Des Anglais à Reims

Des Anglais à Reims

 

I, 26

 

1576-1577

 

Le grand du fouldre tumbe d'heure diurne :

Mal est predict par porteur postulaire :

Suivant presaige tumbe d'heure nocturne :

Conflit Reims, Londres, Etrusque pestifere.

 

De Significatione Verborum

 

Les fragments de Festus conserves par Pomponius L√¶tus ont √©t√© dispos√© dans les articles dans l‚Äôordre o√Ļ ils se trouvaient, selon toutes les probabilit√©s, dans le manuscrit de Farn√®se. Ils sont plac√©s au bas du texte tel que l'a donn√© Paul Diacre. L'ordre adopt√© permet de comparer, d‚Äôun seul coup d'Ňďil, Paul Diacre et Festus.¬†

 

PESTIFERA AUSPICIA. Les auspices √©taient appel√©s pestif√®res, lorsqu'il ne se trouvait point de cŇďur dans les entrailles ou de t√™te au foie de la victime.

 

POSTULARIA FULGURA, foudres qui demandent satisfaction pour quelque vŇďu ou quelque sacrifice n√©glig√©.

 

PESTIFERA FULGURA, les foudres qui annoncent la mort ou l'exil.

 

PEREMPTALIA FULGURA, les coups de foudre qui suppriment l'effet des coups de foudre ou les prodiges précédents, c'est-à-dire qui en détruisent l'effet.

 

PEREMPTALIA, Gracchus dit que l'on appelle ainsi les coups de foudre qui, par leur force, détruisent les coups de foudre ou les prodiges antérieurs, et cela de deux manières : d'abord en supprimant les premiers, ou bien par un coup plus significatif, de sorte que le troisième soit plus faible qué le deuxième, et le deuxième plus faible que le premier; que, par conséquent, le coup de foudre qui vient de se faire entendre est vaincu par un coup d'une valeur augurale plus grande, afin que la foudre l'emporte sur tous les présages (A. Savagner, De la signification des mots de Festus grammaticus, Tome 1, 1846 - books.google.fr, Pierre Brind'Amour, Les premières centuries, ou, Propheties de Nostradamus (édition Macé Bonhomme de 1555), 1996 - books.google.fr).

 

On a deux fois "peremptalia" dont l'un avec un auteur : Gracchus, selon Savagner. "peremptalia" peut donc correspondre à "suivant presage", "postularia" à "postulaire", et "pestifera" à "pestifère".

 

Aperçu de trois entrées concernant l'art fulgural

 

Autrement dit, Verrius Flaccus intervient pour corriger et romaniser une classification dont il tait la probable origine √©trusque. Bien r√©v√©latrice √† cet √©gard, m√™me si la quatri√®me subdivision du lemme appartient √† Festus, la double m√©diation romaine (Aelius Stilo et Sinnius Capito) dont il se sert comme d'un √©cran qui vient masquer toute r√©f√©rence √† l'√Čtrurie. Que ce silence sur les aspects √©trusques de la divination ne soit point d√Ľ au hasard ou aux suppressions op√©r√©es par Festus, c'est bien ce que confirme l'examen des lemmes du De uerb. sign. concernant l'art fulgural. On sait que ce dernier passait commun√©ment pour l'apanage des √Čtrusques : Tuscos, quibus summa est fulgurum persequendorum scientia, dira S√©n√®que dans l'expos√© qu'il fera (Q. N., II, 32) de la science des devins toscans sur la question. Or, de toutes les gloses du De uerb. sign. qui se rapportent √† l'art fulgural (r√©unies plus haut sous la rubrique ¬ę auspices c√©lestes ¬Ľ), aucune ne fait une quelconque mention de la disciplina etrusca. Pourtant, les parall√®les nombreux et √©vidents entre les d√©finitions donn√©es par Verrius et celles que l'on trouve au livre second des Questions Naturelles de S√©n√®que, permettent d'identifier dans l'√©trusque Caecina la source du De uerb. sign. pour ce th√®me. S√©n√®que le nomme en effet deux fois dans le d√©veloppement qu'il consacre aux fulgura (Q. N II, 39, 1 et 49, 1). On le retrouve aussi partiellement chez Pline (N. H., II, 135 √† 146), m√™me si le texte de ce dernier encyclop√©diste est, ici comme comme ailleurs, de nature tr√®s composite. Il serait inutile de refaire, apr√®s bien d'autres, l'√©tude compar√©e de ces diff√©rents passages dont l'identit√© d'inspiration n'est pas niable, jusqu'√† aboutir, √† plusieurs reprises, √† des ressemblances litt√©rales. Mais constater ces similitudes ne doit pas faire oublier qu'√† l'inverse de S√©n√®que, qui ne cesse de renvoyer √† l'Etrusca disciplina pour ces questions, Verrius Flaccus alors m√™me qu'il s'en inspire, garde √† ce propos un silence qu'on ne peut alors que trouver √©loquent. Et l'absence de toute mention du nom de Caecina, de la part d'un antiquaire qui se pla√ģt d'ordinaire √† citer ses sources, va dans le m√™me sens. Les d√©finitions sont amen√©es par des formules impersonnelles comme ¬ęappellatur¬Ľ pour Prouorsum fulgur (254), (que Scaliger corrigeait en Controuersum f.) et Procurationes (286) ; ¬ęvocatur¬Ľ: Renouatiuum f. (366) ; ¬ęappellabant¬Ľ : Dium f. (66P) ; ¬ęcreduntur¬Ľ : Manubiae (1 14) ; ¬ędicitur¬Ľ : Pestiferum f. (230). Seule la glose Peremptalia fulgura (236) renvoie √† un auteur pr√©cis, dont le nom ne se lit malheureusement plus bien (Granius ?), mais dont on peut dire en tout cas qu'il √©tait romain et non √©trusque. Du reste, Caecina, cet ancien Pomp√©ien auquel C√©sar refusa d'accorder son pardon, ne devait pas √™tre un auteur dont le pr√©cepteur des h√©ritiers d'Auguste pouvait ais√©ment avouer la fr√©quentation ! Gr√Ęce √† S√©n√®que et, dans une moindre mesure, √† Pline, nous pouvons cependant voir qu'il l'a lu, et attentivement (A. Grandazzi, Intermortua iam et sepulta uerba (Festus, 242 L) : Les mots de la divination chez Verrius Flaccus, Revue de philologie, de litt√©rature et d'histoire anciennes, Volume 67, Num√©ro 1, 1995 - books.google.fr).

