

Guerre de succession du PortugalI, 351583Le lyon jeune le vieux surmontera, En champ bellique par singulier duelle, Dans cage d’or les yeux luy crèvera, Deux classes une, puis mourir, mort cruelle. Henri II
Ce n'est qu'à la fin du XVIe siècle, chez César de Nostredame (p. 782), mais pas encore chez Jean-Aimé de Chavigny, que ce quatrain fameux
— «délice des croyants et cauchemar des incrédules», dira Buget - fut rapproché du tournoi du 1er juillet 1559 au cours duquel Henri II reçut un coup de lance dans l'oeil, dont il mourut quelques jours après
(Pierre Brind'Amour, Les premières centuries, ou, Propheties de Nostradamus (édition Macé Bonhomme de 1555), 1996 - books.google.fr). Dans l'oeil mais pas dans les deux yeux.
Écoutons maintenant César parlant des Centuries : "Il arriva l'an d'après (1555) que Michel de Nostredame me dédie étant dans le bers et met au jour les Centuries
qui le rendant immortel me feront suivre les traces et le chemin de vertu que lui avoient frayé ses pères".
Théodore Bouys (1751-1810) dans son Nostradamus (1806) lit "deux casses", et il dit : «Cette cage d'or est le casque du roi, qui seul avoit le droit d'en avoir un d'or pur;
et deux casses une, c'est-à -dire que d'une casse, qui vient du mot cassis, casque, il s'en fit deux par la violence du coup.» Par cela on peut juger du reste
(F. Buget, Etudes sur Nostradamus, Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire, Volume 21, 1863 - books.google.fr). Infortuné coup de lance, qu'vn certain personnage excellent sembloit auoir monstré au doigt à l'vn de ses quatrains prophetiques quelques ans auparavant, où il chante ces mesmes vers,
Michel de Nostredame en ses centuries propheties.
Le Lyon jeune le vieil surmontera
En champ bellic par singulier duelle,
Dans cage d'or les yeux luy creuera.
Prophetie à la verité estrange, où pour la cage d'or se void le timbre Royal depeint au vif
(César Nostradamus, L'histoire et chronique de Prouence, 1614 - books.google.fr). On remarque qu'il manque le dernier vers, que César ne parle pas des Centuries mais des Propheties.
Ailleurs (p. 982) il parle du 71e quatrain des Centuries (de la première) parlant de Marseille et de la "Tour de Boucq" :
...quelques uns auoyent voulu appliquer aux diuers euenements de ces prises & reprises le septantevnieme quatrain des Centuries de Michel de Nostradame,
dont ie laisse le iugement & la conference des paroles predictes à la chose aduenuê plus de quarante ans apres.
Le vers manquant pourrait faire penser que le corpus des Centuries n'était pas complètement constitué en 1614.
Le deuxième qui a écrit du même sujet, sous le titre toutefois de l'Histoire & Chronique de Prouence, est Cesar de Nostradamus Gentilhomme de Salon,
fils du celebre Michel Auteur des Centuries; pour le iugement des œuures de qui, voicy ce qu'en dit le sus-allegué sieur de Peiresc (au rapport du sieur
Gassend, au liure 3. de sa vie, sur l'an 1614.) Comme il luy restoit quelque peu d'heures pour l'étude, il vouloit les employer à la lecture de l'Histoire
de Prouence, que cette même année 1614. Cesar de Nostradamus auoit mise en lumiere. Et pour dire quelque chose duiugement que ce grand homme faisoit de cet Ouurage,
il n'approuuoit aucunement Son stile, pour la pluspart Poëtique, ny sa trop grande credulité, ajoûtant foy à de certains instrumens, que d'autres plus authentiques
monumens conuainquoient d'erreur : ny sa façon de compter les années au commencement de Ianuier, lors qu'on les comptoit encore du iour de la Fête de l'Incarnation du Fils de Dieu.
Il n'approuvoit pas non plus, que, ne disant rien, ou fort peu de chose, de l'ancienne Noblesse, il se fût occupé à la recherche de la nouuelle, & autres choses semblables.
Ie suis bien en peine de faire mon iugement sur les Oeuures de cet Auteur, & fais grande violence à mon humeur, qui est de ne vouloir offenser personne. Si faut-il pourtant
dire la verité, & voudrois que ce me fût assez de dire, que, de tous les liures qui font venus à ma connoissance, il n'y a aucun qui m'ait moins satisfait que celuy-cy,
soit pour le langage ennuyant, & les redites superfluës, soit pour le stile poëtique, soit pour le grand nombre de choses inutiles qu'il rapporte soit pour l'ordre fans ordre de ce qu'il traite.
(Honoré Bouché, La chorographie ou description de Prouence et l'histoire chronologique du mesme pays. Tome premier, 1664 - books.google.fr,
Pierre Gassendi (1592-1655), Viri illustris Nicolai Claudij Fabricij de Peiresc, senatoris aquisextiensis vita (1641), 1655 - archive.org). Autres possibilité
La Suisse, en 1547, eut un spectacle plus complet, en dehors de la lutte des deux armées où on put admirer deux lions qui se livraient un combat
terrible, tellement que l'un décapita l'autre avec ses dents (Caput mordicus avulsit)
(C. Maze, Les armées météores, Cosmos (Paris. 1885): revue des sciences et de leurs applications, 1889 - books.google.fr). A l'horizontale, entre les armées et les lions, une croix blanche est étendue, dont le pied se transforme en fléau. Cela n'est pas notre
quatrain, mais cela établit le contexte dans lequel il convient de le replacer. Nous poserons donc l'hypothèse que le prodige que décrit ici Nostradamus
représente un combat céleste entre deux protagonistes dont les blasons représentent des lions; l’un enfonce sa lance dans la visière de l’autre :
c’est l’annonce de la victoire future. L’un est jeune, l’autre vieux; en 1554, quand Nostradamus compose ces vers, dans la perspective du moment,
le jeune est Henri II, le vieux, avec son heaume doré, Charles Quint. Et voilà bien l’interprétation traditionnelle renversée !
(Yvonne Bellenger, Nostradamus et la poésie-fiction, Littérature et prophéties à la Renaissance, Babel N° 4, 2000 - journals.openedition.org). Figure gravée dans le recueil de Conrad Wolffhart dit Lycosthènes (1518-1561), Prodigiorum ac ostentorum Chronicon, Basilæ, per Henricum Petri, 1557, in-folio :
p. 595. Scène vue sur une montagne de la Suisse en 1547. Conrad Lycosthènes rapporte comme sûr le fait des montagnards qui virent, à la hauteur des nuages,
deux armées aux prises, deux lions dont un arrachait la tête à l'autre, et une croix blanche, renversée, et terminée par une verge en forme de flabellum.
La gravure montre deux des témoins près d'un rocher. Cette scène ne se rattache point aux apparitions de «tempestarii», magiciens aéronautes qui parfois viennent à terre,
ni à celles des bandes, chasses ou mesnies qui errent dans les airs par un destin d'expiation, mais à celles qui présagent les révolutions des empires, comme
les visions cométaires de 457 et 1180 dont on voit les figures dans l'ouvrage de Lubienitz. Ces prodiges subjuguent le moyen âge
et occupent encore terriblement les esprits au temps de Descartes. La croix, la verge et le flabellum désignent ici la papauté
(Jules Duhem, Musée aéronautique avant Montgolfier, recueil de figures et de documents pour servir à l'histoire des idées aéronautiques avant l'invention des aérostats, 1944 - books.google.fr). Contemporain du combat céleste de deux lions en Suisse en 1547, l'épisode de l'aveuglement par son fils (jeune) en 1543 du roi de Tunis (vieux) qui meurt empoisonné en 1550
(Gustave Gruyer, L'art ferrarais à l'époque des princes d'Este, Tome 1, 1897 - books.google.fr,
fr.wikipedia.org - Abu Abd Allah Muhammad V al-Hasan). Il y aurait bien Léon ("lion") Phocas (mais 70 ans) compétiteur au trône avec Romain Lécapène (50 ans : vieux) qui le bat en 920 et lui fait crever les yeux à Léontocéphale,
appelée aussi Goeleont qui a le sens populaire de "piège de Léon" ("cage"), au pays de Crésus ("or")
(William Ramsay, Le théma Léontokomeôs et le « Kaystroupédion» de Xénophon. In: Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 79e année, N. 2, 1935 - www.persee.fr,
Journal of the American Oriental Society, Volumes 65-66, 1945 - books.google.fr). Ou bien : le seldjoukide Alp Arslan «Lion Héroïque» en turc (1029 -1072), fait prisonnier à la bataille de Mantzikert (1072) Romain IV Diogène qui combat
lui-même et qui, libéré sera renversé par Jean Doukas lequel lui fait crever les yeux à Cotyaieon. On crève souvent les yeux à Byzance et cette pratique a influencé les pays alentours comme la
Serbie. Mais Alp Arslan et Romain ont le même âge, 42 ans
(fr.wikipedia.org - Alp Arslan,
Les Turcs au moyen-age, textes byzantins, 1990 - books.google.fr). Les deux yeux
du littoral : Cicéron et Scipion Alors que ce quatrain fut considéré par beaucoup comme l’annonce de la mort de Henri
II, les deux derniers vers semble se rapporter à une bataille navale. En effet « classes » vient du latin « classis » désignant une
flotte navale, et l’expression « les yeux lui crèvera » fait référence à une citation de Cicéron : « Duo illos oculos orae maritimae
effodere », c’est à dire « crever ces deux yeux du littoral », c'est-à -dire Carthage et Corinthe (De Natura Deorum Libri III 3,91)[1]. Critolaus, inquam, evertit Corinthum; Carthaginem Hasdrubal: hi duo illos oculos oræ maritimæ effoderunt, non iratus alicui, quem omnino irasci posse negatis, deus.
(je crois que si ces deux ornements de notre mer, Corinthe et Carthage, ont disparu, il faut en accuser, pour l'une, Critolaus, et pour l'autre, Asdrubal, et
non pas la colère d'un dieu, puisqu'un dieu ne saurait, dites-vous, se mettre en colère) (De la nature des dieux)
(Marcus Tullius Cicero, Oeuvres complètes, Tome 7, 1891 - books.google.fr). Dans une enluminure de Loyset Liédet (1420?-148.), peinte dans un manuscrit du XVe siècle de Wauchier de Denain Histoire ancienne jusqu'à César,
Scipion l'Émilien touche de sa lance un Celtibère qui l'avait défié en un combat singulier
(portail.biblissima.fr). La deuxième guerre punique dura huit ans jusqu'à la défaite d'Annìbal l'an 554 ; enfin la troisième
commença l'an 603, & dura cinq ans, jusqu'à quand l'an 608 que le second Scipion rasa Carthage, la même quand année que Memmius
avoit réduit Corinthe en cendres [ce dont parle la citation de Cicéron ci-dessus] Ce Scipion qui détruit Carthage est Scipion Emilien petit-fils adoptif de Scipion l'Africain qui défait Hannibal. Dans cette dernière guerre contre Carthage, après plusieurs échecs des amrées romaines, Scipion Emilien fut choisi comme chef. Le dernier effort carthaginois
fut deux batailles navales. En latin "classis" désigne volontiers une flotte marine. Il renforça d'abord les travaux de siège. Puis il attaqua le camp de Nepheris, il remporta la victoire et il détruisit l'armée qui y avait pris ses
quartiers. Se retournant vers Carthage, il fit pénétrer ses hommes dans la ville par son point faible, l'entrée du port de commerce. Les assiégés contre-attaquèrent.
En vain. Ils creusèrent une autre sortie pour leurs navires et, dans deux batailles navales, ils affrontèrent la flotte romaine (été 147). Egalement sans succès
(Yann Le Bohec, Histoire des guerres Romaines: Milieu du VIIIe siècle avant J.-C. – 410 après J.-C., 2017 - books.google.fr). Un lion Le "vieux lion" (Hannibal, né en -246, a plus de 45 ans après la défaite de Zama ), usé par la
guerre, devenu borgne dans les marais étrusques, se retire et attend le moment favorable. Il n'a plus, derrière lui, ni les ressources espagnoles, ni les
fidèles contingents ibériques. Toutefois, sa retraite ne semble pas si totale. Si l'on en croit Cornélius Nepos, il ne cessa pas d'être général et
"rentré dans sa patrie, Hannibal fut créé roi après avoir été général pendant vingt ans Le destin du vieux lion est un jour d'être chassé ou tué par le lionceau devenu grand Pour Silius Italicus, Annibal est déjà le Lion de Libye A la mort de Massinissa, Scipion Émilien avait partagé la Numidie entre les trois fils du vieux prince : une fin prématurée
enleva les deux aînés, et le troisième, Micipsa, resta seul roi, mais il avait lui-même deux fils, Adherbal et Hiempsal, entre
lesquels il comptait aussi diviser ses États. Avec ses enfants, Micipsa avait élevé le fils naturel d'un de ses frères, Jugurtha, qui semblait avoir hérité
de l'indomptable courage et de l'ambition peu scrupuleuse de son aïeul. Comme Massinissa, c'était le meilleur cavalier de l'Afrique, et nul n'attaquait le
lion avec plus de courage dans les grandes chasses du désert Polybe rapporte qu'en Afrique les lions attaquaient des villes et que, lorsqu'il s'y était rendu avec Scipion Emilien, il avait vu
qu'on en avait mis en croix pour l'exemple, parce que, croyait-on, la crainte d'un pareil châtiment détournerait les autres de commettre la même faute Mais simplement en tant qu'Africain, Scipion Emilien est lié au lion à travers le génie tutélaire de l'Afrique. Africa est simplement considérée
par les Romains comme la déesse topique de l'Afrique (surtout proconsulaire). Parmi tous les Génies, il en est un qui protégeait spécialement la terre
d'Afrique : le Genius Terrae Africae, divinité étrange, aux origines obscures, que l'on représentait avec un corps feminin léontocéphale confondue avec Tanit-Caelestis. Sous l'influence romaine, se produisit
une dissociation : entre la déesse qui s'humanisa totalement et l'animal - le lion - qui devint son attribut. Figurée dès lors avec une tête humaine, coiffée
de la dépouille d'éléphant, la dea Africa reçut un culte privé qu'attestent de nombreuses statuettes en terre culte ou en bronze Polybe, compagnon de Scipion Emilien, rapporte que dans leur vieillesse les lions attaquent l'homme, parce qu'il ne leur reste plus assez de force pour
poursuivre les bêtes fauves; qu'alors ils assiégent les villes d'Afrique, et qu'avec Scipion il en vit qu'on avait mis en croix, pour effrayer les autres par la crainte d'un pareil supplice.
