Début de la guerre de Trente ansI, 821617-1618Quand les colomnes de bois grande tremblée D’Auster conduicte, couverte de rubriche, Tant vuidera dehors grand assemblée, Trembler Vienne & le païs d’Austriche. "rubriche" : Brandeis
L'argile plastique est généralement appelée
«terra sigillata» par BalbĂn. "Sigillata" donc, car cette argile, très bien mallĂ©able, Ă©tait
utilisée pour les empreintes de sceaux, comme nous en voyons également beaucoup dans notre musée. Même chez les taureaux, cette «terra sigillata»
est souvent utilisée à la place de la cire à cacheter. Au point de vue des sciences naturelles, ce sont des argiles grasses, qui ne manquent pas dans les
formations tchèques; on les trouve principalement dans les formations de craie et de lignite. BalbĂn mentionne en outre cette argile plastique dans son
"Mantissa ad historiam naturalem Bohemiae", la vérité est que la terre plastique se trouve en énormes quantités près de Chlumec (Kulm) et de Bohosudov (Mariaschein),
où en sont composées les collines environnantes. Il s'agit de l'argile de la formation de craie (couches de bakulite) et de la formation de lignite, qui ne manque
vraiment pas. BalbĂn mentionne Ă©galement les excellentes propriĂ©tĂ©s de cette argile comme antidote aux empoisonnements : "terra sigillata venenis omnibus rĂ©sistit
et quamvis receptum virus sudore expellit". Nous ne savons presque rien des effets de l'argile plastique, et cette question mérite une attention particulière, en particulier
de la part de nos médecins, qui, après tout, peuvent trouver de nombreuses données intéressantes et certainement bienvenues dans Balbin
(C. Kotal, Vesmir: obrazkovy casopis pro sireni ved prirodnich, 1875 - books.google.fr). On a une Ă©dition de Mantissa ad historiam naturalem Bohemiae en 1680
(knihovna.bihk.cz). Chlumec se trouve Ă 10 km au nord-ouest du centre d'ĂšstĂ nad Labem (sur l'Elbe) et Ă 78 km au nord-ouest de Prague
(fr.wikipedia.org - Chlumec (district d'Usti nad Labem)). Mathias ouvrit à Prague une seconde diète de tous ses États (15 juin 1615). Les députés
des pays incorporés à la Bohème, c'est-à -dire de la Moravie, de la Silésie et de la Lusace, y repoussèrent la confédération que proposaient les Bohémiens;
les députés de la Haute et de la Basse-Autriche, après avoir assisté aux séances pendant plusieurs semaines en simples spectateurs, se retirèrent; les Hongrois
n'étaient pas venus. La diète, qui devait être générale, ne compta bientôt plus que les députés de la Bohême. Les délibérations continuèrent néanmoins; la diète générale,
devenue diète provinciale, vota généreusement les sommes qui devaient faire face aux dépenses courantes, et se chargea même d'une partie des dettes du Roi. Mais ni l'Empereur,
ni ses sujets n'obtinrent ce qu'ils avaient espéré. L'Empereur ne reçut aucun subside pour lever une armée, et ses sujets, faute de s'entendre, ne purent lui arracher aucune concession nouvelle.
La diète de Bohême prit aussi diverses mesures pour garantir la nationalité tchèque. Les idées de la diète de Bohème au sujet des droits de nationalité et de bourgeoisie sont tellement justes,
et elles étaient alors si bien acceptées par l'opinion publique, que les moyens qu'elle prit pour sauvegarder ces droits ne soulevèrent d'opposition de la part de personne.
L'accord n'était malheureusement pas le même en matière religieuse. Avant la clôture,
les députés protestants présentèrent une requête à l'Empereur, pour se plaindre des
persécutions qu'enduraient leurs coreligionnaires de Braunau et de Klostergrab. Mais le gouvernement était moins disposé que jamais à céder, et ce ne fut que l'année suivante
(fin mai 1616) que Mathias, alors à son château de Brandeis sur l'Elbe, se décida à répondre. Ayant appelé auprès de lui une députation des défenseurs, il leur déclara,
par l'organe de son chancelier, qu'il ne pouvait pas permettre aux protestants, sujets de seigneurs ecclésiastiques, d'élever des temples, et que, quant à ses domaines royaux,
il ne voulait pas y avoir moins d'autorité que les simples nobles sur leurs terres. C'était leur dire assez clairement qu'il ne voulait pas que les sujets des domaines royaux
pussent bâtir des églises sans son autorisation.
