Tannhauser

Tannhauser

 

IV, 68

 

1828-1829

 

En lieu bien proche non esloigné de Venus,

Les deux plus grands de l'Asie & d'Affrique,

Du Ryn & Hister qu'on dira sont venus,

Cris, pleurs à Malte & costé Ligustique.

 

Rappelons que "Hister" c'est le Danube (Histoire d'Hérodote, Tome 8, 1802 - books.google.fr).

 

Lutte contre les Mongols

 

Conrad IV, second fils de Fr√©d√©ric II, fut des 1237 √©lu et couronn√© √† Spire, par les princes d'Allemagne, roi des Romains, en remplacement de son fr√®re a√ģn√© Henri, qui avait √©t√© d√©pos√©, et qui mourut en 1242; et ce lut lui que, pendant son constant s√©jour en Italie, l'empereur chargea de gouverner l'Allemagne. Les seigneurs allemands ne tard√®rent point √† mettre √† profit cet √©tat de choses pour consolider de plus en plus leur souverainet√©, second√©s qu'ils √©taient dans leurs efforts par le pape, qui avait tout int√©r√™t √† d√©truire partout la puissance de Fr√©d√©ric II. Mais Conrad, prince d'intelligence et d'activit√©, d√©ploya, d'accord avec son p√®re, autant de vigilance que de vigueur pour rendre vaines leurs pr√©tentions. Apr√®s avoir, en 1238, conduit en Italie des troupes allemandes de renfort, il tint, en 1240, √† √Čgra, une di√®te o√Ļ les princes de l'√Čglise allemande se prononc√®rent hautement contre le pape et ses intrigues en Allemagne. Il battit ensuite, avec l'aide d'Enzio, son fr√®re, les Mongols, qui avaient envahi l'Allemagne sous les ordres de Batou-Khan. La bataille se livra sur les rives d'un affluent du Danube, appel√© alors Delphos (peut-√™tre √† Neustadt sur la Leitha), et les Mongols durent √©vacuer le sol de l'Allemagne pour se retirer en Hongrie. A peu de temps de l√†, il engagea la lutte contre Henri Raspe, landgrave de Thuringe, √©lu en 1240 √† la sollicitation du pape, par les √©v√™ques du Rhin, en qualit√© d'antiroi. Conrad, il est vrai, perdit, par suite de la honteuse trahison des deux comtes de Souabe, la bataille livr√©e le 5 ao√Ľt 1246 sous les murs de Francfort-sur-Mein, et qui √©tait d√©j√† aux trois-quarts gagn√©e; mais, puissamment second√© par les villes d'Allemagne, qui portaient un vif attachement aux Hohenstaufen, et par le duc Othon de Bavi√®re, qui lui donna m√™me en mariage sa fille √Člisabeth, il battit, en 1247, Raspe sous les murs d'Ulm, et le rejeta en Thuringe, o√Ļ celui-ci mourut le 17 f√©vrier de la m√™me ann√©e.

 

Cf. quatrain V, 68 - Le Péril jaune - 1901-1902.

 

Seul le chroniqueur anglais Matthieu Paris parle de Delphos (Delpheos), les auteurs allemands de l'époque n'en disent rien (Historia diplomatica Friderici Secundi: sive constitutiones, privilegia, mandata, instrumenta quae supersunt istius imperatoris et filiorum ejus : accedunt epistolae paparum et documenta varia, Préface et introduction, 1859 - books.google.fr).

 

La Thuringe

 

Les fronti√®res du royaume de Thuringe √©taient le Danube, le Rhin, la Boh√™me et la Saxe. Le plus ancien chef du pays se nommait Meerwig (426). Le roi des Franks, Chilp√©ric, se r√©fugia pr√®s du roi Basinus en 457. Apr√®s sa mort, ses fils Baderich ou Balderich, Hermannfried et Berthar se partag√®rent ses √©tats. Hermannfried s'unit au roi des OstrogothsTh√©odoric, et √©pousa sa ni√®ce Amalberg (500). C√©dant √† ses instigations, il tua son fr√®re Berthar, et, contractant une alliance avec Th√©odoric, roi d'Austrasie, contre son autre fr√®re Balderich, il le vainquit (520), mais ne voulut pas partager avec ses alli√©s les pays conquis sur son fr√®re. Pour se venger, le roi des Franks s'allia aux Saxons, l'attaqua (527) et le d√©fit dans deux sanglantes batailles livr√©es sur les bords de l'Unstrut. Enferm√© dans sa r√©sidence de Scheidingen (aujourd'hui Burg-Scheidungen), Ilermannfried se vit assi√©g√© par les Saxons. La ville fut emport√©e d'assaut, et la Thuringe partag√©e entre les vainqueurs. Les Saxons prirent possession du pays situ√© au nord de l'Unstrut ; les Franks s'empar√®rent des districts plac√©s au sud de cette rivi√®re. Th√©odoric attira √† Zulpich le roi Hermannfried, et, dans une entrevue, il le fit pr√©cipiter du haut des remparts (531). Amalberg s'enfuit en Italie avec ses enfants. Radegonde, le seul des enfants de Balderich qui surv√©cut, prit Th√©odoric pour √©poux ; plus tard elle se retira dans un couvent et fut v√©n√©r√©e comme une sainte. Ainsi finit le royaume de Thuringe. Les Franks, l'ayant soumis, se firent gouverner par des gau, par des centgraves, et enfin par des ducs, dont Rodolphe fut le premier. Au VIIIe si√®cle, Urisfried introduisit le culte du Christ dans les contr√©es montagneuses de la Thuringe, alors sombres et couvertes de for√™ts imp√©n√©trables. Il fonda (724-745) √† Altenburg la premi√®re √©glise, sur l'emplacement de laquelle a √©t√© √©rig√©, en 1811, un candelabre de 30 pieds de hauteur. D√©j√†, sous Othon II, la Thuringe avait un margrave. Les premiers landgraves apparaissent √† la fin du XIe si√®cle ou au commencement du XIIe. Apr√®s la mort de Henri Raspe, en 1247, la Thuringe √©chut √† Henri, surnomm√© l'Illustre (erlauchte), margrave de Meissen, et depuis il a toujours √©t√© regard√© comme d√©pendance de ce margraviat. A la paix de Paris (1814), une grande partie de la Thuringe fut r√©unie √† la Prusse. Ce pays est presque enti√®rement couvert de collines doucement arrondies, qui s'√©l√®vent surtout vers Harz et Eichsfeld. Les rivi√®res qui l'arrosent sont la Saale, la Werra, l'Unstrut, l'Ilin, la Gera, l'Helme, le Wipper. Le sol est tr√®s fertile ; on y cultive toute esp√®ce de c√©r√©ales, des arbres fruitiers et m√™me la vigne. On y trouve des mines de fer, de cuivre, d'argent, de houille, etc. ; des sourccs sal√©es, des eaux min√©rales (Koesen, Artern, Bibra, Langensalza, etc.). Un grand nombre de manufactures l'enrichissent; on cite entre autres ses fabriques de c√©ruse, de porcelaine, de fa√Įence, d'armes blanches et de fusils, ses forges et ses hauts-fourneaux. Erfurth est la capitale de la Thuringe. Les autres villes remarquables sont Eisenach, Gotha, Langensalza, M√ľhlhausen, Nordhausen, Frankenhausen, Sondershausen, Naumburg, Weissenfels, Eisleben, I√©na, Weimar, Rudolstadt, Arnstadt, Saalfeld, etc. La Thuringe appartient aujourd'hui au roi de Prusse , aux ducs de Weimar, de Cobourg, et aux princes de Schwartzbourg-Sondershausen et Rudolstadt (Dictionnaire de la conversation et de la lecture, Tome 51 : Ten-Veg, 1839 - books.google.fr).

