Encapuchonné

Encapuchonné

 

IV, 49

 

1814-1815

 

Devant le peuple sang sera respandu,

Que du haut du ciel ne viendra eslongner,

Mais d'un long temps ne sera entendu,

L'esprit d'un seul le viendra tesmoigner.

 

"sang
 respandu"

 

Dans le Lancashire, avant le début de la guerre civile, il y avait des tensions sociales et économiques entre les villes qui soutenaient généralement le Parlement, et la noblesse et l'aristocratie propriétaires qui contrÎlaient les zones rurales et soutenaient principalement le roi en tant que royalistes. Il y avait une fracture religieuse avec certaines villes soutenant des mouvements anticonformistes dissidents. Bolton était connue comme la «GenÚve du nord», une référence à la ville de Suisse qui était un centre du calvinisme.

 

La seule menace pour le contrĂŽle parlementaire du Lancashire venait du Cheshire, oĂč une armĂ©e royaliste sous John Byron, 1er baron Byron a Ă©tĂ© formĂ©e Ă  la fin de 1643. Le 26 janvier 1644, Byron a Ă©tĂ© vaincu Ă  la bataille de Nantwich par les parlementaires sous Sir William Brereton et Sir Thomas Fairfax, laissant les parlementaires aux commandes de la rĂ©gion (fr.qaz.wiki - Storming of Bolton).

 

En mai 1644, dans l'un des pires massacres, prÚs de 1800 soldats et citadins périrent dans la mise à sac de Bolton par les troupes du colonel Broughton, sans que la moindre pitié ne soit accordée ni aux soldats, ni aux civils. Des témoins  oculaires ont comparé cet événement à la mise à sac de Magdeburg - renommée pour sa cruauté militaire - pendant la Guerre de Trente Ans. Le massacre de civils au siÚge de Bolton était une mesure de représailles autorisée officiellement, étant ordonnée par le Prince Rupert, pour se venger du meurtre d'un soldat royaliste (Franck Tallett, Soldats et actes de violence à l'encontre des civiles dans les ßles britanniques au XVIIe siÚcle, Les violences de guerre à l'égard des civils: axiomatiques, pratiques et mémoires, 2005 - books.google.fr).

 

Sir John Byron (1488-1567) vĂ©cut Ă  Colwick dans le Nottinghamshire, avant de se voir accorder l'abbaye de Newstead dans le mĂȘme comtĂ© par Henry VIII d'Angleterre le 26 mai 1540. Il fut nommĂ© lieutenant de Sherwood Forest (fr.qaz.wiki - John Byron (died 1567)).

 

John Byron (1599 - 1652) était le fils de Sir John Byron de Newstead Abbey, Nottinghamshire, et d'Anne Molyneux. Son grand-pÚre, le Sir John Byron précédent, avait représenté le Nottinghamshire au Parlement Lorsque la guerre civile a commencé, il a rejoint le roi à York. Il a été engagé pour la cause des royalistes tout au long des guerres civiles et par la suite. AprÚs que Byron se soit distingué lors de la premiÚre bataille de Newbury, le roi Charles le créa le baron Byron en octobre 1643 et le nomma commandant des forces royalistes du Lancashire et du Cheshire. Cependant, il fut vaincu à la bataille de Nantwich en 1644 et contraint de se retirer à Chester. Il marcha ensuite avec les forces du prince Rupert dans le Yorkshire et commanda le flanc droit royaliste à la bataille de Marston Moor en juillet 1644, mais aprÚs que ses troupes furent mises en déroute par des forces parlementaires numériquement supérieures, il se retira à Carnarvon et démissionna de son commandement. Il a cependant défendu le chùteau de Carnarvon avec compétence pour la cause royaliste, résistant à de longs siÚges avant de finalement le céder aux forces parlementaires en 1646. Lord Byron mourut en 1652, sans enfant, en exil à Paris, et fut remplacé par son frÚre aßné suivant Richard Byron, 2e baron Byron (né en 1606) (fr.qaz.wik - John Byron 1st Baron Byron).

