Les Arméniens dans la guerre de 14-18

Les Arméniens dans la guerre de 14-18

 

V, 80

 

1915

 

Par les deux testes, & trois bras separés,

La cité grande sera par eaux vexee :

Des grands d'entr'eux par exil esgarés,

Par teste perse Bisance fort pressee.

 

Géographie

 

Le Gullab à l'est d'Édesse porte aussi un nom iranien, «l'eau des roses», et Josué le Stylite sait encore qu'on l'appelle la «rivière des Mèdes» (p. LIII, no 59). Sisarbanon s'explique par la même langue (supra, p. 83), Dausara (Fronton, p. 132). D'après Noeldeke (Tabari, p. 83), «Dausar ist wohl persisch : zwei Häupter». Pour Dausarón, on trouve l'origine de la dénomination sur le terrain dans Sachau (Die Lage, p. 81) qui décrit en ces termes le confluent, les deux têtes, situées à proximité : «Au nord de Tell Armen, à cinq minutes de la rivière, plusieurs petites sources se rassemblent et coulent au Ghyrs (Ghars). C'est cela le Zergan qui désormais donne son nom» (Louis Dillemann, Haute Mésopotamie orientale et pays adjacents, Bibliothèque archéologique et historique, Volumes 72-73, 1962 - www.google.fr/books/edition).

 

DAUSAR est citée par Procope au nombre des points fortifiés de la région. Un seul évêque est connu, Nonnus, qui prit part au concile de 553 Dans la Notitia Antiochena, l'évêque de Dausar est le dixième suffragant d'Édesse (Robert Devreesse, Le patriarcat d'Antioche, depuis la paix de l'église jusqu'a la conquête arabe, 1945 - www.google.fr/books/edition).

 

Outsch Boudak, les trois bras, ainsi appelé parce que trois rivières se réunissent en cet endroit : le Mourad (Omiras) venant de la plaine de Melazkerd, le Goeksou, qui descend de celle de Sernidj, et le Wartou (?) (Joseph von Hammer-Purgstall, Histoire de l'Empire ottoman, depuis son origine jusqu'à nos jours, Tome 6, traduit par J.-J. Hellert, 1836 - www.google.fr/books/edition).

 

L'Euphrate est un des plus grands & des plus celebres fleuves du monde. Strabon & Pline mettent sa source dans le mont Abo ou Aba en Arménie ; mais presque dans tout le reste ces deux Auteurs se contredisent. Strabon dit que l'Euphrate sort du côté septentrional du mont Taurus, & qu'il coule d'abord vers l'Occident, & revient ensuite vers le Midi. Pline au contraire dit, aprés des témoins qui avoient été sur les lieux, que l'Euphrate va du Septentrion au Midi, & puis retourne au Couchant. Il remarque que ce fleuve est appellé Pyxúrates à la source, & Omiras lorsqu'il entre dans les défilez du mont Taurus; & qu'il ne porte le nom d'Euphrate, qu'aprés qu'il est sorti des gorges de ces montagnes (Augustin Calmet, Commentaire littéral sur tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament,, Tome 1, 1715 - books.google.fr).

 

Édesse, en Turquie, s'adossait à l'ouest à un massif rocheux des monts du Taurus (Ephrem-Isa Yousif, Les Villes Etoiles de la Haute Mesopotamie, 2009 - www.google.fr/books/edition).

 

Byzance

 

Constantinople, comme Rome, est bâtie sur sept collines. Mais de plus que sa glorieuse aînée elle a cette situation unique au monde de baigner dans trois bras de mer, le Bosphore et Marmara où elle s'appuie, la Corne-d'Or qui la partage, les bases étagées des coteaux où se groupent en amphithéâtre ses palais, ses maisons peintes, ses jardins, ses mosquées, ses cimetières ombragés que l'on prendrait pour des bois (Charles Rolland, La Turquie contemporaine: hommes et choses: études sur l'Orient, 1854 - books.google.fr).

 

Perse

 

Après le refus en 502 des Grecs de payer leur contribution annuelle destinée à la défense des «Portes de la Caspienne» et l'édification près de Nisibis d'une nouvelle cité nommée Dara, la première campagne de Kavadh Ier contre l'Empire byzantin à partir de 503-505 met fin au traité de paix de 50 ans conclu entre Yazdgard Ier et Théodose II en 440.

 

526 marque le début de la guerre d'Ibérie (fin en 532). Le conflit entre la Perse et l'empire d'Orient reprend dans le Caucase après que le roi d'Ibérie Gourgenes s'est mis sous la protection de Byzance quand le roi sassanide Kavadh Ier a voulu convertir de force les chrétiens au zoroastrisme (523). Justin Ier échoue à engager les Huns de Tauride à prendre les armes contre les Perses, puis envoie de faibles troupes dans le Lazique. Kavadh fait marcher une forte armée en Ibérie et Gourgenes doit fuir au Lazique, où il est suivi par les Perses qui s'emparent de plusieurs forteresses frontalières. En représailles Justin envahit la Persarménie et la Mésopotamie.

 

Au cours d'une seconde campagne contre les Byzantins en 527/531, il est battu par Bélisaire, général de Justinien lors de la bataille de Dara. Les Grecs vaincus à Callinicum le 19 avril 531 ne peuvent prendre Nisibis mais obligent Kavadh Ier à demander la paix (fr.wikipedia.org - Kavadh Ier, fr.wikipedia.org - Année 526).

 

La Persarménie est la septième province de l'Arménie historique selon le géographe arménien du VIIe siècle Anania de Shirak. Elle est située sur la rive occidentale du lac d'Ourmia, au nord-ouest de l'actuel Iran (fr.wikipedia.org - Persarménie).

 

La grande cité d'Edesse : inondations et exil

 

Paul d'Édesse est un évêque syrien du début du VIe siècle, mort le 30 octobre 526. Sa carrière épiscopale est retracée assez précisément dans la Chronique d'Édesse (et aussi dans la chronique du Pseudo-Zacharie le Rhéteur, VIII, § 4). Son prédécesseur Pierre, évêque d'Édesse depuis le 12 septembre 498, mourut le 10 avril 510 (samedi saint). Au moment de son avènement, Paul adressa à Flavien II, patriarche d'Antioche, une profession de foi dans laquelle il admettait le concile de Chalcédoine. Mais en 512, dans un concile tenu à Laodicée, Flavien fut déposé et exilé, et remplacé en novembre par le monophysite Sévère. Paul assura alors le nouveau patriarche de son adhésion au monophysisme. Mais après la mort de l'empereur Anastase (9 juillet 518), cette tendance perdit le pouvoir, et dès le 29 septembre suivant Sévère, menacé d'arrestation, dut fuir Antioche. Le 4 novembre 519, un haut fonctionnaire nommé Patrikios (ou «un patrice» ?) se présenta à Édesse et laissa à l'évêque le choix entre adhérer explicitement au concile de Chalcédoine ou être déposé de son siège. Paul parvint à s'échapper et se réfugia dans un baptistère. Le fonctionnaire l'en fit extraire et le conduisit sous escorte à Séleucie. L'empereur Justin Ier, apprenant qu'il avait été arraché d'un lieu consacré, le fit libérer, espérant qu'après réflexion il se raviserait. Paul rentra à Édesse après quarante-quatre jours, mais ne donna aucune marque de son ralliement. Le 27 juillet 522, il fut à nouveau arrêté et emmené en exil à Euchaïta (Pont). Son remplaçant Asclépios (dit Bar Mallâkhé, «fils de marins») arriva le 23 octobre. Le 24 décembre suivant, le nouvel évêque chassa de la ville les «moines orientaux», qui rejetaient le concile de Chalcédoine, et les autres moines qui les soutenaient. Pendant l'hiver 524/25, une inondation catastrophique fit de nombreux morts et des destructions massives à Édesse. Asclépios se réfugia à Antioche et y mourut le 27 juin suivant. Apprenant la mort de son remplaçant, Paul capitula : il adressa une lettre au neveu de l'empereur, le patrice Justinien, et une profession de foi chalcédonienne au patriarche d'Antioche, Euphrasios. Il fut rétabli sur son siège et rentra à Édesse le 8 mars 526. Il y mourut le 30 octobre suivant (fr.wikipedia.org - Paul d'Edesse).

