Fin de l’empire chinois

Fin de l’empire chinois

 

V, 81

 

1911-1912

 

L’oiseau royal sur la cité solaire,

Sept moys devant fera nocturne augure,

Mur d’Orient cherra tonnerre, esclaire,

Sept iours aux portes les ennemis à l’heure.

 

"Mur d'Orient"

 

"Mur d'Orient" fait penser à la muraille de Chine.

 

CHINE, Grand & vaste Royaume de l'Asie, qui en occupe la partie la plus Orientale, separé des Tartares du Cathay par une longue chaisne de montagnes, & par un mur basti dans les intervales & ouuertures, qui n'a pû toutefois la défendre contre les courses de ses ennemis, qui se sont emparez depuis quelques années. Il est baigné à l'Orient du Grand Ocean, & envisage les Isles du Japon de ce costé-lä. Au Couchant il est separé des Princes de l'Inde au delà du Gange par des montagnes, des rivières & des Lacs, & au Midy il regarde la Cocinchine, & les Isles Philippines. Ce Royaume au ráport du Jésuite Martinius a quinze grandes Prouinces, dont les Principales sont celles de Pequin, de Scianton, de Nanquin & de Canton, arrousées de beaux fleuues, & tres fertiles. Ses peuples font idolatres, mais bons politiques, & ingenieux (Samuel Chappuzeau, Histoire des Joyaux et des principales Richesses de l'orient et de l'occident, 1665 - books.google.fr).

 

Tartaros autem voco gentem illam, quae ad partes Septemtrionales sita est, ultra famosum murum Sinarum, ab Occasu in Ortum extensum quo, per trecenta & plura milliaria Germanica continuata quasi serie, extricto excludebatur, ne Sinicum Imperium invaderet (Martino Martini, Regni Sinensis à Tartaris Tyrannicè evastati depopulatique concinna Enarratio, 1661 - books.google.fr).

 

Denique muri cujusdam, seu Pylarum mentio quidem fit in libris Orientalium, sed an idem sit cum muro Sinensi, non constat. Sinæ murum (Philppe Couplet, De scientae sinensis) suum tribuunt Imperatori Xi-hoam-ti, qui ducentis ante Christum natum annis in Sina regnavit. Syri, Arabesque Alexandro Magno. Persae Alexandrum non Macedonem Philippi filium, sed alterum intelligunt, quem Giamscid quartum primæ dynaftiæ regem appellant : murum autem illum dicunt Sedd Iagiugi & Magiugi, hoc est, Pylas seu Septum Gog & Magog. Quum autem plures sint hujusmodi Pylæ seu Portæ, quæ regionem ab altera dividunt, suspicor, Orientales de aliis, non de Sinicis loqui: sunt enim Pylæ Amanicæ, quæ Syriam a Cilicia separant, & Pylae Persicae, quae Susianam à Perside sejungunt, & Pyle Sarmaticae, quas Caucasias, Caspias & Albanicas vocant inter Pontum Euxinum & mare Caspium, vulgo Derbent, Bab-al-Abttab, & Demircapi, quarum prima vox Persice sonat Portam ferream, altera Arabicè Portam portarum, tertia Turcicè Portam ferream : de his Cellarius Geograph. antiq.. lib. 3. pag. 247. 809. & 881. Renaudotius contendit incognitum fuisse antiquis Orientalibus murum Sinicum usque ad christianum seculum decimum quartum. Herbelotius vero affirmat nonnullos Orientales scriptores Pylarum Gog & Magog nomine murum illum inter Tartariam & Sinam positum intelligere (Giuseppe Simone Assemani, Bibliotheca orientalis Clementino-Vaticana, Tome 3, 1728 - books.google.fr, Philppe Couplet, Confucius Sinarum Philosophus, Sive Scientia Sinensis Latine Exposita, 1687 - books.google.fr).

 

Les Arabes, qui visitèrent la Chine vers l'an 850, et dont l'abbé Eugène Renaudot (1646–1720) a publié la relation, ne parlent point de cette muraille ; on peut répondre qu'ils n'allèrent pas dans les lieux où elle est bâtie. Le célèbre Marco Polo n'en dit rien non plus (Eugène Renaudot, Anciennes relations des Indes et de la Chine, 1718 - books.google.fr).

 

"L'oiseau royal"

 

Le fameux oiseau royal ou fum-hoam des Chinois, sur lequel ils ont fait des contes merveilleux, recueillis par le crédule Kircher, n'est qu'un être de raison, tout aussi fabuleux que le dragon qu'ils peignent avec lui sur leurs étoffes et porcelaines (Georges Louis Leclerc de Buffon, Oeuvres complètes de Buffon, Tome 10 : Oiseaux, 1822 - books.google.fr).

