La seconde République

La seconde République

Le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte

 

IV, 95

 

1848

 

Le regne à deux laissé bien peu tiendront,

Trois ans sept mois passés feront la guerre

Les deux vestales contre rebelleront,

Victor puis nay en Armonique terre.

 

En France, sous la monarchie de Juillet, le suffrage électoral censitaire faisait élire à la Chambre des députés une majorité de représentants de la haute bourgeoisie qui empêchait toute évolution démocratique. Le régime connut de nombreuses émeutes. L’opposition de gauche se manifesta en 1847 par une campagne de banquets en faveur de la réforme.

La révolution de 1848 est déclenchée le 23 février par une rixe entre la foule et les gardes du Ministère des Affaires étrangères dont Guizot était titulaire. L’émeute qui s’en suit prend de telles proportions que Louis-Philippe, se refusant à une répression sanglante, abdique dès le lendemain. La deuxième république (« Le regne à deux laissé ») qui sera proclamée durera quelques trois ans. Nostradamus la symbolise par « les deux vestales », vierges romaines, qui en effet serviront de modèle à la statuaire républicaine : sous la IIIème République, « la statuaire multiplie les « républiques », vierges guerrières ou matrones débonnaires, brandissant l’épée ou le rameau de laurier [1] ».

Le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte du 2 décembre 1851 y mettra fin. Il y aura une résistance armée (« contre rebelleront ») à Paris menée, entre autres, par Victor Hugo qui s’exilera à Jersey (« Victor puisnay en Armonique terre » : « Armonique » pour « Armorique », les îles anglo-normandes font partie du Massif armoricain[2] ), ainsi qu’en Province, dans le Centre et le Sud.



[1] Michel Winock, L’Histoire n° 113, p. 95

[2] Grand Larousse encyclopédique en XX volumes, 1970

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