Stoïcisme et Morisques

Stoïcisme et Morisques

 

I, 77

 

1614

 

Entre deux mers dressera promontoire

Que puis mourra par le mords du cheval :

Le sien Neptune pliera voyle noire,

Par Calpre & classe aupres de Rocheval.

 

Thésée et Hippolyte

 

On songe, aux deux premiers vers, à Hippolyte, le fils que maudit Thésée parce qu'il le soupçonnait de courtiser Phèdre sa jeune épouse et qui, fuyant Athènes, tombé de son char, mourut traîné sur la plage le pied pris dans les rennes de ses chevaux effrayés par un monstre sorti de la mer et envoyé par Neptune (Poséidon) ; le promontoire du texte serait alors le cap Sounion à la pointe méridionale de l'Attique. Au troisième vers, on sent, dans la voile noire pliée, une réminiscence de la légende de Thésée qui, au retour de son expédition contre le Minotaure en Crète, oubliant de remplacer ses voiles noires par les blanches, ce qui provoqua le suicide de son père Égée, le site naturel de la légende est à nouveau le cap Sounion. Or, au dernier vers, c'est le nom de Gibraltar qui apparaît et auquel convient tout aussi bien, sinon mieux qu'au cap Sounion, la description «Entre deux mers dressera promontoire» (Pierre Brind'Amour, Les premières centuries, ou, Propheties de Nostradamus (édition Macé Bonhomme de 1555), 1996 - books.google.fr).

 

Gibraltar : Espagne 1614

 

Dans l'imaginaire de la Reconquête, à l'invasion musulmane succède la victoire chrétienne ; quant à la conversion finale qui est, de loin, le dénouement le plus fréquent, elle constitue le mythe d'origine des morisques. Tout s'arrête donc, du point de vue de l'histoire, en 1501 pour l'ancien royaume de Grenade, en 1525 pour le Levant, l'Aragon et la Manche. C'est entre ces deux dates en effet que les anciens mudéjars deviennent des morisques. Officiellement, l'islam espagnol n'existe plus. Mais la réalité ne correspond pas toujours aux vérités officielles. On sait que les morisques continuèrent de pratiquer clandestinement la religion de leurs ancêtres et que l'Inquisition ne suffisant pas, Philippe III dut se résoudre à promulguer le décret d'expulsion. Nous sommes maintenant en 1610-1614, date à laquelle les derniers morisques sont expulsés du territoire. Tout cela est très connu et on a presque honte de le rappeler (Pedro Cordoba, Territoires et générations, L'imaginaire du territoire en Espagne et au Portugal, XVIe - XVIIe siècles, 2008 - books.google.fr).

 

Les Moriscos, «nouveaux convertis» de l'Islam, furent chassés de la Péninsule ibérique à la suite du long épisode de la Reconquista espagnole, couronnée par la reprise du royaume de Grenade en 1492. Sous le règne de Philippe III, il s'ensuivit la publication de plusieurs édits d'expulsion, du 22 septembre 1609 au 18 janvier 1610, pour la totalité des Morisques du pays ainsi que pour tous «ceux qui pour quelque raison et à quelques époques que ce fut avaient été musulmans». Des départs clandestins vers l'Afrique du Nord tout au long du XVIe siècle jusqu'à l'expulsion finale, on estime à un demi-million le nombre de ces émigrants. L'expulsion de 1609 fut une gigantesque opération militaire et navale, remarquablement exécutée, et une injustice tout aussi grave que celle commise en 1492 à l'égard des Juifs. Quelques milliers de Morisques réussirent à rester, clandestinement ou officiellement. Mâlaga, Gibraltar, Tarifa et Cadix furent les principaux ports d'embarquement pour rejoindre les villes marocaines de Tanger, Ceuta et Melilla (Leïla Maziane, Salé et ses corsaires, 1666-1727, 2008 - books.google.fr).

 

Les Maures furent chassés de l'Espagne en 1614 ; ils emporterent avec eux leur activité, leur industrie, et leurs richesses. C'est ici la premiere époque de la décadence des manufactures de la Vieille et de la nouvelle Castille, de l'Andalousie, et de l'Estremadure (Alexandre de Laborde, Itinéraire descriptif de L'Espagne, Tome 3 : Castilla; La Mancha; Gibraltar; Islas Baleares, 1808 - books.google.fr).

 

Hippolyte est chassé d’Athènes, et les Morisques le sont d’Espagne.

 

Le promontoire du Cheval : Rocheval

 

On peut faire de Rocheval la contraction de Roche Cheval.

