La guerre de Crimée

La guerre de Crimée

Emancipation des serfs de Russie

 

V, 4

 

1854-1855

 

Le gros matin de cité deschassé,

Sera fasché de l’estrange alliance,

Après aux champs avoir le cerf chassé,

Le loup & l’ours se donront defiance.

 

V, 5

 

1855-1856

 

Sous ombre faincte d’oster de servitude,

Peuple & cité l’usurpera luy mesme :

Pire fera par fraux de ieune pute,

Livré au champ lisant le faux proesme.

 

La Russie (« l’ours ») cherchait à imposer, pour assurer la protection des chrétiens orthodoxes, un droit permanent d’intervention en Turquie (« le loup ») qui, influencée par l’Angleterre, s’y refusait d’une manière intransigeante. Alors qu’une flotte anglo-française arrive devant Constantinople, le sultan déclare la guerre à la Russie qui coule la flotte turque à Sinope. A leur tour, la France, l’Angleterre et le Piémont entrent dans la guerre aux côtés de la Turquie (« estrange alliance »).

La guerre de Crimée dure de mars 1854 à mars 1856 et est illustrée par le siège de Sébastopol pendant lequel meurt le tsar Nicolas Ier, et qui coûta la vie à 100 000 alliés. Les Russes sont chassés de la ville après 11 mois de combat.

Nicolas Ier avait commencé à transformer les serfs de la Couronne en fermiers d’Etat. Faut-il comprendre « serfs chasés » au lieu de « cerfs chassés ». En droit féodal l’esclave chasé [1] était attaché à la propriété, à la terre. Son fils Alexandre II impose une réforme qui libère tous les serfs de Russie (« oster de servitude »). Mais l’insurrection polonaise de 1863, et la tentative d’assassinat contre lui en 1866, fait revenir le tsar aux mesures d’oppression et d’arbitraire.

Alexandre se remarie avec la princesse Dolgoroukova, d’une trentaine d’année en 1880 et qui avait été sa maîtresse auparavant (« ieune pute »).

 



[1] Grand Larousse encyclopédique en XX volumes, 1970

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