Mathias avait résolu de ramener au catholicisme tous ses États héréditaires,
en commençant par ses domaines particuliers de Bohême, qui comprenaient environ la
dixième partie de ce royaume. Il en confia la haute surveillance religieuse à l'archevêque de Prague, Jean Lohelius, et le chargea d'exercer tous ses droits de
collation des bénéfices. Il lui ordonnait toutefois de ne pas user de violence; elle était d'ailleurs inutile. L'archevêque, en vertu du droit de collation royale,
ne tarda pas à mettre partout des curés catholiques, et la réforme fit des progrès rapides. Dans les campagnes, les paysans vivaient trop isolés pour demeurer protestants
quand les curés redevenaient catholiques. Dans les villes royales, le Roi exerçait une grande influence, parce qu'il nommait les membres des conseils municipaux, mais il
ne pouvait les choisir que parmi les bourgeois; et comme les villes royales de Bohême étaient, à l'exception de Budweis et de Pilsen, presque entièrement protestantes, elles
refusaient d'accorder le droit de bourgeoisie aux catholiques, afin d'empêcher que le Roi ne les introduisit dans les conseils et n'y enlevât la majorité aux protestants.
Ce fut ce qui arriva cependant, entre autres à Prague, lorsque, pressées par leur suzerain, les villes cessèrent de les exclure. Les conséquences ne se firent pas attendre;
dès que les catholiques acquéraient la majorité, ils rétablissaient le culte et les cérémonies catholiques. Le gouvernement ne s'en tint pas là . Afin d'accélérer la
réforme, il essaya de modifier le régime municipal des villes, en commençant par Prague. Le 4 novembre 1617, un décret augmenta les attributions du juge royal.
Chargé déjà de représenter le Roi, d'en défendre les droits, de surveiller l'administration de la justice et d'exercer une sorte de police, il dut désormais présider
toutes les assemblées et contrôler leurs décisions. Aucune réunion du conseil ne put avoir lieu sans qu'il l'eût autorisée, et tous les comptes durent lui être soumis.
On se proposait d'introduire ce nouveau système successivement dans toutes les villes royales.
Le même décret ordonnait de dresser une liste des anciennes
propriétés des églises de Prague, et de rechercher si leurs revenus étaient employés
conformément aux actes de fondation. Ces propriétés étaient tombées, depuis la réforme, entre les mains des protestants; les ramener au but primitif de leur fondation devait
aboutir à les leur enlever pour les restituer aux catholiques. Ces diverses mesures étaient-elles entièrement légales ? Il est difficile de l'affirmer. Les protestants de Bohême
avaient imposé la lettre de majesté à Rodolphe II; Mathias cherchait à s'en dégager sans la violer ouvertement. Il ne faut pas oublier d'ailleurs qu'il réclamait pour lui le
droit commun des souverains, le droit de réforme que possédaient et dont usaient alors les protestants comme les catholiques.
Après avoir pris ces mesures, Mathias, pour se conformer Ă la consultation d'un astrologue de Mantoue, quitta Prague, oĂą il avait rĂ©sidĂ© jusqu'alors, et se rendit Ă
Vienne. Il laissait le gouvernement de la Bohème à dix lieutenants, dont sept catholiques et trois protestants. Quatre d'entre eux allaient jouer un rôle dans la scène
de la défénestration; c'étaient Sternberg, Lobkowitz, Slawata et Martinitz
(E. Charvériat, Période palatine et période danoise (1618-1630), Tome 1, 1878 - books.google.fr). BRANDEIS, grand bourg de Bohême, avec un château, dans le cercle de Caurzim, sur l'Elbe, à 6 l. N E. de
Prague. On trouve dans ses environs la terre sigillée
(Jean Baptiste Ladvocat, Dictionnaire géographique ou description des quatre parties du monde, 1811 - books.google.fr). Brandýs nad Labem-Stará Boleslav est arrosée par l'Elbe et se trouve à 21 km au nord-est du centre de Prague
(fr.wikipedia.org - Brandys nad Labem-Stara Boleslav). Zusammenfassung Unter der Bezeichnung "Terra sigillata" wird allgemein ein nicht allzu bekannter und fachkundig wenig bearbeiteter Komplex
charakteristischer Produkte aus speziellen Farberden verstanden, die als spezifische und auch allgemeine Heilmittel und als Psychotherapeutica
appliziert wurden. Die medizinale Terra sig. muĂź von der gleichnamigen antiken und provinzialen Keramik unterschieden werden, die jedoch erst i. J.