 

Pareillement soubs le mesme Empire de Justin la fameuse Edesse, ville la plus grande & la plus peuplee de la prouince des Osroeniens, par l'inondation merueilleuse du fleuve Scitre, qui passoit par le milieu, fut tellement persecutee & endommagee, que outre beaucoup de maisons abatues qu'il emporta, aussi submergea & entraina grand nombre de gens (L'histoire ecclesiastique de Nicefore, fils de Calliste Xanthouplois, autheur grec, traduicte nouuellement du latin en françois, 1578 - www.google.fr/books/edition).

 

Edesse était appelée Callirhoé (la ville aux belles eaux) parcourue par 25 ruisseaux se jetant dans le Skiros (Daiçan), afluent de l'Euphrate. Après l'inondation de 525, Justinien fit rectifier le lit du Skirtos et creuser un tunnel dans le roc pour détourner son cours à sa sortie de la ville (Louis Bréhier, Le Monde byzantin, Tome 3 : La civilisation byzantine (1950), 2014 - www.google.fr/books/edition).

 

Lors de l'inondation de l'an 525, les habitants d'Édesse accusèrent le chalcédonien Asclépios d'avoir attiré la colère de Dieu sur la ville (Ephrem-Isa Yousif, Deux chroniques syriaques chroniques d'Édesse et d'Arbèles (Erbil), 2015 - www.google.fr/books/edition).

 

Le mandylion et "trois bras"

 

Le Mandylion ou Image d’Édesse est, selon une tradition chrétienne, une relique consistant en une pièce de tissu rectangulaire sur laquelle l’image du visage du Christ (ou Sainte Face) a été miraculeusement imprimée de son vivant. Pour l’Église orthodoxe, il s’agit de la première icône (du mot grec signifiant «image»). La première mention connue de l'image d'Édesse figure dans la Doctrine d'Addaï (Addaï est le nom syrien de Thaddée), composée au Ve siècle. Ce récit met en scène une délégation envoyée par le roi Abgar à Jésus.

 

L'image refait surface en 525 lors d'une crue du Daisan, affluent de l’Euphrate dont l'inondation détruit la ville d’Édesse. Lors de la reconstruction de la ville, on découvre un linge caché portant les traits d’un visage dans une niche maçonnée au-dessus de la porte ouest. Ce linge est alors identifié au portrait offert à Abgar. L’empereur Justinien fait construire en son honneur la basilique Sainte-Sophie d’Édesse qui conserve alors la relique (fr.wikipedia.org - Mandylion).

 

Addaï était un évêque d'Edesse (mort en 541) qui, dans son ouvrage (si du moins cet ouvrage est authentique), utilise sans doute une tradition locale ou des documents que nous ne connaissons pas. Le plus ancien auteur non contesté qui mentionne l'icône envoyée à Abgar est Evagre (VIe siècle) ; dans son Histoire ecclésiastique il l'appelle le portrait, «l'icône faite par Dieu» (theoteuktos eikôn). Quant à l'original de l'icône, c'est-à-dire le linge même avec le visage du Seigneur imprimé dessus, il fut longtemps conservé à Edesse comme le trésor le plus précieux de la ville. Il était largement connu et vénéré dans tout l'Orient et, au VIIIe siècle, les chrétiens célébraient en beaucoup d'endroits sa fête à l'exemple de l'Eglise d'Edesse. Au cours de la période iconoclaste, saint Jean Damascène mentionne l'image miraculeuse et en 787 les Pères du Septième Concile Oecuménique s'y référèrent à plusieurs reprises (Léonide Ouspensky, La théologie de l'icône dans l'Église orthodoxe, 1980 - www.google.fr/books/edition).

 

Un prince de Servie, Sabba, fils du roi Siméon et héritier du trône, au 13e siècle, prit la résolution de venir dans la Montagne Sainte pour embrasser la vie cenobitique. Il fit le pélerinage de Jérusalem et visita le couvent de son homonyme S. Sabba; là il reçut en présent le bâton pastoral de son patron et le rapporta à l’Athos, avec un portrait de la Vierge où elle est représentée avec trois bras. Cette figure singulière a toujours été un problème que les archéologues ne sont point parvenus à comprendre, bien que la légende nous ait transmis l'explication de ce fait. Jean Damascène, qui vivait au temps des iconoclastes, étant à Damas, écrivit un livre contre eux. Le gouverneur de la ville, zélé parlisan de la destruction des images, fit couper la main de Jean. Celui-ci obtint d'emporter avec lui son membre mutilé, et ayant supplié la Vierge de faire un miracle, son bras vint s'attacher, pendant son sommeil, au portrait de la Madone qu'il conservait chez lui, malgré les ordres formels de l'empereur. De là, l'image de la Vierge aux trois bras, qui a tant préoccupé les savants qui se livrent à l'étude et à l'explication des symboles et des attributs chrétiens (Victor Langlois, Histoire du Mont Athos et de ses monastères, Annales de philosophie chrétienne, Volumes 72 à 73, 1866 - books.google.fr).

 

Acrostiche : PLDP

 

Traité de la Grâce et du Libre-arbitre, par S. Bernard. Mis nouvellement en françois, Par P.L.D.P., A Thoulouse, Chez Denis de Saint-Saturnin, Libraire, 1698, in-8°, avertissement - 87 pages (Histoire littéraire des bénédictins de Saint-Maur: 1612-1655, 2006 - books.google.fr).

 

"Rien n'existe qui ne vienne de Dieu", note Bernard de Clairvaux (vers 1090-1153) dans son traité De la Grâce et du libre Arbitre. Cette parole ajoutée à celle du Livre de la Sagesse "Tu as tout réglé en nombre, en poids et en mesure" ? – exprime bien le problème qui se pose aux clercs : que représentent les animaux monstrueux dans l'ordre divin ? Trouver la réponse à cette question, c'est faire un pas vers Dieu car la connaissance des créatures mène à celle du Créateur. A partir des canons exégétiques du Physiologos grec et des écrits des Pères de l'Eglise se développe une sorte de bestiaire divin, mélange de traditions bibliques et d'histoire naturelle. L'homme féodal sait, en effet, que Dieu a créé le grand serpent de mer (Genèse I, 2). Il ne s'agit donc pas tant de rechercher l'origine des monstres, mais d'interpréter ceux-ci à l'aide de la Bible, le livre qui a réponse à tout. Le Lévitique disant que tout ce qui rampe est impur et immonde (11,41), les reptiles sont tenus pour des émanations de Satan (Claude Lecouteux, Les monstres dans la pensée médiévale européenne, essai de présentation, 1993 - www.google.fr/books/edition).

