Atome et électricité

Atome et électricité

 

V, 80

 

1910-1911

 

L'Ogmion grande Bisance approchera.

Chassée sera la barbarique ligue,

Des deux lois, l'une, l'esthénique, lâchera :

Barbare et franche en perpetuelle brigue.

 

Comme, jadis, en la fin du Ve siècle, sous la dynastie thrace, la future Bisance approchera l'Ogmium universel. Mais, en 518, Justin prenait le pouvoir, puis son neveu, le grand Justinien, lui succédait. Alors, la culture grecque était honnie ; les dernières grandes écoles platoniciennes fermées, l'Eglise officielle rejetait à la fois les Images et les cultes magiques, tout ce qui pouvait rappeler le mythe des Gémeaux. La basilique justinienne, Sainte-Sophie, serait dédiée à la Sagesse et non plus à l'Amour. La Trinité chrétienne n'allait plus figurer les trois plans d'univers, le Bien, le Beau et le Vrai, mais les trois structures d'Eau : le Grand Dieu innomé (le Père) ; le Savoir ou Sagesse (l'Esprit) ; et l'IHC, engendré par le Père, bien qu'Il ne soit pas créé. Avec rigueur, le prophète transpose ces éléments dans la Bisance future. [...] L'Ogmium est universel : il ne s'agit pas d'un pays mais d'un Temps (Jean-Charles Pichon, Nostradamus en clair, 1970 - www.google.fr/books/edition).

 

On a rien inventé, mais l'interprétation présente du quatrain déplace le curseur temporel deux siècles avant.

 

"Logmion" : Ogmios

 

À la Renaissance, on trouve de nombreuses représentations figurées d'Hercule gaulois. Dans l’Antiquité, il n’y a aucune représentation graphique correspondante. Seul existe le texte de Lucien, intitulé Héraclès. Des humanistes de renom comme Érasme et Guillaume Budé contribuent à sa diffusion à la Renaissance en proposant des traductions latines sous le nom d'Hercule gaulois. Ce texte est une «prolalie», un discours d'apparat, introduisant à une autre œuvre. Le propos de Lucien, par ce texte, semble être de justifier qu'après une période d'arrêt, il reprenne ses activités de conférencier et d'écrivain, à un âge déjà avancé. Le narrateur, qui est identifié à la personne de l’auteur, Lucien, prétend avoir vu une peinture étonnante d'Héraclès lors d’un voyage en Gaule. Il en donne une ekphrasis. Le terme désigne la description d'une œuvre d’art – réelle ou imaginaire – si vivante qu’elle est comme «mise sous les yeux» du lecteur.

 

Héraclès est appelé Ogmios par les Celtes dans la langue de leur pays, et le dieu est représenté par les peintres sous un aspect très étrange. Pour eux il s’agit d’un homme extrêmement vieux, chauve par-devant, absolument chenu pour les cheveux qui lui restent ; sa peau est ridée et brûlée jusqu’à être tout à fait noire, à la manière des vieux marins. […] Néanmoins, même sous cet aspect, il garde l’équipement d’Héraclès. Il a ajusté la peau du lion, il tient la massue dans la main droite, il a suspendu à son côté le carquois ; la main gauche présente l’arc bandé, et c’est absolument Héraclès par tous ces traits du moins. […] Mais je n’ai pas encore mentionné le trait le plus étonnant du portrait. C’est que ce vieillard Héraclès entraîne après lui une foule nombreuse d’hommes, tous attachés par les oreilles. Les liens sont de minces chaînes faites d’or et d’ambre, semblables aux colliers les plus jolis. Cependant, bien qu’ils soient menés par des liens aussi fragiles, ces hommes ne songent pas à s’enfuir [..]. Ils suivent gais et joyeux, louant celui qui les emmène [...]. Ce qui me paraît le plus insolite, je n’hésiterai pas à le dire non plus. Le peintre n’avait pas d’endroit où fixer l’extrémité des chaînes, car la main droite tient déjà la massue et la gauche l’arc. Il a percé le bout de la langue du dieu et les a représentés tirés par elle. Et Héraclès est tourné vers ceux qu’il emmène et leur sourit (Lucien, Hercule Gaulois, trad. de J. Bompaire tirée du tome 1 des Oeuvres, Opuscules 1-10, Paris, Les Belles Lettres, 1993, p. 59-62).