XIX. Seul entre les bêtes sauvages, le lion a de la clémence à l'égard des suppliants; il épargne ceux qui sont terrassés; sa fureur s'exerce plus sur les hommes que sur les femmes; il n'attaque
les enfants que poussé par la faim. Les Libyens croient qu'il comprend les prières : toujours est-il que j'ai entendu raconter à une captive revenue de Gétulie, qu'elle avait adouci dans les bois
la férocité de plusieurs lions en osant leur parler, et leur dire qu'elle était une femme fugitive, malade, une suppliante aux pieds de l'animal le plus noble de tous et leur maître, et une proie
indigne de sa gloire (Pline, Histoire naturelle, Livre VIII, XVIII-XIX)
(Histoire naturelle de Pline, Tome 21, traduit par Emile Littré, 1883 - books.google.fr). Au milieu de toutes les barbaries & de tous les brigandages qui deshonoroient Luculle, il acquiert une réputation de clémence & de probite même parmi les Espagnols
Le fier Asdrubal se livre à Scipion & a la lâcheté d'implorer la clémence du vainqueur. Qui lui accorde la vie, & le garde pour servir d'ornement à son triomphe.
La femme d'Asdrubal poignarde ses deux enfans, & qui se précipite avec eux du haut du temple dans les flâmes qui le consumoient, arrache des larmes au Général Romain.
Il abandonne Carthage au pillage
(Histoire universelle depuis le commencement du Monde, jusqu'à présent; Traduite de l'Anglois, Tome 14, 1753 - books.google.fr). "vieux"
Le fils de l'Espagnol d'Intercatie,
dont Scipion Émilien tua le père après défi, avait un cachet où était figuré ce
combat: «Qu'eût-il fait, disait en riant Stilon Préconinus, si son père
eût tué Scipion ?» (Livre XXXVII) Polybe, historien grec (210-125 av. J.-C.) auteur d'une Histoire générale, qui raconte le combat de Scipion Émilien et d'un chef "barbare"
en Celtibérie, à Intercatia, en l'an 151 av. J.-C. : "Un des barbares s'avança à cheval entre les deux armées. Il était remarquable par la beauté
de ses armes et il lança un défi à quiconque parmi les Romains oserait se mesurer à lui. Et d'abord personne ne releva la provocation. Il se
moquait des Romains en prenant des poses de danseur, puis il repartait. Il renouvela plusieurs jours son appel. À la fin, le jeune Scipion,
souffrant de l'insulte, s'élança contre lui, livra le combat et fut vainqueur, quoique le Celte fut grand et lui petit".
Ce récit dont la source est Polybe, ami de Scipion et bien informé d'événements dont il était contemporain, montre que le Gaulois prend l'initiative.
La mimique du «barbare», son pas de danse sont sans doute des mouvements rituels; comme la beauté des armes, ils doivent fasciner l'ennemi et lui
imposer un sentiment d'infériorité et d'impuissance. Dans un fragment de Polybe, on voit Scipion hésiter, se demander si malgré sa colère,
il est bien raisonnable de répondre au défi. Ce genre de combat singulier si cher aux Gaulois, appartenait pour les Romains à une époque révolue.
Pour comprendre le sens de ces duels, il faut regarder vers l'épopée, celle des Grecs et celle des Celtes : «S'il existait une Iliade celtique,
nous y trouverions des Achille et des Ménélas, des Ajax et des Thersite», dit R. Verdier dans son article sur les Gaulois (Dossier de l'histoire n ° 29, p. 37).
Mais ces héros ne manquent pas dans les légendes, ils s'appellent Fergus, Ailill, Finn, Cuchulainn... Dans Les Commentaires la personnalité de plus
d'un chef s'est imposée suffisamment pour que César ait dessiné ou esquissé en quelques lignes leurs portrait : il y a l'Helvète Divico, Lucterios le chef des Carduques,
Correos le chef des Bellovaques et Ambiorix l'Éburon, «un sanglier des Ardennes» comme l'écrit C. Jullian.
(Marie Josèphe Daxhelet, Quand les Belges étaient Gaulois, 1987 - books.google.fr). En 151 av. J.-C., alors que la guerre faisait rage en Hispanie, la jeunesse noble de Rome refusait d’aller combattre. Nombre de postes militaires étaient
alors vacants. Scipion Émilien, né en 185 av. J.-C. et mort en 129 av J.-C., montra l’exemple en proposant d’être envoyé avec le consul Lucius Licinius Lucullus comme simple légat ou tribun militaire. Le Sénat
en fut surpris pour deux raisons : d’abord parce que sa naissance et son âge auraient pu lui permettre de prétendre à un poste plus élevé, ensuite car les Macédoniens
venaient de l’inviter à régler leurs discordes, ce qui lui promettait de recevoir de grandes récompenses financières. La jeunesse romaine considéra alors avec enthousiasme
l’exemple de Scipion Émilien et s’engagea avec lui en Hispanie. Là encore, il s’y distingue en tuant un géant espagnol qui ridiculisait les Romains, bien que lui-même fût assez petit.
Peu de temps après, il convainc les Ibères de signer un traité de paix avec Rome. Il force l’admiration de ses ennemis, à qui il rappelle les vertus de son grand-père
(fr.wikipedia.org - Scipion Emilien). En latin, Sceptrum, c'est le sceptre, et Scipio, le bâton pour s'appuyer. Rappelons ici que Scipio devint, comme surnom, la désignation d'une des
branches de la maison des Cornéliens, gens Cornelia, dont les membres les plus illustres furent les deux vainqueurs de Carthage: Scipio Africanus major et P. Cornelius
Scipio Africanus minor. Ce surnom eut pour origine un fait touchant. Il fut donné à un jeune homme de cette grande famille que l'on voyait tous les jours descendre au
Forum en guidant et soutenant son père âgé et aveugle, auquel il servait ainsi de bâton de vieillesse. Scipio signifie en effet, comme nous venons de le dire, le bâton
sur lequel s'appuye un vieillard. «Ainsi, comme le remarque M. Eusèbe Salverte, le surnom de Scipion fut consacré par la piété filiale avant d'être immortalisé par le génie militaire.»
(Auguste Laforêt, Le bâton : étude historique et littéraire, 1876 - books.google.fr). Duel Un duel sans merci mit aux prises Rome et Carthage depuis 218, et les opérations qui se déroulèrent en Italie, en Sicile, en
Espagne, en Afrique. En l'année 133, Numance se rendit à Scipion Emilien, qui la rase Appien tira le récit du duel de Scipion Emilien avec le celte de Polybe, livre XXXV, un de ceux qui sont aujourd'hui perdus. Mais ce
livre existait encore au dixième siècle, et Suidas, dans son Lexique, en a extrait deux passages qui se
rapportent au duel de Scipion et du guerrier celte. Dans l'un on lit que Scipion, avant le combat, était partagé entre deux sentiments. D'un coté la colère le poussait en avant, de l'autre il se demandait s'il était raisonnable de répondre au défi du barbare. Par l'autre
fragment on voit qu'au début du combat le cheval de Scipion reçut une blessure grave, mais qui ne le fit pas tomber, et que le guerrier romain, craignant une
chute prochaine, se hata de sauter en bas. Polybe était à Rome, vivant dans le monde politique romain, quand ce duel eut lieu. Il
en écrivit le récit une vingtaine d'années après, quelque temps avant la chute de cheval dont il mourut, en 123, à l'âge de quatre-vingt-deux ans. Nous avons
donc chez Polybe, et chez Appien qui le copie, le récit d'un contemporain et d'un homme bien informé, grave, digne de
toute confiance malgré les liens d'amitié qui l'unissaient à son héros. On a perdu le livre où Tite-Live racontait le même duel. Mais si nous nous en
rapportons à son abréviateur Florus, l'historien romain donnait le titre de roi au guerrier vaincu en duel par Scipion Emilien ("Vaccaeos,
de quibus Scipio ille posterior singulari certamino, cum rex fuisset provocator, opima rettulerat"). Au premier siècle de notre ére, ce duel est mentionné
par Valére Maxime et par Pline le Naturaliste. Valère Maxime dit que l'adversaire de Scipion était le chef de l'armée ennemie De Florus, "singulari certamino" signifie "combat singulier" (Gaffiot). Dans son Traité des devoirs, Livre I, Cicéron qualifie Scipion Emilien de "singularis", celui-là même qui détruisit Numance. L'Africain, cet homme admirable et ce grand capitaine, n'a pas rendu un service plus important à la république en détruisant Numance, que P. Nasica, à la même époque,
en mettant à mort Tiberius Gracchus de son autorité privée : Nec plus Africanus, singularis et vir
et imperator, in excidenda Numantia reipublicae profuit, quam eodem tempore P. Nasica privatus, quum Tib. Gracchum interemit Scipion Emilien était surnommé le Jeune Africain (Scipio minor, sive Æmilianus),
même si, plus tard à Numance en 133, il avait 52 ans Nous avons [de] nombreux duels, vrais ou légendaires, qui précèdent les batailles livrées aux Gaulois par les Romains,
comme celui où, en 151 av. J.-C, lors du siège d’Intercatia par l’armée de Lucullus, Publius Cornelius Scipio l'Emilianus, encore simple tribun des soldats,
excédé par les fanfaronnades d’un guerrier vaccéen, qui aurait été le roi de la ville, est réputé être sorti du rang pour le tuer en combat singulier.
Par ce succès, il préluda à la prise de Carthage et de Numance, qui devaient le mettre au premier rang parmi les grands capitaines
(Appien, De rebus hispaniensibus, c. 53 - Tite Live, Epitome 48 - Pline Histoire naturelle l. XXXVII 9 - Polybe l. XXXV, c. 5)
(Henri D'Arbois de Jubainville, Etudes sur le droit celtique, Tome I, 1895 - books.google.fr,
François Cadiou, Hibera in terra miles, 2008 - books.openedition.org). Né vers l'année 185 avant Jésus-Christ, Scipion l'Africain dit le Jeune, était âgé de trente-quatre ans environ, et avait dans l'armée du consul
Lucius Licinius Lucullus, le grade de tribun des soldats, quelque chose d'intermédiaire entre notre grade de colonel et celui de lieutenant-colonel, quand en
l'an 151 cette armée opérait en Espagne contre les Celtibères, c'est-à -dire contre les Celtes établis dans la péninsule ibérique.
Un des faits importants de la campagne fut le siège d'Intercatia, aujourd'hui Vilalpendo, près de Zamora, dans l'ancien royaume de Léon. C'était une ville des Vaccaei, peuple celtique.
Un des détails de ce siège fut un combat singulier entre Scipion et un guerrier barbare. [...]
Une autre conséquence du même fait militaire est racontée par Plutarque, qui mourut, comme on sait, au commencement du deuxième siècle de notre ère, vers l'an 120. La cause pour laquelle, trois ans
après son duel, Scipion Emilien, briguant la modeste fonction d'édile, reçut du suffrage populaire le consulat, c'est-à -dire la magistrature la plus haute qu'il pût obtenir, fut la gloire qu'il
s'était acquise en Espagne par sa victoire sur le guerrier celte d'Intercatia. Nous sommes donc fondés à considérer le duel de Scipion Emilien à Intercatia comme le fait historique qui a inspiré
les inventeurs des duels imaginaires où Manlius Torquatus et Valerius Corvus auraient été vainqueurs deux siècles plus tôt
(Henry Arbois de Jubainville, La civilisation des Celtes et celle de l'épopée homérique, 1899 - books.google.fr). Un autre duel Et cependant Scipion retourna à Carthage la Neuve, pour payer aux Dieux les voeux qu'il leur avoit faics, pour donner au public un spectacle de Gladiateurs en l'honneur de son Pere & de son Oncle. Mais ce spectacle ne fut
pas de ces sortes de Gladiateurs que les Maistres d'escrime ont accoutumé d'achepter, & qu'ils choisissent parmy les esclaves, & ceux qui vendent leur sang & leur vie, & la donnent pour de l'argent, car tous ceux qui
combattirent furent des volontaires qui se donnerent gratuitement. En effet les uns, y avoient esté envoyez par les Princes de l'Espagne, pour faire monstre de la valeur naturelle à leur Pays, d'autres se presenterent
d'eux-melmes pour l'amour de Scipion ; Quelques-uns y furent poussez par la passion qu'ils avoient de combattre contre d'autres braves qui ne refuserent pas le combat. Il y en eut aussi qui n'ayant pû terminer par la
Justice leurs querelles, & leurs disputes, ou qui n'ayant pas voulu les terminer par, cette voye, estoient demeuré d'acord de les decider par les armes ; & que celuy qui seroit victorieux demeureroit
aussi le maistre de ce qu'ils avoient contesté. Au reste ce ne furent pas des gens de pitite condition, mais des plus grands & des plus illustres de l'Espagne. En effet Corbis & Orsua cousins germains,
qui estoient en dispute de la Principauté de la ville d'Ibe, se presenterent dans ce spectacle, pour decider à coups d'espées le differend qui estoit entre eux. Corbis estoit le plus vieux, mais le Pere d'Orsua
avoit possedé le dernier la Principauté de cette ville, & y avoit succedé apres la mort de son frere, dont il n'estoit que le cadet. Scipion eúst bien voulu qu'ils n'en fussent point venus à une la fâcheuse extremité,
& qu'ils eussent disputé leurs droits plustost par la raison que par les armes, mais ils le refusereut tous deux ensemble; & luy dirent qu'ils avoient refusé la mesme chose à leurs proches parens, & que des Dieux &
des hommes ils ne vouloient point d'autre Juge que Mars. Le plus vieux se fioit en la force, & le plus jeune s’imaginoit que la fleur de l'âge où il estoit, luy donnoit de l'avantage. Mais au reste ils eussent mieux aymé mourir
dans le combat, que de dépendre l'un de l'autre ; De sorte que ne pouvant se destacher d'une passion si furieuse, ils servirent de spectacle à toute l'armée, & monstrerent en mes me temps combien le desir de regner
est un grand mal parmy les hommes. Enfin le plus vieux vint facilement à bout par son experience & par ses ruses de la violence du plus jeune. On ajousta à ce spectacle de Gladiateurs des Jeux funebres selon les
commoditez du Pays, & selon l'appareil que l'on pouvoit faire dans un Camp
(Tite Live, les décades, Tome 5 : VI. VII. VIII. IX. & X. Livres De La Troisiesme Decade, traduit par P. Du Ryer, 1695 - books.google.fr). La construction du premier vers peut placer le complément tête de phrase. Il existe de nos jours dans le royaume de Valence une petite ville, appelée Ybi (Ibi, près d'Alicante), "sin duda el monte donde hoy está la ermita de S. Miguel fue en lo antiguo el Castillo"
(V. Cavanilles, p. 180); c'est l'ancienne Ibe
(Pierre-André Boudard, Essai sur la numismatique ibérienne, 1859 - books.google.fr). Dans la région d'Alicante, selon l'Anonyme de Ravenne, il y avait un Leones ("les lions" en latin, peut-être Jijona près d'Ibi), relais non localisé
entre Lucentes (Alicante) et Allon (Santa Pola ?)