 

Dans De Gratia et libero arbitrio, cap. 1, n° 12, dans Migne, 1. CLXXXII, p. 1001-1030, traité composé vers 1127 (cf. Admonitio de Mabillon, p. 999, et Bern., ep. 52), et adressé à Guillaume de Saint-Thierry, l'abbé de Clairvaux définit le libre arbitre et étudie ses divers aspects dans le triple état de nature, de grâce et de gloire. «Le libre arbitre, dit-il, est un pouvoir de la raison et de la volonté; on le nomme libre par rapport à la volonté qui peut se diriger d'un côté ou de l'autre, on le nomme arbitre par rapport à la raison qui a la puissance de discerner.» Pierre Lombard et saint Thomas d'Aquin reprendront plus tard cette définition excellente. Dans quelque état que l'on considère la volonté de l'homme, elle est toujours libre : même après la chute, le libre arbitre, si misérable soit-il, est encore intègre. Il faut prendre garde pourtant que, selon la doctrine de l'Apôtre, il ne saurait vouloir le bien, j'entends le bien surnaturel. «Le vouloir est en nous, en vertu du libre arbitre; je dis le vouloir et non vouloir le bien, ou vouloir le mal. C'est le libre arbitre qui nous fait vouloir, et la grâce qui nous fait bien vouloir : liberum arbitrium nos facit volentes, gratia benevolos. En cela quel est le mérite de la volonté ? C'est de consentir. Non pas que ce consentement, dans lequel consiste tout le mérite, vienne d'elle, puisque nous ne sommes pas capables d'avoir une bonne pensée de nous-mêmes, à plus forte raison un bon consentement. Mais, si ce consentement vient de Dieu et non de nous, cependant il ne se fait pas en nous sans nous» (Elphège Vacandard, Vie de Saint Bernard, Abbé de Clairvaux, Tome 2, 1895 - books.google.fr).

 

Laisser croire à l'homme que la volonté peut tout sans qu'elle soit développée, canalisée, sans qu'elle se prépare chaque instant comme les peuples à une guerre énergique, c'est l'exposer à faire face tout d'un coup å des ennemis plus forts qu'elle. Toutes les méthodes de lutte sont, nous le verrons, d'une incontestable utilité : les ruses, les détours, l'idée fixe, l'utilisation du mécanisme physique réagissant sur le psychisme, tels sont quelques épisodes des combats glorieux que l'homme doit engager contre lui-même, sur le champ de bataille de la conscience, s'il veut remporter de glorieuses victoires. Nul peuple ne peut lutter s'il n'a pas des soldats, s'il n'a pas les éléments même de la volonté. Nous concevons que certains êtres exceptionnels, monstrueux, naissent privés absolument de volonté, tels les enfants venant au monde sans bras, sans jambes ou avec deux têtes (Guilhermet, Comment on devient criminel, Revue de psychothérapie et de psychologie appliquée, Volume 28, 1913 - www.google.fr/books/edition).

 

Né en 154 à Edesse - ce carrefour de courants culturels où s'affrontent les Romains et les Parthes -, chrétien de langue syriaque, poète rompu à la philosophie de son temps, Bardesane est une figure originale. Son œuvre philosophique ne nous est parvenue qu'à travers ses disciples ou ses contradicteurs, dont le plus acharné fut, au IVe siècle, saint Ephrem. La cosmologie fut un sujet important de l'enseignement de Bardesane. Sa doctrine des cinq éléments à partir desquels le monde fut formé s'inscrit dans la tradition d'autres cosmogonies orientales, et l'on y découvre une conception poétique de l'origine du monde qui contraste avec la notion chrétienne de la création. Versé à la fois dans la science chaldéenne et dans la culture hellénique de son temps, Bardesane exprime ses idées sous la forme de 4 dialogues. Par une série d'exemples pris dans la nature et dans ce que l'on appellerait aujourd'hui l'ethnologie, à l'aide d'une terminologie empruntée à l'astrologie, il soutient que l'homme jouit du libre arbitre ; l'homme et son destin sont le thème privilégié de son enseignement.

 

Après Bardesane, dont la philosophie relève d'un stoïcisme tardif, les écrivains de langue syriaque suivirent le courant aristotélicien, probablement sous l'influence d'Antioche. A l'«Ecole des Perses» d'Edesse, on traduisit du grec en syriaque les œuvres de Théodore de Mopsueste, l'interprète officiel des Ecritures à Antioche. Ces traductions furent suivies de celles d'autres auteurs parmi lesquels Aristote et Porphyre. Le terrain était préparé pour la floraison des philosophes syriaques que connut la région d'Edesse au VIe siècle, parmi lesquels s'illustrent Paul le Perse et Sergius de Resh'aïna. (Javier Teixidor, bardesane d'Edesse, 1992 - www.e.leclerc).

 

Le présage que représente le monstre laisse à l'homme son libre-arbitre : il mène à une prise de conscience en vue d'une action positive et d'une évolution. C'est pourquoi l'enfant à deux têtes de Rottweil, chez Sébastien Brant (Nef des fous, 1494), est présenté dans un contexte qui rend explicite sa signification virtuelle de progrès (Claude Kappler, L'interprétation politique du monstre chez Sébastien Brant, Monstres et prodiges au temps de la Renaissance, 1980 - www.google.fr/books/edition).

 

Les enchantements des fées aux XVII-XVIIIe siècles font transition entre le baroque et le Romantisme. Dans La Belle et la Bête, tout s'y résume : le dialogue assez ambigu entre le fond et la forme, la métamorphose, le jardin des amours, la tendresse (Jean Céard, La Nature et les prodiges, Monstres et prodiges au temps de la Renaissance, 1980 - www.google.fr/books/edition).

 

Dans le film L'Aigle à deux têtes, Cocteau expose les entrailles de la “machine infernale” de sa pièce : le destin des deux amants, que ceux-ci croient inscrit au firmament des «énigmes», n'est rien d'autre que le résultat des manœuvres des personnages secondaires. Ces derniers occupent ainsi la place des dieux de La Machine infernale, des fées de La Belle et la Bête ou des anges d'Orphée – l'Archiduchesse invisible semble l'emporter, en termes de puissance poétique, sur la jeune veuve. L'entreprise de l'adaptation de L'Aigle à deux têtes, si on accepte les descriptions précédentes, s'intègre parfaitement à l'œuvre de Cocteau quand elle explore les entrelacs du libre-arbitre et de la fatalité (La revue des lettres modernes: Jean Cocteau, Numéro 5, 1972 - books.google.fr).