 

John Byron fut appelé "bloody Byron" (Sir Clements Robert Markham, A Life of the Great Lord Fairfax, Commander-in-chief of the Army of the Parliament of England, 1870 - books.google.fr).

 

Sir John Byron (1562-1623) de Colwick et Newstead, Nottinghamshire et Clayton, Lancashire, pÚre du précédent, était un député de Nottinghamshire en 1597. Byron était le fils de Sir John Byron (mort en 1600) et de sa femme Alice Strelley (fr.qaz.wik - John Byron (died 1623)).

 

Ces deux Byron dinĂšrent avec le mage John Dee, astrologue de la reine, le 2 avril 1596, Ă  son CollĂšge de Manchester dont il Ă©tait le directeur (warden) (John Dee's Diary, Catalogue of Manuscripts and Selected Letters, 2013 - books.google.fr).

 

"esprit d'un seul"

 

"seul" : en grec "monachos" qui donne "monachus" en latin, moine (Gaffiot).

 

Esprit : fantĂŽme (Arnaud Milanese, ElĂ©ments de loi de Thomas Hobbes, 2006 - books.google.fr).

 

Durant une visite Ă  Newstead, en 1814, lord Byron crut rĂ©ellement voir l'ombre du moine noir, qu'on supposait hanter l'abbaye depuis l'Ă©poque de la dissolution des monastĂšres (Moore). Le voyage Ă  Newstead, auquel il est fait ici allusion, prĂ©cĂ©da de fort peu de temps le mariage de Sa Seigneurie avec miss Milbanke. On croyait que l'esprit du moine faisait son apparition de mauvais augure quand un malheur ou la mort menaçait le maĂźtre de l'abbaye, et cette lĂ©gende de famille a donnĂ© naissance Ă  l'histoire de l'apparition que Byron introduit dans son poĂ«me (George Gordon N. Byron (6th baron), ƒuvres complĂštes, augmentĂ©e, Tome 3, traduit par Joseph Jean M.C. AmĂ©dĂ©e Pichot, 1871 - books.google.fr).

 

Il dĂ©crit ce moine dans Don Juan, peut-ĂȘtre d'aprĂšs le souvenir de cette fantasque imagination : «Ce n'Ă©tait pas une souris, mais un moine; vĂȘtu de sa robe sombre, avec son capuchon et son chapelet, il apparut, tantĂŽt Ă©clairĂ© par la lune, tantĂŽt perdu dans l'ombre. Son pas Ă©tait lourd, quoique silencieux; ses vĂȘtements seuls faisaient un lĂ©ger bruit; aussi mystĂ©rieux que les fatales sƓurs, il avança lentement; et comme il passait auprĂšs de don Juan, il fixa sur lui , sans s'arrĂȘter, un Ɠil brillant.» On dit que l'ombre de Newstead apparut aussi Ă  la cousine de lord Byron, miss Fanny Parkers, et qu'elle en fit une Ă©bauche de souvenir (MĂ©moires de Lord Byron, Tome 2, traduit par Louise Belloc, 1830 - books.google.fr).

 

Le personnage de Tirso de Molina apparaĂźt sous son vĂ©ritable aspect, alors qu'il s'est trouvĂ© dĂ©formĂ© le long des siĂšcles par bon nombre de ses peintres successifs. Car le personnage est de tous les pays et de tous les temps. LĂ  encore M. Saint-Paulien a raison de dire : «Il est Ă©vident que le jeune Tenorio est un vulgaire dĂ©bauchĂ© d'un type universel, et non pas, comme on l'a dit, spĂ©cifiquement andalou». Ainsi par l'ampleur de son analyse, l'ouvrage de M. Saint-Paulien n'est pas seulement ce qui certes, serait dĂ©jĂ  beaucoup l'Ă©tude d'un caractĂšre universel, mais encore une sorte d'aperçu clairvoyant et vaste des meurs du monde moderne. Les transformations du personnage de Don Juan ne sont pas dues, en effet, uniquement aux  convictions personnelles, aux sentiments secrets et au talent des auteurs qui l'ont choisi pour hĂ©ros, mais Ă©galement Ă  l'Ă©volution morale, sociale et politique de la sociĂ©tĂ©. [
]

 

Si le Burlador de Tirso est un franc-tireur qui n'appartient à aucun systÚme organisé, le Dom Juan de MoliÚre «s'accommode aux vices de son siÚcle» et adhÚre à des factions existant si bien qu'elles conduiront toute une société à sa perte (Les Annales conferencia: journal de l'Université des annales, Volume 75, 1968 - books.google.fr).

