La comète de 1895

La comète de 1895

 

V, 59

 

1895

 

Au chef Anglois Ă  Nymes trop freiour,

Devers l'Espagne au secours Aenobarbe ,

Plusieurs mourront par Mars ouvert ce jour,

Quand en Artois faillir estoille en barbe.

 

Nymes ou TrĂŞves

 

"freiour" : froid (Simon-Jules Honnorat, Dictionnaire provençal-français; ou, Dictionnaire de la langue d'oc, ancienne et moderne, suivi d'un vocabulaire fançais-provençal, Tome 2, 1847 - books.google.fr).

 

Certaines éditions ont "séjour".

 

Nymes, nom d'une rivière de l'électorat de Trèves, qui coule à Schönecken, appelée aussi Nims dans les documents plus récents. C'est la Nemesa mentionnée dans La Moselle d'Ausone (Henri de La Ville de Mirmont, D. M. Ausonii Mosella Collection bordelais, 1889 - books.google.fr, Paulys Real-Encyclopädie der classischen Altertumswissenschaft: neue Bearbeitung, Volume 16,Numéro 2, 1935 - books.google.fr).

 

Deux empereurs pour un trĂ´ne

 

Aucun Prince allemand n'Ă©tant disposĂ© Ă  remplacer Guillaume de Hollande, deux Ă©trangers, Alphonse, Roi de Castille, et Richard, Comte de Cornouaille, se mirent sur les rangs pour remplir le trĂ´ne vacant. Les Ă©lecteurs, bien plus nombreux qu'ils ne le sont aujourd'hui, se trouvèrent partagĂ©s entre les deux compĂ©titeurs. Richard en avoit gagnĂ© plusieurs par argent; mais l'ArchevĂŞque de Treves ne fut pas de ce nombre. Quinze mille marcs sterlings, que le Prince anglois lui fit offrir, ne purent le sĂ©duire ni l'empĂŞcher de donner sa voix au Roi de Castille, qu'il jugeoit le plus digne. (De Hontheim , Prodrom. Hist. Trevir. pp. 474-475.) Ce choix, adoptĂ© par un grand nombre des Ă©lecteurs, fut applaudi d’une partie de l'Allemagne et des Etats d’Italie; mais Alphonse ne soutint pas les belles espĂ©rances qu'on avoit conçues de lui. Content du titre d'Empereur qu'on lui avoit dĂ©cernĂ©, il ne daigna pas mettre les pieds en Allemagne ; peut-ĂŞtre aussi ne le put-il pas, occupĂ© comme il Ă©toit Ă  faire la guerre aux Maures. Quoi qu'il en soit, l’ArchevĂŞque de TrĂŞves, voyant qu'il se refusoit aux invitations qu'on lui faisoit de venir en Allemagne, l'abandonne, et fit sa paix avec le Roi Richard par la mĂ©diation de la France. Conrad, ArchevĂŞque de Cologne, ayant Ă©tĂ©, l'an 1257 ou environ, revĂŞtu de la qualitĂ© de LĂ©gat, voulut en exercer les fonctions dans le diocèse de Treves. Mais il fut arrĂŞtĂ© par l'opposition d'Arnoul, qui, ayant fait une dĂ©putation Ă  Rome, obtint qu'il ne reconnoitroit la jurisdiction d'autre LĂ©gat que d'un LĂ©gat Ă  latere. Arnoul mourut, le 5 Novembre de de la mĂŞme annĂ©e, dans la citadelle de Thabor, qu'il avoit fait construire, et fut rapportĂ© Ă  Treves pour y ĂŞtre inhumĂ© dans la CathĂ©drale, vis-Ă -vis de Thierri son oncle (L'art de vĂ©rifier les dates, Tome III, 1787 - books.google.fr).

 

Richard d'Angleterre dit Richard de Cornouailles (5 janvier 1209 à Winchester - 2 avril 1272 à Berkhamsted), fils du roi Jean "sans Terre", roi d'Angleterre et d'Isabelle d'Angoulême, fut nommé 1er comte de Cornouailles (fr.wikipedia.org - Richard de Cornouailles).

 

Richard fut couronné à Aix-la-Chapelle, le jour de l'Ascension 1257, par l'archevêque de Mayence (Konrad I von Hochstaden, 1238-1261), qui venait de forcer celui de Trêves à lever le siége de Boppart. Arnoul d'Isembourg, évêque de Trêves depuis 1242, avait fait massacrer les gens du roi des Romains Guillaume de Hollande à Trêves en 1252 (Émile Ruelle, Histoire générale du moyen-age par Émile Ruelle et Alph. Huillard-Bréholles, Tome 2, 1843 - books.google.fr).

 

Cette mĂŞme annĂ©e [1258] aussi, l’automne prolongea la sĂ©rĂ©nitĂ© de l’air et la douceur de la tempĂ©rature jusqu’à la fin de janvier, en sorte qu'en aucun lien et en aucun instant la gelĂ©e n’endurcit la surface de l’eau. Mais Ă  partir de cette Ă©poque, c’est-Ă -dire depuis la Purification de la bienheureuse Vierge jusqu’à la fin de mars, l’aquilon ne cessa de souffler; une gelĂ©e continuelle, accompagnĂ©e de neige et d’un froid intolĂ©rable, resserra la face de la terre, affligea le pauvre peuple, changea la tempĂ©rature, et fit pĂ©rir les jeunes troupeaux, au point qu’une mortalitĂ© gĂ©nĂ©rale s’étendit sur les brebis et sur les agneaux. Le roi d’Allemague Richard, par sa prudence, dompte, attira Ă  lui et ramena dans son parti ses adversaires, de telle sorte que les citoyens des nobles villes d’Italie s’engagèrent Ă  le servir : et ses rivaux, d’abord menaçants, furent obligĂ©s de se taire, Ă  savoir les Français, les Espagnols, les habitants de TrĂŞves et ceux des pays voisins, qui tous lui avaient tendu des pièges pour le perdre (Grande chronique de Matthieu Paris, Tome 8, 1840 - books.google.fr).

 

On retrouve le chroniqueur bénédictin mort en 1259 Matthew Paris au sujet d'une autre comète, celle de Halley, au quatrain, II, 70 daté de 1682.

 

Richard de Cornouailles en Allemagne

 

Alphonse ne se rendit jamais en Allemagne, Richard n'y fit que de brefs séjours (en 1260, 1262-1263 et 1268-1269) (Les «rois étrangers» (1250-1273), L'Allemagne au XIIIe siècle: De la Meuse à l'Oder, 1994 - books.google.fr).

 

Dès la fin du XIIe siècle cependant, le chemin le plus couramment utilisĂ© entre la RhĂ©nanie et l'Angleterre est la «route» bien connue de Bruges Ă  Cologne (par Gand, Alost, Louvain, Tirlemont et Saint-Trond) et l'on peut s'Ă©tonner Ă  juste titre que Richard ne l'ait pas suivie et se demander quelles raisons impĂ©rieuses l'obligeaient Ă  s'en dĂ©tourner Ă  Maestricht pour s'imposer pareil dĂ©tour. A la vĂ©ritĂ©, en dehors du fait qu'une rĂ©union entre les rois de France, d'Angleterre et de Germanie aurait Ă©tĂ© prĂ©vue Ă  Cambrai pour cette Ă©poque, ce sont des considĂ©rations de politique gĂ©nĂ©rale qui lui ont dictĂ© cette dĂ©cision. En effet, le duc de Brabant, Henri III, soutenait le rival de Richard, le roi Alphonse de Castille. Il en avait reçu le titre de gardien des vassaux et des villes de l'Empire entre le Brabant et le Rhin et des frontières du diocèse de Trèves Ă  la mer. Il est Ă©vident que le roi des Romains ne pouvait se risquer Ă  traverser les terres d'un partisan avĂ©rĂ© de son compĂ©titeur. Par contre, la principautĂ© de Liège et le Hainaut Ă©taient sĂ»rs : l'Ă©vĂ«que Henri de Gueldre et le comte Jean d'Avesnes lui Ă©taient tout acquis. Quant Ă  la Flandre, la comtesse Marguerite, d'abord ralliĂ©e Ă  la politique française et par lĂ  Ă  Alphonse de Castille, semble bien s'ĂŞtre rangĂ©e aux cĂ´tĂ©s de Richard après le traitĂ© de paix franco-anglais de Paris (mai 1258) : lĂ  encore, ce dernier est donc en sĂ»retĂ©. On peut donc admettre que le but essentiel du dĂ©tour de Richard de Cornouailles, et par lĂ  parcourt une route jalonnĂ©e par Gand, Bruxelles, Louvain, Aix (A. Joris, La visite Ă  Huy du roi des Romains, Le Moyen âge, Volume 64, 1958 - books.google.fr).