1885 so von A. Loquemar benannt wurde, während die neuzeitliche Terra sig. bereits derart seit den ältesten hitorisch erfaßbaren Berichten bezeichnet
wurde. Die ersten Arbeiten über die neuzeitliche Terra sig. tauchen im 16. Jh. auf, von der ersten Hälfte des 18. Jh. nehmen die diesbezüglichen
Arbeiten und Erwähnungen ab, im 20. Jh. kommen vereinzelt auch vorwiegend historische oder ethnographische Fachstudien auf (siehe Anm. 5–12). Zur Herstellung
der Terra sig. verwendete man eine ganze Reihe verschiedener natĂĽrlicher Farberden, die z. B. nach dem Vorkommensort, oder -land, nach dem technologischen Zweck bezeichnet
wurden (hier relevante pharmazeutische, medizinale, genießbare Farberden, Farberden für Wundärzte u. a.). Bloß einige Farberden wurden in der Vergangenheit mineralogisch
spezifiziert , so daß die nicht allzu ge- nauen historischen Erwähnungen spezieller Farberden nicht präzis mit den modernen Angaben indentifiziert werden können. Der
Ăśberblick ĂĽber die zur Applikation oder zur Herstellung der Terra sig. verwendeten Farberden wird weiter durch Angaben ĂĽber die z. B. aus dem Heiligen Land, aus
Heiligengräbern, aus Wallfahrtsorten, insbesondere aus Marienkultstätten usw., importierten Farberden verschiedenster Provenienz und Zusammensetzung kompliziert. Die
moderne Minerallagergeologie gibt die historische Bezeichnung, "Farberde" auf und fĂĽhrt nur die technologisch aktuellen Rohstoffe an. Die umfassendste Gruppe der Farberden wird unter
dem Begriff "Bolus" zusammengefaßt. Bolus wird chemisch durch eine hydroaluminiumsilikathältige Komponente - weißer Bolus, bzw. eine kaolin - oder montmorillonithältige Tonerde
mit einer allfälligen Komponente von Eisenoxyd – roter Bolus- und anderen Komponenten spezifiziert. Die bekanntesten historischen Daten über Farberde stammen von der Insel Malta
deren Fund mit dem Apostel, dem hl. Paulus in Verbindung gebracht wird (siehe Anm. 27). Diese Farberde und die Erzeugnisse daraus wurden reichlich in Europa
distribuiert (die Marken aus Malta wurden auch gefalscht). Das Bemühen der Prospektoren im 16. Jh. Asiens und Europas siehe Beilage samt Angaben über die einzelnen Länder und
Lokalitäten. Die in Mitteleuropa wahrscheinlich älteste und bekannteste Fundstätte pharmazeutischer Farberde und Produktion von Terra sig. befand sich in Striegau (Strzegom) in
Schlesien. Angeblich hatte hier der Arzt Johannes Montanus, gen. Scultetus, i. J. 1568 die Farberde entdeckt. Die Stadt erhielt seit dem J. 1584 mehrmals ein
kaiserliches Privileg zur Farberdenförderung und zur Herstellung von Terra sig. Zweitwichtigstes Zentrum in Mitteleuropa war Jablonné v Podjestedà (Gabel) in Böhmen, wo Farberde auf
dem Herrschaftsgut der Familie Berka von Dubá gefördert wurde und von woher auch die meisten in mitteleuropäischen Museen und Sammlungen aufbewahrten Gefäße stammen. Terra sig. wurde
hier nach den historischen Angaben und datierten Exemplaren vom J. 1630 bis zum J. 1651 hergestellt. Die Markenzeichen der Berkas haben eine vom Familienwappen abgeleitete Etikette, oft
die Initialen HWB (Heinrich Wolfgang Berka) und KB (Königreich Böhmen) und oft Jahreszahlen (1630, 1635, 1639, 1642, 1651). Es ist nicht klar, ob die Werkstatt noch
nach dem Tode Berkas arbeitete. Einige Markenzeichen könnten gerade dem Zeitraum nach dem J. 1651 entsprachen; weitere heraldische Studien werden vielleicht diese Frage lösen können.
Nach der Ludwigschen Tafel mit den Markenzeichen wurde Terra sig. auch in Brandýs nad Labem (Brandeis a. d. E.), in Chlumec u Ústà nad Labem (Chlum bei Aussig a. d E.) und
Jáchymov (Joachimstal) hergestellt. B. BalbĂn erwähnt auch noch andere Lokalitäten in Böhmen, wo Farberden gefunden wurden (siehe Anm . 40-45).
(Vitezslav Stajnochr, Vladimir Scheufler, Nonoveka terra sigillat, CeskĂ˝ lid, Volumes 81 Ă 82, 1994 - books.google.fr). RUBRICHE, L. Vieux mot. Terre rouge, bol. Songe du Verger. C'est aussi la table d'un livre ancien, tels que font les vieux livres
en Droit, qu'on appelle Fradins, Ă cause de leur Imprimeur. Or ces tables Ă©toient Ă©crites en encre rouge, & de lĂ leur est venu ce nom de rubrique. BOREL.