 

Enfin, l'Aigle à deux têtes est une interprétation moderne de La Machine infernale dont le sort use avec ses créatures comme le chat avec les souris, multipliant les avertissements, avec cruauté, avant de précipiter ces créatures là où il veut. Entre la reine et Stanislas, le drame qui se noue n'est plus celui du couple, mais celui de la liberté humaine. la reine, choisissant la mort, dépasse la mort elle-même. Elle devient plus grande que la fatalité, en changeant le but de celle-ci en but accepté par le libre arbitre (Gérard Mourgue, Jean Cocteau, 1965 - www.google.fr/books/edition).

 

Exil néoplatonicien

 

En 529, un édit de l'empereur Justinien interdit l'enseignement de la philosophie à Athènes. Frappés dans leurs croyances, dans leur profession, dans leurs moyens d'existence, et menacés apparemment de persécution, les maîtres de l'Académie (Damascios, Simplicios de Cilicie, Priscien de Lydie, Eulamios de Phrygie, Hermias de Phénicie, Diogène de Phénicie, Isidore de Gaza) décidèrent d'aller chercher asile à la cour du roi des Perses à Ctésiphon, ainsi que le rapporte l'historien Agathias.

 

Dans le traité de paix perpétuelle conclu entre Khosrô et Justinien en septembre 532, une clause (reproduite par Agathias) stipulait que «ces hommes, en rentrant chez eux, devaient passer le reste de leur vie sans crainte, comme des individus privés, sans jamais être forcés de professer une croyance contraire à leur conscience ou de changer leurs convictions ancestrales», phrase dans laquelle certains savants ont reconnu le style de Damascios lui-même. Michel Tardieu a soutenu dans un article très discuté que le lieu idéal où les sept philosophes ont pu trouver refuge dans des conditions respectant parfaitement les termes du traité est la cité frontalière et de tradition païenne de Harran. Une sorte d'«Académie platonicienne» y fut-elle reconstituée de façon informelle (puisque les philosophes devaient vivre en individus privés) ? En tout cas une secte philosophico-religieuse se réclamant du néoplatonisme et de l'hermétisme, appelée par les musulmans «Sabiens de Harran», exista dans cette ville jusqu'au Xe siècle (le mathématicien Thabit ibn Qurra en faisait partie) (fr.wikipedia.org - Damascios).

 

Pour Thabit Ibn Qurra : cf. quatrain VII, 3 et VIII, 47. Harran est à 45 km au sud d'Urfa/Edesse en Turquie.

 

"égarés"

 

Le mot "égarés" peut prendre une tournure philosophique.

 

Moise Maimonide, qui naquit (en 1135) à Cordoue, est un rabbin, dont le livre, Guide des égarés ou plutôt des indécis, s'adresse à ceux qui restent indécis sur la manière de concilier les enseignements de la science et de la philosophie, avec la lettre des Ecritures. Le néoplatonisme, et surtout Aristote, viennent ici fonder logiquement une conciliation très profonde entre deux connaissances de nature distincte : la science et la Loi religieuse. Par cette manière d'utiliser la philosophie aristotélicienne à la «confirmation rationnelle» de la foi, autant que par son aristotélisme même, Maimonide est le précurseur de saint Thomas. Ce qu'il évoque, en effet, c'est ce problème fondamental de la philosophie religieuse que le Moyen Age ne peut plus éluder (Pierre Ducassé, Les grandes philosophies, 1965 - www.google.fr/books/edition, (Sylvain Zac, Maïmonide, 1965 - www.google.fr/books/edition).

 

Maïmonide, frayant la route à la critique moderne, fait intervenir dans son système d'exégèse l'histoire des religions antérieures au mosaïsme. "J'ai lu, dit-il, tout ce qui est relatif à l'idolâtrie, et je crois qu'il ne reste aucun livre sur cette matière, traduit en langue arabe, que je n'aie lu et médité. Par ces livres, j'ai compris les motifs de tous les préceptes mosaïques qu'on pourrait croire avoir été décrétés par la volonté de Dieu, sans qu'il soit permis d'en deviner les motifs". [...] On comprend sur-le-champ l'intérêt qui s'attache à ce genre d'explications. Maïmonide nous apprend qu'il les a puisées pour la plupart dans le vieux culte des Sabiens et dans un livre devenu célèbre sous le nom d'Agriculture nabatéenne (Adolphe Franck, Bilbiographie : Edition de salmomon Munk du Guide des égarés de Maïmonide, Journal des savants, 1866 - www.google.fr/books/edition).

 

Le titre plus approprié serait "Guide des perplexes" mais la traduction de Scheyer donne "Zurechtweisung der Verirrten" (1838) tandis qu'Herbelot (1625-1695) met "Guide des Dévoyés" (Bibliothèque orientale, 1697) (Salomon Munk, Le guide des égarés: traité de théologie et de philosophie de Maïmonide, 1856 - www.google.fr/books/edition).

 

Cf. PLDP de 1698.

 

Philia et Neikos

 

Les choses sont déterminées dans la mesure où elles procèdent de la fin, et indéterminées dans la mesure où elles procèdent de la matière. […]

 

[Ainsi des monstres, qui sont des erreurs de la nature ayant manqué le but (Phys. II, 8, 199 b 4. Probl. X, 45), comme on commet une faute en écrivant ou en administrant une potion, et qui sont dus à l'impuissance de la forme qui n'a pu dompter la résistance de la matière à la fin (Gen. an. IV,4,770 b 16); ainsi, en un sens, des autres animaux qui sont comme des diminutifs d'homme (Part. an. IV, 10), et du sexe féminin qui est comme le mâle mutilé (Gen. an. II, 3) - édition de 1953].

 

C'est de la matière, de sa résistance à la forme, que naissent les monstres : et, d'une manière générale, tout ce qui déroge à la finalité propre de sa nature ; c'est de la matière que dérive toute contingence dans le monde. La nécessité hypothétique, propre à l'action des causes matérielles et motrices, se retrouve dans le hasard, dans l'indéterminisme des faits fortuits et accidentels, c'est-à-dire des faits qui sont liés d'une manière toute mécanique à la fin poursuivie par la cause efficiente, et qui échappent à toute détermination téléologique. Ainsi l'animal aura nécessairement un œil, parce que l'œil rentre dans sa définition et qu'il a une finalité ; mais que cet œil soit bleu, par exemple, c'est là une particularité qui n'est pas contenue dans l'essence de la chose, ni posée par la nécessité de l'essence ou de la fin, et qui, par suite, n'est ni toujours, ni même le plus souvent : la «nécessité» qui lui appartient est une nécessité d'un tout autre ordre, nécessité mécanique due à l'action des causes efficientes et matérielles. Ce n'est pas la nécessité essentielle de la substance, en vue de qui se produisent toutes les ouvres ordonnées et définies de la nature ; c'est la nécessité hypothétique du devenir, qui suit aveuglément les causes matérielles et motrices […]

 

[La doctrine aristotélicienne] dit que la matière et la fin sont les deux causes qui expliquent le mouvement et le devenir (SIMPLICIUS, Brandis 348 a 15). Il est bon de remarquer ici qu'entre ces deux causes, ou ces deux types de nécessité, la liberté humaine n'a pas de place : la liberté, pour l'individu, consiste seulement dans la conformité à cet ordre nécessaire de la nature (Jacques Chevalier, La notion du nécessaire chez Aristote et chez ses prédécesseurs, particulièrement chez Platon, 1915 - www.google.fr/books/edition, gallica.bnf.fr).