 

Politique matrimoniale de Richard de Cornouailles

 

Surtout, les difficultĂ©s intĂ©rieures anglaises des annĂ©es 1250 et 1260 furent un obstacle permanent Ă  la construction, par Richard de Cornouailles, d'une vĂ©ritable base de pouvoir dans l'Empire. En 1268, le mariage entre Richard et BĂ©atrice de Falkenburg Ă©tait le signe manifeste de sa volontĂ© de demeurer en Allemagne, mais Richard dut rentrer prĂ©cipitamment en Angleterre pour tenter de rĂ©gler les querelles internes au parti royaliste et conclure une paix avec les princes gallois. En rĂ©alitĂ©, comme le dĂ©montre bien Björn K. U. Weiler, les succès de Richard dans l'Empire reposaient presque exclusivement sur les revenus qu'il pouvait espĂ©rer tirer de ses revenus anglais, et sa position de vassal par rapport Ă  Henri III ne pouvait qu'inquiĂ©ter la papautĂ©, qui lui retira son appui, prĂ©fĂ©rant la situation incertaine créée par la rivalitĂ© entre Richard et Alphonse X Ă  la perspective d'un empereur incapable d'imposer son autoritĂ© (Bibliographie : Henry III and the Staufen Empire, 1216-1272 de Björn K. U. Weiler, Revue historique, Volumes 649-650, 2009 - books.google.fr).

 

Am 20. Juni 1262 brach Richard zum dritten Mal nach Deutschland auf und erreichte über die Niederlande Aachen. Dort gab er am 13. Juli Kopien der Reichskleinodien zur Verwahrung, möglicherweise weil er fürchtete, nicht mehr auf die in der Reichsburg Trifels verwahrten Originale zugreifen zu können. Am 6. August 1262 bestätigte er Ottokar von Böhmen, der bei der Wahl von 1257 unentschieden war, als Herzog von Österreich und der Steiermark. Damit gewann er ihn als Bundesgenossen gegen Konradin, akzeptierte aber auch seine weitgehende Machtlosigkeit als König in den rechtsrheinischen Gebieten des Reiches. Am 7. August 1262 verkündete Papst Urban IV., Richard und Alfons von Kastilien seien als gewählte Könige gleichberechtigt. Er berief beide nach Rom. Richard zog daraufhin nach Süddeutschland, stellte Zürich (damals Reichsstadt) unter seinen Schutz und erreichte vielleicht noch Basel. Im November 1262 zog er jedoch wieder rheinabwärts und setzte schließlich am 10. Februar 1263 nach England über. (de.wikipedia.org - Richard von Cornwall).

 

Werner I. Frei von Treis hatte – wohl Anfang 1263 – Uda/Oda, tochter des ritters Conrad von Schöneck, geheiratet. Sie wurde am 23. Januar dieses Jahres zusammen mit ihren Nachkommen von König Richard aus der Reichsministerialität entlassen und dem Erzbischof von Trier überstellt. Dabei wurde die Erblichkeit des Treiser Burggrafiats ausdrücklich an die Bedingung geknüpft, dass die Kinder des Ehepaares beiderlei Geschlechts nur Trierer Ministerialen heiraten dürfen (de.wikipedia.org - Frei von Treis).

 

Im Jahr 1264 nahm Graf Heinrich von Vianden Burg Schönecken zum Wohnsitz und nannte sich Herr von Schönecken (de.wikipedia.org - Schönecken).

 

Am 16. Juni 1269 heiratete er in Kaiserslautern seine dritte Ehefrau, die junge Beatrix von Falkenburg, eine Nichte des zuvor ihm feindlich gesinnten Erzbischofs Engelbert von Köln. Ohne weitere Erfolge erzielen zu können, kehrte Richard im Juli 1269 mit seiner neuen Frau nach Mainz zurück. Wenig später reisten sie weiter nach England, wo sie am 3. August 1269 in Dover eintrafen (de.wikipedia.org - Richard von Cornwall).

 

"Devers l'Espagne"

 

Alphonse X le Sage ou le Savant (en espagnol, Alfonso X el Sabio) (Tolède, 1221 — Séville, 1284), roi de Castille et León (1252-1284) et anti-roi de Germanie (1257-1273). Alphonse X fut une personnalité hautement érudite qui fit travailler à Tolède des savants et traducteurs juifs, chrétiens et musulmans en particulier sur l'astronomie, avec la composition des Tables alphonsines et l'astrologie, avec le Libros del saber de astronomia et le Libro de las cruzes (fr.wikipedia.org - Alphonse X de Castille).

 

"devers" "signifie "du cĂ´tĂ© de" : la Castille est du cĂ´tĂ© de l'Espagne.

 

Alphonse X est parent par sa mère de la maison des Hohenstaufen, arrière-petit-fils de FrĂ©dĂ©ric Barberousse (cf. "Aenobarbe" : barbe d'airain).

 

"secours"

 

Las Siete Partidas del Sabio Rey D. Alfonso sont un code qui a été rédigé dans les années 1256 à 1264, sous le règne d'Alphonse X, roi de Léon et de Castille, un des savants les plus distingués de son époque. Il exprime l'état plus ou moins avancé de la culture du droit au XIIIe siècle; les noms de ses rédacteurs ne sont pas connus avec certitude, cependant on s'accorde assez généralement à désigner JACOMO RUIZ, ROLDAN et l'évêque MARTINEZ. Dans les manuscrits ce code porte les titres de Libro de Leyes; Fuero de las Leyes; Setenario. C'est depuis le règne de Ferdinand IV qu'il a été désigné généralement, sous le nom de Siete Partidas, à raison de sa division en sept parties on livres. Il contient un ensemble complet de règles de droit qu'accompagnent souvent des préceptes de morale sociale. Il peut être mis en tête des monuments les plus importants et les plus intéressants de la législation du moyen âge. Son autorité est encore grande en Espagne (Faustin Hélie, Léopold Hanssens, Jean Servais Guillaume Nypels, Traité de l'instruction criminelle ou Théorie du code d'instruction criminelle, Tome 1, 1863 - books.google.fr).

 

PostĂ©rieures aux Constitutions de Melfi de l’empereur FrĂ©dĂ©ric II, mais incomparablement plus ambitieuses par leur contenu, les Sept parties d’Alphonse X le Sage, dont la première rĂ©daction fut achevĂ©e en 1265, constituent le plus grand et l’un des tout premiers codes de droit royal territorial de l’Occident mĂ©diĂ©val. Leur influence fut considĂ©rable : les Rois Catholiques et Charles Quint en firent un texte de rĂ©fĂ©rence pour la construction de l’État moderne en Espagne et au XIXe siècle encore leur impact sera capital sur les constitutions des nations indĂ©pendantes d’AmĂ©rique latine. La deuxième de ces Sept parties forme un important traitĂ© de droit et de philosophie politiques qui compta parmi les sources de Raymond Lulle, Thomas d’Aquin, Brunetto Latini, Dante et d’autres nombreux penseurs et lĂ©gistes.

