L'étoile des Baux

L'étoile des Baux

 

I, 28

 

1578

 

La tour de Bouq craindra fuste Barbare,

Un temps long temps apres barque hesperique :

Bestail, gens, meubles, tous deux feront grant tare :

Taurus & Libra, quelle mortelle picque !

 

Avec "Bouq", "Taurus", "bestail", le quatrain est très animalier.

 

La Tour de Bouc près Martigues

 

On s'attendait Ă  Constantinople Ă  ce que la guerre Ă©clatât entre la France et l'Espagne, et la politique turque mĂ©nageait Charles IX. Le Grand-Vizir se contenta donc de rĂ©pondre Ă  l'ambassadeur de France, en termes diplomatiques, que si le duc d'Anjou rĂ©ussissait Ă  sauver Alger des Espagnols, la Sultan saurait reconnaĂ®tre ce service, - phrase polie qui n'engageait pas Ă  grand-chose. Quelques jours plus tard, Noailles ayant insistĂ©, le Grand-Vizir dĂ©clara que le Sultan Ă©tait disposĂ© Ă  cĂ©der aux vĹ“ux du roi de France, mais que les dignitaires du clergĂ© musulman s'y opposaient et qu'il ne pouvait pas passer outre : c'Ă©tait une fin de non-recevoir. Le duc d'Anjou du renoncer Ă  devenir roi d'Alger. Il ne le serait mĂŞme pas devenu si la Saint-BarthĂ©lemy n'Ă©tait pas survenue Ă  ce moment-lĂ , renvoyant aux calendes grecques l'Ă©ventualitĂ© d'une rupture avec l'Espagne. La question d'un consulat français Ă  Alger fut reprise en 1578, et elle aboutit l'annĂ©e suivante. comme prĂ©cĂ©demment, on s'Ă©tait muni de l'agrĂ©ment du Sultan. Mais la RĂ©gence fit encore opposition, et il fallut retourner Ă  Cous tant inop le pour lui forcer la main. A partir de 1579, il y eut donc un "consul des Français" Ă  Alger, parfois assistĂ© d'un vice-consul. Depuis cette date jusqu'Ă  1830, la liste est ininterrompue. Deux ans plus tĂ´t, en 1577, des consuls avaient Ă©tĂ© installĂ©s sans difficultĂ© Ă  Tunis, d'une part, et Ă  Fès, au Maroc, de l'autre. Au cours de cette pĂ©riode, la gĂ©ographie politique du Maghreb achève de se fixer pour plusieurs siècles : le Maroc est toujours. indĂ©pendant. sous la dynastie chĂ©rifienne. Les autres paya forment autant de Pachaliks, indĂ©pendants les uns des autres, mais tous vassaux de Constantinople. Il y a trois Pschaliks, dont les capitales sont respectivement Alger, Tunis et Tripoli. Ochiali est le dernier des dĂ©tenteurs de la RĂ©gence d'Alger qui porte le titre de Begher-Beg, A sa mort, en 1587, le Sultan ne confère pas ce titre Ă  son successeur, et le Fachalik d'Alger devient tout pareil aux deux autres. Les iisas traditionnels d'amitiĂ© entre Français d'une part, Turcs et Barbaresques de l'autre, se desserrent Ă  partir des annĂ©es 1585, lorsque commence en France le règne de la Ligue. Les pirateries aux dĂ©pens de nos navires, et mĂŞme aux dĂ©pens de nos cotes, recommencent. Comme les Marseillais ont adhĂ©rĂ© Ă  la Ligue, ils sont suspects de complicitĂ© avec les Espagnols. Et la Sultan Mourad autorise ses sujets Ă  leur courir sus pour les punir. C'est le moment oĂą, Ă  Constantinople, la France est reprĂ©sentĂ©e par un ambassadeur ligueur, que l*on considère comme un simple agent de Philippe II. Après la mort d'Henri III, Henri IV refusera les services de cet ambassadeur, et chargera l'ambassadeur de son alliĂ©e, la reine d'Angleterre, de dĂ©fendre les intĂ©rĂŞts français. Les Provençaux souffrent tellement des incursions barbaresques sur leurs cotes qu'ils dĂ©cident, an 1585, de former une association contre le danger commun, sur l'initiative des consuls de Marseille. Tous les ports de la cote, depuis Martigues, Ă  l'Ouest, jusqu'Ă  Antibes entrent dans cette ligue. Ils obtiennent du roi de faire accompagner par leurs dĂ©lĂ©guĂ©s un ambassadeur spĂ©cial qui ira porter leurs dolĂ©ances au Sultan. DĂ©jĂ  les dĂ©lĂ©guĂ©s sont dĂ©signĂ©s et prĂŞts Ă  s'embarquer lorsqu'un contre-ordre arrive, et l'on surseoit au dĂ©part. Le projet sera repris et aboutira en 1588, mais il n'en rĂ©sultera pas le soulagement espĂ©rĂ© (Gaston Zeller, La MĂ©diterranĂ©e et ses problèmes aux XVIe et XVIIe siècles, Parties 1 Ă  4, 1948 - books.google.fr).

 

"longtemps après" : sous Richelieu

 

Il va sans dire que Richelieu, qui se fit nommer grand maĂ®tre de l'AmirautĂ© de France en 1626,  dĂ©clare la cĂ´te absolument ouverte aux descentes espagnoles et barbaresques. Il marque les lieux Ă  fortifier : la tour de Bouc, qui pourrait protĂ©ger 25 galères et sert actuellement d'escale Ă  celles d'Espagne qui vont en Italie ; Marseille, «port admirable» oĂą 200 galères au moins pourraient mouiller et qui pourrait abriter 40 vaisseaux dans sa rade ; la Ciotat, qui, fortifiĂ©e, pourrait protĂ©ger 20 galères ; Toulon, dans le «goulfe» duquel plusieurs escadres seraient en sĂ»retĂ© ; enfin, les bonnes rades d'Ă®les comme Porquerolles, qui servent aux pirates et aux Espagnols. Il reprĂ©sente au roi l'importance stratĂ©gique de la cĂ´te provençale dont le dĂ©nuement seul rend le roi catholique seigneur absolu de toute l'Italie (H. MĂ©thivier, Richelieu et le Front de mer de Provence, Revue historique, Volume 185, 1939 - books.google.fr).

 

Pour Richelieu et la Marine, cf. quatrain V, 64 - Waldeck-Rousseau - 1901-1902.

 

"Taureau, Libra, quelle mortelle picque" : comète

 

Ceux qui blâmoient l'expĂ©dition d'Afrique, profitèrent de l'apparition d'une comète, pour insinuer au Roi que ce phĂ©nomène prĂ©sageoit quelque malheur au Portugal, & qu'il falloit changer de dessein. «Non, rĂ©pondit-il, non, je n'en changerai point : la comète ne paroĂ®t pas pour condamner mon entreprise, mais pour Ă©pouvanter ceux Ă  qui je vais faire la guerre.» Amurat III se flattoit de mĂŞme Ă  Constantinople, & disoit que la comète lui annonçoit la ruine des Princes ChrĂ©tiens (Guillaume Bertoux, Anecdotes espagnoles et portugaises depuis l'origine de la nation jusqu'Ă  nos jours, 1773 - books.google.fr).

