Le Champ de Mars

Le Champ de Mars

 

I, 43

 

1589

 

Auant qu'aduienne le changement d'Empire,

Il aduiendra vn cas bien merueilleux,

Le champ mué, le pillier de porphire,

Mis, translaté sus le rocher noilleux.

 

Porphyre

 

Le plus noble des porphyres, chez les Anciens, étoit le porphyre à teinte de pourpre, ce qui le fit nommer porphyre, & lui mérita de » donner son nom aux autres espèces, même à celles dont la couleur s'éloigne le plus de la pourpre. [...]

 

Le nom de granit sert à spécifier tout porphyre à très petits grains réguliers, dont la couleur contraste avec le fond. Le nom de brèche s'applique aux porphyres qui, sur un fond uniforme, portent des taches assez petites, d'une couleur plus ou moins distincte, de configurations tronquées, bizarres & irrégulières, la plupart oblongues & qui coupent le fond, se présentant non à plat & de champ, mais de tranche.

 

Les Anciens paroissent n'avoir connu que quatre sortes de porphyres :

 

1°, Le porphyre rouge, autrement dit porphyre pourpre, ou granit rouge : on le trouvoit en Arabie, en Egypte, en Numidie. On voit Ă  Rome des monuments prĂ©cieux de porphyre, qu'un laps de près de vingt siecles n'a nullement altĂ©rĂ©s ; 2°. Le porphyre brocatelle ; 3° Le porphyre verd avec des taches blanchâtres sur un fond verdatre, matiere rare & presque aussi estimĂ©e que la suivante ; 4° Le porphyre verd-antique (l'ophitès des Grecs le serpentino antico Orientale des Italiens modernes) (Gaius Plinius Secundus, Histoire Naturelle, traduit par Louis Poinsinet de Sivry, 1778 - www.google.fr/books/edition).

 

"pillier"

 

L'obĂ©lisque de la piazza del Popolo est l'un des premiers obĂ©lisques Ă©gyptiens transportĂ©s Ă  Rome. Il est en granite rouge d'Assouan (Syène) ; il mesure 23,30 m et pèse 235 t. C'est l'un des deux obĂ©lisques provenant du temple de RĂŞ Ă  HĂ©liopolis et transportĂ©s Ă  Rome par Auguste. Celui-ci a Ă©tĂ© Ă©rigĂ© autrefois dans le temple du soleil de l'antique citĂ© Ă©gyptienne par SĂ©thi Ier et Ramsès II, (-XIIIe siècle). Le second obĂ©lisque transportĂ© d'HĂ©liopolis par Auguste est l'actuel obĂ©lisque de la piazza di Montecitorio. Ces deux grands obĂ©lisques du Circus Maximus furent retrouvĂ©s brisĂ©s au cours de fouilles menĂ©es en 1587 par le pape Sixte V qui les fit transporter, ainsi que d'autres, pour orner les places de Rome. Cet obĂ©lisque a Ă©tĂ© rĂ©Ă©rigĂ© par Domenico Fontana en face de l'Ă©glise Santa Maria del Popolo en 1589 : il devint alors le monument central de la piazza del Popolo nouvellement amĂ©nagĂ©e autour de lui (fr.wikipedia.org - ObĂ©lisque de la piazza de Popolo).

 

Les trois belles Eglises de la place del Popolo, toutes trois dédiées à la Vierge, une sous le nom de Santa Maria du Popolo, & les deux autres sous ceux della Madona delli Miracoli ["merveilleux"], & Madonna di Monte Santo, meritent l'attention particuliere des voyageurs (Voyages du sr. A. de La Motraye, en Europe, Asie & Afrique Où l'on trouve une grande varieté de recherches geographiques, historiques & politiques, Tome 1, 1727 - www.google.fr/books/edition).

 

L’ingéniosité de Fontana mérite deux quatrains : cf. quatrain I, 45.

 

"rocher noilleux"ou "pillier… noilleux" ?

 

"noilleux" : noueux (A. J. Denormandie, Examen comparatif et raisonnĂ© de diverses prĂ©dictions, concernant la France, et Paris, en particulier, 1848 - books.google.fr).

 

Le rocher peut désigner l'obélisque par métonymie.

 

Après avoir vu les ruines de l'ancienne Syène, je me rendis aux carrières de granit, qui sont environ un mille au sud-est. Tout le pays qui est à l'orient, les îles et le lit du Nil, sont de granit rouge, appelé par Hérodote, pierre thibaique. Ces carrières ne sont pas profondes, et l'on tire la pierre des flancs des montagnes. Je trouvai dedans quelques colonnes ébauchées, entre autres une carrée, qui étoit vraisemblablement destinée pour un obélisque... On suit ces carrières le long du chemin d'Assouan (Syène). Phile... L'ile d'Éléphantine n'est aussi qu'un rocher de granit rouge... et ce sont des rochers de ce même granit que le Nil a rompus, et entre lesquels il passe dans ses fameuses cataractes (Voyage de Pococke. Paris, 1772, tom. I, pag. 547, 348, 354 et 360) (Georges Louis Leclerc de Buffon, Œuvres complètes, Tome 5, 1819 - books.google.fr).

 

Zemmour relate donc que Yunus fit abattre 7770 opposants, en un lieu dit Tamellukaf (Tamellugaf) du nom du rocher ou obélisque (en arabe hagar) se dressant au milieu de la place du marché local (Folia orientalia, Volumes 6 à 8, 1965 - books.google.fr, Al Bakri, Description de l'Afrique Septentrionale, traduit par Mac Guckin de Slane (Extrait du Journal Asiatique), 1859 - www.google.fr/books/edition, Juan Vernet Ginés, Historia de Marruecos, la islamizacion (681-1069), 1957 - www.google.fr/books/edition).