 

Les Thuringiens contre les Mongols

 

Les arm√©es lev√©es √† l'Ouest par le landgrave de Thuringe et le duc de Saxe sont pr√™tes, s'attendant chaque jour √† l'irruption des Mongols - dont les colonnes mobiles pillent d√©j√† la r√©gion de Meissen et le district montagneux de Glatz -, de sorte qu'il fait faire demi-tour √† son arm√©e et la dirige vers l'Ouest pour op√©rer sa jonction avec les autres contingents. Mais les Mongols ne suivent pas. Tandis que Liegnitz br√Ľle, Batou fait savoir que le 11 avril, deux jours apr√®s la bataille de Wahlstatt, il a compl√®tement an√©anti l'arm√©e du roi Bela et qu'il convoque toutes les arm√©es en Hongrie pour leur distribuer par districts, selon le mode mongol, le pays √† piller. Ka√Įdou attend l'arriv√©e de la seconde de ses arm√©es. D√©crivant un grand arc de cercle, elle avait chevauch√© vers le Nord √† travers la Lithuanie, avait battu l'arm√©e lithuanienne qui tentait de barrer la route, avait p√©n√©tr√© en Prusse orientale, et, √† travers la Pom√©rellie et la Pologne occidentale¬† s'√©tait h√Ęt√©e vers Liegnitz, sa t√Ęche accomplie : aucun ennemi dans le Nord, jusqu'√† la Baltique, ne pouvait menacer le flanc mongol. Les seules arm√©es encore capables de combattre se trouvent maintenant concentr√©es en Saxe et en Thuringe et Venceslas a, sur ces entrefaites, atteint K√∂nigstein ; or voil√† que Ka√Įdou op√®re une conversion et qu'au lieu de piquer vers l'Ouest, o√Ļ les ennemis l'attendent, il dirige son arm√©e vers le Sud - aucun ennemi ne se trouvant entre lui et Batou - et p√©n√®tre en Moravie. La manŇďuvre trompeuse r√©ussit compl√®tement : toute la province est vide de troupes. Le roi Venceslas qui vient d'atteindre la r√©gion de Meissen doit rebrousser chemin √† marches forc√©es, mais avant qu'il atteigne la Moravie, ce riche pays est d√©j√† d√©vast√©, les villes florissantes de Troppau, de M√§hrisch-Neustadt, de Freudenthal, de Br√ľnn, sont prises d'assaut et pressur√©es de contributions, puis les Mongols de Ka√Įdou font leur jonction avec ceux de Batou en Hongrie.

 

Chaque fois que les Mongols ont attaqu√© un √Čtat et gagn√© leurs victoires apparemment si faciles, les chroniqueurs de l'√©poque ont accus√© son souverain d'incapacit√© et de pr√©paration d√©fectueuse. Ces reproches n'ont pas √©pargn√© le roi Bela, quoiqu'il e√Ľt pris toutes les mesures qu'un roi europ√©en de l'√©poque pouvait concevoir et qui auraient √©t√© efficaces contre tout ennemi qui s'en serait tenu aux r√®gles de guerre habituelles, mais qui devaient mis√©rablement √©chouer au premier choc mongol. D√®s qu'il eut eu vent de l'approche des Tartares, le roi Bela s'√©tait port√© sur les Carpathes, avait fait barrer d'abattis tous les passages et avait remis le commandement √† un homme de guerre √©prouv√©. Puis il avait convoqu√© l'assembl√©e du royaume √† Buda et donn√© l'ordre √† tous les hommes valides de s'armer et de se tenir pr√™ts √† marcher. Mais avant que l'assembl√©e e√Ľt pu s'entendre sur les mesures √† prendre, un messager arrive ventre √† terre le 10 mars, annon√ßant que les Tartares attaquent les cols des Carpathes. Avant que des renforts puissent partir, le chef du front est lui-m√™me l√† : le 12 mars, les Mongols ont pris les cols d'assaut, forc√© le passage, an√©anti tous les occupants ; il avait pu √©chapper avec quelques hommes. Et le lendemain m√™me de son arriv√©e, le 15 mars le premier corps (¬ętouman¬Ľ : 10.000 hommes) mongol est devant Pest, apr√®s avoir franchi trois cents kilom√®tres en trois jours, massacrant et d√©vastant tout sur son passage En trois jours, un coin s'√©tait enfonc√© dans le pays, fermant le verrou vers l'Est, tandis que le troisi√®me groupe d'arm√©es sous Kadan, op√©rant dans le Sud, avait franchi la Moldavie et la Bukovine et p√©n√©tr√© dans la Transylvanie. Le roi ferma aussit√īt l'assembl√©e. Les √©v√™ques, les comtes, les barons partirent en h√Ęte pour leurs provinces afin d'en ramener en h√Ęte les contingents (Michael Prawdin, L'empire mongol et Tamerlan, 1937 - books.google.fr).

 

Les Mongols en Afrique

 

L'Afrique sera sauv√©e des Mongols par la bataille de Ain Jalut (maintenant en Isra√ęl) en 1260 remport√©e par les Mamelouks au pouvoir en Egypte depuis 1250. Apr√®s avoir d√©truit le califat abbasside et Bagdad en 1258, le Mongol Hulagu qui engage les combats est rappel√© en orient √† la suite de la mort de son fr√®re Mongke, tout deux petits-fils de Genghis Khan. L'Egypte devient le centre de l'umma isl√Ęmiyya (Cengage Advantage Books: World History, 2011 - books.google.fr).