 

Petit comptoir fondé aux environs de 1100 av. J.-C. par les Phéniciens sous le nom d'A'Kra, la ville passe sous l'influence de Carthage après la défaite d'Agathocle de Syracuse. Elle est ensuite occupée par les Romains sous le nom d'Hippo, Hippo Accra, Hippo Diarrhytus ou Diaritus ou encore Zaritus (Hippo-Zaryte dans le roman Salammbô de Gustave Flaubert). Pline l'Ancien la mentionne dans son Histoire naturelle sous le nom latin d'Hippo Dirutus, qu'il présente comme une déformation de l'adjectif grec diarrhutos qui signifie «traversé par des eaux courantes» (fr.wikipedia.org - Bizerte).

 

Hippoacra, ville entourée d'un lac et que sa situation rendait très-forte, la traduction du grec donne "Promontoire du cheval" (même si akra est phénicien). Hippoacra, ou Hippodiarrhytus, ville située à l'ouest d'Utique, aujourd'hui Biserte (Bibliothèque historique de Diodore de Sicile, traduit par A. F. Miet, Tome 6, 1837 - books.google.fr).

 

Après ses commentaires sur la situation de Bizerte, le trinitaire espagnol Ximenes, accompagnateur du médecin français Peyssonnel, précise à propos de Tebourba «(les maures andalous) juste après leur arrivée d'Espagne, avaient des écoles en notre langue. On leur disait pour les insulter qu'ils n'étaient pas de vrais maures et le Bey leur retira les livres et les écoles et depuis, ils oublièrent petit à petit la langue espagnole et apprirent l'arabe». Les accents sont identiques pour Testour. [...]

 

De ce témoignage, on peut retirer quelques conclusions. De Bizerte à Testour en passant par Soliman, Tebourba et Grombalia, les morisques installés dans la régence de Tunis au début du XVIIe siècle parlaient la langue castillane. Cette réalité mérite d'autant plus d'être soulignée que tous les morisques d'Espagne ne la maîtrisaient pas au moment de l'expulsion de 1609-1614 (Jocelyne Dakhlia, Trames de langues: Usages et métissages linguistiques dans l’histoire du Maghreb, 2017 - books.google.fr).

 

Thésée espagnol

 

Thésée intervient dans la légende de fondation de la ville de Madrid par le grec Ocnos, avancée par Pedro de Medina et Francisco Tarafa en 1553, puis par Juan Lopez de Hoyos en 1569 et 1572, sans intéresser les historiens de l'époque. La mère d'Ocnos est une conseillère de Thésée.

 

A l'extrême fin du XVIe siècle, en 1599, à l'occasion de la réception de Marguerite d'Autriche, épouse du nouveau roi Philippe III, les héros fondateurs réapparaissent enfin à Madrid. Deux sculptures en briques représentant Ocnos et sa mère sont en effet installées à l'emplacement actuel de la porte d'Alcala, pour commémorer la naissance glorieuse de la capitale. Dans son Histoire de Madrid publiée en 1629, Jeronimo de Quintana décrit ce dispositif iconographique avec précision. [...] Après ces premières représentations iconographiques du couple mythique en 1599 et 1615, il faut attendre Gil Gonzalez Davila en 1623, soit plus de 80 ans après l'invention de la légende toponymique par Francisco Tarafa, pour que le prince Ocnos soit intégré par un historien à un récit des origines de Madrid. S'il est difficile d'expliquer ce retard considérable dans l'assimilation d'Ocnos comme héros fondateur de la capitale madrilène, il est néanmoins possible d'avancer une hypothèse.

 

L'intérêt pour les récits de fondation de Madrid a été largement compromis par le déplacement de la Cour à Valladolid en 1601. La légende du prince Ocnos ne fait donc sa réapparition qu'une vingtaine d'années après la réinstallation définitive de la Cour à Madrid (Agnès Delage, Ocnos et son double : une homonymie grotesque, L'imaginaire du territoire en Espagne et au Portugal, XVIe - XVIIe siècles, 2008 - books.google.fr).

 

Les auteurs du siècle d'or espagnol consacrent à Thésée des pièces comme El laberinto de Creta (1621), de Lope de Vega, ou Los très mayores prodigios (1636), de Pedro Calderon de la Barca, où l'accent est mis sur les relations entre Thésée et les deux sœurs, Ariane et Phèdre. Ce sont, en effet, ces deux jeunes filles qui vont, une nouvelle fois, focaliser l'attention, rejetant dans l'ombre les autres acteurs du drame ancien (Catherine d'Humières, Le monstre en son labyrinthe dans les litteratures du XXème siècle en langues romanes, Tome 1, 2000 - books.google.fr, Grazia Profetti, Poder y estrategias editoriales de Lope de Vega, Représentation, écriture et pouvoir en Espagne à l'époque de Philippe III (1598–1621), 1999 - books.google.fr).

 

Lope de Vega Carpio (1562-1633), ce «prodige de la nature» (monstruo de la Naturaleza), selon le mot de Cervantès et de Guillen de Castro, est considéré aujourd'hui comme le plus grand des dramaturges espagnols. Outre ses comedias, fort nombreuses, Lope s'est essayé - et a réussi - dans bien des genres : poème épique, pastorale, roman d'aventures, poème narratif, églogue, épître, essai historique, conte, sonnet, parodie, etc. (Maurice Bardon, Histoire de Gil Blas de Santillane de Alain René Lesage, Volume 2 1955 - books.google.fr).