 

Le travail princeps est celui du R. P. Michel Boym (1612-1659). On lui doit une Flora Sinensis (Vienne, 1656) ou « Traité des fleurs, des fruits, des plantes et des animaux particuliers à la Chine», illustrée de dix-sept planches en couleurs qui introduisait en Europe la botanique chinoise. D'après Abel Rémusat (1788- 1832), « cet ouvrage, dont l'original a toujours été si rare qu'en 1730 Bayer le croyait encore en manuscrit, a été traduit en français, et imprimé dans la collection de Thévenot, ainsi qu'une courte relation de la Chine, que le P. Boym avait fait, en 1652, à l'église de Smyrne et qui avait déjà été imprimé en 1654 » (Pierre Huard , Ming Wong, Les enquêtes françaises sur la science et la technologie chinoises au XVIIIe siècle. In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 53 N°1, 1966 - www.persee.fr).

 

C'est M. Pelliot qui a découvert, dans les manuscrits chinois de la Vaticane, ces cartes dont l'existence n'est pas indiquée par la Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus. Sont-elles antérieures ou postérieures à l'imposante carte dont nous venons de parler ? Nous ne le savons pas. Contentons-nous de préciser qu'au nombre de douze, elles constituent un grand manuscrit in-folio, revêtu du cachet de la Propagande où il a dû séjourner d'abord. D'après le sommaire des chapitres porté sur la première page de l'album (qui est la seule page de texte qui subsiste), on se rend compte que les cartes qu'il renferme ne sont que les restes ou plus exactement les pièces annexes d'un ouvrage important rédigé par le P. Boym et qui contenait avec des développements considérables, des renseignements copieux sur la Chine te les Chinois. [...] Quant aux dix-huit belles cartes de Chine extrêmement curieuses qui ont été retrouvées dans le cadre de cet album, elles sont dignes de retenir notre attention. La première d'entre elles représente l'empire chinois dans son ensemble avec ses 160 régions administratives; elle est enrichie d'un commentaire latin de la main du P. Boym, relatif à la découverte de la Chine par les premiers voyageurs qui s'y aventurèrent. Elle a une grandeur double de celle des autres cartes. Les dix-sept cartes suivantes sont consacrées respectivement à Pékin et au 15 provinces de la Chine du temps des Ming, sans oublier, en plus d'elle.s l'île de Haynan. Une énumération préliminaire nous renseigne ainsi : Singulœ habent descriptiones suas cum metallis quse produncunt et rebus abondant» ; et en effet, il y a bien là des descriptions détaillées avec indications des produits du sol et du sous-sol de chaque région. Les villes et les différents lieux sont marqués en caractères chinois. Certains renseignements pittoresques, géographiques et scietifiques, illustrés de dessins à la plume souvent rehaussés de délicates couleurs nous sont donnés en latin tels que par exemple ceux qui se rapportent à la vie et aux usages des Chinois ou bien à la faune ou à la flore locales. Nous avons particulièrement goûté, sur ces cartes, les croquis commentés d'empereurs chinois, de magistrats et de notables en costume d'apparat, de groupes de soldats bien campés ou bien de tigres, d'un oiseau appelé fum-hoam au plumage rouge, vert, brun et noir, du plus joli effet, (c'est le légendaire Phénix ou Foung-hoang, déjà figuré dans la Flora Sinensis) (Robert Chabrié, Michel Boym Jésuite polonais et la fin des Ming en Chine 1646-1662: Contribution à l'histoire des missions d'Extrême-Orient, 1933 - books.google.fr).

 

On traduit généralement foung-houang par phénix : mais foung seul désigne un oiseau mâle à tête de faisan, à bec d'hirondelle, à coup de tortue et au corps de dragon, qui est l'objet d'un grand nombre de légendes et de contes de fées : au dire des auteurs chinois, l'apparition de cet oiseau est l'annonce de bons souverains ou de rois vertueux ; le foung se montre également dans les temps de paix et de félicité. Le houang est la femelle du foung, mais la réunion de ces deux noms est la désignation générique de cet oiseau fabuleux (La poésie chinoise, Bibliothèque orientale elzévirienne, Volume 46, 1886 - books.google.fr).