 

Editions du De Significatione Verborum

 

Ce quatrain a peut-être trait aux éditions du De Significatione Verborum, dont celle, en 1575, de Joseph Juste Scaliger, fils de la connaissance de Nostradamus, Jules César Scaliger.

 

D'après J. Scaliger, Festus est de tous les grammairiens celui qui a rendu les plus grands services à la langue latine (Pierre Bergeron, Histoire analytique et critique de la littérature romaine: depuis la fondation de Rome, jusqu'au cinquième siècle de l'ère vulgaire, Tome 2, 1840 - books.google.fr).

 

Sextus Pompeius Festus, grammairien latin, d'une √©poque incertaine, vivait apr√®s Martial (premier si√®cle de l'√®re chr√©tienne), qu'il mentionne au mot Vespae, et avant Macrobe (cinqui√®me si√®cle de l'√®re chr√©tienne), qui le cite plusieurs fois. D'apr√®s ses remarques sur le mot Supparus, on voit qu'il √©crivait √† une √©poque o√Ļ les c√©r√©monies du christianisme √©taient famili√®res au commun des lecteurs, c'est-√†-dire au plus t√īt vers la fin du troisi√®me si√®cle de notre √®re. Son nom est attach√© √† un glossaire latin divis√© en vingt livres et portant ordinairement le titre de Sexti Pompei Festi De Significatione Verborum. Ce livre est d'une grande importance pour la connaissance des antiquit√©s romaines, de la mythologie et de la grammaire latine; mais avant de l'appr√©cier il est indispensable de raconter comment il est venu jusqu'√† nous et de quels √©l√©ments il se compose. Marcus Verrius Flaccus, c√©l√®bre grammairien du si√®cle d'Auguste, √©tait l'auteur d'un volumineux trait√© intitul√© : De Significatu Verborum. Festus abr√©gea cet ouvrage, y fit des changements, le critiqua quelquefois tr√®s-vivement, et le compl√©ta en y ins√©rant de nombreux passages extraits d'autres √©crits de Verrius, tels que De obscuris Catonis, De Plauti Calculis, De Jure sacro et augurait, etc.; mais en m√™me temps il omit un certain nombre de mots tomb√©s en d√©su√©tude (intermortua et sepulta verba), r√©servant ces vocables antiques et inusit√©s pour un livre s√©par√© qui devait porter le titre de Libri priscorum Verborum, cum exemplis. Quatre ou cinq si√®cles plus tard, Paul, fils de Warnefrid, plus connu sous le nom de Paul Diacre, fit de l'Epitome de Festus un abr√©g√© qu'il d√©dia √† Charlemagne. L'Epitome de Festus avait fait oublier le grand ouvrage de Verrius Flaccus, qui a p√©ri tout entier, √† l'exception de fragments peu √©tendus; l'abr√©g√© de Paul Diacre eut presque le m√™me r√©sultat pour le livre de Festus. On le cita rarement, on ne le transcrivit plus. Aussi n'est-il fait mention que de quatre manuscrits de Festus; et des quatre un seul est venu jusqu'√† nous. Ces manuscrits sont : 1¬į celui que poss√©dait Macrobe au commencement du quatri√®me si√®cle de notre √®re : il n'existe plus; 2¬į celui que poss√©dait Placidus, grammairien d'une √©poque incertaine, et auteur de Glossae publi√©es par Angelo Mai (Auctores classici e Vat. codd.,, t. III p. 427 ): il est √©galement perdu; 3¬į celui dont se servit Paul Diacre : il est perdu comme les deux autres; 4¬į enfin le manuscrit farn√©sien. L'histoire de ce dernier manuscrit est curieuse et m√©rite d'√™tre racont√©e en d√©tail. Il fut, dit-on, apport√© d'Illyrie, et tomba entre les mains de Pomponius Laetus, c√©l√®bre philologue du quinzi√®me si√®cle. Ce savant, par des raisons qui nous sont inconnues, ne garda qu'un petit nombre de feuillets, et donna les autres √† un certain Manilius Rallus. Ange Politien les transcrivit en 1485, ainsi que les feuillets rest√©s en la possession de Pomponius LŇďtus. Le manuscrit de Rallus passa dans la Biblioth√®que farn√©sienne de Parme, et del√†, en 1736, dans relie, de Naples, o√Ļ il est encore aujourd'hui. La portion gard√©e par Laetus √©tait d√©j√† perdue en 1581, √©poque oh Ursinus donna son √©dition de Festus; heureusement il en existait des copies, d'apr√®s lesquelles on put la publier. Le manuscrit original √©crit sur parchemin, probablement dans le douzi√®me ou le treizi√®me si√®cle, semble s'√™tre compos√©, quand il √©tait entier, de cent vingt-hnit feuillets ou deux cent cinquante-six pages, √† deux colonnes; mais lorsque les savants l'examin√®rent pour la premi√®re fois, il y manquait les cinquante-huit premiers feuillets, comprenant toutes les lettres jusqu'√† M. Trois lacunes, formant en tout dix feuillets, existaient dans l'int√©rieur du manuscrit, et le dernier feuillet en avait √©t√© arrach√©, de sorte qu'il n'en restait que cinquante-neuf. Si de ce reste on retranche les dix-huit gard√©s par Laetus, et aujourd'hui perdus, on trouve que le contenu du manuscrit se r√©duit √† quarante-et-un feuillets. Outre les mutilations qu'il a eu √† subir et les ravages que lui ont caus√©s la poussi√®re, l'humidit√©, les vers et les souris, ce manuscrit a cruellement souffert d'un incendie. Un tiers environ de la largeur de chaque feuillet a √©t√© consum√©. La premi√®re et la quatri√®me colonnes sont intactes ; les deux autres sont plus d'√† moiti√© d√©truites. Les vides caus√©s par le feu ont √©t√© ing√©nieusement remplis par Scaliger et Ursinus, soit au moyen de conjectures, soit √† l'aide des passages correspondants de Paul Diacre. Mais cet abr√©viateur est si Ignorant, si infid√®le et si incomplet, que son ouvrage est d'un bien faible secours pour la restitution du texte de Festus. Par ce qui pr√©c√®de, on voit que le livre, tel qu'il a √©t√© imprim√© g√©n√©ralement sous le nom de Festus, se compose de quatre parties distinctes: 1¬į les fragments de Festus contenus dans le manuscrit farnese ; 2¬į les fragments conserv√©s par Pomponius Laetus : ces deux parties peuvent √™tre regard√©es comme des extraits un peu maigres, mais fid√®les, du savant trait√© de Verrius Flaccus; 3¬į Epitome de Paul Diacre: c'est un mauvais abr√©g√© d'un abr√©g√©, l'ombre d'une ombre; mais ces traces, si imparfaites et si faibles, de l'oeuvre primitive n'en sont pas moins tr√®s-pr√©cieuses; 4¬į les restitutions conjecturales de Scaliger et d'Ursinus. Curieuses comme sp√©cimens du savoir de ces √©rudits, elles n'ont d'ailleurs aucune autorit√©. Ces quatre parties, si diverses d'origine et de valeur, ont √©t√©, dans la plupart des √©ditions, amalgam√©es en un seul tout, de sorte qu'il √©tait impossible, sans beaucoup de travail, de retrouver les d√©bris authentiques sous cette triple couche