 

Cette pratique de restauration des obĂ©lisques va se poursuivre aux XVIIe et XVIIIe siècles de par la volontĂ© d'Innocent X qui dresse un obĂ©lisque piazza Navone, en 1666, ou d'Alexandre VII qui, en 1787, en dresse un autre en face du Quirinal. Le fait n'est pas purement anecdotique. Ces monuments Ă©videmment spectaculaires ne laissent pas d'exciter particulièrement l'intĂ©rĂŞt des Ă©rudits. Ils ressentent comme un dĂ©fi l'interprĂ©tation des inscriptions qui les couvrent, aiguillonnĂ©s par l'indication de Pline l'Ancien : «Les sculptures et les images que nous voyons [sur les obĂ©lisques] sont des lettres Ă©gyptiennes.» De lĂ  va naĂ®tre un dĂ©bat nourri sur les hiĂ©roglyphes, que viendra clore le dĂ©chiffrement de J.F. Champollion (Pascal Vernus, Dictionnaire amoureux de l'Egypte pharaonique, 2010 - www.google.fr/books/edition).

 

Dressant la liste des obĂ©lisques romains, il dĂ©crit en ces termes celui de la place Navone : cet obĂ©lisque est placĂ© sur un rocher percĂ© par le Bernin, et garni de mauvaises statues colossales reprĂ©sentant des fleuves : cette fontaine a semblĂ© fort belle pendant deux siècles, et l'est encore aux yeux du peuple des connaisseurs (Stendhal, Promenades dans Rome, 1858 - www.google.fr/books/edition).

 

La mise en espace de la Fontaine des Quatre Fleuves [Danube, Gange, Nil et Rio de la Plata] sur la place Navone est, Ă  proprement parler, cruciale. La place Navone, haut lieu de Rome, est intĂ©grĂ©e dans un système dynamique de rĂ©fĂ©rences spatio-temporelles qui tient Ă  la fois de la gĂ©ographie, de l'histoire et du symbolique. En voici une interprĂ©tation : la place Navone est une haute place de Rome ; au centre de celle-ci est Ă©rigĂ©e une fontaine qui symbolise les quatre parties du monde ; au cĹ“ur de cette fontaine se dresse un obĂ©lisque, hĂ©ritĂ© de l'AntiquitĂ©, qui symbolise la puissance de Rome et montre le chemin vers le ciel. Cet emboĂ®tement est encore plus complexe si on ajoute que Rome est elle-mĂŞme considĂ©rĂ©e, pour des raisons historiques, civilisationnelles et religieuses, comme un lieu vers lequel convergent tous les chemins, c'est-Ă -dire le carrefour du monde dans les mentalitĂ©s collectives de la Contre-RĂ©forme : «Tous les chemins mènent Ă  Rome»... puis au ciel, pourrait-on ajouter (Michel Viegnes, Imaginaires des points cardinaux, 2005 - www.google.fr/books/edition,

Nouveau guide du voyageur en Italie, 1845 - books.google.fr).

 

Contrairement à d'autres obélisques, il n'entra pas dans le grand plan d'urbanisme du pape Sixte Quint. Il dut attendre jusqu'en 1651, sous le pontificat d'Innocent X, pour être enfin restauré et placé par Le Bernin sur sa fontaine des Quatre-Fleuves, au centre de la piazza Navona, ancien stade de Domitien. Il est surmonté d'une colombe, emblème des Pamphili, famille romaine dont le palais se situe sur la place et qui donna plusieurs papes, dont Innocent X, commanditaire de la fontaine.

 

L'origine égyptienne de cet obélisque de taille moyenne (16,5 mètres) ne fait aucun doute, puisqu'il est fait de granite rouge de Syène. Mais les inscriptions hiéroglyphiques qu'il porte sur chacune de ses faces sont au nom de Domitien (81-96). Il s'agit donc d'une commande de cet empereur, peut-être à l'occasion de son accession au pouvoir (fr.wikipedia.org - Obélisque de la piazza Navona).

 

Les cordes et les nœuds étaient employés pour le levage des éléments de construction (Frédéric Épaud, De la charpente romane à la charpente gothique en Normandie, évolution des techniques et des structures de charpenterie du XIIe au XIIIe siècles, 2007 - www.google.fr/books/edition).

 

Ils devaient l'ĂŞtre encore employĂ©s dans la machine de levage que Fontana inventa pour l'installation de l'obĂ©lisque du Vatican : cf. quatrain I, 45.

 

L'usage des cordelettes [nouées] a été connu aussi des Egyptiens. On le voit par les Obélisques & par la description qu’Apulée fait des lettres du Rituel Egyptien. Les Peruviens avoient une écriture semblable, lorsque les Espagnols firent la conquête du Pérou (William Warburton, Essai sur les Hieroglyphes des Egyptiens, où l'on voit l'origine & le progrès du Langage & de l'Ecriture, l'Antiquité des Sciences en Egypte, & l'origine du culte des animaux, 1744 - books.google.fr).

 

"mué"/muet

 

Le verbe "muer" vient du latin "muto" qui originellement veut dire "déplacer" (Gaffiot). Ce qui est le cas des obélisques romains.

