La Saint Barthélemy en province I, 20 1572 Tours, Orleans, Bloys, Angiers, Reims, &
Nantes Cités vexées par subit changement : Par langue estrange
seront tendues tentes : Fluves, dards, Renes,
terre & mer tremblement. Le "subit changement" peut être une allusion Ã
la Saint Barthélemy ordonné par le roi Charles IX, qui l'aurait décidé
soudainement. Le mot "subit" est repris au quatrain III, 30 sur la
mort de Coligny en 1572, interprété en rapport avec la Henriade de Voltaire. Au cours des guerres de religion, les protestants et les catholiques eurent recours aux mercenaires étrangers, mais dès avant la Saint Barthélemy (Janine Garrisson, 1572, la Saint-Barthélemy, 2000 - books.google.fr). "terre & mer tremblement" : aux Philippines en 1572 The 1572
Taal eruption was also the first volcanic explosion
chronicled in the history of the Philippines, happening eight years after the
Spanish assumed control of those islands. Volcanic activity in the Philippines
is often caused by movement of the Philippine Sea Plate and the Eurasian Plate.
Since 1572, Taal has erupted at least 34 times. The
most recent large eruption (VEI=4) was it September 1965. The eruption began
with the ejection of basaltic spatter. This was followed by the main phreatic
eruption that opened a new crater on the southwest side of Volcano Island. Ash
was ejected from the vent to heights as great as 12 miles (20 km). Since early
1991, the volcano has been restless, with swarms of earthquakes, new steaming
areas, ground fracturing, and increases in water temperature of the lake.
Volcanologists and other local authorities are carefully monitoring Taal to understand if the current activity may foretell an
eruption. Taal is one of 15 "Decade
Volcanoes" that have been identified by the volcanology community as
presenting large potential hazards to population centers Ce fut le 15 mai, jour de Santa Potenciana,
de l'an 1571, que les Espagnols prirent solennellement possession de Manille;
on célébra une messe en l'honneur de la sainte du jour, qui devint la patronne
de la ville, et cette fête se chôme encore aujourd'hui "Renes"
: reyes ? "dards"
: Duarte ? 1555 : fleves, dars Renes ; 1557 : fleuves, dards Renes
La conjecture "fleuves d'arènes" se recommande
pour la forme : il n'y a qu'à lire à haute voix la leçon "fluues dards Renes" de
l'édition de 1555 et tout s'illumine (il n'est pas inutile de rappeler que dans
les ateliers d'imprimerie, un ouvrier lisait le manuscrit pendant qu'un autre
insérait les caractères sur leur support). La leçon Rennes est boiteuse, en
particulier parce qu'il est difficile d'appeler fleuves l'Ille et la Vilaine
qui arrosent cette ville (Jean Dupèbe, 1993) Il est probable que les îles del
Coral, découvertes par Villalobos,
dépendent de l'archipel des Carolines ou Nouvelles Philippines (à l'est des
Philippines), et que ces îles, ainsi que celles de los Jardines, font partie
des groupes orientaux des Carolines, tandis que les Matalotes
appartiennent au groupe le plus occidental. J. Burney dit dans sa chronological History of the Discoveries in the south sea,
tom. V, pag. 1 , et suiv.,
que Diego da Rocha, navigateur Portugais, en 1526, et Alvaro de Saavedra, navigateur Espagnol, en 1528, virent dans
l'espace où les Carolines sont placées, des îles que ce dernier appela de los
Reyes, et que Villalobos et Legazpi
aperçurent également plus tard des îles dans les mêmes parages "reynes"
est le féminin de "reyes". Jorge Reinel (né en 1502 Ã
Lisbonne - mort après 1572) était un cartographe portugais renommé, fils du
célèbre cartographe Pedro Reinel. Il participa en
1519 à Séville à l'élaboration de la carte prévue pour l'expédition de
Ferdinand Magellan et sa description des Moluques servit à la revendication de
ces îles par l'Espagne. Il a formé de nombreux apprentis à l'art de la
cartographie et notamment le portugais Diogo Ribeiro Une carte anonyme attribuée à Pedro Reinel
qu'Armando Cortesâo avait d'abord datée de 1518
mentionne «Islas S. Lazaro » (Philippines) indique
qu'elle est postérieure à la découverte de l'archipel en 1521. La datation
