Poursuite des guerres de religion après la mort d’Henri III
Poursuite des guerres de religion après la mort d’Henri III

7ème guerre de religion

 

I, 31

 

1580

 

Tant d’ans les guerres en Gaule dureront,

Oultre la course du Castulon monarque :

Victoire incerte trois grands couronneront :

Aigle, coq, lune, lyon, soleil en marque.

 

castula

 

« Castulon » du latin « castula », tunique des vierges romaines [1], peut faire référence à la fête qu’offrit Catherine de Médicis pour la réconciliation du roi Henri III et de son frère le duc d’Anjou le 9 juin 1577, « étonnant banquet de décadence romaine [2] », « festin d’Héliogabale [3] ». « Henri III voulut y paraître changer de sexe. Vêtu d’une robe de damas rose et argent, couvert de joyaux, il était servi par les dames et filles d’honneur de sa mère, nudités de nymphes, sous la transparence de leurs voiles [4] ». Les guerres de religions iront bien au-delà de la mort du roi en 1589, jusqu’à l’Edit de Nantes et la paix de Vervins en 1598.

 

En 1580 a lieu la septième guerre de religion au cours de laquelle Henri de Navarre prend Cahors, mais l’ensemble des Huguenots ne suivit pas. Les troupes royales, elles, furent victorieuses partout où elles furent engagées. « Catherine prit soin de ne point exploiter ces succès ; la guerre ne pouvait que profiter aux Guises, alliés de l’Espagne, et à l’Espagne même [5] ». Le traité de Fleix, qui confirme l’Edit de Nérac et la paix de Bergerac, est conclu entre Henri de Navarre et Henri III, le duc d’Anjou servant de médiateur (« trois grands »). Les protestants se voient confirmer pour six ans leurs places de sûreté.

 

Pour Pierre Brind’Amour, le dernier vers pourrait décrire un prodige céleste [6].

 

Quatrième vers : le culte de Mithra (cf. quatrains X, 76-78)

 

L'un des cinq bas-reliefs qui m'obligent à reproduire ici cette remarque est celui que l'on conserve à la villa Altiéri, construite en 1670. On y voit deux cyprès plantés, l'un à côté du buste du Soleil, l'autre à côté du buste de la Lune. Conformément aux prescriptions des livres sacrés des Perses, Mithra est représenté ici, comme ailleurs, ayant, à sa droite, le Soleil, à sa gauche, la Lune. De plus, il est debout sur le taureau, à la manière des divinités figurées sur les monuments asiatiques. Au-dessous du buste du Soleil et tout auprès d'un palmier mâle, un lion sort d'un rocher. Au côté opposé, un second palmier mâle est accompagné d'un coq; plus bas un aigle, portant un foudre dans ses serres, surmonte un troisième palmier mâle. Ce curieux bas-relief nous offre donc, avec trois animaux, symboles du soleil ou du feu céleste, deux espèces différentes d'arbres symboliques, l'une monoïque, consacrée au soleil, à la lune et aux divinités primitivement androgynes, telles que Vénus et Mithra; l'autre dioïque, consacrée à Mithra, lorsqu'elle porte des fleurs mâles, et à Vénus, lorsqu'elle est chargée de fleurs femelles et de fruits. [...] Chez les Perses, l'aigle était le symbole de Mithra. dieu solaire et manifestation d'Ormuzd (Félix Lajard, Recherches sur le culte du cyprès pyramidal chez les peuples civilisés de l'antiquité, Mémoires, Volume 20, Académie des inscriptions et belles-lettres, Paris, 1854 - books.google.fr).

 

Altiéri fit faire des fouilles dans sa vigne en 1555. Les gravures des trouvailles se trouvent dans Speculum Romanae Magnificencae, Omnia fere quaecumque in urbe monumenta extant partimi juxta antiquam, partim Juxta hodiernam formam accuratissime delineata representas, Romae 1548 de Antonio Lafréri mort en 1577. La plupart des planches ont été exécutées entre 1548 et 1575, celles de Duchetti entre 1581 et 1585 (Maarten Jozef Vermaseren, Mithriaca IV : le monument d'Ottoviano Zeno et le culte de Mithra sur le Célius, 1978 - books.google.fr).

 

La villa Celimontana, anciennement villa Mattei, est un jardin public de Rome créé au XVIe siècle et situé dans le rione de Celio. Il couvre une surface d'environ 11 hectares (fr.wikipedia.org - Villa Celimontana).