d'additions h√©t√©rog√®nes. On √©tait sans cesse expos√© √† prendre les barbarismes de Paul Diacre et les conjectures de Scaliger et d'Ursinus pour des locutions de bonne et antique latinit√©. Enfin, l'admirable √©dition d'Ottfried Millier a mis de l'ordre dans ce chaos. Gr√Ęce aux travaux de ce grand philologue, on peut aujourd'hui appr√©cier en toute s√Ľret√© l'Ňďuvre de Verrius Flaccus abr√©g√©e par Festus. Le syst√®me suivant lequel les mots de ce lexique sont class√©s n'est ni le plus naturel ni le plus intelligible. Cet arrangement est alphab√©tique, en ce sens que tous les mots commen√ßant par la m√™me lettre sont plac√©s ensemble. Mais chaque s√©rie de mots se divise elle-m√™me en deux parties. Dans la premi√®re, les .mots sont group√©s non-seulement d'apr√®s la lettre initiale, mais d'apr√®s la deuxi√®me, la troisi√®me et m√™me la quatri√®me lettre. Ces groupes se succ√®dent irr√©guli√®rement; ainsi la s√©rie R commence non par les noms en Ra, mais par ceux en Ru; puis viennent ceux en Ro, puis ceux en Rum, puis ceux en Rh, puis ceux en Re et en Ri m√™l√©s, puis ceux en Ra, puis de nouveau Re et Ri m√™l√©s. Dans la seconde partie, il est simplement tenu compte de la lettre initiale. Cependant, entre ces mots jet√©s au hasard, on d√©m√™le certains liens de convention. Ainsi, dans la seconde partie du P, on trouve une suite de locutions, telles que Palatualis, Portenta, Postularia, Pestifera, Peremptalia, Pullus, qui toutes appartiennent aux rites sacr√©s, et particuli√®rement aux auspices; plus loin, Propius sobrino, Possessio, Praefectarae, Porret, Postum, Patrocinia, Potticam lineam, termes relatifs au droit civil; Pomplina, Papiria, puponnia, Pupillia, noms de tribus, et ainsi de suite. Remarquons encore que certains mots figurent √† la fois dans les deux parties, et qu'ils n'y sont pas toujours expliqu√©s de la m√™me mani√®re. De ces faits et de quelques autres qu'il serait trop minutieux de relever ici, on peut tirer les conclusions suivantes. Les mots group√©s dans la premi√®re partie de chaque lettre sont emprunt√©s directement au De Significatu verborum de Verrius Flaccus; les mots de la seconde partie forment une esp√®ce de suppl√©ment, recueilli par Festus dans divers √©crits du m√™me auteur. Verrius lui-m√™me ne s'assujettit pas √† un syst√®me alphab√©tique r√©gulier. Il √©crivit ses observations sur des groupes de mots dont les deux ou trois premi√®res lettres √©taient identiques, et il r√©unit ces groupes au hasard en tenant seulement compte de la lettre initiale. Tous res points sont parfaitement discut√©s et √©tablis dans la pr√©face de Millier. L'√©dition publi√©e √† Milan par Zarotus, 3 ao√Ľt 1471, sous le titre de Sext. Pompetus festus, De verborum Significatione; celle de Joannes de Colonia et Joannes Manthen de Gherrezen, Venise, 1484, in-4"; une tr√®s-ancienne √©dition, peut-√™tre ant√©rieure aux deux pr√©c√©dentes, et probablement imprim√©e √† Rome par G. Laner; une dizaine de r√©impressions ex√©cut√©es dans les derni√®res ann√©es du quinzi√®me si√®cle, n'offrent que l'abr√©g√© de Paul Diacre. En 1510 on imprima √† Milan un volume contenant Nonius Marcellus, Festus, Paul Diacre et Varron. Cette √©dition, commenc√©e par J.-B. Plus, fut achev√©e par un certain Conagus, qui avait eu connaissance des deux portions du manuscrit de Festus, et qui les incorpora avec Paul Diacre, donnant ainsi lieu √† une confusion qui se perp√©tua dans les √©ditions subs√©quentes. Festus, Nonius Marcellus et Varron furent r√©imprim√©s dans la m√™me forme A Paris, 1511, 1519, et √† Venise par Aide Manuce dans son Th√©saurus Cornucopiae, 1513, 1517, et en 1527 avec quelques notes de Michel Hentinus. Le Th√©saurus Cornupiae fut souvent reproduit dans la premi√®re moiti√© du seizi√®me si√®cle, sans que les √©diteurs songeassent √† am√©liorer le texte donn√© par Conagus. Antoine-Augustin, √©v√™qne de Lerida, et depuis archev√™que de Tarragone, essaya de le faire dans son √©dition de Venise, 1559, in-9". Il collationna les fragments de Festus sur le manuscrit farn√©sien, les distingua de l'Epitom√© Paul Diacre, et y ajouta de bonnes notes. Ce fut sur cette √©dition que Joseph Scaliger r√©digea son commentaire et ses suppl√©ments ; Paris, 1575, in-8. Ce travail de restitution fut continu√© par Fulvius Ursinus; Rome, 1581, in-8. Son √©dition est une esp√®ce de facsimil√© du manuscrit, farn√©sien, dont elle reproduit les pages avec leurs mutilations et leurs lacunes que Ursinus, √† l'exemple de Scaliger, essaya de combler. L'√©dition de Dacier, ad usum Delphinii, Paris, 1681, quoique souvent r√©imprim√©e, n'offre aucun m√©rite particulier. Lindemann, dans son Corpus Gramm. Latin, vet., t. II, Leipzig, 1832, ln-4¬į, a s√©par√© Festus de Paul Diacre; le texte de ces deux auteurs, revu avec soin, est enrichi de notes nombreuses; mais si cette √©dition est sup√©rieure aux pr√©c√©dentes, elle a √©t√© bien surpass√©e par celle de K.-O. Millier, Leipzig, 1839, in-4¬į. Celle-ci contient: 1¬į une pr√©face, dont nous avons d√©j√† signal√© le m√©rite; 2" le texte de Paul Diacre, d'apr√®s les meilleurs manuscrits; 3¬į le texte de Festus d'apr√®s le manuscrit farn√©sien, collationn√© en 1833, express√©ment pour cette √©dition, par Arndts. Les fragments sont imprim√©s exactement comme ils s'offrent dans le manuscrit, sur deux colonnes, et vis-√†-vis des passages correspondants de Paul Diacre, de mani√®re √† permettre facilement la comparaison. Les conjectures les plus plausibles de Scaliger et d'Ursinus sont ins√©r√©es, mais avec un caract√®re diff√©rent, qui emp√™che la confusion; 4¬į le texte des feuillets de Poinponius Laetus, imprim√© aussi sur deux colonnes: cette disposition d√©truite par les copistes de ces feuillets a √©t√© r√©tablie au moyen de calculs rigoureux; 5¬į un recueil des meilleurs commentaires. Un peu avant le grand et d√©finitif travail de Millier, M. Egger avait fait para√ģtre a Paris, 1838, in-16, une √©l√©gante et correcte √©dition, qui reproduit fid√®lement (moins les fautes) le texte et la pagination d'Ursinus. On y trouve de bons index et une collection de fragments de Verrius Flaccus, plus compl√®te que celles qui avaient √©t√© publi√©es jusque alors. L√©o Joubert¬† (Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus recul√©s jusqu'√† nos jours, 1856 - books.google.fr).