 

Long poĂšme inachevĂ© en dix-sept chants, Don Juan (1819-1824) est le chef-d'Ɠuvre incontestĂ© de lord Byron (1788-1824). Prenant Ă  contre-pied le mythe du libertin cynique immortalisĂ© par Tirso de Molina, MoliĂšre et Mozart, il fait de son hĂ©ros un pantin manipulĂ© par les femmes et leurs dĂ©sirs dĂ©vorants, soumis Ă  ses caprices d'auteur-«improvvisatore» (Don Juan de George Gordon Byron: Les Fiches de lecture d'Universalis, 2015 - books.google.fr).

 

The ghost, if ghost it were, seem'd a sweet soul As ever lurk'd beneath a holy hood (Don Juan) (George Gordon Byron Baron Byron, Poetical Works, 1867 - books.google.fr).

 

Don Juan et un moine

 

Une des plus célÚbres apparitions des rues de Paris était celle du :

 

Moine bourru dont on se moque

A Paris l'effroi des enfants (Cabinet satirique, 1633).

 

D'aprĂšs le Dictionnaire infernal, il parcourait les rues pendant la nuit, tordait le cou Ă  ceux qui mettaient la tĂȘte Ă  la fenĂȘtre et faisait nombre de tours de passe-passe. Les bonnes et les nourrices Ă©pouvantaient autrefois les enfants de la menace du Moine-bourru. Croquemitaine lui a succĂ©dĂ© (Paul SĂ©billot, Les lĂ©gendes de Paris, L'Homme, Tome 3, 1886 - books.google.fr).

 

Trente ans plus tard, le moine bourru Ă©tait encore populaire :

 

- SGANARELLE. VoilĂ  un homme que j'aurai bien de la peine Ă  convertir. Et dites-moi un peu, le Moine bourru, qu'en croyez-vous ? eh ! - D. JUAN. La peste soit du fat ! - SGANARELLE. Et voilĂ  ce que je ne puis souffrir; car il n'y a rien de plus vrai que le Moine bourru, et je me ferois pendre pour celui-lĂ . Mais encore faut-il croire quelque chose dans le monde. Qu'est-ce donc que vous croyez? (1683 A, 94 B.) (Don Juan, acte III, sc. I.).

 

L'addition introduite ici sur le Moine bourru par l'Ă©diteur de Hollande emprunte une incontestable autoritĂ© de l'espĂšce de commentaire qu'a fait Rochemont du texte primitif. ÉnumĂ©rant dans Observations (qui sont d'avril 1665) les endroits les plus criminels de la piĂšce, il rappelle «un valet infĂąme, fait au badinage de son maĂźtre, dont toute la crĂ©ance aboutit au Moine bourru, car pourvu que l'on croie le Moine bourru, tout va bien, le reste n'est que bagatelle.» Il est d'ailleurs Ă©vident que la phrase soulignĂ©e, perfidement sans doute et pour faire croire Ă  une citation textuelle, n'a jamais Ă©tĂ© dite sur le thĂ©Ăątre. On peut conjecturer que ce passage sur le Moine bourru est l'un de ceux que MoliĂšre lui-mĂȘme retrancha, dĂšs la seconde reprĂ©sentation, puisqu'il n'y en a pas trace dans l'exemplaire non cartonnĂ© de l'Ă©dition de 1682. Regnier raconte, vers la fin de sa satire XI (1612), que, rentrant au petit jour d'une nuit d'aventures, il est Ă  grand peine reconnu par son valet, qui lui demande Ă©tonnĂ© Si le Moine bourru l'avoit point promenĂ©. «Le Moine bourru est, dit FuretiĂšre (1690), un lutin qui, dans la croyance du peuple, court les rues aux avents de NoĂ«l et qui fait des cris effroyables». D'aprĂšs le Dictionnaire de M. LittrĂ©, on se le reprĂ©sentait vĂȘtu de bourre ou bure, et de lĂ  son nom; mais il donnait surtout l'idĂ©e d'un ĂȘtre bizarre et mĂ©chant; et bourru n'aurait-il pas Ă©tĂ© pris dans le sens, qu'il a eu, de «fantasque, bizarre, fou, extravagant» ? voyez au vers 627 du Tartuffe (Arthur Desfeuilles, ƒuvres de MoliĂšre, Tome 5 : Dom Juan ou Le festin de Pierre, comĂ©die. L'amour mĂ©decin, comĂ©die. Le misanthrope, comĂ©die, 1880 - books.google.fr, Waldemar Deonna, De TĂ©lesphore au "moine bourru": dieux, gĂ©nies et dĂ©mons encapuchonnĂ©s, 1955 - books.google.fr).