(Alain Badie, Le site antique de La Picola à Santa Pola (Alicante, Espagne), 2000 - books.google.fr). Scipion (Emilen) aussi tua en Espaigne un grand et fort barbare qui l'avoit provoqué. Nous lisons bien dans Tite-Live, que ce mesme brave Scipion fit
exiber des jeux en Espaigne très-beaux, pour les honnorables obsèques de ses feus père et oncle, et pour les rendre plus cellèbres, s'y firent plusieurs combats et
battailles singullières; et entre autres, estant sorty différent entre deux cousins, Ortua (Orsua) et Corbis, pour certaine jurisdiction, ils se rapportèrent Ã
ce qu'en décideroit l'espée par devant (Il s'agit de Scipion-Émilien. Voyez Appien, De rebus hispaniensibus, ch. LII, édit. Didot, p. 54. 2. Liv. XXVIII, chap. XXI)
(Discours sur les duels, Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantôme, Tome 6, 1873 - books.google.fr). Brantôme confond Scipion Emilen avec Scipion le premier Africain pour le duel des deux espagnols
(M.C. Bishop, Gladiators, Fighting to the Death in Ancient Rome, 2017 - books.google.fr). "mort cruelle" Scipion Emilien serait mort assassiné en 129, une
comète l'annonçant On avance l’idée de l’assassinat de Scipion par Caius Gracchus, le frère de Tiberius Sempronius Gracchus, cousin et beau-frère de
Scipion, venait en effet d’être mis à mort par le Grand pontife et Princeps senatus Publius Cornelius Scipio Nasica Serapio, oncle des deux hommes, après la mise en place des lois agraires d’inspiration populaire. Scipion
l'avait abandonné. Caïus Gracchus était le père de Pline l'ancien "La cage d'or" : Songe de Scipion Le Songe de Scipion (en latin, Somnium Scipionis) est un texte de Cicéron, au sixième et
dernier livre du De Republica. Scipion Émilien, l'un des personnages qui dialoguent dans le De Republica,
raconte un songe qu'il a fait une vingtaine d'années auparavant. Le texte fait en quelque sorte pendant au mythe d'Er le Pamphylien dans La République de
Platon, une des références de Cicéron. Il est marqué par les thèmes pythagoriciens et platoniciens. Le mysticisme qui l'imprègne lui valut son
succès auprès des auteurs chrétiens, dont Macrobe qui en assura par son commentaire la transmission au cours des siècles. Au début de la Troisième Guerre punique, en 149 avant J.-C., Scipion Émilien, le philosophe et homme de lettres distingué, accompagnait
l'armée romaine en Afrique. Là , il rencontra le vieux Massinissa, prince de Numidie, l'ami de son bisaïeul par adoption, le célèbre Africain (premier).
Après avoir passé la journée à discuter des institutions politiques de leurs pays respectifs, et que le vieux prince eût rappelé ses souvenirs de l'Africain
aîné, pour lequel il gardait la plus vive affection, Scipion, fatigué par la longue conversation, et épuisé par son voyage, se retira sur sa couche et tomba
vite en profond sommeil. Et tandis qu'il dormait, son grand-père lui apparut, en songe, sous une forme ressemblant plus à celle de sa statue qui lui était
familière que de sa propre personne. Et après avoir prédit les exploits futurs de son petit-fils adoptif et les circonstances de sa mort dans tous leurs
détails, il continua ainsi (c'est Scipion qui relate l'histoire) : «Afin que tu sois mieux préparé à protéger ton pays, soit convaincu de ceci. Tous ceux qui
ont préservé, aidé ou agrandi leur pays, ont au ciel une place certaine et assignée, où ils jouissent de béatitude durant des âges sans fin. Car pour la
Déité Suprême, qui régit tout l'univers, rien, sur Terre, n'est plus agréable que les assemblées et les réunions, où les hommes sont unis par la loi, et
qu'on nomme les États. C'est de ce lieu que viennent les régents et les protecteurs des États, et où ils retournent.» Là -dessus, quoique extrêmement troublé, je demandai si mon père Paul [Émile] et d'autres, que nous croyions disparus, vivaient encore. «Très certainement», répondit l'Africain, «ils vivent, car ils se sont libérés,
comme d'une prison, des chaînes de leur corps. Ce que vous appelez la vie est la mort. Mais regarde ton père Paul qui s'approche de toi.» En effet selon une idée perpétuée par Platon, le corps est une prison. Voire une cage d'or comme le propose M. Moreau de Mautour, d'une famille bourguignone dans le poème des deux pinçons inclus dans un
dialogue portant sur l'immortalité de l'âme paru en 1689 Philibert-Bernard Moreau de Mautour est un juriste français, poète, historien et antiquaire, membre de l'Académie royale des inscriptions
et belles-lettres, né à Beaune le 22 décembre 1654, et mort à Paris le 7 septembre 1737 (à 82 ans). Il a écrit beaucoup de petites poésies françaises, odes, épîtes, sonnets, épigrammes, madrigaux. Elles ont été
imprimées dans le Mercure de France à partir de 1686
(fr.wikipedia.org - Philibert-Bernard Moreau de Mautour). Le Lion et le Verseau dans le Songe de Scipion Macrobe, dans son Commentaire sur le Songe de Scipion, fait part d'une constellation du Lion liée Ã
l'incarnation des âmes et à la jeunesse des êtres humains, et d'une constellation du Verseau liée à la mort des êtres humains. Aussi le premier Africain dit-il au jeune Scipion, en parlant des âmes des bienheureux, et en lui montrant la voie lactée : «Ces
âmes sont parties de ce lieu, et c'est dans ce lieu qu'elles reviennent.» Ainsi celles qui doivent descendre, tant qu'elles sont au Cancer, n'ont pas
encore quitté la voie de lait, et conséquemment sont encore au nombre des dieux; mais, lorsqu'elles sont descendues jusqu'au Lion, c'est alors qu'elles
font l'apprentissage de leur condition future. LÃ commence le noviciat du nouveau mode d'existence auquel va les assujettir la nature humaine. Or le
Verseau, diamétralement opposé au Lion, se couche lorsque celui-ci se lève; delà est venu l'usage de sacrifier aux mânes quand le soleil entre au premier de
ces signes, regardé comme l'ennemi de la vie humaine Le zodiaque de la cathédrale de Sens représente le mois de Janvier par un vieillard au repos De verseur d'eau dans les manuscrits d'astronomie, le Verseau devient à partir de la fin du XIIe siècle, sur les métaux, un vieil
homme tirant de l'eau hors du puits, rappelant cette sentence de Firmicus Maternus : "A
certains il donnera du travail dans les services des eaux, mais toujours de telle sorte qu'ils soient toujours usés par ces pénibles activités." Le
Verseau est habituellement associé à Saturne en domicile dans le signe, d'oû la représentation des trois manuscrits des Mawâlïd oû un homme âgé à peau foncée remplit la laborieuse fonction ainsi que dans le Ms. T.S.K. Revan 1660 et le Ms. Sül. Fatih 4171. Dans le reste des miniatures il demeure un
jeune homme imberbe parfois couronné, à demi agenouillé, hissant la corde d'un seau hors d'un puits Ceux qui sont, en naissant, arrosés des eaux que le verseau ne cesse de répandre, ont à repousser les attaques du lion de Némée et
de tout son trigone, troupe d'animaux brutes, auxquels un jeune homme seul a le courage de résister "champ bellique" Les termes sont d'origine latine : "bellique", du latin bellicus, relatif à la guerre, au combat. Et le latin duellum est aussi employé de manière archaïque pour désigner le combat
(Patrice Guinard, Le décès du roi Henry II deux fois présagé par Nostradamus, 2007-2018 - cura.free.fr). Formellement le "champ bellique" est un champ de bataille et non l'espace carré ou rectangulaire délimité par deux rangées de barrières de bois, les lices,
où se déroule un tournoi. Isidore's contemporary, Virgilius Maro Grammaticus, possibly a native from Aquitaine, provided in his Epitomae more peculiar definitions of the same
terms. Similar to Isidore, he differed between war (bellum), combat (proelium), battle (pugnam), and fight (certamen). A battle, according to him, however, was primarily characterised by its duration as indicated
by the wordelement praelo, whereas the similarity of the word bellum to belsa (field) led him to assume that wars were to be fought on a field (hoc est in campo)
(Laury Sarti, Perceiving War and the Military in Early Christian Gaul (ca. 400–700 A.D.), 2013 - books.google.fr). Dans une scène du second acte du roman de Cervantès La Numancia, qui raconte le siège de la ville de Numance par Scipion Emilien,
Marquino, le magicien, après plusieurs vaines tentatives pour contraindre une âme à rentrer dans le corps qu'elle venait d'abandonner sur le champ de bataille, afin d'obtenir d'elle la révélation des destinées
futures de Numance, Marquino éclate en indignation et s'écrie : "Alma rebelde, vuelve al aposento / Que pocas horas ha desocupaste" (Ame rebelie, rentre dans la demeure — Que tu as cessé d'occuper il y quelques
heures). L'âme obéit, rentre dans le corps
(George Ticknor, Histoire de la litterature espagnole: Depuis l'avénement de la maison d'Autriche jusqu'a l'avénement de la maison de Bourbon. Deuxième Période, Tome 2, 1870 - books.google.fr). En Celtibérie, rapporte Suétone (Galba IX 2), hommes et femmes pratiquaient la divination. Un passage des Guerres civiles d'Appien montre aussi Scipion l'Africain
le Jeune, en 134 avant J.-C, chassant de Numance «les devins et les sacrificateurs auxquels les soldats, devenus craintifs par suite de leurs échecs, recouraient fréquemment»
(Marie-Laurence Haack, Prosopographie des haruspices romains, 2006 - books.google.fr). "cage d'or" : mines d'or de l'Hispanie
Algaby, ham. du Simplon, Valais, ital. al Gabbio. M. Alb. Naville M. G. XVI, le rapproche de Gabiet (mine d'or) et de Gaby (fer); ham. vall.
de Gressonney, Aoste, et de Grange Gaby (mine de fer) au Salève, et en conclut qu'il y a là une racine indétermi née signifiant mine. Cette racine est
la même que celle du français cage, ital. gabbia, et cave, ital. gabbio, du latin cavea, cage, et cava, cave; les divers Gaby désignent donc des excavations, des lieux où
l'on a creusé le sol. Peut-être y a-t-il eu à Algaby des mines autrefois
(Henri Jaccard, Essai de toponymie, origine des noms de lieux habités et des lieux dits de la Suisse romande, 1978 - books.google.fr). Cf. Gabia la Grande (Grenade) "Gabiar al-Cobra"
(es.wikipedia.org - Gabia Grande). En résumé, dans les Alpes GAB ou JAB nomment une écrasante majorité de ravins et parfois quelques hauteurs. Par
ailleurs, pour mieux comprendre, ne faut-il pas étendre notre regard et se poser d'autres questions ? Ce type de
toponymes serait-il propre aux montagnes de l'Occident ? Bien sûr que non ! En effet au Moyen-Orient les mêmes
séries sont présentes. Trombetti signale l'existence autrefois de Gabala en Lydie et Syrie, Gebal en Phénicie et de plusieurs autres
formes voisines en Lycaonie, Lycie, Pamphilie et Sicile. Au point de vue sémantique, si l'on cherche à rapprocher ces
noms de lieux d'appellatifs dont on connaît le sens parce qu'ils ont été employés en diverses langues du bassin
méditerranéen, leur signification devient plus apparente. En effet, en plus des "gave, gavai", gavion
gosier, gorge, que nous avons déjà évoqués de l'ancien français, nous découvrons dans le patois des Alpes Cottiennes "gavée",
terrain creusé, dans celui des vallées vaudoises, "gavio", terrain creux, en piémontais "gava" trou, fosse. Le basque possède "koba",
creux; le calabrais "gafaru", ravin; l'albanais "gabzher", trachée-artère; l'hébreux "gev", fosse, creux; le chaldéen "gouba", fosse,
l'arabe classique "joubb", puits, "jabia", fossé; l'arabe populaire "goubb", puits, "gabia", fossé
(Paul-Louis Rousset, Les Alpes & leurs noms de lieux, 6000 ans d'histoire ? : les appellations d'origine pré-indo-européenne, 1988 - books.google.fr). ...le fleuve Limia, le fleuve Durius, des plus grands de l'Espagne; il a sa source chez les Pelendons, passe auprès de Numance,
Numance, puis traverse le pays des Arévaques et des Vaccéens; après avoir séparé les Vettons de l'Asturie et les Gallèces de la Lusitanie ,
il écarte là aussi les Turdules des Bracares. Toute la région qu'on vient de décrire, à partir des Pyrénées, est remplie de mines d'or,
d'argent, de fer, de plomb noir et blanc
(Histoire naturelle de Pline, traduite par Emile Littré, 1848 - books.google.fr). A ce moment arrive un nouveau consul, L. Licinius Lucullus. Son prédécesseur ne lui a rien laissé à faire ; mais lui ne l'entend pas ainsi.