proposée est donc 1522 Le 16 mars 1521, l'explorateur portugais Ferdinand
Magellan, envoyé par la couronne d'Espagne, est le premier Européen à découvrir
ces îles. Le 27 avril de la même année, Magellan est tué sur l'île de Mactan
(près de Cebu) lors d'une bataille face à Lapu Lapu, roi de Mactan, et premier
héros national philippin Duarte Barbosa, beau-frère ou cousin de Magellan (par sa
femme), l’accompagna dans sa célèbre expédition qui aboutit à la première
circumnavigation. Il mourut en route, le 1er mai 1521 lors du banquet du rajah
de Cebu, Humabon Après la découverte de Magellan, les îles Saint-Lazare
furent conquises par l'Espagnol Legaspi en 1568 et
prirent le nom de Philippines en l'honneur du souverain, puis étendit si
rapidement ses conquêtes qu'en 1572, à sa mort, presque tout l'archipel était
soumis à l'Espagne. [...] Parmi les principaux cratères, il faut citer le
Mayon, qui ont plusieurs grandes éruptions en 1767,
1800, 1814 et 1857. Quant au Taal, au milieu du lac du même nom et situé a vingt lieues au Sud de Manille, ses principales éruptions
datent de 1716 et 1854 et furent assez fortes pour couvrir la capitale des
Philippines de ses cendres Vallée de la Loire
et Champagne D'emblée ou presque, les protestants sont perçus par les
catholiques comme une menace, aussi bien temporelle que spirituelle, conviction
dans laquelle les évènements de 1562 les ont largement confortés. C'est
pourquoi, les autorités catholiques se sont efforcées par tous les moyens d'en
prémunir les communautés dont elles avaient la charge. Les autorités municipales de Tours, Paris, Amiens, Dijon,
Troyes, Orléans ou Nantes qui s'efforcent, surtout quand elles disposent
d'attributions de justice, de «purger» leur cité de la «peste» réformée, en
étroite concertation avec le clergé, surtout quand il est représenté au corps
de ville, comme à Tours. Les dirigeants catholiques usent, pour ce faire, de toute
une panoplie de mesures visant à exterminer les protestants au sens propre du
terme qui est de "mettre hors". Le but n'est pas, en effet, de les
éliminer physiquement mais de les faire disparaître par le biais de l'exil ou
de la conversion, de préférence. La violence en fait partie mais encore faut-il s'entendre
sur sa nature exacte et ses effets réels. Certes, cette partie du royaume, la vallée
de la Loire, a bien été le théâtre de «tueries», essentiellement en 1562 et
lors de la Saint-Barthélemy, en 1572. Néanmoins toutes les villes n'ont pas été
touchées par «la saison des massacres» et, dans ces régions, plutôt épargnées
par les opérations militaires qui, après la deuxième guerre de Religion, se
déportent vers le Sud, la violence de sang tend effectivement à refluer, dès
avant le règne d'Henri III. Cela ne veut pas dire pour autant qu'il faisait bon vivre pour les protestants dans ces «citadelles»
ou ces «bastions» du catholicisme. Traités en parias, privés de la possibilité d'exercer
leur culte, malgré la promulgation d'édits royaux en ce sens, les protestants
du Nord du royaume n'ont souvent d'autre choix que de se soumettre, tandis que
leurs églises s'étiolent, quand elles ne disparaissent pas tout bonnement.
L'entreprise de «recatholicisation» est donc un
succès, ce qui, paradoxalement, du moins en apparence, est la cause directe de
l'engagement de ces villes dans la Sainte-Union. Car c'est précisément pour
empêcher que le résultat de leurs efforts ne soit réduit à néant par un
souverain oublieux de ses devoirs ou par le prétendant hérétique à la couronne
qu'elles n'hésitent pas à se dresser contre Henri III et Henri IV. On estime à 3000 le nombre des victimes de la Saint
Barthélemy à paris dont le chiffre total doit être porté à 10 000 en raison des
répliques que le carnage parisien a connu dans douze à quinze autres villes de
province. On peut citer La Charité-sur-Loire, dès le 24 août, Meaux, les 25 et
26 août, Orléans, du 25 au 29 août, Bourges, les 26-27 août et le 11 septembre,
Angers et Saumur, les 28 et 29 août, Troyes, le 4 septembre, Rouen du 17 au 20.