 

Le jour oĂą Domenico Fontana devait poser le bloc sur son piĂ©destal, un Ă©dit du saint-père annonçait que quiconque ferait entendre le moindre bruit pendant l'Ă©rection de l'obĂ©lisque serait puni de mort; car on aurait craint que le murmure de la foule ne troue blĂĄt les travailleurs et ne les empĂŞchât de suivre attentivement les instructions de l'architecle. Ainsi l'æuvre gigantesque fut accomplie devant un peuple muet de statues ou de fantĂ´mes, que dominait la tĂŞte dure et pensive de l’Agamemnon apostolique, assis sur un grand siĂ©ge de pourpre. Mais, tandis qne le monolithe se dressait enfin et que le sifflement des câbles et des poulies troublait seul l'effroyable silence, tout Ă  coup on entend un craquement sinistre; l'obĂ©lisque reste immobile, puis baisse de quelques pouces; les cordages, dĂ©tendus par la traction, n'avaient plus de prise sur la masse Ă©norme. Mouillez les cordes ! s'Ă©cria alors une voix audacieuse dont le relentissement fit monter le sang au visage du pontise. Cependant le conseil avait Ă©tĂ© immĂ©diatement suivi; la formidable colonne Ă©tait debout, devant un peuple frĂ©missant d'admiration; mais dĂ©jĂ  les gardes suisses, fidèles Ă  leur consigne, amenaient aux pieds de Siste-Quint le coupable, un pauvre capitaine de commerce, natif de San-Remo. Pour celle fois seulement, le redoutable apĂ´tre ne recula pas devant une faute politique. En dĂ©pit de l'Ă©dit sanglant, le marin Bresca ne fut pas mis Ă  mort, et reçut le litre de capitaine de l'armĂ©e pontificale, avec le droit d'arborer le pavillon papal sur son pavire. Puis, ce qui valait mieux encore, Sixte-Quint lui accorda, pour lui et pour ses descendants, le privilĂ©ge exclusif de fournir les palmes employĂ©es Ă  Rome pendant la semaine sainte (MusĂ©e des familles, lectures du soir, Volume 27, 1860 - books.google.fr).

 

N'en déplaise aux amateurs du merveilleux, cet habile architecte n'a point eu besoin pour réussir, et réussir complétement, du secours fabuleux de quelques gouttes d'eau (Jean Baptiste Apollinaire Lebas, L'Obélisque de Luxor: histoire de sa translation a Paris, 1839 - books.google.fr).

 

"Champ mué" : Champ de Mars

 

Le rĂ©cit livien donne alors Ă  voir la progressive constitution, au sein de l’espace urbain romain, d’un domaine public. Après l’expulsion des rois, le domaine des Tarquins situĂ© entre la ville et le Tibre, consacrĂ© Ă  Mars, devient le Campus Martius ou Champ de Mars (Liv. 2.5.2 : Ager Tarquiniorum qui inter urbem ac Tiberim fuit, consecratus Marti, Martius deinde campus fuit. “Le domaine des Tarquins, situĂ© entre la ville et le Tibre, fut consacrĂ© Ă  Mars et devint dès lors le Champ de Mars.”, trad. G. Baillet, CUF). L’expression a plusieurs acceptions, elle doit s’entendre ici dans son sens le plus large, incluant le secteur du Circus Flaminius. Ă€ l’époque impĂ©riale, le Champ de Mars est, pour reprendre une expression d’Yan Thomas, “l’exemple scolaire” d’un espace susceptible d’être qualifiĂ© de public parce qu’il se trouve extra commercium, donc indisponible Ă  toute appropriation ou aliĂ©nation, de façon Ă  rester in usu publico (d’usage public), c’est-Ă -dire disponible Ă  l’usage de tous (Catherine Saliou, Entre le droit, l’histoire et la mĂ©moire : le statut du sol de Rome dans l’Histoire Romaine de Tite-Live, Les confiscations, le pouvoir et Rome, de la fin de la RĂ©publique Ă  la mort de NĂ©ron, 2016 - www.academia.edu).

 

La construction du Cirque Flaminius a certainement été déterminante pour l’orientation de la partie méridionale du Champ de Mars. Ce cirque a été construit par le censeur C. Flaminius Nepos (vaincu par Hannibal à Trasimène) en 221 av. J.-C. On lui doit également la réalisation de la via Flaminia qui mène encore de Rome à la mer Adriatique. (rome.unicaen.fr).

 

L'obélisque de la piazza del Popolo est aussi appelé obelisco Flaminio car il marque le début de la Via Flaminia) (fr.wikipedia.org - Obélisque de la piazza de Popolo).

 

Essayons de cerner ce que peut ĂŞtre une telle transition entre espaces, en retournant encore une fois Ă  Rome, cette fois-ci sur la piazza del Populo. Au centre d'un quartier bordĂ© d'un cĂ´tĂ© par le Tibre, de l'autre par la colline du Pincio et ses jardins, elle est le point d'aboutissement des trois grandes rues qui forment le «trident» du quartier du Champ de Mars : via del Babuino, via del Corso, via di Ripetta, conduisant respectivement vers le Quirinal, le Capitole, la place Navone. Vers le nord, la place se prolonge au-delĂ  de la porta del Populo par la via Flaminia, tracĂ©e en ligne droite par le consul Flaminius il y a plus de deux mille ans. L'amĂ©nagement de la place a commencĂ© Ă  partir du XVIe siècle, pour transformer le simple carrefour qu'elle Ă©tait Ă  l'origine en une porte d'entrĂ©e monumentale de Rome par le nord. Un obĂ©lisque ramenĂ© d'Égypte par l'empereur Auguste et redĂ©couvert Ă  la Renaissance est alors Ă©rigĂ© en son centre, et deux Ă©glises construites sur le cĂ´tĂ© sud, Ă  la base du «trident» (Ricardo Bofill, Nicolas VĂ©ron, L'architecture des villes, 1995 - books.google.fr).

