extrĂ©mitĂ©s septentrionales de Pharan Ă©taient les unes en face des autres. La limite entre Zim et Pharan n'Ă©tait pas nettement marquĂ©e; c'est pourquoi Cadès-BarnĂ© Ă©tait assignĂ© tantĂ´t Ă  l'un, tantĂ´t Ă  l'autre de ces dĂ©serts. C'est lĂ  (dans Zim et Pharan) que les IsraĂ©lites demeurèrent pendant trente-huit ans avec leurs troupeaux; aussi voit-on le mont Pharan citĂ© Ă  cĂ´tĂ© du SinaĂŻ, dans les cantiques d'IsraĂ«l (Dictionnaire encyclopĂ©dique de la thĂ©logie catholique, Tome 18, 1870 - books.google.fr).

 

Aux IVe et Ve siècles Pharan était une ville chrétienne, ayant des magistrats qui réglaient toutes les affaires de la péninsule; Nilus d’Ancyre, ancien préfet de Constantinople, poursuivi par des bandits arabes qui tuèrent son fils, s'y réfugia. Vers le milieu du Ve siècle, elle était le siége d'un évêque dont la puissance s'étendait au mont Sinaï et à toutes les contrées environnantes. (Voy. Harduin, Acta conc., 11, p. 665.) (Pierre Victor Lottin de Laval, Voyage dans la péninsule arabique du Sinai et l'Égypte moyenne: histoire, géographie, épigraphie, Tome 1, 1859 - books.google.fr).

 

Galates et poisons

 

D'autres Ă©ditions on "superstite" et "aconite". "hauste" du latin "haustus" action ou droit de puiser de l'eau (cf. puits) et aussi action de boire (cf. aconit) ( Edgar Leoni, Nostradamus and His Prophecies (1961), 2013- books.google.fr).

 

Mais "faute" et "meurtre", termes juridiques conviennent bien Ă  "super stilo", plutĂ´t qu'Ă  "survivant".

 

La rue (ruta graveolens, L.) est au nombre des médicaments les plus efficaces. La rue cultivée a les feuilles plus larges et les rameaux plus forts. La rue sauvage a des effets violents, et elle est plus active en tout. Pilée et modérément humectée, on en exprime le suc, qu'on garde dans une boîte de cuivre. Donné en trop grande quantité, c'est un poison, surtout celui de la rue de Macédoine, sur les bords du fleuve Aliacmon : chose singulière, le suc de la ciguë le neutralise; ainsi il est vrai qu'il y a des poisons de poisons, et le suc de la ciguë protège les mains de ceux qui récoltent la rue. Du reste, c'est un des premiers ingrédients des antidotes, et surtout de l'antidote de Galatie. Toute espèce de rue, seule, a la vertu d'un antidote, si on en pile les feuilles et qu'on les prenne dans du vin; elle est surtout bonne contre l'aconit et le gui, aussi contre les champignons, soit en boisson, soit en aliment ; de la même façon, contre les morsures de serpents, à tel point que les belettes (VIII, 41), près de livrer combat à ces reptiles, se prémunissent en mangeant d'abord de la rue. Elle est bonne contre les piqûres des scorpions, des araignées, des abeilles, des frelons, des guêpes, contre les cantharides, les salamandres, et contre les morsures des chiens enragés; le suc, à la dose d'un acétabule, se boit dans du vin ; les feuilles pilées ou mâchées sont appliquées avec du miel et du sel, ou, bouillies, avec du vinaigre et de la poix. On assure que les personnes frottées avec ce suc ou en ayant sur elles ne sont pas attaquées par ces animaux malfaisants, et que les serpents fuient l'odeur de la rue que l'on brûle. Toutefois la racine de la rue sauvage, prise avec du vin, est ce qu'il y a de plus efficace; on ajoute qu'elle l'est surtout bue en plein air. Pythagore a distingué la rue en mâle et en femelle; la rue mâle a les feuilles plus petites et d'une couleur herbacée; la rue femelle a des feuilles et une couleur plus belles. Le même auteur l'a crue nuisible aux yeux; c'est une erreur, car les graveurs et les peintres en mangent, pour leur vue, avec du pain ou du cresson ; les chèvres sauvages en mangent, dit-on, aussi pour leur vue. Beaucoup se sont guéris de taches sur les yeux en se les frottant avec le suc mêlé à du miel attique, ou à du lait d'une femme qui vient d'accoucher d'un garçon, ou en se frottant le coin des yeux avec le suc pur (Livre XX, LI) (Historia naturelle de Pline, avec la traduction en français par E. Littré, Tome 2, 1850 - books.google.fr).