Il est parti avec l'espoir de s'illustrer à son tour; ensuite, et surtout, il est pauvre, il veut s'enrichir, et il se persuade que sa province abonde
en or et en argent : il lui faut donc sa guerre. Alors, à défaut des Arévaques, il attaque leurs voisins, les Vaccéens : sans provocation de leur part,
sans mandat non plus du Sénat, il se jette sur une de leurs cités, Cauca. En outre, à l'abus de la force il joint la fourberie. Lorsque les Caucéens lui
demandent à quel prix ils peuvent obtenir son amitié, il répond qu'ils doivent lui livrer des otages, 100 talents d'argent, et mettre leur cavalerie à sa
disposition. Ces conditions une fois remplies, il réclame encore le droit d'introduire une garnison dans la ville. Les Caucéens y consentent
également : c'est ce qu'attendait Lucullus. Sur-le-champ il envoie chez eux 2.000 hommes, avec ordre de s'emparer des murs; il fait entrer de la sorte le reste de son armée;
et, à un signal donné par la trompette, commence le massacre général de la population, sans distinction d'âge : sur 20.000 habitants, fort peu parviennent à s'échapper.
Après ce bel exploit, Lucullus a l'audace d'offrir à d'autres peuplades de conclure des pactes avec lui; personne naturellement ne l'écoute; et, si certaines villes,
comme Intercatia, acceptent finalement de traiter, ce n'est pas avec le consul, mais avec un jeune tribun militaire de son armée, Scipion Emilien,
dont la parole inspire plus de confiance. A la tête de l'autre armée, le préteur Serv. Sulpicius Galba ne montre guère plus de scrupules. Tout en
possédant une des fortunes les plus considérables de Rome, il surpasse encore Lucullus en avidité, et il ne se joue pas moins indignement des Lusitaniens.
En 151, il n'a éprouvé que des revers : au début de 150, il a donc besoin d'une revanche avant de rentrer en Italie; mais il se garde bien de la chercher dans une bataille.
Comme les Lusitaniens manifestent le regret d'avoir rompu la convention passée autrefois par eux avec le préteur Atilius, il les accueille avec bienveillance;
il feint de regarder leur misère et la stérilité de leur pays comme la seule cause de leur révolte; et il leur offre, s'ils rentrent dans l'amitié de Rome,
de les établir sur de bonnes terres, en les partageant en trois clans. Les Lusitaniens acceptent : Galba leur désigne trois emplacements distincts, où ils attendront ses
dernières instructions. Ces précautions prises, il se rend auprès d'un des groupes : il l'invite, puisque la paix est rétablie, à déposer ses armes; puis,
quand les malheureux sont hors d'état de se défendre, il les enferme dans un retranchement, et lance sur eux ses soldats. La même manœuvre se renouvelle pour
les autres Lusitaniens avant qu'ils aient pu apprendre le sort de leurs compatriotes; il en périt ainsi 7.000 d'après l'estimation la plus modérée, celle de Valère-Maxime,
30.000 d'après Suétones; d'autres sont réduits en esclavage
(Gaston Colin, Rome et la Grèce, de 200 à 146 avant Jésus-Christ, 1965 - books.google.fr). Cage d'or : prison dorée de la Pax Romana La Pax romana a duré plusieurs siècles. Cette paix-là transforme le monde en une prison : «Partout où tu seras, disait Cicéron à Marcellus, n'oublie pas que tu te trouveras également à la portée du bras du vainqueur.»
(Raymond Marcellin, La Guerre politique, 1964 - books.google.fr). Les peuples soumis à l'Empire Romain, sous le titre d'alliés, ou libres, jouïssoient de diverses prérogatives. Les premières conquêtes des
Romains leur acquéroient plutôt des alliés que des sujets, mais à mesure qu'il les étendirent, ils crurent devoir agraver le joug qu'ils leur imposoient. Ainsi ils réduisirent en provinces les conquêtes
qu'ils firent hors de l'Italie, les soumettant à l'autorité d'un Gouverneur, qui y exerçoit le pouvoir le plus despotique, & qui n'abusoit que trop souvent de la grande autorité, dont la République le rendoit dépositaire
(Louis de Beaufort, La République romaine, ou Plan général de l'ancien gouvernement de Rome, où l'on développe les différents ressorts de ce gouvernement, 1766 - books.google.fr). Dans la foule des communes sujettes et tributaires, existaient, c'est vrai, en Grèce, comme dans toutes les provinces romaines, des cités privilégiées, celles qu'on appelait les villes libres [...] Athènes et Sparte. Mais quelle
singulière liberté leur était ainsi consentie ! Leur constitution était, comme pour toutes les autres, fixée, une fois pour toutes, par Rome, et leur soi-disant liberté consistait dans la faculté de se mouvoir à l'intérieur du très
visible grillage de cette cage dorée (Marquardt, De l'organisation financière des Romains, p. 104). En outre, les cités libres restaient légalement obligées de fournir des prestations gratuites de vaisseaux et de troupes, du grain
à cours forcé, d'hospitaliser les fonctionnaires et les légions de Rome en déplacement (p. 103) ; parfois , quoique plus rarement, de verser les impôts habituels des provinces (Tacite, Annales 15,45) ; en tout cas, au-dessus
de tout, dominait, invisible, toute puissante, la majesté du nom romain. Dans les termes du traité avec Rome se trouvait en effet insérée la formule coutumière touchant le maintien du pouvoir de Rome, — majestatem populi
romani comiter conservato, (Cicéron, Pro Balbo 16,35-6) - et le caractère équivoque et voulu de l'expression elle-même donnait la mesure de l'indépendance des cités grecques «libres» à l'égard de la volonté du plus fort.
Grâce à cette formule, les cités «libres» obéissaient en fait aux proconsuls, recevaient des ordres de Rome, soumettaient au gouverneur les actes de leur administration, envoyaient chaque année au Sénat une
députation pour le prier de régler les affaires les plus intimes, sans que, pour cela, elles pussent trouver le moindre terrain solide, le jour où la bonne ou mauvaise volonté de la lointaine domination aurait
voulu effacer un privilège gracieusement concédé (cf. Marquardt, p.104)
(Corrado Barbagallo, Le déclin d'une civilisation: ou, La fin de la Grèce antique, traduit par Georges Bourgin, 1927 - books.google.fr,
fr.wikipedia.org - Joachim Marquardt). "Cage d'or" : âge d'or
L'idée de l'universalité de l'Empire est, dans sa genèse et dans son modelé, essentiellement hellénique. Ce sont les philosophes grecs et surtout les
stoïciens qui ont mis l'accent sur la notion de communauté humaine, participant à la Raison universelle; eux encore qui, sous l'influence de la conquête d'Alexandre,
dégagent la mission universelle de la civilisation grecque celle-ci passe pour la civilisation humaine par excellence, dont le domaine est l'oikouménè sur les bords
de laquelle règne la barbarie. Enfin, ce sont des Grecs qui, dès le second siècle avant notre ère, assimilent l'Empire romain à l'oikouménè : pour Panaitios,
l'ami de Scipion Emilien, la conquête romaine tend à réaliser l'union des peuples civilisés; son objet, comme sa justification, c'est de donner la paix,
l'ordre et la justice à l'humanité. De pareilles idées imprégnèrent fortement l'élite politique et intellectuelle de Rome, sous l'influence de laquelle les notions
d'orbis terrarum et d'Imperium se recouvrirent dès le premier siècle, pour ne plus se dissocier dans la suite. Cette idée d'un Empire, foyer et cadre de la civilisation,
fut renforcée et sublimée par le christianisme, dont la mission était essentiellement œcuménique. Son universalisme et celui de Rome s'opposèrent d'abord. Mais,
dès la fin du second siècle, l'Empire cesse d'être, pour les chrétiens, un objet d'hostilité systématique; on prie pour lui; il apparaît comme un
élément du plan de la Providence : n'est-il pas la quatrième et dernière des monarchies prédites par Daniel, dont la fin inaugurerait le royaume de Dieu ? Ces pensées se
précisèrent à partir de Constantin, à mesure que l'Empire se christianisa officiellement et que l'aristocratie romaine nourrie de l'idée impériale pénétra les milieux ecclésiastiques.
Dès lors, les notions d'orbis christianus et d'orbis romanus se recouvrent; d'un universalisme, on passe sans difficulté à l'autre, ainsi, Léon le Grand dont le 82e sermon,
in Natali Apostolorum, apparaît comme la synthèse [...] des idées qui cheminaient à cette époque
(Robert Folz, L'idée d'empire en occident du Ve au XIVe siècle, 1953 - books.google.fr). "oikouménè" (avec aussi le sens d'"orbis terrarum") de "oikos" maison qui donne "oichema" et "oikiskos" (cage)
(Gustav Eduard Benseler, Griechisch-deutsches und deutsch-griechisches Schul-Wörterbuch,Tome 1, 1872 - books.google.fr). Après le despotisme oriental, après l'anarchie grecque, après les guerres civiles qui marquèrent la fin de
la République romaine, la paix romaine sembla inaugurer le retour de l'âge d'or chanté par Virgile dans sa IVe églogue et par Horace dans son chant séculaire.
Une inscription d'Halicarnasse en l'honneur d'Auguste célèbre le bonheur des peuples : «La terre et la mer se réjouissent à cause de la paix, les villes sont florissantes,
dans l'ordre, la concorde et la richesse, et toutes espèces de biens nous sont prodigués en abondance.» Aelius Aristide célèbre le bonheur de vivre dispensé par la paix romaine :
«Le monde entier semble en fête. Il a déposé son ancien vêtement, qui était de fer, pour se donner en toute liberté à la beauté et à la joie de vivre. Toutes les cités ont renoncé
à leurs anciennes rivalités, ou plutôt, une même émulation les anime toutes : celle de paraître la plus belle et la plus charmante. Partout des gymnases, des fontaines,
des propylées, des temples, des ateliers, des écoles.» Pendant plus de deux siècles, en dépit de la pression des Barbares sur les frontières de l'Empire,
s'étendit sur l'Orbis terrarum l'immense majesté de la paix romaine. Tant qu'elle fut maintenue, elle permit un prodigieux essor de la vie économique,
non seulement autour du bassin méditerranéen, mais bien au-delÃ
(Louis Rougier, Le Génie de l'Occident, essai sur la formation d'une mentalité, 1969 - books.google.fr). "Deux classes une" : les projets des Gracques
Une longue suite de guerres non interrompues, le nombre toujours croissant des esclaves, les empiètements continuels des grands propriétaires,
avaient réduit les citoyens romains à deux classes dont la première était immensément riche et la seconde dépourvue de tout. Or, pour unir ces deux éléments, Rome
n'avait plus ses antiques vertus: si elle avait soumis l'Orient par les armes, l'Orient, à son tour, l'avait soumise par ses vices. La religion, les mœurs, toute la vieille
société s'en était allée avec cette nombreuse classe moyenne dans laquelle avait résidé la force de la république. Il n'y avait plus à Rome que 500,000 prolétaires ou mendiants,
au-dessus d'eux 200 familles riches à millions; entre ces deux classes, rien. Rome marchait donc à sa ruine. Pour la sauver, il fallait
rendre au pauvre une partie du sol, rappeler le peuple à l'industrie et à l'agriculture, et substituer au travail des esclaves celui des hommes libres; il fallait enfin rétablir
cette classe moyenne qui avait fondé la liberté et l'empire. Tel fut le but que se proposèrent les Gracques.
Leurs projets de réforme qui seuls auraient pu sauver la république échouèrent. Les lois des Gracques furent abolies, et la décadence fit des progrès de plus en plus rapides.
Le peuple romain continua donc à être divisé en deux classes bien distinctes, celle des riches et celle des pauvres. Une haine profonde séparait ces deux classes, et la guerre
civile devait bientôt les armer l'une contre l'autre. Aussi l'histoire de la république se résume-t-elle dès lors dans la lutte terrible qu'engagèrent les uns contre les autres
les hommes qui représentèrent successivement ces deux éléments opposés, lutte qui ne se termina qu'avec la république elle-même
(François Tychon, Biographie des grands hommes qui ont figuré dans les principales époques de l'histoire ancienne, 1855 - books.google.fr,
Auguste Ammann, Ernest-Charles Coutant, Cours normal d'histoire, 1884 - books.google.fr). Si "classe" dans le sens social est plutôt moderne, cette division peut s'entendre quand même dans le domaine de
la richesse par une interprétation d'Aulu-Gelle de l'institution du cens par le roi étrusque de Rome Servius Tullius.
Se reportant aux chiffres du cens de Servius, Aulu-Gelle y trouva que les citoyens de la première classe avaient
une fortune d'au moins cent mille as. Il en conclut que les classici, qui en avaient cent vingt-cinq mille, étaient tous de la première classe. Il ne s'aperçut pas que les as de l'époque de Servius étaient des
as d'une livre, et que les as de l'époque de la loi Voconienne étaient des as de compte de deux onces, dont dix valaient un denier d'argent. Il confondit les chiffres
relatifs à deux époques si différentes, et écrivit cette note rapide (strictim notavit) qui n'est qu'une suite d'erreurs.
«Les hommes des classes (classici) n'étaient pas tous ceux qui étaient dans les classes, mais seulement ceux de la première classe, qui avaient un
cens de cent vingt-cinq mille as ou plus. On appelait infra classem ou citoyens placés en sous-classe, ceux de la seconde classe et de toutes les autres
classes, qui avaient un cens moindre que celui que je viens d'indiquer. J'ai écrit cette note sommaire, parce que dans le discours de M. Caton par lequel
il soutint la loi Voconia, on a l'habitude de se demander ce que signifient classicus et infra classem.» (Aulu-Gelle, VII, 13).
Ce contre-sens a passé de là dans tous les historiens modernes de Rome, et jusque dans le livre de M. Mommsen, et l'on
s'en aperçoit à l'embarras de toutes les traductions du mot classici. On ne voit pas pourquoi ce terme qui signifie les citoyens classés, se serait appliqué en particulier à la première classe et non aux autres.
