Constantine

Constantine

 

IV, 80

 

1837

 

Pres du grand fleuue grand fosse terre egeste

En quinze part sera l'eau diuisee :

La cité prinse, feu, sang cris, conflit moeste,

Et la plus part concerne au collisee.

 

L’interprétation de ce quatrain lie la typologie historique, l’année 1837 qui voit la prise de Constantine par les armées de Louis-Philippe roi des Français, au contexte géographique du quatrain : aridité, irrigation conduisent en un pays ensoleillé et les termes latins supposent que cette région fut occupée par les Romains.

 

"terre egeste"

 

"egestosus" signifie en latin "pauvre" et "egestus" "déblayé".

 

D'après cette description, on voit que Constantine occupe une position étrange, et pour ainsi dire aérienne , et qu'elle forme une sorte de nid d'aigle dont l'aspect inspire l'étonnement et l'effroi. Les environs, excepté sur les bords du Rummel, sont d'une grande tristesse et d'une grande aridité (Malte-Brun, Théophile Sébastien Lavallée, Géographie universelle, Tome 6, 1857 - books.google.fr).

 

En lisant le Bellum Jugurthinum de Salluste, ce qui faisait douter de Constantine-Cirta, c'étaient des arguments de site et de périmètre d'une part et la parfaite netteté de certains passages où Cirta est mise dans un certain rapport de voisinage avec Utique. Comment Salluste, qui excelle à décrire une ville, une forteresse, une région par des traits précis et des mots qui font image, aurait-il pu omettre la description du site unique de Constantine, de son rocher et de son ravin ? Pour le rocher n'avait-il pas sous sa plume les mots mons saxeus et pour le ravin l'expression omnia natura velut opere atque consulto praeceps. Salluste n'est pas ignorant de l'art militaire puisqu'il note que l'attaque d'une forteresse qu'on ne peut assaillir que sur un point donné permet aux défenseurs de se grouper pour détruire par le feu et à coups de pierre les baraques d'assaut. C'est une difficulté de ce genre qui se serait produite dans le cas d'un siège de Constantine qu'on ne peut aborder que par la mince bande de terre qui unit le «Coudiat» au «Rocher». La Cirta décrite par Salluste est une ville autour de laquelle le terrain se prête aux retranchements, tours et autres engins de guerre. Elle peut être envahie sur tout le pourtour de ses remparts, être entourée d'un fossé et d'une palissade et il est possible de prononcer en des points divers des attaques afin d'éparpiller les défenseurs sur toute la longueur des murs.

 

Diodore confirme un détail donné par Salluste : «Cependant Jugurtha avait fait entourer la ville de Cirta d'un fossé, et cherchait tous les moyens de réduire la place ». Les termes mêmes de Diodore sont « peritaphreusas ten polin », qui ne se peuvent traduire que par « ayant entouré la ville d'un fossé». Salluste écrit : «vallo atque fossa moenia circumdat» (André Berthier, Jacques Juillet, René Charlier, Le "Bellum Jugurthinum" de Salluste et le problème de Cirta, 1950 - books.google.fr).

 

"moestus"

 

"moestus" est aussi "maestus" qui signifie en latin "affligé", "abattu" (Gaffiot). "maestus" pourrait faire allusion au Maesulii.

 

Masaesyles et Massyles composent le peuple des Numides, dont le nom latin (Numida) pourrait avoir une origine locale. Les Numides occupent un territoire très vaste puisqu'il s'étend sur la Berbérie centrale et la Berbérie orientale, depuis les limites de Carthage jusqu'au royaume maure. Une telle étendue se prêtait bien à la constitution de deux royaumes : celui des Massyles occupait les régions proches de Carthage jusqu'à la région de Cirta (Constantine) dont ils étaient originaires ; celui des Masaesyles s'étendait sur le reste de l'Algérie, jusqu'à la Berbérie occidentale (Claude Sintès, Ymouna Rebahi, Algérie antique, Musée de l'Arles antique, 2003 - books.google.fr).

 

Tite-Live emploie Maesulii (XXIV, 48, 13, etc.), alors que les auteurs latins écrivent la plupart du temps Massylii ou Massyli (Pline l'Ancien, Histoire naturelle, traduit par Jehan Desanges, 1980 - books.google.fr).

