Chronocratorie du Soleil
Chronocratorie du Soleil

 

V, 53

 

1890-1891

 

La loy du Sol et Venus contendens

Appropiant l'esprit de prophetie:

Ne l'un ne l'autre ne seront entendus,

Par sol tiendra la loy du grand Messie.

 

 

La doctrine astrologique des chronocratories enseigne la domination des astres sur le temps, périodes de 354 ans et un tiers, elle même issue des spéculations sur la grande année. Ainsi, selon Richard Roussat, la période de la Lune commence en 1533, celle du Soleil en 1887 et celle de Saturne en 2242 (Pierre Brind’Amour, « Nostradamus astrophile », Klincksieck, 1993, p. 187).

 

De même qu’il existait une année d’années (cycle de 365 ans), les astrologues juifs avaient lancé l’idée d’une années d’années lunaires, c’est-à-dire un cycle de 354 ans 4 mois, correspondant au cycle de 354 jours 1/3 des douze lunaisons d’une année. Sept archanges (Gaffiel, Satkiel, Samaël, Michaël, Annaël, Raphaël, Gabriel) gouverneurs des sept corps célestes (Saturne, Jupiter, Mars, Soleil, Vénus, Mercure et Lune) règnent sur sept périodes de 354 jours et 4 mois mais dans l’ordre inverse des jours de la semaine : Saturne, Vénus, Jupiter, Mercure, Mars, Lune, Soleil. Les œuvres complètes d’Abraham Ibn Ezra furent publiées à Venise en 1507 et leur influence se firent aussitôt sentir (Yves Lenoble, Nostradamus et l’éclipse du 11 aout 1999, Astrological association, 1999 - ramkat.free.fr).

 

Si selon Roussat le règne du Soleil commence en 1887, ici le quatrain est daté de 1890, trois ans après son commencement.

 

C'est un thème judéo-chrétien fréquemment exploité que de montrer dans le Christ le foyer solaire d'un ensemble de 12 rayons que figurent les apôtres (Christ Chronocrator-Pantocrator). Cela s'interprète comme la substitution de la liberté évangélique à la captivité du destin, de la cohérence salvatrice à la vaine juxtaposition des pouvoirs, comme la constitution de l'Année parfaite, celle de la régénération par le «Soleil de justice». Si, dans l'ancienne Alliance, les 12 énergies primordiales étaient symbolisées par les 12 Tribus d'Israël, elle le sont désormais, dans la Nouvelle Alliance - passage vers la Jérusalem théandrique -, par ces 12 disciples, relais de leur Maître et Principe, oeuvrant en un mode différent pour transformer l'humanité (cf. Mathieu 19,28) (Yves Albert Dauge, Le treizième livre de l'Enéide, Pallas, Numéro XXX, Annales - Universite de Toulouse-Le Mirail, 1982 - books.google.fr).

 

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