 

Le narrateur croit, dans un premier temps, que les Gaulois, par cette peinture se moquent d'Héraclès et se vengent ainsi : «parce que jadis il a attaqué leur pays et pourchassé du butin», quand il a traversé la Gaule pour aller en Espagne voler les bœufs de Géryon. Mais dans le texte de Lucien, c’est en réalité un «Celte» (ou Gaulois) cultivé, qui lui donner la signification de cette représentation.

 

«Nous les Celtes, nous ne pensons pas, comme vous les Grecs, que l’Éloquence soit Hermès, mais nous l’assimilons à Héraclès, car il est beaucoup plus fort qu’Hermès. Et s’il est représenté vieux, il n’y a pas lieu de s’en étonner. Car c’est dans la vieillesse que la seule éloquence manifeste habituellement son plein épanouissement. […] Bref, nous pensons aussi que le véritable Héraclès a accompli tous ses travaux par le discours, qu’il fut un sage et que sa force triompha le plus souvent par la persuasion ; et précisément ses traits sont ses discours, je pense, aigus, visant juste, rapides et blessant l’âme.»

 

Ce texte a suscité de nombreuses questions chez les critiques. Lucien se fonde-t-il sur une tradition iconographique réelle ou invente-t-il de toute pièce le type iconographique dont il parle ? Si l'existence d'une divinité gauloise du nom d'Ogmios est attestée, Lucien semble avant tout ici se livrer à un pastiche de la littérature de type ethnographique, des récits de voyage qui rendent compte des particularités des peuples traversés (Anne-Hélène Dollé, Alciat et l'Hercule gaulois   - imago.langues-anciennes.be).

 

Les liens en or et en ambre, séduisants, symbolisent ce pouvoir occulte de la parole et des mots. Il invente l'Ogham, ces lettres magiques dont la puissance est si grande qu'elle peut paralyser tout adversaire (Julie Conton, L'Ogham celtique, ou, Le symbolisme des arbres, l'oracle des druides, 2014 - www.google.fr/books/edition).

 

Le dieu gaulois Ogmios, l'Hercule gaulois, le dieu lieur entraîne les âmes vers l'au-delà (Florence Bayard, Astrid Guillaume, Introduction, Formes et difformités médiévales: hommage à Claude Lecouteux, 2010 - books.google.fr).

 

"estinique" : les Esthes ?

 