 

Lope de Véga, poete espagnol du seizième siècle, est auteur d'une pièce intitulée el Perseguido (1603), qui a plus d'un rapport avec Phèdre, qui a pu inspirer à Racine le personnage d'Aricie que les anciens n'avaient pas indiqué (M. Aimé-Martin, Oeuvres dramatiques de Jean Racine, 1844 - books.google.fr).

 

Bien que les colonnes d'Hercule, emblème personnel de Charles Quint, aient été continuellement présentes dans toutes les célébrations le concernant et sur les monuments réalisés pour ses funérailles, les représentations du héros furent très rares - on n'en compte que deux parmi les hiéroglyphes de Mexico. On évoqua également l'empereur par les figures de Thésée et d'Apollon, et l'on représenta les Furies, le fleuve Léthé et Phaéton. Un seul autre monument, celui de Valladolid, reprit une scène mythologique - celle des Parques - empruntée au livre de Cartari. À la mort de Philippe II, on ne représenta le roi en Apollon-Soleil qu'à Saragosse et à Séville, interprétant en outre à Saragosse son emblème propre par la figure égyptienne du Soleil aux cent mains (sol centimanus). À Séville, les hiéroglyphes le montrèrent deux fois en Hercule. Quant à Philippe III, il apparut à Séville une fois sous les traits d'Hercule et une autre comme foudre de Jupiter. La mythologie fut plus présente lors des funérailles en l'honneur du cardinal-infant à Tolède en 1642, où on le représenta en Hercule gaulois, en Atlas et en Phébus-Soleil, et où ses vertus furent incarnées par Amalthée et les trois Grâces. Pour les funérailles de Philippe IV, la mythologie est plus visible. Ce roi est le Soleil, Argos, et le compagnon de Jupiter (lequel, comme dans le cas de Philippe III, doit être l'empereur germanique), les vertus du roi sont celles de Thésée, Jason, Prométhée et Janus ; la reine Marie-Anne, quant à elle, apparaît sous les traits de la protectrice Daphné. C'est lors des funérailles de Saragosse que l'on rencontre le cas le plus significatif de recours à la mythologie pour incarner la personne ou les vertus des rois ; cela s'explique par le fait que toutes les funérailles dans cette ville furent réglées au XVIIe siècle par les Jésuites. Ainsi pour Philippe III apparaissent quatorze thèmes mythologiques, plus les quatre grandes figures d'Auguste, Numa, Alexandre et Janus. Huit thèmes mythologiques sont présentés pour Isabelle de Bourbon et treize pour Philippe IV. À partir de ce moment, la représentation mythologique disparaît presque complètement des funérailles royales (Mark Hengerer, Les funérailles princières en Europe: XVIe-XVIIIe siècle. 2. Apothéoses monumentales, 2019 - books.google.fr).

 

Néo-stoïcisme

 

Remis en honneur au XVIe siècle, vivifié et humanisé par la foi chrétienne [ ?], le stoïcisme était très vivant aux environs de 1610. Aucun lettré n'ignorait Juste Lipse, dont le traité de La Constance avait été traduit en français dès 1584 ; la réédition complète de ses Œuvres à Lyon, en 1613, témoigne de l'intérêt que l'on continuait à lui porter. En cette époque troublée, ses nobles leçons de soumission à la Providence et de constance face aux maux publics ou privés gardaient toute leur actualité :

 

J'appelle Constance la force inébranlable d'un esprit droit qui ne se laisse exalter ni abattre par les choses extérieures ou fortuites.

 

Les formules bien frappées du philosophe belge trouvaient d'excellentes illustrations dans les exemples du courage et de la vertu antiques, que la lecture de Plutarque avait remis dans les mémoires. Mais la France eut également ses propres maîtres du stoïcisme, Du Vair et Charron, qui vécurent, le premier de 1556 à 1621, le second de 1541 à 1603 (Madeleine Bertaud, La jalousie dans la littérature à l'époque de Louis XIII : analyse littéraire et histoire des mentalité, 1981 - books.google.fr).