 

"Sept mois" "sept jours"

 

Le célèbre Hoang-ty ayant conquis l'empire & voulant employer tous les moyens pour rendre ses peuples heureux, fit concourir ensemble à ce but la sagesse des lois & l'invention des arts utiles & agréables. Il n'oublia pas la musique, qu'il crut susceptible de joindre l'utilité à l'agrément. Il ordonna à Lyng-lun de travailler à la règler & à la réduire en système. Lyng-lun se servit pour cela des tuyaux de bambou de différentes longueurs, il reconnut que d'un son à celui que nous nommons son octave, il y avoit un intervalle divisible en douze parties ou demi-tons. Il choisit douze tuyaux, dont chacun rendoit l'un de ces demi tons. [...] Ces douzes tons furent nommés lu et reçurent des noms particumiers qui désignèrent aussi les douze lunaisons. Hoang-tchoung, principe & générateur des autres lu, répond à la onzième lune, parce que c'est à cette lune que se trouve le solstice d'hiver, auquel commence l'année astronomique, & que cette lune est regardée comme le principe de toutes les autres (Musique, Tome 1, Encyclopedie methodique, ou par ordre de matieres, 1791 - books.google.fr).

 

Lyng-lun se transporta dans le pays de Si-joung, dont la position est au nord-ouest de la Chine. Là est une haute montagne où croissent de beaux bambous. Chaque bambou est partagé dans sa longueur par plusieurs nœuds qui, séparés les uns des autres, forment un tuyau particulier. Lyng-lun prit un de ces tuyaux, le coupa entre deux nœuds, en ota la moelle, souffla dans le tuyau, et il en sortit un son qui n'était ni plus haut ni plus bas que le ton qu'il prenait lui-même lorsqu'il parlait, sans être affecté d'aucune passion ". Non loin de l'endroit où Lyng-lun se trouvait, la source du fleuve Hoang-ho, sortant de la terre en bouillonnant, faisait aussi entendre un son; or il se trouva que, par un hasard merveilleux, ce son était précisément à l'unisson de celui que Lyng-lun avait tiré de son tuyau. Le miracle ne s'arrêta pas là, car un Foung-hoang (oiseau qui s'est perdu à la Chine, comme le phénix chez d'autres peuples) vint, accompagné de sa femelle, se percher sur un arbre voisin. Là, le mâle fit entendre des sons dont le plus grave était aussi à l'unisson de celui du tuyau de Lyng-lun et du fleuve Hoang-ho ; successivement il produisit plusieurs autres sons qui formaient entre eux six demi-tons parfaits; et sa femelle chanta à son tour six demi-tons imparfaits. Lyng-lun n'eut pas plus tôt entendu cette merveille qu'il coupa douze tuyaux (les Chinois ont oublié qu'il en fallait treize) à l'unisson des douze demi-tons fournis par la voix des Foung-hoang (Biographie universelle des musiciens et bibliographie generale de la musique, 1837 - books.google.fr).

 

Bien que les traditions chinoises attribuent l'invention de la musique à leur premier empereur, Fou-hi, qui vivait plusieurs milliers d'années avant le Christ, leurs notions certaines les plus anciennes ne remontent pas plus haut que Ling-lun. [...] A l'aide de ces douze lu, il établit des rapports entre les sons de la musique des planètes, les sept jours de la semaine, les douze signes du zodiaque et les vingt-quatre heures de la journée (Ernest David, Mathis Lussy, Histoire de la notation musicale depuis ses origines, 1882 - books.google.fr).

 

L'empereur Hoang-Ti qui monta sur le trône en 2697 ou 2698 av. J.-C. (selon Fréret 2455) et vécut, dit-on, plus de cent ans, fit élever un grand observatoire et s'occupa de la réforme du calendrier. Des astronomes furent chargés d'observer le Soleil, la Lune, de suivre les mouvements des cinq planètes alors connues, de coordonner les observations. Sous son règne l'astronome Yu-Shi avait constaté l'immobilité de l'étoile polaire qui était alors l'alpha du Dragon. A la même époque on constate que la durée de douze lunaisons n'égale pas celle d'une année solaire, d'où nécessité d'intercaler sept mois lunaires en dix-neuf années solaires. L'empereur fit, parait-il, construire une machine qui représentait les mouvements des astres avec assez de précision, ce que nous appelons un planétaire. C'est encore sous son règne qu'on aurait inventé un instrument qui permettait de s'orienter sans le secours des observations astronomiques. D'aucuns ont pensé que cet instrument ne pouvait être que la boussole dont il n'est plus question ensuite qu'au XIIe siècle de notre ère (Félix Boquet, Histoire de l'astronomie, 1925 - books.google.fr).

