

Expansion de la Russie après le Temps des troublesI, 491593-1594Beaucoup beaucoup avant telles menées Ceux d’Orient par la vertu lunaire L’an mil sept cent feront grand emmenées, Subjugant presques le coing Aquilonaire. "coing aquilonaire"
Et que cela soit vray, qu'on regarde dés les anciens siecles, si les Scythes du temps du Roy d'Egypte Vexoré, que
d'autres appellent Amenophis, sçachans que ce Roy les vouloit assaillir, ne sortirent de leur païs solitaire, se ruans sur l'Asie (ne pouuans passer en Egypte) ils la rauagerent toute, & se
contenterent de se la rendre tributaire, pour se retirer au païs de leur naissance. Je laisse la course furieuse tant chantee des Amazones, lesquelles, si les anciens
ne nous deçoiuent, ont esté vn long temps la fraieur, & espouuentement de la terre : pour venir à ce que depuis la mort de nostre Seigneur, les regions Occidentales
ont gousté de ce coing Aquilonaire, car les Huns, les Alans, Bourguignons, Gots, & autres ennemis de toute ciuilité, Scythes naturels se sont espanduz par le monde,
ont rompu la paix par tout, empesché le repos de chacun, & peruerty les façons de viure des nations les mieux policees. Je ne veux lier l'esprit, ny les inclinations des
hommes aux astres pour les assuiettir à quelque folle necessité, car ce seroit extrauaguer, & se rendre autre que vray fils de l'Eglise, mais i'ose bien dire, l'experience,
& effaits me le monstrans, que tout ainsi que des enfants de Cham, & Chus le prouignement n'en a esté guere prouffitable pour la vigne de Dieu, & que peu de cette race ont
demeuré en la cognoissance du vray vigneron, qu'aussi ces Magogs Aquilonaires n'ont peu gouster vraiement la verité, ou s'ils en ont eu Mores, & quelque aprehension, soudain ils l'ont perdue.
Et que cecy soit vray, voyez les Moscouites, qui ont cogneu Iesuchrist, & toutesfois sont ils separez de l'vnion de l'Eglise : les Tartares, qui feirent (ainsi que verrons cy apres)
profession de la foy Euangelique laissants les idoles il peut auoir quelques troys cents ans, & soudain faisants banqueroute à celuy à qui ils auoyent obligee leur foy,
ils quitterent, & l'Euangile, & leur ancienne croyance de la pluralité des Dieux, pour embrasser Mahometh propre prophete pour leur inclination de vie : en somme les Scythes
comme ils font esloignez des aultres hommes, aussi viuent-ils diuersement aux aultres, & ne peuuent compatir qu'auec ceux qui les imitent en brutalité. Aussi tant plus ces peuples
sont Septentrionaux, & plus font ils horribles, & enfuriez en leur face, & regard, tant par nature qui les fait ainsi hideux, qu'eux mesmes qui artificiellement se façonnent à telle
furie, & deformité : ce neantmoins l'air grossier qui donne sur les plus Arctiques les rend gras, pesants, & ventreux, à cause que leur humeur ne peut s'euaporer,
l'air la contenant dedans, & les rendant ainsi boufis
(Sebastian Münster, La cosmographie vniverselle de tout le monde, Tome 2, 1575 - books.google.fr). On compet parmi les fils de Japhet un certain Magog qui aurait obtenu lors du partage des terres acté dans la Table des
Peuples la région située à l'extrême nord : «l'extrême nord» pour l'horizon géographique de l'époque, peut être identifié, pour autant que faire se peut, avec une partie de l'Asie-Mineure,
au sud de la Mer Noire et à l'ouest de la Médie (attribuée à Madai). Dans les cartes monastiques du Moyen Age et par exemple dans celles d'Ebstorf et d'Hereford
qui datent toutes les deux du dernier quart du XIIIe siècle, on voit parmi les peuplades barbares et sauvages vivant tout au Nord de l'Asie, Gog et Magog;
par la légende d'Alexandre le Grand, telle qu'elle existait au XIIIe siècle, on apprend que le Conquérant construisit une porte au Caucase pour exclure Gog et Magog
du monde civilisé. Comment la tradition biblique s'est-elle transformée en celle des documents et cartes du XIIIe siècle ? C'est ce que M. Anderson essaie de montrer.