 

C'est sur ce fond de morale néo-stoïcienne que le magistrat Guillaume Du Vair (1556-1621), convaincu que l'autonomie de la volonté commande à l'homme d'agir pour le mieux, appuie, durant les troubles de la Ligue, sa politique si prudente qu'elle a pu être tenue pour tortueuse. Publié en 1594, le volontariste et patriotique Traité de la constance et consolation és calamités publiques a, selon toute vraisemblance, été écrit pendant le siège de Paris, en 1590. On peut donc le tenir pour à peu près contemporain de ce Manuel d'Epictète, dont du Vair publie la traduction en 1591 et qu'il redistribuera dans sa Philosophie des Stoïques. Celle-ci est de peu postérieure à la Sainte Philosophie où il suit «la discipline des Pythagoriciens» et où Tertullien vient rejoindre Sénèque. De la même époque sans doute, un traité De la priere et une théocentrique Priere pour bien prier, qui veut «faire coopérer le corps et l'âme au ministère de la louange divine» [J. Jehasse, 1976]. Preuves que, dans l'esprit de Du Vair, stoïcisme et christianisme avaient partie étroitement liée pour remédier aux agitations d'une époque, qui lui doit aussi un Traité de l'eloquence françoise et des raisons pourquoi elle est demeurée si basse (1594). Dans cet ouvrage se lit, avec le dédain d'une vaine érudition, sa volonté de mettre au service de la royauté une éloquence qui tiendra son efficacité du refus total de l'abondance, du pathos, de l'ornatus. Si, au plan moral, Du Vair participe pleinement au mouvement du sénéquisme chrétien, en matière de style il préfère la manière orale et vivante de Cicéron à celle, qu'il juge trop écrite et trop tendue, de Sénèque. Rhétorique de la rigueur énergique, du «sublime» [M. Fumaroli, 1980], différente de la «rhétorique des peintures» que favorisent les Jésuites, différente aussi de la rhétorique de l'hyperbole et de la rhétorique de la pointe (style Nervèze) en faveur, toutes deux, à la Cour d'Henri IV et de Louis XIII (Robert Aulotte, Précis de littérature française du XVIe siècle: La Renaissance, 1991  - books.google.fr).

 

Gracian (Le Héros, 1637) attribue à Henri IV un «heroico desembarazo» ; pour lui, Henri IV est «le Thésée français» qui «con el hilo de oro del despejo supo desligarse de tan entricado laberinto» (il dénoue avec bonheur, en sa faveur, l'imbroglio dynastique et religieux du siècle précédent). Ainsi, Louis XI, Henri IV (« Thésée » français) sont constamment donnés en exemple par Graciân (Asensio Gutierrez, La France et les Français dans la littérature espagnole: un aspect de la xénophobie en Espagne, 1598-1665, 1977 - books.google.fr).

 

Baltasar Gracián y Morales, né à Belmonte del Río Perejil (aujourd'hui Belmonte de Gracián), près de Calatayud en Espagne le 8 janvier 1601 et mort à Tarazona, près de Saragosse, le 6 décembre 1658, est un écrivain et essayiste jésuite du Siècle d'or espagnol. L'œuvre de Baltasar Gracián peut se diviser en deux parties : dans la première, qui va du Héros (1637) à L'Homme de cour (1646), il s'attache à construire la figure de «L'Homme universel», sorte de héros mondain doué des vertus nécessaires à la réussite dans la société (au premier rang desquelles la vertu de prudence), dans une perspective qui n'est pas sans rappeler, au moins en apparence, le Prince de Machiavel. Dans la seconde partie de son œuvre, constituée par le Criticon, Gracián s'emploie à anéantir cette figure construite au fil des ouvrages antérieurs, et à condamner «sans appel [le] monument élevé par lui à la gloire du Héros.» (fr.wikipedia.org - Baltasar Gracian).

 

Thésée, Hercule et stoïcisme

 

Un an avant la Saint-Barthélémy, Robert Garnier choisit de raconter l'histoire de la mort d'un innocent et celle des tourments d'une âme divisée contre elle-même. Hippolyte est écrite en 1571 et publiée en 1573. Garnier s'appuie sur la Phèdre de Sénèque, mais Sénèque a écrit une tragédie de 1280 vers et Garnier en écrit une qui en compte près de 3000. Garnier a enveloppé la tragédie latine d'un tissu de réflexions personnelles dont la longueur égale celle d'une tragédie d'une durée normale. Outre les amplifications significatives des tirades de Sénèque, Garnier a écrit trois monologues originaux: celui d'Egée qui ouvre la tragédie, celui d'Hippolyte qui le suit immédiatement, et celui de la Nourrice qui est placé après les malédictions de Thésée et l'invocation à Neptune. Ces trois monologues révèlent le sens profond de la tragédie de Garnier. Notre auteur s'inspire du stoïcien Sénèque, et nous verrons est un néo-stoïcien ou plutôt un «stoïcien chrétien». En 142 vers, l'Ombre d'Egée situe la tragédie de Garnier sur le plan religieux et précisément sur le plan où les idées néostoïciennes des catholiques humanistes comme Garnier rencontrent les idées calvinistes sur la prédestination. Comme les stoïciens, Garnier constate que tout est soumis à une nécessité logique et que la seule liberté de l'homme est la liberté morale, une liberté morale qui s'oppose au libre-arbitre, une liberté amère, puisqu'elle ne peut rien changer sinon le jugement de l'homme. Nous trouvons chez Garnier, catholique sincère et fervent, l'idée de prédestination qu'on trouve chez les calvinistes et chez les jansénistes. N'est-il pas remarquable que le sujet de Phèdre et d'Hippolyte soit introduit sur la scène française par un néo-stoïcien, ou, si nous pouvons hasarder un néologisme, un pré-janséniste, et que ce même sujet soit mené à sa perfection par Racine et reçoive l'approbation d'Arnault ? (Claude Francis, Les métamorphoses de Phèdre dans la littérature française, 1967 - books.google.fr).