 

Les premières indications que l'on a sur cette villa remontent à 1553 : le vignoble d'un certain Antonio paluzzelli fut acheté par Giacomo di pietrantonio Mattei ; puis Ciriaco Mattei (1545-1614) y fit construire, d'après des plans de l'architecte Jacopo Del Duca, une petite maison qui fut achevée en 1582. Il fit ériger dans le jardin un petit obélisque que la Curie pontificale lui avait donné de plus de 2 mètres de haut et appartenant à l'époque de Ramsès. (Sonia Gallico, Roma e la Città del Vaticano. Guida completa per itinerari, 2007 - books.google.fr).

 

C'est près de l'église de l'Aracoeli qu'à la fin du IVe siècle fut fermé un des derniers antres de Mithra; tout près de l'obélisque, sinon sur son piédestal, on a trouvé cette curieuse inscription mentionnant un dieu Cautes ou Cautus Pati, qui se confondait sans doute avec Mithra. L'obélisque nous apparaît sur les dessins de Heemskerck avec un piédestal usé par le temps; Poggio dit toutefois que l'obélisque qu'il a vu était mutilé, et il est facile de se convaînere par son état actuel qu'il a dû étre brisé. Rien ne prouve hors cela, que ce monument ne soit pas resté debout depuis l'empire jusqu'au 11 septembre 1582, alors qu'il fut donné par le municipe romain à Ciriaco Mattei pour l'embellissement de sa belle villa du Coelius, où on peut le encore. Il avait à son sommet, les dessins d'Heemskerck nous l'attestent, le spheridion et la piramidetta. Que l'obélisque élevé par Constance dans le grand Cirque ait été couronné de bronze doré, nous le savons assez par le récit d'Ammien Marcellin (XVII, 4): «ei sphaera superponitur ahenea, aureis laminis nitens. Qua confestim vi ignis divini contacta, ideoque sublata, facis imitamentum infigitur aereum, itidem auro imbracteatum, velut abundanti flamma candentis» (Memorie della Classe di scienze morali, storiche e filologiche, 1893 - books.google.fr).

 

On touve un bas-relief de Mithra tauroctone dans le palais de la famille Mattei, parents par alliance des Habsbourg, dans le Ghetto de Rome (Guide du Routard Rome 2019, Hachette Tourisme, 2018 - books.google.fr).

 

Mattéi, Henri III et Noël

 

L'intense émotion que produisit à Rome la nouvelle du double assassinat de Blois ordonné par Henri III n'était pas encore calmée lorsque se réunit le premier consistoire de l'année 1589. C'était le 9 janvier. Le pape, dans son réquisitoire contre Henri III, avait annoncé la création d'une nouvelle congrégation chargée spécialement des affaires de France. Déjà, les membres en étaient désignés : les cardinaux Mattei, Lancelotti, Pinelli, Fachinetti et Santori. [...] Vers le mois d'août, le cardinal Santori fut chargé d'adresser au roi de France un monitoire l'invitant à comparaître à Rome par devant le pape, pour répondre de l'assassinat du cardinal de Guise (Michel de Bouard, Sixte-Quint, Henri IV et la Ligue. La légation du Caetani en France (1589-1590), Revue des questions historiques, Volumes 116 à 117, 1932 - books.google.fr).

 

La réforme grégorienne du calendrier fut acceptée en 1582 en Danemark ; mais elle ne fut promulguée eu France que deux mois plus tard, en vertu de lettres-patentes de Henri III, datées de Paris le 3 novembre 1582. Ces lettres portent (Art. 6) «que estant le 9e jour du mois de décembre que l'on conteroit le 10e, soit tenu et nombré, par tous les endroits du royaume, le 20e jour du dit mois ; - que le lendemain 21 auquel se célébrera la feste saint Thomas, le jour d'après sera le 22, le lendemain 23, et le jour ensuivant 24e. De sorte que le jour d'après, qui autrement et selon le premier calendrier eust esté le 15e soit compté le 25e, et en iceluy célébrée et solemnisée la feste de Noël. Et que l'année présente finisse six jours après ladite feste, et la prochaine, que l'on comptera mil cinq cens quatre-vingt et trois commence le septiesme iour après la célébration d'icelle feste de Noël. Laquelle année et autres subséquentes auront après leur cours entier et complet comme devant (Mémoires de la Société archéologique et historique de l'arrondissement d'Avesnes, Volumes 1 à 2, 1897 - books.google.fr).