 

Rome connaît un régime mixte : deux consuls, civil et militaire, un Sénat, oligarchie aristocratique, et des comices centuriates rassemblant annuellement les citoyens au champ de Mars pour élire et décider. Plus tard, on verra des régimes mixtes dans le Saint Empire, avec l’Empereur élu et le collège électoral aristocratique, et dans la monarchie française avec le roi, initialement élu par l’assemblée de la noblesse et des évêques (d’où la réplique qu’aurait faite Adalbert de Périgord à Hugues Capet : «Qui t’a fait roi ?»), l’aristocratie au sein du Conseil royal et la démocratie dans les États généraux. Ces thèses, vivement contestées par les légistes royaux, ressurgissent lors des grandes crises politiques (guerres de religion, Fronde, Révolution) (Droit constitutionnel, 2019 - excerpts.numilog.com).

 

Sous la premiere Race de nos Rois, les AssemblĂ©es se tenoient au mois de Mars & sous la seconde, elles se tenoient au mois de Mai : c'est de-lĂ  qu'elles furent appellĂ©es, dans ces premiers temps, Champs de Mars & Champs de Mai. On leur donna encore les noms de Colloquium, Concilium, Judicium Francorum ; &c. ce n'est que sous le RĂ©gne de Pepin qu'elles furent nommĂ©es Parlemens, nom qui signifie l'objet qu'elles se proposoient, de parler & de traiter des affaires importantes qui y Ă©toient agitĂ©es (Jean Baptiste Denisart, Collection de dĂ©cisions nouvelles et de notions relatives Ă  la jurisprudence actuelle, Tome 3, 1766 - books.google.fr).

 

Martius campus mutatus Ă  Pippino Rege (Pierre de Marca, Marca Hispanica, 1688 - books.google.fr).

 

Adeo PIPINVM vere Anno 752. hoc primorum regum Francorum est, tertio anno ante, quam in Madium Martius fuit Campus mutatus, Francorum in regem vnctum. Vid. & Vagedes Dissert. de Deposit. Childeric c. II & III (Jo. M. Florin, Opuscula varia, 1735 - books.google.fr).

 

Cette incursion dans le règne franc et son organisation fait la soudure avec ce qui suit.

 

Bodin et le champ de Mars

 

Jean Bodin parle du champ de Mars en liaison avec l'institution des censeurs romains (Jean Bodin, De Republica libri sex, 1601 - www.google.fr/books/edition).

 

Nous trouvons donc chez Bodin le premier appel structurĂ© et argumentĂ© Ă  un retour Ă  l’institution des censeurs. Les caractĂ©ristiques extrĂŞmement nuancĂ©es et singulières de cette institution Ă©taient connues Ă  son Ă©poque, mais ce qui importe est le fait qu’elles furent rĂ©investies d’exigences nouvelles Ă  la fin de la Renaissance, de manière Ă  dessiner le socle sur lequel se construira l’idĂ©e moderne du dĂ©nombrement et, plus globalement, le projet statistique. Ce rĂ©investissement nous situe bien au-delĂ  des remarques habituelles sur la capacitĂ© de l’institution antique des censeurs Ă  limiter, au mĂŞme titre que les lois somptuaires, le luxe et plus prĂ©cisĂ©ment les excès de la noblesse, comme on le lit par exemple au chapitre VI de l'Éducation du prince chrĂ©tien d’Érasme, et des tout aussi frĂ©quentes mentions rappelant de façon trop gĂ©nĂ©rale le fait que les Anciens disposaient avec la censure d’une institution spĂ©cifiquement chargĂ©e de freiner la corruption : Machiavel, pour lequel la question de la corruption est centrale, le constate :

 

[Les censeurs] furent une de ces dispositions qui permirent de maintenir la liberté à Rome [...]. Car, devenus les arbitres des mœurs à Rome, ils furent le moyen le plus puissant de repousser la corruption des romains.

 

Pour gĂ©nĂ©rales que soient ces remarques, elles dĂ©finissent le champ oĂą prend place le projet statistique dessinĂ©, Ă  l’aide de la figure du censeur, par Bodin : les mĹ“urs, la richesse, la corruption (Thomas Berns, Recenser : le censeur chez Bodin,Gouverner sans gouverner, 2009 - www.cairn.info).

 

Certains ont crĂ» que tant le cens que le lustre se faisoient dans le Champ de Mars. M. de Valois se contente de rapporter ce que dit lĂ -dessus Tite-Live : sçavoir, que l'an 319. de Rome, les Censeurs C. Furius Pacilus & M. GĂ©ganius MacĂ©rinus firent pour la première fois le dĂ©nombrement des citoyens dans un grand hostel qu'ils avoient fait bastir exprès pour cela dans le Champ de Mars, & qu'ils nommèrent Villa publica (Histoire de l'AcadĂ©mie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres avec les MĂ©moires de littĂ©rature tirez des registres de cette AcadĂ©mie, Tome 1, 1736 - books.google.fr).

 

Le cens aurauit été introduit à Rome par le roi Servius Tullius (fr.wikipedia.org - Censeur (Rome antique)).

 

Cf. quatrains I, 33 ; V,66 ; et IX, 9 pour Servius Tullius.