 

Ulysse et Hercule sont deux héros dont les stoïciens ont fait des figures mythiques du Sage. Sénèque nous en est témoin. Dans le traité Sur la constance du Sage, il écrit : «nos amis stoïciens ont jugé qu'ils (Ulysse et Hercule) sont des sages : invaincus par ce qu'ils ont eu à souffrir, méprisant le plaisir, vainqueurs de toutes les terreurs». Et nous apprenons, en même temps, les raisons qui ont conduit les stoïciens à en juger ainsi. Hercule et Ulysse ont surmonté les quatre «troubles» de l'âme que distinguaient les stoïciens : l'aegritudo, qui est un relâchement de l'énergie, dû à un jugement faux porté sur le présent, la uoluptas et la libido, qui sont, l'une et l'autre,  un jugement faux porté, pour la première, sur un prétendu «bien» présent, pour la seconde, sur un prétendu bien projeté dans le futur ; enfin la peur (metus), jugement faux relatif à un prétendu mal futur (Pierre Grimal, Présence du stoïcisme dans l'Hercule furieux de Sénèque, Hommages à Jozef Veremans, 1986 - books.google.fr).

 

Promontoires

 

Ce mot Acra en Grec veut dire montagne ou promontoire.

 

Se rendre ferme comme le roc que les vagues ne cessent de battre. Il demeure immobile, et l’écume de l’onde tourbillonne à ses pieds (Marc Aurèle, Pensées, Livres IV, 170-180 - remacle.org).

 

Le texte grec emploie le terme "akra".

 

«Sois semblable à un promontoire, contre lequel les flots viennent sans cesse se briser; le promontoire demeure immobile, et dompte la fureur de l’onde qui bouillonne autour de lui». Marc Aurèle, IV, 49. Cette comparaison est empruntée à Sénèque, De Sap. const., 3 : "Quemadmodum projecti in altum scopuli mare frangunt, nec ipsi ulla sœvitiæ vestigia, tot verberati seculis, ostentant ; ita sapientis animus solidus est" (Pierre Montée, Le stoïcisme a Rome, 1865 - books.google.fr).

 

Marc Aurèle a dix-sept ans lorsque l'empereur romain Hadrien (76-138) meurt. Celui-ci a désigné comme successeur Antonin le Pieux (86-161) et lui a demandé d'adopter Marc Aurèle ainsi que Lucius Verus (130-169, le fils du successeur qu'Hadrien avait d'abord choisi mais qui était décédé), en lui laissant la possibilité de les désigner tous deux au gouvernement de l'Empire ou de n'en choisir qu'un seul Antonin choisit Marc Aurèle, mais lorsque ce dernier accède au pouvoir à quarante ans, en 161, il associe son frère adoptif Lucius Verus (Nicolas Cantonnet, Marc Aurèle (Fiche philosophe): Comprendre la philosophie avec lePetitPhilosophe.fr, 2013 - books.google.fr).

 

Sénèque ouvre sa pièce Phèdre (appelée aussi Hippolyte) par un monologue d'Hippolyte mentionnant le cap Sounion (Théatre de Séneque, Tome 1, traduit par Jean Marie Louis Coupé, 1795 - books.google.fr).

 

Citium, dans l'île de Chypre, est située sur un golfe au levant duquel s'enfonce une peninsule, où l'on place deux promontoires : Dades, au couchant aujourd'hui cap Chiti ou Tigita; et Throne, à présent cap de Pile au de la Groda. C'est la patrie de Zénon, chef de la secte Stoïcienne et du fameux médecin Appollonius. Il n'est resté de cette ancienne ville qu'une vieille tour demi-ruinée avec quelques cabanes, que les modernes appellent Chiti (Joseph-Romain Joly, L'Ancienne géographie universelle comparée à la moderne, 1801 - books.google.fr).

 

Iosephus vult esse Cyprum, scribens veteris appellationis vestigium ibi servari in urbe Kitiôn : quam veteres Tabulæ mihi monstrant ad Euroaustrum in Sinu, quem faciunt duo Promontoria Throni & Dades : recentiores vero opidum Chiti nominant ad Promontorium Occidentalius; quod Dades olim, ut dixi, hodie ab ipsa urbe, Capo Chiti (Paulli Merulae Cosmographiae generalis libri tres, 1621 - books.google.fr).