 

En cette m√™me ann√©e 1574, Daniel re√ßoit deux lettres de Joseph Scaliger. Il avait eu d√©j√† quelques rapports avec le prince des critiques de la renaissance, qui le traite dans sa correspondance avec quelque amiti√©. Deux premi√®res lettres de Scaliger √† Daniel ne sont pas dat√©es, mais il le charge de compliments pour Pithou, Daurat, Gifanius et Lambin. Elles sont donc ant√©rieures √† 1573, √©poque de la mort de ce dernier. Dans ces lettres, Scaliger s'adresse √† la complaisance de Daniel pour l'aider dans l'impression d'un de ses ouvrages. Celles de 1574, o√Ļ il 'appelle ¬ę monsieur et fr√®re, ¬Ľ concernent un des meilleurs manuscrits de Daniel, les fragments de Servius. Scaliger d√©clare s'en √™tre beaucoup servi dans son Festus et remercie vivement son obligeant ami. Scaliger dut encore √† Daniel la communication du glossaire que ce dernier avait d√©couvert √† Saint-Germain et confi√© √† Cujas et √† Turn√®be (Louis Jarry (1837-1898), Pierre Daniel, avocat au Parlement de Paris et les √©rudits de son temps, 1876 - gallica.bnf.fr).

 

Bongars, qui peut-√™tre fr√©quenta quelque temps l'Universit√© de Cologne, fit, entre 1577 et 1581, un voyage √† Rome, o√Ļ un philologue distingu√©, Fulvio, de la famille des Orsini, lui communiqua ses propres remarques sur le grammairien Festus et lui promit d'aider Pierre Daniel, l'√©rudit orl√©anais, dans ses travaux sur Servius, en lui envoyant son Philargius (L√©once Anquez, Henri IV et l'Allemagne d'apr√®s les m√©moires et la correspondance de Jacques Bongars, 1887 - books.google.fr).

 

Foudre diurne et foudre nocturne

 

La foudre diurne venait de Jupiter, la foudre nocturne était attribuée à Pluton. 

 

Les Romains, dit-on, n'admettaient d'abord qu'une seule foudre, celle de Jupiter (Servius, AEn,, I, 42. XI, 239). Ils en distinguèrent ensaite deux : la foudre diurne (dium fulgur), émanée de Jupiter, et la foudre nocturne, lancée par le dieu (Jupiter) Summanus (Paul Diacre, s. v., Dium fulgur). Telle fut peut-être la plus ancienne doctrine étrusque. Mais les orages diurnes étant plus fréquents et la personnalité de Jupiter dominant celle de son homologue Summanus, les devins portèrent à trois le nombre des foudres lancées par Jupiter (Festus, s.v.) de sorte que le total des manubiæ, diurnes et nocturnes, fut de quatre (Auguste Bouché-Leclercq, Histoire de la Divination dans l'Antiquité, Tome Quatrième, 1882 - books.google.fr).

 

La d√©finition de Festus (Ep. √©dit. de Milan, p. 229), que cite Forcellini (s. v. dium et fulgur), et que l'on invoque d'ordinaire pour √©tablir une distinction entre la foudre de jour et celle de nuit, est corrobor√©e par les √©crits de Pline (Hist.nat., II, 182), de St-Augustin (Civ. Dei, IV, 23) et de Paul Diacre (√©dit. de Milan, p. 75). (Voy. Marini, Arv., p. 687; Henzen, Acta frat. Arv., p. 146). On sait √©galemont, par Festus, que la foudre tomb√©e, soit au point du jour, soit au cr√©puscule, n'√©tait attribu√©e ni √† Jupiter ni √† Summanus et portait le nom particulier de fulgur proversum. (Ep., √©dit. de Milan, p. 229). Le lieu frapp√© de la foudre¬† devenait sacr√©. On y construisait un petit √©difice du nom de puteal ou de bidental et on y accomplissait certaines c√©r√©monies bizarres pendant la f√™te des Lares Compitales (Revue √©pigraphique, Volumes 4 √† 5, 1902 - books.google.fr, Varron. Satires M√©nipp√©es. 10. Pappus aut indigena - Pransus paratus. √Čdition, traduction et commentaire par Jean-Pierre C√®be, 1994 - www.persee.fr).