RUBRIQUE, s. f. Est une terre fort rouge qu'on trouve dans des carrieres en Cappadoce. Terra rubra, vel sinopica. Il y en a de plusieurs
espéces; les unes font d'une seule couleur; les autres font tachées: quelques-unes sont tendres & graisseuses; les autres
sont dures & séches: elles servent aux ouvriers pour crayonner & tirer des lignes; d'où vient qu'on les appelle craye rouge, ou
crayon rouge. Le nom de rubrique leur a été donné à cause de leur couleur rouge; on les nomme aussi terre sinopique, parce qu'on
en vendoit autrefois dans une ville appellée Sinope
(Dictionnaire universel francois et latin, Tome 5 : P-S, 1740 - books.google.fr). Dans le chapitre suivant, relatif aux terres, Zosime s'étend sur la rubrique ou terre sigillée de Lemnos, objet d'une fabrication et
d'une exploitation religieuse et scellée par la prêtresse du lieu
(M. Berthelot, Voyages de Galien et de Zozime, Journal des savants, Juin 1895 - books.google.fr). Cf. quatrain IV, 77 et sa "terre blesique" qui pourrait être la "terre de Blois", variété de sigillée.
Im Jahr 1616 hielt sich der Kaiser wiederholt in Brandeis auf Bei dieser Gelegenheit
wurden als Deputation der evangelischen Stände Heinrich Mathias
Graf Thurn , Ulrich von Gerstorf und Appellationsrat Simon Kohout von Lichtenfels in Audienz empfangen und legten in die Hände der Kaisers eine Beschwerdeschrift
gegen die königlichen Statthalter. Der Kaiser lehnte die Beschwerde hart ab, ein Vorgang, der als einer der wichtigsten Anlässe zu dem Dreißigjährigen
Kriege bereits von den Zeitgenossen angesehen
(Justin V. Prásek, Brandeis a. d. Elbe, Tome 1, 1915 - books.google.fr). "bois"
Les tripoteurs qui, autour de Liechtenstein, Ă©difient leur fortune sur la ruine du pays et, pour emplir leurs
poches, fouillent le cadavre encore chaud du peuple... Ils ne s'arrĂŞteront que quand l'Ĺ“uvre de ruine sera consommĂ©e, quand ils auront chassĂ© la noblesse bohĂŞme Ă
peu près tout entière . Quelles qu'eussent été ses fautes, elle n'en demeurait pas moins la gardienne de l'âme nationale et comme l'organe de la pensée et de la volonté du
corps social ; en l'anéantissant, on mutilait le peuple, on réduisait ce qui avait été une personne morale, consciente et libre, en une masse inerte que des maîtres habiles façonneraient
à leur guise. De fait, il n'a pas fallu moins de deux siècles pour qu'un douloureux travail de réparation reconstituât dans une certaine mesure cette élite sociale
qui est comme la fleur du lent épanouissement d'une race. C'est là , plus que dans les cruautés individuelles, le crime inexpiable de l'Église en Bohême, tel qu'il n'en est guère de
comparable dans l'histoire; par calcul à la fois et par imprudence, elle visa à la tête et elle sembla peu se soucier que la nation même disparût dans la tourmente. Aussitôt
après la victoire, l'archevêque et les ordres religieux expulsés rentrèrent dans le pays; dès 1622, les jésuites prirent la direction de l'Université et, par conséquent, de
tout l'enseignement secondaire dans le pays. Des missionnaires jésuites, accompagnés des dragons de Liechtenstein, parcourent le pays à la recherche des hérétiques. Ils
fouillent jusqu'aux sépultures des héros de la nation; avec des malédictions, on brûle les os de Zizka et de Rokycana et l'on jette leurs cendres au vent.
Cet état de haine et de méfiance envers tout ce qui était tchèque a duré un siècle et demi. «Il leur semblait,
écrira un jour le jésuite patriote Balbin, jésuite lui-même, que les bois, les forêts et les vallons, et jusqu'aux feuilles et aux branches des arbres criaient : Rébellion ! Rébellion !
et que, par conséquent, d'après les principes de Machiavel, il fallait tout détruire, démolir les châteaux, ne pas réparer les fortifications des
villes, et user, vis-à -vis du peuple, leur ennemi futur, de la force, et, si elle ne suffisait pas, de la ruse, de l'hypocrisie et de l'imposture...» (Dissertatio apologetica linguæ slavonicæ).