 

Francisco de Quevedo

 

Francisco de Quevedo (Madrid, 1590 - 1645), en dépit de sa conduite dissolue et de beaucoup de ses écrits satiriques, est un homme fondamentalement pessimiste. [...] Cela est si vrai qu'à vingt-quatre ans, poète déjà admiré du public, il entretient une correspondance avec Juste Lipse qui ne s'achèvera qu'avec la mort de l'humaniste. Quevedo écrit un petit ouvrage qui, selon lui, «peut servir d'introduction au manuel d'Epictète, car il s'inspire des doctrines stoïciennes en tant qu'elles sont compatibles avec la foi». [...]

 

Quevedo, volontairement oublieux de l'ontologie stoïcienne, trahit nécessairement sa morale et son message universaliste. En effet, rien n'est plus étranger au patriotisme religieux, chauvin et xénophobe de notre auteur que le cosmopolitisme généreux des stoïciens qui découle nécessairement de cette ontologie escamotée. Quevedo tient tout ennemi de l'Espagne pour un ennemi de Dieu et passe sa vie à haïr l'autre. Dans une détestation sans cesse réitérée, il abomine les athées, les hérétiques, les morisques, les Turcs, les juifs, les Hollandais, les Français, les réformés et rappelle que son pays ne doit jamais abandonner son rôle de paladin de Dieu qui triomphera par les armes dans le monde et contre le monde entier. [...] Mais ce n'est pas assez de trahir le stoïcisme par omission, par ignorance et distorsion, il faut lui donner une origine digne du christianisme avec lequel il voisine si bien. Le stoïcisme est donc, selon notre auteur, directement issu de l'enseignement biblique où il a emprunté sa doctrine. «De si belles vérités, celles des stoïciens, ne peuvent avoir d'autre source. Elles ont toutes pour origine le livre sacré de Job». La géographie confirme cette assertion : «Zénon et de nombreux stoïciens s'enorgueillissent d'avoir vu le jour aux confins de la Judée où est née la sagesse de toutes les nations.» Né à Citium, ville phénicienne, le philosophe a découvert par l'intermédiaire des Phéniciens le livre de Job ; ainsi Zénon et Epictète connurent Job et purent faire leur profit du miel de sa sagesse (H. Mechoulan, Quevedo stoïcien ?, Le Stoïcisme au XVIe et au XVIIe siècle: Le Retour des philosophies antiques à l'âge classique -, Volume 1, 2014 - books.google.fr).

 

1626: Parution de la Vida del Buscón, écrite entre 1605 et 1622, dans une version expurgée, les versions manuscrites ayant circulé révélant un texte plus corrosif. Ces précautions ne sont toutefois pas suffisantes pour empêcher une dénonciation à l’Inquisition en 1631.

 

L’hôtelier était morisque et fripon ; de ma vie je n’ai vu chien et chat si bien unis, ni si fort d’accord que ce jour-là ("Chat" est l’expression qui désigne une personne malhonnête, "chien" est le terme argotique employé pour désigner un musulman). [...] L’hôte et maître était de ceux qui croient en Dieu par frime ou d’après de fausses idées. On appelle ces gens-là morisques et il y en a quantité parmi les personnes du commun, de même que de ceux qui ont de grands nez et qui n’en manquent que pour flairer du cochon (Francisco de Quevedo, El Buscón - La Vie de l’aventurier Don Pablos de Ségovie, vagabond exemplaire et miroir des filous, traduit par Rétif de la Bretonne  - aldus2006.typepad.f).

 

Quevedo écrivit en 1630 Tira la piedra y esconde la mano o El chitan de las tarabillas. Selon lui, le mal qu'il observe sous Philippe IV n'est que la conséquence des politiques néfastes menées par les différents souverains qui l'ont précédé :

- Charles Quint laissa à Philippe II des finances en un état désastreux : «herencia tan necesitada...».

- Philippe II ne fit qu'aggraver la situation par une série d'actions inconséquentes ou de gaspillages : con el Escurial y otras niñerías la extremó más...

- Philippe III, quant à lui, ne se comporta guère mieux puisqu'à vouloir défendre le catholicisme par toute l'Europe et à expulser les morisques, il a ruiné le pays. Notons au passage que Quevedo, pour une fois, délaisse son attitude antimorisques pour faire ressortir que cette mesure fut néfaste sur un point au moins, car elle contribua à dépeupler une Castille qui se trouvait déjà en pleine crise démographique : la dejaron sin gente porque salieron... (R. Querillacq, A propos du «Chitón de las tarabillas» de Quevedo. In: Bulletin Hispanique, tome 82, n°3-4, 1980 - www.persee.fr).

 

Rochevaux ou Roquevaux

 

Guillaume du Vair, né à Paris le 7 mars 1556 et mort à Tonneins le 3 août 1621, était un prélat, homme politique et écrivain moraliste français. Garde des sceaux sous Louis XIII, il disait de son père, le savant jurisconsulte Jean du Vair, qu'il avait toujours gardé l'accent du village de Tournemire dont ils étaient originaires. Traducteur d'Épictète, Du Vair prônait l'acceptation stoïque de «la condition humaine».