 

Aux premiers jours du conflit entre Adherbal, fils de Micipsa, et Jugurtha, fils de Mastanabal, tous deux peitts-fils de Massinissa, dans un combat livré en avant des murs de Cirta, les soldats d'Adherbal surpris, à la faveur de l'obscure clarté d'une nuit d'Afrique, obscuro etiamtum lumine, se débandent et prennent  la fuite. Adherbal s'échappe avec quelques cavaliers et se jette dans Cirta, chaudement poursuivi ; sans la résistance des nombreux Italiens établis à Cirta, c'est-à-dire en plein pays numide, les soldats de Jugurtha entraient dans la ville, et cette seule journée commençait et finissait la guerre. Un peu plus tard, Salluste nous montre encore ces négociants italiens comme les plus courageux défenseurs de Cirta, jusqu'au jour où de guerre lasse, en apprenant le départ de l'inutile ambassade de Scaurus, ils conseillent à Adherbal de se livrer à Jugurtha, lui et son imprenable ville, convaincus, bien à tort, que la majesté du nom romain les couvrirait d'un caractère inviolable. D'autres passages encore nous prouvent que l'initiative privée avait amené un grand nombre d'Italiens non pas seulement dans la province d'Afrique, dans le territoire gardé et protégé de la province romaine, non pas seulement dans la principale ville de Numidie et dans cette capitale amie, mais dans des villes plus reculées et qui pouvaient paraître moins sûres  (Gustave Boissière, Equisse d'une histoire de la conquête et de l'administration romaines dans le nord de l'Afrique et particulièrement dans la province de Numidie, 1878 - books.google.fr).

 

Rome accepte mal que ses ressortissants aient été massacrés et d'autre part que Jugurtha veuille mettre en place un royaume de Numidie fort et uni. Elle envoie des troupes après l'exécution d'Adherbal (fr.wikipedia.org - Jugurtha).

 

Au cours de cette guerre, Jugurtha unit l'artifice à l'activité. Il fait attirer dans un repas à Vacca les tribuns et les centurions romains, ils sont égorgés et les soldats surpris sans chefs et sans défense sont cruellement massacrés. Métellus, à cette nouvelle, marche sur Vacca et surprend à son tour les habitants. Bomilcar qui avait conseillé à Jugurtha de s'accommoder avec les Romains, ne se fiant plus au roi numide, conspire contre ses jours; le complot est découvert et Bomilcar paie de sa vie son lâche attentat (Pierre Bergeron, Histoire analytique et critique de la littérature romaine: depuis la fondation de Rome, jusqu'au cinquième siècle de l'ère vulgaire, Tome 2, 1840 - books.google.fr).

 

Salluste dit de Metellus apprenant la nouvelle du massacre de Vacca qu'il est affligé "moestus" : "LXVIII. Metellus, postquam de rebus Vaccæ aclis comperit, paullisper moestus e conspectu abit; deindo, ubi ira et aegritudo permixta, cum maxuma cura ultum ire injurias festinat" (Guerre de Jugurtha) (Oeuvres complètes de Caius Sallustius Crispus, 1861 - books.google.fr).

 

Incapables de remporter une victoire militaire, les Romains usent de traîtrise pour le capturer (fr.wikipedia.org - Jugurtha).

 

"collisee"

 

"Collisee" fait penser au Colisée de Rome, amphithéâtre dont le nom latin est "colosseum", mais le mot latin collisus désigne un choc (de collido : frapper). L’histoire romaine est cependant intimement liée à celle de l’Afrique du Nord. Les voyageurs Shaw et Poiret ont vu à Constantine les restes d'un amphithéâtre.

 

"grand fleuve"

 