On dérive, mais à tort, le nom de l'Esthonie des Estyi (Æstyorum gentes) de Tacite, que nous avons désignés comme étant les anciens Prussi, et dont Szafarzik fait aussi très-expressément un peuple letton, et non pas finnois, comme le voulait Bayer. Tacite, qui décrit les Estiens d'après des renseignements positifs, voudrait bien voir en eux des Germains, n'était leur langue; car, sous ce rapport, il sait parfaitement distinguer certains groupes de peuples. Voici en quels termes il s'exprime : «Les peuples æstyens sont baignés par la mer des Suèves, à sa droite. Ils ont les meurs et la tenue (ou l'habillement, habitus) des Suèves, mais leur langue est plus près de celle des Bretons. Ils adorent la déesse-mère. Comme symboles de leurs croyances superstitieuses, ils portent des figures de sangliers: mieux que les armes et toute autre chose, celles-ci leur semblent une protection, et ce culte donne au croyant de la sécurité, même au milieu des ennemis. L'usage du fer est rare chez eux; celui des gourdins (ou des massues) est plus fréquent. Ils cultivent le blé et les autres fruits de la terre avec plus de patience qu'il n'est dans les habitudes indolentes des Germains de le faire. Mais ils explorent aussi la mer, et, seuls de tous les peuples, ils recueillent, dans les bas-fonds et sur la côte, le succin qu'ils appellent glesum. Jornandes, au sixième siècle, les compte parmi les peuples qu’Ermanaric soumit à son sceptre : sans s'expliquer sur leur extraction, il les nomme une fois après les Vidivariens, et une autre fois après les Vénèdes, les Antes et les Slaves. Tels étaient les Æstiens, mais l'étymologie d'Esthonie est tout autre. Ce mot signifie pays oriental : c'était déjà l'opinion du navigateur Wulfstan sous Alfred le Grand, et Snorri Sturluson nomme constamment cette région Eystland; ses habitants, Eystur, c'est-à-dire Orientaux. Ces noms se trouvent fréquemment sur les pierres runiques. Eystland était synonyme de l'Ostrogard des Normands et autres Scandinaves. Quoi qu'il en soit, au reste, de la nationalité des anciens Æstiens, les Esthoniens sont un peuple finnois qui peut à la rigueur se faire comprendre des Souomes proprement dits, dont il était politiquement séparé depuis un temps immémorial, mais qui parle, à vrai dire, sa propre langue. Très-peu avancés en culture à cause de l'esclavage où ils ont vécu jusqu'à nos jours et du dur joug que la noblesse allemande, héritière de l'ordre Teutonique, faisait peser sur eux, les Esthoniens ont les vices, fruits naturels d'un pareil régime. On les dépeint comme rusés, vindicatifs, opiniâtres, malpropres, très-insouciants du lendemain, et d'une intelligence obtuse. L'idiome qu'ils parlent, un peu germanisé, mais encore très-agréable à l'oreille, et très-facile à prononcer, est cependant bien inférieur à celui des Finlandais. Il n'est pas tout à fait sans littérature; car les Esthoniens ont exprimé dans des chants plaintifs le malheur de leur situation. Herder en a reçu un dans son recueil, qui comprend, en outre, des morceaux divers empruntés à leur poésie; d'autres morceaux, également traduits en allemand, se trouvent dans l'Histoire des provinces Baltiques de M. de Richter. Le pasteur Ahrens a publié une grammaire esthonienne (1843), et le docteur Fæhlmann, une collection de traditions populaires (Jean-Henri Schnitzler, L'Empire des tsars au point actuel de la science: La population, Tome 2, 1862 - books.google.fr).

 

"lâchera" : lâcheté ?

 

Les Gothins et les Estyens, dont les premiers habitaient vers les sources de l'Oder et de la Vistule, et les seconds dans la Prusse ducale, parlaient, suivant Tacite, la langue des Gaules (A. G. B. Schayes, Les Pays-Bas avant et pendant la domination Romaine ou tableau historique, geographique, physique, Tome 1, 1837 - www.google.fr/books/edition).

 

On croit que les Gothins, qui habitoient dans la Germanie vers le Viagrus, étoient aussi du nombre des Colonies Gauloises, qui suivirent Sigovése. Ils habitoient derrière les Marcomans, &, par conséquent, ils étoient dans le voisinage des Boïens, avant que ceux-ci eussent été chassés du Bojoheme (de la Bohême). Tacite (De Mor. Germ. c. 43) assure que les Gothins parloient encore, de son tems, la Langue Gauloise, & il en conclut qu'ils étoient Gaulois d'origine. «Derrière les Marcomans, & les Quades, dit l’Historien, sont des Peuples moins puissans, les Marsignes, les Gothins, les Oses & les Bures... Les Gothins parlent la Langue Gauloise, & les Oses celle de la Pannonie ; il est visible qu'ils ne sont pas Germains, d'autant qu'ils ont la lâcheté de payer Tribut, les uns aux Sarmates, les autres aux Quades, qui les traitent en étrangers. Pour comble d'opprobre, les Gothins sont employés aux mines de fer» (Simon Pelloutier, Histoire des Celtes, et particulierement des Gaulois et des Germains: depuis les tems fabuleux, jusqu'à la prise de Rome par les Gaulois, Volume 1, 1771 - books.google.fr).

