Instabilité dans l’empire ottoman
Instabilité dans l’empire ottoman

Le sultanat de Murad III

 

I, 40

 

1586-1587

 

La trombe faulse dissimulant folie

Fera Bisance un changement de loys,

Hystra d’Egypte qui veut que l’on deslie :

Edict changeant monnoyes & aloys.

 

Le sultanat de Murad III (1574-1595) fut sujet à grandes instabilité politique, du fait, en partie, d’une succession de 23 titulaires au poste de grand-vizir, et du désintérêt éprouvé par le sultan pour la conduite des affaires (« folie »). La situation générale de l’empire n’était pas bonne, tant au niveau de l’économie, que de sa cohésion politique.

Face à une dépréciation de la monnaie d’argent ottomane, « la Porte résolut entre 1584 et 1586 […] d’émettre un aspre fortement dévalué [1] » (« Edict changeant monnoyes et aloys »). « La banqueroute et la faiblesse turques ont engendré aux environs de 1590, une crise rapidement généralisée, du fait du non-paiement des troupes et de l’action diminuée du pouvoir central [2] ». En Egypte, en effet, « dès 1586, se produisit la première révolte militaire, au cours de laquelle les troupes suspendirent le gouverneur et le mirent aux arrêts dans une maison du Caire [3] ». En 1583, le gouverneur d’Egypte Hassan Pacha fut rappelé à Constantinople (« Hystra d’Egypte » : « Hystra » futur du verbe « issir », sortir) et enfermé au Château des sept tours où on ne sait ce qu’il est devenu [4].

 



[1] « Histoire de l’empire ottoman », sous la direction de Robert Mantran, Fayard, 1989, p. 244

[2] Fernand Braudel, « La Méditerranée », tome II, Armand Colin, 1966, p. 477-478

[3] « Histoire de l’empire ottoman », sous la direction de Robert Mantran, Fayard, 1989, p. 398

[4] Henri Dehérain, « Histoire de la nation égyptienne », tome V, Plon-Nourrit, 1931, p. 37

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