 

Le titre XIX de la deuxième partita de la loi d'Alphonse X recommande au peuple de secourir son roi (Georges Martin, Alphonse X le Sage Deuxième partie, Traduction critique de la Segunda partida, 2010 - books.google.fr).

 

"Etoile en barbe" : une comète

 

Paraphrase du quatrain : Plusieurs mourront Ă  cause de Mars, qui sera vu ce jour-lĂ , alors qu’en Artois, une comète chevelue tombera (Anna Carlstedt, La poĂ©sie oraculaire de Nostradamus : langue, style et genre des Centuries, Forskningsrapporter, Cahiers de la Recherche N° 28, 2005, p. 85).

 

Les comètes sont distinguĂ©es principalement des autres astres, en ce qu'elles sont ordinairement accompagnĂ©es d'une queue ou traĂ®nĂ©e de lumière toujours opposĂ©e au soleil, & qui diminue de vivacitĂ© Ă  mesure qu'elle s'Ă©loigne du corps de la comète. C'est cette traĂ®nĂ©e de lumière qui a occasionnĂ© la division vulgaire des comètes en comètes Ă  queue, Ă  barbe & Ă  chevelure : mais cette division convient plutĂ´t aux diffĂ©rens Ă©tats d'une mĂŞme comète qu'aux phĂ©nomènes distinctifs de diffĂ©rentes comètes. Ainsi lorsque la comète se meut Ă  l'orient du soleil & s'en Ă©carte, on dit que la comète est barbue, parce que sa lumière va devant elle. Quand la comète va Ă  l'occident du soleil & qu'elle le suit, on dit que la comète a une queue, parce que sa lumière la suit. Enfin quand la comète & le soleil sont diamĂ©tralement opposĂ©s (la terre Ă©tant entre eux), la traĂ®nĂ©e de lumière qui accompagne la comète Ă©tant cachĂ©e par le corps de la comète, exceptĂ© les parties les plus extĂ©rieures qui dĂ©bordent un peu la comète & l'environnent, on dit que la comète a une chevelure (EncyclopĂ©die, Ou Dictionnaire RaisonnĂ© Des Sciences, Des Arts Et Des MĂ©tiers: Coi - Con, Volume 8, Partie 2, 1782 - books.google.fr).

 

On observe une comète en 1273, avènement de Rodolphe d'Habsbourg, empereur d'Allemagne et une autre en 1274.

 

Le 5 dĂ©cembre (veille de St-Nicolas) 1274, l'Angleterre fui Ă©pouvantĂ©e par des commotions souterraines, des Ă©clairs, des tonnerres, un dragon enflammĂ© et une comète. Après ce tremblement, pluie de sang dans le pays de Galles (F. H., I. c., p. 363 ; C. M.; Polyd. Virg., 1. c., p. 414; L.). (Alexis Perrey, Sur les trembvlements de terre dans les Ă®les britanniques, Annales Des Sciences Physiques Et Naturelles, 1849 - books.google.fr).

 

«A l'heure mĂŞme oĂą Thomas d'Aquin rendait le dernier soupir, un religieux de cette maison s'Ă©tant endormi en priant dans l'Ă©glise , aperçut une Ă©toile d'une admirable clartĂ© , tomber du ciel sur le monastère : il vit aussi deux autres Ă©toiles descendre conjointement de la voĂ»te Ă©thĂ©rĂ©e ; et après un peu de temps il revit l'Ă©toile qu'il avait d'abord aperçue, et dont l'Ă©clat Ă©galait celui des deux autres rĂ©unies, remonter glorieusement vers le ciel. S'Ă©tant Ă©veillĂ© aussitĂ´t après cette vision, le moine entendit la cloche qui annonçait le trĂ©pas du saint Docteur; et il comprit que la première Ă©toile n'Ă©tait autre que son âme qui sortait de son corps, et s'en allait, en compagnie de deux âmes bienheureuses, prendre possession de la patrie cĂ©leste» (Bollandistes) (Jean François Bareille, Histoire de saint Thomas d'Aquin, 1849 - books.google.fr).

 

Au commencement de Mars 1274, on vit une Comète trois jours avant la mort de S. Thomas d'Aquin : « Aliud signum in ipso Monasterio (Fosse nove) visum fuit, nam quaedam stella per modum CometĹ“, tribus diebus ante praedicti Doctoris obitum, super Monasterium visa suit, quĹ“ cĂąm ignoraretur quid significaret dum apparuit, ostendit Doctoris obitum dum cessavìt Â» (Vita Sancti Thomae Aquinatis in Actis Sanctorum) (MĂ©moires de mathĂ©matique et de physique: prĂ©sentĂ©s Ă  l'AcadĂ©mie Royale des Sciences, par divers savans, et lus dans les assemblĂ©es, Volume 10, 1785 - books.google.fr).

 

Le site des abbayes était toujours une vallée, où les terres plus fertiles, les eaux poissonneuses et propres à faire mouvoir des moulins, fournissaient aux moines les occupations agricoles et industrielles et la nourriture maigre que prescrivait leur règle. A côté de ces avantages, l'insalubrité de l'air des vallées décimait en Italie plus qu'ailleurs les moines de Cîteaux; le fléau entrava le développement de leur ordre, et l'air pestilentiel de Fossanova [dans les Marais pontins], Valvisciolo, Saint-Nicolas de Girgenti, San Galgano, a puissamment contribué au dépeuplement et à l'abandon de ces abbayes. Les abbayes cisterciennes les plus intéressantes pour l'histoire de l'architecture gothique en Italie sont d'abord Fossanova, première est située sur la voie Appienne, où mourut Thomas d'Aquin le 7 mars 1274 et Casamari (Bibliothèque des écoles françaises d'Athènes et de Rome, Numéro 66, 1894 - books.google.fr).

 

Le monastère cistercien de Fossanova fut construit en 1135 Ă  la place d'une abbaye bĂ©nĂ©dictine; l'Ă©glise commencĂ©e vers 1172, fut après modification du plan en 1187, consacrĂ©e en 1208. Elle eut une importance essentielle pour l'architecture gothique en Italie parce qu'elle reprit les plans de l'Ă©glise cistercienne de Pontigny en Bourgogne (vers 1160-1180), en les combinant avec ceux de sa propre Ă©glise-mère de Hautecombe en Savoie ; elle rĂ©alisa ainsi un type d'Ă©glise qui devint un exemple, voire une règle, mĂŞme pour les ordres mendiants. La façade occidentale est ornĂ©e d'un porche Ă  trois travĂ©es. Le grand portail et la rose respirent la distinction mesurĂ©e qui est propre Ă  tout l'Ă©difice. Le vaisseau longitudinal Ă  trois nefs - diffĂ©rent de celui de Pontigny - est couvert de voĂ»tes d'arĂŞte dont les supports ne partent pas du sol mais de consoles murales Ă©levĂ©es. Les Ă©lĂ©ments dĂ©coratifs Ă  l'intĂ©rieur de l'Ă©glise, se concentrent sur les piliers qui sont flanquĂ©s de demi-colonnes surmontĂ©es de chapiteaux Ă  dĂ©cor floral. Les fenĂŞtres de la nef centrale et les ouvertures du triforium qui les prolonge vers le bas conservent les arcs romans en plein cintre. Sur une voĂ»te de croisĂ©e octogonale semblable Ă  une coupole s'Ă©lève, Ă  l'exemple de Saint-Sernin de Toulouse, la tour de croisĂ©e qui est l'Ă©lĂ©ment dominant de l'Ă©difice. Dans l'aile sud du cloĂ®tre, l'amour roman du dĂ©cor se perpĂ©tue en formes gothiques ; le milieu du cloĂ®tre est coupĂ© par un passage menant Ă  une maisonnette isolĂ©e abritant le puits, disposition très rare en Italie, importĂ©e ici de Bourgogne. C'est Ă  Fossanova que Joachim de Fiore eut ses visions prophĂ©tiques (Heinrich Decker, L'Italie gothique, 1964 - books.google.fr).