 

Ambre

 

Que ces Estyens aient nommé, dans leur langue, l'ambre jaune du nom allemand de Glas, d'après Tacite glesum, et d'après Pline (H. N., XXXVII, 3), glessum, cela ne suffit pas à prouver leur extraction germanique. Il est vrai que les deux auteurs les comptent expressément parmi les Germains et que Pline surtout dit que cette matière d'apparence vitreuse reçoit ce nom de glessum des Germains (a Germanis, H. N., LXXVII, 2). Eginhard (ch. 12) nomme ce peuple Aisti. En tête d'une lettre que leur adressa Théodoric le Grand et qui nous a été conservée par Cassiodore, on lit : Hæstis Theodoricus Rex. C'est sans doute par erreur que Strabon a écrit leur nom Ôstiaioi (Jean-Henri Schnitzler, L'Empire des tsars au point actuel de la science: La population, Tome 2, 1862 - books.google.fr).

 

Hermès

 

Tout d'abord il est bien évident que les fantaisies linguistiques de Widukind sur l'identité des vocables Hirmin et Hermes n'ont aucune valeur (Cahiers du Sud, Numéros 311 à 316, 1952 - books.google.fr).

 

Widukind (vers 925-vers 980) est moine de Corvey, une abbaye fondée en 822 sur la Weser. Il a composé des œuvres hagiographiques et historiques. Il ne nous reste cependant de lui que trois livres consacrés aux hauts faits des Saxons (Rerum Gestarum Saxonicarum). Le récit est dédié à la fille d'Otton Ier, Mathilde, abbesse de Quedlinbourg. Widukind y célèbre la gloire du peuple saxon gloire du peuple saxon et témoigne en cela du processus d'ethnogenèse qui s'est accompli dans le duché. Retraçant le parcours brillant des Liudolfinges, il insiste surtout sur le règne d'Otton Ier, auquel il consacre l'essentiel du récit. L'Histoire des Saxons est la seule source historiographique qui dépeigne l'histoire des deux premiers rois ottoniens. Le couronnement d'Otton Ier ne nous est par exemple connu que par le récit de Widukind. L'œuvre de Widukind a été écrite au temps de l'apogée ottonien, dans les années 970, et dans des cercles proches du pouvoir (Laurence Buchholzer-Rémy, Damien Carraz, Bruno Lemesle, Pouvoirs, Église et société dans les royaumes de France, de Bourgogne et de Germanie de 888 aux premières années du XIIe siècle, 2008 - books.google.fr).

 

Gosselin Historien du 15e siècle prétend que Irmin & Hermes est la mesme chose, & que Irminsula signifie la statuë d'Hermes ou de Mercure (Histoire de l'Académie Royale des Inscriptions et Belles Lettres, depuis son Etablissement jusqu'à présent, Tome 3, 1723 - books.google.fr).

 

Le nom du roi des Goths, Ermanaric, est probablement identique à irmin-rix, signifiant «le roi suprême». Il y a apparence qu'une relation s'était établie entre l'Irminsul et le dieu Mercure, soit à cause de l'analogie des noms (grec Hermès), soit parce que le Mercure classique était quelquefois vénéré sous forme de pilier. D'autre part, le Mercure germanique étant Odin, il faut croire qu'Odin était figuré sous l'aspect d'un pilier ou d'un tronc d'arbre qui supportait le monde (Salomon Reinach, Orpheus; histoire générale des religions, 1909 - books.google.fr).

 

Les icônes de Lug ont disparu, moins par destruction que par évolution. Le dieu itinérant se fondit dans l'Hermès grec et le Mercure romain, de mêmes fonctions. Cela aboutit à un syncrétisme : on le montrera en éphèbe grec, imberbe et nu, avec à ses pieds le bouc, le coq et la tortue, ses symboles animaux, symboles gaulois. Leur explication reste malaisée. Le bouc serait l'allusion aux chèvrepieds, les premiers civilisateurs, et à l'érotisme, force divine en l'homme, qui peut être intériorisée en mysticisme. Le coq se réfère au lever du jour, à la lumière et aux cris magiques. Sous le nom d'Ogmios, le dieu Lug passait pour dieu de l'éloquence et, surtout, comme l'Odin germano-scandinave, pour le maître des runes (Jean Louis Bernard, Histoire secrète de Lyon et du Lyonnais, Tome 3, 1977 - books.google.fr, Paul Monceaux, Le grand temple du Puy de Dôme, Revue historique, Volume 36, 1888 - www.google.fr/books/edition).