En dehors de ces massacres dûment
authentifiés, Orléans et Rouen figurant parmi les cités les plus meurtrières,
on sait que des assassinats et des pillages ont également été commis, dans des
proportions très inférieures, toutefois, dans la vallée de la Loire (Blois,
Vendôme, Amboise, peut-être Beaugency, Jargeau), en Picardie (à Soissons et Ã
Montreuil), en Poitou (à Poitiers et à Parthenay) et en Champagne (Reims). Néanmoins,
dans le Nord de la France, il est un grand nombre de villes où le sang n'a pas
coulé, du moins d'après ce que l'on peut tirer de sources peu loquaces ou controuvées. C'est le cas de Tours, Dijon, Châlons-sur-Marne et des
autres villes champenoises, d'Amiens, Abbeville, Nantes, Rennes ou Dieppe Dans Le Livre VII (Jugement) des Tragiques d'Agrippa
d'Aubigné, s'adressant ensuite aux villes coupables, la voix de Dieu proclame
que leurs murailles seront réduites en poudre comme celles de Jéricho (Jos 6 :
4-5) pour laisser entrer «les esprits de la haute vengeance» (7 : 240).
C'est en particulier le refus de ces villes de s'opposer au massacre du peuple
de Dieu qui provoque la condamnation du Tout-puissant : Vous sanglantes citez (Sodomes aveuglees) Qui d'aveugles
courroux contre Dieu desreiglees. N'avez transy d'horreur aux visages transis, Puantes de la chair, du
sang de mes occis : (7 : 247-250) De ces villes, c'est surtout Paris, coupable
du massacre de la Saint- Barthélemy, qui s'attire le courroux de Dieu : sa condamnation s'exprime en des vers qui
s'inspirent directement du Psaume 137 dans dans la
version de Marot : Entre toutes,
Paris, Dieu en son cœur imprime Tes enfants qui crioient
sur la Hierosolyme, A ce funeste jour que l'on la destruisoit. L'Eternel se souvient que chacun d'eux disoit : A sac, l'Eglise! Ã sac! qu'elle soit embrazee Et jusqu'au
dernier pied des fondemens rasee
! "vexées" Les Parisiens "exposent
pour exorde, que le peuple a esté tellement vexé depuis l'an mil cinq cents
soixante, qu'il ne lui reste plus qu'une voix faible & cassée pour se
plaindre à leur Roi." (Tome II, Livre III) Babylone «Au bord des fleuves de Babylone, nous étions assis et
nous pleurions, nous souvenant de Sion... Ô Babylone misérable, heureux qui te
revaudra les maux que tu nous valus ; heureux qui saisira tes enfants,
pour les briser contre le roc !», dit le «Chant de l'exilé» (Ps. 137), évoquant
la captivité. La malédiction lancée par Jérémie exprime l'attirance que même
les ennemis de la grande ville éprouvaient à son égard : «Babylone était une
coupe d'or aux mains de Yahvé, elle enivrait la terre entière, les nations
s'abreuvaient de son vin c'est pourquoi elles devenaient folles... Comment
a-t-elle été conquise, la fierté du monde entier ?... Au bruit de la chute de
Babylone, la terre tremble, un cri se fait entendre parmi les nations» (Jérémie 51) Le psaume 137 (136 selon la Vulgate catholique et la
numérotation grecque) est l'un des psaumes les plus connus du livre des
Psaumes. Il est le seul des 150 psaumes à évoquer l'exil à Babylone qui a suivi
la prise de Jérusalem par le roi de Babylone Nabuchodonosor en 586 av. J.-C.