 

L'histoire de Camma est racontée par Plutarque. C'étoit la femme d'un des tétrarques de la Galatie appelé Sinatus : elle étoit également renommée par sa beauté. Un autre tétrarque, appelé Sinorix, et parent de l'époux de Camma, en étant devenu passionnément amoureux, chercha inutilement à la faire conséntir à un commerce adultère avec lui. Toujours repoussé par la vertu de Camma, il résolut de faire disparoître l'obstacle qui empêchoit la réussite de ses vœux, et fit secrètement assassiner Sinatus. Camma, plongée dans la douleur par la mort de son époux, dont elle reconnut parfaitement la cause, se retira dans un temple de Diane à Ancyre, où elle exerçoit les fonctions de prêtresse. Le meurtrier ne tarda pas à demander la main de la veuve. Elle donna son consentement, et l'invita à se rendre auprès d'elle pour célèbre leur union dans le temple même qu'elle habitoit. Dès qu'il fut arrivé, elle le conduisit avec un empressement apparent au pied de l'autel. Là, avec une coupe d'or, elle fit une libation à la déesse, puis elle but une partie de la liqueur que contenoit ce vase, et en fit boire à celui qu'elle acceptoit pour époux. Quand celui-ci eut avalé la liqueur, elle s'écria : «Déesse, je te rends grâce de ce que j'ai pu exécuter mon projet dans ton temple. Tu sais si j'ai vécu jusqu'à ce jour avec d'autre espoir que celui de venger mon époux. Maintenant j'attends avec joie la mort qui doit me réunir à lui. Et toi, perfide, dit-elle à Sinorix, c'est un tombeau qui sera le lit nuptial où tu voulois me conduire.» Ils expirèrent bientôt après l'un et l'autre (Histoire générale de France: (600 a. Chr. - 481 dep. Chr. : Gaulois, Romains et Francs), 1819 - books.google.fr).

 

La seconde partie commence au verset treizième du chapitre cinquième de l'épître aux Galates. Elle renferme diverses instructions morales. Saint Paul énumère les œuvres mauvaises qui excluent du royaume des cieux ; il exhorte les Galates à pratiquer les œuvres de la charité envers le prochain ; il les avertit de ne pas se laisser égarer par les docteurs de mensonge ; et leur conseille de se glorifier, comme lui, dans la croix de Jésus-Christ (Auguste-François Maunoury, Commentaire sur les Epîtres de saint Paul aux Galates, aux Éphésiens, aux Philippiens, aux Colossiens et aux Thessaloniciens, 1880 - books.google.fr).

 

Galates V,19 Or les oeuvres de la chair sont manifestes, savoir : l'impudicité, l'impureté, la dissolution, 20 l'idolâtrie, la magie ("pharmakeia"), les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, 21 les envies, les meurtres, l'ivrognerie, les débauches, et les choses semblables à celles-là, dont je vous prédis, comme je vous l'ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n'hériteront point le royaume de Dieu (www.lueur.org).

 

Le sens du grec "pharmakeia" (Galates V, 20) est breuvage magique, philtre, sortilège, maléfice. On voit pourquoi saint Paul joint veneficium (Vulgate) à l'idolâtrie : c'en est une espèce, puisque le magicien rend un culte aux démons en les invoquant (Auguste-François Maunoury, Commentaire sur les Epîtres de saint Paul aux Galates, aux Éphésiens, aux Philippiens, aux Colossiens et aux Thessaloniciens, 1880 - books.google.fr).

 

Alors qu'il est loi, Christ est liberté, alors qu'il est péché, il est justice, alors qu'il est mort, il est vie. Car, par le fait même qu'il a souffert, que la loi l'accuse, que le péché le condamne, que la que la mort l'engloutit, il a abrogé la loi, il a condamné le péché, il a détruit la mort, il m'a justifié et sauvé. Ainsi Christ est-il simultanément poison contre la loi, le péché et la mort et remède pour la liberté, la justice et la vie éternelle (Matin Luther, Oeuvres, tome 15, Epitre aux Galates (1535), 1969 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 1831 sur la date pivot 303 (martyr de Théodote) donne -1225.