 

Fossanova occuperait le site de l'antique Forum Appii, sur la voie Appienne, dans la rĂ©gion de l'oppidum des Volsques Artena (cf. Artois ?). S'y trouve aussi Tres Tabernae (les trois tavernes) appelĂ© après Cisterna, dont parlent les Actes des ApĂ´tres au sujet du sĂ©jour de l’apĂ´tre Paul en Italie (Dominico Antonio Contatore, De Historia Terracinensi libri quinque, 1706 - books.google.fr).

 

Act. XXVIII, 11 - 15 : Paul, transportĂ© en Italie par un vaisseau d'Alexandrie, dĂ©barque Ă  Pouzzoles. Strabon nous apprend que c'Ă©tait en effet cette ville qui recevait habituellement dans son port les vaisseaux d'Alexandrie, et leurs marchandises dans ses magasins. Les amis de Paul attendent son arrivĂ©e au Forum Appii, et d'autres aux Tres tabernĹ“. Paul s'embarque apparemment sur un canal que CĂ©sar avait creusĂ© au travers des marais Pontins. Il dut par cela mĂŞme passer au Forum Appii, qui, Ă  l'extrĂ©mitĂ© de ce canal, en Ă©tait le port. Dix milles romains plus près de la capitale Ă©taient, suivant l'ItinĂ©raire d'Antonin, les Tres TabernĹ“ (Jacob-ElisĂ©e CellĂ©rier, Essai d'une introduction critique du nouveau Testament 1823 - books.google.fr).

 

Guicciardin dit dans Description des Pays-Bas. Ed. de 1567, p. 335 : «Près de ThĂ©rouanne, Aire et Saint-Omer, il y a un très grand canal aujourd'hui appelĂ© la Fosse-Neuve, laquelle suivant quelques Ă©crivains fut faite Ă  la main dans le temps du comte Baudouin Pie pour se garantir de l'ennemi ; d'autres disent que c'Ă©toit pour servir de limite entre la Flandre et l'Artois. Quoique ce très grand canal en forme de golfe de mer, aujourd'hui fort restreint et en partie rempli, soit Ă  huit lieues de la mer, on affirme que par le passĂ© il faisoit partie de la mer et que l'OcĂ©an parvenoit jusque-lĂ . On y trouve encore des ancres et semblables reliques» (C. de Laroière, Etude sur le Sinus Itius, Annales du comitĂ© flamand de France, Volume 10, 1870 - books.google.fr).

 

Ce sont les moines bénédictins de Lillers en Artois qui y forèrent le premier puits artésien exécuté en France, d'où son nom.

 

Autrement : la comète de 1264, Mars et Arta en Epire, ou le Saint Cierge d'Arras (en Artois)

 

Le pape Urbain IV (de 1261 à 1264), toujours placé entre les partis comme le fléau entre les plateaux de la balance, ne jugea pas à propos de se prononcer sans une enquête préalable. D'une part, Richard, comte de Cornouailles, était désigné dans les bulles d'Alexandre IV sous le titre de roi élu des Romains; il avait même été ceint du diadème dans la cathédrale d'Aix-la Chapelle; il se trouvait donc en possession du titre impérial; on ne pouvait le lui enlever sans injure. D'autre part, la majorité des princes électeurs avait déféré l'Empire au roi Alphonse, en lui décernant leurs suffrages. Du reste, les lettres du vénérable prédécesseur d'Urbain IV comme celles des cardinaux où le comte Richard était mentionné sous le litre d'empereur élu, ne contenaient aucune décision définitive; elles n'engageaient, en aucune manière, les successeurs d'Alexandre IV. On pouvait, par conséquent, sans porter atteinte à la réputation ou au bien du comte de Cornouailles, décorer les deux prétendants du titre de roi élu des Romains. Dans un esprit de conciliation. Urbain IV adopta ce moyen terme; il décida que le roi de Castille et le comte de Cornouailles seraient également appelés dans les missives pontificales rois élus de Rome. Cette mesure, qui pourtant ne préjudiciait aux droits d'aucun des candidats à la couronne d'Allemagne, éveilla la susceptibilité de Richard; il se crut blessé de ce que son rival était revêtu d'un privilège que le Siège apostolique n'avait jamais conféré au monarque castillan. Il ne manqua pas de flatteurs qui cherchèrent à aigrir encore davantage le comte irrité. Ils répétaient tout bas que si le pape Alexandre eût vécu plus longtemps, Richard de Cornouailles aurait certainement obtenu les insignes impériaux; ils ajoutaient qu'Urbain IV favorisait Alphonse de Castille au détriment de son compétiteur.

 

Les souverains de l'ancien empire d'Allemagne Ă©taient consacrĂ©s trois fois : Ă  Aix-la-Chapelle, comme roi des Romains; Ă  Milan, au titre de roi des Lombards; Ă  Rome, en qualitĂ© d'empereur romain. Richard, comte de Cornouailles, n'avait reçu que la première de ces consĂ©crations religieuses.

 

Le roi de Castille et le comte de Cornouailles, dociles Ă  l'appel pontifical, comparurent devant Urbain IV par procureurs.

 

Urbain IV, en raison de la double élection, avait attendu jusqu'à ce jour, pour qu'on ne l'accusât point de violer les droits des princes. Il avait voulu voir si les deux partis qui divisaient l'Europe centrale se seraient arrangés d'eux-mêmes, ou si les contestations ne seraient point portées à son tribunal. Comme de plus longs délais pouvaient entraîner de lamentables conséquences, il avait essayé d'amener les princes à un accommodement par l'entremise de Guillaume, archidiacre de Paris, homme recommandable par sa fermeté, son désintéressement et sa modération; il les avait fortement exhortés à la concorde, mais sans succès. Il avait pris alors la résolution de juger la question en dernier ressort à la Saint-André de 1265 (Étienne Georges, Historie du Pape Urbain IV et de son temps 1185 - 1264, 1866 - books.google.fr).

 

Une comète barbue est reconnue dans celle de 1264 annonçant la mort du pape Urbain IV, qui n'eut donc pas Ă  dĂ©cider entre les deux rois des romains (Claude Comiers, La Nature et presage des cometes. Ouvrage Mathematique, Physique, Chimique & Historique ; Enrichi des Propheties des derniers Siecles, 1665 - books.google.fr).

 

Vers la fin de juillet, le pape tomba malade; et le même jour apparut dans le ciel une comète chevelue, dont la tête, comparée par Thierry de Vaucouleurs à la voile d'un navire, semblait jeter des flammes. Sa traînée lumineuse paraissait large d'une coudée, et s'étendait, vers l'occident, dans une grande partie de la voûte céleste. On prétendit que la comète était produite par la vertu de Mars. En juillet 1264, Mars étant dans la ligne du Taureau et la comète se montrant au signe du Cancer, elle ne cessa de tendre vers sa cause génératrice comme l'aiguille tend au pôle. L'effroi fut général. En Italie, les uns prétendirent que ce phénomène annonçait l'arrivée des Français et la chute de Manfred; le plus grand nombre y vit un pronostic assuré de la mort du pape. La comète resta visible pendant deux mois, et, par une singulière coïncidence, le jour même de sa disparition, Urbain IV mourut à Pérouse, après un pontificat de trois ans un mois et quelques jours. C'était le 2 octobre 1264 (Claude Joseph de Cherrier, Histoire de la lutte des papes et des empereurs de la maison de Souabe, de ses causes et de ses effets, Tome 4, 1841 - books.google.fr, Roger Bacon, Opus Major, Mathematics (1266–68), traduit par Robert Belle Burke, 1928 - books.google.fr).

 

Cette comète de 1264 ne serait pas la même que celle dite de Charles Quint passé en 1556, un an après son retrait du pouvoir.