 

Malte et Gênes (ligustique)

 

L'ann√©e pr√©c√©dente, en 1220, Fr√©d√©ric II, fils de Constance, empereur d'Allemagne, n√© en 1197, un des princes les plus √©clair√©s de son √©poque, h√©rite du pouvoir. Il commence √† imposer une politique despotique et centralisatrice en Sicile, entra√ģnant non seulement une attaque envers la population musulmane de Malte mais aussi l'int√©gration compl√®te de l'archipel au sein du royaume de Sicile. Les guerres contre les musulmans de Sicile et de Malte reprennent bon nombre sont expuls√©s en Italie. Malte est directement administr√©e par un gouverneur royal. Repris en main, Fr√©d√©ric II vit fastueusement de ses domaines siciliens et re√ßoit du gouverneur de Malte les revenus qui s'imposent Son repr√©sentant √©tablit des garnisons, approvisionne les ch√Ęteaux, am√©nage la ferme royale de chameaux et entretient les faucons maltais de l'empereur. Vers 1241, un recensement effectu√© par un abb√© indique que la population maltaise se compose de 836 familles musulmanes, probablement 1250 familles chr√©tiennes (si le chiffre n'a pas √©t√© gonfl√©) et 33 familles juives. Combien de familles chr√©tiennes ont immigr√© de Sicile ou combien de musulmans indig√®nes se sont convertis ? Il est difficile de le savoir mais la survivance g√©n√©rale de la langue arabe dans l'archipel r√©sulte, √† n'en pas douter, de conversions massives forc√©es. Les musulmans de Malte pour conserver leur langue et leurs biens optent pour la religion chr√©tienne. Fr√©d√©ric II effectue √† nouveau en 1245 d'autres expulsions de musulmans siciliens et maltais. On retrouvera la pr√©sence de ces ¬ępopulations d√©plac√©es¬Ľ √† Lucera, en Italie, jusqu'√† la fin du XIIIe si√®cle.

 

A la mort de Fr√©d√©ric II, en 1250, et de son fils Corrado (Conrad), en 1254, le contr√īle de la Sicile est revendiqu√© par Corradino, le jeune fils de Corrado, et par Manfred, fils naturel de Fr√©d√©ric II. Cette rivalit√© entre deux h√©ritiers cr√©e une nouvelle p√©riode de troubles. A Malte, avec l'appui des familles g√©noises, on conduit une politique de r√©sistance contre Manfred. Les G√©nois soutiennent les pr√©tentions sur Malte de Nicoloso, fils du comte Enrico. En 1257, Manfred, qui veut en terminer avec ses opposants, amnistie les G√©nois, et Nicoloso peut reprendre fonctions, privil√®ges et biens que son p√®re avait re√ßus √Ę Malte. En contrepartie, Manfred obtient le contr√īle des trois ch√Ęteaux royaux de l'archipel. Cet accord est renouvel√© √† deux reprises. En 1266, Manfred est tu√© lors d'une bataille. La m√™me ann√©e, le pape fran√ßais Urbain IV, √† qui s'opposent les Hohenstauffen dans une longue querelle de supr√©matie entre la papaut√© et l'Empire germanique, donne la Sicile, Malte et Naples √† un Cap√©tien, Charles, comte d'Anjou et de Provence, fr√®re de saint Louis. Corradino ne l√Ęche pas prise et continue de revendiquer Malte : il conclut un trait√© avec les Pisans, leur garantissant diff√©rentes places y compris Malte en √©change de l'usage de leur flotte. Mais vaincu lors d'une bataille, il est ex√©cut√© en 1268. En 1270, alors que meurt le roi de France Louis IX Tunis, Malte est depuis quatre ms aux mains de son fr√®re Charles d'Anjou, souverain d√©sormais incontest√©, et Pile passe d'une domination germanique √† une domination cap√©tienne de la branche des Angevins.

 

L'autorit√© cap√©tienne est progressivement mise √† mal de l'ext√©rieur puis de l'int√©rieur. L'influence trop importante des G√©nois, qui continuent d'utiliser Malte comme base navale, devient g√™nante pour le Cap√©tien. Charles d'Anjou leur avait pourtant conc√©d√© le droit de commercer mais une confrontation entre les deux partis en 1272 tourne mal. Charles d'Anjou proc√®de √† des arrestations et bloque les b√Ętiments g√©nois ancr√©s √† Malte. Deux ans plus tard, en repr√©sailles, les G√©nois saccagent Gozo. Dans l'archipel, la bureaucratie fait preuve de z√®le une administration sicilienne efficace continue de lever l'imp√īt, commande une garnison de 150 Fran√ßais et maintient un navire arm√©. L'administration √©trang√®re est d√©sormais per√ßue comme oppressive. A l'√©poque du massacre dit "des v√™pres siciliennes" en 1282 qui extermina les Fran√ßais install√©s en Sicile, ceux-ci ne purent conserver que le royaume de Naples. Pourtant, les troupes de Charles d'Anjou se maintiennent durant quelques mois √† Malte. Alors que la population locale semble avoir appuy√© la r√©bellion contre les Angevins, la garnison fran√ßaise tient bon √† Birg√Ļ jusqu'en 1284. Les Angevins sont n√©anmoins chass√©s par l'ann√©e de Pierre Ier d'Aragon. Apr√®s 1284, Malte sombre dans un isolement extr√™me mais l'incorporation √† la couronne aragonaise, jusqu'en 1410, puis castillane (jusqu'en 1530) ram√®ne l'archipel dans un ensemble communautaire plus vaste, l'Espagne, et ce durant 250 ans (Marie Lory, Malte, 2004 - books.google.fr).

 

En mai 1241, la première bataille de la Meloria vit la flotte de l'empereur du Saint-Empire, Frédéric II, aidée par la république de Pise affronter une escadre génoise qui transportait des prélats anglais, français et espagnols se rendant auprès du pape Grégoire IX avec lequel l'empereur était en conflit. Trente navires génois furent coulés : cf. V, 62 - Le secret des secrets - 1897-1898.

 

Plus tard les villes dépendantes de Gênes révoltées contre la métropole, et le port génois est attaqué par voie de mer et de terre à Levano à l'est puis à l'ouest. La ville de Gênes est défendue par le podestat Pelavicini et Ansald de Mari (Heinrich Leo, Histoire d'Italie, depuis les premiers temps jusqu'à nos jours, Tome 1, traduit par M. Dochez, 1844 - books.google.fr).