 

Simplicius tend à montrer que le phénomène dit des monstres se produit quand Philia ne domine pas encore, mais n'est pas loin de dominer. Donc juste avant un règne de Philia. Alors les membres commencent à tomber les uns sur les autres, mais sans être harmonisés. Pour Simplicius, le phénomène des membres dispersés se produirait sous le règne de Neikos, vers la fin de son règne ; et le phénomène des monstres, tout près du commencement du règne de Philia. Tout près du moment de l'accouplement monstrueux de Neikos et de Philia (Clémence Ramnoux, Héraclite, 1959 - www.google.fr/books/edition).

 

Au fragment 57, Empédocle précise : «Par l'action de celle-ci [le Neikos] surgirent de nombreuses têtes sans cou ; des bras nus  privés d'épaules, erraient. Des yeux seuls planaient qui manquaient de front (de visage)» (Sarah Kofman, Freud et Empédocle, Revue française de psychanalyse, Volume 73, Numéros 3-4, 2009 - www.google.fr/books/edition).

 

Il est muni de trois bras, de deux têtes, de mains et de pieds à six doigts, c'est l'exemple bénin choisi par Galien, sur le modèle des fameuses générations monstrueuses de la cosmogonie d'Empédocle. Durant cette cosmogonie, des membres s'assemblent sans ordre et au hasard des combinaisons, provoquant la naissance de bœufs à tête humaine ou d'autres fantaisies de ce genre. Ainsi, contrairement à la monstruosité, l'harmonie – la philía empédocléenne – sait organiser les membres ou les éléments d'un corps à l'instar de ceux d'un discours ou d'une création plastique tendant vers et atteignant parfois le sublime. En posant l'éternel rapport entre les parties et le tout, la définition du téras et du teratôdes est avant tout philosophique (Olivier Roux, Monstres, Une histoire générale de la tératologie des origines à nos jours, 2016 - www.google.fr/books/edition).

 

Notre compréhension du «Peri Phuseôs" d'Empédocle, rendue difficile par le caractère elliptique du poème et par sa tradition lacunaire, se base souvent sur les interprétations qu'en ont données Aristote et les doxographes anciens. La lecture des Présocratiques de Simplicius, malgré des influences certaines, peut apporter des éléments intéressants pour notre compréhension d'Empédocle. [...] II faut dire tout d'abord que les vers d'Empédocle ne définissent ni ne précisent jamais ce que sont réellement les «éléments» et les «forces» qu'on lui attribue, et une seule fois il les désigne par un nom général, les appelant au fr. 6 "racines de toutes choses". Ailleurs, il leur donne soit des noms de dieux (Zeus ou Héphaistos, Héra, Aidôneus, Nestis — cf. fr. 6, 96, 98), soit des noms d'"éléments matériels" : Feu, Eau, Terre, Air (fr. 17, 18).

 

Empédocle, envisagerait les racines (qu'on appellera ensuite "éléments") le plus probablement comme matière première inengendrée et immortelle qui, par un processus du mélange, crée les corps mortels. En ce qui concerne l'Amour (Philia) et la Haine (Neikos), si leur statut est moins facile à déterminer, il faut en tout cas les lier intimement aux racines auxquelles ils apportent l'impulsion nécessaire aux mouvements (Annick Stevens, La physique d'Empédocle selon Simplicius. In: Revue belge de philologie et d'histoire, tome 67, fasc. 1, 1989 - www.persee.fr).

 

Nécessité et liberté

 

Je dis donc qu'il y a deux sortes de nécessité, l'une qui est opposée au libre arbitre, et l'autre qui lui est jointe et qui existe avec lui. La nécessité qui vient du dehors, détruit entièrement la liberté, car tout homme qu'une violence étrangère force à faire ou à ne pas faire quelque chose, ne peut être dit agir librement. Mais la nécessité qui vient du dedans, nous forçant à faire tout ce qui est selon notre nature, confirme et assure, au contraire, notre liberté ; car ce qui se meut par soi-même, et selon sa nature, doit être nécessairement mu par lui-même, et ne peut être mu par aucune force étrangère. En effet, cette nécessité ne vient point du dehors, mais c'est une nécessité adhérente à sa nature, et qui la conserve, et qui la pousse aux actions qui lui sont propres. Que si l'âme est la cause de ses habitudes et de ses dispositions bonnes ou mauvaises, à cause de sa bonne ou mauvaise éducation, il faut aussi lui attribuer la cause de toutes les actions qui naissent de ces dispositions et de ces habitudes. Il ne faut pourtant pas faire toujours consister le libre arbitre à pouvoir faire le contraire de ce que l'on fait. Car les âmes qui sont toujours attachées à ce qui est bon, et qui ont choisi ce bon, ne laissent pas d'avoir leur liberté, leur choix est libre et nullement forcé, et par ce choix elles sont toujours attachées à leur véritable bien, et ne se laissent jamais entraîner à son contraire. Mais nos âmes, pendant qu'elles sont bonnes, appètent ce qui est bon, et pendant qu'elles sont mauvaises, elles appetent ce qui est mauvais. Elles passent du vice à la vertu quand elles prennent soin d'elles, et elles passent de la vertu au vice quand elles se négligent, et ces deux passages elles les font par leur propre choix, et sans aucune nécessité étrangère qui les y force. Voilà pourquoi la Divinité ne peut jamais être accusée d'être la cause d'aucun vice, d'aucun mal, car elle a fait l'âme capable de devenir mauvaise , parce qu'elle n'a pas seulement créé les premiers êtres comme je l'ai dit tantôt, mais aussi les moyens et les derniers, afin que le tout devînt par - là très-parfait, et que les premiers êtres demeurassent toujours les premiers, et ne devinssent pas les deraiers, stériles, foibles et matériels. Voilà pourquoi, étant toute bonne selon les richesses de son infinie bonté, elle a fait l'ame capable de devenir mauvaise, mais elle n'a permis qu'elle pût devenir mauvaise que par son propre choix, et de son mouvement libre et volontaire (Nouveau Manuel d'Epictète tiré des livres d'Arrien, 1790 - books.google.fr).