 

Thierry de Vaucouleurs témoigne de ce passage de la comète à la mort du pape, en écrivant pour le neveu du pontife, le cardinal Anchier, un poème en son honneur (Camille Rivain, Suite du treizième siècle, années 1256-1285: Tome XIX, 1838 - books.google.fr).

 

Suivant Pachymère, "une étoile chevelue brilla de l'ouest à l'est, depuis le printemps jusqu'en automne. Et elle effrayait ceux qui la regardaient, lançant une fumée mêlée avec du feu, comme si elle annonçait d'avance quelque malheur". Et "quand les comètes sont le plus terribles, comme celle-ci l'était alors, le mal qui arrive est manifeste" (Michel Paléologue, L. 3) (E. M. Antoniadi, Les Cometes, Considerees en General Comme des Presages Sinistres dans l'Histoire, L'Astronomie, volume 52, 1938 - articles.adsabs.harvard.edu).

 

Le fleuve Aratthos (ou Arachthos) arrose la ville d'Ambracie aujourd'hui Arta (appelée ainsi déjà au XIVe siècle) (J. Geffcke, Historische Griechische Epigramme, Kleine Texte für Vorlesungen und Übungen, Volume 156, 1926 - books.google.fr, Arthur Engel, Raymond Serrure, Traité de numismatique du moyen âge, par A. Engel et R. Serrure, Tome 2, 1894 - books.google.fr).

 

Histoire de trouver "Arta" dans "Artois".

 

Résolu à prendre Thessalonique pour agrandir son despotat, Michel demande à Manfred d'accepter sa fille en mariage en cédant comme dot les villes perdues et Corfou. Il conclut également une alliance avec le prince Guillaume II de Villehardouin d'Achaïe, qui épouse sa fille.

 

Michel II Doukas ou Michel II Ange, est despote d'Épire de 1230 jusqu'à sa mort en 1266 ou 1268; à partir de 1240, il conquiert également le royaume de Thessalonique.

 

Les troupes des trois alliés envahissent alors les possessions de l'empire de Nicée en Macédoine en 1259, mais sont défaites par l'armée nicéenne menée par Jean Paléologue, un frère de l'empereur Michel VIII Paléologue, lors de la bataille de Pélagonia. Guillaume est capturé tandis que Michel se sauve dans les îles ioniennes. Les forces nicéennes envahissent alors l'Épire mais ne peuvent l'occuper durablement et doivent se replier; ainsi Michel II peut-il récupérer ses terres avec l'aide de Manfred (fr.wikipedia.org - Michel II Doukas).

 

En 1264, Paléologue se mit à la tête d'une puissante armée et marcha sur Thessalonique. La chronique raconte qu'ayant vu une comète traverser le ciel, Paléologue en conclut un mauvais présage, et remit l'expédition au printemps de l'année suivante. C'est alors que les armées de Michel furent repoussées par celles de l'empereur, vers les montagnes escarpées d'Epire. Michel n'avait plus l'aide de Manfred occupé à combattre Charles d'Anjou à Bénévento, Février 1266. Acculé, il fut forcé de signer la paix avec l'empereur. Il cédait la ville de Jannina et acceptait le mariage de son fils aîné Nicéphore, qui venait de perdre sa première femme avec la fille d'Eulogie, sœur de l'Empereur (Michaela Averoph, Jadis en Romanie, 1965 - books.google.fr).

 

Lorsque la Fête-Dieu fut instituée par le Pape Urbain IV, en 1264, et fixée précisément au jeudi (quintâ feriâ) après l'octave de la Pentecôte, elle coïncida avec la grande procession du Saint-Cierge à Arras. Malgré les inconvénients qu'il présentait, cet état de choses dura très-longtemps, puisque ce n'est qu'en 1477, que la fête du Saint-Cierge fut définitivement transférée au dimanche suivant (Louis Cavrois, Cartulaire de Notre-Dame-des-Ardents a Arras, 1876 - books.google.fr).

 

Pour la fête-dieu appelée aussi Sacre en certaines régions de France, voir le quatrain VI, 85.

 

S'il faut, selon S. Thomas, qu'un véritable miracle soit d'une chose qui soit difficile, qui surpasse toutes les forces de la nature, et qui soit rare et extraordinaire, vous allés voir une infinité de secours prodigieux arrivez, les premiers, lors que la sainte Vierge apporta a Arras son céleste Flambeau; les autres, depuis ce temps; et les derniers, de nos jours.

 

La confrĂ©rie des Ardans est vĂ©ritablement fondĂ©e sur quantitĂ© de Miracles visibles, et incontestables qui se firent, tout Ă  la fois, dès que ce Cierge fort mĂ©dicinal fut apportĂ© Ă  Itier et Ă  Norman en prĂ©sence de l'EvĂŞque Lambert. Pour pĂ©nĂ©trer cette vĂ©ritĂ©, il faut supposer des histoires de la France, de l'Angleterre et des PaĂŻs-Bas, qu'en l'annĂ©e 1105, et les prĂ©cĂ©dentes, la ChrĂ©tientĂ© estoit arrivĂ©e Ă  une si haute mesure de crimes, que, comme le chef de l'Eglise estoit contraint de jeter le foudre de l'excommunication contre plusieurs princes, Dieu jettoit sur eux et sur tous les pĂ©cheurs, qui estoient sans nombre aussi bien que les fous, toutes les marques de sa colère, comètes aidantes, barreaux flamboyans, sur tout un feu, particulièrement dans l'Artois, et dans les provinces circonvoisines ; mesme dans Paris, oĂą on le nommoit le Feu sacrĂ©; qui estoit un mal si violent, que tous ceux qui en estoient frappez en devenoient furieux; si incurable, que tous les secrets de la mĂ©decine estoient inutils, et incapables de les soulager. [...]

 

Mais quelle misĂ©ricorde de la sainte Vierge envers eux ! Puisque son Cierge ne fut pas plutost presentĂ©, reçû, et connu , que, non pas un seul malade, non pas dix, ny cent, mais tous ceux qui gĂ©missoient autour de l'Eglise cathĂ©drale de celte dernière ville, furent tous guĂ©ris après avoir estĂ© mis en trois rangs; après avoir reçû sur leurs ulcères et blessures et après avoir bĂ», avec une ferme confiance, de l'eau bĂ©nite par quelques gouttes de ce sacrĂ© Cierge; bĂ©nĂ©diction que fit l’EvĂŞque Lambert avec le signe de la Croix, ensuite de l'exhortation qu'il leur avait faite Ă  tous de boire de cette eau qu'Itier et Norman leur presentèrent (MĂ©moires de l'acadĂ©mie des sciences, lettres et arts d'Arras, Volume 26, 1853 - books.google.fr).

 

La comète est mis en rapport avec un flambeau céleste chez Du Bartas (La Sepmaine) (Guillaume de Salluste Du Bartas, La sepmaine, ou création du monde, 1583 - books.google.fr).

 

Acrostiche : ADP Q

 

ADP : adoptivus (adoptif); Q : quondam (autrefois) (Adriano Cappelli, Dizionario di abbreviature latine ed italiane usate nelle carte e codici specialmente nel medio-evo, 1899 - books.google.fr).

 

"tuus quondam adoptivus" (Archipoeta, Lied II, Fama tuba dante sonum) (Fleur Adcock, Hugh Primas and the Archpoet, 1994 - books.google.fr).

 

Wenn die Bedeutung vom Adoptivus, zur Taufe gehalten, wie sie Grimm, Du Cange folgend, annimmt, im mittelalterlichen Latein so durchgängig und fest ist, dass man sie notwendig acceptiren muss, so wäre die deutsche Abkunft des Dichters ausser Zweifel; denn der Sitz der Grafen von Dassel war in Niedersachsen, und Reinald brachte in diesen Gegenden seine Jugend zu; da dieser nun 1158 von Radevicus als noch jung bezeichnet wird, so muss des Archipoeta Geburtsjahr in die Jugendzeit Reinalds fallen; man müsste daher, wenn Reinald Pathenstelle bei seinem späteren Hofpoeten vertreten hat, Niedersachsen für die Heimat des letzteren halten (Oscar Hubatsch, Die lateinischen Vagantenlieder des Mittelalters, 1870 - books.google.fr).