 

Ermanaric

 

Ermanaric ou Hermanaric (en langue gotique Aírmanareiks, en vieux norrois Jörmunrek(kr), en latin Ermanaricus, passé à la langue allemande médiévale Ermenrîch) est un roi ostrogoth attesté historiquement. Il fait partie des Amales. Son royaume était situé en Ukraine actuelle, entre le Don et le Dniestr, mais les historiens ne connaissent pas avec précision son étendue.

 

Ermanaric dont l'étymologie est «le grand roi, le roi du monde» est mentionné dans deux sources romaines : les Res Gestae d'Ammien Marcellin au IVe siècle et l’Histoire des Goths de Jordanès, au VIe siècle. Selon Ammien, Ermanaric est un «roi très guerrier» craint de ses voisins. Il règne sur un territoire étendu et fertile. Attaqué soudain par les pillards Huns et Alains en 375, il tente de combattre, mais, effrayé par les rumeurs circulant sur ses ennemis, il finit par se suicider en 376. Withimer le remplace.

 

Jordanès, qui vécut plusieurs siècles après les faits, fait un récit plus détaillé que celui d'Ammien, avec lequel il diffère sur plusieurs points. D'après Jordanès, Eramanaric a conquis le territoire de nombreuses tribus guerrières du nord. Jordanès déclare que le roi a mis à mort une jeune femme appelée Sunilda en l'attachant à quatre chevaux sauvages pour l'écarteler, parce que son mari l'avait déloyalement abandonné. Les deux frères de Sunilda, Sarus et Ammius, blessèrent sévèrement Ermanaric à coup de lances. Toujours selon Jordanès, Ermanaric mourut de blessure, à 110 ans (fr.wikipedia.org - Ermanaric).

 

L'arrivée des Huns empêcha les Germains de s'installer entre la Baltique et la mer Noire, le Danube et le Don, détruisit l'empire d'Ermanaric, refoula les Goths sur l'empire d'Orient, puis sur l'empire d'Occident, jusqu'en Aquitaine et en Espagne (Hommes et mondes, Tome 10, 1949 - books.google.fr).

 

"brigue" : conflit

 

Avant même la disparition de l'Empire romain, Goths et Francs sont en conflit. L'opposition naît des circonstances de leur installation et de leurs relations avec les autorités romaines. Parvenus en Narbonnaise au terme de leurs migrations, les Wisigoths sont installés en Aquitaine en 418 avec le statut de fédérés. Sous le règne d'Euric (466-484), ils mènent une politique clairement expansionniste. Euric persécute l'épiscopat aquitain, frappe des monnaies ; il se comporte en souverain indépendant. Au cours de son expansion vers le nord, il se heurte à l'armée du roi franc Childéric, venu se ranger aux côtés d'Ætius, magister militum Galliæ. Childéric, roi de Tournai, appartient à la catégorie des rois nationaux (rex gentium), chefs de peuples cantonnés à l'intérieur de l'Empire, qui mettent leurs troupes au service de Rome et de ses représentants locaux ; revêtu du du paludamentum, il est officier de l'armée romaine et ne songe pas à fonder un pouvoir indépendant. Lorsqu'en 486 son fils Clovis bat le “roi des Romains” Syagrius près de Soissons, il ne réalise pas une conquête militaire, il opère un simple coup d'Etat. Quelques années plus tard, sa conversion au catholicisme (498 ?) fait de lui le champion de l'orthodoxie Avec le soutien du clergé et des populations gallo-romaines, il entreprend d'unifier la Gaule sous son autorité. En 507, il écrase à Vouillé le roi wisigoth Alaric II. L'intervention de l'ostrogoth Théodoric l'empêche de mettre la main sur la Septimanie. Transféré en Espagne, le royaume gothique conserve un prolongement gaulois (Gallia gothica) et les rois de Tolède persistent à revendiquer un pouvoir s'étendant à l'Espagne et à la Gaule (rex Hispaniæ et Galliæ). Jusqu'en 711, l'antagonisme franco-gothique est une constante de l'histoire occidentale (Michel Zimmermann, les Goths, Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, Numéros 23 à 25, 1992 - books.google.fr).