Gog et Magog d'abord placés au Sud du Caucase ont été lentement refoulés vers le Nord avec l'extension de l'horizon géographique. Comme l'extrême nord était habité par des nomades non
civilisés qui avaient fait plusieurs invasions vers le Sud, on a identifié Gog et Magog avec eux. Alexandre n'a jamais été au Caucase ni au Don; mais il a été au Caucase indien ou
Hindu Kush et au Jaxartes : on a confondu le Caucase Indien avec le Caucase Caspien, le Syr-Daria (Jaxartes) avec le Don (Tanaïs) et on a cru qu'Alexandre avait construit
une porte au Caucase contre les Barbares du Nord. Or ces barbares étaient Gog et Magog : la légende d'Alexandre fusionnée avec la tradition biblique évoluée raconte qu'Alexandre
construisit la Porte Caspienne contre Gog et Magog. Plusieurs siècles plus tard la légende des 10 tribus d'Israel disparues s'amalgama avec celle d'Alexandre et le résultat
fut qu'on crut que le Conquérant fit la Porte Caspienne contre Gog, Magog et les 10 tribus
(Bibliographie : "Alexander's gate, Gog and Magog and the inclosed nations" de A.R. Anderson, Revue belge de philologie et d'histoire, Volume 13, Parties 1-2, 1934 - books.google.fr). "vertu lunaire"
L'astrologue Abu Ma'sar consacre un chapitre du Kitâb al-mûdhal ila silm ahkam al-nugûm au gouvernement exercé par la Lune sur les animaux
et les plantes. Il passe rapidement en revue les effets de la vertu lunaire sur le corps humain, sur les animaux, sur les végétaux, sur les minéraux. Les effets éprouvés sur le corps humain se marquent surtout dans
la marche des maladies; une courte allusion aux jours critiques justifie cette assertion. Les diverses phases de la Lune agissent sur les pluies et les vents suivant des règles dont les marins font un
constant usage. Toute partie qui, dans le corps d'un animal, est froide et humide, suit, dans ses accroissements et ses diminutions, le croît et le décroît de la Lune; ainsi font le lait, le cerveau,
la moelle. Les poissons, les fruits, le bois, les métaux eux-mêmes, présentent divers effets qui sont en rapport avec la marche de la lunaison. «Ainsi, dans les choses de ce monde, le gouvernement
de la Lune joue des rôles multiples; non seulement il n'est pas possible de les tous examiner, mais on tenterait en vain de les énumérer.»
Aucun texte grec ou latin n'apportait aux Chrétiens d'Occident une étude sur les marées dont l'ampleur, dont le détail,
fussent comparables à l'exposé d'Abou Masar
(Pierre Maurice Marie Duhem, Le système du monde: La cosmologie hellénique (suite) L'astronomie latine au Moyen Age, 1914 - books.google.fr). Abu Masar Gacfar b. Muhammad b. Umar al-Balhi, connu par les latins sous le nom d'Albumasar. Né à Balb, il demeura longtemps
à Bagdâd et mourut, centenaire, en 886 à Wasit. Son ouvrage le plus important est Kitâb al-mûdhal ila silm ahkam al-nugûm (livre d'introduction dans la science de l'astrologie)
où l'on trouve une théorie des marées qui fut très appréciée
(La science arabe et son rôle dans l'évolution scientifique mondiale, 1938 - books.google.fr). The astrologers most influential for the West were Masha allah ibn Athari, al-Battani, and Alcabitius (al-Qabisi), whose Introduction
to Astrology was widely-disseminated, but Ma'sar in particular (787-886 we know his horoscope) and his primary work Kitab al-mudhal al-kabir ila 'ilm ahka al-nugum
(Liber introductorii maioris ad scientiam judiciorum astrorum). In the 15th cent., his birthplace Balhi was Hellenized to "Palchos" [51. 203 f.]. A florilegium of his works,
translated into Medieval Greek under the title Mysteria, along with individual chapters therefrom, found even broader dissemination (overview [25. 348-350]) .
Abu Ma'sar adopted the doctrine of great conjunctions [47], developed the system of casting celestial lots ("klèroi", sortes), and integrated the
stations of the moon into the zodiac (he attributed greater importance to the zodiac than to the planets). In addition to Ptolemy's (restrictively extant) Apotelesmatika
(Tetrabiblos), the most important sources for Arabic astrology were the authors Teucer of Babylon, the didactic poet Dorotheus of Sidon (the latter by way of Pahlavi
translations that emerged in Sassanid Persia), and Vettius Valens. The city of Babylon was founded on July 30, 762 in accordance with a 'katarche' (selection of auspicious date).