Selon la tradition rabbinique, il a été écrit par le prophète Jérémie. Ce
psaume est appelé en latin Super flumina Babylonis, d'après son incipit : [David Hieremiae]
Super flumina Babylonis illic sedimus et flevimus cum recordaremur
Sion Psalmus David, Jeremiae. : Ce titre n'est point dans l'Hébreu. Les
Septante lisent : par Jérémie, ou, à cause de Jérémie. Quelques-uns croient
qu'on a mis le nom de Jérémie dans cette inscription, parce que ce Prophète a
beaucoup parlé de la captivité de Babylone et à laqnelle
ce Psaume se rapporte ; d'autres conjecturent que Jérémie envoya ce Psaume
aux captifs pour les soutenir dans leur captivité Pour éloigner les mauvais esprits de leurs demeures, les
Indiens ont recours aux babailanas (ou catalonas), prêtresses chargées des sacrifices. La victime
offerte aux mauvais génies est ordinairement un porc, que les babailanas immolent avec la lance dont elles sont armées
dans l'exercice de leurs fonctions. Ce porc est ensuite partagé entre les
assistants, puis des danses succèdent au sacrifice. Ces prêtresses prétendent
aussi lire dans l'avenir Exil Coligny, dans le but d'arracher ses coreligionnaires aux persécutions des catholiques, fit visiter par ses agents la Guyane, le Brésil et la Floride. Mais la noblesse calviniste répugnait à l'exil, et l'amiral dut renoncer à son projet de créer, au-delà de l'Océan, des colonies protestantes. La paix et la prospérité que goûtèrent les Français sous le règne de Henri IV, donnèrent une nouvelle impulsion à la navigation lointaine (Edgard Denancy, Philosophie de la colonisation, Les colonies françaises: introduction générale, Volume 6, 1901 - books.google.fr). En 1555, à l'instigation de l'amiral Gaspard de Coligny,
Nicolas Durand du Villegaignon fonde Fort Coligny sur l'île de Sergipe dans la
baie de Guanabara - Rio de Janerio -. Les Français
devront abandonner la nouvelle colonie aux Portugais Coligny et
Philippines Dans son Histoire universelle, chap. XVIII, D'Aubigné
parle d'un voyage projeté aux Philippines et aux Molucques.
Le chapitre XV est daté de 1573 : « Nous
avons le voyage de Minguetière chargé de visiter les Philippines et Molucques, comme nous avons dit. Cestui-ci
estant à l'endroit de l'Isle Espagnole, fit rencontre
de quatre vaisseaux Espagnols, desquels deux s'aidoyent
de rames. Un calme lui ostant tout moyen de retraicte, il se trouve engagé au combat, son navire n'estant que de soixante tonneaux, & le moindre des
autres de trois cents : ceux des siens qui resterent
du combat, & lui mesme furent mis aux galeres d'Espagne » D'après La Popelinière, le
capitaine La Minguetière, que Coligny avait envoyé
secrètement aux Indes, fut dénoncé aux Espagnols par le parti catholique,
surpris et accablé dans la rade d'Hispaniola (Saint-Domingue) Jean Renard, sieur
de Minguetière, capitaine huguenot, natif
d'Angers ou des environs, prit les armes dès la première guerre civile, et se
retira à Poitiers avec une partie des habitants protestants de sa ville natale,
lorsque Puygaillard s'en rendit maître. Dans la
troisième guerre, il rejoignit Andelot sur les bords
de la Loire, et fut fait prisonnier au combat des Rosiers; mais il réussit bientôt
à s'échapper. Il se signala au siège de Poitiers, en 1569, et la même année,
chargé de défendre Marennes avec Chesnet et La
Maisonneuve, il fut forcé, par le découragement de la garnison composée en
grande partie de soldats allemands, d'abandonner la place après une courte
résistance, et de gagner par mer La Rochelle, d'où il fut envoyé, comme
gouverneur, dans l'île de Ré. Quelque temps après, au mois de juin 1570, il fut
mis à la tête d'une expédition maritime dirigée contre l'île d'Oléron. Il débarqua
sans obstacle au Roiste, se rendit maître de
Saint-Pierre, dépouilla les églises, fit couper et vendre les bois du riche
prieuré de Saint-Georges, et emmena les principaux habitants comme prisonniers
à La Rochelle. En 1571, lorsque Coligny conçut le projet d'opérer une diversion
en Amérique pendant que les Français attaqueraient les Pays-Bas, il jeta les
yeux sur Minguetière, qui réunissait aux talents d'un
valeureux capitaine les qualités d'un habile marin, et il lui donna le