 

Le 25 décembre étant, bien entendu, la fête de la naissance de Mithra.

 

"Castulon" : Castulo

 

Autrement que "castula", Castulo est une ville antique d'Espagne dont le roi en 1580 est Philippe II qui règne et meurt jusqu'en 1598.

 

Castulo actuellement Cazlona, était une ville considérable, au N. E. de Cordoue, sur la rive du Guadalimar un peu audessus de son confluent avec le Guadalquivir, capitale des Oretani. Elle fut longtemps possédée par les Carthaginois : ce fut la patrie d'Emilie, femme d'Annibal. Les Romains en firent un Conventus. Silis Itlaicus compare la vallée de Castulo à la région du Parnasse en Grèce avec sa source Castalie (Edme Mentelle, Cours complet de Cosmographie, Tome 2, 1804 - books.google.fr, A Dictionary of Greek and Roman Geography, Tome I, 1872 - books.google.fr).

 

Une supposée fausse inscription relevée dans un document du XVIIIème siècle mais rapportée à Pedro Valera (Varias Inscripciones recogidas por Pedro Valera en el anno 1589. de Jesús, que él vió caminando con su Amo el Duque) est interprétée en lien avec Mithra : on reconnaît des lettres de l'alphabet grec "MITHR". Valera serait une personnage inventé par Candido Maria Trigueros (1736 - 1764) selon Emil Hübner (Epigrafía prerromana, 2003 - books.google.fr).

 

Cela est contesté par des partisans de la probité de Trigueros (Francisco Aguilar Piñal, El académico Cándido María Trigueros (1736-1798), 2001 - books.google.fr, es.wikipedia.org - Francisco Aguilar Pinal).

 

L. J. Velázquez para muchas de las inscripciones que recoge utilizó el manuscrito de Pedro Valera (cfr. nota 11 del ms. 9/7018), no siendo consciente de la supuesta inexistencia de dicho autor y la falsificación de sus escritos. Pedro Valera y Alonso Franco fue atribuida a Cándido María Trigueros años más tarde (Gil 1987:153- 176). La polémica sobre la autenticidad de sus investigaciones nace con la sospecha de F. Pérez Bayer respecto a la publicación de Cándido María Trigueros sobre las inscripciones de Carmona, las cuales cree producto de su invención, (Hübner 1862: 228- 268; Stylow 2001 : 95-105; Chic García 2001: 465-476). Esta cuestión se revitalizó en la segunda mitad del siglo XIX con la realización del CIL, cuando Hübner tras no poder localizar el ms. de Pedro Valera citado por Trigueros acusa a este de falsario (CIL II, p. XXII) aunque hubiese ya autoridades en la materia como T. A. Gusseme, J. A. Conde o E. Rodrigo Caro (1573 - 1647), o contemporáneos al propio L. J. Velázquez. (SPAL: revista de prehistoria y arqueología de la Universidad de Sevilla, Volume 14, 2006 - books.google.fr).

 

M. Zobel a découvert dans la riche bibliothèque de M. Delgado un manuscrit du milieu du XVIIe siècle, intitulé : Discorso dol Marques de la Aula sobre el vaso y medallas que se hallaron en Cazlona anno de 1618. D'après cet écrit, on aurait trouvé, en 1618, à peu de distance de Cazlona, près de Terres, propriété du marquis de Camarasa, et à trois lieues de Baeça, un vase d'argent du poids de 10 onces, pouvant contenir 211 onces (690 grammes) d'eau. Ce vase était rempli de monnaies d'argent. Cette découverte est mentionnée dans une lettre du marquis de la Aula da Estepa du 15 février 1623 à Rodrigo Caro (Theodor Mommsen, Histoire de la monnaie romaine, Tome 2, traduit par Louis Charles Pierre Casimir duc de Blacas d'Aulps, 1870 - books.google.fr).