 

Venusberg

 

Le ch√Ęteau de la Wartburg, construit au XIe si√®cle, est situ√© √† deux kilom√®tres au sud d'Eisenach. D'apr√®s la l√©gende, le po√®te Tannh√§user, au XIIIe si√®cle, y aurait v√©cu aupr√®s de V√©nus. Ce ch√Ęteau est, effectivement, c√©l√®bre par les s√©jours qu'y accomplirent les deux Minnes√§nger (trouv√®res) de Tannh√§user, ainsi que sainte √Člisabeth de Hongrie et Martin Luther. Selon la tradition, les aum√īnes qu'√Člisabeth portait aux pauvres, cach√©es dans son tablier, se chang√®rent en roses, un jour o√Ļ son √©poux la surprit dans l'exercice de ses charit√©s (Alan William Raitt, Pierre-Georges Castex, Jean-Marie Bellefroid, Ňíuvres compl√®tes de Auguste comte de Villiers de L'Isle-Adam, Tome 2, 1986 - books.google.fr).

 

Je ne quitterai pas Henri d'Ofterdingen sans dire quelques mots d'un personnage avec lequel on l'a quelquefois confondu (E.T.C. Lucas, 1838 et Ludwig Bechstein, 1835, qui rapproche le tournoi de La Wartburg avec Tannhauser), et qui serait peu c√©l√®bre si une int√©ressante l√©gende et surtout le chef-d'Ňďuvre musical qui porte son nom ne l'avaient immortalis√© : je veux parler du Tannhauser, Minnesinger, dont la collection de Manesse nous a conserv√© des chants anim√©s d'une passion toute profane qui rappelle la po√©sie des troubadours.

 

Il passa une partie de sa vie √† la cour du duc Fr√©d√©ric d'Autriche, et prit part √† la croisade, sans doute en 1228 : aussi est-il repr√©sent√© avec une croix sur la poitrine. La tradition populaire assure qu'il s√©journa longtemps dans le Venusberg, empire de Freia, la V√©nus germanique. Un jour, pris de remords, il se rendit √† Rome pour confesser son crime au pape Urbain IV, qui r√©gna de 1261 √† 1264 ; mais celui-ci, montrant le b√Ęton du p√®lerin, lui dit qu'il ne devait attendre de pardon que si ce bois mort pouvait reverdir. Le Tannhauser, d√©sesp√©r√©, retourna au Venusberg et y disparut pour jamais; mais trois jours apr√®s, un feuillage vert, signe du pardon c√©leste, avait couronn√© ce b√Ęton dess√©ch√©. Telle est la l√©gende r√©p√©t√©e d'√Ęge en √Ęge que la po√©sie et la musique ont chant√©e.

 

Quant √† la conjecture de M. Lucas, d'apr√®s laquelle TannhŇďuser pourrait √™tre le m√īme personnage que Henri d'Ofterdingen , elle est fond√©e sur le s√©jour de ces deux po√®tes √† la cour d'Autriche, sur l'√©loge que TannhŇďuser fait du landgrave Hermann, et sur certaines analogies de la l√©gende du Venusberg avec divers √©pisodes des po√®mes du cycle germanique dont on croit qu'Ofterdingen est l'auteur; de m√™me c'est dans une montagne de Thuringe, l'HŇďrselberg, qu'on a plac√© la demeure de V√©nus. C'est sur cette identit√© de TannhŇďuser avec Ofterdingen et sur sa pr√©sence en Thuringe que repose la donn√©e du c√©l√®bre op√©ra de Richard Wagner qui a pour titre TannhŇďuser et le Tournoi po√©tique de la Wartburg o√Ļ le po√®te-musicien a ing√©nieusement combin√© la l√©gende du TannhŇďuser, sujet √©minemment dramatique par la peinture des passions, et qui, comme √©tude du cŇďur humain, a beaucoup d'analogie avec le Faust de GŇďthe.

 

Klinsor est surtout c√©l√®bre par sa participation √† la lutte de la Wartburg qui arriva en 1206. Rote donne √† ce sujet beaucoup de d√©tails dont voici la substance. Ofterdingen, au sortir de la Wartburg, obtient du duc d'Autriche une lettre de recommandation pour Klinsor, qui l'accueille avec bienveillance, mais qui diff√®re sou d√©part, en sorte qu'il laisse √©couler le d√©lai d'un an accord√© √† Ofterdingen. Celui-ci se d√©sole, la veille du jour o√Ļ il doit repara√ģtre √©tant arriv√©e. Mais Klinsor plonge Ofterdingen dans un sommeil magique, et le transporte en une nuit √† Eisenach dans l'auberge d'Hellegraf, o√Ļ il se r√©veille avec surprise. La lutte d'√©nigmes commence entre Klinsor et Wolfram. Il est √† remarquer que toutes les √©nigmes propos√©es renferment un enseignement moral ou une allusion √† un dogme religieux, et que Klinsor, que son caract√®re de magicien et son s√©jour en Orient font g√©n√©ralement regarder comme √† demi pa√Įen, ne perd pas une occasion de se dire chr√©tien et de faire preuve de pi√©t√©. N√©anmoins il met en pratique sa sorcellerie. Dans un premier √©pisode, que je crois interpol√© post√©rieurement √† la composition primitive du po√ęme, il se fait remettre par un esprit une lettre chald√©enne pleine de d√©blat√©rations contre le clerg√© simoniaque. A la fin du po√ęme, quand il voit qu'il ne peut par sa seule science triompher de Wolfram, il le fait √©prouver la nuit par un diable nomm√© Nasion, que le chevalier chr√©tien met en fuite avec le signe de la croix. [...]

 

L'incident le plus curieux du séjour de Klinsor en Thuringe est sa prédiction de la naissance de sainte Elisabeth, comme le raconte Dietrich de Thuringe, dominicain d'Erfurt, en 1289 (Vie de ste Elisabeth) (Louis Charles Marie Emmanuel Artaud-Haussmann, Le tournoi poétique de la Wartburg : poème allemand du treizième siècle traduit pour la première fois en français, 1865  - archive.org, Dictonnaire Encyclopedique De La Theologie Catholique, Tome VI, 1859 - books.google.fr).

 

Sainte Elisabeth de Hongrie était la belle-soeur de Henri Raspe, épouse de son frère Louis IV de Thuringe. Louis IV est le fils du landgrave de Thuringe Hermann Ier et de sa seconde épouse Sophie une fille du duc Othon Ier de Bavière. Son fils Hermann II de Thuringe lui succède sous la régence de ses oncles Henri Raspe et Conrad de Thuringe (fr.wikipedia.org - Louis IV de Thuringe).