 

Dans les cas où les astrologues tombent juste avec leurs prévisions sur le caractère futur des nouveau-nés, il ne s'agit évidemment pas d'âmes qui ne se serviront du corps que comme d'un instrument, et il ne s'agit pas non plus d'âmes qui s'efforceront de s'affranchir complètement du corps, attitudes qui leur permettraient de garder leur indépendance et leur libre arbitre, mais il s'agit d'âmes qui se livreront complètement au corps et à ses désirs, qui vont devenir partie intégrante du corps et qui pour cette raison ne vont pas user de leur libre arbitre (I 469-474). Comme la plupart des âmes qui entrent dans le monde du devenir appartiennent à ce genre-là, la marge pour des prévisions justes est assez large. Mais à cause du libre arbitre, il est également nécessaire que les astrologues se trompent quelquefois De cette manière très habile, le libre arbitre de l'âme a pu être concilié avec les pronostics des astrologues. Mais il reste néanmoins pour les néoplatoniciens une difficulté dont traite Simplicius I 510 ss. : il se trouve que les astrologues réussissent parfois à prédire non seulement les circonstances extérieures d'une vie, comme la richesse ou la pauvreté, la mort prématurée ou une longue vie, circonstances qui par elles-mêmes ne sont ni mauvaises ni bonnes, mais aussi des attitudes morales, par exemple qu'un tel sera fourbe, un tel pédéraste et un autre adultère. Ces faits sembleraient prouver que la Providence divine, qui est pure bonté, donnerait quelquefois aux hommes, par l'intermédiaire du cycle fatal, des dispositions moralement mauvaises, qui les empêcheraient de faire usage de leur libre arbitre. Mais, comme le dit Simplicius, il n'est pas vrai que quelque chose de mauvais soit donné par la fatalité, mais ce sont les hommes qui usent d'une manière immodérée des dispositions bonnes qu'ils ont reçues. Ce genre d'arguments a été répété par les néoplatoniciens depuis Plotin : «Il faut bien penser aussi que les dispositions qui nous viennent des astres  ne sont plus, quand nous les recevons, ce qu'elles étaient à leur point de départ. De même que le feu terrestre est obscur, de même la disposition à l'amitié s'affaiblit chez celui qui la reçoit, et elle ne produit pas d'amitié parfaitement belle ; la passion généreuse produit l'emportement ou la lâcheté, quand l'homme ne se trouve pas dans le juste milieu grâce auquel elle produirait le courage ; le désir de l'honneur, même s'il vise un fait honnête, nous amène à rechercher une simple apparence d'honnêteté ; de l'intelligence émane la ruse, qui veut égaler l'intelligence, mais ne peut pas y parvenir. Toutes ces dispositions qui, là-bas, sont excellentes, deviennent mauvaises quand elles sont en nous» (Ilsetraut Hadot, Commentaire de Simplicius sur le Manuel d'Epictète : Chapitres I-XXIX, 2001 - www.google.fr/books/edition).

 

"teste perse" : tête bleue (pers)

 

Ammien Marcellin, officier des gardes-ducorps sous l'empereur Julien , et qui écrivait de 360 à 390 de notre ère, connaît la chaîne du Caucase sous le nom de montagnes des Alains. Elles sont couvertes de neige et de glace et exposées aux vents du nord. Il appelle Alains la majeure partie des hordes de peuples qui habitaient au nord du Caucase, des rives du Kouban à la mer Caspienne. Selon lui le nom d'Alains est collectif et synonyme de celui de Massagètes, usité précédemment, et les Alains proprement dits. [...] Pendant que Ammien place les Alains sur le sol des Osses de la plaine, il fait habiter sur l'éperon crayeux du Caucase les Jaxamates ou Jas-Méotes et les Jaszyghes ou Jas-Djiks (Tcherkesses). Quant aux Neures, aux Boudines, aux Gélons, aux Agathyrses d'Hérodote, il les relègue dans les hautes vallées du Caucase comme par simple érudition. Procope (en 553) place aussi l’Alanie au nord du Caucase, dans les plaines de la petite et grande Kabardah. [...] Les Agathyrses se teignaient les cheveux en bleu selon Pline qui les appelaient Pictes, comme ceux d'Ecosse. Les Agathyrses se situeraient en Transylvanie selon d'autres auteurs (Frédéric Dubois de Montpéreux, Voyage autour du Caucase, chez les Tcherkesses et les Abkhases, en Colchide, en Géorgie, en Arménie et en Crimée, Tome 4, 1840 - www.google.fr/books/edition).

 

Ammien Marcellin range les Agathyrses au nombre des Alains, à côté des Gelons. [...] Au IIIe siècle, Flavius Vopiscus, en énumérant les captifs des nations voisines figurant au triomphe d'Aurélien, parle également des Alains à côté dés Rhoxolans, des Sarmates et des Goths. Ces Alains, ainsi que le disent Claudien, Flavius Josèphe et Procope, auraient habité au nord de la chaîne du Caucase et des portes Caucasiennes, ainsi que dans ces montagnes, à l'ouest de la mer Caspienne, au sud du Tanaïs et à l'est de la Méotide, auprès des Abasgues et des nations gothiques. Les monts Alana, situés dans la Scythie en deçà de l'Imaûs, plus vers l'est, d'après Ptolémée, indiquaient aussi une station orientale de ces Alains; car Ammien Marcellin parle de peuples confondus sous la dénomination commune d'Alains, s'étendant dans les deux parties du monde, en Europe et en Asie, jusqu'auprès du Gange (Gustave Lagneau, Des Alains, des Théiphales, des Agathyrses et de quelques autres peuplades sarmates dans les Gaules. In: Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 20e année, N. 3, 1876 - www.persee.fr).

 

Ammien Marcellin est utilisé dans l'interprétation du quatrain VIII, 55.

 

Typologie

 

Le report de 1915 sur la date pivot 525 donne -865.

 

Epoque du roi de Juda Joas, du roi d'Israël Jehu (Lenglet Du Fresnoy, Tablettes chronologiques de l'hist. univers., sacrée et proph., ecclésiast. et civile, depuis la création du monde, jusqu'à l'an 1762, 1763 - books.google.fr).

 

Et du roi d'Assyrie Salmanassar et de son fils Samas-Hou.

 

La chronologie n'est plus la même aujourd'hui, Jehu règnerait de 842 à 814, la stèle de Nimroud (l'obélisque noir trouvé par Layard en 1846) serait datée de 841 (R. Kittel, A History of the Hebrews: In Two Volumes, traduit par John Taylor, Hope W. Hogg, E. B. Speirs, 2005 - books.google.fr).

 

Aux 3°, 10°, 25°, 27°, 30°, et 31° campagnes, l'Arménie est de nouveau le théâtre des invasions assyriennes ; ces trois dernières campagnes sont dirigées non par le roi, mais par le Tartan de ses armées, Dayan-Assour. Voilà les principaux faits racontés par Salmanasar dans ses propres annales, mais là ne s'arrête pas pour nous l'histoire de son règne. La fin en fut marquée par des désastres bien douloureux pour lui : l'un de ses fils, Assur-dannin-pal, celui que M. Oppert nomme Sardanapale V, se révolta et détacha de son empire un grand nombre de villes, entre autres Assur, Arbeles, Amide, où il fit reconnaitre son pouvoir et se maintint plusieurs années. Son frère Samas-Hou (ou Samas-Bin), fidèle à ses devoirs, les fit enfin rentrer dans l'obéissance : c'est par ses annales que nous connaissons cette guerre civile, mais il a négligé de nous dire quel fut le sort de l'usurpateur. Le nouveau roi, qui rétablit l'intégrité de l'empire, eut seulement quatorze ans de règne (865-851, selon M. Oppert): naturellement, ce grand ébranlement intérieur avait fort compromis la prépondance de l'Assyrie; aussi les annales de ce règne sontelles encore une suite d'expéditions meurtrières et dévastatrices, que les monarques orientaux semblent toujours avoir considérées, avec la création de somptueux édifices, comme leurs véritables titres de gloire. Mais, dans ses premières années au moins, on peut dire que Samas-Hou lutte pour l'existence de son État. La Mésopotamie elle-même, Nairi (le pays des fleuves, le Naharina des Egyptiens), était armée contre lui. Peu après, nous le voyons envahir et dévaster divers pays qui paraissent situés sur les plateaux arméniens, et recevoir des tributs nombreux. Il promène ensuite en Chaldée la mort et le pillage, et, d'après son récit, parait y obtenir un succès durable, malgré l'intervention de différents peuples voisins, entre autres celui d'Elam; mais les campagnes énumérées sur cette stèle s'arrêtent à la quatrième, ce qui donne lieu de penser que les dix dernières années de ce prince furent ou moins agitées, ou moins prospères, au point de vue assyrien. Ce règne, contemporain de Joas chez les Hébreux et de Lycurgue chez les Grecs, nous conduit jusqu'au milieu du IX° siècle, et précède immédiatement le règne de Sammouramat, la Sémiramis d'Hérodote ; je dis le sien, quoiqu'elle ne paraisse pas avoir gouverné seule ; mais, par une exception unique dans les annales de cet empire, elle est nommée avec son mari dans la dédicace d'une statue du dieu Nébo, érigée par le préfet de Kalakh. Comme d'ailleurs Hérodote lui attribue personnellement de grands travaux à Babylone, on peut fort bien accepter l'idée qu'elle a réellement administré cette ville pendant que son mari régnait sur Ninive, et même qu'elle ait représenté la lignée des princes babyloniens (Félix Robiou, L'histoire de la Chaldée et de l'Assyrie, Revue des questions historiques, Volume 10, 1871 - books.google.fr, fr.wikipedia.org -Jules Oppert).

