Epilepsie de Louis XIII

Epilepsie de Louis XIII

Richelieu entre Conseil du roi

 

I, 88

 

1622

 

Le divin mal surprendra le grand Prince,

Un peu devant aura femme espousée :

Son appuy et crédit à un coup deviendra mince

Conseil mourra pour la teste rasée.

 

On reconnaît parfois chez Louis XIII des signes d’épilepsie (« le divin mal ») dans son impulsivité, son bégaiement[1].

 

Plusieurs fois Héroard mentionne chez Louis XIII des vertiges à forme syncopale, qui apparurent dès la troisième année. Il décrit une crise convulsive, qui a tous les caractères d'une crise épileptique. D'autres faits corroborent ce diagnostic : fréquence des cauchemars et des terreurs nocturnes, variations de l'humeur, alternance de colères excessives et de périodes d'abattement, bredouillement inconstant, caractère instable, irritable, tel que M. Battifol l'a jugé véritablement «pathologique». M. Trénel fait d'ailleurs remarquer que Louis XIII descendait des Habsbourg et que l'épilepsie fut fréquente dans cette famille (Dr Trenel, L'Èpilepsie de Louis XIII : crise convulsive, petit mal de forme syncopale, caractère épileptique, hérédité familiale similaire, Aesculape, 1928) (La Presse médicale, Volume 36, Partie 2, 1928 - books.google.fr).

 

Il épouse Anne d’Autriche en 1612 dont il n’aura d’enfants qu’à partir de 1638 avec le futur Louis XIV et le duc d’Orléans.

 

C’est en 1624 que Marie de Médicis, sa mère, fait entrer au Conseil du roi Armand du Plessis de Richelieu (« teste rasée » : les ecclésiastiques étaient tonsurés), directeur de sa maison. Il en deviendra le chef trois mois plus tard et fera alors arrêter son prédécesseur La Vieuville. Celui-ci s’évadera en 1625, intriguera contre le premier ministre et sera condamné à mort par contumace en 1632 (« conseil mourra »). Il rentre en grâce à la mort du Cardinal. Richelieu restera le principal ministre du roi jusqu’à sa mort en 1642.

 

Evêque de Luçon en 1606 à 22 ans, orateur du Clergé aux Etats généraux de 1614 qui le firent remarquer, secrétaire d’Etat de Concini en 1616, il réconcilie Louis XIII avec Marie de Médicis et devient cardinal en 1622. Sa rapide carrière est due à son ambition et à la « supériorité de son esprit » et sa « volonté inflexible »[2].

 



[1] D. et M. Frémy, « Quid 1997 », Robert Laffont, p. 738

[2] A. Malet et J. Isaac, « XVIIème & XVIIIème siècles », Hachette, 1923, p. 65

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