Cette restriction du sens n'est point naturelle; elle a été imaginée par Aulu-Gelle, et l'analyse de la loi Voconia nous a prouvé qu'elle n'était pas exacte
(Emile Belot, Histoire des chevaliers romains: Considérée dans ses rapports avec les différentes constitutions de Rome depuis le temps des rois jusqu'au temps des Gracques, Tome 1, 1866 - books.google.fr). Caius Gracchus voulait la suppression des classes censitaires qui, par une répartition numériquement inégale des
électeurs, plaçaient toute la puissance entre les mains des plus fortunés. Et en 51 avant notre ère, Salluste prônait encore le même projet. Mais l'organisation traditionnelle avait de trop
puissants appuis et se défendit jusqu'au bout. Qui veut mesurer la température démocratique de la plus authentique tradition républicaine romaine ne
manquera pas de méditer cette parole de Cicéron louant le roi Servius d'avoir réservé la puissance aux plus riches : «curavit... quod semper in
republica tenendum est, ne plurimum valeant plurimi»
(Fernand de Visscher, La table d'Heba et la décadence des comices centuriales, Revue historique de droit français et étranger, Volume 28, 1951 - books.google.fr). Avant la conquête romaine, le régime de la communauté existait plus ou moins dans l'Europe entière. Les
membres de la tribu celtibère des Vaccéens, dit Diodore de Sicile, se partageaient annuellement le sol pour le cultiver; mais les récoltes étaient mises en commun et chacun en recevait sa quote-part. On avait
même édicté la peine de mort contre quiconque enfreindrait ces dispositions (V, 44). Dans ses Commentaires, Jules-César parle de la communauté familiale, qu'il a encore
trouvée chez les Aquitains. Selon Strabon, les Dalmates faisaient tous les huit ans un nouvel allotement de la terre. Chez les Gètes des bords du Danube, une semblable
répartition s'effectuait chaque année, au dire d'Horace. Au temps de César, les Germains, assez peu adonnés encore à l'agriculture, ne cultivaient jamais deux années de suite
le même champ; chaque année, les magistrats assignaient les parts aux familles. En Gaule, les domaines communaux étaient considérables à l'époque romaine, et nos biens communaux
actuels nous en représentent les débris
(Charles Letourneau, La Sociologie d'après l'éthnographie, 1880 - books.google.fr). "Deux classes une" : les flottes au large de Carthage
Après avoir tout préparé pour un assaut décisif, il munit ses troupes de haches et d'échelles; puis, protégé par les ténèbres d'une nuit sombre et
silencieuse, il s'avança au pied des remparts, que ses soldats commencèrent à escalader. Les Carthaginois, surpris par cette brusque attaque, essayèrent inutilement
de se rallier et de repousser les assaillants; ils durent bientôt chercher un refuge dans la citadelle, où ils ne tardèrent pas à être suivis par les troupes mêmes qui
campaient hors de la ville, et qui crurent devoir se mettre en sûreté en abandonnant leur camp aux Romains. Les conséquences de cet assaut furent fatales aux assiégés,
car ils se virent ainsi couper les vivres qu'ils recevaient par la voie de l'isthme, où Scipion s'établit solidement à l'aide d'excellentes palissades et de retranchements
inabordables. Il ne restait plus aux malheureux assiégés que la mer par où ils pussent recevoir des vivres et des renforts: le général romain résolut de leur fermer cette
dernière voie de salut, au moyen d'une levée qui barrât l'entrée du port. L'entreprise d'abord parut folle aux assiégés; mais leurs plaisanteries firent place à la frayeur,
lorsque, après quelques jours de travaux seulement, ils se furent rendu compte du progrès de cet ouvrage extraordinaire; ils voulurent, mais trop tard, en arrêter le développement,
et cherchèrent du moins à le rendre inutile. Ils ouvrirent secrètement une nouvelle entrée d'un autre côté du port et parurent inopinément en mer avec une flotte nombreuse qu'ils
venaient de construire. S'ils s'étaient jetés alors sur la flotte romaine, qui ne s'attendait à rien moins qu'à être attaquée, ils lui eussent fait essuyer un désastre complet;
mais ils se contentèrent d'une bravade inutile et rentrèrent dans le port. Deux jours après, ils en sortirent de nouveau avec l'intention de livrer bataille; mais ils trouvèrent
les vaisseaux romains sur leurs gardes, et une lutte terrible s'engagea entre les deux flottes, qui demeurèrent aux prises un jour entier sans que la victoire se déclarât pour
l'un ou l'autre peuple. Le lendemain, le combat se ralluma avec plus de fureur encore que la veille et se prolongea jusque bien avant dans la nuit. La flotte carthaginoise ne
fut pas vaincue; mais elle n'en essuya pas moins de nombreuses pertes dans cette lutte meurtrière. Le jour suivant, Scipion s'empara d'une large terrasse construite contre les
murailles, s'y établit solidement, et fit ensuite élever du côté de la ville un rempart de briques où prirent place 4,000 archers, dont les traits incommodèrent cruellement les
assiégés. Ce succès des Romains marqua les dernières opérations de cette campagne. Au retour du printemps, eut lieu l'assaut final
(Grand dictionnaire universel du XIXe siècle Larousse, Tome 3, 1865 - books.google.fr). La discorde
Un texte d'Orose (V.8.1) nous montre Scipion Emilien recueillant de la bouche d'un chef celtique, Thyresus, la leçon suivante,
qui expliquait selon lui la chute de Numance : Concordia inuicta, discordia exitio fuit
(Jean-Marie André, L'Otium dans la vie morale et intellectuelle romaine, des origines à l'époque augustéenne, Tome 1, 1966 - books.google.fr). Orose reprend la formule de Salluste au sujet de Jugurtha qui participa au siège de Numance du côté romain :
Nam concordia parvæ res crescunt, discordia maxumæ dilabuntur
(Salluste, Jugurtha, traduit par J. J. Dubochet, 1854 - books.google.fr). Id si minus intellegitur, quanta vis amicitiæ concordiæque sit, ex dissensionibus atque discordiis percipi potest (Cet emploi des mots abstraits au pluriel indique qu'il
s'agit de faits particuliers. Pour la pensée, rapprochez Salluste (Jug., 10) : Concordia parvæ res crescunt, discordia maxumæ dilabuntur)
(Pascal Monet, M. Tullii Ciceronis Lælius de amicitia : texte Latin, 1895 - books.google.fr). Pétrone, enfin, introduit Discordia dans son début d'épopée sur la guerre civile (Sat., 124, v. 271). Elle intervient en dernier lieu,
après Pluton et Fortuna, après la déclaration de guerre de César, au moment où les dieux infernaux succèdent sur terre aux dieux du bien :
«Intremuere tubae ac scisso Discordia crine extulit ad Superos Stygium caput...» (v. 271-72) «L'air tremble au son des trompettes et la
Discorde aux cheveux épars a dressé vers les dieux du ciel sa tête infernale. Un caillot de sang obstrue sa bouche , et ses yeux meurtris versent des larmes ;
ses dents prêtes à mordre se dressent couvertes d'un tartre rugueux, sa langue dégoutte de sang.» Pétrone décrit alors l'allégorie, qui a tous les traits d'une Furie :
on dirait qu'il mêle Ennius et Virgile. Sa Discordia est bien une allégorie, comme celle d'Ennius, mais en même temps elle ressemble à l'Allecto de
l'Enéide. Comme celle-ci, elle intervient à la fin du processus, au moment où le conflit s'inscrit dans les faits : Pétrone lui fait distribuer
les rôles entre les différents protagonistes (v. 288-294). En somme chez tous ces poètes, le thème de la discordia – qu'elle soit ou non une allégorie –
intervient pour marquer la fin du mécanisme de la causalité et le début effectif des hostilités
(Sylvie Franchet d’Espèrey, Conflit, violence et non violence dans la Thébaïde de Stace, 1999 - books.google.fr,
Petronius Arbiter, Le Satiricon, Texte établi et traduit par Alfred Ernout, 1922 - books.google.fr). Ces deux mots, Discorde et Amitié, sont selon Empédocle [voir Berthelot, les Origines de l'alchimie et Chevreul, in l'Idée alchimique, II]
les représentations des puissances qui régissent la matière : elles se combattent sans trêve entre l'émiettement total et l'unité absolue.
"Ainsi Empédocle distingue pour ainsi dire deux hauts et deux bas dans ce mouvement de flux et de reflux : victoire de l'Amitié, suivie
de la croissance de la Discorde; victoire de la Discorde, suivie de la croissance de l'Amitié"
(Sekou Sanogo, La matrice de l'âme : Le siège des antennes psychiques, Tome VIII, 2014 - books.google.fr). L'antique doctrine, partagée par les platoniciens, veut que les astres sont faits de feu tandis que le reste du corps céleste est fait d'eau (en sorte que le mot hébreu désignant
les cieux, schaïm, s'interprète 'ésh û-maim, c'est-à -dire "feu-eau", repris par Vigenère). C'est pourquoi l'on peut dire qu'en la première création Litige et contrariété s'élevèrent dans
les cieux, car ceux-ci sont faits de feu et d'eau; qu'ils n'y demeurèrent cependant pas mais furent rejetés du ciel pour trouver leur demeure naturelle en la terre, lieu d'une
continuelle génération et d'une continuelle succession des contraires. La contrariété élémentaire du ciel (qui ne saurait être surprenante dès lors que l'on se souvient avec Platon que
la matière première est commune à toute la création) diffère en effet de la contrariété du monde terrestre en ceci que les éléments célestes, qui sont plus purs que les éléments inférieurs,
dont ils constituent «presque l'âme», ne sont pas mélangés comme ils le sont dans les mixtes inférieurs, le feu se trouvant seulement dans les corps luisants et l'eau dans
les corps diaphanes. Et si la fable dit que c'est après s'être déchargé de Litige que Chaos engendra Pan, une fois encore grâce à la main de Démogorgon, c'est parce que Pan, qui est la
concorde succédant à la discorde, représente la Nature universelle, ordonnatrice de toutes les choses mondaines et aux ordres de Dieu
(Sylvain Matton, La figure de Démogorgon dans la littérature alchimique, Alchimie, art, histoire et mythes, 1995 - books.google.fr). Scipion et Satyricon
Pétrone mentionne les divers pays d'où l'on faisait venir les bêtes données en spectacle dans les cirques : On cherche, dit-il,
des bêtes féroces dans les forêts de la Mauritanie, et l'on parcourt l'Ammonide, limite de l'Afrique, pour qu'on ne manque pas de bêtes
rares dans les combats mortels. Le tigre, étranger à nos contrées, encombre les flottes; et on le transporte dans une cage dorée (aulata aula),
pour qu'il se repaisse de sang humain, aux applaudissements du peuple (fame premit advena classes, tigris et aurata gradiens vectatur in aula, ut
bibat humanum populo plaudente cruorem)
(M. Mongez, Mémoire sur les animaux promenés ou tués dans les cirques, Histoire et mémoires de l'Institut royal de France, 1833 - books.google.fr). Cf. le quatrain IX, 17 - De Néron à Commode en passant par Trajan - 2116.
Dans «First Impressions : Eschatological Allusion in Petronius, Satyrica, 28-29», C. Chandler s’attache à quatre détails de l’entrée de la maison
de Trimalchion, le portier qui trie des pois, la pie dans sa cage dorée, le chien et la fresque où est peinte la vie du propriétaire et conclut qu’ils
font déjà référence à la présentation de cette demeure comme un Hadès miniature qui sera développée plus tard
(Lucienne Deschamps, Studies in Latin Literature and Roman History XII. -Edited by C. Deroux. -Bruxelles : Latomus, 2005. In: Revue des Études Anciennes. Tome 109, 2007, n°1 - www.persee.fr). La pie qui, dans sa «cage dorée», cauea aurea, «salue les personnes qui entrent» (§ 28, 9), comme pour les accompagner, rappelle «le rameau d’or»,
aureus ramus (v. 187), que cueille Énée pour descendre aux Enfers. L’aspect labyrinthique de la maison de Trimalcion l’apparente au monde infernal;
l’habileté de Dédale, artisan ès arts culinaires chez Pétrone, fait écho au Dédale virgilien, fondateur, à Cumes, du temple d’Apollon, dont il a orné
la façade (VI, 14-33). Le bassin dans lequel tombent Ascylte et Encolpe, entraîné dans le tourbillon, gurgitem (72, 7-8), fait penser au marais du Styx
et aux vastes remous de l’Achéron, uastaque uoragine gurges, chez Virgile (v. 296). Giton réussit à calmer le chien qui les effraie en lui donnant la
nourriture qu’il avait dans ses poches, comme, chez Virgile, la Sibylle et Énée apaisent Cerbère en lui donnant un gâteau (VI, 47-425). Il est donc très difficile
de sortir de chez Trimalcion, ce qui fait écho, dans l’Énéide, aux paroles de la Sibylle à Énée : «la descente à l’Averne est facile. Nuit et jour la porte du noir Pluton
est ouverte. Mais revenir sur ses pas et s’échapper vers la lumière d’en haut, voilà l’effort, voilà l’épreuve» (VI, 126-129). Un faisceau de parallèles se fait ainsi
jour entre le fortuné Trimalcion et Pluton, que l’on appelle aussi Dis, «le riche», entre la maison de l’affranchi et les Enfers, entre Encolpe et Énée
(Christine Kossaifi, «Ce soir, on soupe chez Trimalcion». Le souper, 2020 - books.openedition.org). Causer comme une pie borgne, comme une pie dénichée (Leroux) : borgne signifie ici aveugle. On crève les yeux aux pies pour leur apprendre plus facilement à parler
(Eugène Rolland, Faune populaire de la France, Tome 2, 1879 - books.google.fr). Reflet de multiples influences, notamment hérodotéennes et cyniques, le Satyricon attribué à Pétrone (Ier siècle de notre ère) contient un
passage qui reprend le motif du repas funéraire anthropophage. Eumolpe, vieux poète sans le sou, a peu à peu épuisé la patience des chasseurs
d'héritage de Crotone, qui l'avaient accueilli avec ses amis parce qu'ils le croyaient riche et en fin de vie. Eumolpe décide alors de
leur expliquer ses dispositions testamentaires plutôt insolites. [...] En adoptant la forme consacrée du testament sous condition,
Eumolpe contraint ses aspirants héritiers à un geste théoriquement impensable pour un Romain : découper son cadavre et le manger.
Sa justification est relativiste : d'autres peuples le font , pourquoi pas vous ? Cela n'en reste pas moins une sanction : ils ont maudit son âme,
ils devront donc dévorer son corps pour arriver à leurs fins :
...Lorsque Scipion prit Numance, on trouva dans cette ville des enfants à moitié dévorés sur le sein de leurs mères...