Après avoir dans son cours sinueux embrassé la moitié de l'enceinte de la ville, le Rummel, tournant brusquement vers l'ouest et se dirigeant ensuite vers la mer, perd son nom pour prendre celui de Oued-el-Kebir, la grande rivière, peut-être l'Ampsaga de Ptoléniée et de Pomponius Mêla, et il court au nord-ouest se jeter entre Jigilli (Igilgilu Colonia), à l'ouest, et la côte sineuse des caps Bougiaronc, les sept caps, à l'est. Au reste, la fin du cours de ce fleuve n'est pas encore bien connue. Dans une partie moins élevée des rochers, sur lesquels, montant en amphithéâtre vers le nord, s'élève Constantine, vis-à-vis de la porte sud de la ville, un pont aqueduc y conduit; il est à trois rangs d'arches, dont les supérieures sont petites à peu près comme celles du pont du Gard, il amenait à Constantine les eaux des sources de Physgéa, l'ancienne Sigus, qui en est éloignée d'environ 8 lieues au sud-ouest, et ces eaux, très-abondantes, alimentaient de nombreuses et très-vastes citernes, creusées dans le palais à 160 mètres au-dessus du cours du Rummel, et à 30 mètres au-dessus de la partie inférieure de la ville. Il en existe encore la plus grande partie, trente-deux; elles ont été rendues à leur ancienne destination pour la plupart et il y en a d'assez grandes et en assez bon état pour qu'on ait pu les changer en citernes : ces citernes sont avec d'immenses égouts très-bien distribués, mais qui furent négligés par les Arabes, les parties les mieux conservées et les plus remarquables de la ville. La largeur du ravin, traversé par le pont, est de 80 mètres en haut et de 40 mètres en bas, et le pont est de 170 pieds au-dessus des eaux du Rummel. Du temps de Shaw, l'architecture et l'ornementation de ce pont étaient très-riches en bucranes, enguirlandes et en caducées qui décoraient les clefs des arches (Frédéric de Clarac, Musée de sculpture antique et moderne, 1841 - books.google.fr).

 

"eau divisee" : irrigation

 

Le principe d'irrigation villageoise consistait en une répartition proportionnelle de l'eau selon le procédé mécanique du partiteur, système destiné à diviser l'eau du cours d'eau ou du canal principal en un nombre variable de courants d'eau identiques ou khayt (fil) divisé en douze unités représentant chacune une part égale du débit total à laquelle un individu, une collectivité ou une ville a droit sur une source, un cours d'eau ou une khettara. Le plus souvent, le cours d'eau était barré par un morceau de bois percé de trous calibrés pour laisser passer un certain débit. Un autre système, le tour d'eau (dawla) s'introduisait, dans le cas d'insuffisance d'alimentation en eau, quand sa quantité ne permettait plus d'assurer en même temps la dose nécessaire à tous les terroirs. Le système consistait alors à bloquer l'eau au départ du canal pendant un certain temps. Les deux modes de répartition se liaient et s'imbriquaient. La précision recherchée dans la division de l'eau apparaissait par exemple à Elche (Andalousie), au XIVe siècle, où l'unité temporelle nommée hilo, traduction de khayt, correspondait à douze heures d'irrigation (medio hilo : six heures ; guarta : trois heures ; tomin (de l'arabe thumin, huitième) : une heure trente. L'eau restait toujours liée à la terre sur laquelle elle s'utilisait ; le travail investi dans la réalisation du captage et le réseau d'adduction justifiait le droit à l'eau. Au temps hispano-mauresque, chaque communauté possédait un terroir dénommé alqueria qui recevait un nombre donné de filas pendant une partie des quinze jours que dure chaque tour d'eau ; cela établissait une sorte de propriété collective de l'eau, sur la base des différents terroirs d'alquerias (Robert P. Ambroggi, Akadimiyat al-Mamlakah al-Maghribiyah, L'apport arabe à la civilisation de l'eau et la renaissance européenne: 622 J. -C. - 2000), 2006 - books.google.fr).

 

À l'époque romaine, les territoires africains étaient plus humides, sans qu'il y eût pour autant des changements substantiels par rapport à la situation actuelle. La sécheresse constituait l'un des dangers principaux pour l'agriculture (Arnobe, Sldnationes, 1, 16, 3). Les Maures avaient déjà développé des techniques d'irrigation efficaces, par exemple dans la région de l'Aurès. Il ne faut donc pas attribuer aux seuls Romains les ouvrages hydrauliques dans les territoires semi-arides. Ces réalisations retenaient les eaux de ruissellement ou bien les déviaient vers des citernes (Antonio Ibba, Giusto Traina, L'Afrique romaine: De l'Atlantique à la Tripolitaine (69-439 ap. J.-C.), 2006 - books.google.fr).

