Prémices de l'indépendance grecque

Prémices de l'indépendance grecque

 

IV, 38

 

1806

 

Pendant que Duc Roy, Royne occupera,

Chef Bizant du captif en Samothrace:

Avant l'assault l'un l'autre mangera,

Rebours ferré suyvra du sang la trace.

 

IV, 39

 

1806-1807

 

Les Rhodiens demanderont secours,

Par le neglect de ses hoyrs delaissee.

L'empire Arabe revalera son secours,,

Par Hesperies la cause redressee.

 

Histoire de Samothrace

 

Samothrace est une île grecque de la mer Égée, dans la partie de la mer de Thrace, entre Imbros et Thasos à proximité des côtes de la Thrace. [...] La christianisation de l'Empire romain d'Orient place l'île de Samothrace dans la civilisation byzantine jusqu'en 1204, lorsqu'elle est conquise par la quatrième croisade. Elle est possession des Vénitiens jusqu'en 1355 où ils sont évoncés par une famille génoise, les Gattilusi. Elle est conquise par les Turcs en 1455, reprise par les armées papales, et retombe entre les mains des premiers pour près de cinq siècles en 1457 (fr.wikipedia.org - Samothrace).

 

Il y a un prisonnier coempereur byzantin ("chef") à Samothrace : Constantin Lacépène mort dans l'île en exil vers 948. Un chef religieux, saint Théophane meurt encore là en 818, relégué par Léon V l'Arménien. On ne trouve pas d'anthropophagie à Samothrace sauf des violences assimilées en 1821 (voir "Typologie"). A la fin du Xème siècle, saint Sabas doit faire face au cannibalisme de siciliens fuyant les Sarrazins.

 

Croisade de 1204

 

Le siège de Constantinople de 1204 par les Croisés et les Vénitiens fait suite au premier siège et aboutit à la prise et au saccage de la capitale de l'Empire byzantin (fr.wikipedia.org - Siège de Constantinople (1204)).

 

Le doge Enrico Dandolo, qui participe en personne à l'expédition, dispose d'un moyen de pression (les créances de Venise) sur les croisés. Les prétextes de la défense du « droit hoir » (Alexis IV juste héritier), du châtiment de la ville « infidèle à la loi de Rome », lui servent à apaiser la conscience des barons croisés, tandis qu'aux yeux de tous miroitent les richesses matérielles et spirituelles – les reliques – de Byzance. Le déterminisme économique pousse Venise à dominer Constantinople : l'appel d'Alexis IV fournit le prétexte, les croisés, la masse de manœuvres. Sans Venise, la croisade n'eût pas été « déviée » ; sans la croisade, Venise n'aurait pu fonder son empire en Orient (Cécile Morrisson, Les croisades: « Que sais-je ? » n° 157, Que sais-je ?, 2012 - books.google.fr).

 

Alexis Doukas surnommé Murzuphle renverse Isaac II, Alexis IV et Nicolas Kanabos en janvier 1204, au cours du second siège de Constantinople. Il renforce les remparts de Constantinople et la garde de la ville. Les croisés s'emparent cependant de la ville le 12 avril 1204. Ayant vainement tenté de mobiliser ses sujets, Alexis V tente une contre-offensive, qui échoue. Il s'enfuit alors avec sa maîtresse Eudocie Ange, troisième fille d'Alexis III et cherche refuge chez ce dernier exilé à Mosynopolis en Thrace. D'abord bien reçu, il épouse Eudocie mais Alexis III lui fait ensuite arracher les yeux. Séparé de son épouse et fuyant il est capturé en novembre 1204 par les croisés commandés par Thierry de Loos, amené à Constantinople et jugé par Baudouin Ier de Flandre. Ce dernier le condamne à « avoir les os brisés, comme il les avait brisés au jeune Alexis ». On le fait monter au haut de la colonne de Théodose on l'attache à une planche avant de le précipiter dans le vide (fr.wikipedia.org - Alexis V Doukas Murzuphle).

 

Le duc est peut-être le doge de Venise qui "occupe" les souverains d'Europe par des prétextes pour servir uniquement ses intérêts. Venise s'attribue Samothrace.