(Vincent Vandenberg, De chair et de sang, Images et pratiques du cannibalisme de l’Antiquité au Moyen Âge, 2022 - books.google.fr). Selon le jésuite Caussin (1583 - 1651), le roi Abenner élève son fils Josaphat dans une prison confortable ("cage dorée"). Celui-ci s'en échappe et rencontre des
malheureux qui lui inspirent une forte compassion
(Nicolas Caussin, La Cour saincte ou institution chrestienne des grands, avec les exemples de ceux qui dans les cours ont fleury en saincteté, Tome 4, 1642 - books.google.fr). Cette histoire est inspirée de la vie de Bouddha.
Le Moyne (1602 -1672), contemporain de Caussin, emploie aussi l'expression : "vne Tourterelle est plus heureuse au Desert, que n'est vne Aigle dans vne cage dorée"
(Pierre Le Moyne, La gallerie des femmes fortes, 1647 - books.google.fr). La cage des poulets sacrés
Tiberius Sempronius Gracchus, né en 168 ou 163 av. J.-C. et mort en 133 av. J.-C., forme avec son frère Caius Gracchus les «Gracques».
Il fut d'abord questeur en 137 av. J.-C. et fut envoyé en Espagne avec le consul Caius Hostilius Mancinus. Il sauva l'armée romaine de l'incompétence
du consul alors qu'elle se trouvait encerclée et à la merci de l'ennemi. Il négocia une paix avec les Numantins (Espagne) car son père avait instauré de bons
rapports entre sa famille et les Numantins et s'était constitué une clientèle solide. Mais cette paix, rejetée par le Sénat, mit un terme à sa carrière militaire,
et perturba les rapports que Tibérius entretenait avec le Sénat
(fr.wikipedia.org - Tiberius Gracchus). Numantia ou Numance est une ville antique du nord de l'Hispanie, qui résista durant vingt ans à la conquête romaine, entre 153 et 133 av. J.-C..
Plusieurs généraux échouèrent à la prendre avant que le Sénat n'y envoyât son meilleur chef, Scipion Émilien
(fr.wikipedia.org - Numance). Pendant que le consul C. Hostilius Mancinus accomplissait un sacrifice, les poulets s'échappent de leur cage. En outre, au moment où il s'embarquait pour
l'Espagne, on entendit une voix qui criait: Arrête, Mancinus; sinistres présages, comme l'événement le prouva. Vaincu par les Numantins, chassé de son camp, sans
espoir de sauver son armée, il fait avec eux une paix ignominieuse, que le sénat ne voulut pas ratifier. Trente mille Romains avaient été vaincus par quatre mille Numautins
(Tite-Live, Histoire romaine, Collection des auteurs latins, avec la traduction en français, Tome 11, 1877 - books.google.fr). Tiberius soumet une proposition de loi agraire connue sous le nom de Rogatio Sempronia (-133) qui reprend le principe de l'anadasmos, prévoyant
la limitation au droit de possessio individuelle et la redistribution aux citoyens pauvres des terres récupérées.
Tiberius se représente à un second tribunat, lors de l'été 133 av. J.-C., pour l'année 132; ce nouveau mandat lui est refusé. Il décide de faire
pression sur l'assemblée avec quelques partisans
(fr.wikipedia.org - Gracques). Au moment du départ pour l'assemblée, Tiberius apprit que les auspices étaient défavorables. Les poulets sacrés ne voulaient pas manger; des serpents avaient niché
dans son casque; il se heurta le pied contre le seuil, et se blessa; des corbeaux qui se battaient sur un toit voisin firent tomber une tuile devant lui.
Il hésitait à partir pour l'assemblée, lorsque Blossius lui représenta que ce serait une honte pour le fils de Gracchus et de Cornélie, le petit-fils de Scipion
l'Africain, si la vue de deux corbeaux l'empêchait d'obéir à ses concitoyens, qui l'appelaient à leur secours
(Nouvelle biographie générale, Tome 21 : Hennert-Holophira, 1858 - books.google.fr). Une émeute conduite par le Grand Pontife Scipion Nasica éclate, au cours de laquelle Tiberius est tué
ainsi que 300 de ses partisans. Le corps de Tiberius sera jeté dans le Tibre
(fr.wikipedia.org - Gracques). Scipion même, le vainqueur de Carthage & de Numance, perdit l'affection des Romains, en témoignant trop librement qu'il approuvoit ce qu'on
avoit fait contre Tiberius Gracchus. Plutarque rapporte (Vie des Gracches) que lorsque Scipion, qui étoit devant Numance, apprit la
mort de Tiberius, il répéta ce que Minerve dit à Jupiter, qui venoit de parler des crimes d'Egiste (Homère, Odyssée, I, 47):
Que desormais autant en puisse prendre,
A qui voudra telle chose entreprendre.
Ensuite Caius & Fulvius lui ayant demandé en pleine assemblée, ce qu'il pensoit de la mort de Tiberius, il fit une réponse, qui donnoit à entendre, qu'il n'approuvoit
pas ce que ce Tribun avoit fait. Ce qui irrita tellement le Peuple, que depuis ce tems-là il lui rompoit toujours en visière, & l'interrompoit quand il vouloit haranguer,
& que lui de son côté s'emporta fort contre le peuple. Deux passages, l'un de Velleius Paterculus (v. 19 av. J.-C. – v. 31 ap. J.-C., II, 4), & l'autre de Valere Maxime (VI, 2, 3)
serviront de commentaire à ce que dit Plutarque : Voici le premier (Velleius Paterculus, Histoire romaine II, 4). Hic (nempe P. Scipio Africanus) eum interrogante Tribuno Carbone, quid de Tib. Gracchi cæde sentiret ?
respondit : si is occupandæ reip. animum habuisset, jure casum. Et cum omnis concio acclamasset : Hostium, inquit, armatorum toties clamore non territus, qui possum vestro moveri, quorum noverca est Italia ?
(Jacques Georges de Chauffepié, Nouveau dictionnaire historique et critique: pour servir de supplément ou de continuation au Dictionaire historique et critique de Pierre Bayle, Tome 2 : Bo-H, 1750 - books.google.fr). Certains attachent une intention méprisante au mot noverca, dans la réponse de Scipion à cette multitude. Il semble lui dire, selon eux :
«L'Italie n'est point votre mère, les bons citoyens seuls sont ses fils, etc., etc.» Deux vers de Pétrone donnent à cette conjecture une grande autorité :
Aut qui sunt, qui bella jubent ? mercedibus emptæ,
Ac viles operæ, quorum est mea Roma noverca.
Un peuple mercenaire, et de vils citoyens / Que jamais Romulus n'adoptera pour siens (PÉTRONE, de Bello civile - Trad. de Bouhier)
(M. Després, Histoire romaine de Caius Velleius Paterculus adressée à M. Vinicius, consul, 1830 - books.google.fr). Acrostiche : LEDD
"redd ledd" : minium (Mennig)
(Wilhelm Dunker, Wilhelm Ulrich, Neues Konversations-wörterbuch der englischen und deutschen Sprache, Teil 1, 1887 - books.google.fr). Selon le Littré, une miniature (du latin miniare qui veut dire «peindre en rouge, enduire de minium») est une «sorte de peinture délicate qui se fait
à petits points ou à petits traits, avec des couleurs très fines, détrempées d'eau et de gomme, sans huile. La miniature se fait sur le vélin, sur l'ivoire»
(fr.wikipedia.org - Miniature). Les Amphiloques constituent une partie de la Galice. La région est très abondante en cuivre et en plomb et aussi en miniums, qui a même donné son
nom au fleuve voisins (Le Minius, Minho); elle est également très riche en or, au point qu'avec l'araire, on fend souvent des mottes d'ors. [...]
Les hommes ont le corps préparé à la privation de nourriture et à la souffrance, l'esprit préparé à la mort. Ils sont tous d'une frugalité âpre et rigoureuse (Livre XLIV)
(Trogue Pompée, Epitoma, Historiarum Philippicarum - www.tha.de). La principale source d'information sur Trogue Pompée se trouve sur une notice située à la fin du livre XLIII de l'abrégé de Justin.
Trogue Pompée (Cneius Pompeius Trogus) est un historien gallo-romain du Ier siècle av. J.-C. né à Vaison-la-Romaine. Contemporain de
l'empereur Auguste, il est l'auteur d'un ouvrage d'histoire de référence, les Histoires Philippiques (Historiæ Philippicæ), abrégé ultérieurement par Justin (IIIe siècle ou IVe siècle)
(fr.wikipedia.org - Trogue Pompée). Une différenciation sociale apparaît au IIIe siècle av. J.-C. lorsque les grandes familles sénatoriales font graver des éloges en vers Ã
la gloire du disparu. L'exemple le plus connu à Rome est sans doute le tombeau des Scipions, monument funéraire collectif, situé sur un petit
chemin entre les viae Appia et Latina, à moins d'un mille de la porte Capène, proche des sépultures d'autres familles célèbres, les
Metelli, les Servilii ou les Atilii. Le sépulcre des Scipions contenait un grand nombre de sarcophages dont le plus ancien est celui de Scipio Barbatus
(Paul Corbier, L'épigraphie latine, 2006 - books.google.fr). Nous reproduisons ci-après un texte dont nous savons que Saussure s'est occupé (2 citations dans le Mercure, l'exemple très caractéristique
de Loucanam dans la Lettre). Il s'agit d'une inscription (C.I.L., 12, 6, 7) gravée sur un sarcophage et concernant L. Cornelius Scipion,
consul en 298 et censeur en 290. Elle se compose d'un titre, incomplet, peint au minium, et d'une inscription plus récente de 4 lignes
(où l'on voit 6 saturniens), dont la première et une partie de la seconde recouvrent une inscription plus ancienne martelée.
La date est imprécise (après 200 pour Ernout en raison du caractère «moderne» de certaines graphies) :
[L. Corneli] o Cn. f. Scipio (titre) Cornelius Lucius Scipio Barbatus Gnaiuod patre / prognatus, fortis uir sapiensque,
Quoius forma uirtutei parisuma / fuit Consol censor aidilis quei fuit apud uos, Taurasia Cisauna / Samnio cepit Subigit omne Loucanam opsidesque
abdoucit. (TRADUCTION : L. C. S. fils de Gnaeus : C. L. S. B. fils de Gnaeus son père, homme courageux et sage, dont la beauté égala le mérite,
qui fut chez vous consul censeur édile, prit Taurasia et Cisauna dans le Samnium, soumet [sic] toute la Lucanie et emmène [sic] des otages).
N. B. 1) [L. Corneli] est une restitution. 2) Les traits obliques (/) indiquent la limite des lignes
(Françoise Desbordes, A propose des saturniens, Scripta varia, rhétorique antique & littérature latine, 2006 - books.google.fr). «Minium, écrivait Pline, clariores litteras vel in auro (cor. muro ou aere), vel in marmore, etiam in sepulcris facit.» (Histoire Naturelle, XXXIII, 122).
Ce texte semblerait prouver, si l'on admettait la lecture aere, que le même procédé étaitemployé sur les tables de bronze
(Charles Daremberg, Dictionnaire des antiquités grecques et romaines: d'après les textes et les monuments, Tome 5, 1899 - books.google.fr). Le tombeau a été redécouvert en 1614 dans un vignoble, et alors ouvert (le terme de « fouille » ne s'applique pas dans le contexte de l'époque) :
on trouva deux sarcophages, et l'inscription (titulus) de Lucius Cornelius, fils de Barbatus, consul en 259, en fut détachée et vendue. Elle changea plusieurs
fois de mains avant de rejoindre la collection et fut publiée, en attendant, par Giacomo Sirmondo en 1617 dans son Antiquae inscriptionis, qua L. Scipionis Barbati,
filii expressum est elogium, explanatio. Cette utilisation du mot elogium en est venue à s'appliquer à l'ensemble de la collection (Elogia Scipionum).
Le propriétaire de 1614 ne modifia pas le tombeau et n'en fit aucune publicité. Il le fit refermer, l'entrée en fut dissimulée, son emplacement resta secret, et son
souvenir fut à nouveau perdu, en dépit de la publication de l'inscription. En 1780, les propriétaires de la vigne, les frères Sassi, qui, apparemment n'avaient aucune
idée de sa présence, firent irruption dans la tombe au cours d'un remodelage de leur cave à vin. Ils l'ouvrirent aux savants de l'époque
(fr.wikipedia.org - Tombeau des Scipions). "Prison du poulet" est une expression de Nicolas Flamel, Œuvres, Préface de Elie-Charles Flamand, Paris, 1973, p. 65 des Figures hiéroglyphiques
(Nerval, une poétique du rêve : actes du colloque de Bâle, Mulhouse et Fribourg, des 10, 11 et 12 novembre 1986, 1989 - books.google.fr). Ce ballon, où mûrissait l'oeuf, était le plus souvent appelé «oeuf» ou encore «prison du poulet» (Gérard de Sède, Les templiers sont parmi nous, p. 129).
Le vaisseau soit de verre, bien fermé, le ventre rond, le col long & estroit, long d'enuiron demy pied, & vn vaisseau suffit, le vaisseau s’appelle œuf, sublimatoire,
crible, sphere, sepulchre, prison, vieux lion, lion verd, vrinal, cucurbite, boce & de plusieurs autres noms (Ventura c. 15)
(Sr L'Agneau, Harmonie mystique ou accord des philosophes, traduit par le Sr Veillutil, 1634, p. 356)
Le vieux Lion, et Lion vert : c'est l'œuf des Sages et le Lion vert qui est autrement dit, le sépulcre d'où le Roi sort triomphant.
Le lion rouge : c'est la teinture de l'or : autre : c'est l'élixir parvenu au rouge parfait, qui comme un Lion dévore toute nature pure
(William Salmon, Dictionnaire hermétique (1695), 2022 - books.google.fr). Le lion est vert chez Ripley car c'est un acide vorace (Pernety), "dévorant toute Nature pure métallique et la changeant en vraie substance et vrai or pur"
(Flamel, Livre des figures hiéroglyphiques). Le lion se présente sous deux formes, avec et sans ailes, l'un féminin volatil et l'autre mâle fixe,
Mercure et Soufre. Le lion dévore le lion, les deux lions n'en forment plus qu'un (Lambsprinck), le Mercure devient fixe sans perdre sa volatilité, et Soufre volatil : secret alchimique
(Bernard Joly, La rationalité de l'alchimie au XVIIe siècle, 1992 - books.google.fr). Cf. la fixation des lions crucifiés chez Polybe au temps de Scipion Emilien en Afrique.