 

"Empire"

 

Le Roy est Empereur en France, comme dit Bodin, puisqu'il n'y reçoit aucune Loy que les propres Ordonnances. Le Droict Romain n'y est enseignĂ© dans les Uniuersitez que par vne speciale permission du Roy : c'est pourquoy il n'y a aucune force de loy, si ce n'est aux Prouinces oĂą les peuples l'ont pris pour Coustume sous la permission des Roys, mais seulement de raison. Il n'est admis par les juges, que lors qu'il est conforme aux Ediets, Ordonnances, & Declarations du Roy, qui sont les seules Loix, suiuant lesquelles on rend iustice par tout le Royaume. Le titre de Roy de France est si releuĂ© par dessus les autres, que Suidas ancien Autheur Grec, a Ă©crit, que parmy le monde quand on parle simplement du Roy sans dire lequel, c'est Ă  dire le Roy de France. Balde dit que les Roys de France ont pareille splendeur entre les autres Roys, que l'estoille du iour au milieu d'vne nuĂ©e venant du midy, & qu'ils portent la Couronne de libertĂ© & de gloire par dessus les autres Roys (Pierre d'Avity, Nouveau théâtre du monde, 1661 - books.google.fr).

 

Sur le plan théorique, la monarchie française était considérée depuis le Moyen Age comme une monarchie «sans liens». «Le roi est empereur en son royaume», énonçaient les juristes du XIIIe siècle. Il ne devait allégeance à aucune puissance, aucun souverain temporel, pape ou empereur. Il exerçait un pouvoir absolu (potestas absoluta), terme emprunté au juriste romain Ulpien (IIIe siècle), qui se retrouvait dans les écrits de Hostensis (XIIIe siècle), de Baldus de Ubaldis (XIVe siècle) et surtout de Jehan Bodin (Les Six Livres de la République, 1576). Cette pleine souveraineté législative procédait directement de Dieu. C'est ainsi qu'était née la doctrine du droit divin, prenant forme à partir du XIIIe siècle et exaltée au début du XVIIe par Claude d'Albon, Pierre de Belloy, le cardinal de Bérulle, avant de l'être sous le régne de Louis XIV par Bossuet. L'onction de Reims que le monarque recevait lors de son sacre faisait de lui l'Oint du Seigneur, son «lieutenant» ou «vicaire» sur la terre (Jean-Christian Petitfils, Les Rois de France : Louis XIII, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI, 2014 - www.google.fr/books/edition).

 

Dès 1576, Jean Bodin, prolongeant et systématisant les thèses monarchistes de Jean de Terrevermeille et de Claude de Seyssel, avait proposé, dans les Six Livres de la République, une analyse de la Souveraineté que l'on considère généralement comme la première théorisation de ce concept. Bientôt suivies par les thèses de Charles Loyseau, de Cardin Le Bret et de Richelieu, les idées de Bodin, alliées à la doctrine gallicane du droit divin, devaient servir de substrat à une doctrine de l'absolutisme élaborée,  au milieu de ses variantes, comme l'une des gloires de la raison (Simone Goyard-Fabre, John Locke et la raison raisonnable, 1986 - www.google.fr/books/edition).

 

Goyard-Fabre trouve qu'il est anachronique de parler de Bodin comme d'un absolutiste car l'expression appartient Ă  l'Ă©poque baroque. L'absolutisme, selon Goyard-Fabre, implique l'individualisme et le contractualisme, et elle ne dĂ©cèle ni l'un ni l'autre chez Bodin. Mais Ă  ce niveau, la discussion pourrait devenir une discussion sur la signification de l'absolutisme plutĂ´t qu'une discussion sur les pouvoirs du souverain bodinien. Il faut distinguer deux sens Ă  l'expression absolutisme ; soit un pouvoir discrĂ©tionnaire absolu, soit un refus absolu de la rĂ©sistance lĂ©gitime des sujets. Dans l'absolutisme discrĂ©tionnaire le prince n'est tenu par aucun ordre moral. En effet il a le pouvoir discrĂ©tionnaire absolu de gouverner selon son grĂ©. Il se dĂ©marque de l'absolutisme de fait pour lequel le prince a le pouvoir absolu de gouverner sans qu'aucune rĂ©sistance lĂ©gitime ne soit autorisĂ©e. Il est donc possible d'ĂŞtre prince absolu de fait sans dĂ©tenir de pouvoir. [...] Cette deuxième version de l'absolutisme est opposĂ©e soit au constitutionnalisme, soit au droit naturel. [...] Bodin, est-il absolutiste de fait ? Est-il constitutionnaliste ? Est-ce que le droit naturel, selon Bodin, rend lĂ©gitime la rĂ©sistance ? [...] A notre avis, Bodin n'est pas absolutiste : Il limite substantiellement le pouvoir discrĂ©tionnaire du souverain et accorde aux sujets un droit limitĂ© Ă  la rĂ©sistance (Mogens Chrom Jacobsen, Jean Bodin et le dilemme de la philosophie politique moderne, 2000 - www.google.fr/books/edition).

 

Il apparaît que Bodin, en conceptualisant la souveraineté comme il le fait, s'efforce de concentrer toute la majestas romaine dans le seul imperium, tandis que, au contraire, on observe dans les textes monarchomaques huguenots une égale revendication de l'héritage romain qui place l'auctoritas au premier plan. […] La théorie de la souveraineté monarchomaque, contrairement à ce qu'on peut observer chez Bodin, confère au roi une tâche exécutive subordonnée, et repose sur une différenciation entre exécutif et législatif, entre la fonction du monarque et la puissance législative des états, ou tout au moins demande que ces derniers puissent matériellement consentir aux décisions royales (Isabelle Bouvignies, Bodin et les monarchomaques, Et de sa bouche sortait un glaive, les monarchomaques au XVIe siecle : actes de la Journée d'étude tenue à Tours en mai 2003, 2006 - www.google.fr/books/edition).

 

Cf. quatrain III, 93.