 

Les anciens divisaient le temps en périodes de dix-neuf années appelées tchang. Pour chacune de ces périodes ils admettaient sept mois intercalaires et parvenaient ainsi à faire tomber tous les dix-neuf ans le solstice d'hiver sur le premier jour du mois initial. Hoang ti, d'après le texte que nous avons sous les yeux vécut pendant vingt de ces périodes, c'est-à-dire exactement trois cent quatre-vingts ans. [...] Hoang-ti calcula d'avance les jours en supputant les tiges d'achillée ; après environ vingt années le solstice d'hiver retombait de nouveau sur le premier jour du mois au matin ; lorsqu'il eut fait vingt fois ce calcul, ce qui embrassait une période de trois centquatre-vingts années. Hoang-ti devint un bienheureux et monta au ciel. (Les mémoires historiques de Se-ma-Ts'ien, Volume 3Les mémoires historiques de Se-ma-Ts'ien, traduction Edouard Chavannes, 1898 - books.google.fr).

 

Typologie

 

La grande muraille de Chine symboliserait le pouvoir impérial qui s’effondre en 1912.

 

Au XIXe siècle, la Chine est confrontée d’une part aux révoltes paysannes et d’autre part à l’immixtion de pays plus avancés, déjà capitalistes. L’économie est archaïque et la dynastie Qing d’origine mandchoue, malgré ses tentatives, se révèle incapable de faire face à la pression de l’étranger, au premier chef la Grande-Bretagne, mais aussi Russie, Portugal, Japon, France, Allemagne… Lors des « guerres de l’opium » dénoncées par Marx et par Engels, l’Angleterre, d’abord seule (1843-1842), puis associée à la France (1858- 1860), impose l’ouverture unilatérale au commerce international. En 1894-1895, le Japon mène une guerre victorieuse contre la Chine qui lui permet de prendre pied en Mandchourie, de conquérir la Corée et Formose (Taiwan). En 1900, un mouvement xénophobe et technophobe parti des campagnes, la « révolte des boxeurs », est abandonné par l’empire et écrasé par l’intervention conjointe de tous les bandits impérialistes. Les « traités inégaux » ratifient l’ouverture aux marchandises étrangères, la tutelle étrangère sur des « concessions » à Shanghai, Canton, etc. et la colonisation ouverte de Macao, de Hong-Kong, de l’Indochine, de Taiwan, de la Birmanie (www.matierevolution.fr).

 

Durant l’été 1911, le gouvernement mandchou avait tenté de s’approprier les chemins de fer dans le centre, pour brader les droits de la construction des voies aux impérialistes ce qui avait soulevé une violente opposition dans le Hunan, le Hubei, le Guangdonget le Sichuan. la révolution d'octobre 1911 soulève toute la vallée du Yang Tsé Kiang et l’agitation atteint les possessions extérieures du pays. Yuan Che Kaï, principal ministre du Régent qui gouverne au nom de l’empereur mineur préfère négocier avec le Kouomin-Tang. Le dernier empereur, futur Pou Yï, abdique le 12 février 1912. Yuan Che Kaï devient président à la place de Sun Yat Sen le 15 juin et confisque le pouvoir jusqu’à sa mort en 1916 (wikirouge.net - Révolution chinoise (1911)).

 

La ville de Pékin, fondé par Kubilaï Khan, la Cambaluc de Marco Polo, contient en ses murs les temples du Soleil (« cité solaire »), de la Lune, de la Terre, et d’autres.

 

