Campagne de Russie : prise de Smolensk

Campagne de Russie : prise de Smolensk

 

IV, 52

 

1816-1817

 

En cité obsesse aux murs hommes & femmes,

Enemis hors, le chef prest à soy rendre :

Vent sera fort encontre les gensdarmes,

Chassez seront par chaux, poussière & cendre.

 

Malgré un placement un peu tardif, ce quatrain fait penser au siège de Smolensk (« cité obsesse » : du latin « obsessus », assiégé) en 1812 par les armées de Napoléon lors de la campagne de Russie.

« Smolensk, située sur la rive gauche du Dniepr, était entourée d’un mur de maçonnerie de briques de 25 pieds de hauteur et de 12 d’épaisseur [1] » (« murs »). L’offensive française attaque les faubourgs de la ville tandis que les pièces d’artillerie essaient de faire une brèche dans les murs de la ville en vain. Une sortie des Russes est repoussée, puis les Français essaient de prendre d’assaut la ville, mais sont repoussés à chaque fois (« Enemis hors »). « Constatant leur échec, Napoléon fit donner ses batteries d’obusiers, et les grenades explosives et incendiaires volèrent par dessus l’enceinte fortifiée. Les maisons de bois s’enflammèrent aussitôt et la ville ne fut bientôt qu’un bloc ardent [2] » (« Chassez seront par chaux, poussière & cendre »). Le commandant des forces russes, Barclay de Tolly, ordonne alors d’abandonner la ville - décision qui fait scandale – (« chef prest à soy rendre ») s’attirant l’hostilité de ses généraux, du grand duc Constantin et de Bagration..

 



[1] Baron Jean Thiry, « La campagne de Russie », 1969, p. 88

[2] Michael et Diana Josselson, « Le général hiver », Gérard Lébovici, 1986, p. 206

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