The calculation of long-term political prognoses, according to the three slow planets Saturn, Jupiter, and Mars, was innovative. Thus, in the 8th cent. Theophilus
of Edessa, the Christian court astrologer to Caliph al-Mahdi, determined the length of the Islamic reign at 960 years, while al-Kindi calculated 693 years. His student,
Abu Masar, divided history into periods, and characterized the world religions according to Jupiter's conjunctions
(Brill's New Pauly, Encyclopaedia of the Ancient World. Classical tradition, Volume 3, 2006 - books.google.fr). "L'an mil sept cens"
De 1700 à 1593/1594 on a un écart de 107/106 ans. Ecart que l'on retrouve dans les interprétations des quatrains suivants
I, 50; I 51, et I, 52.
L'année 1700 de l'Hégire donne 2270 du calendrier grégorien. Or dans le quatrain précédent I, 48, il s'agit du terme de la
prophétie des centuries 2242 et que ce quatrain-ci se place bien avant. L'an 1999 du quatrain X, 72 pourrait être calculé par rapport à l'ère de Nabonassar (-747) et renvoyer
au roi Alphponse X de Castille et à Henri III ("roy d'Angousmois" : fils d'Isabelle d'Angoulême, cf. le "roi de Blois", Louis II d'Anjou, roi de Sicile, fils de Marie de Blois : le nom de la mère).
Les années ne sont pas au contraire systématiquement ramenées à l'ère de Nabonassar; elle ne sert de fait que lorsqu'il
s'agit de comparer les observations chaldéennes à d'autres plus récentes. Hipparque désignait l'année de celles-ci, soit d'après le nom des archontes athéniens, dont on possédait des tables chronologiques,
soit à partir de 330, d'après le rang dans la période callippique de 76 ans qui commença le 28 juin à cette date. Les autres observations rapportées par Ptolémée sont,
en général, datées par l'année du règne du souverain de l'Égypte (roi Ptolémée ou empereur romain). Comme terme de comparaison, il choisit l'année de la mort d'Alexandre
(ère de Philippe Arrhidée), dont le 1er thoth tombe le 12 novembre 324, et qui correspond à la septième de la première période callippique. Il ne semble pas qu'Hipparque ait fail usage de cette ère
(Paul Tannery, Recherches sur l'histoire de l'astronomie ancienne, Mémoires de la Société des Sciences Physiques et Naturelles de Bordeaux, Volume 1, 1893 - books.google.fr). Après la mort du conquérant, l'historiographie timouride postérieure s'efforça de rattacher Tamerlan directement
à la maison gengiskhanide en faisant coïncider la date de sa naissance avec la mort d'Abu Sa'id, le dernier Ilkhan hülagüide, survenue en 736/1335-36
(Denise Aigle, Le mythe créateur d'histoire, Revue du monde musulman et de la Méditerranée, Numéros 89-90, 2000 - books.google.fr). En 1370, un nouveau conquérant nomade d'origine turque, Tamerlan, prit le pouvoir à Samarkand et reconquit l'empire mongol
de l'Ouest. Il se présenta comme le restaurateur de l'œuvre de Gengis Khan auquel il tenta de se rattacher en jouant le rôle de protecteur de l'ulus tchaghataïde et en épousant une femme de la lignée
gengiskhanide, revendiquant ainsi le titre de kürgen (gendre impérial). Comme Gengis Khan, il vécut une jeunesse difficile, comme lui ses qualités martiales
furent reconnues au moment de son élection. Il revendiquait également l'image d'un combattant de l'islam doté, de surcroît, de pouvoirs surnaturels dignes des charismes des saints
(Denise Aigle, Le mythe créateur d'histoire, Revue du monde musulman et de la Méditerranée, Numéros 89-90, 2000 - books.google.fr). Acrostiche : BCLS, BaCuLuS
Il est probable que l'instrument inventé par Lévi est celui-là même qui est cité par Johanan Alemanno, écrivain juif italien du XVIe siècle,
sous le titre de «bâton de Lévi», ce qui explique également le titre ci-dessus mentionné «Sur le bâton». Cette partie du traité astronomique a été donnée
séparément par l'auteur lui-même ou par un anonyme sous le «Circonférence des cieux», et l'opuscule ainsi détaché se trouve dans le manuscrit no 10 de la bibliothèque
de la communauté juive à Mantoue. M. Marco Mortara en a publié le commencement et la fin. M. Mortara suppose que ce traité est identique à celui qui est cité par Bartolocci, no 13.
Le manuscrit de Mantoue renferme les chapitres (portes) II, VII et XX, de l'ouvrage total.