Mais ni la ruine économique du pays, ni les exécutions, ni toutes les horreurs de la persécution n'auraient suffi à anéantir la vie intellectuelle de la nation. Le coup le plus
terrible , celui qui lui a, pour ainsi dire, ouvert les veines pour en faire fuir le meilleur sang, ce fut l'émigration. En 1627, une ordonnance plaça la plus grande
partie des Tchèques devant cette alternative : embrasser le catholicisme ou s'en aller. Plus de trente mille familles, formant un quart de la nation (si l'on ne compte pas les serfs)
et représentant son élite intellectuelle, préférèrent le salut de leur âme au déshonneur d'une apostasie. L'Allemagne, la Pologne, la Hongrie, la Hollande, l'Angleterre et
la Suède recueillirent les malheureux proscrits. Inclinons-nous devant cette grandeur d'âme qui préférait courir tous les hasards plutôt que de trahir
la foi des ancêtres. Ils espéraient d'ailleurs que bientôt la fortune de la guerre, apportant la victoire aux ennemis des Habsbourg, leur permettrait de rentrer
dans leur pays. Cependant, le pays devait payer cher cette fidĂ©litĂ© Ă la RĂ©forme, et la nation faillit en pĂ©rir. On comprend la dĂ©sillusion amère qu'Ă©prouva un ZerotĂn
de la «conversion» d'Henri IV. Au point de vue moral, ZerotĂn avait certainement un plus beau rĂ´le; cependant, lequel des deux, du souverain essentiellement humain,
bon politique, ou du Frère intransigeant, avait raison au point de vue national ? Lequel des deux a le mieux servi son pays ?
(Hanus Jelinek, Histoire de la littérature tchèque, Tome 1, 1930 - books.google.fr). Pelcel publie en 1775 la Dissertatio apologetica linguæ slavonicæ écrite au XVIIe siècle par Balbin
(Paul Henry, La France devant le monde de 1789 Ă 1939, 1945 - books.google.fr,
S. Harrison Thomson, Czechoslovakia in European History, 2019 - books.google.fr). Lorsque Balbin, ce patriote tchèque sous la robe du Jésuite, laissait, un demi-siècle
après la tragédie de Wallenstein, échapper cette plainte, tout danger avait cependant disparu. L'âme tchèque était déjà réduite et soumise. Le perpetuum silentium avait commencé pour la Bohême, cette terre qui
avait été si longtemps frémissante de révolte
(L'Europe centrale: revue de documentation politique, Ă©conomique, littĂ©raire et artistique, Volume 9, NumĂ©ros 1 Ă 26, 1934 - books.google.fr). Bohuslav BalbĂn, nĂ© le 3 dĂ©cembre 1621 Ă Hradec KrálovĂ© (alors Königgrätz, royaume de BohĂŞme)
et décédé le 28 novembre 1688 à Prague était prêtre jésuite bohémien, littérateur, historien, patriote et grand promoteur de la culture et de la langue tchèque. En 1661 sa carrière
d'enseignant se termine de manière abrupte. Il est interdit d'enseignement à la jeunesse. Par ailleurs son patriotisme militant inquiète ses supérieurs religieux. Il est éloigné de Prague pour avoir
dénié le droit héréditaire des Hasbourg au trône de Bohême dans son Epitome historica rerum bohemicarum (1677)
(fr.wikipedia.org - Bohuslav Balbin). «Laissez Ferdinand prendre le gouvernement,
disait un de ses confidents; avec une garnison permanente Ă Prague, il ne se passera pas un an que
les bourgeois ne se convertissent, de bonne ou de mauvaise grâce.» Son élection avait rendu toute leur confiance aux violents. «Martinits et Slavata, écrit ce
dernier dans ses Mémoires, avaient la conviction qu'ils étaient tenus de travailler et de contribuer de toutes leurs forces à tout ce qui était utile au progrès
et à l'expansion de la vraie foi.» En Bohême, les seigneurs catholiques interdisaient le culte réformé sur leurs domaines; dans les villes, les dissidents étaient
écartés des fonctions publiques; une censure rigoureuse était établie. L'effet matériel de ces mesures fut médiocre : les hérétiques étaient protégés pour le moment
par l'immense majorité qu'ils possédaient, par les privilèges des seigneurs, souverains sur leurs terres, et par l'impuissance de la royauté. Mais devaient-ils attendre
pour se mettre en défense qu'il fût déjà trop tard ? Si la masse du peuple demeurait indifférente, la politique de Ferdinand grossissait le parti qui, parmi les seigneurs,
désirait renverser la dynastie et qui reconnaissait pour chefs Guillaume de Roupa, fort mêlé aux intrigues de Christian d'Anhalt, et le comte Mathias de Thurn, hardi,
ambitieux, avide de bruit, médiocre en somme et conduit par des rancunes et des appétits.