 

Byzance

 

Il n’y a pas de début de l’histoire byzantine, mais deux dates sont à retenir. Celle de 330 marque la fondation de sa capitale, Constantinople, alors même que l’Empire romain est de plus en plus divisé pour des raisons pratiques. Celle de 395 marque la division définitive en deux empires.

 

À la fin du IVe siècle, au début des «grandes invasions», la partie orientale de l'Empire devient une cible pour les peuples germaniques, notamment les Wisigoths et les Ostrogoths. En 378, à la bataille d'Andrinople, les Goths infligent une cuisante défaite à l'armée romaine d'Orient. Théodose Ier leur concède, en 382, un territoire au sud du Danube en signant un nouveau fœdus avec eux (fr.wikipedia.org - Empire byzantin).

 

Pour ce qui est des influences chrétiennes, il y a maintenant tendance à leur assigner une date plus ancienne que les Vikings, et un point de départ qui serait l'Orient et Byzance (OLRIK), pays avec lesquels les Goths fixés sur la Mer Noire établissaient le contact (Bibliographie : Histoire de la religion des anciens Germains de C. Clemen, Revue des sciences philosophiques et théologiques, Volume 24, 1935 - www.google.fr/books/edition).

 

Acrostiche : LCDB

 

Il seroit assez superflu de rechercher si les anciens ont eu quelques notions de ces provinces. Les Aestyi dont parle Tacite, suivant une opinion qui paroit établie sur des argumens assez solides, sont les habitans de la Prusse ducale, ou des environs du Frischhafs). Pline (Liv. 4. Ch. 13) parle d'un pays qu'il appelle Fenningii, et qu'il dit être habité jusqu'à la Vistule par les Sarmates, les Venedes, ou Venden, etc. Les anciens appelloient Venedes les peuples barbares qui habitoient les bords de la mer. Hérodote en parlant des peuples septentrionaux (Liv. 3. Thalia) avoue son ignorance à ce sujet, et dit seulement, qu'il sait que des extrêmités de l'Europe de ce coté, viennent l’étain et l'ambre jaune, ce qui sembleroit se rapporter, pour ce dernier article, aux Aestyi de Tacite, ou aux anciens Prussiens (Francois-Gabriel comte de Bray, Essai critique sur l'histoire de la Livonie, suivi d'un tableau. de l'etat actuel de cette province. Par L. C. D. B., Tome 1, 1817 - books.google.fr).

 

François Gabriel de Bray (1765-1832) est issu de la famille française de Bray, originaire de la province de Picardie. Né le 24 décembre 1765 à Rouen, il s'exile au royaume de Bavière après 1789, pour fuir le Régime de la Terreur, au temps de la Révolution française. François Gabriel de Bray a écrit de nombreux ouvrages d'histoire, de Mémoires et de botanique (fr.wikipedia.org - François Gabriel de Bray).

 

De Bray parle du physicien Parrot dans cet ouvrage (Francois-Gabriel comte de Bray, Essai critique sur l'histoire de la Livonie, suivi d'un tableau. de l'etat actuel de cette province. Par L. C. D. B., Tome 1, 1817 - www.google.fr/books/edition).

 

Georges-Frédéric (Georg Friedrich) Parrot, né le 5 juillet 1767 à Montbéliard et mort le 20 juillet 1852 à Helsinki, est un physicien allemand. Il fut élu premier recteur de l'université de Dorpat, aujourd'hui université de Tartu en Estonie, après sa réouverture (l'université de Dorpat fut fondée par le roi Gustave Adolphe de Suède en 1632) fut décidée par le tsar Paul Ier puis sous Alexandre Ier, ami de Georges-Frédéric Parrot. Il meurt en 1852 (fr.wikipedia.org - Georges Frédéric Parrot).

