Destin de Jacques Chirac

L'Italie en Erythrée

Le pape Léon XIII prisonnier du Vatican

 

V, 44

 

1884

 

Par mer le rouge sera prins de pyrates,

La paix sera par son moyen troublee :

L'ire & l'avare commettra par fainct acte,

Au grand Pontife sera l'armee doublee.

 

Le Père Sapeto signait une convention avec les frères Ben Aimad, Sultans d'Assab, le 15 novembre 1869, et le territoire entre le Mont Ganga et le cap Sumah devenait propriété de la Compagnie Rubattino. Le 11 mars 1870, le navire de guerre italien Vedetta commandé par le Capitaine de Frégate Ruggiero, arrivait à Assab et le pavillon italien était solennellement hissé sur la station. En mars 1882, la Compagnie Rubattino céda tout le territoire au gouvernement italien et Assab fut déclaré colonie italienne. En 1882, l’amiral Caïmi, installé à Buïfa, au fond de la baie d’Assab, à l’instigation de l’Angleterre, occupent Massawa en 1885. En débarquant l'amiral Caïmi, dans une proclamation, déclare à la population que le gouvernement italien « ami de l'Angleterre de la Turquie et de l'Égypte, lui avait donné l'ordre d'occuper Massaoua ». Le 1er janvier 1890, le Roi Humbert 1er officialise le nom de l’Erythrée sur la suggestion de l’écrivain italien Carlo Dossi (secrétaire du Premier Ministre Francesco Crispi), du nom latin pour la mer Rouge mare erythreum (www.erythree.com/italie.html).

 

Aventurier et écrivain légendaire, Henry de Monfreid (1879-1974) a hanté pendant près de quarante ans les rivages de la mer Rouge et de la corne de l'Afrique. Forban. peintre, écrivain, pêcheur de perles, contrebandier, sa vie de flibustier commence en août 1911, alors qu'il s'embarque pour Djibouti, plaque tournante des richesses africaines. Aventurier dans l'âme, Henri de Monfreid a tôt fait d'abandonner le négoce pour la flibuste. A la barre de son boutre, il se fait trafiquant, dirigeant lui-même ses expéditions, partageant la vie ascétique de ses marins. Peu à peu, le haschich remplace les armes : les expéditions l'entraînent de plus en plus loin et donnent parfois lieu à d'épiques poursuites. La mer Rouge dans son ensemble (Egypte, Jordanie, Ethiopie, Erythrée, Arabie Saoudite et Yemen), sont le repaire de pirates v (www.easyvoyage.com - Henri de Monfreid).

 

En 1894 Léon XIII intervient pour tolérer la réception de fonds destinés à la construction d'une église à Asmara en Erythrée italienne.

 

Dans les années 1880, à Bologne, on double les factionnaires, parce que le bruit court que les Internationalistes ont le projet de mettre le feu aux casernes : néanmoins les soldats sont assaillis la nuit. Il va sans dire que l'anniversaire de la Commune y est bruyamment fêté. A Rimini, on arbore le drapeau rouge sur l'arc de Jules-César ; on placarde des manifestes incendiaires ; on roue de coups les gendarmes qui échappent à grand'peine aux furieux, qui les veulent jeter dans la Marecchia. A Ancône, au banquet de la Société « l'Infernale », on hurle : Abbasso Iddio! et les échos répètent dans les rues épouvantées : « A bas Dieu ! » A Osimo, les Fratelli Bandiera maltraitent les étudiants, profèrent des cris de mort contre les prêtres, forcent les portes des filatures, massacrent l'adjoint au maire, et affichent cette proclamation : « Osimo doit être un lac de sang. Il faut ici une République sanguinaire. Nous la ferons ! » A Turin, des bandes parcourent les rues aux cris de : « Vive Garibaldi ! Vive Mazzini ! A bas la mouture ! » Les étudiants font une ovation au député Cavallotti, irrédentiste expulsé d'Autriche-Hongrie, républicain insulteur de la reine Marguerite. A la Spezzia, des ouvriers de l'arsenal militaire sont surpris en flagrante conspi- ration. A Rome, au Capitole, on couronne le buste de Mazzini : et des vociférations de : « A bas la Monarchie! Vive la République! » se font entendre jusqu'aux portes du Quirînal. Pendant ce, on distribue des images représentant une femme féroce : Petroliera ! La Pétroleuse ! (Louis Teste, Léon XIII et le Vatican, 1880).

 

Léon XIII eut la tentation de se réfugier en Autriche en 1881 et en 1889 tant la situation était tendue.

 

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