 

Au Ier siècle de notre ère, on distinguait dĂ©jĂ  neuf espèces de comètes que nous dĂ©crit Pline l'Ancien dans son Histoire naturelle: « Les Grecs appellent "comètes", les Romains "Ă©toiles chevelues", celles qui sont hĂ©rissĂ©es d'une touffe de poils couleur de sang, se dressant Ă  leur sommet comme une chevelure. Les Grecs nomment "Pogonias" (barbues) celles qui traĂ®nent Ă  leur partie infĂ©rieure une crinière en forme de longue barbe. Les "Acontias", prĂ©sages d'Ă©vĂ©nements tout Ă  fait imminents, filent comme des javelots. Les comètes plus courtes et terminĂ©es en pointe ont reçu le nom de "Xiphias" : plus pâles que toutes les autres, elles ont le reflet de l'Ă©pĂ©e, sans aucun rayon; le "Disceus" (discoĂŻde) Ă©galement, qui rĂ©pond Ă  son nom, mais avec la couleur de l'ambre, ne projette que peu de rayons hors de son contour. Le "Pitheus" offre la forme d'un tonneau dont la concavitĂ© renferme une lueur fumeuse. Les "Ceratias" ont l'apparence d'une corne. Les "Lampadias" imitent les torches ardentes; les "Hippias", des crinières de chevaux animĂ©es d'un mouvement très rapide et tournoyant sur elles-mĂŞmes. On rencontre aussi des comètes "boucs", d'aspect poilu, enveloppĂ©es d'une sorte de nuage. Il est arrivĂ© une fois qu'une crinière s'est changĂ©e en lance» (Philippe VĂ©ron, Jean-Claude Ribes, Les comètes, de l'antiquitĂ© Ă  l'ère spatiale, 1979 - books.google.fr).

 

Le patricien Gênois Girolamo Franchi di Conestaggio écrit après son séjour au Portugal entre 1578 et 1582, que le neuvième jour de novembre 1577, il "apparut dans le zodiaque, au signe de la Balance, auprès du lieu où estoit pour lors l'estoile de Mars, la plus belle et plus grande de toutes les cornettes qui ont esté veuës dés long temps ençà" (Pierre Berthier, La bataille de l'Oued el-Makhâzen: dite bataille des Trois Rois (4 aout 1578), 1985 - books.google.fr).

 

LXXI. En ce temps, paraissait une étoile au ciel, de la longueur d'une lance, une heure devant le soleil couché, étant fort chevelue, et continua à paraître jusqu'à la mi-décembre suivante (1577) (Armand Desire de La-Fontenelle de Vaudore, Journal de Guillaume et de Michel Le Riche, avocats du roi a Saint-Maixent (1534 a 1586), 1846 - books.google.fr).

 

La comète de 1577 donne lieu dans toute l'Europe Ă  une littĂ©rature abondante. Les livres de raison synthĂ©tisent souvent cette production, indiquant en ceci qu'elle n'est pas seulement un phĂ©nomène d'images littĂ©raires, mais qu'elle plonge au plus profond de la sensibilitĂ© et du savoir. Ainsi Claude Haton, alors que une gresle «grosse comme oeufs de poule», le tonnerre espouvanter le peuple de Nogent-sur-Seine, «courant impĂ©tueusement par les rues en forme d'un taureau couronnĂ© et effarouchĂ©, qui hurloit et mugissoit d'un cry espouvantable...», une bĂŞte monstrueuse et inconnue dĂ©vorer les enfants en Brie, attarde son rĂ©cit sur le mois de novembre, quand « s'apparoissoit une cornette non usitĂ©e d'estre vue ». A la description et au dessin, il ajoute une interprĂ©tation du signe, annonciateur de «mutation de royaumes et d'Estat», Ă©pousant dans son système de pensĂ©e les idĂ©es «des anciens et vieilz gens, qui jĂ  par expĂ©rience avoient veu le mal advenir par tels signes en leur temps». La rĂ©pĂ©tition est donc le fondement de la connaissance de l'immĂ©diat. La rĂ©fĂ©rence Ă  «l'expĂ©rience» n'est pas sans figurer un autre truchement de la saisie du signe que la littĂ©rature prodigieuse ; mais celle-ci est aussi rappelĂ©e dans les lignes consacrĂ©es Ă  la comète. C. Haton cite certaines de ses sources, tels François Guintini, Lefèvre d'Etaples, le Fascicula tempora (?) ; son allusion Ă  la grande clartĂ© du 15 janvier 1572, qui rĂ©vĂ©la le combat acharnĂ© de 2 troupes de combattants - «en l'annĂ©e mesme, au mois d'aoust, advint la sĂ©dition et massacre de Paris faict le jour de la St Bartholomy» - renvoie Ă  une topique des pronostications pour 1572. Psychologie donc de l'attente de la rupture dans cette conscience de la rĂ©pĂ©tition. La comète, «crineuse», «chevelue», suscite, dans le livre mĂ©morial d'Eustache PiĂ©mont, l'Ă©noncĂ© d'une dĂ©chirure, d'un point d'origine du drame du vĂ©cu, comète «depuis laquelle tant de revoltements de peuple et de meurtres nous sont advenus». Temps crucial rĂ©troactivement, apprĂ©hension qui adhère aux exposĂ©s et aux conclusions littĂ©raires, et qui trahit une Ă©troite symbiose entre la culture matricielle des « canards Â» et la relation individuelle Ă  la nature et au devenir. Selon Guillaume Paradin, en effet, les signes du ciel, les comètes, traduisent dans le monde sensible l'immense pitiĂ© de Dieu - «nostre bon Dieu clĂ©ment et pitoyable, ne veuillant la mort des pĂŞcheurs mais la conversion» (D. Crouzet, La reprĂ©sentation du temps Ă  lĂ©poque de la Ligue, Revue historique, Volume 270, 1983 - books.google.fr).

 

La comète apparut en Belgique en novembre entre les constellations du Taureau et des gémeaux (Joaquín Iriarte, La canción del cometa de 1577, 1996 - books.google.fr).

 

La grande comète de 1577, connue sous le nom technique C/1577 V1, est passĂ©e près de la Terre pendant l'annĂ©e 1577. La comète a Ă©tĂ© vue par des gens Ă  travers toute l'Europe, y compris par le cĂ©lèbre astronome danois Tycho Brahe du 13 novembre 1577 au 26 janvier 1578. De ses observations, Brahe a pu dĂ©couvrir que les comètes et objets similaires voyageaient au-dessus de l'atmosphère terrestre. En se basant sur les croquis trouvĂ©s sur des brouillons de Brahe, il est possible que la comète soit passĂ©e près de la planète VĂ©nus. Ces croquis prĂ©sentent la Terre au centre, avec le Soleil tournant autour d'elle, et les autres planètes connues tournant autour du Soleil. C'Ă©tait l'hypothèse personnelle de Brahe, basĂ©e sur l'agencement du système solaire, qui aujourd'hui a changĂ© suivant la thĂ©orie de l'hĂ©liocentrisme. MalgrĂ© cette mauvaise vision du système solaire, les milliers de mesures très prĂ©cises prises par Brahe ont permis Ă  Johannes Kepler de thĂ©oriser les lois des mouvements des planètes connues sous le nom de Lois de Kepler. MalgrĂ© toutes les mesures que Brahe avait prises, il ne put calculer exactement la distance entre la comète et l'atmosphère de la Terre. La dĂ©couverte de Brahe que les comètes Ă©taient des objets extra-terrestres mĂŞme si elle fut communĂ©ment admise posa quelques questionnements : quelle est la nature de ces objets, d'oĂą viennent-ils, avaient-ils un chemin qu'ils suivaient ? Ces questions, parmi tant d'autres, furent fortement dĂ©battues pendant le XVIIe siècle, et beaucoup de thĂ©ories circulèrent parmi la communautĂ© des astronomes. GalilĂ©e affirma que les comètes Ă©taient des phĂ©nomènes optiques, ce faisant, leurs parallaxes Ă©taient impossibles Ă  mesurer. Cette hypothèse n'Ă©tait pas largement acceptĂ©e. Le passage de la comète en 1577 permit aux thĂ©ories sur les comètes, leur nature et place dans le ciel d'ĂŞtre drastiquement réévaluĂ©es et de mettre en place les bases de l'observation spatiale des comètes. Parmi les dĂ©couvertes que Brahe fit, il remarqua que les queues des comètes Ă©taient dirigĂ©es Ă  l'opposĂ© du Soleil (fr.wikipedia.org - C/1577 V1).