La Cité du Soleil fut écrite durant les premières années de l'emprisonnement de Campanella, vers 1602. Une première version du texte rédigée en italien reste longtemps inédite et ne sera publiée qu'en 1904. Des versions latines datant de 1623 ont été recueillies dans un traité de philosophie en Allemagne, puis à Paris en 1637. L'ouvrage est un dialogue, imité de l'antique, entre un marin génois de Christophe Colomb et un chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem, où le premier décrit au second une mystérieuse cité érigée sur une colline, la Cité du Soleil. La ville est bâtie selon une architecture de sept cercles concentriques portant les noms des sept planètes, dont le diamètre décroît au fur et à mesure qu'on s'y élève, traversée de quatre routes situées aux quatre points cardinaux et qui se rencontrent au centre où se trouve le temple. Celui-ci est surmonté d'un dôme représentant la voûte étoilée. Sur l'autel, sept lampes d'or brillent continûment. La cité est gouvernée par un prêtre appelé «Soleil» ou encore «le Métaphysicien». Il est assisté par trois dignitaires répondant aux noms de Pon, Sin et Mor, qui, dans la langue du pays, signifient : Puissance, Sagesse et Amour. Les francs-maçons ne manqueront pas de retrouver certaines analogies avec le Temple, gouverné par le Soleil et les trois piliers qui sont la Sagesse, la Force et la Beauté. Sur les murailles du temple figurent les gravures des principaux inventeurs des sciences et des lois, comme Osiris, Jupiter, Mercure, Moïse, Muhammad. C'est une ode à l'héliocentrisme, un État-Soleil, mais aussi un système mnémonique. Le culte du cosmos et la magie sont pratiqués par les solariens, dans cette cité où un communisme avant l'heure et l'ordre règnent dans tous les domaines. Parce que Campanella a toujours dénoncé avec force les possessions matérielles et l'égoïsme comme les principaux maux du monde, la Cité du Soleil est un exemple de partage équitable des richesses ; l'intérêt particulier est aboli au profit du seul intérêt collectif. L'appropriation de la moindre richesse est interdite. La fraternité règne, le travail est partagé de manière harmonieuse, l'éducation est dispensée aux filles comme aux garçons, l'amour est libre, l'adultère n'existe pas, mais les rapports sexuels sont strictement régis sous l'influence des astres et dans un dessein de génération. Le plaisir n'est pas interdit, et seules les femmes stériles ou enceintes le dispensent sous un strict contrôle. En supprimant le mariage, la famille, la possession individuelle au sein de sa cité idéale, Campanella imagine l'extinction définitive de tous les crimes. [...] Au XIXe siècle, les théoriciens du communisme et du socialisme qui l'ont exhumé ne semblent pas avoir discerné toute la puissance ésotérique et la philosophie occulte de cette mystérieuse Cité du Soleil (Jean-Jacques Bedu, Les Initiés: De l'an mil à nos jours, 2018 - books.google.fr).

 

Dès 1918, les communistes russes apportent leur soutien politique et technique à la formation d'une armée du Guomindang, qui est rapidement commandée par Tchang Kaï-chek.

 

Sous l’impact de la révolution russe, un groupe d’avant-garde autour de Chen Duxiu crée en 1921 un parti communiste, section de l’Internationale communiste. Le PCC s’implante dans la classe ouvrière et commence à diriger des grèves, participe souvent à la direction des syndicats ouvriers naissants. Les partis communistes sont subordonnés partout après 1923 à la recherche d’alliances par l’URSS. Dans cette perspective, Zinoviev, Staline et Boukharine obligent le Parti communiste chinois à rejoindre le Guomindang, l’expression politique de la bourgeoisie chinoise émergente.

 

Tchang Kaï-chek craint l'implantation systématique des communistes dans les villes libérées. En avril 1927 il fait massacrer les communistes de Shanghaï puis en novembre 1927 ceux de Wuhan. Le chef communiste Mao Zedong décide alors de tourner l'action de son parti en direction des paysans. En octobre 1934, Tchang Kaï-chek attaque les communistes du Jiangxi. Ces derniers doivent partir et après une longue marche de 12 000 km parviennent dans le Shaanxi où ils s'installent.

 

En septembre 1931, à partir d'un incident sur le chemin de fer sud-mandchourien, le Japon attaque la Chine. En janvier 1936, le Guomindang accepte après beaucoup de difficultés de collaborer avec les communistes. En août 1945, l'armée japonaise est en déroute. Les Américains aident le Guomindang à s'installer dans les territoires qu'elle évacue et à s'emparer du matériel. L'URSS obtient du gouvernement de Chiang Kaï-Shek, seul reconnu internationalement, des territoires en Mandchourie. Les communistes soviétiques obligent les communistes chinois à se réconcilier avec le Guomindang. En 1945, le départ des Japonais laisse les deux camps chinois face à face. Les Américains tentent d'imposer un gouvernement d'union entre le Guomindang et les communistes. C'est un accord de façade. En juin 1946, les Soviétiques évacuent la Mandchourie (après en avoir déménagé toutes les installations industrielles). Les deux camps chinois se disputent alors le contrôle de la province. C'est le début de la guerre civile. En juillet 1947, les communistes attaquent à partir de la Mandchourie. Beijing et Tien sin sont prises en janvier 1949. De septembre 1948 à janvier 1949, la bataille de Huei oppose un million d'hommes, les armées nationalistes sont écrasées. Nanjing tombe en avril 1949, Shanghaï en mai, Quanzhou (Canton) en octobre, Chonqing en décembre 1949. Le Guomindang avec près d'un million de soldats et de civils quittent alors la Chine continentale et s'installent à Taïwan. La Chine est passée sous le contrôle des communistes. Ceux-ci, le 1er octobre 1949, à Beijing, avaient proclamé la fondation de la République populaire chinoise (fr.vikidia.org - Histoire de la Chine, www.matierevolution.fr).

 

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