 

1915

 

Dans les différentes offensives anglo-hindoues dirigées sur Bagdad, l'armée britannique sera toujours rivée au fleuve, dont elle ne s'écartera jamais à plus de 20 kilomètres. Cette exigence du terrain exclut la possibilité de toute manœuvre compliquée. La seule tactique de l'assaillant va consister à faire inopinément passer le gros des troupes d'un bord du fleuve à l'autre, pour surprendre l'ennemi avant qu'il ait  eu le loisir de faire le même mouvement. Parmi les difficultés de l'expédition, il faut compter encore avec l'hostilité des tribus nomades, qui menacent les communications et renseignent fréquemment les Turcs. Il faut compter surtout avec les intempéries du climat, les grands froids de décembre et de janvier, les grandes inondations de février, mars et avril, les grandes chaleurs du mois d'août. Les opérations militaires de réelle importance ne sont guère possibles qu'en mai et juin, puis en septembre, octobre et novembre. Comme préparation à la campagne du printemps 1915, les Anglo-Hindous, placés sous le commandement supérieur du général Sir John Nixon, remontent le Chat-el-Arab au nord de Bassorah et, dès le 11 avril, s'emparent de Koura au confluent du Tigre et de l'Euphrate. Puis on organise la marche prochaine du gros des troupes anglaises sur Amara, Ctésiphon, Bagdad, par le cours du Tigre. Mais avant d'engager activement l'offensive en Chaldée, Sir John Nixon apprend que les Turcs préparent contre son armée une attaque de flanc avec des troupes ottomanes rassemblées en territoire persan, sur la droite des Anglo-Hindous. La Perse, dans cette guerre, est comme un terrain vague où les belligérants du Caucase et de Mésopotamie pénètrent et combattent à leur gré, selon les commodités de leur stratégie, sans beaucoup se mettre en peine de l'adhésion ou  même de l'existence du gouvernement de Téhéran. Sur le front du Tigre comme sur le front du Caucase, ce sont d'ailleurs des Turcs qui, les premiers, violent sans ombre de vergogne la neutralité de la Perse. Le général Gorringe estime nécessaire de déjouer l'attaque de flanc et de surprendre, en les gagnant de vitesse, les Ottomans concentrés sur le territoire persan (Pierre Marie Gabriel Malleterre, Les campagnes de 1915, 1918 - www.google.fr/books/edition).

 

A son deuxième voyage en 1915, le professeur Alois Musil trouva Bagdad dévastée par la guerre et par l'inondation. Son itinéraire lui fit parcourir de nouveaux territoires. Une vingtaine d'appendices historiques et une bibliographie très détaillée (J. Perez, Bibliographie : The Middle Euphrates de Alois Musil, La Geographie, Bulletin de la Société de géographie, Volumes 49-50, 1928 - www.google.fr/books/edition).

 

On sait que les impérialistes allemands, jouant sur la juste haine que les Persans éprouvent à l'égard de leurs oppresseurs russo-anglais, faillirent entrainer, en 1915, la Perse dans la guerre. Le journal libéral Rousskia Viédomosti exposait ainsi la marche des événements : «En septembre et en octobre 1915, le gouvernement persan semble avoir étudié sérieusement les moyens de s'émanciper de l'influence (!) anglo-russe par une alliance avec l'Allemagne et la Turquie. Le shah, avec son Cabinet et le Medjilis, se disposait déjà à quitter Téhéran, trop proche de la frontière russe. Mais les énergiques représentations de la diplomatie anglo-russe représentations soutenues (!) par l'apparition d'un détachement russe sous les murs de Téhéran, mirent bientôt fin aux hésitations du shah... La révolution éclata en Perse ; des comités révolutionnaires se constituèrent dans le centre et dans le midi... Ce mouvement révolutionnaire fut toutefois liquidé par les armées russes dans le cours de l'hiver et du printemps dernier» (Rousskia Viédomosti, 28 juillet 1916) (Vladimir Ilich Lenin, Grigory Yevseyevich Zinovyev, Contre le courant, Tome 2, 1970 - books.google.fr).

 

Les Arméniens en 1915

 

Le 24 avril 1915, le gouvernement Jeunes-Turcs de l’Empire ottoman décide d’en finir avec la minorité arménienne vivant dans l’actuelle Turquie et organise la déportation et le massacre d'Arméniens qui serait chiffré entre 1200000 et 1500000 Arméniens ottomans, perpétrant ainsi un génocide qui est souvent considéré comme le premier du XXe siècle. L'Arménie occidentale est vidée de sa population arménienne natale. Ce génocide n'a jamais été reconnu en tant que tel par la Turquie, dont les lois condamnent ceux qui mentionnent un génocide arménien. Après l'effondrement de la Russie (1917) et de l'Empire ottoman (1918), les Arméniens parviennent à créer une république indépendante, à l'existence éphémère (1918-1920) (fr.wikipedia.org - Arménie).

 

Il existe deux villes du nom d'Ardjèch, une en Roumanie et une en Arménie.

 

Le sceau de la ville d'Ardjèch en Roumanie présente un aigle à deux têtes. Selon l'historien arménien Hasdeu, un tel aigle est d'origine arménienne. Ceci se prouve par les études historiques récemment faites, surtout grâce à l'aigle arménien à deux têtes trouvé sur un rocher à Eyouq en Cappadoce. Cet aigle à deux têtes a été emprunté par les Byzantins aux Arméniens. Et ceci cesse d'être une hypothèse. Enfin Hasdeu ajoute, en terminant, que d'après la science héraldique, des villes empruntent leur emblème à un sujet qui a des rapports avec leurs habitants (Ardjèch en rapport avec Ardziv «aigle» en arménien) (Frédéric Macler, Autour de l'art religieux byzantin, Revue de l'histoire des religions, Volumes 107-108, 1933 - www.google.fr/books/edition).