 

On ignore encore la personnalitĂ© rĂ©elle qui se cache sous le pseudonyme d'Archipoeta : tout ce qu'on sait, c'est qu'il Ă©tait protĂ©gĂ© de Rainald von Dassel, archichancelier de l'empereur FrĂ©dĂ©ric Barberousse et archevĂŞque de Cologne : ceci situe son activitĂ© poĂ©tique aux environs de 1160. La Confession de Golias (Estuans intrinsecus ira vehementi) suffirait Ă  sa cĂ©lĂ©britĂ©. Les confessions de Gautier de Châtillon et de Primat Ă©taient celles de pĂ©cheurs tremblant Ă  la pensĂ©e de comparaĂ®tre devant Dieu; celle de l'Archipoeta est le plaidoyer d'un client tombĂ© en disgrâce. Jamais l'idĂ©al de vie de ces poètes - Wine, Women and Songs, dit le titre du livre que J.-A. Symonds leur a consacrĂ© - ne s'est exprimĂ© avec plus de cynique franchise ni en des strophes mieux frappĂ©es : Meum est propositum in taberna mori, ut sint vina proxima morientis ori... Relevons au passage l'emploi irrĂ©vĂ©rencieux du meum est propositum, formule dont usaient les moniales au moment oĂą elles prononçaient leur triple vĹ“u d'obĂ©issance, de pauvretĂ© et de chastetĂ© (Maurice HĂ©lin, LittĂ©rature d'Occident, histoire des lettres latines du moyen âge, 1943 - books.google.fr).

 

Trois traits caractĂ©risent le droit de l'adoption en Espagne : il a Ă©tĂ© l'objet de nombreuses modifications au cours des siècles; il n'est pas unifiĂ© : il existe Ă  cĂ´tĂ© du droit commun quelques dispositions des droits foraux consacrĂ©es Ă  cette institution; les sources du droit commun de l'adoption sont diversifiĂ©es. Cinq Ă©tapes jalonnent le droit commun de l'adoption en Espagne : l'Ă©poque de l'ancien droit, avant la codification; le code civil de 1889; la loi du 24 avril 1958; la loi du 4 juillet 1970; les lois des 13 mai et 7 juillet 1981. Jusqu'au 13e siècle, le droit castillan ne connaissait pas l'adoption. Il fallut attendre le «Fuero Real» d'Alphonse X pour que cette institution fit son apparition. L'adoption Ă©tait alors souvent utilisĂ©e pour lĂ©gitimer les enfants nĂ©s hors mariage. Les hommes et les femmes sans enfant lĂ©gitime pouvaient seuls adopter. L'adoption produisait surtout des effets d'ordre patrimonial : l'adoptĂ© entrait pour un quart dans la succession de l'adoptant. Les effets de l'adoption au plan personnel Ă©taient rĂ©duits : elle n'aboutissait pas Ă  l'attribution de la puissance paternelle Ă  l'adoptant et ne faisait pas naĂ®tre un lien de parentĂ© entre celui-ci et l'adoptĂ©. Le «Fuero Real» (Charte Royale), rĂ©digĂ© Ă  l'initiative d'Alphonse X le Sage, constitue une des premières tentatives d'unification du droit privĂ© en Espagne. Il s'inspire surtout des diffĂ©rentes rĂ©glementations rĂ©gionales. L'adoption Ă©tait prĂ©vue au Livre IV, Titre XXII du «Fuero Real». Les «Partidas», corps de lois rĂ©digĂ© Ă  Ă  l'initiative d'Alphonse X le Sage et terminĂ© en 1265, inspirĂ©es du droit romain et du droit canonique, promulguĂ©es par le Roi Alphonse XI un siècle après leur rĂ©daction, consacrent l'adoption et la dĂ©finissent comme Ă©tant une «modalitĂ©, prĂ©vue par la loi, de faire naĂ®tre un lien de filiation entre des personnes qui ne sont pas parentes par nature». Les «Partidas» reprennent les solutions du droit romain et distinguent, comme celui-ci, deux types d'adoption : adoptio plena - adoptio minus plena (Partida 4a, Titre XVI, Loi 1a.). Le droit de l'adoption contenu dans les «Partidas» demeura en vigueur du XIVe siècle jusqu'Ă  la fin du XIXe siècle oĂą il fut remplacĂ© par les règles du Code civil (Elisabeth Brand, Adoption : Espagne, Revue internationale de droit comparĂ©, Volume 37, 1985 - www.persee.fr).

 

En ANGLETERRE cependant, le principe germain, tout aristocratique, qui excluait les enfants naturels de la famille, se montra rebelle aux influences romaines et canoniques. En pénétrant dans la Grande-Bretagne avec les Anglo-Saxons, vers la fin du Ve siècle, il se rencontra avec l'élément celtique, qui ne distinguait pas les enfants légitimes des enfants illégitimes. Les Celtes, en effet, admettaient la polygamie; la licence des mœurs, amenant l'instabilité des mariages, était chez eux fort en faveur. L'utilité de la légitimation ne répondait donc plus à un besoin. Elle ne se fit pas davantage sentir après l'invasion, mais pour un motif tout autre, ayant pour fondement le caractère aristocratique des Germains. Le mariage subséquent lui-même n'amena aucun changement dans la situation des bâtards; ils restèrent étrangers. Cependant l'adoption était un moyen indirect de donner à son fils naturel les droits des enfants légitimes; mais il en était fait un usage relativement rare (Alphonse Armant Bigeon, De la légitimation par acte du souverain: proposition de loi tendant à l'établissement d'une mode de légitimation par décret rendu en Conseil d'état, 1897 - books.google.fr).

 

L'importance que revĂŞt alors, Ă©conomiquement et politiquement, la transmission hĂ©rĂ©ditaire du patrimoine donne Ă  la question de la lĂ©gitimation toute sa dimension. On comprend dès lors que l'Angleterre dĂ©jĂ  rĂ©ticente quant au rĂ´le jouĂ© par l'Église en matière de lĂ©gitimitĂ© ait, en s'opposant Ă  l'admission de la lĂ©gitimation par mariage subsĂ©quent, refusĂ© de conformer le droit anglais au droit canonique, comme le lui demandait Robert Grosseteste, un de ses Ă©vĂŞques les plus en vue au moment du concile de Merton. Ce sera le fameux «statut» de Merton (1236) pris Ă  la demande unanime des barons (Anne Lefebvre-Teillard, Causa natalium ad forum ecclesiasticum spectat : un pouvoir redoutable et redoutĂ©, Cahiers de recherches mĂ©diĂ©vales N° 7, 2000 - journals.openedition.org).

 

En Angleterre, les barons rĂ©sistent aux clercs qui veulent introduire la lĂ©gitimation par mariage subsĂ©quent : nolumus leges Angliae mutari, disent-ils (Statut de Merton, 1253, 9. Bracton, Note Book, I. 104); la vraie raison de leur obstination est dans le prĂ©judice qui rĂ©sultait pour eux de la diminution du nombre des bâtards; en effet, the more bastards, the more escheats (plus il y a de bâtards, plus il y a d'Ă©choites). Grosseteste affirma que l'ancien usage anglais Ă©tait d'accord avec le droit canon (Jean Brissaud, Manuel d'histoire du droit privĂ©, Ă  l'usage des Ă©tudiants en licence et en doctorat, b1908 - books.google.fr).

 

L'échute (ou échoite, eschoite, échûte, loyale échûte) est, au Moyen-Âge, le droit du seigneur sur les biens d'un vassal qui n'a pas d'héritier direct. C'est la réalisation de la mainmorte (fr.wikipedia.org - Echute).