 

Le roi Andr√© II (1176 ‚Äď 1235) fut accompagn√© dans sa croisade en Orient, en 1217, par deux c√©l√®bres Minnes√§nger allemands, Reuenthal et Tannh√§user. C'est √† la m√™me √©poque que Ladislas Ier, dont la canonisation avait √©t√© sollicit√©e par B√©la III, commen√ßa √† devenir aux yeux des Hongrois, l'incarnation m√™me de l'id√©al du chevalier (Histoire de la Hongrie: des origines √† nos jours, 1974 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Andr√© II de Hongrie).

 

Quatrain précédent

 

Venusberg désigne en allemand le pénil (Nouveau dictionnaire François, Allemand et Polonois, Tome 2, 1800 - books.google.fr).

 

P√©nil (Anatom) : partie ant√©rieure de l'os barr√© qui est autour des parties naturelles, & qui se couvre de poil, la marque de la pubert√©, tant aux m√Ęles qu'aux femelles (Encyclop√©die ou dictionnaire des sciences, des arts et des m√©tiers, Tome Douzieme : PARL - POL, 1765 - books.google.fr).

 

Ce qui conduit à rappeler les maladies vénériennes entrevues dans le quatrain précédent IV, 67 - La syphilis et l'homéopathie - 1827-1828.

 

Paracelse situe le Venusberg en Italie (Paracelsus, De causa et origine morborum. Das ist: Von Vrsachen vnd herkomen der kranckheiten. De morbis invisibilibus. das ist: Von den vnsichtbaren Kranckheiten, 1565 - books.google.fr).

 

En rapport avec la datation des trois quatrains précédents, dans l'édition de 1498 de la Nef des Fous de Sebastian Brandt, sont cités Tannhauser et le Venusberg (Wilhelm Ludwig Holland, Schriften zur Geschichte der Dichtung und Sage: Anmerkungen zu den volksliedem; Über das altfranzösische epos, Tome 4, 1869 - books.google.fr).

 

Toujours chez Brandt, dans ses Esopi fabularum, une xylographie repr√©sente un sauvage anthropophage avec les traits d'un Mongol, tel qu'il est caricatur√© dans la Chronica majora de Matthieu Paris (‚ÄėYobenj Aucardo Chicangana-Bayona, Los inclusi del Nuevo Mundo: cartograf√≠a y canibalismo en el siglo XVI., Tierra firme. El Dari√©n en el imaginario de los conquistadores, 2011 - books.google.fr).

 

Acrostiche : ELDC, Eldac

 

Eldac (ou Eldad chez Segond) avec Meldac (ou Medad) sont deux H√©breux qui proph√©tisent dans le d√©sert pendant l'Exode. C'est le miracle des cailles dont le peuple h√©breu se rassasie, lass√© de la manne, il en sera malade. On peut penser √† la cigu√ę dont se nourrissent les cailles comme l'indique Pyrrhon chez Diog√®ne La√ęrce (Opera Omnia: Olim In Tres, Nunc Primum Vero Pro Maiore Commoditate In Sex Tomos Distinctae, Sive Reductorium, Repertorium, Et Dictionarium Morale Utriusque Testamenti Quadripartitum, Catholicum, Philosophicum, Volume 3 , 1712 - books.google.fr, www.nonagones.info - Autour de Rennes - Baphomet, loup et pneuma).

 

Les H√©breux d√©vorent les cailles comme des loups, avec "la chaire entre les dents sans avoir √©t√© m√Ęch√©e".

 

La gueule du loup, dans la mythologie scandinave, est un symbole de réintégration cyclique, ce qu'il faut sans doute rapprocher du loup avaleur de la caille dont parle le Rig-Véda. Si la caille est un symbole de lumière, la gueule du loup  c'est l'aurore, la lumière initiatique faisant suite à la descente aux enfers (...) L'aspect lumineux du loup en fait un symbole solaire. Le loup a aussi chez les Mongols un caractère nettement solaire (Chevalier et Gheerbrant, Dictionnaire des Symboles) (Gérard Bayo, La révolte d'Arthur Rimbaud, 1995 - books.google.fr).

 

C'est dans les maladies cutan√©es que Jean Wier, au XVIe si√®cle, commen√ßa √† faire usage de la cigu√ę. Il l'employait contre les dartres, la teigne et, dans le gale r√©percut√©e. Locher vante ses vertus dans la plupart des affections de la peau (Obs. pract., 1762). Une famille enti√®re attaqu√©e d'une l√®pre dartreuse en a √©t√© d√©livr√©e par la cigu√ę (Haller, Mat. m√©d.). Dans les maladies cutan√©es les plus incommodes, soit aigu√ęs, soit chroniques, Fantonetti a employ√© avec succ√®s les bains locaux ou g√©n√©raux de cigu√ę. Ils sont, dit-il, un calmant et un contre-stimulant par excellence (Giorn. per serv. ai proy. della pathol., 1837). Martin Damourette et Pelv√© constatent les succ√®s incontestables de la cigu√ę dans les affections morbides de la peau de nature dartreuse, scrofuleuse, syphilitique, ulc√©reuse, etc., aussi bien pour les pr√©parations internes qu'externes. Nous ne saurions trop engager nos confr√®res √† √©tudier les propri√©t√©s de la cigu√ę dans les affections de la peau o√Ļ l'on peut soup√ßonner un principe scrofuleux ou syphilitique d√©g√©n√©r√© (Martin-Lauzer, Maladies dans lesquelles on emploie la grande cigu√ę (conium maculatum), Revue de th√©rapeutique medico-chirurgicale, 1873 - books.google.fr).

 

Dans sa Destruction du royaume de Hongrie par les Tartares sous le roi Bela IV, Roger, chanoine du chapitre de Weradin, d√©crit la situation o√Ļ il se trouva avec beaucoup d'autres de ses compatriotes, lorsque les barbares eurent abandonn√© la Hongrie : ¬ęNous commen√ßames √† parcourir cette terre d√©peupl√©e. Les clochers des √©glises nous servirent de guides pour aller d'un lieu √† un autre ; car toute notre route √©tait couverte ¬Ľ d'herbes et de buissons. Les porreaux, l'ail et les oignons qui √©taient rest√©s dans les jardins des paysans, nous servaient quelquefois de nourriture, et ils me paraissaient d√©licieux. La plupart du temps, nous remplissions nos ventres affam√©s de mauves ou de racines de cigu√ę.¬Ľ (M. Michaud, Biblioth√®que des croisades, Chroniques d'Allemagne et du Nord de l'Europe ; Chroniques diverses ; Chroniques Grecques, Turques et Arm√©niennes, Troisi√®me Partie, 1829 - books.google.fr).