D'après les Lettres de Majesté (1609), les nobles et les habitants
des villes royales avaient le droit de faire construire des temples protestants
sur leurs domaines, et le traité conclu entre les catholiques et les réformés, qui complétait les Lettres de Majesté et qui avait force de loi,
avait stipulé le même privilège pour les habitants des terres de la couronne. Les protestants regardaient les biens ecclésiastiques comme des domaines royaux,
ce qui était d'ailleurs conforme aux règles du droit public tchèque. Les habitants de la ville de Broumov (Braunau), qui dépendait de l'archevêque de
Prague, avaient construit un temple; l'archevêque prétendit qu'ils n'en avaient pas le droit et obtint du Conseil royal l'ordre de le fermer; une émeute éclata
dans la ville (1618); huit des principaux bourgeois furent mandés à Prague et jelés en prison. A Hrob (Klostergrab), les habitants n'avaient pas montré la même
résistance et l'archevêque avait fait abattre solennellement l'église protestante qu'ils avaient essayé d'ouvrir (11-13 déc. 1617)
(Histoire générale du IVe siècle à nos jours, Tome 5 : Les Guerre de Religion (1559-1648), 1895 - books.google.fr). "vuider" : la défenestration de Prague
La démolition du temple de Hrob eut un immense retentissement, non seulement en Bohême,
mais dans l'Empire entier. Les protestants tchèques y
virent l'ouverture des hostilités dont les menaçaient depuis si longtemps leurs adversaires. Leurs principaux chefs convoquèrent à Prague une grande
assemblée des États, et, afin de fermer la voie à tout retour en arrière, les plus animés, Roupa, Thurn, et quelques autres résolurent, dans un conciliabule, de
mettre à mort leurs ennemis les plus détestés, Martinits et Slavata. Le 23 mai 1618, quelques centaines de seigneurs traversèrent Prague et se rendirent au vieux
château des Hratchany, qui, commencé par Charles IV et agrandi par les Jagellons, dresse sa pittoresque silhouette sur les hauteurs qui dominent la rive gauche
de la Vltava (Moldau). On les introduisit dans la salle, assez étroite, qui servait de chambre de délibération aux dix gouverneurs, chargés d'administrer le royaume
pendant l'absence de Mathias. Une violente discussion s'engagea entre les protestants et les quatre gouverneurs présents. Quand les chefs des conjurés jugèrent que
les esprits étaient arrivés au degré d'exaltation nécessaire, ils s'emparèrent de Martinits et de Slavata et les précipitèrent par la fenêtre. Le secrétaire des
gouverneurs, Fabricius, qui avait assisté en tremblant à cette terrible scène, eut la malencontreuse inspiration de solliciter la protection d'un des assistants :
on l'envoya rejoindre ses maîtres. Dans ce saut d'une trentaine de mètres, Martinits et Fabricius n'avaient eu que de légères contusions; Slavata, plus gravement
atteint, survécut cependant.
La défenestration se rencontre assez souvent dans l'histoire de Bohême :
la guerre des Hussites avait commencé par une scène semblable.
Fabricius était arrivé à terre de fort méchante humeur. Sa première parole fut de demander à Martinits: «Qu'ai-je donc fait à ces Messieurs pour qu'ils me
jettent ainsi par la fenêtre ? Plus tard, Ferdinand le nomma seigneur de la Haute-Chute. Les catholiques attribuèrent à un miracle le salut des gouverneurs.
D'après les protestants, ils auraient été sauvés par les monceaux de papiers et de débris divers que l'on jetait depuis longtemps dans le fossé. Slavata
nie absolument le fait, ce qui n'est pas une preuve décisive.
A la nouvelle de cet événement, un sentiment de terreur parcourut le pays,
jeté malgré lui, à l'improviste, dans une aventure où quelques ambitieux et quelques
fanatiques jouaient ses libertés et sa prospérité. Placés par le fanatisme de Ferdinand II entre la révolution et l'apostasie, les Tchèques avaient le droit absolu
de chasser cette maison des Habsbourg qui avait violé toutes ses promesses et préméditait leur asservissement : mais c'était compromettre la révolution que de la
souiller dès le premier jour par un meurtre. En prenant brusquement l'offensive, les protestants perdaient tous les avantages de la situation. Ils n'avaient même
pas songé à s'assurer des alliés, ils comptaient sur la France, dont la médiation s'exerça en faveur des Habsbourg, sur l'Angleterre, où le roi Jacques I,
féru d'absolutisme, s'indigna de leur insolence, sur l'Union évangélique, qui ne leur offrit guère que des exhortations. Ils avaient espéré du moins qu'à leur
exemple une insurrection soulèverait contre Mathias tous ses sujets protestants ils avaient oublié les rivalités provinciales, les timidités personnelles, l'influence
que la cour conservait malgré tout. Ils se virent à peu près réduits à leurs propres forces, sans armée régulière, sans finances, sans gouvernement réel. De longues
années d'anarchie et de tyrannie féodale avaient abaissé les esprits et énervé les âmes les seigneurs, que des calculs égoïstes avaient jetés dans la révolte, refusaient
de sacrifier leurs revenus; les villes suivaient de mauvaise grâce des alliés qui les méprisaient et dont elles se défiaient; les paysans, aigris par les progrès du servage,
assistaient sans s'y mĂŞler Ă une querelle dont tout le poids devait cependant retomber sur eux.