 

A la demande d'Urbain IV, saint Thomas écrit la Somme théologique; toujours sur l'ordre du Pontife, le docteur publie la Chaîne d'or. Et l'angélique Maitre dédie à Urbain son commentaire sur saint Matthieu (M. Colson, Urbain IV, Congrès eucharistique de 1894: tenu à Reims du 25 au 29 juillet, 1895 - books.google.fr).

 

Deux évêques espagnols, Elipand de Tolède et Félix d'Urgel, enseignèrent à dater de 790 que Jésus-Christ, en tant que Dieu, est véritablement et proprement le fils de Dieu, engendré naturellement par le Père; mais que Jésus-Christ, en tant qu'homme ou fils de Marie, n'est que le fils adoptif de Dieu. Cette doctrine qui provient peut-être des efforts que l'on faisait pour rendre le mystère de l'incarnation moins choquant aux yeux des Mahométans, eut bientôt en Espagne un grand nombre d'adhérents, parmi lesquels il y eut même des évêques, et se répandit même en deçà des Pyrénées, dans l'Aquitaine. [...] Ils invoquèrent tous deux, en faveur de leur hérésie, des passages tirés de la liturgie Mozarabique; mais dans ces passages les mots d'adoptivus homo, d'adoptio carnis (et non de filius adoptivus) ne se prennent évidemment que dans le sens d'assumtio, pour désigner le rapport qui existe entre l'humanité et la divinité, et non celui qui se trouve entre l'Homme-Jésus et le Père. Ceux qui par leurs écrits réfutèrent l'erreur des Adoptiens, nommément Béatus et Ethérius, évêque d'Osma, Paulin, patriarche d'Aquilée, et surtout l'anglo-saxon Alcuin, l'ami de Charlemagne et le plus grand théologien de son temps, trouvèrent que les Adoptiens marchaient sur les traces des Nestoriens. Comme Nestorius, Félix disait aussi que le Verbe avait demeuré dans l'homme adoptif comme dans un temple, et que Jésus-Christ avait été un homme qui portait en lui la divinité. Jésus-Christ, qui ressemblait à l'homme en tout, hormis dans le péché, devait, de même que les fidèles deviennent enfants de Dieu, être adopté aussi par Dieu, mais dans un sens plus relevé. Il regardait aussi le baptême de Notre-Seigneur dans les eaux du Jourdain, comme l'action solennelle par laquelle cette adoption eut lieu au moyen de ces paroles : Ceci est mon Fils bien-aimé. En conséquence, Jésus-Christ n'avait sans doute pas besoin du baptême (c'est ce que Félix disait en termes formels), pour être purifié de ses péchés, mais seulement pour être engendré, pour renaître spirituellement. Il n'est donc pas exact de dire que le vrai Dieu a été conçu dans le sein de Marie et que celui qui a été conçu est véritablement Dieu; mais c'est l'Homme-Jésus, c'est l'esclave qui a été conçu, et le vrai Dieu, le véritable fils habite dans le fils adoptif, le maître de l'esclave dans l'esclave (Johann Joseph Ignaz von Döllinger, Histoire de l'Église, Tome 1, traduit par Philippe Bernard, 1841 - books.google.fr).

 

Durand et quelques autres ont enseigné que Jésus-Christ comme homme est le Fils adoptif de Dieu; mais saint Thomas, Vasquez Suarez et d'autres ne permettent pas que l'on enseigne cette doctrine. La réception du Concile de Francfort semble trancher la question et la mettre hors de doute. De fait, les grands théologiens s'accordent tous à la rejeter, ceux mêmes qui disent que l'humanité de Notre-Seigneur Jésus Christ a été adoptée par Dieu (Frederick William Faber, Bethléem ou Le mystère de la sainte enfance, Tome 1, 1875 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 1895 sur 1264 (mort d'Urbain IV) donne 633.

 

Les rois du Wessex s'étaient épuisés à lutter contre les Bretons du Devon et de la Cornouailles, les rois de Mercie n'avaient pu réduire ceux du pays de Galles, les rois de Bernice avaient péniblement refoulé ceux d'Ecosse et du Strathclyde, enfin les rois de Deirie s'étaient fait battre par ceux de Gwyned. Aussi le Gallois Cadwallon avait-il failli, en 633, renverser le cours de l'histoire anglaise (Émile G. Léonard, Histoire universelle: Des origines à l'Islam, 1956 - books.google.fr).

 

Cadwallon ap Cadfan fut le fils de Cadfan ap Iago et fut un roi de Gwynedd au Pays de Galles de 625 jusqu'à sa mort, en 633 ou 634. Il est resté dans l'Histoire pour avoir dévasté la Northumbrie et tué son roi, Edwin, avant de périr lors d'une bataille contre Oswald de Bernicie, à un endroit appelé «Denis's brook» (le ruisseau de Denis). Les annales l'ont principalement retenu comme un tyran sanguinaire (fr.wikipedia.org - Cadwallon ap Cadfan).

 

Une comète

 

Outre la comète de Halley, il en est deux autres qui sont reconnues aujourd'hui comme faisant partie de notre système, c'est-Ă -dire, qui reviennent par intervalles vers le soleil ; l'une, tous les 1204 jours, et l'autre, tous les 6,75 ans environ. La première, gĂ©nĂ©ralement appelĂ©e la comète d'Encke, ou la comète Ă  courte pĂ©riode, fut vue pour la première fois, en 1786, par MM. Messier et MĂ©chain ; miss Herschel la revit en 1795. Ses retours en 1805 et 1819 furent observĂ©s par d'autres astronomes, persuadĂ©s, ainsi que les premiers, que c'Ă©taient quatre corps diffĂ©rens. Le professeur Encke, cependant, prouva leur identitĂ©, et alla jusqu'Ă  dĂ©terminer les circonstances du mouvement de la comète. Sa rĂ©apparition en 1825, 1828 et 1832, s'accorda avec l'orbite assignĂ©e par M. Encke, qui, d'après cette coĂŻncidence, Ă©tablit que la longueur de sa pĂ©riode est de 1204 jours Ă  peu près. Cette comète est très petite, d'une lumière faible, et invisible Ă  l'Ĺ“il nu, exceptĂ© lorsqu'elle se trouve sous des circonstances très favorables, et dans certaines positions particulières. Elle n'a pas de queue, et fait sa rĂ©volution dans une ellipse extrĂŞmement excentrique, inclinĂ©e d'un angle de 13° 22' par rapport au plan de l'Ă©cliptique; elle Ă©prouve souvent des perturbations considĂ©rables, par suite de l'attraction des planètes (Mary Somerville, De la connexion des sciences physiques, 1857 - books.google.fr).

 

Olbers a remarqué que la comète d'Encke avoit une queue sensible dans son apparition de 1805, tandis qu'il ne lui en a vu aucune en 1795, 1825 et 1828 (Journal des savants, Académie des inscriptions & belles-lettres (France), Institut de France, 1831 - books.google.fr).

 

Tous les 55 ans, la comète d'Encke passe à son périhélie à la même époque de l'année, et son passage de 1904 ne fait que répéter les apparitions favorables de 1805, 1858 et 1871. Ces années-là, on a pu suivre la comète à l'œil nu, ce qui fait espérer les mêmes conditions pour cette année (L'Année scientifique et industrielle, 1905 - books.google.fr).

 

La comète périodique d'Encke, calculée par M. Backlund a été retrouvée le 31 octobre 1894 ou le 1er novembre par MM. Perrotin, M. Wolf (photographiquement) et Curelli (La nature: revue des sciences et de leurs applications aux arts et à l'industrie, Partie 1, 1896 - books.google.fr).

 

Une comète à courte période a été découverte par Hervé Faye, l'année dernière (22 nov. 1843), à l'Observatoire de Paris. Son orbite elliptique se rapproche plus de la forme circulaire que celle d'aucune autre comète connue; elle est comprise entre l'orbite de Mars et l'orbite de Saturne. Sa période est de sept ans et demi.