L'opuscule ainsi taillé dans l'ensemble du livre cinquième et comprenant tout ce qui concernait l'instrument inventé par Lévi fut
traduit en latin, dans le courant de l'année 1342, par conséquent du vivant de Lévi, sur l'ordre du pape Clément VI. Cette traduction se trouve dans le manuscrit latin n° 7293 de la Bibliothèque nationale
de Paris. C'est l'exemplaire même qui se conservait, en 1369, dans la bibliothèque du palais pontifical d'Avignon. Cela résulte de l'article 830 du premier des anciens catalogues
de la bibliothèque des papes d'Avignon, publiés par le P. Ehrle, dans l'Historia bibliothecæ Romanorum pontificum, t. I, p. 531. Le manuscrit contient 17 feuillets de parchemin
et est écrit sur deux colonnes
(Ernest Renan, Les écrivains juifs français du XIVe siècle, Tome 1, 1893 - books.google.fr). Gersonide, Levi ben Gershom, Léon de Bagnols (1288-20 avril 1344) vécut à Bagnols-sur-Cèze, en Languedoc, en Avignon
et à Orange et ne semble pas avoir quitté le Sud de la France. Il a baigné en milieu chrétien comme Maïmonide baignait en milieu arabe. Gersonide a écrit toutes ses œuvres en
hébreu : d'abord son œuvre scientifique qui est considérable. Ses premières observations astronomiques sont datées de 1321, et dès 1332 sa renommée d'astronome avait dépassé
es limites de la communauté juive : des traductions de ses œuvres en provençal et en latin furent entreprises avec sa collaboration; c'est en compagnie de savants chrétiens
que sa carrière d'astronome se poursuivit jusqu'au jour de sa mort
(Colette Sirat, Le problème posé epar les rapports entre Gersonide et le milieu ambiant, Les méthodes de travail de Gersonide et le maniement du savoir chez les scolastiques, 2003 - books.google.fr). Même si elle n'a exercé aucune action sur lui, la Kabbale ne lui était pas non plus inconnue : il fait état, pour la réfuter,
de la doctrine de la métempsychose, «professée en [son] temps» (C. Anima fol 119rv)
(Charles Touati, La pensée philosophique et théologique de Gersonide, 1973 - books.google.fr). Selon le livre You'hasin (Yuchasin), dit Munk, Levi serait mort à Perpignan en 1370 : date bien reculée puisque
ses observations astronomiques s'arrêtent à 1340
(Léon Alègre, Notices biographiques du Gard: canton de Bagnols, Tome 2, 1880 - books.google.fr). Parmi les constellations australes, on doit citer en premier lieu Orion, la plus belle constellation du ciel, située
au-dessous du Taureau, traversée par l'équateur céleste, et dont les étoiles les plus remarquables sont: la primaire alpha, nommée Beitelgeuze; la primaire beta, nommé Rigel ou le Pied gauche d'Orion;
la secondaire gama, nommée Bellatrix; les trois secondaires delta, epsilon et zeta, appelées collectivement le Baudrier d'Orion, les Trois Rois Mages, le Bâton
de Jacob ou encore le Râteau; et enfin, au-dessous de ces trois étoiles, une file de petites étoiles dont nous n'avons figuré que la plus brillante, et qui forment
l'Épée d'Orion. Comme la constellation d'Orion est une des plus importantes à connaître, et que, dans le planisphère, elle est en partie dans l'hémisphère boréal et en partie
dans l'hémisphère austral, nous l'avons dessinée séparément au bas de la carte, afin d'en bien faire reconnaître la figure. Du reste, pour la trouver dans la voûte céleste, il
faut se placer de manière à avoir la Grande-Ourse derrière soi, et alors on a Orion à peu près devant soi
(François Delille, Principes de cosmographie, 1883 - books.google.fr). Cf. pour les rois mages le quatrain I, 51.
Typologie
Le report de 1594 sur la date pivot 1370 donne 1146.
Il est très vraisemblable qu'avant de conquérir cette remarquable position de l'Oural, Novogorod avait profité
des relations commerciales avec cette région. Perm, désormais soumise, restera une des positions avancées du système novgorodien puis russe vers l'Asie (Tatars et Turcs formaient en effet un obstacle Ã
la pénétration par le sud). C'est de Perm que partira la conquête de la Sibérie. La colonisation novgorodienne se porta aussi vers la Russie centrale.