Dans ces conditions, ce qui est Ă©trange, ce n'est pas que l'insurrection
ait été vaincue c'est qu'elle ait duré si longtemps. Cela s'explique par
la faiblesse de Mathias, par l'organisation encore toute rudimentaire de la monarchie autrichienne, surtout par la pénétration inextricable des partis, qui
ne laissait à aucun d'eux la libre disposition de ses forces. par l'extrême confusion de la politique européenne qui procura aux Tchèques des secours assez
inattendus. L'Électeur palatin, Frédéric V, et Christian d'Anhalt, heureux du jour qui s'ouvrait à leurs espérances, leur ménagèrent l'appui du duc de Savoie,
Charles-Emmanuel, qui leur envoya Ernest de Mansfeld avec quelques milliers d'hommes. Petit, mal fait, défiguré par un bec-de-lièvre, très ambitieux, mais réduit
par les conditions illégitimes de sa naissance à attendre sa fortune de combinaisons hasardeuses, il est le premier de ces grands aventuriers qui, à diverses reprises,
pendant la guerre de Trente ans, tinrent en suspens les destinées de l'Europe. Mathias, sans argent, nullement soutenu par les diètes, avait réuni quelques milliers
de soldats, qui, sous le commandement de Bucquoy et de Dampierre, envahirent la Bohême. Dampierre fut rejeté dans Budweis dont les
protestants commencèrent le siège. Mansfeld, par un coup de main heureux, s'empara de Pilsen (nov. 1618).
La mort de Mathias (20 mars 1619) débarrassa les catholiques d'un chef incapable et pusillanime qui paralysait leur action.
Ferdinand II n'avait ni les mĂŞmes scrupules ni les mĂŞmes faiblesses. Il n'estimait le pouvoir qu'Ă condition de le mettre au service de la foi et il Ă©tait bien
résolu à ne rentrer dans Prague qu'après avoir détruit les privilèges qui avaient jusqu'alors protégé la liberté religieuse des Tchèques.
Les Silésiens, dès la première heure, s'étaient montrés favorables aux Tchèques. Les Moraves suivirent, malgré l'opposition entêtée de Ziérotyn, un des plus
illustres représentants de cette secte des Frères Bohêmes qui a donné à la Réforme tchèque ses confesseurs les plus héroïques et ses écrivains les plus éminents.
Dans la Haute-Autriche, Tchernembl et Gottfried, de Starhemberg organisèrent l'insurrection et invitèrent la diète de Basse-Autriche à se joindre à eux. Thurn
appuya leur action en marchant sur Vienne, dont il occupa les faubourgs (juin 1619). La situation de Ferdinand semblait désespérée. Le jour même où l'armée
tchèque arrivait sous les murs de la capitale, les nobles autrichiens pénétraient dans son palais et le sommaient de proclamer la liberté religieuse; la légende
raconte qu'un des chefs les plus résolus de l'opposition, Thonradel, l'avait saisi par un bouton de son pourpoint et le secouait violemment; on ne sait trop comment
se serait terminée la scène, si les mécontents n'eussent été effrayés par les trompettes de quelques cornettes de cavalerie qui entraient dans la ville.
Même à ce moment pourtant, l'incurable faiblesse de l'insurrection apparaissait. Ses troupes n'étaient que des milices indisciplinées, conduites par des officiers
incapables et des généraux improvisés.
