Exécution du régicide Darmès

Exécution du régicide Darmès

Abd-el-Kader

Louis-Napoléon Bonaparte successeur de Louis-Philippe

 

IV, 85

 

1840-1841

 

Le charbon blanc du noir sera chassé,

Prisonnier faict mené au tombereau :

More chameau sus piedz entrelassez,

Lors le puisné sillera l’aubereau.

 

Le premier vers est obscur, le charbon noir désignerait la peste et le charbon blanc la syphilis [1], mais on pourrait y voir une allusion à la Charbonnerie ou à ses héritiers, puisqu’elle n’est plus active dans ces années.

En 1840, Louis-Philippe est victime d’un attentat perpétré par Darmès. Cet « ouvrier frotteur, un exalté fanatique, tire sur la voiture du roi qui passe sur le quai des Tuileries pour aller à Saint Cloud […] Jugé par la Chambre des Pairs, et condamné à mort le 29 mai 1841, il sera exécuté deux jours plus tard [2] ». Dans cette même année, Bugeaud est nommé gouverneur d’Algérie. Par des méthodes de guerre nécessaires, ses troupes mobiles pourchassent les bandes armées d’Abd-el-Kader dont la smala sera prise en 1843 par le duc d’Aumale, fils de Louis-Philippe. Le chef arabe, réfugié au Maroc entraîne dans la guerre ce pays, qui sera battu à Isly en 1844. Abd-el-Kader (« More » : Maure ») se rend finalement en 1847, un an avant que Louis-Philippe (« aubereau » pour hobereau, petit seigneur [3], allusion au roi-bourgeois) soit détrôné par une révolution. Louis Napoléon Bonaparte qui avait un frère aîné mort en Italie en 1831 (« puisné » : puîné), tenta de soulever la garnison de Strasbourg en 1836. Expulsé vers les Etats-Unis, il recommence en débarquant à Boulogne en cette année 1840. Il devient président de la IIème République en 1848 et empereur des Français en 1852. Il aura survécut à Louis-Philippe mort en 1850 (« sillera» de « sillier » coudre les cils [4], pour fermer les yeux).

 



[1] Roger Prévost, « Nostradamus, mythe et réalité », Laffont, 1999, p. 150

[2] Guy Antonetti, « Louis-Philippe », Fayard, 1994, p. 824-825

[3] Albert Dauzat, Jean Dubois, Henri Mitterand, « Nouveau dictionnaire étymologique », Larousse, 1964

[4] R. Grandsaignes d’Hauterive, « Dictionnaire d’ancien français », Larousse, 1947

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