 

"mortelle picque"

 

Un certain François Junctin saisit cette occasion pour publier chez un imprimeur lyonnais une brochure in-8o de seize pages, ou Discours de ce que menace devoir advenir la comète aperçue le 12 de ce prĂ©sent mois de novembre 1577 laquelle se voit aujourd'hui encore Ă  Lyon et autres lieux : ce fut un avertissement et avant-coureur pour nous prĂ©dire les malheurs qui sont ci-après advenus par rĂ©volte de peuples, par guerres, pestes, famines et autres  flĂ©aux par lesquels Dieu a visitĂ© et châtiĂ© le peuple (Emmanuel Le Roy Ladurie, Le Carnaval de Romans: De la Chandeleur au mercredi des Cendres (1579-1580), 1979 - books.google.fr).

 

Martigues

 

Henri III avait nommĂ© gouverneur de Bretagne Philippe-Emmanuel de Vaudemont, duc de MercĹ“ur, frère de la reine. S'imaginant, Ă  la mort du monarque, que le royaume allait se dĂ©membrer, MercĹ“ur conçut le projet de se rendre souverain dans son gouvernement, Ă  l'aide des prĂ©tentions de Marie de Luxembourg-Martigues, sa femme, hĂ©ritière de la maison de Penthièvre. Marie de Luxembourg-Martigues Ă©tait fille de SĂ©bastien de Luxembourg-Martigues, comte, puis duc de Penthièvre, du chef de sa mere Charlotte de Brosse, seur et hĂ©ritière de Jean de Brosse, dit de Bretagne, et arrière-petite fille de François de Luxembourg, premier vicomte de Martigues de cette maison, second fils de Thibaut de Luxembourg, sieur de Fiennes, frère puĂ®nĂ© du fameux connĂ©table de Saint-Pol. Philippe-Emmanuel trouva beaucoup de gentilshommes disposĂ©s Ă  le seconder, dans l'espĂ©rance d'avoir un prince particulier. Cependant, comme il ne se sentait pas assez fort contre les troupes qu’Henri IV lui opposait, il appela les Espagnols Ă  son secours : Henri eut recours aux Anglais. Les deux nations sollicitĂ©es envoyèrent des troupes en nombre Ă  peu près Ă©gal, qui perpĂ©tuèrent la guerre dans cette province (M. Anquetil, Histoire de France, depuis les Gaulois jusqu'Ă  la mort de Louis XVI, Tome 7 : 1574-1602, 1821 - books.google.fr).

 

Cf. quatrain IX, 87 - Philippe Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur - 2167-2168.

 

En août 1608, les habitants du sud la France, de Marseille à Gênes, des prodiges célestes sont relatés dans une chronique d'époque intitulée "Discours des terribles et espouvantables signes apparus sur la mer Gennes". Dans le ciel de Martigues ont lieu des combats aériens laissant une odeur de salpêtre (www.ldi5.com).

 

En 1591, sous le règne d'Henri IV, la galère du nonce apostolique aborde à la Tour de Bouc en route vers l'Espagne. Cette même année en avril on voit à Marseille une comète passant dans le ciel du Ponant au Levant (César de Nostredame, L'Histoire et chronique de Provence de Caesar de Nostradamus, 1614 - books.google.fr).

 

L'Ă©tang de Berre, au sud duquel Martigues se trouve, Ă©tait appelĂ© Sinus Astromela (aster : Ă©toile en latin) ou Mastromela. Le massif de l'Etoile se trouve au nord de Marseille et Ă  l'est de Martigues.

 

Le fief de Martigues avait appartenu à la Maison des Baux dont le blason porte une étoile à 16 rais repris par les Luxembourg-Brienne. Cette étoile est supposément celle des rois mages (Oeuvres d'Henri-François d'Aguesseau, 1772 - books.google.fr).

 

"Au hasard Balthazar !" est la devise hardie des Seigneurs de Baux qui prĂ©tendent descendre du roi mage Balthazar (www.horizon-provence.com).

 

Dans un «ramas de divers escrits, tant en prose qu'en poésie, publiez et semez pour et contre la journée de la Saint-Barthélémy», Pierre de l'Estoille signale des «Vers latins Sur l'estoile nouvelle, qui se voyoit sur Paris et partout, au mois de novembre», et précise que «Beze et autres poètes huguenots comparaient cette étoille à celle qui apparut aux Mages, et le Roy Charles à Hérode» (E. Poulle, L'astronomie de Guillaume Postel, Guillaume Postel, 1581-1981: actes du Colloque international d'Avranches, 5-9 septembre 1981, 1985 - books.google.fr).

 

Tycho, en refusant l'analogie de nature proposée par certains auteurs entre l'astre de 1572 et l'étoile des mages, excluait implicitement qu'elle pût annoncer la seconde venue du Christ sur Terre (

Francis Courtès, Le discours scientifique du baroque, 1987 - books.google.fr).

 

Un événement de 1579 concernant La Tour de Bouc

 

Carherine de MĂ©dicis, en sĂ©jour Ă  Marseille, Ă©crit Ă  son fils le roi de France Henri III une lettre en juin 1579 :

 