 

On connaĂźt les «dĂ©mons au capuchon», dont le plus caractĂ©ristique est, assurĂ©ment, le petit dieu TĂ©lesphore, l'un des compagnons d'AsclĂ©pios. Ils apparaissent, le plus souvent, comme des ĂȘtres jeunes, parfois des enfants, dont le corps est entiĂšrement enveloppĂ© d'un cucullus ; seules les mains en Ă©mergent, ainsi que les pieds ; parfois, les bras sont visibles, mais cela constitue une exception relativement rare ; la tĂȘte est encapuchonnĂ©e et le visage s'encadre dans l'ouverture du vĂȘtement (Pierre Grimal, Bibliographie : Waldemar Deonna, De TĂ©lesphore au "moine bourru". Dieux, gĂ©nies et dĂ©mons encapuchonnĂ©s, Revue des Ă©tudes anciennes, Volume 58, 1967 - books.google.fr).

 

Dans un dernier chapitre, M. Deonna cherche Ă  retrouver dans les civilisations postĂ©rieures Ă  l'antiquitĂ© classique des survivances du manteau Ă  capuchon. C'est ainsi qu'il arrive Ă  parler du «moine bourru», donnant par lĂ  l'explication de la seconde partie du titre de son ouvrage. Le «moine bourru», vĂȘtu lui aussi d'un manteau Ă  capuchon, tirait son nom du fait qu'il portait une robe de «bourre» ou de «bure». C'Ă©tait un fantĂŽme dont on effrayait les enfants, une sorte d'ancĂȘtre de Croquemitaine. On ne peut que fĂ©liciter l'auteur de la patience dont il a fait preuve en recueillant tant de donnĂ©es Ă©parses et en les groupant dans une Ă©tude d'ensemble.  

 

De la diversitĂ© des fonctions des «cucullati», on peut dĂ©gager deux notions gĂ©nĂ©rales : propagation et maintien de la vie humaine et de la fertilitĂ© du sol d'une part, et, d'autre part, rĂŽle nocturne et funĂšbre, du sommeil et de la mort. Les «cucullati» apparaissent ainsi comme des gĂ©nies Ă  la fois bienfaisants et redoutables (F. Mayence, Compte rendu : Waldemar Deonna, De TĂ©lesphore au "moine bourru". Dieux, gĂ©nies et dĂ©mons encapuchonnĂ©s, L'AntiquitĂ© classique, Volume 25, 1956 - books.google.fr).

 

Acrostiche Ă  l'envers : LMQD

 

LMQD : libens / lugens meritoque dedit (hat bereitwillig / trauernd und verdientermaßen gestiftet) (Rudolf Lenz, Uwe Bredehorn, Marek Winiarczyk, AbkĂŒrzungen aus Personalschriften des XVI. bis XVIII. Jahrhunderts, 2002 - books.google.fr, Kurtze und eygentliche Beschreibung deßjenigen, 1672 - books.google.fr).

 

On trouve cette abréviation dans les Mémoires de John Evelyn (1620 - 1706) (William Bray, Memoirs of John Evelyn, Comprising His Diary, from 1641-1705-6, and a Selection of His Familiar Letters, 1870 - books.google.fr).