 

"changement d'empire"

 

Il 25 marzo 1589 fu innalzato l'obelisco di piazza del Popolo ed il 29 dello stesso mese vi fu collocata sopra la croce (Cesare D'Onofrio, Via del Corso: una strada lunga 2000 anni, 1999 - books.google.fr).

 

1er août 1589 est la date de l'assassinat de Henri III, de la fin de la dynastie des Valois et Valois-Angoulême, et du commencement de celle des Bourbon. Il n'y a pas de changement d'empereur du Saint Empire vers cette date, ni dans l'empire ottoman. On peut avoir de ce terme d'"empire" une vue plus conceptuelle ou métaphorique.

 

Rodolphe II est un prince de la maison de Habsbourg né le 18 juillet 1552 à Vienne et mort le 20 janvier 1612 à Prague. Il est empereur des Romains et roi de Bohême de 1576 à sa mort, et règne également en dehors de l'Empire sur le royaume de Hongrie et le royaume de Croatie (fr.wikipedia.org - Rodolphe II (empereur du Saint-Empire)).

 

Mourad III (né le 4 juillet 1546 près de Manisa – 16 janvier 1595) fut le 12e sultan de l'Empire ottoman. Il régna de 1574 jusqu'à sa mort (fr.wikipedia.org - Mourad III).

 

Au parlement de Châlons, l'avocat du roi, Hugues de Lestre, a le mĂ©rite de ne pas dĂ©tourner son regard du spectacle des misères de la France. Il rĂ©fute en deux harangues les prĂ©dictions pessimistes d'un ligueur qui voyait non seulement dans les nombres et dans les astres, mais encore dans les Ă©preuves d'alors, l'arrĂŞt de mort de la monarchie française. C'Ă©taient lĂ  de beaux sujets. Mais entre les arguments qu'on pouvait tirer des forces des partis, du sentiment qui les animait, de l'Ĺ“uvre qu'ils avaient accomplie et les arguties d'Ă©cole inlassablement ressassĂ©es depuis CicĂ©ron jusqu'Ă  saint Augustin et Boèce en passant par Plutarque et SĂ©nèque, l'avocat du roi H. de Lestre n'hĂ©site pas : il tourne dĂ©libĂ©rĂ©ment le dos Ă  la rĂ©alitĂ©, Ă  la vie, et s'en va puiser Ă  pleines mains dans le De Constantia de Juste Lipse. Ou bien encore il dĂ©veloppe longuement et dans le jargon appropriĂ© des considĂ©rations sur les nombres et sur les astres. Il discute les propriĂ©tĂ©s du nombre 63 et de ses deux multiples 9 et 7. Il Ă©lucide la question de savoir si Henri III Ă©tait ou non le 63. roi de France, et avoue bonnement qu'il a passĂ© plusieurs journĂ©es Ă  relever ce qui est advenu au septième roi, empereur ou consul de chaque pays, "et de 7 en 7 jusqu'au 63". Sur ce sujet, mĂŞme ai Ă©trangement conçu, un orateur vraiment douĂ© aurait encore pu se donner carrière, mais il y a ici un si effroyable amas de dĂ©tails oiseux, de citations et de souvenirs de l'antiquitĂ©, un mauvais goĂ»t si absurde, que ces discours arrivent Ă  ĂŞtre hors de toute rĂ©alitĂ©, de toute vraisemblance.

 

La première harangue date du 12 novembre 1591, la seconde, du lundi de In Quasimodo 1592. Elles figurent dans les Mémoires de la Ligue (t. V, p 2 et 122),, sous une forme d'ailleurs très incorrecte. Elles ont été publiées à part sous ce titre De l'Estre perpetuel de l'empire françois par l'éternité de cet estat par M Hugues de L'Estre, Paris, 1595, 8. Ceci doit être une réimpression, car Lescale signale l'apparition de ces remontrances le jeudi 12 de novembre 1592. Voir dans la Berne de Champagne (juil.- déc. 1882. p 337-351 le Parlement de Châlons-sur-Marne, par Ed. de Barthélemy.

 

Le ligueur pessimiste doit être Jean Bodin (Lettre de M. Bodin au président Brisson, Paris, Chaudière, 1590. 19 p., datée de Laon  1er janv 1590). Ce seraient plus particuliérement les affirmations de la p. 8 et de la p. 17 que réfuterait H. de Lestre.

 

Mémoires de la Ligue, V, p. 30. Cet intelligent labeur ne resta pas sans récompense. "Ce docte discours fut ouy d'une grande allegresse et applaudissement de toute la compagnie qui estait la prescrite et la cour loue grandement l'avocat general de S. M. pour sa piété envers sa patrie (Peleus, Histoire de Henri le Grand, III, 289.

 

Tous les fléaux qui sévissent dans l'éloquence du siècle se rencontrent chez lui. Il pratique avec zèle les lieus communs il ne prononce pas le mot agenouiller sans décrire les différentes façons usitées en tous les temps de témoigner avec son corps sa soumission et son respect. Il a l'horreur du mot propre, ou point qu'il est difficile parfois de savoir si ce "grand Hermes... nostre Jupiter sauveur", si "Lyaeus et Liber Parens" désignent le roi de France ou le Christ [cf. Henry/INRI de l'Introduction de ce site] p. 6, 122. Enfin il fait un usage indiscret des images à la mode. On trouve cher lui la pierre d'iris qui conserve les rayons du soleil, le scorpion qui se tue de sa propre piqûre, l'eau Ophiusa qui fait voir partout des serpents, et les poissons, non dédaignés de Lipse et de Du Vair, qui vivent dans la mer sans en prendre la salure, et les arbres que la violence du vent oblige à s'enraciner plus avant, et le lion malade qui se guérit en dinant d'un singe, et la cigale familière qui vint une fois de plus remplacer une corde brisée sur la lyre du municien (René Radouant, Guillaume du Vair, De l'éloquence française, 1970 - www.google.fr/books/edition).