 

Henri IV lui confie la présidence de la Cour de Justice souveraine à Marseille, puis le nomme premier président du Parlement de Provence. Occupant ces fonctions pendant 17 ans de 1599 à 1616, il concourt à pacifier cette province à l'origine ligueuse.

 

Il embrassa le parti des politiques dans les discordes civiles françaises. Nommé garde des Sceaux de France le 16 mai 1616, il démissionna volontairement six mois plus tard. Louis XIII nomme Claude Mangot pour le remplacer, qui le 25 avril 1617 à la mort du maréchal d'Ancre, lui rend les sceaux. Le roi rétablit du Vair, office qu'il tient jusqu'à sa mort. Il eut à lutter contre les intrigues des courtisans. Il fut fait comte et évêque de Lisieux en 1617 (R. Querillacq, A propos du «Chitón de las tarabillas» de Quevedo. In: Bulletin Hispanique, tome 82, n°3-4, 1980 - fr.wikipedia.org).

 

A Aubagne, on connaît la famille Albert de Rochevaux ou Roquevaux.

 

L'an 1610, par acte du notaire Mottet, l'évêque de Marseille Jacques Turricella, mort assassiné (19 janvier 1618), sous-inféoda à la famille Albert, sous le nom de Rochevaux ou Roquevaux, partie de la terre Saint-Pierre, à la rente d'une paire de perdrix tous les ans. Le 29 octobre 1614, il y eut sous-inféodation d'une autre partie de cette terre sous le titre de Terre-Haute, à la rente de deux perdrix et de deux panaux de blé (Alfred Saurel, Dictionnaire des villes, villages & hameaux du département des Bouches-du-Rhône, Tome 2, 1878 - books.google.fr).

 

Pour cette faveur nouvelle à la cense des deux perdrix,on ajouta deux panaux de blé, c'était entrer à bon marché, comme on voit, dans la hiérarchie féodale (E. Masse, La commune d'Aubagne, Provincia: bulletin trimestriel de la Société de Statistique, d'Histoire et d'Archéologie de Marseilles et de Provence, Volumes 10 à 11, 1847 - books.google.fr).

 

La famille D'ALBERT DE ROQUEVAUX se disait, comme celle des ducs de Luynes, issue de la famille Alberti de Catenaia de Florence et en portait les armes : d'azur à quatre chaînes d'or mouvant des angles et réunies en cœur par un anneau d'argent. Dans la réalité son auteur, François Albert, était sous François Ier simple hôtelier à Aubagne. Il fut père de Joseph Albert, marié en 1558 à Marguerite de Bausset, qui fut gentilhomme de la chambre du Roi, et grand-père de Jacques Albert qui fut nommé en 1598 conseiller au Parlement de Provence. Le petit-fils de ce dernier, Joachim d'Albert de Roquevaux, fut maintenu dans la noblesse, le 14 décembre 1668, par arrêt des commissaires du Roi chargés de la recherche des faux nobles en Provence. Sa descendance s'éteignit avec Clotilde-Eugénie d'Albert de Roquevaux, mariée en 1823 au comte de Beauquaire, décédée en 1867 (Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire Des Familles Françaises Anciennes Ou Notables À la Fin Du XIXe Siècle, Tome 11 : Additions et corrections, 1983 - books.google.fr).

 

Luynes

 

Gabriel Naudé publie Le Marfore  ou discours contre les libelles. Quae tanta insania, cives ? (1620) et l'Instruction à la France sur la verité de l'histoire des Frères de la Roze-Croix (1623) ; le premier fut en effet écrit à l'occasion de la floraison d'opuscules qui attaquaient le duc de Luynes, favori de Louis XIII, tandis que le second par l'apparition en France de manifestes attribués à de mystérieux Frères de la Rose-Croix (Lorenzo Bianchi, Entre Renaissance et Baroque : force dissimulation dans les Considérations politiques de G Naudé, Le baroque: actes du colloque organisé en novembre 1998 par l'Istituto universitario orientale (Naples) et l'Université de Bourgogne (Dijon), 2003 - books.google.fr).

 

...je ne puis que je ne blâme grandement, voire même que je ne condamne l'impudence et trop audacieuse liberté de ces libelles, desquelles l'on pourrait dire avec raison que : «Centaures et Scylles biformes sont à l'écurie devant les portes; Ils préparent leurs épées, posent à terre et cachent leurs boucliers»; Proverb. puisque selon l'Écriture : «Les paroles des impies sont des pièges de sang», et que leur dessein ne vise à autre but qu'à mutiner une populace, susciter de nouveaux troubles et remuements, brouiller les affaires et (comme les pêcheurs d'anguilles) troubler l'État pour se hausser sur ses ruines, revêtir de ses dépouilles, et enrichir par sa pauvreté; ne considérant point le péril qui gît à mettre le feux ès quatre coins de cette grande ville, faire briser cet Hippolyte de la France par leurs monstres de calomnies, et jeter les flambeaux de sédition dedans une matière, laquelle n'est que trop subite à prendre, trop furieuse en ses embrasements, et très difficile à éteindre...