 

Volontaire quelque temps dans l'armĂ©e royaliste, il s'embarqua pour l’étranger afin d'Ă©viter de prendre part Ă  une guerre civile. AprĂšs avoir gagnĂ© l'Italie, il frĂ©quenta en 1644 le CollĂšge anglais de Rome, oĂč les prĂȘtres catholiques Ă©taient instruits pour prĂȘcher en Angleterre. Evelyn n'Ă©tait pas catholique, comme le Prince Rupert, qui, prisonnier en Allemagne, avait refusĂ© de se convertir malgrĂ© la forte pression de jĂ©suites dĂ©pĂȘchĂ©s par l'empereur du Saint Empire Ferdinand III auprĂšs de lui (fr.wikipedia.org - John Evelyn, en.wikipedia.org - Prince Rupert of the Rhine).

 

Such tales brought home man's inhumanity to man. 'It is impossible to avoid doing very unhandsome things in things in war', John Evelyn admitted to his diary. An eyewitness to the massacre at Bolton, where many perished 'in a bitter shower of blood', concluded with the hope 'that England may see and be ashamed that she hath not long since spewed out such monsters, as are bred in her own bowels' (John Evelyn, I,43 ; An Exact Relation of the Bloody and Barbarous Massacre at Bolton...by an Eyewitness (1644, E3683)) (Charles Carlton, Going to the Wars: The Experience of the British Civil Wars 1638-1651, 2002 - books.google.fr).

 

Cf. les interprĂ©tations des quatrains IV, 70 - Le duc de Wellington - 1829-1830, IV, 51 - ConquĂȘte de l’Inde par l’Angleterre - 1815-1816, IV, 89 - Emancipation des catholiques en Grande Bretagne, 1843-1844, IV, 96 - Vicky, fille aĂźnĂ©e de la reine Victoria - 1848-1849.

 

"haut ciel"

 

Oh England! Oh Heaven! Oh Earth! &c. beare witnesse of our calamity. Oh London! and all ye places yet freed from our sorrows, think on the day of your peace with thankfulnesse, of our trembling and trouble with compassion. And oh, all ye Christians and people of the Land, let bleeding, dying, undone Bolton bespeake one thing at the hands of all sorts. Take heed of security and your own divisions, lay aside your own ends, spirits, interests, engagements, and distractions, and first labour to carry on God's work in the subduing of these cursed Edomites and Amalekites devoted unto destruction by the hand of heaven, or else look with Bolton to taste of the same cup of trembling which the Lord, the God of Hosts, in his due time, take out of all our hands, and fill up with the measure of our bloody enemies' sins, the measure of their plagues, which the just God will in due time return upon them for this and all their cruelty, that King, Parliament, and People may once more rejoyce in the due settlement of truth and peace in these our dayes, and Glory may still dwell in our land. Which God grant for Christ's sake. Amen (An Exact Relation of the bloody and barbarous Massacre at Bolton in the Moors in Lancashire, May 28, by Prince Rupert, being penned by an Eye-Witnesse admirably preserved by the gracious and mighty hand of God in that day of Trouble. Published according to Order. London : Printed by R. W. for Christopher Meredith, August 22, 1644) (Tracts Relating to Military Proceedings in Lancashire During the Great Civil War, Tome 2, 1844 - books.google.fr).

 

Sherwood

 

En mai 1798, George Gordon hĂ©rita de la fortune et de la pairie de son grand-oncle lord William, cinquiĂšme baron Byron of Rochdale, ainsi que du domaine de Newstead-Abbey au cƓur de la forĂȘt de Sherwood, donnĂ© Ă  l’un de ses ancĂȘtres par Henri VIII (maisons-ecrivains.fr).

 

La forĂȘt de Sherwood est une forĂȘt cĂ©lĂšbre entourant le village d'Edwinstowe dans le Nottinghamshire, en Angleterre, historiquement associĂ©e Ă  la lĂ©gende de Robin des Bois, mais aussi Ă  l'Ă©popĂ©e des Luddites Ă  l'Ăšre industrielle.