Je ne veulx aussy oublier à vous dire qu'il adveint depuis trois jours que vingt-quatre ou vingt-cinq gallères retournans en Espaigne, y menans le cardinal Grandvelle et commandées par Marcel Doria1, passans avant hier icy auprès en voz costes, arrivèrent à ung petit fort appelé la Cerdat, où ils entrèrent sans saluer vos bendières, comme c'estoit leur devoir et la coustume de la mer; et non contens d'avoir faict cette faute ou mespris, adveint que quelques gentilzhommes espaignolz et aultres de ladicte nation, estans sur les gallères, meirent pied à terre au lieu de la Cerdat, et y estans se voullurent jouer avec les femmes et filles, aucuns d'eux mettans la main sur leur sain, ce qui fut cause que les habitans, qui desjà estoient fachés du mespris faict de saluer vos bandières et trouvans aussy mauvais les privautés et façon de faire dont usoient lesdicts Espaignolz avec leurs femmes et filles, s'émeurent incontinant et commencèrent à jetter pierres et à courir sus à iceulx Espaignolz; et sur cela Marcel Doria, qui commande ausdites gallères, voulant secourir ceulx qui estoient descenduz de ses gallères, mit aussy pied à terre et quelques ungs des siens, mais luy et les aultres feurent contraincts à se retirer dilligemment, eulx et leurs gallères, qui se meirent pour la nuict au pellaige attendant le vend; il y a esté tué dix ou douze desdits Espagnols, et, pour ce que je pense bien que la plainte en viendra incontinent au roy d'Espaigne, j'en ay aussytost adverty St Gouard, vostre ambassadeur, par courier exprès, et luy ay amplement représenté le faict ainsy qu'il est passé, et comme à l'instant j'ay envoyé sur les lieux informer dudict faict, et que, s'il y a de la faulte de ceulx dudit Cerdat, je les en feray bien pugnir et chastier. Lesdictes gallères, à cause du temps qui leur feut contraire, ne peurent aller couscher qu'à la tour du Bouc, dépendant de Martigues qui est aussy bien près d'icy, où le capitaine Rouguier, qui a charge soubs mon cousin le duc de Mercure, pourra offrir au cardinal Grandvelle raffraichissemens et aultres commodités dont il pourroit avoir besoin. L'on dict que ledit cardinal Grandvelle est mandé par le roy d'Espaigne pour le laisser audit païs, d'aultant que icelluy s roy veult aller luy-mesmes en Portugal avec une forte armée, pour laquelle il y a environ mils Espaignols des vieilles garnisons qui sont sur les gallères, et que bien tost après luy doibt venir un bon nombre d'Italliens et ung régiment de quatre mil lansquenets. Voylà, onsieur mon fils, ce que l'on m'a dict qu'asseura le secrétaire dudict cardinal Grandvelle qui veint par mer, sans estre congneu, en ceste ville, où il disna; et, à ce que j'entends, il s'enquit fort de l'estat de ceste province, et fut bien esbahy, saichant que les armes y estoient pozées de part et d'aultre, et les villes et chasteaux rendus. Il s'enquit aussy fort de ce que faisoit. (?) vous aiant bien voullu donner advis de ce que dessus, et vous dire que quand je vous escripvis dernièrement que les gallères et le cardinal de Grandvelle estoient passés, elles feurent contrainctes relascher à (?), à cause du vent qui leur estoit contraire.

 

Il nous a Ă©tĂ© impossible de savoir quel Ă©tait ce Doria. Et quant Ă  l'Ă©pisode du cardinal de Granvelle, racontĂ© si au long par Catherine de MĂ©dicis, il a Ă©chappĂ© aux historiens. Ce lieu de la Cerdat ne se retrouve pas; mais la copie du ms. fr. 3319 est souvent fautive. L'Ă®le de la Tour de Bouc est situĂ©e dans la MĂ©diterranĂ©e; le port de Bouc est une sorte de chenal qui conduit Ă  l'Ă©tang de Berre et offre un refuge aux navires battus par le vent du Midi. La commune de Port-de-Bouc fait partie aujourd'hui du canton de Martigues. (Hector de La Ferrière-Percy, Lettres de Catherine de MĂ©dicis, Tome 7 : 1579 - 1581, 1899 - books.google.fr).

 

Un rapport sur les forts de Cassis et de La Ciotat est fait à la cour des comptes d'Aix-en-Provence en 1582 (Fabrice Micallef, Le bâtard royal,Henri d'Angoulême dans l'ombre des Valois (1551-1586), 2018 - books.google.fr).

 

Henri II, par ses lettres donnĂ©es Ă  Saint-Germain-en-Laye, le 3 septembre 1550, prit certaines dispositions pour la garde de la Tour du Balouard qui avait Ă©tĂ© construite, Ă  cet effet, au bord de «l'entrĂ©e de mer» du RhĂ´ne de Passon, «pour rĂ©primer les courses et pilleries pilleries que anciennement nos ennemis et malveillans faisoient par leurs pirates et coursaires». Le grau d'Enfer ou de Passon fut jalonnĂ© par des signaux dont la garde fut confiĂ©e au capitaine Pierre Brouard, et dĂ©fendu par un «bastion de terre», dont le roi ordonna la constrution en 1572. Voici en quels termes s'exprime un des informateurs, alarmĂ© du pĂ©ril que ces incursions font courir Ă  la navigation de la cĂ´te provençale : «[Il faut] jalonner, dit-il, le passage qui aura estĂ© recogneu estre, ce que faisant il ne se perdroit aulcung vaisseau comme faict de prĂ©sent ; et la quelle tour et garde serviroit contre les coursaires et escumeurs de mer et autres ennemys, qui secrètement habordent de nuict dedans la Calle ou Port d'Enfer, pour attrapper les subjectz du Roy, tant pescheurs que voituriers, allant et venant d'Arles au dict Marseille; serviroit aussi la tour et garde d'autant que les galliotes des Turcz, venant de Barbarie, font leur premyere demeure aux isles d'Yères et des dictes Yères s'en viennent droict habourder de nuict et se cachent, Ă  la dicte Calle d'Enfer, comme scaichant et bien infourmĂ©s lĂ  estre le passage de traffique de Provence et Languedoc, lesquels Turcz estant descouvertz par la dicte garde , par signes de feu le lieu prochain des Maries en seroit adverty et feroit les descouvertes et advertissemnts par toute la coste de Languedoc et aussi en seroit advertye la tour et forteresse de Bouc; donc ceste ville de Marseille en seroit advertye et par consĂ©quent toute la cote de ceste province, que reviendroit au grand prouffict des subjects de S. Mte.» De ces tours de dĂ©fense, il ne reste plus guère que le souvenir. Elles ont du moins, pour nous, l'inestimable mĂ©rite de servir de jalons dans l'Ă©tude historique d'une rĂ©gion qui a considĂ©rablement changĂ©, depuis l'Ă©poque oĂą les Barbaresques parcouraient les eaux des «RhĂ´nes morts», Ă  la recherche des «lahuts» de Provence.

 

La Tour du Balouard avait Ă©tĂ© construite vers 1470 et fut abandonnĂ©e en 1587 : elle dĂ©fendait le confluent du RhĂ´ne de Passon avec le grand RhĂ´ne (Revue tunisienne, NumĂ©ros 9-12, 1932 - books.google.fr).

 

La Cerdat : La Ciotat ?

 

La Ciotat : Citharista portus Ă©tait la marine d'un important oppidum ligure, lequel est devenu Parrochia Cytharista au Moyen-Age, et l'actuel Ceyreste (Bollettino della R. Deputazione di storia patria per la Liguria, Sezione ingauna e intemelia, Volumes 23-24, 1957 - books.google.fr).

 

Les coordonnées erronées de Ptolémée de la ville antique Tauroentum la placent au large de La Ciotat.

 

Les habitants de La Ciotat appellent l'Ile-Verte au Sud de leur ville, qui réellement se nomme l'île du Torrent. Il y avait deux îles désignées sous le nom de Torenti, Thorent, etc. La république de Marseille avait sur l'île de Bouc un fort appelé lou Casteou-Marsillés et que l'ile elle-même avait perdu son ancien nom de Metapina pour prendre celui de Corrento par transmutation si simple et si naturelle du t en c (Thorent dans un mémoire du XVIe siècle), dû peut-être, à ce que pense le rédacteur, au courant qui se forme à l'entrée de Bouc. Plusieurs lieux sur la côte de Provence, ont porté le nom de Tauroïs, Tauroentum, Tauroenta, Taurention, Tauroention, Tauroeïs. Ces variantes d'un même nom primitif indiqueraient au besoin les applications et usages divers qu'on dut en faire. Nous pensons que ces lieux étaient fortifiés et qu'on les nommait ainsi à cause du Taureau cornupète qu'on trouve sur plusieurs médailles de Marseille (E.M. Masse, Le canton de La Ciotat, Répertoire des travaux de la Société de Statistique de Marseille, Volume 5, 1841 - books.google.fr).