commandement de l'escadre destinée à cette périlleuse entreprise, que la Cour
de France elle-même fit échouer. [...] On a publié, après sa mort, une
traduction qu'il avait faite d'une portion de l'histoire des Francs de Paulus AEmilius, sous ce titre : Les cinq premiers livres de
l'histoire de Paule AEmyle, Paris, 1575, in-fol Depuis l'expédition des frères Parmentier à Sumatra, de
vagues rumeurs circulaient sur certaine terra auslralis,
qui prenait forme en 1556 dans la cosmographie universelle du pilote Guillaume
Le Testu. Pourvu d'une nomenclature abondante, peuplé
de monstres fabuleux, ce grand continent courait du détroit de Magellan
jusqu'aux îles polynésiennes. Mais « ce que j'en ay marqué et dépainct, avouait ingénument Le Testu,
n'est que par imagination, pour ce qu'il n'y a encore eu homme qui en ait faict descouverture certaine ». L'énigme
était de nature à piquer la curiosité de Coligny, auquel était dédiée la
cosmographie. Et je ne sais s'il ne songeait pas à la résoudre, quand il requit
notre ambassadeur en Portugal d'engager un pilote versé dans la pratique des
mers du sud, voire au-delà des Moluques. L'embauchage avait échoué, tant les
pilotes lusitaniens affichaient des prétentions excessives, quand un cosmographe de Lisbonne offrit de nous doter d'un
continent nouveau : trois mille lieues de côtes, de l'or et de l'argent à planté
et pas de compétition à craindre des Espagnols et des Portugais. Bartholomeu Velho n'eut que le temps de nous donner une
idée de son formidable bagage d'explorateur, quadrants, astrolabes à profusion,
pommes d'argent graduées, horloges naturelles et artificielles, aiguilles Ã
naviguer, roses d'aiguilles, globes vifs, plans sphériques, instruments de
perspectives, etc. Quant à ses talents, quant au but mystérieux de son voyage,
une mort prématurée à Nantes, le 20 février 1568, le dispensa d'en faire
montre. Il avait été amené en France par un marchand lucquois, Francisque d'Albaigne, dont le frère André d'Albaigne
reprit à son compte la découverte projetée d'une nouvelle partie du monde, Ã
sept mois de mer. Dans une péroraison chaleureuse où il vantait l'inestimable
profit qui en résulterait en or, en argent, en pierreries et en épices, le
Lucquois remontrait à Charles IX combien la France avait à regretter d'avoir
éconduit Christophe Colomb. A ces indices, au congé donné au capitaine Minguetière pour les Moluques (cf. Agrippa d'Aubigné), les
Espagnols se rassuraient sur le sujet de notre armement qu'ils supposaient être
la Nouvelle-Guinée. Mais quelle surprise dans le cas contraire, si
l'avalanche de dix à douze mille hommes tombait sur les Indes Occidentales,
dans les parages des Canaries au printemps, aux Açores l'été! Les flottes de la
Nouvelle-Espagne, pas plus à l'aller qu'au retour, ne pourraient échapper.
Alors, que deviendront les possessions du Nouveau-Monde ? se disaient les
conquistadors. Carthagène, Nombre de Dios et Panama
n'offriront point de résistance. Que les Français occupent Gaballos,
et ils seront maîtres du Guatemala; San-Juan d'Ulloa,
avec sa misérable garnison de trois cents hommes, pourra-t-il
leur faire tête, alors qu'il n'a pu tenir en échec les huit navires d'un
corsaire comme Hawkins ! La Havane a cinq cents hommes, Saint-Domingue huit
cents; mais qu'est-ce en comparaison des forces adverses ! Si les marins
français prennent position à la pointe des Martyrs, le canal de la Floride sera
leur, de telle sorte qu'en un moment toutes les avenues des Indes seront entre
leurs mains. La faible escadre de Menendez n'est
point de taille à leur livrer bataille. Et tout cela, ils le feront, se
disaient les Espagnols, ils le feront sans déclarer la guerre, sous couleur de
se faire rendre justice pour la grave offense reçue en Floride. Déjà , rôdaient dans la mer des Antilles des corsaires
isolés, comme ces nuages légers, soudain apparus dans un ciel serein, présagent
la tempête prochaine. Ils voltigeaient un peu partout, mais de préférence aux abords
des endroits où les Espagnols les redoutaient le plus, au canal de la Floride
et à l'isthme de Panama. Le Fieux du Tréport et le Serpent du Havre étaient