 

Autant en dit on de Socrates lequel, amateur de chasteté, estant appellé au iugement, pour donner sentence de trois deesses, Pallas, Iuno, & Venus, laquelle estoit la jugement de plus excellente, & mieux meritee, il ne feit Socrases, pas comme Paris lascif adolescent, car il repudia Venus, & adiugea le pris à Pallas deesse de science qui estoit vierge (comme raconte Marcilius Ficinus en vne sienne epistre) mais Venus du despit qu'elle eut le feit iniustement mourir du poison de Cigue, ainsi donc la chair signifiee par Venus tasche a triompher de l'esprit, & persecute celuy qui veut viure chastement, mais elle ne pourra preualloir. Car chasteté est trop forte pour elle, & ne la pourra surmonter. C'est pourquoy elle est au milieu de l'Eglise comme une lampe resplendillante (Pierre Crespet, Trois livres du saint amour de Dieu et du pernicieux amour de la chair, & du monde, 1590 - books.google.fr).

 

Marsile Ficin (en latin Marsilius Ficinus, en italien Marsilio Ficino), n√© √† Figline Valdarno en Toscane le 19 octobre 1433 et mort √† Careggi pr√®s de Florence le 1er octobre 1499, est l'un po√®te et philosophe italien des plus influents de la Premi√®re Renaissance italienne. Il dirigea l'Acad√©mie platonicienne de Florence, fond√©e par Cosme de M√©dicis en 1459, et il eut pour disciples et coll√®gues de travail Jean Pic de la Mirandole, Ange Politien et J√©r√īme Benivieni. Il a traduit et comment√© l'Ňďuvre de Platon et de Plotin, il connaissait l'Ňďuvre d'Aristote, il s'int√©ressa aussi √† l'occultisme et l'herm√©tisme, et fut le repr√©sentant majeur du n√©oplatonisme m√©dic√©en. Sa philosophie, composition intime de m√©taphysique, de religion et d'esth√©tique, fit autorit√© en son temps (fr.wikipedia.org - Marsile Ficin).

 

Typologie

 

Le report de 1829 sur la date pivot 1241 (Delphos) donne 653.

 

Dans le quatrain suivant IV, 69, un modèle de Venusberg peut se retrouver dans les Monts de la Sibylle près de Nursie (Norcia) patrie du fondateur de l'ordre bénédictin.

 

On croit que son corps fut depuis transporté en France vers lan 660, à l'Abbaie de Fleury, dite S. Benoit sur Loire, comme non seulement les Historiens Français, mais aussi Paul Diacre du Mont-Cassin l'assurent (Le grand dictionaire historique, ou Le mêlange curieux de l'histoire sacrée et profane, Tome 2, 1740 - books.google.fr).

 

Bient√īt de nombreux monast√®res ont √©t√© fond√©s √† travers l'Europe, et partout il y avait des h√īpitaux comme √† Monte Cassino. Au H√®me si√®cle, certains monast√®res formaient leurs propres m√©decins. Id√©alement, de tels m√©decins d√©fendraient l'id√©al christianis√© du gu√©risseur qui offrait mis√©ricorde et charit√© √† tous les patients et soldats, quels que soient leur statut et leur pronostic. Aux Vle-Xlle si√®cles, les B√©n√©dictins ont √©tabli de nombreuses communaut√©s de moines de ce type. Et plus tard, aux XIIe-XIIIe si√®cles, l'ordre des B√©n√©dictins a construit un r√©seau d'h√īpitaux ind√©pendants, d'abord pour fournir des soins g√©n√©raux aux malades et aux bless√©s, puis pour le traitement de la syphilis et l'isolement des patients atteints de maladies transmissibles. Le mouvement hospitalier s'est propag√© √† travers l'Europe au cours des si√®cles suivants, avec un h√īpital de 225 lits construit √† York en 1287 et des installations encore plus grandes √©tablies √† Florence, Paris, Milan, Sienne et d'autres grandes villes europ√©ennes m√©di√©vales (Yavor Mendel, John Kaisermann, Milos Pawlowski, Histoire de la m√©decine, 1995 - books.google.fr).

 

Les premiers ouvrages dans lesquels ces v√©rit√©s sont expos√©es furent publi√©s sous des noms compos√©s de mani√®re √† faire croire qu'ils appartenaient √† la plus haute antiquit√©, comme, par exemple, les noms de Basile Valentin, qui signifient roi puissant. On a cru qu'un homme de ce nom avait exist√© dans le quinzi√®me si√®cle, et l'on a m√™me articul√© qu'il √©tait b√©n√©dictin √† Erfort; c'est vraisemblablement une erreur, car il n'y a jamais eu de couvent de b√©n√©dictins √† Erfort. L'histoire n'y mentionne qu'un monast√®re de femmes ; mais Erfort ou Erfurth a eu une universit√©, fond√©e par Dagobert : il se pourrait que ce f√Ľt un de ses professeurs qui aurait publi√© l'ouvrage dont il s'agit. Il parut d'abord en allemand et ensuite en langue latine Quoi qu'il en soit, c'est √† Basile Valentin qu'on attribue la d√©nomination d'antimoine, que porte maintenant le stibium des anciens. On pr√©tend qu'il avait donn√© de cette substance √† des cochons, et qu'ayant remarqu√© que ceux-ci √©taient ensuite devenus tr√®s gras, il en avait fait prendre √† ses moines, ext√©nu√©s de je√Ľnes et de mortifications ; mais la plupart √©tant morts, au lieu d'engraisser, il nomma anti-moine la substance qu'il leur avait administr√©e. La date des ouvrages de Valentin n'est pas connue plus que sa personne; mais elle n'est pas aussi recul√©e qu'on l'a dit, car il mentionne le mal de Naples, qui ne parut qu'en 1495 (Jean L√©opold Nicholas Fr√©d√©ric Cuvier, Histoire des sciences naturelles, depuis leur origine jusqu'√† nos jours, Tome 1, 1841 - books.google.fr).

 

Dagobert était le père de Sigebert III d'Austrasie, mort entre 650 et 662, qui fut battu par Radulf nommé duc de Thuringe par Dagobert, révolté contre lui (Abel Hugo, Histoire générale de France depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Tome 2, 1857 - books.google.fr).

 

Erfurt est la capitale de la Thuringe.