 

Cet Hippolyte de la France : Hippolytus, prince qui n'aimait pas la chasse, fils de Thésée et d'Hippolyte Amazone. Ayant rejetté avec horreur les recherches impudiques de Phèdre sa belle-mère, il fut accusé d'inceste par cette malheureuse. Il fut chassé par son père, et se retira de Trœzene sur son char; mais ses chevaux s 'effrayèrent à la vue d'un monstre marin envoyé contre Hippolyte, et l'emportant au travers des rochers, le renversèrent, et le mirent en pièces (Moréri, Le Grand Dictionnaire..., 1759) (Gabriel Los d'Urizen, Le Marfore ou Discours contre les libelles: D'où vient cette si grande folie citoyen ? de Gabriel Naudé, 1997 - books.google.fr).

 

Chez Naudé, ici, "Hippolyte de France" désigne Luynes.

 

Concini

 

Alberto, un des fils de Benci, seigneur de Catenaia, fit de son prénom le nom même de ses descendants. Suivant l'abbé Gamumni, c'est la maison d'Accia d'Arezzo qui est la souche des Alberti. Nicole Pallanti, chevalier arétin, confirme cette origine à Giovanni Alberti dans une lettre datée du 22 mars 1349 et reproduite par Scipione Ammirato. Dès l'an 1301, on voit les Alberti tenir à Florence état de grands seigneurs. Lorsqu'en 1384, le frère de Pietramala, l'évêque Pietro Sanone vendit aux Florentins la ville d'Arezzo, les fêtes dont cet événement furent le motif donnèrent aux Alberti l'occasion de déployer une magnificence qualifiée de royale par les historiens. Ils parvinrent neuf fois à la haute dignité de gonfalonier. Leurs armes, que Domenico Maria Manni reproduit dans son Senato fiorentino, sont d'azur à quatre chaînes d'or mouvantes des quatre coins de l'écu et liées en cœur à un anneau de même. Une famille noble de Provence, originaire d'Aubagne, les d'Albert, seigneurs de Roquevaux, blasonnent pareillement, si ce n'est que l'anneau est d'argent. J'ignore sur quelles considérations se fonde Ammirato le jeune (Maisons illustres) pour rattacher les Concini aux Alberti, et relever ainsi la naissance du maréchal d'Ancre; toutefois ce dernier pouvait accoler à son écu celui de sa femme, héritière des Galigai, dont les armes sont semblables à celles des Alberti, sauf qu'elles sont d'azur en champ-d'or. Cosimo Bartoli dédia le petit traité de Leon-Battista intitulé la Cifra à un Bartolomeo Concini (Claudius Popelin, De la statue et de la peinture, traités de Leon Battista Alberti (1404-1472), 1868 - gallica.bnf.fr).

 

En 1615, Marie de Médicis appelle Guillaume Du Vair aux Sceaux. Le Premier Président au Parlement de Provence gagne Paris en compagnie de Peiresc. Celui-ci, qui lui sert de secrétaire, ne le quittera plus désormais, même pendant sa courte disgrâce, Dès 1617, Du Vair est rétabli dans sa haute charge par Louis XIII et Luynes, vainqueurs de Concini, tandis que Richelieu, «créature» de la de la Reine-Mère, doit s'exiler en Avignon. De 1615 à 1621, jusqu'à la mort du Garde des Sceaux, Peiresc exerce auprès de lui des fonctions208 qui ne sont pas sans analogie avec celles que Boisrobert et Chapelain occuperont dans l'entourage de Richelieu devenu «principal Ministre». Mais Boisrobert et Chapelain exerceront le mécénat cardinalice en faveur des «gens de lettres» qui ont l'oreille des gens de Cour. Peiresc, au nom de Du Vair, met le crédit et les ressources officielles du Garde des Sceaux au service des érudits, savants et voyageurs qui travaillent à l'accroissement des «bonnes lettres», au sens de l'encyclopédie humaniste. Avec la mort de Du Vair et le retour de Peiresc à Aix, c'est le XVIe siècle des doctes chrétiens qui s'achève. Trois ans après la mort de Du Vair en 1624, Richelieu entre au Conseil. Avec quel dédain il juge dans ses Mémoires l'incapacité politique du stoïcisme chrétien des magistrats érudits (Marc Fumaroli, L'Age de l'éloquence : Rhétorique et «res literaria» de la Renaissance au seuil de l'époque classique, 2002 - books.google.fr).

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