 

Mais de tous les savants de l'Europe celui qui développa la théorie chimique de la pile avec le plus de puissance et de talent, ce fut Parrot, physicien russe, professeur à Dorpat. Parrot exposa la théorie chimique de la pile avec une telle supériorité et une si grande force de raisonnement, qu'il mérite d'être considéré comme le fondateur de cette théorie (Louis Figuier, Exposition et histoire des principales découvertes scientifiques modernes, Tome 2, 1861 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 1911 sur la date pivot 376 donne -1159.

 

Epoque d'Héli, juge des Hébreux pendant 40 ans, sous la VIe servitude les 20 premières années de son règne (Lenglet Du Fresnoy, Tablettes chronologiques de l'hist. univers., sacrée et proph., ecclésiast. et civile, depuis la création du monde, jusqu'à l'an 1762, 1763 - books.google.fr).

 

Un nom commençant par Héli- ou Eli- rappelle à la fois Hélios (le feu solaire) et Élie le prophète emporté au ciel dans un char de feu (Philippe Walter, Dictionnaire de mythologie arthurienne, 2015 - www.google.fr/books/edition).

 

Phaeton, fils du Soleil et de l'Océanide Clymène, avait obtenu la permission de conduire le char paternel. Par suite de son inexpérience, les chevaux divins s'emportèrent et le char renversé faillit embraser l'univers. Foudroyé par Jupiter, Phaeton fut précipité dans l'Eridan. L'Eridan des Grecs désignait les pays septentrionaux d'où venait l'ambre. Les sœurs de Phaeton, les Héliades, désespérées de la mort de leur frère, le pleurèrent tant qu'elles furent métamorphosées en peupliers ; leurs larmes devinrent des grains d'ambre ou electrum, ainsi appelé parce que le Soleil porte aussi le nom d'Elector (L'Entomologiste, 1963 - www.google.fr/books/edition).

 

La correction des débauches & vices des anfans est toujours demeurée aus peres, par la constitution de Valentinian & Valens, in lege un. C. de emendat. propinq. & lege. unic. C. Theodol. eod tit. & lege 3. C.de patr. potest. Boër.decis 304. num. 3. Aussi étoit-ce un droit de nature aquis aus peres. Moyse le dit an ces mots : La nature a fait les peres Iuges competans de leurs anfans. C'est en ses lois, raporté par Iosefe, au livre 4. des Antiquitez Iudaïques, chap. 8. & Dieu anonce à Samuel au premier des Rois, chapitre 3. qu'il punira Heli, dequoy, voyant que ses anfans se comportoient mal, il ne les avoit corrigez. Saint Augustin dit que cete jurisdiction apartient au pauvre dans sa maison, au riche parmi sa famille, au mari sur sa fame, au pere sur ses anfans, in cap.duo ista. 23 quæst. 4 (Plaidoyez de Mre Claude Expilly, Chevalier, Conseiller du Roy, 1636 - books.google.fr).

 

1911

 

Les anciens Grecs ont déjà remarqué que l'ambre attire de petits objets quand elle est frottée avec de la fourrure ; en dehors de la foudre, ce phénomène est la plus ancienne expérience de l'humanité en rapport avec l'électricité, un déplacement de particules électriquement chargées.

 

Thalès fait une série d'observations sur l'électricité statique vers 600 av. J.-C., à partir desquelles il croit que la friction rendrait l'ambre magnétique, contrairement à des minéraux comme la magnétite, qui n'auraient pas besoin d'être frottés. Selon une théorie controversée, les Parthes auraient eu des connaissances en galvanoplastie, d'après la découverte, en 1936, de la pile électrique de Bagdad, qui ressemble à une cellule galvanique, bien qu'il ne soit pas certain que l'artefact soit de nature électrique.