 

L'église de cette localité est dédiée à Marie depuis des siècles. La Ciotat dépendait de Saint-Victor. Son église de Sainte-Marie serait citée dans une bulle d'Innocent II, qui en confirme la possession à ce monastère, le 18 juin 1135, si nous en croyons les annotateurs du cartulaire de Saint-Victor. Peut-être cette église, désignée sous le nom de Sancta Maria de Cydarista, n'est-elle autre chose que celle de Ceyreste (Henri Jaubert, Notice sur les anciennes madones du diocèse de Marseille, 1890 - books.google.fr).

 

Taurus, Libra et les environs de Marseille

 

Philippe Marnix de Sainte Aldegonde introduit un argument nouveau très intĂ©ressant Ă  propos des saints guĂ©risseurs : «Mais attendez un petit, nous n'en sommes encore au bout : car chacun d'eux a encor son membre en particulier a gouverner au corps humain, ainsi que les Astrologiens attribuent aux douze signes celestes du zodiac; car S. Otilie gouverne la teste, en lieu du premier signe qui est Aries, combien qu'elle en recommande la langue Ă  S. Catharine, laquelle pour ce regard a un gouvernement de grande estenduĂ«, principalement entre les bonnes commeres; et desia nous avons veu que S. Appollonie a prins les dents Ă  sa charge; puis apres S. Blaise est ordonnĂ© par dessus le col en lieu du signe de Taurus, sainct Laurens a en sa charge le dos, l'eschine et les espaules en lieu de Gemini, Cancer, Leo, S. Erasme regne sur tout le ventre, avec les entrailles en lieu de Libra et de Scorpius : combien que S. Apolinaire se mesle aussi du gouvernement de Scorpius; car il preside aux parties honteuses, comme jadis faisoit Priapus : et puis en lieu des quatre signes restans, Ă  sçavoir Sagittarius, Capricornus, Aquarius et Pisces, saincte Eglise Romaine y a substituĂ© S. Burchard, S. Roch, S. Quirin et S. Iean, et je ne sçay quels autres qui gouvernent les cuisses, les genouls, les jambes, et les pieds.»

 

Si la dĂ©monstration de Marnix est peu rigoureuse, un saint correspond Ă  plusieurs signes du zodiaque on peut surtout se demander pourquoi l'auteur ne franchit pas l'Ă©tape suivante : s'interroger sur les relations des dates des fĂŞtes des saints et de la pĂ©riode de leur signe astrologique. On voit qu'une telle question est directement issue de ces lignes. Si, depuis l'AntiquitĂ©, la doctrine de la mĂ©lothĂ©sie affirme, en accord avec l'image popularisĂ©e par l'homme zodiacal, que chaque signe gouverne une partie du corps humain, les saints qui rĂ©gissent cette mĂŞme partie, ne vont-ils pas ĂŞtre fĂŞtĂ©s surtout dans la pĂ©riode oĂą le signe exerce son influence, faste ou nĂ©faste ? (Claude Gaignebet, A plus hault sens, l'Ă©sotĂ©risme spirituel et charnel de Rabelais, Tome 1, 1986 - books.google.fr, Philips Van Marnix van Sint-Aldegonde, Tableau des diffĂ©rends de la religion, Tome 3, 1857 - books.google.fr).

 

Evêque de Formies, près de Gaète, Erasme fut martyrisé dans d'affreux tourments, en 303, sous Dioclétien, par des Lombards ariens. Sa fête est le 2 juin. Son corps fut transporté à Gaète en 842. Certains prétendent que saint Erasme est honoré comme patron des marins parce que, dans son martyre, le treuil sur lequel furent entourés ses intestins rappelait le cabestan des navires; mais cette relation avec la marine est bien éloignée. Les marins italiens appelaient saint Erasme, Elmo ou Ermo, et l'invoquaient communément dans les tempêtes. Par la suite, sous le nom de saint Elme, Erasme fut le protecteur de tous les marins qui naviguaient en Méditerranée.

 

Dans les idĂ©es des chrĂ©tiens du Moyen-Age, saint Erasme ou Elme Ă©tait le troisième des quinze grands protecteurs de l'Occident, qui sont : S. S Georges, Blaise, Elme, PantalĂ©on, Vit, Christophe, Denis, Cyriaque, Acace, Eustache, Gilles, Magne, Marguerite, Catherine, Barbe. Le château Saint Elme Ă  Naples est nommĂ© Château d'Erasme dans de vieux documents. Saint Elme fut honorĂ© Ă  La Ciotat. «Un barquihoun au grand Sant Eume». (F. Mistral Calendal) (Bulletin de l'AcadĂ©mie du Var, Volumes 112-113, 1940 - books.google.fr).

 

"Erasmus" : «amabile», «desiderato» (Claudio Leonardi, Il grande libro dei santi, dizionario enciclopedico, Tome 1, 1998 - books.google.fr).

 

Le patron de l'église de Ceyreste est saint Blaise. L'archevêque d'Arles était seigneur temporel et spirituel de Saint-Mitre et de Château-Veiré où se trouve la chapelle antique de Saint Blaise. A Arles même une église en son nom remontant au VIe siècle se trouve dans l'enclos de Saint Césaire (Claire Tiévant, Almanach de la mémoire et des coutumes, Provence, 1984 - books.google.fr, www.patrimoine.ville-arles.fr).

 

L'Eglise orthodoxe solemnise Saint-Blaise le 11 fĂ©vrier. En Occident, la fĂŞte de saint Blaise parut plus tard : on la trouve indiquĂ©e au 3 fĂ©vrier en bon nombre de martyrologes, notamment dans les exemplaires d'Usuard. Dans d'anciens martyrologes romains elle est au 15 fĂ©vrier : il y eut Ă  ce sujet des variations (Quentin, Les martyrol. histor. du Moyen Age, p. 495, note). Le martyrologe romain s'en tient au 3 fĂ©vrier. On retrouve encore le nom de Blaise Ă  d'autres dates : ainsi au 8 mai, en raison d'une translation de ses reliques; au 12 et au 29 mai (mais peut-ĂŞtre est-ce un autre saint du nom de Blaise); au 12 juin, invention du chef Ă  Orbitello (Vies des saints et des bienheureux selon l'ordre du calendrier, avec l'historique des fĂŞtes, Tome 2, 1936 - books.google.fr).

 

Pour le 8 mai et Blaise, dans le Taureau (avril - mai), il semble que cela se rapporte à Materea, province de Potenza, dans la région Basilicate, sur la côte tyrrhénienne entre Campanie et Calabre. Le Formia d'Erasme est en Campanie sur la côte de la même mer (Remo Carulli, Matera e Basilicata, 2022 - books.google.fr, www.maratea.info, it.wikipedia.org - Festa della traslazione delle reliquie di San Biagio).

 

Lorsque la ville de Formies, où Érasme avait été martyrisé selon la légende, fut prise et détruite par les Sarrasins en 846, les reliques du saint furent transférées à Gaète, dont il devint le patron (Bulletin de l'Institut historique belge de Rome, Volumes 53-56, 1984 - books.google.fr).