 

Acrostiche : AILM, lettre oghamique ?

 

Nous connaissons l’écriture ogamique d’abord par des traités techniques composés au moyen âge, mais dont les manuscrits ne sont pas antérieurs au XIVe siècle. L’alphabet ogamique est encore reproduit par Pol Ruillis en 1726. Le nom de l’ogam a été rattaché à celui d’un personnage nommé Ogme ou Ogma, et des modernes ont cru pouvoir identifier ce personnage à l’Hercule gaulois qui, suivant Lucien, portait le nom d’Ogmios. Dans la tradition irlandaise, Ogme appartenait aux Tuatha Dé Danann, dont il était l’un des-champions («homme très savant en langage et en poésie, Ogma inventa l’Ogam» (Auraicept na n-éces)).

 

L’ogam a Ă©tĂ© utilisĂ© surtout pour l’épigraphie et c’est ainsi qu’il nous est surtout connu. On possède environ 360 inscriptions ogamiques, presque uniquement sur pierre, quelques-unes seulement sur mĂ©tal (Macalister, p. 39). Elles sont rĂ©parties surtout entre l’Irlande et le Pays de Galles ; les deux tiers proviennent des comtĂ©s de Kerry et de Cork ; une trentaine environ du Sud du Pays de Galles ; quelques-unes isolĂ©ment du Nord de l'Irlande, du Sud de l’Angleterre, de l'Ă®le de Man et de certaines parties de l’Écosse du Nord-Est. Toutes sont irlandaises de langue, sauf certaines trouvĂ©es en Ecosse et qui passent pour ĂŞtre dans la langue des Pictes (Joseph Vendryes, L’écriture ogamique et ses origines. In: Etudes Celtiques, vol. 4, fascicule 1, 1941 - www.persee.fr).

 

Elm appears as ailm, the first letter in the Gaelic alphabet, and is associated in Celtic lore with the dead and burial grounds. The Scottish place-name leamhain (Leven) probably means 'place of the elms' (A Handbook of Scotland's Trees, The Essential Guide for Enthusiasts, Gardeners and Woodland Lovers to Species, Cultivation, Habits, Uses & Lore, 2011 - www.google.fr/books/edition).

 

Sixte Quint meurt en 1590.

 

Plusieurs auteurs ont affirmĂ© que Sixte-Quint Ă©tait mort empoisonnĂ© par les «Espagnols.» Cette fable ne mĂ©rite guère d'ĂŞtre rĂ©futĂ©e, ou plutĂ´t elle est rĂ©futĂ©e par les dĂ©pĂŞches de l'ambassadeur de Venise et les lettres de Sangaletto dont j'ai donnĂ© des extraits. S'il y avait eu le moindre soupçon, le moindre bruit de ce genre, ni l'un ni l'autre ne l'aurait passĂ© sous silence. C'est Ă©videmment l'une des nombreuses inventions de Gregorio Leti, publiĂ©es soixante-dix-neuf ans après la mort du pape. Certes, Olivarès et Sessa ont contribuĂ© Ă  abrĂ©ger la vie du pontife, mais non avec du poison. Dans un Avis de Rome, 29 aoĂ»t 1590 (Bibl. Vatic. Ms. 1050), on lit : «La maladie Ă©tait tellement impĂ©tueuse et Sa SaintetĂ© si tiède au sujet du salut de Son âme, qu'Elle n'a pu finir Sa confession... Son corps a Ă©tĂ© ouvert et trouvĂ© en parfait Ă©tat (nettissimo), d'oĂą on conclut que Sa maladie a Ă©tĂ© causĂ©e par l'usage exagĂ©rĂ© de vins purs et jeunes.» L'auteur de cette notice, comme tous les nouvellistes, n'est pas des amis de Sixte-Quint, et, en effet, les hommes de son mĂ©tier n'avaient pas Ă  s'en louer. Il considère le dĂ©cès comme un acte de la misĂ©ricorde divine, et, contrairement Ă  la vĂ©ritĂ©, il reprĂ©sente le pape comme tiède en matière de religion et adonnĂ© Ă  la boisson. Si le bruit d'une inort violente avait alors couru dans Rome, il se serait fait une fĂŞte de le relater (Joseph Alexander von Huebner, Sixte-Quint, Tome 2, 1870 - books.google.fr).

 

Rappelons que, dans la partie introductive de son épître, Nostradamus nous avait parlé de 1585 comme étant une année importante sans autres précisions. Peut-être voulait-il mettre en valeur la désignation de Sixte Quint, comme le pape marquant la moitié de la prophétie de Saint-Malachie (Chaulveron, Nostradamus et la fin des temps: Deuxième version augmentée, 2020 - books.google.fr).

 

Une autre fois, Nostradamus ayant aperçu an jeune cordelier, nommĂ© FĂ©lix Peretti , il le salua en mettant un genou en terre; ceux qui accompagnaient le moine, surpris de cette dĂ©fĂ©rence , en demandèrent la raison. «Parce que, leur rĂ©pondit l'astrologue, je dois me soumettre et ployer le genou devant Sa SaintetĂ©.» Les autres cordeliers haussèrent les Ă©paules et traitèrent le prophète de fou, de visionnaire. L'avenir, heureusement, rendit justice Ă  Nostradamus; car ce cordelier devint pape en 1585, sous le nom de Sixte-Quint ! Ce qui rend la prophĂ©tie vraiment extraordinaire, c'est qu'en 1555, la venue de ce prĂ©lat, Ă©tait annoncĂ©e dans les deux premiers vers du vingt-huitième quatrain de la troisième Centurie.