 

Il convient de remarquer, en outre, que l'apparition actuelle (1910) de la comète de Faye est la plus favorable et la plus brillante qu'on ait observée depuis sa découverte. Théoriquement, la comète devait être aujourd'hui plus brillante d'environ trois magnitudes que lors du retour de 1895-1896, ce qui explique son éclat relativement considérable (Alexander von Humboldt, Cosmos, Tome 1, 1846 - books.google.fr, Le Cosmos: Revue des sciences et de leurs applications, Volume 63, 1910 - books.google.fr).

 

Le dessèchement des marais Pontins, en rendant à l'agriculture de vastes terrains, contribuera à la salubrité de l'air et à l'accroissement de la population de cette partie de l'Etat romain. Le commerce a besoin, pour prospérer, d'être dégagé de toutes les entraves de la fiscalité et de ce système destructeur de gêne et de prohibitions; il veut être libre comme l'air; Votre Sainteté a proclamé hautement la liberté du commerce (Paul Grenet, Grand catéchisme de la persévérance chrétienne, ou Explication philosophique, apologétique, historique de la religion, 1895 - books.google.fr).

 

Situés au sud de Rome, les marais Pontins ont de tout temps été victimes du paludisme. Dans la Rome antique, Jules César avait voulu détourner le cours du Tibre pour noyer le marais sous ses eaux, mais il mourut avant de réaliser son projet. Par la suite, certains empereurs envisagèrent au contraire l'assèchement de la zone marécageuse. Bien des siècles plus tard, Napoléon Bonaparte eut à son tour la même ambition. [...] En 1899, les autorités italiennes rassemblèrent des fonds pour assainir la région, mais ce fut finalement sous l'administration de Benito Mussolini que les 20 000 hectares de marais furent asséchés et mis en culture. Le drainage des eaux sur une région aussi vaste que les marais Pontins fut à l'origine de la construction des villes de Latina et de Terracina (Frédéric Darriet, Des moustiques et des hommes: Chronique d’une pullulation annoncée, 2017 - books.google.fr).

 

Le duc de Cornouailles 1895 : le futur Edouard VII, prince de Galles et l'Allemagne

 

Le titre de duc de Cornouailles appartient toujours au fils le plus âgé du souverain. Le titre fut créé pour Édouard, le prince noir, le fils aîné d'Édouard III en 1337. Lorsqu'Édouard décéda avant son père, le titre fut recréé pour son fils, le futur Richard II. Par une charte de 1421, le titre passe au fils et héritier le plus âgé du souverain. Si le fils le plus âgé du souverain meurt, son fils aîné n'hérite pas du titre. Cependant, si le fils le plus âgé du souverain meurt sans descendance légitime, son frère le plus âgé reçoit le titre. Ces principes font que le titre de duc de Cornouailles ne peut passer qu'à un fils du souverain étant également héritier apparent au trône d'Angleterre (i.e. dont la place dans l'ordre de succession ne peut être modifiée par aucune naissance). Le duc de Cornouailles se voit en général également accorder le titre de prince de Galles, mais contrairement à son titre ducal, celui-ci ne lui est pas donné de façon automatique mais par des lettres patentes décernées par le monarque, souvent accompagnées d'une cérémonie ad hoc tenue selon le bon vouloir du souverain (fr.wikipedia.org - Duc de Cornouailles).

 

En 1889 encore, lorsque meurt le vieil empereur Guillaume, le voici Ă  Berlin qui indispose tout le monde en insinuant que le nouvel empereur pourrait, au moment de monter sur le trĂ´ne, faire le geste de rendre l'Alsace Ă  la France. DĂ©marche bien juvĂ©nile de la part d'un homme qui touche Ă  la cinquantaine : mais elle n'en est que plus significative dans sa naĂŻvetĂ©. N'oublions pas cependant qu'Ă  cette date sa mère s'obstine encore Ă  le traiter en enfant. C'est seulement en 1886 — il a quarante-cinq ans que de sa propre initiative, lord Rosebery, ministre des affaires Ă©trangères, lui communique les dĂ©pĂŞches diplomatiques reçues par son dĂ©partement ; et lord Salisbury, qui succède bientĂ´t Ă  lord Rosebery, n'est pas tout de suite aussi libĂ©ral. C'est seulement en 1892 - il a cinquante et un ans - que Gladstone lui communique ses rapports sur les dĂ©libĂ©rations des conseils de cabinet; encore la reine met-elle Ă  cette faveur certaines conditions restrictives. Bref, c'est aux environs de 1890 qu'il lui est, pour la première fois, accordĂ© - dans d'Ă©troites limites - quelque chose des privilèges d'un prince. Il n'avait fait, jusque lĂ , que des efforts malheureux pour jouer Ă  l'homme d'État, sans en avoir le droit ni le pouvoir. Comment va-t-il user de ses droits, dĂ©sormais lĂ©gèrement accrus ? Guillaume II est sur le trĂ´ne; et leurs relations d'abord sont mauvaises. Le jeune empereur ne pardonne pas Ă  son oncle, qu'il affecte de mĂ©priser, la manière dont après la mort de son grand-père il a soulevĂ© la question d'Alsace. On les force Ă  se rĂ©concilier; mais en 1895, dans l'Ă®le de Wight, l'arrogance du jeune empereur allemand exaspère le prince dont il est l'hĂ´te. Ils se brouillent; et, pendant quelques annĂ©es Guillaume cesse de venir Ă  Cowes sur son yacht, il cesse de visiter l'Angleterre. Combien il est tentant d'expliquer ainsi la recrudescence des sentiments anti-allemands du prince de Galles, et, sous son influence, de la Cour d'Angleterre, et du gouvernement anglais ! Mais c'est Ă©crire l'histoire Ă  la manière de Dumas père : la rĂ©alitĂ© est tout autre. N'oublions pas que, vers cette date, le confident politique, le grand ami du prince de Galles, c'est lord Rosebery, un germanophile avĂ©rĂ©, qui, une fois dĂ©jĂ , en 1885, a engagĂ© le prince Ă  Ă©baucher, lors de ses visites Ă  Berlin, un rapprochement diplomatique dès deux nations. Lord Salisbury est favorable Ă  ce rapprochement, lui aussi : il vient Ă  Cowes, en 1895, pour suggĂ©rer Ă  l'empereur une action commune en Turquie, une sorte de partage de la Turquie entre l'Angleterre et les puissances de la Triple-Alliance. Guillaume refuse sans courtoisie. Il a d'autres projets en tĂŞte qui sont antibritanniques. Six mois il lance son tĂ©lĂ©gramme au prĂ©sident Kriiger, qui semble presque annoncer une dĂ©claration de guerre Ă  l'Angleterre. Et voilĂ  pourquoi il cesse de venir Ă  Cowes. Il y a brouille entre l'oncle et le neveu parce qu'il y a brouille entre Downing Street et la Wilhelmstrasse. Sir Sidney Lee Ă©crit judicieusement : «Les pĂ©riodes oĂą les relations furent tendues entre lui et son neveu suivirent celles oĂą elles furent tendues entre les deux pays : elles ne les prĂ©cĂ©dèrent pas». [...]

 

A partir de 1898, le gouvernement anglais, cédant à l'impulsion que lui imprime Chamberlain, appuyé par l'opinion publique, adopte une attitude agressivement antiallemande. Nous sommes loin de considérer que la politique française, ou pour parler plus exactement la politique franco-russe, ait été de nature à rendre facile pour le Foreign Office l'adoption d'une autre politique. Il y eut cependant en Angleterre un certain nombre d'hommes d'État qui firent l'impossible pour apaiser une querelle susceptible de conduire à la guerre (E. Halévy, La politique du roi Edouard, Sciences politiques, Volume 51, 1928 - books.google.fr).

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