 

Peste en Italie vers 1576

 

C'est la peste qui avait hant√© les diff√©rents √Čtats d'Italie le long du si√®cle. L'√©pid√©mie avait touch√©, dans la seconde moiti√© du XVIe si√®cle Padoue et Venise en 1555-56, le Pi√©mont en 1564, la r√©gion de Trente et la Sicile en 1575, Milan en 1576. Pendant cette derni√®re vague, des villes de la Toscane furent aussi touch√©es. La crise la plus grave, toutefois, fut celle qui toucha la S√©r√©nissime entre le 1er ao√Ļt 1575 et la fin de f√©vrier 1577 ; l'√©pid√©mie concerna aussi les villes de Padoue, V√©rone, Mantoue et Brescia. La peste couva pendant toute l'ann√©e 1578 et √©clata en 1579 √† G√®nes et en Ligurie o√Ļ l'√©pid√©mie dura jusqu'√† toute l'ann√©e 1580 etd√©but 158149 pour passer en suite en Sardaigne jusqu'√† 1582. Ces √©pid√©mies √©taient favoris√©es par des d√©placements de gens sur le territoire national. Les d√©placements majeurs √©taient dus √† des p√®lerinages et aux mouvements militaires √† l'occasion de guerres ou de si√®ges (Concetta Cavallini, Les conditions m√©dicales et l'espace g√©ographique en Italie en 1580-1581. Michel de Montaigne t√©moin d'exception, Macrocosmo microcosmo: scrivere e pensare il mondo nel Cinquecento tra Italia e Francia : atti del Convegno internazionale di studio, Verona, 23-25 maggio 2002, 2004 - books.google.fr).

 

La Sainte Ligue

 

À l'instigation des habitants de la Picardie, qui refusent d'admettre, comme gouverneur de leur province, le jeune prince de Condé, un calviniste, les catholiques de France décident de former " une sainte et chrétienne union pour restaurer le Saint Service de Dieu et l'obéissance à sa majesté ". Le duc Henri de Guise, dit le Balafré, prend la tête de cette Ligue (1576), qui constitue un parti à la fois religieux et politique, avec l'intention de limiter le pouvoir royal en affirmant la prééminence des états généraux et le rétablissement des franchises et libertés des provinces. Inquiet pour son autorité, Henri III se proclame le chef de la Ligue, reprend la lutte contre les protestants menés par Henri de Navarre. Mais celui-ci, à la mort du duc d'Alençon, frère du roi, devient l'héritier légitime de la couronne (www.lepoint.fr - La Sainte Ligue).

 

Ancien greffier de la ville de Reims, Jean de Foigny √©tait fianc√© √† la belle-fille de Nicolas Bacquenois, troisi√®me imprimeur install√© √† Reims, rue Saint-√Čtienne (aujourd‚Äôhui rue de l‚ÄôUniversit√©), quand il fut form√© √† la typographie par son futur beau-p√®re. Quand ce dernier accepta de devenir le premier imprimeur de Verdun en 1560, Jean de Foigny lui succ√©da.

 

Dans une ville qui deviendra la capitale de la Sainte Ligue, confédération catholique créée pour combattre l’Union calviniste, Foigny fut l’imprimeur du cardinal Charles de Lorraine, puis du cardinal Louis de Guise, et imprima surtout les textes des ecclésiastiques de la Contre-Réforme, parmi lesquels figuraient : Gentian Hervet, chanoine de Notre-Dame de Reims et auteur d’une traduction française du Sainct, sacré, universel et général concile de Trente en 1564 ; Nicolas Chesneau, homonyme du libraire parisien, chanoine de Saint-Symphorien de Reims et auteur d’un Manuel de la recherche ou antiquité de la foy en 1570 et de la traduction de L’Histoire de l’Eglise métropolitaine de Reims, par Flodoard, en 1580 ; Hubert Meurier, autre chanoine de Notre-Dame de Reims et auteur d’un Traicté de l’institution et vray usage des processions en 1583 ; Nicolas Boucher, évêque de Verdun et auteur de La Conjonction des lettres et des armes en 1579.

 

Foigny imprima aussi des textes de catholiques anglais réfugiés à Reims, qui avaient fui les persécutions de la reine Elisabeth Ière. Parmi eux se trouvaient le cardinal William Allen, fondateur du collège anglais de Reims en 1578, l’évêque John Lesley, défenseur de Marie Stuart, et Gregory Martin, traducteur du latin en anglais de The New Testament of Jesus Christ en 1582

 

Dans ses ouvrages consacr√©s au sacre du roi Henri III, Foigny a utilis√© en 1575 un bois repr√©sentant l‚Äô√©v√™que Saint Remi recevant la Sainte Ampoule apport√©e par une colombe sortant des nuages ; √† la droite du saint, la mention ¬ęSanctus Remigius¬Ľ et deux fleurs grossi√®rement grav√©es ; √† sa gauche, les armes de l‚Äôabbaye de Saint-Remi, surmont√©es de la colombe ; le bois est sign√© de la double croix ou croix de Lorraine (Le Mat√©riel typographique d‚Äôun imprimeur du 16√®me si√®cle: Jean de Foigny, imprimeur √† Reims de 1561 √† 1586, 2010 - bibliophilie.blogspot.com).

 

Louis de Lorraine, second Cardinal de Guise, Archev√™que & Duc de Rheims, frere du Balafr√© & du Duc de Mayenne, naquit √† Dampierre le 6 Juillet 1555. Il succ√©da √† Charles, Cardinal de Lorraine son oncle, dans l'Archev√™ch√© de Rheims, & dans une partie de ses B√©n√©fices. On sait que le Cardinal mourut le 26 D√©cembre 1574. Le nouvel Archev√™que n'√©toit pas encore en √©tat de faire la c√©r√©monie du Sacre du Roi Henri III. qui fut faite le 13 F√©vrier 1575. Charles de Roucy, Ev√™que de Soissons, premier Suffragant de Rheims, se pr√©senta pour en avoir l'honneur ; mais le cr√©dit de la Maison de Guise l'emporta, & la c√©r√©monie fut faite en pr√©sence de Louis de Lorraine par le Cardinal de Guise son oncle, malgr√© les oppositions de l'√©v√™que de Soissons. Il assista ann√©e suivante (1576) aux Etats de Blois, & fut cr√©√© Cardinal par le pape Gr√©goire XIII √† la reconmmandation d'Henri III. le 21 f√©vrier 1578. Quoiqu'abb√© de plusieurs abbayes, Archev√™que & Cardinal, Louis n'√©toit pas encore Pr√™tre, & ne fut ordonn√© que le 2 F√©vrier 1579. Le Cardinal de Bourbon le consacra Archev√™que dans l'Eglise de S. Denis le 17 F√©vrier 1583. Il tint quelque jours apr√®s son Concile Provincial de Rheims. C'est ainsi qu'un certain Antoine Muldrac, Ligueur furieux, & que je ne saurois comparer qu'√† Boucher, Cur√© de S. Beno√ģt, en parle dans l'Oraison funebre prononc√©e aux obseques de Louis de Lorraine Cardinal, & de Henri Duc de Guise, freres, d√©di√©e au Duc de Mayenne, & imprim√©e √† Paris en 1589 (Jean-Fran√ßois Dreux du Radier, L'Europe illustre, Tome 2, 1755 - books.google.fr).