 

Ces Lydiens occupaient le centre de l'Asie mineure ; leurs rois, divisĂ©s en trois dynasties, d'après HĂ©rodote, remontaient jusqu'en 1225 avant JĂ©sus-Christ (Joseph Salvador, JĂ©sus-Christ et sa doctrine: histoire de la naissance de l'Église, de son organisation et de ses progrès pendant le premier siècle, Tome 1, 1838 - books.google.fr).

 

Otreus étoit fils de Gordius & frere de Midas fondateur d'Ancyre : ainsi la fondation de cette ville, remonte au tems de la jeunesse de Priam, & par conséquent à celui de l'expédition des Argonautes, à laquelle elle peut-être antérieure de quelques années (Pierre François Hugues d'Hancarville, Recherches sur l'origine l'esprit et les progrès des arts de la Grèce, Volumes 2 à 3 , 1785 - books.google.fr).

 

Midas aurait trouvé une ancre de marine lors de la fondation de la ville, qui se trouvait dans le temple de Jupiter du temps de Pausanias, et qui lui donna son nom (grec "anchura" : ancre) (Pausanias ou voyage historique, pittoresque et philosophique de la Grèce, Volume 1, traduit par Nicolas Gedoyn, 1797 - books.google.fr).

 

C'est le même Midas qui sera affublé d'oreilles d'âne par Apollon dont il avait dénigré la musique de sa lyre en lui préférant celle de la flûte de Marsyas. Il est question d'écoute et d'âne.

 

Cette fameuse expedition des Argonautes sous Jason leur chef est placée par Diodore Sicilien, & par le P. Petau dans sa Chronologie, vers l'an du monde 2740, ou 2759, qui est 1225 ans avant J.C. (Guillaume de Lavaur, Histoire de la fable conferée avec l'histoire sainte, Tome 2, 1731 - books.google.fr).

 

Catholicisme et Islam en Turquie ottomane en 1830

 

À la mort de Krikor, en 1721, lui succéda son vicaire, Vertanès, archevêque de Césarée. Ses successeurs furent Mgr Joseph Adjemian (1760 - 1767) puis Mgr Simon Oumoudian (1767 - 1774), grande figure du catholicisme arménien. Nommé évêque d'Ancyre (Angora, Ankara) en 1728 par le catholicos philocatholique d'Etchmiadzin Karapet de Zeitoun, Simon fut victime de la persécution des catholiques d'Angora en 1740 - 1741 organisée par le patriarche de Constantinople Nalian. Exilé d'Angora, puis emprisonné en 1744, Simon réussit à s'échapper en 1766 et à rejoindre Venise, puis Rome. En 1830, le gouvernement ottoman reconnut l'Église arménienne catholique. L'évêque ordinant, Mgr Marouchian, obtint en 1832 du pape Grégoire XVI (qui avait remarqué l'incommodité et l'insalubrité de Santa Maria Egiziaca lors d'une visite en 1826 alors qu'il n'était que le cardinal Cappellari) la concession de l'église de Saint-Blaise, San Biagio della Pagnotta, dans la belle via Giulia. Ce choix s'est fait certainement en fonction de l'origine arménienne de ce saint, évêque-martyr de Sébaste du IVe siècle. L'église et l'hospice Santa Maria Egiziaca furent attribués à l'archiconfrérie du Saint-Sacrement qui gérait également l'église voisine de Santa Maria in Cosmedin, mais la propriété en resta aux Arméniens jusqu'à leur destruction à la fin du siècle dernier (Roma-Armenia: Grande Salle Sixtine, Bibliothèque apostolique du Vatican, 25 Mars- 16 Juillet 1999 - books.google.fr).