Le triangle formé par l'Oka et la Volga était déjà peuplé et exploité par la première colonisation kiévienne, mais de façon très clairsemée. Deux villes
y existaient au Xe siècle (Bielo-ozéro et Rostov), deux furent fondées au Xe siècle (Souzdal et Mourom), d'autres plus nombreuses aux XIe et XIIe siècles
(Riazan en 1096 et Iaroslav en 1131). Dès le Xe siècle, la colonisation novgorodienne s'insère dans ces régions à côté de celle de Kiev. A partir du XIe siècle,
toutes les populations rurales de l'empire kiévien, chassées par les invasions, viendront renforcer une occupation légère et distendue le long des rivières.
Plus de vingt villes naquirent en un siècle dans cette région : Vladimir (1110), Moscou (1147), Iuriev (1152), Dmitrov (1154), Tver (1181), Briansk (1146).
Toula (1146), Kozelok (1146), Kisiniov (1192). Une autre partie de la population méridionale s'enfuit à l'ouest, vers les hautes vallées du Bug
et du Dniestr où furent établis Ouglitch, Kostroma, Galitch, Gorodets, Starodoub, etc. Au XIIIe siècle, il y eut un ralentissement très marqué de l'activité colonisatrice.
Les méthodes de colonisation ressemblent par certains côtés à celles qui guidèrent les défrichements en Europe occidentale. Les monastères furent parmi les principaux agents
de la mise en valeur de ces nouvelles terres. Ils jouèrent, note M. Eck, le rôle de véritables jalons de la pénétration russe dans la région nord-est. On y
connaît déjà au XIe siècle les monastères fondés par saint Abraham de Rostov; le XIe siècle verra apparaître plusieurs nouveaux monastères près de Pereiaslavl,
de Vladimir, tandis que, entre le XIIIe et le XVIe siècle, 294 monastères nouveaux se dispersèrent à travers la région, dans la périphérie d'abord (66 aux XIIIe et XIVe siècles),
dans toute la région souzdalo-moscovite ensuite. Simples ermitages pour commencer, ils devinrent rapidement des centres actifs de colonisation
(Bertrand Gille, Histoire économique et sociale de la Russie, du Moyen Age au XXe siècle, 1949 - books.google.fr). La deuxième croisade (1146-1148) est une expédition des chrétiens d'Occident
vers la Terre sainte qui est lancée en décembre 1145 par le pape Eugène III à la suite
de la prise d'Édesse par l'atabeg seldjoukide de Mossoul en 1144, suivi de la conquête du comté d'Édesse, qui met en danger les États latins d'Orient, issus de la première croisade (1095-1099).
Prêchée en France et dans le Saint-Empire par Bernard de Clairvaux en 1146, l'expédition en Terre sainte commence avec la participation du roi de France Louis VII, accompagné de son épouse,
Aliénor d'Aquitaine, et de l'empereur Conrad III. Cette expédition vers la Terre sainte est associée avec des opérations sur deux autres théâtres de conflit des chrétiens d'Occident :
la péninsule Ibérique, où a lieu depuis le Xe siècle la guerre de reconquête des chrétiens sur les musulmans, et les pays de la mer Baltique, où ils sont aux prises avec des populations
païennes (polythéistes), principalement slaves
(fr.wikipedia.org - Deuxième croisade). En Russie
Par
« Ceux d’Orient » il faut entendre « ceux qui sont Ã
l’est » c’est à dire les Russes qui, avec Pierre Ier le grand à partir
de1700, accroissent leur possession dans le nord de l’Europe. En
1700 Pierre Ier entre en guerre, avec une coalition, contre le jeune Charles
XII de Suède. En 1703, il conquiert le Livonie, l ‘Estonie et l’Ingrie et
jette les fondations de Saint-Pétersbourg dans le fond du Golfe de Finlande.
Dans les années 1710, il poursuit ses conquêtes en Finlande et en Carélie. A la
suite de cette guerre de près de 20 ans « la Russie devenait le premier
des Etats du Nord [1]. » Les
Russes étaient de mœurs orientales (« vertu lunaire » :
pour noter l’influence musulmane). Les hommes portaient robe traînante et
babouches. Leurs femmes vivaient dans le terem, équivalent du harem turc, et
avaient le visage caché par un voile, le fata. La
situation du quatrain dans les années 1593-1594 donne un effet de contraste par
rapport à l’époque glorieuse de Pierre Ier. Depuis la mort d’Ivan IV
le terrible en 1584, la Russie connaît une période de troubles qui ne se
terminera qu’en 1613 avec l’accession au trône des tsars de Michel Romanov,
neveu de la première femme d’Ivan IV. |