 

Quando nel corso del nono secolo, la supremazia, che i Romani Pontefici esercitavano sul distretto Minturnese, persuase loro, per circostanze richieste da quei tempi d'incursioni, di cingere di mura, munire di torrioni, e migliorare la condizione di Traetto allora esistente, pensarono di ripristinarvi la sede vescovile, essendo stata di già quella di Formia trasportata in Gaeta. Imperciocchè quantunque l' ultimo, e totale eccidio di Formia fosse avvenuto nel mese di settembre dell'anno 846, sotto il pontificato di Sergio II, siccome il Baronio, e Leone Ostiense descrivono, pure fin dall' anno 787, e 788 i vescovi Formiani avevano trasferita la sede vescovile in Gaeta, a ciò indotti dallo continue scorrerie dei popoli barbari, che vennero ad infestare queste belle contrade (Gaetano Ciuffi, Memorie storiche ed archeologiche della città di Traetto, 1854 - books.google.fr).

 

S. Erasmo di Formia, giĂ  vescovato, abolito fin dall'anno 846, epoca della distruzione di quella cittĂ , essendo vescovo Costantino, che fu il primo della Sede di Gaeta (Onorato Gaetani di Castelmola, Memorie storiche della cittĂ  di Gaeta, 1885 - books.google.fr).

 

Constantin, évêque de Formia et du château de Gaeta, cédait le Casal Cacciaria à Mauro et Leo. Ce dernier document, signé après l’évêque par Giovanni Ypato de Gaeta, les frères Vani, le comte Palumbo et d’autres, date du 23 septembre (Indiction III), soit l’année 846 (Alessandro Di Meo, Apparato cronologico agli Annali del Regno di Napoli della mezzana eta del padre d. Alessandro Di Meo, 1785 - books.google.fr).

 

La translation d'Erasme à Gaète en septembre 846 la placerait en Balance si c'est après le 22.

 

Blaise et Erasme sont parmi les 14 saints auxiliateurs (nonagones.info - La Croix d’Huriel et Rennes le Château - Blaise et Ursule : division de l’annĂ©e en 14, nonagones.info - La Chouette d’Or - Pierrette ou l’errance en France - Les roses : Beaux Inconnus et Jolie Mort).

 

Sur un retable du XVe siècle d'origine allemande au musée de Chalon sur Saône, le martyre de Blaise est raconté en plusieurs compartiments. Sur certains on peut voir le gouverneur faisant venir Blaise devant l'idole, et l'adjurer d'adorer Vénus. Le saint refuse; il est battu par les soldats. [...] Saint Blaise précipite la statue païenne dans un étang. Le gouverneur fait jeter le saint dans cet étang. Des soldats se précipitent eux-mêmes dans l'eau, pour en retirer l'idole; ils sont noyés. Saint Blaise sort miraculeusement de l'étang (Inventaire général des richesses d'art de la France, Province, Monuments civils, Tome I, 1878 - books.google.fr).

 

"Taurus & libra" : VĂ©nus

 

Veneris domus sunt Taurus et Libra, ex quibus Libra masculinum signum est, femininum vero Taurus (Iulii Firmici Materni Matheseos libri VIII, Tome 1, 1894 - books.google.fr).

 

"domus veneris" (expression de la Sedacina, oeuvre de Guillaume Sedacer mort en 1382) : mĂ©taphore construite Ă  partir de domus et de venus, l'appellation planĂ©taire du cuivre, et qui dĂ©signe un creuset de cuivre (Pascale BarthĂ©lemy, La sedacina, ou L'oeuvre au crible: Études et outils, 2002 - books.google.fr).

 

Bistournage

 

Chaque année a lieu ce rituel, indispensable, pour maîtriser la reproduction en vue d’obtenir les meilleurs cocardiers possibles. Le bistournage ou castration permet également d’éviter les combats entre taureaux et donc de nombreuses blessures pouvant entraîner la mort de l’un d’entre eux. Les taureaux entiers sont aussi plus agressifs envers les gardians et les cavaliers. Outre la stérilisation, le bistournage modifie profondément le physique et le comportement du taureau. Toutefois la combativité en piste est conservée mais il est moins fantasque et plus difficile à berner. Bistourner vient du provençal «bistouna» ce qui veut dire tourner deux fois. C’est ainsi que l’on procédait alors avec le scrotum du taureau. Une corde était mise en place pour maintenir les testicules dans cette position contrainte, puis retirer au bout d’une semaine. Aujourd’hui si l’on a conservé ce vocable on procède tout autrement. C’est l’utilisation d’une pince dite «Burdizzo» qui s’est généralisée. Celle-ci permet d’écraser le cordon testiculaire. L’intervention et rapide et ne dépasse pas le quart d’heure (Jean-Pierre Trouillas, Un bistournage aux Iscles le 3 décembre 2016, 2016 - vauvert-plus.com).

 

Tous les aspects du travail de l'Ă©leveur prĂ©figureront les jeux pour le gardian, attireront la curiositĂ© des Ă©trangers, la ferveur du peuple camarguais. Ainsi naĂ®tra la caractĂ©ristique culturelle pour le reste du pays. Faut-il sĂ©parer un animal d'avec ses congĂ©nères ? C'est le triage. Faut-il marquer la bĂŞte de façon Ă  reconnaĂ®tre sa provenance, son appartenance ? C'est la «ferrade», ou marquage des animaux au fer rouge. La castration ou «bistournage» devient aussi un travail - jeu - spectacle, donnant lieu Ă  une fĂŞte oĂą tout le savoir-faire du gardian et celui de son bayle sont vivement applaudis, apprĂ©ciĂ©s, commentĂ©s. DĂ©jĂ , en 1550, de Quiqueran-Beaujeu mentionne une ferrade, alors qu'en 1564, Charles X et la reine mère furent spectateurs, Ă  Arles, d'un combat entre un lion et une gĂ©nisse de Camargue. En 1622 en cette mĂŞme ville, un autre spectacle taurin fut prĂ©sentĂ© Ă  Louis XIII, donnant «un extrĂŞme contentement au Roi et Ă  toute la cour». Le propre de ces reprĂ©sentations Ă©tait de voir les taureaux donner des coups de corne aux hommes courageux, imprudents, pour gagner le prix au risque de leur vie (ClĂ©ment Martin, L'Ă®le de Camargue, histoire d'un pays singulier, 1989 - books.google.fr).

 

La castration ou bistournage des bouvillons destinĂ©s au travail n'allait pas sans dangers et Ă  laquelle le public prĂŞtait volontiers main-forte; le dressage des bĹ“ufs sauvages destinĂ©s Ă  tirer la charrue, opĂ©ration difficile, le premier attelage surtout exigeant l'emploi des tridents et l'aide d'un bĹ“uf dĂ©jĂ  dressĂ©, d'un dountaire (dompteur). Quant aux autres fĂŞtes et courses, elles faisaient et font encore par endroits partie des rĂ©jouissances des fĂŞtes patronales, dont je parlerai dans un autre volume. Comme Ă  la fin des fenaisons, moissons, battages et vendanges, les propriĂ©taires Ă©taient tenus d'offrir un repas festif aux gardians, aux opĂ©rateurs et Ă  leurs aides; mais j'ignore si on lui donnait un nom spĂ©cial. A ces opĂ©rations pastorales, sauf Ă  la ferrade, qui Ă©tait considĂ©rĂ©e comme trop dangereuse, participaient deux ou trois musiciens : hautbois, fifre et tambour. L'interdiction de travailler les dimanches et les jours des grandes fĂŞtes chrĂ©tiennes valait dans toute la France, autrefois, et subsiste par endroits non pas seulement pour les hommes, mais aussi pour les bĂŞtes de trait, surtout les bĹ“ufs et les vaches, moins pour les chevaux, ânes et mulets. Mais tous ont droit au repos le jour de leur saint protecteur spĂ©cial, ainsi les chevaux, etc., Ă  la Saint-Éloi, les bĹ“ufs Ă  la Saint-Blaise. Sont ou plutĂ´t Ă©taient chĂ´mĂ©s aussi pour les bĂŞtes domestiques le jour d'une cĂ©rĂ©monie familiale (baptĂŞme, etc.) et celui de la fĂŞte patronale. Ces interdictions ont Ă©tĂ© relevĂ©es par de nombreux auteurs et ne prĂ©sentent pas d'autre intĂ©rĂŞt pour la thĂ©orie gĂ©nĂ©rale de la magie-religion que de prouver par la tangente le caractère plus ou moins (Arnold van Genne, Manuel de folklore français contemporain, Partie 2 : Du berceau a la tombe (fin) : mariage, funĂ©railles. 1946, 1951 - books.google.fr).