 

L'anglais Robin Hood signifie littéralement «Robin à la capuche», ou «Robin au capuchon». Le français «Robin des Bois» est une erreur de traduction qui provient d'une confusion entre hood («capuche, capuchon» ou «truand») et son paronyme wood («bois»).

 

DĂšs le dĂ©but du XIVe siĂšcle, des ballades populaires cĂ©lĂšbrent les aventures de Robin des Bois, notamment d'un Robin, chef d'une Ă©quipe de lutteurs qui apparaĂźt lors des fĂȘtes paroissiales. Il est dĂšs lors suffisamment connu dans la tradition orale pour apparaĂźtre dans la littĂ©rature : la premiĂšre mention manuscrite d'une Ɠuvre littĂ©raire de Robin des Bois se trouve dans Pierre le laboureur (Piers Plowman) de William Langland (1377), oĂč Sloth, un prĂȘtre paresseux, dĂ©clare : «Je connais des rimes de Robin des Bois.» Trois ans plus tard, le chroniqueur Ă©cossais Jean de Fordun Ă©crit que le personnage de Robin des Bois dans les ballades «plaĂźt mieux que tous les autres.» Puis la lĂ©gende de Robin des Bois dans plusieurs ballades qui s'Ă©toffent.

 

Au XIXe siÚcle, Robin des Bois devient un des héros du roman Ivanhoé (1819) de Walter Scott, ce qui en fait un personnage mondialement popularisé. L'idée que Robin est un rebelle saxon combattant les seigneurs normands et vole aux riches pour donner aux pauvres date de cette époque.

 

On a accusĂ© de plagiat Thomas Love Peacock (1785-1866) pour le cĂ©lĂšbre Maid Marian, paru trois ans aprĂšs IvanhoĂ©. Peacock a toujours soutenu que son livre avait Ă©tĂ© Ă©crit en 1818, un an avant la parution de celui de Scott. L’influence de Rabelais y est sensible, notamment Ă  travers le personnage de frĂšre Tuck, moine jovial qui ressemble Ă  Jean des Entommeurs (fr.wikipedia.org - Robin des Bois).

 

Le luddisme est, selon l'expression de l'historien britannique Edward P. Thompson (1924-1993), un «conflit industriel violent» qui a opposé dans les années 1811-1812 en Angleterre des artisans - tondeurs et tricoteurs sur métiers à bras du West Riding, du Lancashire du sud et d'une partie du Leicestershire et du Derbyshire - aux employeurs et manufacturiers qui favorisaient l'emploi de machines (métiers à tisser notamment) dans le travail de la laine et du coton. La lutte des membres de ce mouvement clandestin, appelés luddites ou luddistes, s'est caractérisée par les «briseurs de machines».

 

Les annĂ©es 1811-1812 cristallisent les rancƓurs des couches populaires anglaises et spĂ©cialement celles de ces artisans. C'est que, outre la crise Ă©conomique, les mauvaises rĂ©coltes et la famine, ces annĂ©es marquent la fin des politiques paternalistes qui protĂ©geaient les artisans et le lancement en grande pompe de la politique du «laissez-faire» - on parlerait aujourd'hui de libĂ©ralisme Ă©conomique.

 

Cela commence en mars 1811, Ă  Nottingham, oĂč une manifestation syndicale de tondeurs de draps est sĂ©vĂšrement rĂ©primĂ©e par les militaires. Dans la nuit, 60 mĂ©tiers Ă  tisser sont dĂ©truits par un groupe issu des manifestants.

 

En 1812, les artisans du textile essaient d'emprunter la voie constitutionnelle : ils proposent au Parlement d'adopter une loi pour protĂ©ger leur mĂ©tier. Ils paient au prix fort des avocats, font un vrai travail de lobbying (groupe de pression), mais la loi n'est pas adoptĂ©e. Pendant ce temps, les luddites ont obtenu une satisfaction partielle : les salaires ont augmentĂ©, la pression Ă©conomique s'est un peu relĂąchĂ©e. Dans le mĂȘme temps, les arrestations ont affaibli le mouvement. En 1812, une loi instaurant la peine capitale pour le bris de machine est entĂ©rinĂ©e, malgrĂ© les protestations et les pamphlets de Lord Byron, entre autres. Treize luddites sont pendus.