 

Wagner (1813-1883)

 

Le J√©sus de Nazareth, esquiss√© en 1848, ne d√©passa pas le sc√©nario, pour cette raison surtout qu'il s'appuyait trop sur les √©v√©nements historiques. Ce qui, de ce sc√©nario, lui parut convenir √† la musique dramatique, trouva, en partie, son emploi, par la suite, dans Parsifal. Enfin il prit son parti, et s'attaqua au fond m√™me des l√©gendes. Ce ne sont pas leurs incidents qu'il copie ; il ne fond pas entre elles les donn√©es de divers cycles l√©gendaires, pour en faire un seul op√©ra ; il leur emprunte les motifs po√©tiques efficaces, les traite √† sa mani√®re et cr√©e ainsi, par une libre m√©tamorphose de la tradition, des figures nouvelles et vivantes. Il √©vite le vague dans la conception et dans l'ex√©cution, d√©faut si fr√©quent chez les po√®tes romantiques et si nuisible √† leurs productions ; il isole le noyau et lui donne une nouvelle enveloppe de po√©sie. Il discerne avec clart√© les ressorts de l'action, et leur force dramatique. Avec les mat√©riaux que lui livre le pass√©, il √©l√®ve des constructions nouvelles, d'un art accompli. Plus tard (1851, IV, 269), il pense avoir trouv√© dans ce Livre populaire une liaison l√Ęche entre les deux sujets de Tannh√§user et de la Guerre des chanteurs, et en avoir subi l'ascendant irr√©sistible. Nos recherches, jusqu'√† ce jour, n'ont pas √©tabli quel pouvait √™tre ce Livre populaire. On peut supposer ici une r√©miniscence de la lecture, que Wagner avait faite, en 1829, du conte de Tieck, Le fid√®le Eckart, de son Tannh√§user (1799) et de la nouvelle de E. T. A. Hoffmann, le Combat des chanteurs. Cette lecture l'avait mis dans une humeur mystique et fantastique, ¬ęsans cependant exercer aucune influence sur son go√Ľt de cr√©ation artistique¬Ľ (Guido Adler, Richard Wagner: Conf√©rences faites √† l'Universit√© de Vienne et revues pour la traduction fran√ßaise, traduit par Louis Laloy, 1909 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Ludwig Tieck).

 

Péril jaune

 

Cf. quatrains V, 62 - Le secret des secrets - 1897-1898 et V, 67 - Le péril jaune - 1901-1902.

 

L'interpr√®te de l'Apocalypse de saint Jean de 1828 sait bien que ¬ęle territoire de la Chine renferme une population de 200 millions d'√Ęmes¬Ľ ; mais, bien qu'il croie fermement - puisque l'Apocalypse le dit - que la guerre de l'Ant√©christ sera men√©e surtout par les ¬ępeuples d'Orient¬Ľ il ne pense nullement au ¬ęp√©ril jaune¬Ľ, dont peu de gens avaient le pressentiment √† son √©poque. La puissance militaire des quatre grands royaumes europ√©ens - en 1828 - le rassure ; ou plut√īt rassure sa raison. Et pourtant, il reste convaincu qu'√† la fin du XXe si√®cle les arm√©es d'Orient ravageront l'Europe... En 1999, les Chinois pourront facilement mobiliser 200 millions d'hommes et de femmes. Je ne les soup√ßonne nullement d'√™tre le peuple de l'Ant√©christ, mais je trouverais assez vraisemblable qu'ils fussent les envahisseurs pr√©dits (Ren√© Nelli, Journal spirituel d'un cathare d'aujourd'hui, 1970 - books.google.fr).

 

Les malheurs annonces pour l'ouverture du sixi√®me sceau et que nous venons de d√©tailler, d'apr√®s le texte sacr√©, sont, comme on a pu le voir, de divers genres, et ne doivent arriver que successivement, ceux dans l'ordre politique et moral devant pr√©c√©der ceux dans l'ordre temporel. Il y aurait sans doute de la t√©m√©rit√© √† vouloir fixer l'√©poque pr√©cise de chacun de ces malheurs, mais il est possible d'entrevoir la place des derniers par la liaison et les rapports qui existent entre la finale de la sixi√®me trompette, et le commencement de la sixi√®me coupe, attendu qu'√† la premi√®re √©poque, les quatre anges qui sont encha√ģn√©s sur le grand fleuve de l‚ÄôEuphrate doivent √™tre d√©li√©s, et qu'√† la seconde, les eaux da grand fleuve de l‚ÄôEuphrate seront s√©ch√©es pour ouvrir le chemin aux rois qui doivent venir de l'Orient. C'est donc toujours dans les m√™mes contr√©es de l'Asie que la justice divine tient en r√©serve ces peuples f√©roces et nombreux pour ex√©cuter au premier signal ses terribles vengeances ; car, selon la remarque historique de William Guthrie, dans son abr√©g√© de la g√©ographie universelle, c'est de la grande Tartarie ou Scithie que sont sortis les Hans pour ravager l'Europe dans le cinqui√®me si√®cle, sous la conduite d'Attila; les Turcs qui ont fond√© l'empire ottoman ; les Mogols, qui se sont empar√©s de la Perse et de l'Inde ; et les Mantch√©ous, qui se sont rendus ma√ģtres de la Chine. L'√©tendue immense de ces contr√©es et leur grande population font concevoir, la premi√®re, qu‚Äô√† raison du plus ou moins de distance o√Ļ se trouveront ces divers peuples du point de leur r√©union commune, les uns, selon la proph√©tie, ne puissent se rendre que dans un an, tandis que les autres seront pr√™ts pour le mois, le jour et l'heure. La seconde fait concevoir aussi que ces peuples r√©unis puissent former une arm√©e de cavalerie de deux cent millions, nombre que S. Jean affecte de r√©p√©ter deux fois au verset 16 du chapitre 9, pr√©voyant sans doute l'√©tonnement qu'il causerait en le consignant dans son apocalypse. Quelqu'extraordinaire que paraisse ce nombre, que bien d'interpr√®tes ont cru all√©gorique et exprimer seulement une r√©union innombrable, nous le croyons positif, parce qu'il est consign√© dans la proph√©tie sans √©quivoque, pour deux cent millions, et parce que si S. Jean n'avait voulu indiquer qu'un nombre ind√©fini, il se serait servi dans cette circonstance de l'expression qu'il a employee ailleurs en parlant d'une r√©union autant et plus consid√©rable des m√™mes peuples, sous les ordres de l'Ant√©christ et du faux proph√®te, dont il dit le nombre √©gal √† celui du sable de la mer. ¬ęEt congregabit eos in pr√¶lium, quorum numerus est sicut arena maris. Finale du v. 7, au chap. xx de l‚ÄôAp. ¬Ľ Nous dirons √† l'appui de notre opinion que d'apr√®s tous les rapports g√©ographiques et historiques, plusieurs moyens locaux concourent en Asie √† la possibilit√© effective de ce nombre extraordinaire annonc√© par S. Jean: le seul empire de la Chine renferme une population de deux cent millions d'√Ęmes, et son √©tendue, quoique tr√®s-vaste, ne couvre pas la dixi√®me partie du sol de l‚ÄôAsie. Les immenses r√©gions de la Tartarie ne sont pas moins peupl√©es, et produisent en outre une quantit√© √©norme de chevaux domestiques et sauvages qui servent aux Tartares √† faire toutes leurs courses √† cheval, ce qui fait pr√©sumer que toutes leurs bandes, √† l'√©poque de leur irruption, formeront des corps de cavalerie. On pourrait ajouter, pour diminuer l'√©tonnement sur le nombre extraordinaire que S. Jean a vu proph√©tiquement, que dans les 200 millions de cavalerie, est comprise la nombreuse et formidable artillerie qui doit faire partie de cette exp√©dition et dont il a si bien d√©peint la forme et les terribles effets, pr√®s de 1300 ans avant son invention, que cette seule circonstance devrait faire ajouter foi √† sa pr√©diction. Comme il s'agit encore de former cette arm√©e extraordinaire de tous les Rois et peuples de l'Orient, on doit bien y comprendre ceux du Mogol, de l'Indostan et de tant d'autres √©tats de l'Inde, en de√ß√† et au del√† du Gange, ceux de la Perse, de l‚ÄôArabie, ainsi que ceux de la Turquie-Asiatique; car c'est pr√©cis√©ment dans ces derni√®res contr√©es que se trouvent les plus grands ennemis du christianisme, et par cons√©quent ceux qui montreront le plus d'ardeur pour l'an√©antir. Si l'on ajoute enfin √† toutes ces circonstances, les terribles effets d'une arm√©e, par l'artillerie de laquelle, la proph√©tie fait exterminer la troisi√®me partie des habitans de la terre, on sentira la futilit√© d'en contester le nombre (Conjectures sur la fin prochaine du monde: pour servir d'antidote contre les s√©ductions du temps, 1828 - books.google.fr).