 

L'eau de pluie était précieusement recueillie dans des caniveaux qui l'acheminaient dans des réservoirs souterrains et voûtés afin d'alimenter les fontaines publiques. Leur contenance était souvent très importante: douze mille mètres cubes à Hippone, trente mille à Cirta. La gestion de l'eau était capitale. L'irrigation des cultures était réglementée avec précision. Les crues des oueds étaient captées et ralenties par des barrages d'où partaient des rigoles pour alimenter les terres en eau. Sur les pentes montagneuses, des terrasses étaient aménagées afin d'éviter le ruissellement des eaux d'orage (Monique Jallet-Huant, Les rois numides et la conquête de l'Afrique du nord par les Romains, 2006 - books.google.fr).

 

En remontant aux coutumes en vigueur avant 1919, on n'avait droit à l'eau que si l'on possédait un jardin ou si l'on avait fait un labour. Celui qui possédait une charrue longue (mahrath) attelée de deux bêtes, — comme dans le Tell, — l'ensemble, charrue et attelage portant le nom de djebda. avait droit à 24 heures d'eau ; celui qui avait la petite charrue du Hodna attelée à un seul animal (châba), attelage appelé ferd, avait droit à 12 heures : si bien que les termes de djebda et de ferd sont en même temps synonymes de tours d'eau de 24 et de 12 heures. Pour les jardins on fractionnait en 1/4 (rebouâ) de 6 heures, en 1/8 (themoun) et en heures (sa). Le volume d'eau était en somme proportionnel aux labours et à la surface du jardin. L'eau de chacune des deux sources se divise en canaux : il est vraisemblable que les canaux principaux (séguia) ont arrosé à un moment donné les terres de chacun des groupes des Beni Yéfren et des O. Soltan. Mais par suite des achats et des ventes, des héritages et sans doute aussi, des actes de violence, les terres se sont peu à peu mêlées si bien que les principales parts d'eau ayant continué à se faire non par quartiers mais par sous-fractions le mot séguia est ici devenu synonyme de part d'eau. Le règlement de 1919 a établi que quiconque avait une terre irrigable avait droit à une part d'eau (alors qu il fallait auparavant avoir un jardin ou avoir effectivement labouré) et confirmé que chacun serait à la fois propriétaire de la terre et de l'eau, selon le principe tellien. Le « grand oued » est divisé, après quelques dizaines de mètres de parcours, par un partiteur qui envoie un quart du volume de l'eau vers l'Ouest et les trois quarts vers le Nord-Ouest. Le premier quart, qu'on appelle canal Bousafsaf (des peupliers) se divise en trois « séguias », c'est-à-dire en trois parts, au profil des O. Messaoud et des O. Ali ben Ahmed (O. Rebah des O. Soltan), et d'une riche famille, les B. A., héritière indirecte d une ancienne part de caïd et d'une part autrefois habous. Tandis que les B. A. ont un tiers du débit permanent, les deux autres groupes disposent successivement pendant huit jours de l'ensemble des deux tiers restants. Les trois autres quarts, écoulés plus loin par le « grand oued », sont divisés en 15 « séguias » ou 15 parts. (Jean Despois, Le Hodna: Algérie, 1953 - books.google.fr).

 

Le Hodna est la région située au sud des hauts plateaux dans le centre-nord de l'Algérie, ayant pour capitale M'Sila. Le Hodna était primitivement peuplé, comme toute la région steppique centrale du Maghreb, par des Gétules, nomades, et des montagnards « sédentaires ou semi-nomades à courtes migrations ». Ces populations berbères furent soumises par les légions romaines et le pays intégré à la province de Numidie. Durant les premières années de la colonisation française, la province est sous l'autorité de l'Émir Abdelkader, tel que reconnu par le traité de Tafna. Et ce n'est qu'en mars 1847 que le khalifa de Abd el-Kader pour le Sebaou en Kabylie, dont le commandement englobait aussi la région du Hodna jusqu'à Bou-Saâda, déposa les armes au cours d'une cérémonie à Sour El-Ghozlan (fr.wikipedia.org - Hodna).

 

Typologie

 

Constantine, l'antique Cirta, que les indigènes appellent bled-el-haoua, la cité aérienne, est perchée sur un roc accessible d'un seul côté ; c'est un nid d'aigle, une guelaâ. Les Carthaginois et les Romains y ont succédé aux rois numides. Située à la limite du Tell et des steppes, elle est un grand marché. S'il n'est pas facile d'y entrer ni d'en sortir, les vallées et les coupures dans les massifs montagneux lui permettent de communiquer sans trop de peine avec Bône et Philippeville, ses deux ports, ainsi qu'avec Souk-Ahras, Aïn-Beïda, Batna et Sétif ; elle occupe une position à peu près centrale par rapport à ces diverses villes, qui, après avoir été des centres d'influence romaine, sont devenues des centres de rayonnement français (Augustin Bernard, L'Algérie, 1929 - books.google.fr).