 

De terre foible et pauure parentelle

Par bout et paix paruieudra Ă  l'Empire.

 

On sait que Sixte-Quint naquit, dans un très-pauvre village de la Marche d'Ancône, de parens pea fortunés; et qu'il fut porcher avant d'entrer dans les ordres, avant de porter le titre de cardinal de Montalte, et de s'asseoir sur le trône de saint Pierre (Eugene Bareste, Nostradamus, 1840 - books.google.fr).

 

Pour ce site, les deux vers concerneraient Marie Leczinska, reine de France : on aura pu confondre.

 

C'est Bareste qui donne l'anecdote précédente (Louis Schlosser, La vie de Nostradamus, 1985 - books.google.fr).

 

Ailm, the elm tree, (Ulmus minor), is the 16th ogham, the first character of the fourth rubric, whose strokes are drawn right across the stem. Ailm is the third kiln or shrub tree, being most usually the so-called 'Cornish elm' (Ulmus minor, var. stricta), which grows in Cornwall, Devon and south-western Ireland (Nigel Pennick, The Secret Lore of Runes and Other Ancient Alphabets, 1991 - www.google.fr/books/edition).

 

Probably the only surviving ogam stone from Co. Cavan, this specimen was apparently removed the short distance from an ecclesiastical site at Rantavan to the graveyard in Mullagh and thence indoors to the new visitor centre across the road. The inscription reads OSBBAR. While ogam stones are exceedingly rare in Co. Cavan, it is reasonable to suggest that this one is at the northern limit of a group of ogam-inscribed pillars concentrated in the Blackwater Valley (roughly between Kells and Navan), a corridor to the north-west from the Boyne - Tara area. There is a promontory fort on the north shore of nearby Mullagh Lough, guarding the narrow corridor of shoreline between the lake and Mullagh Hill. This pass is called the 'Gates of Mullagh' and is one of the few access points to the Blackwater Valley from the north-west. Another such pass on the east side of Screebog Hill is also defended by a promontory-litre enclosure. Picturesquely situated on a slight rise overlooking the north-east shore of the lake, and hard by the Protestant church, are medieval church remains associated with St Kilian, who was born in nearby Mullagh in AD 640. Travelling with eleven companions to the Continent around AD 686, he established a successful monastery at WĂĽrzburg, earning for himself the title `Apostle of Franconia. He was martyred, along with two companions, Colman and Totman, in AD 689 and his tomb is still venerated in WĂĽrzburg (Andy O`Halpin, Conor Newman, Ireland : an Oxford archaeological guide to sites from earliest times to AD 1600, 2006 - www.google.fr/books/edition).

 

L'Espagne comptait sur la révolte de l'Irlande pendant l'opération de l'Invincible Armada. Des navires espagnols ont fait naufrage près des côtes irlandaise (cf. Spanishpoint).

 

Philippe II subordonnait la religion à sa politique, et, de son côté, le pape mettait l'autorité du chef de l'Église bien au-dessus de celle des rois. Nous ignorons si le fils de Charles-Quint s'humilia devant les conseils impérieux et la menace de damnation du souverain pontife; s'il le fit, son repentir fut impuissant à rendre le Dieu des armées favorable à sa cause. En effet, l'invincible Armada, composée d'environ cent quarante navires, dont plusieurs de première force, portant un corps de débarquement considérable, à peine sortie des ports de l'Espagne et de Portugal, fut assaillie par de violentes tempêtes, qui la dispersèrent dans toutes les directions avant qu'elle eût pu gagner les côtes d'Angleterre. Après beaucoup d'efforts pour la réunir, elle reprit la mer le 20 août 1588, et fit voile vers le canal qui sépare l'Écosse de l'Irlande. Là, elle se trouva de nouveau exposée à une bourrasque furieuse, qui poussa un certain nombre de bâtiments à la côte, endommagea les autres, et les força de regagner, avec beaucoup de difficultés, les ports espagnols. Telle fut la fin de ce grand armement, dont l'anéantissement porta le plus rude coup à la puissance de Philippe II. Cet événement fut à la marine espagnole ce que la victoire de Rocroy, environ un demi-siècle plus tard, fut à son armée de terre. La dispersion de ce formidable armement excita en Angleterre et dans les Pays-Bas rassurés une explosion d'enthousiasme, qui se traduisit par des prières et actions de grâces, et par des réjouissances de toute espèce (Antoine Jules Dumesnil, Histoire de Sixte-Quint, sa vie et son pontificat, 1869 - books.google.fr).

 

Des rescapés ont été recueillis par des Irlandais comme les O'Rourkes dont le château de Parkes's Castle (Kilmore, Leitrim) fut détruit par représailles des Anglais (Andy O`Halpin, Conor Newman, Ireland : an Oxford archaeological guide to sites from earliest times to AD 1600, 2006 - www.google.fr/books/edition).

 

The Catholic Diocese of Kilmore includes almost all of County Cavan, and about halof of County Leitrim, and small parts of Fermanagh, Meath and Sligo (Phillip O'Connell, Patrick Finegan, The Diocese of Kilmore, Its History and Antiquities, 1937 - www.google.fr/books/edition, en.wikipedia.org - Edmund MacGauran, en.wikipedia.org - Roman Catholic Diocese of Kilmore).

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