 

En 1269, Pierre de Maricourt, un ingénieur militaire au service du prince français Charles Ier de Sicile, étudie les propriétés des aimants permanents. Cette étude, qui nous a été transmise sous forme d'une lettre écrite à l'un de ses collègues, comprend la plupart des expériences élémentaires aujourd'hui décrites dans les manuels de physique. Dans son traité de 1600 De Magnete, le médecin anglais William Gilbert crée le mot latin «electricus» pour désigner la propriété d'attirer les petits objets après frottement. Le mot «électrique» dérive de l'anglais «electrick», qui dérive lui-même du latin «electricus» : «propre à l'ambre». Le mot latin electrum dérive du grec "electron" désignant l'ambre. Cette association donne naissance aux mots anglais «electric» et «electricity», qui apparaissent pour la première fois dans l'ouvrage Pseudodoxia Epidemica de Thomas Browne en 1646 et sont plus tard empruntés par le français pour former respectivement «électrique» et «électricité»

 

D'autres travaux sont menés au XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle par Otto von Guericke, Robert Boyle, Stephen Gray et Charles François de Cisternay du Fay. Plus tard, Benjamin Franklin mène des recherches approfondies sur l'électricité, vendant ses biens pour financer ses travaux. En 1791, Luigi Galvani publie sa découverte du bioélectromagnétisme, démontrant que l'électricité est le moyen par lequel les neurones transmettent des signaux aux muscles. La pile voltaïque d'Alessandro Volta en 1800, constituée de couches alternées de zinc et de cuivre, fournit aux scientifiques une source d'énergie électrique plus fiable que les machines électrostatiques utilisées auparavant. La reconnaissance de l'électromagnétisme, l'unité des phénomènes électriques et magnétiques, est due à Hans Christian Ørsted et André-Marie Ampère en 1819-1820. Michael Faraday invente le moteur électrique en 1821, et Georg Ohm analyse mathématiquement les circuits électriques en 1827.

 

Le concept d'une quantité indivisible de charge électrique est élaboré à partir de 1838 par le naturaliste britannique Richard Laming afin d'expliquer les propriétés chimiques des atomes.

 

L'électricité et le magnétisme sont définitivement liés par James Clerk Maxwell, notamment dans son ouvrage On Physical Lines of Force en 1861 et 1862.

 

Pendant les années 1870, le chimiste et physicien anglais William Crookes met au point le premier tube à rayons cathodiques avec un vide poussé à l'intérieur — nommé par la suite «tube de Crookes». Puis il montre que les rayons lumineux apparaissant dans le tube transmettent de l'énergie, et se déplacent de la cathode vers l'anode. De plus, en appliquant un champ magnétique, il est capable de défléchir les rayons, montrant ainsi que le faisceau se comporte comme s'il était chargé. En 1879, il propose d'expliquer ces propriétés par ce qu'il appelle «matière radiante». Il estime qu'il s'agit d'un quatrième état de la matière, consistant en molécules chargées négativement, projetées à grande vitesse de la cathode.

 

En 1905, Albert Einstein publie un article expliquant les données expérimentales de l'effet photoélectrique comme étant le résultat de l'énergie lumineuse transportée en paquets quantifiés discrets, dynamisant les électrons.

 

Vers le début du XXe siècle, des physiciens découvrent que, sous certaines conditions, une particule rapide provoque sur sa trajectoire la condensation de la vapeur d'eau sursaturée. En 1911, le physicien écossais Charles Thomson Rees Wilson, l'un des collaborateurs de Thomson, utilise cet effet pour mettre au point sa chambre à brouillard, qui permet de photographier les traces de particules chargées, comme des électrons rapides, ce qui facilite donc leur étude.

 

Les travaux du physicien néo-zélandais Ernest Rutherford, de 1909 à 1912, l'amènent à conclure que l'atome est constitué d'un petit noyau comprenant toute la charge positive et presque toute la masse de l'atome, noyau qui est entouré d'un nuage électronique (Expérience de Rutherford). Le physicien britannique Henry Moseley, qui travaille dans le laboratoire de Rutherford en 1913, établit avec certitude l'ordre des éléments chimiques dans le tableau périodique (fr.wikipedia.org - Electron, fr.wikipedia.org - Electricité, L'Univers et nous - books.google.fr).

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