 

Si des luddites sont actifs jusqu'en 1817, leurs destructions deviennent de plus en plus désespérées. En fait, les trois métiers mentionnés vont quasiment disparaßtre à l'aube des années 1820. Les luddites disparaissent mais nourrissent cependant d'autres mouvements ouvriers du début du XIXe siÚcle. La contestation devient souterraine ou légale avant de ressurgir en force quelques années plus tard et mener au Chartisme (fr.wikipedia.org - Luddisme, www.nonagones.info - Autour de Rennes - Pentagone et Sceau de Palaja).

 

Pendant la guerre de Cent ans, les chaperons furent des signes de ralliements : en 1411 les Cabochiens firent porter aux Parisiens des chaperons bleus, leurs opposants eurent les chaperons blancs (Jules Quicherat, Historie de costume en France depuis les temps les plus reculĂ©s jusqu'ĂĄ la fin du XVIIIe siĂšcle, 1877 - books.google.fr).

 

Acrostiche : DQML

 

"Decken" et "Hemel" en néerlandais "couvrir" et "ciel" (Henry Hexham, Het Groot Woorden-Boeck, Tome 2, 1658 - books.google.fr).

 

Le voile, le vĂȘtement, ne servent pas seulement aux besoins pratiques de la vie rĂ©elle ; ils deviennent aussi des symboles ; tout tissu se prĂȘte Ă  habiller des notions abstraites, et l'on parle du manteau du monde, de la nature, du ciel, de la pluie, de la neige, d'autres comparaisons encore, dont les mythes et la littĂ©rature fournissent en tout temps d'abondants exemples.

 

a) Le manteau de ségrégation

 

DĂšs les premiers temps du christianisme, le vĂȘtement Ă  capuchon est devenu distinctif des moines, tout d'abord en Égypte, puis partout, en Orient et en Occident. Bien qu'il ait eu parfois dans l'antiquitĂ© un sens rituel, liturgique celui des moines chrĂ©tiens n'a pas Ă©tĂ© empruntĂ© aux prĂȘtres paĂŻens, mais au peuple. Ce fut pour des raisons pratiques, lutte le froid, la chaleur, commoditĂ© pour les travaux ; pour des raisons spirituelles, par humilitĂ©, pour ressembler aux petites gens, aux enfants ; pour d'autres motifs encore, ce symbolisme s'Ă©tant dĂ©veloppĂ© avec le temps. Lui aussi est un manteau de sĂ©grĂ©gation, qui diffĂ©rencie son porteur, l'isole du monde profane, empĂȘche ses regards d'errer Ă  droite et Ă  gauche ; c'est un vĂȘtement d'initiation qui le consacre Ă  Dieu, tout comme la religieuse «prend le voile». Ce manteau Ă  capuchon conserve de nos jours ce caractĂšre sĂ©grĂ©gatif, quand il est l'insigne de confrĂ©ries religieuses, de pĂ©nitents et mĂȘme d'associations politiques, «Ku-Klux Klan» amĂ©ricain, ou «Cagoule» française.

 

b) Le manteau  nocturne

 

La nuit Ă©tend sur la terre son manteau d'obscuritĂ©, que les Ă©toiles trouent de points lumineux ; le cucullus est lui aussi un «manteau de nuit, de vraie couleur de lune», un «nocturnus, nocturnalis cucullus», que les Romains revĂȘtent, pour ne pas ĂȘtre reconnus, quand ils se rendent dans les tavernes et les bouges, Ă  leurs rendez-vous galants. Les moines le portent autant comme manteau de nuit que de jour. Il convient bien aux ĂȘtres surnaturels, invisibles dans l'obscuritĂ© et la nuit, celles de la vie terrestre et de la vie par-delĂ  le tombeau : Ă  TĂ©lesphore, dĂ©mon des songes guĂ©risseurs que provoque l'incubation ; aux dĂ©mons des lampes, protecteurs du sommeil des vivants et des morts ; aux dieux et gĂ©nies chtoniens du sommeil et de la mort ; aux apparitions du folklore antique et moderne.