D'après quelques interprètes modernes, le mercure des philosophes n'était rien autre chose que le plomb. Mais de vieux commentateurs de
l'art transmutatoire lui donnent une autre portée, tout emblématique : c'est pour eux le soleil ou la lune, l'or ou l'argent. Le lion vert n'est que le
deutoxide de plomb (massicot) ; le lion rouge, le minium; l'esprit aigre des raisins, le vinaigre; le sang humain, l'acide pyroacétique brut; le loup gris,
l'antimoine; la lune, l'argent. Ainsi se trouve expliqué le texte de Ripley, que nous avons cité dans les pages qui précèdent
(Félix-Archimède Pouchet, Histoire des sciences naturelles au Moyen Age ou Albert le Grand et son époque considérés comme point de départ de l'Ecole expérimentale, Tome 1, 1853 - books.google.fr). George Ripley (c. 1415 - c. 1490) est un alchimiste anglais du XVe siècle
Il en existe de nombreux manuscrits de The Compound of Alchemy, écrit en 1470-1471, il est imprimé pour la première fois en 1591
(fr.wikipedia.org - George Ripley (alchimiste)). Curieusement, on retrouve dans le langage alchimique du chanoine de Burlington le genre allégorique propre aux sociétés secrètes de la Renaissance,
et singulièrement «la Voarchadumia» : Homme rouge, Femme blanche, dragon noir, recoupent les «choses rouges» évoquées par le nom de cette secte alchimique.
Les titres de ses ouvrages reflètent ce goût des images étranges : les Douze Portes, la Moelle de la Philosophie chimique, la clé de la Porte Dorée, la Pupille de l'Alchimie.
L'œuvre principale de Ripley, Les Douze Portes d'alchimie fut écrite en 1471. La Pierre y est décrite comme étant un «microcosme de la Trinité», de l'Eternité, aimerait-on dire.
On a pu avancer que notre moine était un alchimiste purement spirituel, ce qui est manifestement faux : Ripley est souvent cité dans les histoires de la chimie des siècles récents :
le chimiste Dumas a tenté d'élucider la clef du système alchimique du chanoine de Burlington : elle en serait le plomb qui calciné, donne un oxyde verdâtre appelé le Lion Vert.
«En poussant la calcination, l'oxyde se suroxyde en minium; le Lion Vert devient le Lion Rouge. Le Menstrue végétal acide est du vinaigre : mis en contact avec le minium, il le dissout.
Par évaporation, on obtient l'acétate de plomb, une sorte de gomme que les alchimistes appelèrent Sucre et Saturne : sucre, parce que le produit en a la saveur, et Saturne est la planète du plomb.
En la distillant, cette gomme se décompose et l'on recueille de l'acétone, puissant dissolvant au goût plus ou moins suave (d'où les noms d'eau puante ou menstrue fétide)
et, enfin, une sorte d'huile rouge : le sang du Lion rouge. Le résidu noir dans la cornue est du plomb à l'état très divisé. A l'air, une fois enflammé, il brûle et se transforme Ã
nouveau en oxyde et en suroxyde que l'on peut dissoudre à nouveau : le Dragon mort sa queue. Pendant des siècles, les alchimistes suivirent les directives de Ripley et ceci jusqu'Ã
notre époque sans jamais, hélas, faire d'or avec le sang du Lion Vert.» (Extrait de l'Alchimie, par Lucien Gérardin, C.A.L., Denoël, 1972).
Ripley ne cherche dans les métaux que la Materia Prima qu'il considère comme principe de base de l'extraction de la Pierre. Pour lui, c'est le Mercure, non pas le commun
mais le philosophal bien sûr, qui est l'essence de la nature métallique, et ce sont les métaux nobles, notamment l'or, qui en contiennent le plus : conception qui est
bien dans la ligne gnostique des Rose-Croix : toutes choses tendent vers le mieux et tout métal n'est que de l'or futur. Par des clarifications répétées, les Huiles donnent
une quintessence métallique capable d'«enrichir» les métaux «pauvres», c'est-à -dire de les rendre nobles. Djabir ibn Hayyân, Arnauld de Villeneuve, Basile Valentin avaient
des théories semblables à celles de Ripley, mais ils effectuaient la «combinaison» des ingrédients de manière différente
(Arnold Waldstein, Lumières de l'alchimie, 1973 - books.google.fr). Cette confrontation de l'alchimie et du songe peut se faire à différents paliers, compris entre deux hypothèses extrêmes : au degré superficiel
et formel, on observe que de nombreux textes alchimiques ont utilisé la forme allégorique du récit de songe, genre ou quasi-genre certainement aussi
ancien que la poésie elle-même, comme cadre commode au récit d'une initiation ou comme exposition voilée des phases du magistère. Le songe, selon
cette hypothèse minimale, serait un songe de pure forme. Selon l'hypothèse maximale, à un degré d'analogie profond et global, c'est toute l'alchimie
qui ressortit au songe. Il ne s'agit plus alors du songe comme genre narratif ou allégorique particulier, mais bien du songe comme expérience onirique, celle qui s'appelait
«songe» à la Renaissance, et s'appellera «rêve» après les Lumières. Cette interprétation a certes été favorisée de nos jours par les lectures de l'alchimie en termes de
psychologie des profondeurs comme celles de Bachelard et de Jung, pour qui l'art spagyrique traduit indirectement la force de processus inconscients; mais la parenté semble
également aller de soi à l'âge classique, comme l'indiquent par exemple le fait que les alchimistes (se) sont nommés , dans un sens péjoratif ou non, des «philosophes rêveurs»,
la coïncidence selon laquelle Saturne, Dieu des songeurs mélancoliques et des Curieux de l'oniromancie, est souvent le vieillard qui s'offre comme guide de
l'Alchimiste , ou encore le témoignage éloquent du Mutus Liber, livre de gravures dont le frontispisce représentant Jacob endormi en plein désert sur sa pierre, au pied de l'échelle où
gravitent les deux anges de son songe, figure l'Adepte - celui-là même qu'on voit, dans les planches suivantes, se livrer aux diverses opérations de l'Art.
C'est pourquoi nous parlerons ici de «songe», qui est le vocable usuel à l'époque, le paradigme générique des cinq espèces relevées dans la classification
du Commentaire sur le Songe de Scipion de Macrobe, souvent reprise et adaptée dans les traités classiques : font partie des songes signifiants le songe (oneiros-somnium)
proprement dit, la vision (orama visio) et l'oracle (chrematismos-oraculum); des songes dépourvus de signification le «songe commun», souvent nommé rêverie plutôt que rêve
(insomnium-enhypnion) et le fantôme (phantasma-visum)
L'«alchimisation» au cours des siècles des grands récits de songes canoniques, de l'Ancien Testament au Roman de la Rose et au Songe de Poliphile.
Pour Jacques Gohory en 1572, le premier indice de l'appartenance du texte de Colonna au corpus alchimique, c'est précisément sa qualité de songe. [...]
Le Mutus Liber est une série de gravures de 1677. Le songe de Jacob a bien sûr une immense postérité exégétique, de Philon à Pic de la Mirandole, en dehors du domaine alchimique
(Florence Dumora, L'oeuvre au noir de Morphée : poétique du songe alchimique, Aspects de la tradition alchimique au XVIIe siècle, 1998 - books.google.fr). Comme le Roman de la Rose, le Poliphile est un songe allégorique : le modèle du Songe de Scipion et de son Commentaire par Macrobe y garantit
la pertinence et le chiffrage d'une fiction dont le déroulement met en scène une initiation amoureuse dans un décor de jardins.
(Gilles Polizzi, Le devenir du jardin médiéval ? Du verger de la Rose à Cythère, Vergers et jardins dans l'univers médiéval, Par CUER MA (Center : Aix-en-Provence, France), 1990 - books.google.fr). Le poète Geoffrey Chaucer, auteur d'une satire de l'alchimie dans Les Contes de Canterbury (Le Conte de l'Assistant du Chanoine), est mentionné à la fin
du chapitre III à propos d'une pierre mystérieuse, la magnetia, indispensable aux opérations alchimiques et que Chaucer baptise Titanos, nommant une chose inconnue
par un nom plus inconnu encore (Norton utilise la devise latine «ignotum per ignotius»). C'est avec ce texte qu'apparaît la légende, tenace de la Renaissance jusque
vers 1650, que Chaucer aurait en fait été un maître dans cette discipline, et un auteur de traités alchimiques
(fr.wikipedia.org - Thomas Norton (alchimiste)). Ce conte des Canterbury Tales est une violente satire de l'alchimie, mais Chaucer y a fait preuve d'une si grande compétence que, par un procédé
de récupération dont on connaît de nombreux autres exemples, les adeptes ont recopié le long discours de l'alchimiste qui se trouve dans ce texte
et ont accrédité l'idée que Chaucer était lui-même alchimiste l'ensemble de la poésie alchimique anglaise que tous les styles s'y trouvent,
depuis les vers de mirliton jusqu'aux réalisations sciemment littéraires, parfois imitant des modèles classiques
(Didier Kahn, La poésie alchimique, Alchemie und Poesie, Deutsche Alchemikerdichtungen des 15. bis 17. Jahrhunderts. Untersuchungen und Texte, 2013 - books.google.fr). Chaucer had personally been caught in the wiles of an alchemist, with the result that he hit upon writing The Canon's Yeoman's Tale in order to
take revenge. But if he had done so for the mere purpose of satisfying his own grudge, the sentence opening with 'occupatio' is too good to be true :
It dulleth me whan that I of hym speke.
On his falshede fayn wolde I me wreke,
If I wiste how, but he is heere and there;
He is so variaunt, he abit nowhere. (1172-5)
On the contrary, Chaucer was well versed in and acquainted with "al this newe science that men lere," i.e., alchemy, which comes from old
books as described in The Parliament of Fowls. It is a likely consequence of this that he brought experimental apparatuses, devices, chemicals and medicinal herbs into his tale.
Therefore, it may hit the mark to conclude that he was comically describing the falsehood and follies naturally inherent in alchemy. Alchemists have no fixed abodes and walk to and fro incessantly.
The word "variaunt" designates lexically 'changeful in disposition or purpose' (OED), but from such phrases as "heere and there" and "abit nowhere," it becomes obvious that they reflect
the real state of alchemy. An alchemist is inclined to be inconstant and elusive, a man whose abode is difficult to detect readily. Magnum opus or alchemy is fickle, slippery, and 'elvish.'
Likewise, a "maister" also is capricious and whimsical. He vanishes in an instant as soon as he appears. Chaucer has transformed alchemy into a living man, which is, no doubt,
a masterly feat. He applies "slidynge" and "variaunt" to "craft" and "philosophre" respectively. Thus used in the larger context, the word "craft" reveals its own identity and is
rhetorically transformed into a caricature of an alchemist. The Yeoman's satirical passages give a clear and exact picture of the actual condition of alchemy :
They mowe wel chiteren as doon jayes,
And in hir termes sette hir lust and peyne,
But to hir purpos shul they nevere atteyne.
A man may lightly lerne, if he have aught,
To multiplie, and bringe his good to naught !
(Masahiko Kanno, Lexis and Structure in The Canon's Yeoman's Tale, Studies in Chaucer's Words, A Contextual and Semantic Approach, 1996 - books.google.fr). For oute of olde feldys, as men sey,
Comyth al this newe corn from yer to yere;
And out of olde bokis, in good fey,
Comyth al this newe science that men lere.
But now to purpos as of this matere,
To rede forth so gan me to delite,
That al that day me thoughte but a lyte.
This bok, of which I make mencioun,
Entytlt was al thus as I schal telle,
"Tullyus, of the Drem of Scipion."
(The Poetical Works of Geoffrey Chaucer: To which are Appended Poems Attributed to Chaucer, Tome 2, 1879 - books.google.fr). Typologie Le report de 1583 sur les dates pivots -151/-129 donne -1885/-1841.
Epoque du combat de Jacob avec l'ange à Jabok (autre duel) avant son installation à Socoth puis à Sichem (cf. typologie du quatrain III, 43)
(Nicolas Lenglet Du Fresnoy, Tablettes chronologiques de l'histoire universelle sacrée et prophane, ecclésiastique et civile, depuis la création du monde, jusqu'à l'an 1743, Tome 1, 1744 - books.google.fr,
La Sainte Bible selon la Vulgate, Tome 1, 1895 - books.google.fr). Les Açores En 1582 a lieu une bataille navale aux Açores où s’affrontent Franco-Portugais dirigés
par Strozzi et Espagnols. C’est un désastre pour les premiers. Les prisonniers sont égorgés pour fait de piraterie (« mourir, mort cruelle »).
En 1583 une bataille terrestre cette fois a le même résultat. "deux classes une" signifie que de deux flottes affrontées, une seule est victorieuse : « La mer commencera estre demy pleine par diverses
naufs et classes tant des Chrestiens que des Barbares : de deux classes une » (Almanach pour 1563, PQ d'avril), et, par extension, que de deux ennemis affrontés dans un combat à mort, un seul survit
(Pierre Brind'Amour, Les premières centuries, ou, Propheties de Nostradamus (édition Macé Bonhomme de 1555), 1996 - books.google.fr). L’objet de ces combats est la succession du Portugal dont le précédent roi, Henri le Cardinal, est mort en
1580. « Le vieux cardinal - il a 63 ans – […] podagre, miné par la tuberculose, ajoutera par ses hésitations au trouble croissant du royaume. [2] »
Philippe II d’Espagne évince Don Antoine et prend le titre de Philippe Ier
de Portugal (« Le lyon jeune le vieux surmontera »). L’Espagne
accapare pour plus de 60 ans les richesses coloniales du pays. Strozzi - Scipion Quand l'objet d'un colloque est le pamphlet au XVIe siècle, il peut paraître incongru d'arrêter son choix sur Le Miroir des François. Ce n'est pas un de ces pamphlets que les historiens citent
volontiers et qui sont liés aux plus tragiques péripéties des guerres de religion. Sa date - 1er octobre 1581 - est celle d'une année de trêve toute vouée aux intrigues et aux
projets de politique extérieure. Son auteur reste caché sous le nom très obscur de Nicolas de Montand qui garde son secret et je ne débattrai
pas ici des diverses identifications proposées, faute d'avoir trouvé pour aucune d'entre elles le moindre fondement historique. Le titre même est bien oublié, et s'il y eut,
entre la fin 1581 et 1582, deux éditions de ce Miroir, comment savoir si elles firent quelque bruit ? Il y a pire. Est-ce bien un pamphlet ? On peut aisément, je dois l'avouer, soutenir que non,
tant le texte est long - 497 ou 736 pages, selon la typographie - et sa matière, diverse. Si l'on attend, comme l'exigeraient l'étymologie anglaise et les premiers emplois du mot dans
notre XVIIIe siècle, qu'un pamphlet soit bref, s'il convient d'y attaquer de bout en bout des hommes ou des idées pour en détruire l'autorité assurément Le Miroir des François n'est pas un pamphlet.