 

Mithra, deus certus et deus invictus

 

Dans l'antiquité, le culte de Mithras, dieu de la Lumière, doué des attributs du Soleil («genitor luminis, deus invictus Mithras»), chez les Scythes, Parthes, Arméniens et manichéens, était largement répandu en Dacie, au cours des IIIe et IVe de notre ère. On a relevé, en Dacie, pas moins de 280 monuments dédiés à Mithras, parmi lesquels des grottes, où se célébrait ce culte. Les mystères de Mithras comportaient le sacrifice du taureau. Mircea Eliade a examiné les prolongements de ce mythe du taureau en Dacie, et, plus tard, dans les pays roumains, sur tout le parcours du Danube et, ensuite, jusqu'à la vallée du Rhin. Les fouilles exécutées sur ce vaste territoire ont mis à jour de nombreux reliefs de Mithras, sacrifiant le taureau, «en costume national dace», décrit par N. Densusianu (Dacia preistoricà, Bucuresti, 1913, p. 372). La prolongation du culte du Soleil, à notre époque, est attestée dans la production poétique orale (incantations) roumaine et dans la production artisanale: représentations solaires, sur des quenouilles, œufs durs ornementés, pièces de céramique (plats, assiettes) d'usage domestique. L'invocation du Soleil, dans une incantation (descintec) recueillie de nos jours à Bàrbàtesti (d. Vîlcea) : Soare, soare, sfinte soare («Soleil, soleil, saint Soleil») témoigne de la persistance du culte ancien de Mithras. Il existe, dans le folklore roumain, une pratique magique consacrée au Soleil, postu Soarelui «le jeûne du Soleil», dont tous les détails ont été recueillis, au cours d'une enquête, en 1974 (Alexandru Rosetti, La linguistique balkanique, 1985 - books.google.fr).

 

Mithra, complètement assimilé au dieu Sol «Sol, deus certus» disait Aurélien, et à Sérapis, était le favori des demi-sages que les railleries des philosophes avaient détachés du polyhéisme gréco-romain mais que la prudence, l'indifférence ou la méfiance générale contre le juif, arrêtait à mi chemin du fanatisme chrétien. Constance Chlore, Constantin, furent vaguement favorables à Mithra et à Sol (dont les rayons décorent plus d'une médaille de Constantin, même une image imberbe du dieu chrétien). Le labarum (d'un mot chaldéen qui signifie «durée») paraît avoir été un hommage discret au Soleil oriental, à Mithra. Les derniers païens lettrés ne voyaient dans les innombrables divinités de tous les panthéons que des variantes et des épithètes du dieu Sol. Macrobe consacre à cette exégèse un des plus précieux passages de ses Saturnalia (I, 17-23) ; il nous invite à faire rentrer tous les dieux dans le Soleil. «Les diverses énergies du Soleil» Diversœ virtutes solis, nous dit-il, «ont donné aux dieux leurs noms». Mithra brilla d'un dernier éclat lorsque Julien tenta, vainement hélas ! cette restauration polythéiste qui eût peut-être abrégé la fameuse nuit de dix siècles où le monde allait entrer ; enfin il disparut avec le paganisme expirant, dont il avait été le dernier champion (André Lefèvre, L'Italie antique: (origines et croyances), 1905 - books.google.fr).

 

"trois couronneront"

 

Cette triple couronne à rayons, que porte le souverain pontife des chrétiens, ne doit-elle pas être revendiquée par le culte de Mithra, lorsque nous voyons ce dieu sur les médailles romaines représenté la tête couverte d'une couronne de ce genre ? Son nom de mithre ("mutra") prouve que l'on n'a même pas cherché à en déguiser l'origine ; et nos dictionnaires donnent l'explication du mot mitre, en ces termes : «Coiffure que les Romains avaient empruntée des Perses.» Cette triple mitre, qu'ils nomment thiare, portait aussi ce nom chez les Perses. Non seulement le souverain pontife des chrétiens emprunta cette coiffure au culte de Mithra, mais encore il prit du dieu Aion, ÉTERNEL (épithète qui appartient de même à Mithra), les deux clefs célèbres avec lesquelles il doit nous ouvrir les portes du Paradis (Le Noble, Culte du soleil, La France littéraire: politique, science, beaux-arts, Volume 24, 1836 - books.google.fr).



[1] Michel Dufresne, « Dictionnaire Nostradamus », JCL éditions, 1989

[2] Jean Héritier, « Catherine de Médicis », Fayard, 1940, p. 540

[3] ibid., p. 541

[4] ibid., p. 540-541

[5] ibid., p. 571

[6] Pierre Brind’Amour, « Les premières centuries », Droz, 1996, p. 94

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