 

Au septième siècle, surgissent les arabes qui prennent toutes les provinces d’Afrique et d’Asie à l’empire byzantin, mais les chrétiens peuvent continuer à venir en pèlerinage sur les lieux saints, les arabes ont conquis Jérusalem en 637. Progressivement les chrétiens subissent des discriminations : des impôts, des vêtements spécifiques sont exigés. En 1054, la rupture entre Rome et Constantinople est consommée, certaines églises restent fidèles à Rome (Eglise grecque-melkite catholique). Mais en 1078 les Turcs Seldjoukides contrôlent Jérusalem. Ils détruisent l’église du Saint Sépulcre et tuent les pèlerins chrétiens. Pour ces deux raisons, les croisades démarrent en 1098. En 1204, le sac de Constantinople par les croisés achève la rupture entre l’Orient et l’Occident. De nouveaux envahisseurs surgissent, les turco-mongols avec Gengis Khan en 1200 puis avec Tamerlan en 1400. Puis en 1453, la chute de Constantinople, pris par les Ottomans consacre la conquête ottomane, tout l’Orient dépend du sultan qui devient calife, ayant les autorités spirituelle et politique. La route de la soie et des épices est coupée et cela incite Christophe Colomb à partir vers l’ouest pour créer une nouvelle route. En 1536, François 1er noue des liens avec le Sultan Soliman le Magnifique et signe avec lui le traité des Capitulations qui permet aux navires français d’avoir le monopole du commerce avec les Ottomans et confie au roi la protection des lieux Saints et des chrétiens d’Orient. Et ce traité durera jusqu’à la fin du 19ème siècle (La grande aventure des Chrétiens d'Orient, 2016 - www.afcbrest.fr).

 

Pour ce qui est de l'anthropophagie durant les croisades, l'exemple le plus célèbre est celui de la prise d'Antioche en 1098.

 

Au coeur de la Première Croisade, en 1098, les croisés sont à plusieurs reprises confrontés à la faim, notamment durant leur lutte pour prendre puis garder le contrôle d’Antioche ou encore devant Marrah. Plusieurs narrateurs de ces événements suggèrent que certains, dans le camp chrétien, ont alors eu recours au cannibalisme pour survivre. [...] Guibert de Nogent, qui achève sa Geste de Dieu par les Francs en 1109, fait dans un premier temps preuve d’un certain esprit critique : tout en reprenant le texte de l’Anonyme, il ajoute : «D’autres, à ce qu’on raconte, ont coupé des morceaux de chair sur ces cadavres, les ont fait cuire et les ont mangés. Mais pareils faits se passèrent si rarement et dans un tel secret qu’on a toujours douté de leur réalité ». Dans un second temps, il parle des fameux Tafurs, qu’il est en réalité le seul chroniqueur de la croisade à évoquer, et ramène à l’avant-plan la problématique du cannibalisme. Les Tafurs seraient des pauvres qui accomplissent les basses besognes de la Croisade, dirigés par un «roi » (Vincent Vandenberg, Fames facta est ut homo hominem comederet : l’Occident médiéval face au cannibalisme de survie (Ve-XIe siècle). In: Revue belge de philologie et d'histoire, tome 86, fasc. 2, 2008 - www.persee.fr).

 

L'occitan a "tafaraud" = têtu, indocile. L'ancien français a lui aussi utilisé le mot sous la forme "tafur", avec le sens de fripon, truand, traître ("tafurel" en occitan)." L'indocile occitan rencontre le rebelle "rebours" (Edmond Huguet, Dictionnaire de la langue française du XVIème siècle, 1925) (Pierre Brind'Amour, Les premières centuries, ou, Propheties de Nostradamus (édition Macé Bonhomme de 1555), 1996 - books.google.fr).

 

Les Tafurs, sont 10 000 ribauts dans la Conquête de Jérusalem, et dans la Chanson d'Antioche sont armés de bourdons ferrés ("Rebours ferré") (Philippe Ménard, Le rire et la sourire dans le roman courtois en France au Moyen àge 1150-1250, 1969 - books.google.fr).

 

Histoire de Rhodes

 

Attaquée par les Arabes sous Mu'awiya, le premier calife omeyyade, en 654, Rhodes fut occupée par eux en 673 et utilisée comme une base pendant le premier siège de Constantinople en 674-678. Sa population s'expatria alors sur le continent, en Anatolie. Après la paix de 678/9 entre l'empire grec et le califat omeyyade, l'île fut rendue à Byzance, ses habitants y revinrent, et elle fut rattachée au thème des Cibyrrhéotes (fr.wikipedia.org - Rhodes).

 

L'"empire arabe" est probablement l'empire des Omeyyades (661-750) (Louis-Jean Calvet, La Méditerranée: Mer de nos langues, 2016 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le Chef Byzantin devient le Sultan de Constantinople et l'empire arabe l'empire ottoman. Le début de l'insurrection grecque débute en 1821, 15 ans avant 1806.