 

ESCHYLE, Trachiniennes : «Toi que tour Ă  tour la nuit enfante, en dĂ©pouillant son manteau d'Ă©toiles, ou cache dans son sein, Soleil, astre Ă©clatant». Comparaison mainte fois reprise par les poĂštes : «Triste larme d'argent du manteau de la nuit». Victor Hugo, Contemplations, Le Mendiant (1834), au manteau rapiĂ©cĂ©, qui s'approche du feu :

 

Son manteau, tout mangé des vers, et jadis bleu,

ÉtalĂ© largement sur la chaude fournaise,

Piqué de mille trous par la lueur de braise,

Couvrait l'ùtre, et semblait un ciel noir étoilé.

Et, pendant qu'il séchait ce haillon désolé

D'oĂč ruisselaient la pluie et l'eau des fondriĂšres,

Je songeais que cet homme Ă©tait plein de priĂšres,

Et je regardais, sourd Ă  ce que nous disions,

Sa bure, oĂč je voyais des constellations.

 

c) Le manteau funĂšbre

 

Le voile, le manteau de sĂ©grĂ©gation, sont les emblĂšmes du monde chtonien, de tous ceux qui sont en rapport avec lui, avec la mort. GĂŒntert a montrĂ© par de nombreux exemples que les dieux et les dĂ©mons funĂ©raires sont voilĂ©s, l'Ă©troite relation qu'il y a entre les termes signifiant "cacher" et la mort (Waldemar Deonna, De TĂ©lesphore au "moine bourru": dieux, gĂ©nies et dĂ©mons encapuchonnĂ©s, 1955 - books.google.fr).

 

On ne voit pas pourquoi du néerlandais en acrostiche.

 

Roger Manley, dans sa jeunesse, a été dans le régiment dont John Byron était le colonel. Prisonnier à Powys, il quitte l'Angleterre et se réfugie en Hollande (Rachel Carnell, A Political Biography of Delarivier Manley, 2015 - books.google.fr).

 

He passed the fourteen years of exile in Holland (Manley, A true description of the mighty kingdoms of Japan and Siam, translated from the Dutch of Caron and Schorten, 1663, Dedication, pp. 1-2). A pass for ‘Roger Manley and servant on the desire of Mr. Dorislaus,’ 17 July 1655, seems to point to a visit to England (Cal. State Papers, Dom. 1655, p. 592). After the Restoration he was made captain in his majesty's Holland regiment, and on 25 Oct. 1667 was appointed ‘Lieutenant-Governor and Commander-in-Chief of all His Majesty's Castles, Forts, and Forces within the Island of Jersey,’ by Sir Thomas Morgan, the governor. He took the oath of office on 2 Nov., and seems to have held the post until 1674 (information supplied to Mr. G. A. Aitken by Mr. H. G. Godfray). Sir Roger was never, as is commonly stated, governor of Jersey. Afterwards he became governor of Landguard Fort (Hist. of Rebellion, 1691, title-page). The ‘R. Manley’ who was in Holland in 1665 on the king's service, and was flouted by De Witt, is probably not Sir Roger (Cal. State Papers, Dom. 1665, p. 490; cf. ib. 1665–6, pp. 91, 104; cf. Hist. MSS. Comm. 4th Rep. p. 247). In 1670 Manley published at the king's command his ‘History of Late Warres in Denmark,’ i.e. from 1657 to 1660, a work which has still historical value. His ‘De Rebellione,’ a vigorous and fairly correct piece of latinity, appeared in 1686 with a dedication to James II. This was the last work published in his lifetime.

 

Mary Manley wrongly represents her father as author of the first volume of the ‘Turkish Spy’ (en.wikisource.org - Dictionary of National Biography, 1885-1900, en.wikipedia.org - Letters Writ by a Turkish Spy).

 

Cf. quatrain IV, 66 - Le sultan Mahmoud II - 1826-1827.

 

nostradamus-centuries@laposte.net