 

En 1828, personne ne consid√©rait comme historiquement possible ni m√™me comme probable √† longue √©ch√©ance la restauration d'un √©tat juif en Palestine. Notre auteur la pr√©dit Comme certaine et, au contraire des savants s√©rieux qui l'eussent jug√©e impossible en 1828 et de nos historiens actuels qui maintenant, en 1970, trouvent que c'est un ph√©nom√®ne ¬ętr√®s explicable¬Ľ, il d√©clare honn√™tement qu'il ne sait pas comment cela se fera, mais que cela se fera tout de m√™me. ¬ęIl peut bien √™tre, dit-il, dans les desseins de Dieu que leur aveuglement m√™me (toujours le m√™me sch√©ma : la causalit√© mystique op√®re par retournement ou co√Įncidence des contraires !) contribue √† faire rentrer les Juifs dans la Palestine √† leur faire relever les ruines de J√©rusalem en donnant √† la ville l'enceinte et l'importance des grandes cit√©s¬Ľ (p. 26). Pour quelle √©poque notre proph√®te pr√©voit-il le retour des Juifs en Palestine ? Pour 1860. Il se trompe, je l'ai dit plus haut, de pr√®s d'un si√®cle (1860 - 1948). Mais enfin, il ne se trompe pas sur le fond constitu√© ici par un √©v√©nement vraiment extraordinaire. Et son erreur s'explique facilement par la difficult√© qu'il y a toujours, en pareil cas, √† choisir le v√©ritable point de d√©part de la chronologie proph√©t1que. A-t-il pr√©vu - d'apr√®s l'Apocalypse - la pers√©cution de 1939-1945 contre les Juifs, pers√©cution dont tout le monde reconna√ģtra, je pense, qu'il √©tait vraiment difficile en 1828 et m√™me en 1928 (par exemple) d'affirmer la possibilit√© ? Oui. Il la situe entre 1912 et 1957 : ce en quoi il ne se trompe pas. Mais il n'a pas ¬ęvu¬Ľ qu'elle pr√©c√©derait l'√©tablissement des Juifs en Palestine, ce qui lui e√Ľt pourtant permis d'¬ęexpliquer¬Ľ par des causes pr√©cises, et selon la raison humaine, ce ph√©nom√®ne historique. Il est vrai qu'il doit y avoir selon l'Apocalypse une autre pers√©cution dirig√©e contre les Juifs par l'Ant√©christ (en 1999, affirme cet auteur). A-t-il pr√©dit le nombre des victimes ? Oui, c'est celui que donne l'Apocalypse : 146 000. Il y en a eu, para√ģt-il, 6 millions. Il se trompe donc de beaucoup. Il subit ici malgr√© lui l'influence des historiens et des esprits s√©rieux de son √©poque qui n'auraient jamais admis - pas plus d'ailleurs que ceux de notre si√®cle, quoi qu'ils racontent apr√®s coup - qu'il f√Ľt possible de voir l'une des plus brillantes. nations de l'Europe, organiser un tel massacre, en plein XIXe si√®cle, ou en plein XXe. En vertu des lois analogiques qui r√©gissent la Forme du Fatidique, il pense, naturellement, que le rappel des Juifs dans leur patrie sera l'Ňďuvre de l'Ant√©christ (Ren√© Nelli, Journal spirituel d'un cathare d'aujourd'hui, 1970 - books.google.fr).

 

Le rappel des Juifs en Palestine, par l'Ant√©christ qui favorisera la r√©√©dification de J√©rusalem et celle du Temple, qui fera donner √† la premi√®re une si vaste enceinte qu'il y √©tablira le si√®ge de son empire universel, et qui fera du Temple le lieu principal o√Ļ il se fera adorer comme le dieu supr√™me, tout comme le vrai Messie. L'irruption de cette arm√©e prodigieuse de cavalerie qui viendra fondre sur tous les royaumes, en d√©truira les limites, portera la d√©solation chez tous les Rois, les princes, les forts, les puissans, les hommes esclaves ou libres, fera p√©rir la troisi√®me partie des habitans de la terre par le feu de l'artillerie qu'elle tra√ģnera √† sa suite, et laissera le reste √† la merci de f√©roces vainqueurs; punition terrible qu'exercera sur les habitans de la terre la justice de Dieu fortement irrit√©e des continuels blasph√®mes de l'impi√©t√© contre son Christ, et du m√©pris injurieux qu'elle aura fait de sa longue patience √† les supporter (Conjectures sur la fin prochaine du monde: pour servir d'antidote contre les s√©ductions du temps, 1828 - books.google.fr).

 

 

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