 

La guerre d'indépendance grecque (1821-1829), ou Révolution grecque, est le conflit grâce auquel les Grecs, finalement soutenus par les grandes puissances (France, Royaume-Uni, Russie), réussirent à obtenir leur indépendance de l'Empire ottoman. [...] À partir du XVIIIe siècle, le système mis en place par les Ottomans s'essouffla. L'administration était de plus en plus inefficace, le pouvoir du Sultan faiblissait au profit de petits gouverneurs provinciaux. L'armée, qui avait par son fonctionnement et sa puissance permis l'édification de l'empire, était totalement dépassée. L'Empire ottoman n'était non seulement plus invincible, mais il semblait de plus en plus faible. Ses sujets entrevoyaient un espoir de changement et ses ennemis ouvraient la « Question d'Orient ». [...] Les Grecs émigrés et les marchands se trouvèrent à partir du milieu du XVIIIe siècle en contact avec les idées des Lumières qui florissaient en Occident et qui se concrétisèrent dans la Révolution américaine puis la Révolution française. Ils se constituaient aussi peu à peu en classe bourgeoise, vecteur des idées des Lumières et des révolutions. Les ouvrages et les idées se diffusèrent peu à peu sur le territoire grec. Rigas (dit Rigas Vélestinlis ou Rigas Féréos), né en 1757 et exécuté en 1798, fut le symbole et le principal artisan de ce phénomène. (fr.wikipedia.org - Guerre d'indépendance grecque).

 

Les janissaires, formaient un ordre militaire très puissant composé d'esclaves d'origine chrétienne et constituant l'élite de l'infanterie de l'armée ottomane, se dressent contre Bayezid II en 1512, Mourad III en 1595, Osman II en 1622, Ibrahim Ier en 1648, Mustafa III en 1774, Selim III en 1807 et Mustafa IV en 1808. Pendant son règne, Sélim III initie des réformes profondes mais est renversé par une révolte des janissaires le 29 mai 1807 et tué un an plus tard, le 28 juillet 1808. Son successeur, Mustapha IV, fut lui-même rapidement confronté à de nouvelles révoltes, dont celle du général Mustapha Beiraktar en 1808, ayant pour but le rétablissement de Sélim. Moustapha IV tenta alors d'éliminer tous les membres masculins de sa famille, dont Sélim qui fut exécuté en juillet 1808. Son demi-frère Mahmoud II lui échappa cependant et fut placé sur le trône à sa place. Moustafa IV fut mis à mort peu après. Mahmoud II (20 juillet 1784 - 1er juillet 1839) fut sultan de l'Empire ottoman, du 28 juillet 1808 au 1er juillet 1839, donc durant la guerre d'indépendance grecque (fr.wikipedia.org - Janissaire).

 

Samothrace participe au soulèvement grec de 1821 mais la population est presque entièrement exterminée ou déportée (en Anatolie) par la répression turque, et l'île n'obtient son rattachement à la Grèce qu'en 1912 (fr.wikipedia.org - Samothrace).

 

Les cruels Musulmans traînèrent en esclavage une foule de femmes et de jeunes enfans ; et, après avoir égorgé quelques centaines d'hommes, ils en gardèrent 68, qu'ils emmenèrent avec eux. Lorsque ces monstres furent de retour à bord du vaisseau, le reste de l'équipage prétendit aussi goûter l'affreuse satisfaction d'égorger, et ces cannibales déchirèrent 56 des prisonniers, sans qu'il fût possible aux chefs de l'empêcher : les douze autres furent conduits à Constantinople, et le gouvernement ordonna sur-le-champ leur supplice : on ne s'informa pas même s'ils étaient coupables ou mon : ces malheureux eurent la tête tranchée le 21 novembre (C.D. Raffenel, Histoire des evenemens de la Grece, depuis les premiers troubles jusqu'a ce jour, Volume 1, 1822 - books.google.fr).

 

L'île de Rhodes résista à un premier siège en 1480 mené par Mehmet II, avant de tomber aux mains des Turcs de Soliman le Magnifique le 20 décembre 1522, après un siège de cinq mois. Les Hospitaliers s'installèrent à Malte, à l'invitation de Charles Quint. Ce n'est qu'en 1912, l'Italie s'empara de l'île et du reste du Dodécanèse qui appartenaient jusqu'alors à l'empire ottoman : le 4 mai 1912, le général italien Giovanni Ameglio s'empare de l'île sans sérieuse résistance. Placée sous protectorat britannique après la capitulation allemande, l'île passe sous souveraineté grecque en 1948 (fr.wikipedia.org - Rhodes).

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