Emancipation des catholiques en Grande Bretagne

Emancipation des catholiques en Grande Bretagne

 

IV, 89

 

1843-1844

 

Trente de Londres secret conjureront,

Contre leur roy sur le pont l’entreprise :

Luy , satalites la mort degousteront,

Un Roy esleu blonde, natif de Frize.

 

Ce quatrain traiterait de l’émancipation des catholiques en Grande Bretagne. Elle fut souhaitée par Castlereagh, qui, surmené, se suicida en 1822 [1], lors de l’Acte d’union entre la Grande Bretagne et l’Irlande de 1800. Le roi George III, qui mourut fou, y était fortement opposé. Canning, partisan de la réforme, premier ministre en 1827, mourra la même année. Elle fut accordée par le premier ministre Wellington  en 1829, avec l’accord du roi George IV, par crainte de troubles graves en Irlande si le fondateur de l’Association catholique O’Connell, élu illégalement député, ne pouvait siéger au Parlement. L’émancipation fera l’objet de la réprobation d’une partie de l’opinion. Les « Trente de Londres » désigneraient les 30 lords spirituels qui « s’opposèrent dans leur grande majorité à la réforme. Cela se comprend dans la mesure où l’accès au vote d’une partie des non-conformistes pouvaient menacer à terme les privilèges de l’Eglise établie [2] ». En effet la « Chambre des Lords comprenait les lords spirituels – 30 évêques anglicans – et les lords temporels, nobles siégeant à titre héréditaire ou désignés parles grandes familles d’Ecosse et d’Irlande [3] ». Les bénéficiaires de la réforme eurent le droit de vote, le droit de siéger au Parlement et d’occuper presque tous les postes de l’Etat.

 

De 1841 à 1846, Robert Peel fut premier ministre de la reine Victoria et supprima certaines incapacités qui pesaient encore sur les catholiques et les juifs. En 1829, Peel était secrétaire du ministère de l’Intérieur et avait eu dans sa jeunesse un prêtre catholique comme précepteur [4].

Victoria, montée sur le trône en 1837, faisait partie de la dynastie des Hanovre qui régnait sur la Grande Bretagne depuis 1714, « choisie » pour sa religion protestante par l’Acte d’établissement de 1701 qui excluait les catholiques Stuart. Le Hanovre, en 1815, comprenait une partie de la Frise qui est partagée entre les Pays-Bas et l’Allemagne.

 

In 1822 Byron was delighted to hear of the suicide of the tyrannical English minister, Lord Castlereagh, who had been largely responsible for the bloodthirsty suppression of unemployed demonstrations at Peterloo and elsewhere. He expressed his pleasure in two amusing couplets which appeared in two different newspapers: So he has cut his throat at last ! — He ? Who ? The man who cut his country's long ago (Annette Teta Rubinstein, The Great Tradition in English Literature from Shakespeare to Shaw: William Shakespeare to Jane Austen, 1969 - books.google.fr).

 

Ainsi donc, il s'est coupé le cou ! — lui ! Qui ? l'homme qui avait coupé le cou de son pays il y a bien longtemps (Epigramme sur Lord Castlereagh) (Oeuvres complètes de Lord Byron, traduit par Amédée Pichot, 1842 - books.google.fr).



[1] « satalites… degousteront » : « satalites » du latin « satellites » signifiant ministres, auxiliaires constituant l’entourage de Castlereagh dégouté de la vie

[2] Jacques Carré, « La Grande Bretagne au XIXème siècle », Hachette, 1997, p. 123

[3] A. Malet et J. Isaac, Révolution, Empire, 1ère moitié du XIXème siècle », Hachette, 1929, p. 555

[4] S. Dayras et C. d’Haussy, « Le catholicisme en Angleterre », Armand Colin, 1970, p. 85

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