 

"long temps" : sept ans

 

Au XIe siècle, un chevalier Landry, familier du comte d'Anjou, Geoffroy le Barbu, construit au sud de la Loire un château qu'on appelle la Tour Landry; ses descendants seront désormais dénommés «De La Tour Landry». Rien ne les distingue des autres seigneurs angevins. Ils fondent ou enrichissent des prieurés; ils prennent part aux expéditions de leur temps, vont à la croisade, partent avec leur suzerain à la conquête du royaume de Naples, mais surtout arrondissent petit à petit leur patrimoine. Soudain, tout change, lorsque, à la fin du XIIIe siècle, Geoffroy III de la Tour-Landry épouse, à son retour de Naples, la fille d'un grand seigneur voisin, Olive de Belleville. Les goûts littéraires et artistiques des Belleville sont bien connus. Olive les introduit dans sa nouvelle famille. Rivalisant avec sa belle-sœur, Létice de Parthenay, que chante le poète d'expression provençale Pierre Milhon, la dame de la Tour-Landry, dans son douaire de la Gallouère, près de Chantoceaux, s'entoure de chansonniers et de ménestrels et achève sa vie dans la pratique des œuvres pies et le culte des lettres. C'est du moins sous ce jour que nous la présente son petit-fils, Geoffroy, qui lui a consacré quelques belles pages de son Livre pour l 'enseignement des filles (P. Boisard, La vie intellectuelle de la noblesse angevine à la fin du XIVe siècle d'après le chevalier de La Tour Landry, La Littérature angevine médiévale, 1981 - books.google.fr).

 

On ignore le lieu de naissance de Peire Milon (neuf poésies lyriques consacrées l'amour). Ce qu'il y a d'intéressant chez lui, c'est la langue, qui s'éloigne sensiblement de la langue littéraire des troubadours, et qui rappelle les dialectes du Nord de l'Italie ou ceux des Alpes (Joseph Anglade, Histoire sommaire de la littérature méridionale au moyen âge, 1921 - books.google.fr).

 

Uranus, en grec, correspond à Cælus (ciel) des latins, au Varouna Védique. Il représente le ciel étoilé, par opposition au sombre tartare. Hésiode nous dit qu'il était fils et époux de Géa: la Terre; de sorte qu'Uranus n'a pas de père. De son union avec la Terre naquirent 12 Titans. Uranus détestait ses redoutables enfants; aussi, à mesure qu'ils naissaient il les replongeait dans le sein de la Terre (sa femme) qui, exaspérée de tous ces infanticides, appela ses enfants à la révolte; elle arma Saturne ou Crono, qui tendit un piège à son papa. Au moment où il allait se jeter dans les bras de sa femme, Crono le mutila: des gouttes de sang naquirent les Géants et les Nymphes: du sperme, tombé à la mer, naquit Vénus (Étienne Guyard, Histoire du monde, son évolution et sa civilisation, Tome 1, 1894 - books.google.fr).

 

C'est l'élément liquide, Póntos, Flot, aussi fluide et mouvant que la Terre est stable et fixe, qui a transporté vers le large, en un long temps (poulùn chrónon), le sexe d'Ouranos; de l'écume du sperme (aphrós) s'est alors formée la rusée déesse qui préside aux unions et que partout accompagnent Amour et Désir, Aphrodite, dont les armes ne sont ni la force de la vengeance ni la brutalité guerrière, mais le charme des sourires, les piperies du babil féminin, l'attrait dangereux du plaisir, toutes les tromperies (exapátas) de la séduction (Marcel Detienne, Jean-Pierre Vernant, Les ruses de l'intelligence, La mètis des Grecs, 1974 - books.google.fr).

 

Aphrodite s'en vint à Cythère pour finalement aborder à Chypre «où ses pieds légers faisaient croître le gazon». La généalogie hésiodique fait ainsi d'Aphrodite une déesse sans mère, la fille d'Ouranos (V. Pirenne, Aphrodite à Athènes, Phoenicia and the East Mediterranean in the First Millennium B.C., 1987 - books.google.fr).

 

Vers 1371-1372, Le Chevalier de la Tour Landry rĂ©dige deux traitĂ©s de pĂ©dagogie : le premier, pour ses fils (hĂ©las perdu) et le second pour ses filles. Lorsqu'il aborde le sujet dĂ©licat que reprĂ©sentent les gestes du dĂ©sir, il introduit dans son discours didactique un dialogue qu'il aurait eu avec son Ă©pouse. Le père passe par la mère, se sert de sa voix pour faire entendre sa parole d'autoritĂ©. En mettant en scène cette femme (son Ă©pouse et la mère de ses filles) Ă  l'attitude rigoureuse qui condamne sans appel les dangers «d'amer par amours», il s'octroie le «beau rĂ´le», celui de la modĂ©ration; mais il assume complètement, Ă  travers cet artifice littĂ©raire, les doutes, les incertitudes et la fragilitĂ© d'un père.

 

Le Chevalier n'approuve pas la belle dame de Villon, dont nombre d'hommes étaient amoureux, et qui disait qu'il fallait éprouver sept ans durant l'ardeur d'un homme, «adonc elle sera certaine se il l'aime de cuer ou de bouche». Mais le Chevalier veut se taire à ce sujet, «car trop long temps a en .VII. ans».

 

Le long temps de sept ans lĂ©gitime la cour amoureuse dans son authenticitĂ©. Sept ans de prudence… qui rappellent les sept ans des contes, mais qui rĂ©duisent la requĂŞte Ă  ne peut-ĂŞtre jamais aboutir ! (D. Bohler, Père, mère et filles : les gestes du dĂ©sir dans le Livre du Chevalier de la Tour Landry pour l'enseignement de ses filles, ĂŠtre père Ă  la fin du Moyen Age, 1997 - books.google.fr).

 

Comme c'est le cas dans une nouvelle de Marguerite de Navarre où une reine de Castille impose «sept ans» de «preuve» et d'épreuve qui vont détruire l'amour Elinor (Nicole Cazauran, Variétés pour Marguerite de Navarre, 1978-2004, autour de l'Heptaméron, 2005 - books.google.fr).

 

Déjà au XVe siècle il y a deux rédactions du roman de Pierre de Provence et de Maguelone. L’une plus courte et retouchée dans la langue et dans le style a été imprimée plusieurs fois déjà au XVe siècle et traduite dans plusieurs langues dès le siècle suivant. Nous la désignons par la lettre „C“ (ms. de Cobourg). L’autre rédaction présente un texte plus primitif et est donnée par les manuscrits du XV. siècle et aussi par l’édition gothique de Lyon, qui fut imprimée vers 1480 pour B. Buyer et qui représente notre «Édition princeps».