jetés à la côte non loin de la Havane, le Dragon du Havre près de Carthagène; Minguetière, au lieu d'aller aux Moluques, se faisait
capturer à Hispaniola, après avoir vaillamment lutté avec sa barque contre quatre
vaisseaux; et dans les parages de la Trinidad, au cours d'une rencontre entre
la Grande et la Foudre de Fécamp et une escadre espagnole, le capitaine Matté se faisait tuer en tenant tète
aux compagnies d'abordage, et le capilaine
Grandville, entouré de morts, son navire coulant bas, se faisait sauter plutôt
que d'amener pavillon Cyrus Jérémie
parlant des troupes de Nabuchodonosor qui devaient venir combattre Jérusalem,
et des troupes de Cyrus qui devaient
venir contre Babylone, dit qu'elles prendront l'arc et le kidon
(Jér. VI, 23 ; L, 42), ce qui convient plus au dard qu'au bouclier, puisque
ordinairement les archers ne portent pas de bouclier (Javelot - Dard) Cyrus élu de Marduk à Babylone était l'oint de Jahvé, aux
yeux du prophète Esaïe : «Voici ce que
Jahvé dit à son Oint, à Cyrus, qu'il a pris par la main droite, pour fouler aux
pieds les nations devant lui.. Je te donnerai les
trésors dans les ténèbres et les richesses qu'on avait mises à l'abri.» (XLV,
I, 3). Tel apparaît Cyrus, l'homme choisi pour emporter les villes mais en même
temps pour redresser les torts des dieux, humiliés. En Babylonie, il renvoie dans leurs villes
respectives les statues des dieux que Nabonide avait amenées dans sa capitale.
En ce qui concerne la Palestine, il a reçu de Jahvé mission de rebâtir
Jérusalem et de restaurer le Temple Cyaxare étant mort environ deux ans après la prise de
Babylone, & Cambyse Roi de Perse étant aussi venu
à mourir, Cyrus revint à Babylone, &
prit en main les rênes de tout l'Empire, qu'il tint durant l'espace de sept
ans (Xénophon Cyropedia, L. VIII). Ce fut dans la
première de ces sept années qu'expirèrent les 70 ans de la Captivité de
Babylone, quand Cyrus fit publier le fameux Décret, qui permettoit
aux juifs de s'en retourner à Jérusalem Arsacidas tum fortè suis flectebat habenis Cyrus,
& Assyrii victor fastigia
regni subdiderat Medo habenae
: rênes (Gaffiot). Henri IV - Cyrus Selon Jean-Baptiste Pérès (1752 - 1838), natif de
Villeneuve d'Agen, dans son L'Apocalypse dévoilée ou le livre de l'Avenir
appuyé du présent et du passé en matière religieuse et politique, c'est ainsi
qu'il arrive à découvrir entre l'histoire de France, à partir de Henri IV, et
celle des Mèdes et des Perses, sous les règnes de Darius et de Cyrus, des
rapports qui, se traduisant par une série de faits presque identiques,
finissent par constituer un parallélisme saisissant. Comme Darius et Cyrus,
rois des Médes et des Perses, unirent leurs forces
contre Babylone, Henri de Navarre et Henri de France unirent les leur contre la
Ligue, Babylone des temps nouveaux. De même qu'à Darius le Mède, décédé sans
postérité, succéda son héritier présomptif, Cyrus, qui réunit deux couronnes, Henri
III mort sans enfants eut pour successeur son cousin, qui par le fait, devint
doublement roi. Henri IV n'est donc en réalité que la figure moderne de Cyrus.
Ce qui est vrai historiquement de l'un doit fatalement Tètre
de l'autre. L'auteur le prouve en poursuivant cette série de concordances.
Cyrus, après avoir mérité que Dieu affermit son trône,
encourut plus tard sa disgrâce pour s'être opposé à ses desseins. De même, en
soutenant les Jésuites dans la célèbre congrégation De Auxiliis
où, selon Pérès, Dieu fut mis sur la sellette avec Molina et à ses côtés, Henri
IV mérita d'être puni personnellement et dans sa race. Et ce qui est
remarquable, ce qui est presque étonnant, c'est l'exacte coïncidence des dates
par lesquelles s'ouvre, dans cette double série de faits analogues, la période
de l'expiation. Le texte original de Daniel désigne le 21e jour de l'année
comme étant celui où le roi de Fras résista aux
desseins du Tout-Puissant; or, c'est le 21 janvier de l'année 1605 que se
manifestèrent devant Clément VIII, par l'organe du cardinal Duperron,
les intentions perfides de Henri IV, et c'est aussi le
21 janvier que Louis XVI reçut la mort sur l'échafaud purifié par son sang.
