Chypre passe sous le protectorat de la Grande Bretagne

Chypre passe sous le protectorat de la Grande Bretagne

 

V, 35

 

1877-1878

 

Par cité franche de la grand mer Seline,

Qui porte encores à l’estomach la pierre :

Angloise classe viendra soubs la bruine

Un rameau prendre du grand ouverte guerre.

 

La guerre russo-turque de 1877-78 permet à l’empire russe d’accroître ses possessions en Europe orientale au détriment de l’empire ottoman : Bessarabie prise à la Roumanie dont le tsar Alexandre II réclame l’indépendance. Il exige aussi la Dobroudja, certaines provinces d’Anatolie orientale, la création d’une principauté bulgare. Les autres puissances européennes, effrayées par cet appétit, imposent leur médiation. « L’Angleterre, sous prétexte de mieux défendre la Turquie d’Asie contre les ambitions russes, s’était fait céder par le sultan l’île de Chypre (juin 1878) [1] ».

Chypre, île de la Méditerranée (« grand mer Seline » : partie de la Méditerranée sous domination ottomane), fut un royaume franc de 1192 à 1489, de même que Famagouste resta port « franc » jusqu’en 1571. L’île comporta de nombreux sanctuaires dédiés à la déesse Aphrodite que de nombreuses statues représentent une main sur le ventre[2] (« estomach ») et à qui étaient consacrées des pierres ovales[3] en forme de phallos dans un sanctuaire sur l’Acropole.

Famagouste est la patrie de saint Barnabé, l'ami de saint Paul. C'est aussi son lieu de sépulture : un couvent lui est dédié où les moines grecs conservent son corps. Lorsqu'il fut tiré de terre du temps de l'empereur Zénon, on trouva un exemplaire de l'évangile de saint Matthieu sur son estomac. Et c'est dans cet évangile que l'on trouve les paroles du Christ ; "Tu es Pierre et c'est sur cette pierre que je bâtirai mon Eglise..."

Près de Famagouste, se trouve les ruines du château des Templiers appelé Gastria... Gastros en grec signifie estomac.



[1] A.Malet et J. Isaac, « Histoire contemporaine depuis le milieu du XIXème siècle », Hachette, 1930, p. 583

[2] Grand Larousse encyclopédique en XX volumes, 1970

[3] Pierre Lévêque et Louis Séchan, « Les grandes divinités de la Grèce », Armand Colin, 1990, p. 374

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