 

En 1834, le roi Louis-Philippe se résout à maintenir la présence française en Algérie, mais choisit de restreindre l’occupation à certaines positions côtières. Le reste du pays est laissé sous le contrôle de princes maghrébins sur lesquels la France espère exercer une suzeraineté, mais auxquels elle s’affronte bientôt. En 1835-1836, l’armée française essuie de cuisantes défaites, dans le marais de la Macta et aux portes de Constantine. Pour effacer la honte de l’échec, les parlementaires réclament une seconde expédition de Constantine. Commencée le 10 octobre 1837, elle s’achève victorieusement le 13, après un sanglant combat de rues et au prix de lourdes pertes humaines (www.histoire-image.org).

 

Les Benchennouf constituaient une très ancienne famille de noblesse d'épée, issue des Compagnons du Prophète, et qui avait quitté le Hedjaz au XIIe siècle de l'ère chrétienne pour venir s'établir sur les bords de la Medjerda, dans la province de Constantine. Grâce à sa bravoure, l'un des chefs de cette famille obtint au XVe siècle le titre de bey qui se transmit ensuite de génération en génération. Si Mihoub ben Ahmed-bey Benchennouf, véritable colosse, tôt rallié aux Français, fut un des plus acharnés en 1849 à la poursuite du lieutenant d'Abd el-Kader, Bouziane. En 1859, il attaqua la zaouïa du marabout Rahmani Si Saddok, de Masmoudi, qui s'était insurgé et qu'il n'hésita pas à remettre au général Desvaux. Caïd du Zab-Chergui, Si Mihoub, à la suite de dénonciations, fut destitué et remplacé par Si Bachtarzi, mokkadem des Rahmanaïa (Jacques Bouveresse, Un parlement colonial ?, 2008 - books.google.fr).

 

Peut-on voir aussi un jeu de mot entre collisee/colosse et Golosse ?

 

Dans le cours de la seconde période du siège de Carthage par Scipion, Asdrubal, le commandant de Carthage, eut une entrevue avec Golosse, roi des Numides, qui combattait dans les rangs des Romains. Il s'avança à vingt pas en avant de son escorte, et, s'arrêtant derrière le retranchement, il fit signe à Golosse d'approcher (Charles Graux, Notes sur les fortifications de Carthage, Bibliothèque de l'École pratique des hautes études. Section des sciences historiques et philologiques, 1869 - books.google.fr).

 

Selon Appien d'Alexandrie, historien grec de l'époque romaine, né à la fin du Ier siècle et mort sans doute après 161, auteur d'une Histoire romaine, les trois fils de Massinissa, Micipsa, Golossa et Mastanaba, dont le premier, comme étant l'aîné, fut nommé roi; le second fut mis à la tête de l'armée, et maître de la paix et de la guerre; le troisième eut l'administration de la justice (Géographie de Strabon, traduit par Letronne, 1819 - books.google.fr).

 

Golossa, avec un o, est une forme grecque du nom libyque du prince Gulussa. Une inscription à Délos le mentionnant a été faite vers 167 avant notre ère. Les règnes de Massinissa et ceux de ses fils sont marqués par une ouverture de la Numidie sur le monde grec (Mohamed Aoulad Taher, L'hellénisme dans le royaume numide au IIème siècle avant J.C., Antiquités Africaines, Volumes 40 à 41, 2005 - books.google.fr).

 

Massinissa fit de Cirta la capitale de son royaume; lui et ses successeurs, surtout Micipsa, l'embellirent de beaux édifices. Pendant le règne de ce dernier, qui y établit aussi une colonie de Grecs, Cirta, disent les anciens auteurs, devint populeuse et florissante au point de pouvoir fournir 10 mille hommes de cavalerie et 20 mille hommes de pied (Conrad Malte-Brun, Victor Adolfe Malte-Brun, Nouvelles annales des voyages, 1838 - books.google.fr).

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