 

Les réfugiés catholiques anglais

 

En f√©vrier 1570, Pie V promulgue sa bulle Regnans in excelsis qui d√©lie les Anglais de leur fid√©lit√© envers leur reine. [...] La rupture avec les catholiques est d√©sormais irr√©versible. Gr√Ęce √† Pie V, l'Angleterre se transforma durablement en une terre de mission : on put y faire d√©sormais son salut, √† condition d'encourir le martyre. Cette reconqu√™te passait par la formation d'un clerg√© de choc, pr√™t √† affronter tous les p√©rils pour sa foi : d'o√Ļ la fondation du coll√®ge de Douai par William Allen en 1568. Reims, Rome et bien entendu la p√©ninsule Ib√©rique se dot√®rent √† leur tour d'institutions comparables, v√©ritables fers de lance point√©s vers l'√ģle h√©r√©tique (Bernard Cottret, Histoire d'Angleterre, XVIe-XVIIIe si√®cle, 2015 - books.google.fr).

 

Sous le r√®gne de la reine protestante √Člisabeth I√®re, la situation de l'√Čglise catholique en Angleterre (en) devient difficile. En vertu du second Acte de supr√©matie (1559), les catholiques qui refusent de pr√™ter serment √† la reine comme chef de l'√Čglise d'Angleterre (Oath of Supremacy) sont soup√ßonn√©s de trahison, il leur est interdit d'enseigner ou de recevoir des dipl√īmes, ce qui am√®ne beaucoup de catholiques anglais et irlandais √† aller √©tudier dans d'autres pays europ√©ens, notamment √† Douai, dans les Pays-Bas espagnols. En 1578, pendant la guerre d'ind√©pendance des Pays-Bas, le Coll√®ge anglais de Douai est temporairement ferm√© : ses ma√ģtres et √©tudiants, sous la conduite de leur pr√©sident William Allen, cherchent un nouvel h√©bergement. Louis de Lorraine (1527-1578), fr√®re de Charles et qui lui a succ√©d√© en 1574 dans le titre de cardinal de Lorraine, souhaite cr√©er un √©tablissement pour eux. Une partie des √©tudiants de Douai partent pour Rome o√Ļ ils fondent le Coll√®ge anglais de Rome (en italien : Collegio degli Inglesi). D'autres arrivent √† Reims le 27 mars 1578. Le cardinal Louis de Lorraine meurt la m√™me ann√©e mais son neveu, le jeune Louis de Lorraine (1555-1588), cardinal de Guise (plus tard de Lorraine) et nouvel archev√™que de Reims, reprend le projet. Les magistrats de Reims sont d'abord inquiets du nombre des r√©fugi√©s mais la protection du cardinal de Guise et de Tolomeo Gallio, cardinal de C√īme, permet de les accueillir.

 

Pendant sa brève existence, le Collège anglais est au centre d'un réseau éducatif d'exilés catholiques anglais, souvent nobles, qui y commencent leurs études avant de les prolonger à Pont-à-Mousson, Verdun, Eu, ou, s'ils choisissent la prêtrise, à Rome, avant de revenir à Reims pour se préparer à une activité missionnaire : au moins 50 prêtres sont envoyés de Reims en Angleterre.

 

C'est au Collège anglais de Reims qu'est commencée la traduction anglaise catholique de la Bible, appelée Bible de Douai, basée sur la Vulgate latine, qui devient la version de référence des catholiques anglais : la première partie, le Nouveau Testament, est imprimée à Reims en 1582. L'Ancien Testament est publié après le retour à Douai, en 1609-1610

 

Reims accueille plusieurs figures importantes du catholicisme anglais en exil. William (Gabriel) Gifford y fait plusieurs s√©jours √† partir de 1579 et et y enseigne la th√©ologie. Il devient recteur de l'universit√© en 1606 avant d'entrer dans l'ordre de Saint-Beno√ģt. En 1597, il est choisi comme doyen de la coll√©giale Saint-Pierre de Lille pour diriger les relations secr√®tes entre le Saint-Si√®ge et l'Angleterre. De retour √† Reims, en 1621, il succ√®de √† son protecteur, Louis, cardinal de Lorraine (1575-1621), comme archev√™que de cette ville ; il meurt en 162310. Gregory Martin, traducteur du Nouveau Testament en anglais, meurt √† Reims en 1582. En 1587, William Allen est promu cardinal et c√®de son canonicat √† son assistant, Richard Barret. Ce dernier est nomm√© pr√©sident du Coll√®ge anglais de Douai le 31 octobre 1588. En 1589, pendant les guerres de la Ligue, les membres du coll√®ge anglais participent √† la d√©fense de Reims contre les troupes de Henri IV (fr.wikipedia.org - Coll√®ge anglais de l'universit√© de Reims).

 

Festus √† Reims : Hincmar

 

Un texte relativement long, attribu√© par Hincmar √† Donat (PL 125, 540-541) en 857, provient en fait d'un commentaire du c√©l√®bre grammairien. On peut h√©siter entre Probus (Keil IV 1, p. 120), Cledonius (Keil V, p. 43) et surtout Pomponius Festus (Keil V, p. 158 √† 168) ; peut-√™tre aussi Consentius (Keil V, p. 348). Hincmar poss√©dait le manuscrit des Ňďuvres du troisi√®me et du quatri√®me. Festus fait partie des auteurs que l'on doit avoir lu, selon Hincmar¬† (Jean Devisse, Hincmar, archev√™que de Reims, 845-882, Tome 2, 1975 - books.google.fr).

 

Es ist von Interesse, die wenig beachtete √Ąusserung des Hincmar von Rheims, der im J. 882 starb, neben der bekannten Widmung der Epitome des Paulus an K. Karl, zu vergleichen (>M. Dirksen, Die r√∂misch-rechtlichen Quellen des Grammatiker Verrius Flaccus und Festus Pompeius, Abhandlungen der K√∂niglichen Akademie der Wissenschaften zu Berlin, 1853 - books.google.fr).