 

Quelques années avant 1830, les Arméniens schismatiques avaient excité une violente persécution contre les catholiques. En cette susdite année, une pacification conclue à Andrinople vint ramener le calme. L'empereur des Turcs Mahmoud II, comprenant que la soumission des catholiques au pape n'était pas inconciliable avec celle que ces Arméniens doivent à leurs souverains temporels, ordonna que les biens confisqués au profit des schismatiques fussent rendus à leurs anciens propriétaires. Il fut convenu entre l'ambassadeur de France et le reis-effendi, que les catholiques Arméniens auraient la liberté religieuse, et formeraient un corps séparé ayant leur patriarche tout à fait indépendant de celui des schismatiques. Un grand nombre de personnes de qualité, de la nation arménienne et qui avaient été exilées se réunirent à Constantinople ayant à leur tête six prêtres arméniens. Il fut convenu dans cette assemblée qu'on supplierait le pape Pie VIII de nommer un archevêque qui serait le chef ecclésiastique des catholiques arméniens dans tout l'empire Ottoman. La congrégation de la Propagande tenue à Rome, le 17 mai 1830, eut à désigner cet archevêque parmi quatre candidats. Un deux fut élu, Antoine Nurigian, d'Erzeroum, né à Constantinople et ancien élève du collége de la dite Propagande. Le pape accueillit le choix et institua Nurigian archevêque du siège métropolitain primatial de Constantinople, pour les Arméniens, avec indépendance totale du patriarche de Cilicie. Antoine fut consacré à Rome, le 11 juillet 1830. Ce prélat étant mort, le pape Grégoire XVI a nommé pour lui succéder monseigneur Paul Marusci, qui fut consacré à Rome le 19 juin 1842. Le titre de ce prélat est celui d'archevêque de Constantinople des Arméniens, Constantinopolis Armenorum. Il habite le faubourg de Galata, auprès de sa cathédrale. Il a sous ses ordres trente-deux prêtres séculiers et un plus grand nombre de prêtres réguliers. La cathédrale a été bâtie, en 1834, sous le vocable du Saint-Sauveur. Cet archevêque a plusieurs églises dispersées en différentes provinces. Les principales sont celles de Péra, faubourg de Constantinople. C'est un oratoire dédié à saint Jean-Chrysostome ; Ortakoï, près de Péra, sous l'invocation de saint Grégoire l'Illuminateur ; Samatia, dans la ville de Constantinople, n'a pour église qu'un salon; Ancyre ou Angora, en Galatie, à quatorze journées de la capitale, a une église, sous le vocable de la sainte Vierge, et trois oratoires; Erzeroum a quatre provinces, qui sont Tortum, Passen, Bajasyd et Musci. Elles renferment plusieurs Villes et villages avec plusieurs églises. Artuin, dans l'Arménie majeure, comme Erzeroum, a deux provinces et plusieurs oratoires. Trébisonde a une église ancienne qui a été réparée. Bourse, ancienne capitale des Turcs, avec une église récemment bâtie. Cutaïa, Bilegick et plusieurs cantons de la Romélie, de l'Anatolie, du Pont, de la Cappadoce sont habités par des catholiques auxquels l'archevêque arménien de † envoie quelques prêtres assistés par des missionnaires. Le nombre des catholiques dépendant de ce nouvel archevêché s'élève à peu près à vingt-six mille. L'archevêque Nurigian avait été investi en même temps de la puissance temporelle comme chef civil des Arméniens catholiques. Le sultan Mahmoud II, influencé par les schismatiques, ne voulut point le reconnaître en cette qualité. Alors on élut Jacques Valle, qui fut confirmé par un diplôme impérial du 5 janvier 1831, en qualité de chef politique et de préfet de la nation, représentant auprès de la Sublime-Porte de tous les rayas catholiques de l'empire (Gabriel Avedichian, Liturgie arménienne, traduit par l'abbé Pascal, Encyclopédie théologique, tome VIII, 1859 - books.google.fr).

 

Typologiquement Ismaël ne représente plus, ici, les juifs - et sa mère Agar la synagogue -, comme dans l'épître aux Galates, mais les musulmans.

 

La tradition d'un prolongement de l'expédition des Argonautes à partir de la Colchide vers l'Arménie et la Médie était déjà bien établie à l'époque d'Ératosthène, vers le milieu du IIIe siècle av. J.-C. (Paul Bernard, Les origines thessaliennes de l'Arménie, Topoi, 1997 - books.google.fr).

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