Il y a pourtant bien un pamphlet dans ce Miroir, et le lecteur en est aussitôt averti, dès la préface, par la violence et l'actualité des propos : attaques contre l'Eglise de Rome et l'idolâtrie des papistes, déploration
des «sanglantes guerres» qui désolent le royaume, menaces d'une vengeance divine et appel au châtiment immédiat des «massacreurs et bouchers volontaires
qui ont tant espandu de sang en France» ; à n'en pouvoir douter, c'est un pamphlet réformé qui commence Son excessive longueur, qui contraria peut - être sa
diffusion, ne pouvait suffire à le mettre à part. Un «libelle», comme on disait souvent où nous dirions pamphlet, ne se devait pas d'être bref pour frapper fort. Le Réveille-Matin, avec
Le Réveille-Matin, avec les trois cent cinquante pages de ses deux dialogues, fit son effet tout autant que les quelques feuillets du Tigre, et c'est en 647 pages que le Cabinet du Roi,
paru aussi en 1582, dénonce les paillardises, incestes et sodomies des gens d'Eglise. On peut même être sûr que le Miroir et sa force polémique ne passèrent pas inaperçus. L'Estoile, il est vrai, qui note si volontiers
tout ce qui fait quelque bruit, n'en dit rien, de Thou non plus, et je n'ai pu trouver trace de cette Fausse Glasse du Mirouetier qui, à en croire la Bibliothèque historique, vint le censurer. [...] A la surabondance d'ornements, à l'apparent caprice dans le progrès des propos, s'ajoute une surprenante bigarrure dans le choix de ceux que l'auteur appelle ses
«personnages parlants», ou du moins dans leurs noms : réels ou supposés, symboliques, allégoriques, il en est de toutes sortes, sans rien pour harmoniser ces rencontres.
Entrent en scène tour à tour dans le livre I : Sem, Cham et Japhet, face à leur «parent» Nemrod et chacun, nous dit le sommaire, «représente» une manière de vivre ; puis, face à Versoris,
«fameux advocat de la cour du Parlement», député du Tiers-Etat dont l'intervention fit grand bruit à Blois en 1577, le «seigneur Marcel», c'est-à -dire Claude Marcel, prévôt des marchands de Paris et intendant
des finances, qui jusqu'à sa mort sut rester influent et en faveur à la cour ; après quoi viennent deux personnages masqués, Honorat et Tubalcaïn,
tous deux «bien nez et rompus aux affaires d'estat» ; à leur suite, le Clergé, la Noblesse et le Tiers - Etat personnifiés, à moins qu'ils ne parlent par la voix de leur député ; Thémis, allégorie de la justice qui
interroge le Politique, ainsi nommé, semble-t-il, non par référence au parti des politiques, mais plutôt parce qu'il est chargé d'exposer une
une théorie des rapports entre le Roi et la Loi, et entre eux deux, pour un bref instant, un «Arcade», ou alcade espagnol. Dans le livre II, à nouveau des masques : Milon, «un excellent
commissaire des guerres», et l'Italien Scipion, «bien entendu en l'art militaire», qui ont tout deux des prénoms romains, puis Bezeleel et Archimede, «deux bons Mathematiciens, Politiques et gens de bien».
Comme Honorat et Tubalcain, ce sont là des pseudonymes et l'on pourrait peut-être, en étudiant minutieusement leurs fonctions, leurs qualités et les allusions à l'actualité, proposer des identifications.
Il est même un cas où, par hasard, le masque tombe : dans certains exemplaires, au détour d'une réplique, Scipion l'Italien est nommé Strozzi, et voilà mis en pleine lumière Philippe Strozzi, l'amiral qui va mourir dans
l'été 1582 à la tête de la flotte française dans l'expédition des Açores
(Nicole Cazauran, Le Miroir françois, Le Pamphlet en France au XVIe siècle, 1983 - books.google.fr). Impérialismes espagnol et romain La Numancia de Cervantes (1547-1616), pièce écrite après son retour de
quatre ans de captivité à Alger, au début des années 1580, était le récit tragique de l'anéantissement des Celtibères de Numance, en Espagne, par l'armée
de Scipion Émilien vers 134 avant notre ère. La tragédie opposait deux mondes, celui des Celtibères et celui des Romains. L'identification moderne des
protagonistes détermine le sens donné à la notion d'empire, en Espagne à l'époque moderne. Contrairement à certaines interprétations déjà anciennes, Cervantes n'identifiait pas la mission historique, politique et morale de Rome avec celle du monde ibérique du XVIe siècle. Il
soulignait, au contraire, la dichotomie existant entre les deux empires, le romain et l'espagnol. La tragédie de Cervantes se
veut une œuvre morale qui condamne l'«impérialisme» de Scipion, voulant rénover l'idée impériale en renforçant cet idéal dans l'armée pour rendre plus
efficace son rôle d'oppresseur, et justifier la guerre par la guerre par la raison du plus fort. Les Numantins apparaissent comme
des sujets qui se sont soulevés contre l'injustice et la cruauté des Romains à leur égard. La portée de l'œuvre vise plus loin que la simple anecdote, et
définit l'idée d'empire en Espagne au XVIe siècle, en opposition à celle de Rome. Pour Cervantes, l'empire espagnol est une
entité morale, qui ne relève pas de l'impérialisme romain. Le général est un froid stratège,
prêt à anéantir hommes, femmes et enfants, tandis que Numance est présentée comme une ville fière, consciente de son sort, et prête à le subir dans la
dignité. Cervantes termine ainsi la première journée de Numance par l'annonce de sa fin tragique, mais porteuse d'espérance, car le
sort cruel que lui a indirectement infligé à Rome a de quoi nourrir la rancœur de Numance et préparer sa vengeance. Contrairement aux interprétations communes
de La Numancia, la rénovation de l'idée d'«empire» romain, symboliquement signifiée par la recomposition de son armée devant
Numance, correspondait à une vision opposée à l'idée d'empire en Espagne au XVIe siècle La conquête du Portugal par Philippe II remet en question la conception de Cervantès. Marginalement, "cage d’or" entre en assonance avec Açores. L'or : El Dorado C'est ainsi que les actes de tabellionage de Rouen nous apprennent le voyage d'exploration du havrais Jacques de Vaulx sur les côtes du Brésil. Pilote royal et «cosmographe», il avait déjà été chargé en 1579, d'une
reconnaissance militaire dans cette même région pour le compte de Philippe Strozzi, cousin de la reine Marie de Médicis. Sur une carte représentant le nord du Brésil, de Vaulx avait indiqué un emplacement favorable à un
débarquement. Cette reconnaissance et la cartographie dressée par le «cosmographe» servirent à l'expédition de Strozzi partie du Havre en juin 1582. C'était le fameux «secret de la Reine», dont les documents conservés
à la bibliothèque de l'Ermitage à Léningrad nous dévoilent les intentions de fonder un royaume français au Brésil dont Strozzi aurait été le vice-roi. L'expédition de 1584, ordonnée par l'amiral de Joyeuse est
destinée à développer les relations commerciales entre la France et le Brésil. Au début du XVIIe siècle, les récits fabuleux de l'anglais Walter Raleigh qui répandent le mythe d'El Dorado,
provoquent beaucoup d'émoi en Europe. Tous les monarques avides de richesses tournent leurs regards vers «le vaste, riche et bel empire de Guyane et la grande ville d'or de Manoa»
(Jean Legoy, Le peuple du Havre et son histoire: Des origines à 1800, Tome 1, 1980 - books.google.fr). Famine
Du tigre affamé de Pétrone aux cannibales de Numance, il peut être question de famine.
Dans plusieurs régions de France, la famine sévit dans les années 1583-1587
(G. Saunois de Chevert, L'indigence et l'assistance dans les campagnes depuis 1789 jusqu'Ã nos jours, 1889 - books.google.fr). Un canard de 1619 comporte dans son titre l'affaire de la femme de Cahors qui, en 1583, tua deux de ses enfants et son, mari pour nourrir sa famille restante en temps de famine
(Marianne Closson, L'imaginaire démoniaque en France (1550-1650), genèse de la littérature fantastique, 2000 - books.google.fr). Jusqu'en Chine, un terrible hiver provoque encore la famine en 1583 à laquelle s'ajouta une invasion des Tartares
(Henri Castonnet des Fosses, La Chine sous les Ming, 1887 - books.google.fr). En Afrique, pour le XVIe siècle, le Tarikh es-Soudân et le Tarikh el-Fettach mentionnent des épidémies en 1536 et en 1548, ainsi qu’une famine suivie d’une épidémie
en 1582-1583. Ces différentes crises firent de nombreux morts
(Monique Chastanet, La cuisine de Tombouctou (Mali), entre Afrique subsaharienne et Maghreb. In: Horizons Maghrébins - Le droit à la mémoire, N°59, 2008. Manger au Maghreb - Partie II - www.persee.fr). Acrostiche : LEDD, LEDDa, Lydda
Ledda ou Lydda
(M. Jugie, Le culte de photius dans l'église byzantine, Revue de l'Orient chrétien, Volumes 22 à 23, 1923 - books.google.fr). Georges de Lydda, né vers 275/280 et mort le 23 avril 303, couramment appelé saint Georges, est un martyr du IVe siècle, selon la tradition continue
de l'Église catholique et des diverses Églises orthodoxes. Il est le saint patron, entre autres, de la chevalerie chrétienne, du royaume d'Angleterre depuis l'an 800,
de la Géorgie, du scoutisme, de l'armée bulgare et des armuriers. Par ailleurs, de nombreuses localités portent son nom. Selon la tradition chrétienne, il est
cousin de l'isapostole sainte Nino. Il est principalement représenté en chevalier qui terrasse un dragon et fait ainsi figure d'allégorie de la victoire de la foi chrétienne
sur le démon ou plus largement du bien sur le mal. La croix de saint Georges orne le drapeau sarde au centre des quatre têtes de maures. Pierre Ier d'Aragon dont c'est
le saint patron repoussa les Maures en 1096 lors de la reconquista. Scènes de la légende saint Georges, école des primitifs flamands (1500-1519), musée Groeninge.
Il est honoré le 23 avril ou le 3 novembre (translation des reliques et dédicace de l'église de Lydda (l'actuel Lod), au IVe siècle), le 23 novembre en Géorgie et le 6 mai par les orthodoxes serbes
(fr.wikipedia.org - Georges de Lydda). Mais faut-il aussi mettre au nombre des fables ce que Pline, Aulugelle, et tant d'autres historiens, racontent de l'énorme serpent qui combattit
contre l'armée de Régulus. Pline et Aulugelle lui donnent cent vingt pieds de long, et assurent que sa peau fut suspendue dans un temple à Rome,
et qu'elle y resta jusqu'Ã la guerre de Numance
(Jacques Barthélemy Salgues, Des erreurs et des préjugés répandus dans la société, Tome 3, 1813 - books.google.fr). La tradition arabe, héritière de la tradition locale, dit aujourd'hui que lors de son retour le christ tuera l'antéchrist devant la porte
de Lydda; et au Moyen-âge déjà , toute une partie de Nicopolis, première étape après Lydda, était dénommée Latron, à ce point qu'on en fait aujourd'hui
le pays natal des deux larrons crucifies avec leur roi
(Arthur Heulhard, Le mensonge chrétien - Les évangiles de Satan III, 1910 - books.google.fr). Captivating stories are linked to the Church of Perfugas in Sardinia : it was thought to belong to a medieval village called ‘Leda’, which no longer exists, because of the ancient name
of San Giorgio de Ledda, but in reality the name reflects that of the patron saint of Catalonia, Sant Jordi de Lydda. In the 17th century, the sanctuary was apparently
frequented by crowds of worshippers, attracted by alleged miracles and exorcisms that took place there. The celebration of Santu Jolzi is on 23 April
(www.sardegnaturismo.it). Il existe une famille Leda ou Ledda en Sardaigne.
Vera de Costa de Valls a don Geronimo de Ledda de la ciudad del Alguer en precio de 60000 jj.
por auto recebido por Pedro Sabater notario de la ciudad de Caller en la villa de Barumini en el dia, mes, v año susodicho : y aviedo muerto en el mes
de Febrero del año 1582. le sucedio en la dicha encontrada su hijo do Geronimo de Ledda, el qual dexò por su heredero y mayorazgo a don
Francisco de Ledda y Carrillo en su ultimo testamento, recebido en la ciudad del Alguer por notario en el año de 1595
(Francisco de Vico, Sexta parte de la Historia general de la Isla, y Reyno de Sardeña, 1639 - books.google.fr). Saint George est une des îles des Açores, en portugais San-Jorge, à l'O. de l'île de Terceira
(Encyclopédie du dix-neuvième siècle, Tome 13, 1851 - books.google.fr). Comme le Marquis vit que le Païs se soumettoit, il détacha, le vingt-neuviéme de Juillet, Don Pedre de Tolede, accompagné du Mestre de Camp
Don Augustin Iñiguez de Zarate, avec trois mille trois cens hommes & des vivres pour quinze jours, sur les douze Galéres, six Barques, & celle
de trente quatre Bâtimens plus petits, pour ranger les autres Isles sous la Domination du Roi. Don Pedre de Toléde mit à la voile, & aïant touché à l'Isle de
Saint Georges, deux Députés vinrent rendre l'obéissance; c'est pourquoi la Flotte passa à l'Isle de Fayal
(Juan de Ferreras, Histoire general d'Espagne, Tome 10, traduit par Vaquette d'Hermilly, 1751 - books.google.fr). |