 

Hincmar admet que ces textes sont sages - le mot vient parfois sous sa plume pour caract√©riser les auteurs antiques - ; mais il ressent vivement le fait qu'ils ne figurent pas dans l'arsenal de la culture chr√©tienne. Ils aident √† la formation du langage et de la pens√©e mais ne sont que des b√©quilles intellectuelles insuffisantes pour le chr√©tien. S'en servir est licite √† condition de les maintenir dans la p√©nombre de l'anonymat et de ne pas abuser de leur emploi. Ce n'est certes pas la culture antique dans sa forme qui est en cause, mais la m√©fiance √† l'√©gard des valeurs dont elle √©tait porteuse et dont Hincmar se d√©fie tout autant que B√®de ou Alcuin. Acqu√©rir, dans ce domaine plus encore que dans d'autres, un savoir sup√©rieur aux besoins est une faute d'orgueil, une forme d'auaritia ou d'ambitio que le pr√©lat sanctionne autour de lui et o√Ļ il √©vite de tomber : ¬ęQue personne donc ne s'avise de savoir davantage qu'il ne convient de savoir¬Ľ. Bien plus encore que dans le cas des proverbes, les emprunts √† Virgile ou √† Horace n'apparaissent donc que rarement, en r√©ponse √† une ¬ęprovocation¬Ľ de l'interlocuteur, par n√©cessit√© √©vidente ou par r√©surgence fugace de quelques mots (Jean Devisse, Hincmar, archev√™que de Reims, 845-882, Tome 2, 1975 - books.google.fr).

 

Le cardinal Charles de Lorraine nomm√© archev√™que bien avant sa majorit√© (et suppl√©√© d'abord par son oncle le cardinal Jean de Lorraine, titulaire de plusieurs √©v√™ch√©s et abbayes) fut intronis√© en 1545, √† 21 ans, et demeura pr√®s de trente ans sur le si√®ge de Reims.¬†Th√©ologien savant, et en m√™me temps tr√®s ouvert aux sciences, √©pris de po√©sie et de belles lettres, il fut de beaucoup le plus remarquable des archev√™ques ¬ę lorrains ¬Ľ. Il s'int√©ressait √† des questions d'int√©r√™t √©conomique comme la captation de sources des environs de Reims pour faciliter l'industrie des teinturiers et la mise en √©tat de navigabiblit√© de la Vesle. D'autre part, on lui doit l'√©tablissement des premiers imprimeurs, Bacquenois et son successeur Jean de Foigny, qu'il attira √† Reims et dont il prot√©gea les d√©buts. Mais son grand titre de gloire r√©side dans la fondation de l'Universit√© de Reims. Celle-ci ne fut d'ailleurs que le couronnement d'une Ňďuvre d'enseignement dont l'origine √©tait tr√®s lointaine puisqu'au IXe si√®cle d√©j√†, sous Hincmar, pr√©lat imp√©rieux mais savant et actif, florissaient des √©coles r√©put√©es o√Ļ l'on envoyait des enfants de toutes parts et dont sortaient des √©v√™ques, des abb√©s, des chanceliers de France. Gerbert (le futur pape Sylvestre II), √©col√Ętre de Reims pendant vingt ans √† l'extr√™me fin du Xe si√®cle, donna √† ces √©coles un nouvel essor et en √©largit consid√©rablement l'enseignement, en y faisant entrer, selon la terminologie de l'√©poque, toutes les disciplines, trivium (grammaire rh√©torique, dialectique) et scientifiques du quadrivium (arithm√©tique, g√©om√©trie, astronomie, musique) (Maurice Hollande, Tr√©sors de Reims, 1961 - books.google.fr).

 

Sacres

 

Reims et Westminster sont les lieux traditionnels des sacres des rois français et anglais.

 

La sainte ampoule est une fiole qui fut apportée à saint Rémi par une colombe blanche, lors du sacre de Clovis (496). Depuis cette époque, cette huile miraculeuse, que les siècles n'ont pu tarir, aurait servi au sacre de tous les successeurs de Clovis. Hincmar, de Reims, historien du temps de Charles-le-Chauve, est le premier qui ait fait mention de ce miracle, que n'ont pas manqué de rapporter, avec une foi entière, tous les écrivains nationaux et étrangers qui, après lui, ont écrit l'histoire de Clovis; mais les écrivains qui ont précédé Hincmar n'en font pas mention et, chose plus surprenante, ni saint Rémi lui-même, ni Grégoire de Tours, ne parlent dans leurs écrits d'un événement bien fait cependant pour attirer l'attention générale (Encyclopédie nationale des sciences, des lettres et des arts: Resumé complet des connaissances humaines, Tome I, 1852 - books.google.fr).

 

Un texte, la chose est frappante, retient l'attention d'Hincmar dans son "portrait du roi" (De regis persona et regio ministerio) autant que tous les autres r√©unis. C'est le Pseudo-Cyprien, o√Ļ s'exprime largement la vieille conception du pouvoir pharaonique. Lorsque le roi n'est pas en tous points fid√®le √† ses devoirs, le royaume est totalement perturb√©, la paix rompue, les r√©coltes diminuent, les maux les plus divers obscurcissent la prosp√©rit√© du royaume, la mort des enfants s'acc√©l√®re, les raids des ennemis se multiplient, les b√™tes sauvages tuent les troupeaux, la foudre d√©truit les r√©coltes et les fruits, Hincmar n'est pas seul √† retenir la vieille chanson qui vient du fond des √Ęges. Le Concile de 829 avait aussi cit√© le Pseudo-Cyprien. Et Alcuin, m√©ditant sur les justifications de l'imperium princier n'avait pas √©t√©, lui non plus, insensible √† cette conviction que le roi est une sorte de r√©gulateur supr√™me de tout l'√©quilibre humain. Pour Hincmar, cette puissance physique et quasi magique du roi n'est pas moins forte que pour ses pr√©d√©cesseurs, son insistance √† citer le de duodecim abusiuis le montre. A suivre cette voie, on insiste fort sur la totale responsabilit√© du prince, mais aussi sur l'imperium sans limite qui constitue la contrepartie l√©gitime de cette responsabilit√©. [...] Les Annales de Saint-Bertin (Grat, p. 29) apportent, avant Hincmar, un t√©moignage de plus de cette croyance. Une vision attribu√©e au roi Aethelwulf montre que les p√©ch√©s du roi et du peuple ont conduit √† la st√©rilit√© des fruits les promesses merveilleuses des fleurs printani√®res (Jean Devisse, Hincmar, archev√™que de Reims, 845-882, Tome 2, 1975 - books.google.fr).