 

L’auteur peut avoir connu par la tradition le rĂ´le que Pierre de Melgueil et son Ă©pouse Almodis ont jouĂ© dans l’histoire de l’île de Maguelone et de son Ă©glise au XIe siècle. La lĂ©gende de Pierre et Maguelonne a passĂ© du roman dans la poĂ©sie populaire de la Provence, et on peut citer comme preuve de sa popularitĂ© le dicton : «La bello Magalouno e Pèire de Prouvènço se courron après e tĂłuti li sèt an se maridon», par lequel les paysans provençaux expliquent la conjonction septennale des planètes VĂ©nus et Saturne. Et un sarcophage en marbre, qui existe encore dans la cathĂ©drale de Maguelone, est appelĂ© par le peuple «Lou toumbèu de la bello Magalouno». (F. Mistral, TrĂ©sor du Felibrige II, p. 244, au mot «Magalouno».)

 

Et Pierre et Maguelonne vesquirent puis après sept ou huit ans et eurent un beaux fils qui fut vaillant chevalier et hardi, lequel comme l’histoire raconte fut après roy de Naples et conte de Provence.

 

Le fils de Pierre et Maguelonne, lequel fut après roi de Naples et comte de Provence est une allusion aux droits de la maison d’Anjou au royaume de Naples (Adolphe Biedermann, LA BELLE MAGUELONNE, 1913 - ebooks-bnr.com).

 

Il y un mas de Maguelone près des Sainte-Maries-de-la-Mer près desquelles Marie-Madeleine aborda venant de Palestine selon la légende. On peut rapprocher Maguelone et Madeleine/Magdeleine (Magdala) (Cahiers ligures de préhistoire et d'archéologie, Volumes 8-9, 1959 - books.google.fr).

 

Cervantès en Camargue

 

Nous savons aussi grâce à Cervantes, que le valeureux Pierre de Provence enleva cette belle, en croupe du cheval de bois Chevillard, fabriqué par le sage Merlin, sur lequel montèrent don Quichotte, en selle, et Sancho Pança, à la place de Maguelonne, quand l'ingénieux hidalgo et son écuyer entreprirent de «désenchanter» la Dolorida et les duègnes barbues; et nous apprenons ainsi que Maguelonne devait avoir la peau moins tendre que celle du derrière de Sancho, qui s'écorcha sur la croupe de Chevillard (II-40)

 

Magalouno : du phĂ©nicien magal, entrepĂ´t, comptoir, refuge, hutte (TrĂ©sor du FĂ©librige). L'Ă©toile du Berger, en provençal Lugar, du latin lucerna; cf. le roman lugart, lugan, lugano (TrĂ©sor). Le mariage de la belle Maguelonne et de Pierre de Provence symboliserait selon Mistral, la conjonction tous les 7 ans de Jupiter ou de Saturne et de VĂ©nus. Nous ne voyons pas bien la valeur astronomique de cette assertion (L'Intermediaire des Chercheurs et Curieux, Volume 9, 1959 - books.google.fr).

 

Le 26 de septembre, en l'an de grâce 1575, une bien pĂ©nible encore que très banale aventure venait contrarier le voyage de la galère El Sol (le Soleil). Un ouragan brutal, comme il s'en abat frĂ©quemment sur les cĂ´tes de Camargue, avait Ă©cartĂ© le navire du gros de sa flottille. Il n'allait que fort circonspect, craignant un double danger : la cĂ´te Ă  tribord, basse et sablonneuse; le corsaire partout. Prudence justifiĂ©e. Deux galions turcs s'Ă©taient embossĂ©s dans un golfe Ă  peine dessinĂ©. La cĂ´te et le corsaire unissant leurs embĂ»ches, c'Ă©tait la mort du vaisseau espagnol. Lutte courte, mais dĂ©sespĂ©rĂ©e : l'assaillant cerne, aborde, pille, frappe et torture. La mort du capitaine abrège la rĂ©sistance. Celle-ci pourtant avait assez durĂ© pour permettre l'arrivĂ©e du gros de la flotte perdue. Les pirates devaient renoncer Ă  s'approprier la galère : vide, fumeuse et sanglante, l'El Sol fut donc ramenĂ©e en Espagne. Mais ses survivants, blessĂ©s en grand nombre, Ă©taient aux mains des Barbaresques, empilĂ©s dans leurs entreponts. L'esclavage commençait pour les deux frères Cervantès. Que diable ces malheureux Ă©taient-ils allĂ©s faire dans cette galère ? La classique question se pose ici d'elle-mĂŞme. Il nous suffit pour y rĂ©pondre d'Ă©voquer le nom de LĂ©pante et celui, non moins prestigieux, de la Catholique Armada : tous les peuples chrĂ©tiens s'unissant Ă  la voix du Pape, Ă©quipant une flotte assez formidable pour rĂ©duire en un jour 208 galères musulmanes et dĂ©livrer l'Occident d'un des plus grands pĂ©rils qu'il ait jamais redoutĂ©s. Pour l'Espagne, surtout, pays chevaleresque et que l'Islam avait particulièrement opprimĂ©, c'Ă©tait une vĂ©ritable croisade. Nobles et petits s'engageaient. Or, Don Miguel de Cervantès Saavedra n'appartenait, pour ainsi dire, ni aux uns ni aux autres : le bien de ce jeune homme de vingt-quatre ans Ă©tait vraiment trop mince pour lui offrir une vie d'indĂ©pendance. Valet de chambre et secrĂ©taire de prĂ©lat, il apprend de son maĂ®tre la merveilleuse entreprise. Il court Ă  la bataille, lutte malgrĂ© les fièvres et voit sa main gauche tranchĂ©e «pour la plus grande gloire de la droite» (Florentin Helme, Cervantès aux bagnes d'Alger, Etudes, Volume 208, 1931 - books.google.fr).

 

Acrostiche : LUBT, LoUBeT, LUBeT (libet)

 

Notons: Le vallat des Brayes, allant des montagnes de Roquefort, au N. E. à l'anse du Bestouan, au S. O, après avoir reçu le Loubet - et le vallat de Roustaque qui commençant au dessous de la route de La Ciotat, aboutit au port de Cassis (Alfred Saurel, Dictionnaire des villes, villages & hameaux du département des Bouches-du-Rhône, Tome 2, 1878 - books.google.fr).

 

La forme primitive est lubet. L'u est restĂ© dans allubesco «plaire», prolubium «caprice», prolubido (mĂŞme sens). Sur les inscriptions on a frĂ©quemment LVBENS. C'est aussi la leçon des manuscrits de Plaute (ut lubet). Le changement d'u en i se retrouve dans cluens, maxumus, mancupium, devenus cliens, maximus, mancipium. Libitina Ă©tait le nom d'une sorte de VĂ©nus romaine : son nom vient de libitum «dĂ©sir». Mais comme, pour des raisons que nous ignorons, les objets relatifs aux obsèques Ă©taient vendus dans son temple, elle a changĂ© de rĂ´le et est devenue une dĂ©esse des funĂ©railles. Quelque chose d'analogue a eu lieu pour la dĂ©esse Moneta (Michel BrĂ©al, Leçons de mots : dictionnaire etymologique Latin, 1898 - books.google.fr).

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