Encore faut-il signaler l'influence néfaste du quantième 21, abstraction faite
du mois, sur Henri IV et sur sa descendance. Le poignard de Ravaillac le frappa
dans la 21e année de son régne (14 mai 1610). C'est
le 21 juin (1791) que Louis XVI fut arrêté à Varennes et c'est le 21 septembre (1792)
qu'un décret de la Convention proclama la royauté, abolie En parcourant les souvenirs de toutes les éducations
royales, je ne vois guères que Cyrus et Henri IV qui furent sauvés de
l'influence mortelle des cours Cyrus et Henri IV furent élevés avec les enfans des paysans, de peur que la pensée de leur grandeur
future ne vînt trop tôt altérer les vues de la nature et leur caractère d'homme Henri, encore très-jeune, pour se soustraire aux horreurs
de la Saint-Barthélemy, avoit fait une première
abjuration, dont l'acte fut déposé, dans le temps, entre les mains du nonce;
mais quelques années après, il l'avoit rétractée, et étoit rentré dans le sein de l'hérésie. On le regardoit en conséquence à Rome comme un hérétique relaps. Les agens de la Ligue et des
Espagnols ne manquèrent pas de répandre, dans cette ville, que sa seconde
abjuration n'étoit pas plus sincère que la première.
Les circonstances de l'une et de l'autre étoient
cependant bien différentes, et donnoient à la
dernière un caractère de vérité que ne présentoit pas
la première : celle-ci avoit été l'effet des menaces
de Charles IX, qui, en lui montrant, de la fenêtre du Louvre, la terre jonchée
de cadavres des Calvinistes massacrés, ne lui avoit
laissé que le choix entre la mort ou la messe. Celle-là , au contraire, étoit l'acte d'un prince qui, après avoir triomphé de
toutes les factions, régnoit paisiblement et glorieusement
sur ses sujets des deux religions Tilenus se portoit
à de grandes extremitez fur ce sujet contre les
Reformez de France. Il écrivoit contre eux à toutes
occasions, sans modestie & sans retenue. Outre l'avertissement Ã
l'Assemblée de la Rochelle, qu'il avoit publié en
1621. il mit au jour un an après une réponse à un
écrit qu'on attribuoit à la Milletiere, & qui avoir pour
titre, Discours des vrayes raisons pour lesquelles les
Reformez de France peuvent & doivent en bonne conscient ce résister par
armes à la persécution ouverte qu'on leur fait. L'Auteur de ce discours après avoir rapporté l'Histoire de Brochard
Baron, de qui j'ay parlé ailleurs, comparoit l'Edit
de Cyrus en faveur des Juifs à celuy de Nantes ;
ceux qui decrioient le premier, à ceux qui ruïnoient le second ; les calomnies de ceux qui vouloient rendre Jerusalem
suspecte à Cyrus, à celles dont on se servoit contre
les villes Protestantes. Il distinguoit les sujets
anciens & naturels d'avec ceux qu'on avoit
subjuguez ; & pretendoit que si les droits de ceux-cy peuvent n'être fondez que sur des concessions de
des grâces, ceux des autres sont fondez fur une obligation relative du Roy à ses
sujets, & des sujets à leur Roy. Il disoit que
Henri IV avoit dû accorder l'Edit de Nantes par une
double obligation : l'une personnelle, qui l'obligeoit
de conserver ceux qui l'avoient conservé luy-même ;
l'autre Royale, qui l'obligeoit de maintenir les libertez de ceux qui avoient maintenu sa Couronne. Après
cela il justifioit la prise des armes, & soutenoit qu'il y a quelquefois lieu de sè
défendre légitimement ; surquoy il n'oublioit pas l'exemple des Maccabées. Il repondoit aux raisons contraires, montroit
que la guerre venoit du Pape & de ses maximes. Il
concluoit à chasser de France les Jésuites, comme on
les avoit chassèz de
Venise, & les accusoit de la mort des Rois, &
de plusieurs autres personnes assassinées. Tilenus repondit à ce discours par un écrit, où
si on excepte le portrait qu'il fait de la Milletiere,
qui est assez naturel, on peut dire qu'il n'y avoit
ni bonne foy, ni jugement |