 

Lorsque le héros éponyme des Arméniens, Hayk, bat le géant Bel (Nemrod), il le transperce d'une flèche à trois pennes ou de trois bras de long selon l'interprétation (Stepan Ahyan, Les débuts de l’histoire d’Arménie et les trois fonctions indo-européennes. In: Revue de l'histoire des religions, tome 199, n°3, 1982 - www.persee.fr).

 

Urfa 1915

 

La résistance d'Urfa en octobre 1915 connut une fin tragique, mais elle s'inscrit néanmoins parmi les épisodes les plus héroïques de l'histoire du peuple arménien. Urfa, de son ancien nom Edesse (Yédéssia en arménien), est située au sud de la Turquie actuelle, tout près de la frontière syrienne. Les cartes géographiques du VIIe siècle situent Edesse en «Mésopotamie arménienne». En adoptant le christianisme dès le Ier siècle, Edesse devint l'un des berceaux de cette religion. C'était aussi une cité caravanière et un centre de la civilisation syriaque du IIe au Xe siècle. D'après certaines hypothèses, c'est à Edesse que Mesrop Machtots aurait inventé l'alphabet arménien vers l'an 405 de notre ère. À l'époque de l'étroite collaboration entre les Croisés et le nouveau royaume arménien de Cilicie (Petite Arménie), Baudouin de Flandre, frère de Godefroy de Bouillon, fit d'Edesse une citadelle en 1098, qui devint un chef-lieu du du même nom, au centre d'un petit État arménien. En 1144, la ville fut prise par les barbares et saccagée. Les Turcs ottomans s'y installèrent à partir de 1637. Avant le génocide de 1915, les nappes, les serviettes et les vêtements fabriqués par les femmes arméniennes d'Urfa étaient appréciés dans le monde entier (particulièrement aux États-Unis et en Angleterre) pour leur extrême finesse, leurs couleurs et leurs dessins harmonieux (souvent enrichis de fils d'or). Les tailleurs de pierre et les potiers d'Urfa étaient aussi réputés. En 1915, il y avait à Urfa 35000 Arméniens qui habitaient principalement dans le vieux quartier central de la ville protégée par les remparts. Leur nombre avait considérablement diminué après les massacres généralisés de 1895-1896, organisés par le sultan Abdul Hamid. En octobre 1895, les Arméniens d'Urfa résistèrent vaillamment à l'armée ottomane qui ne put entrer dans le quartier arménien après cinquante-trois jours de siège. Finalement, les Turcs levèrent le siège et firent la paix avec les Arméniens. Mais ce n'était qu'une ruse car, au moment où les Arméniens ne s'y attendaient pas, l'armée ottomane pénétra subrepticement dans la ville et se livra à un véritable massacre en tuant 10000 personnes, dont 3500 qui, réfugiées dans la cathédrale, furent brûlées vives. Au début du siècle, prévoyant des nouvelles attaques des Turcs, les Arméniens avaient renforcé les murs tout autour de la cathédrale. À Urfa, l'exécution du programme d'élimination se déroula comme partout ailleurs dans l'empire : dès le mois de mai 1915, les autorités nommèrent comme maire Ali Haïdar, membre du parti Ittihat (la branche dure des Jeunes Turcs). Aussitôt l'élite arménienne fut arrêtée, déportée et assassinée ; le 18 juillet - ordre fut donné aux Arméniens de livrer les armes sous quarante-huit heures ; le 27 juillet - arrestation de l'archevêque A. Galentérian (Urfa était aussi le siège de l'Archevêché) ; le 4 août - exécution des 1500 appelés arméniens d'Urfa, enrôlés dans les «bataillons de travail». Ils seront divisés en deux groupes, l'un sera exterminé à Gudémé, l'autre à Karapeuklou. Il n'y aura que deux survivants. Refusant catégoriquement de se soumettre à l'ordre de déportation arrivé fin septembre, les Arméniens, avec à leur tête Meguerditch Yotnéghparian, organisent l'autodéfense. Il y aura un conseil de guerre, des bataillons seront formés, 6 secteurs de combat et 32 positions pour un total de 800 combattants (ils deviendront très rapidement 2000 avec les fusils pris aux soldats turcs). Fait exceptionnel, il y aura trois  bataillons de femmes ! (Mon père me parlait souvent de ces femmes combattantes de tout âge, qui l'avaient beaucoup impressionné avec leurs fusils, de grosses ceintures autour de la taille et des cartouchières suspendues autour du cou et de la poitrine). Sous le commandement général de Fakhri Pacha, l'armée turque passa à l'attaque dès le 30 septembre 1915. L'armée régulière turque était composée de 6000 soldats, mais il y avait aussi 12000 «irréguliers» (Turcs, Kurdes, Tcherkesses, Tchétchènes, etc.). Les Arméniens avaient installé un hôpital militaire, une caserne et des ateliers de  réparation et de fabrication d'armes et de munitions. Ils fabriquèrent même un canon, qui ne fonctionna malheureusement jamais. Il y eut de très nombreux actes héroïques (collectifs et individuels) qu'il serait trop long d'énumérer. Si en 1895 les Arméniens avaient réussi à tenir en échec l'armée turque pendant cinquante-trois jours, cette fois les conditions étaient totalement différentes, car il y avait l'artillerie du commandant allemand Wolffskeel qui était  terriblement efficace. Après plusieurs semaines de bombardement, les canons de Wolffskeel avaient complètement rasé le quartier arménien, faisant des milliers de victimes. Sur les 2300 maisons du centreville, seules 50 étaient encore debout après les combats. Après vingt-cinq jours de combats acharnés et après avoir perdu plus de 2000 hommes, les Turcs, avec l'appui de 11000 soldats supplémentaires venus d'Alep, mais surtout grâce aux dégâts causés par l'artillerie, pénétrèrent dans la ville et se livrèrent au massacre de la population. Beaucoup de combattants se suicidèrent, avant de tomber entre les mains de l'ennemi en se réservant la dernière cartouche pour soi, à l'exemple du chef de la résistance d'Urfa, le héros Meguerditch Yotnéghparian. Quelques combattantes arméniennes, prisonnières du commandant Osman Bey, furent mises toutes nues, avant d'être soumises aux sévices de leurs bourreaux. L'une d'elles demanda de se déshabiller seule, ce qu'on lui accorda ; elle sortit alors un revolver et tua le sanguinaire Osman Bey de plusieurs balles à bout portant. Elle fut immédiatement lapidée par les soldats. Une autre jeune femme se défendit toute seule pendant encore trois jours. Lorsque les soldats turcs la découvrirent enfin morte la découvrirent enfin morte, ils constatèrent qu'elle n'avait qu'une main, avec laquelle elle tenait encore le fusil qui lui avait servi à se suicider (Jean-Varoujean Guréghiann, Le Golgotha de l'Arménie mineure, le destin de mon père : témoignage sur le premier génocide du XXe siècle, 1999 - www.google.fr/books/edition).

 

Pour l’Arménie dans l’empire Ottoman : cf. quatrain V, 50.

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