 

Le sacre des rois de France doit beaucoup aux sacres royaux pratiqu√©s dans les pays celtes. Dans son savant ouvrage consacr√© aux ¬ęrois thaumaturges¬Ľ, Marc Bloch constate que ¬ęle courant d'id√©es favorable √† l'imitation de l'Ancien Testament qu'avait d√©velopp√© en Gaule l'influence irlandaise, facilita dans l'Etat franc l'introduction de l'onction royale¬Ľ. H. Leclercq, dans l'article qu'il a r√©dig√© sur le sacre dans le ¬ęDictionnaire d'Arch√©ologie Chr√©tienne et de Liturgie¬Ľ, estime que la pratique de l'onction royale remonte, dans les pays celtes, √† ¬ęune √©poque tr√®s ancienne¬Ľ, de beaucoup ant√©rieure aux sacres de Tol√®de. On pense que le premier sacre du monde occidental est celui d'Aidan Mac Gabhrain qui fut couronn√© en 574 roi des Scots par saint Columba d'Iona. L'ant√©riorit√© chronologique du sacre celte par rapport √† tous les autres sacres europ√©ens explique √† la fois l'importance des anciens rituels anglo-saxons et la pr√©sence des multiples r√©miniscences celtiques que l'on y rel√®ve. L'Ordo d'Egbert d'York, qui date du milieu du VIIIe si√®cle, est significatif √† ce sujet. Dom Louis de Puniet r√©v√®le que les sept formules qu'on y trouve font r√©f√©rence √† la pr√©sence des sept pr√™tres qui participaient aux sacres des rois en pays celtes. Une analyse critique de l'Ordo d'Egbert d'York am√®ne √† d√©couvrir, dans ce document, des rites qui rappellent les trois influences qui, en ce temps-l√†, marquaient la pens√©e des hommes. Cette diversit√© est peut-√™tre une des causes de sa diffusion dans le monde chr√©tien occidental (Aim√© Bonnefin, Sacre des rois de France, 1982 - books.google.fr).

 

Aloisio Schivenoglia, an Italian eyewitness to the coronation of Elizabeth I, notes her warmth at the conclusion of the ceremonies with disapproval. [...] In his eyes, this Queen showed insufficient distance from her people. But Elizabeth's well-known warmth towards her people on public occasions was a strategic choice. Though she may have appeared to be a 'queen of hearts' at such moments, she was not in fact letting go of any of her sovereign power or downplaying her own specialness as queen, but rather highlighting it by playing out these carefully cultivated performances of accessibility. he more accessible and loveable she made herself look on select occasions, the more firmly and stubbornly she could insist on overruling her people when it mattered. When courtiers or people really tried to speak out or change policy, as John Stubbs did over the question of marriage or Peter Wentworth did on the question of free speech they quickly felt the force of her will. Stubbs had his hand cut off for publishing his views in 1579 on whether Elizabeth should marry the Duke of Anjou (he argued that she should not, since she was too old to have children). Peter Wentworth was imprisoned in the Tower in 1576 (though eventually released) for speaking too openly about the Queen's restriction of free speech in Parliament (Janette Dillon, The monarch in the ceremony of coronation, Representations of Elizabeth I in Early Modern Culture, 2011 - books.google.fr, en.wikipedia.org - Peter Wentworth).

 

Pour l'huile d'onction, huile irréelle venue du ciel, on peut faire une comparaison avec le "gloios" du quatrain suivant I, 27, huile réelle venue de la terre.

 

Foudre et rois de l’Antiquité romaine

 

Aen., II, 649 : Quod si quem principem civitatis vel regem fulmem afflaverit et supervixerit, hoc scriptum in reconditis invenitur, posteras eius nobiles futuros et aeternae gloriae : "Si la foudre frappe le roi ou l'un des principaux de la ville, et qu'il soit sain et sauf, cela veut dire que ses descendants sont destin√©s √† avoir une renomm√©e et une gloire √©ternelles." (Bartolomeo Nogara, Les √Čtrusques et leur civilisation, traduit par Marie Th√©r√®se Dromard-Mairot, 1936 - books.google.fr).

 

Selon Pline l'Ancien (Hist. Nat., II, 140) le roi Porsenna roi thaumaturge, suscita la foudre contre un monstre appel√© Volta qui ravageait Volsinies (Raymond Bloch, Les Prodiges dans l'Antiquit√© classique: (Gr√®ce, √Čtrurie et Rome), 1963 - books.google.fr).

 

C‚Äôest par la foudre que Jupiter punit celui qui ne respecte pas les proc√©dures, comme le roi Tullus Hostilius en fit l‚Äôam√®re exp√©rience : Tite Live L. I, 31, 8. ¬ęTullus d√©couvrit, dit-on, certains sacrifices secrets en l‚Äôhonneur de Jupiter Elicien et voulut les accomplir sans t√©moins ; mais il n‚Äôobserva pas les rites dans les pr√©paratifs ou dans la c√©l√©bration du sacrifice ; aussi [...] dans sa col√®re Jupiter, irrit√© de cette faute contre la religion, le foudroya et le br√Ľla, lui et son palais¬Ľ (Jean-Fran√ßois Chemain, L‚Äô√©volution de la notion de ‚Äúbellum iustum‚ÄĚ √† Rome des origines √† Saint Augustin, 2018 - tel.archives-ouvertes.fr).

 

La statue d'Horatius Coclès, ayant été frappée de la foudre, on fit venir des haruspices étrusques, qui, en haine de Rome, conseillèrent de la faire descendre dans un lieu que le soleil n'éclairait jamais. Heureusement la chose se découvrit, et l'on plaça la statue dans un lieu plus élevé, ce qui tourna au grand avantage de la république. Les haruspices avouèrent leur perfidie et furent mis à mort. On en fit une chanson que chantaient les petits enfans par toute la ville : "Malheur au mauvais conseiller ! Sur lui retombe son conseil." Ces traditions injurieuses pour les Etrusques, conservées par un peuple qui révérait leur science, et leur devait une partie de sa religion, ne supposent-elles pas la crainte qu'ils ne reprissent leur ancienne suprématie ? Au reste, la royauté semblait si inhérente à la prêtrise, que malgré l'odieux du nom de roi, l'on conserva toujours sous la république un rex sacrorum. Si l'on songe que la religion romaine était liée toute entière à la doctrine étrusque des augures, ce nom de roi semblera appartenir en propre à l'Etrurie (Jules Michelet, Histoire romaine, Tome 1, 1831 - books.google.fr).

 

Horatius Cocl√®s √©tait borgne, parce qu'il perdit un Ňďil en arr√™tant, √† la t√™te d'un pont, l'arm√©e de Porsenna, et fut compar√© √† Louis de Maugiron, mignon, du roi Henri III : cf. encore le quatrain suivant I, 27.

 

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