(Histoire générale du IVe siècle à nos jours, Tome 5 : Les Guerre de Religion (1559-1648), 1895 - books.google.fr). Les historiens tchèques, qui, malgré toute leur admirable objectivité, ne peuvent oublier quels malheurs ont fondu sur leur patrie,
parce que la rĂ©volution n'a pas triomphĂ© Ă temps, et justement parce que ZerotĂn l'a arrĂŞtĂ©e dans son succès, ne jugent pas sans sĂ©vĂ©ritĂ© l'attitude du vieux magnat
(Victor-Lucien Tapié, La politique étrangère de la France et le début de la guerre de Trente ans: Thèse pour le Doctorat ès lettres, 1934 - books.google.fr). "austere conduicte"
La secte de l'Unité prêche le retour à l'Évangile, dénonce les injustices sociales, recrute de plus en plus de Frères parmi les
couches défavorisées de la population; elle est ainsi un ferment démocratique dans un canton de l'Europe où, au contraire, le pouvoir
traditionnellement électif des Habsbourg tend à s'asseoir autoritairement et héréditairement; elle alimente tous les mouvements du nationalisme
tchèque, dénonce l'intolérance religieuse et, par un certain mépris des choses de ce monde qui entretient chez les Frères l'esprit de pauvreté
et l'austérité de la morale, travaille à une séparation véritable de l'Église et de l'État, du pouvoir politique et de la puissance religieuse;
elle s'oppose ainsi à toute l'idéologie de la Contre-Réforme catholique qui, dans la seconde partie du XVIe siècle,
cherche à reconquérir l'Occident. Elle constitue un modèle pour beaucoup, et catalyse les énergies et les aspirations par les fins qu'elle poursuit,
les moyens qu'elle emploie, et les institutions qu'elle s'est données. Chez les Frères, tous les postes de responsabilité sont tenus
par des élus, et le droit de contrôle demeure à la base de l'appareil représentatif. Rien ne distingue, d'ailleurs, fondamentalement le simple
Frère du prêtre, qui a même renoncé au célibat au cours du XVIe siècle : entre clercs et laïques l'autorité est partagée. La haute idée que les Frères
Moraves se font de chaque homme, jointe à la croyance que chacun est responsable de son propre salut, met rapidement au premier plan de leurs préoccupations
le problème de l'instruction, la question scolaire, et explique que leur groupe ait constitué le milieu de plus haute culture tchèque de l'époque.
Non seulement l'Unité peut compter sur de remarquables aristocrates, comme la famille Ziérotýn, mais le moindre de ses membres, homme ou femme
(et cette égalité-là aussi est notable), lit l'Évangile dans le texte et est capable de le commenter. Les Frères fondent en Bohême et en Moravie de
nombreuses écoles secondaires où affluent peu à peu élèves catholiques ou luthériens attirés par la réputation des maîtres et la qualité de l'enseignement.
Une école supérieure est ouverte à Évancice, qui compte parmi ses professeurs un savant fameux comme Rüdinger, et où l'on dispense même des cours de grec
et d'hébreu. A partir de 1540, l'Unité envoie des jeunes gens achever leurs études dans les facultés d'Allemagne ou de Suisse; en 1576, on peut en compter
plus de quarante. Les imprimeries se multiplient : Mlada-Boleslav en 1500, Litomirice en 1507, Biela en 1519, puis Evancice en Moravie, et Kralice.
On a calculé que plus d'un tiers de la production littéraire tchèque de l'époque était le fait des Frères de l'Unité, alors qu'ils ne représentaient
qu'un dixième de la population.
La capacité et ses compétences d'éducateur trouvent ainsi leur premier emploi.
Le 26 avril 1616, ayant atteint l'âge prescrit de 24 ans, il est ordonné pasteur de l'Unité des Frères. En 1618, on lui confie à la fois le pastorat de la paroisse de Fulnek et le rectorat de l'école
que les Frères y ont établie. Au mois de juin, il se marie. Pendant toutes ces années, il consacre ses moments de liberté à parfaire et élargir
une instruction et une culture qu'il estime lui-mĂŞme insuffisantes. Ne semblerait-il pas que s'ouvrent pour lui les portes d'un avenir serein,
réservé à l'étude, à la prédication, à la rédaction tranquille d'ouvrages savants et utiles ? Il faut, malheureusement, compter avec le monde extérieur.
Commencent les temps affreux de la Guerre de Trente Ans. Le pusillanime Rodolphe est mort en 1611. Lui succèdent Mathias (1611-1619) puis Ferdinand II (1619-1637);
avec eux vont triompher l'intolérance et l'intransigeance au service d'une part de l'absolutisme de la Maison d'Autriche, d'autre part de l'idéologie de la
Contre-Réforme, qui liguent leurs forces contre l'esprit de liberté des peuples de Bohême et de Moravie. C'est de Vienne désormais, et non plus de Prague,
que les Habsbourg vont gouverner. L'allemand devient seule langue officielle (malgré une loi plus libérale de 1615); les temples protestants sont fermés,
certains même détruits. La révolte gronde dans les masses populaires comme dans les rangs de l'aristocratie tchèque
(Jacques Prévot, L'utopie éducative: Coménius, 1981 - books.google.fr). Après 1622, Coménius trouva refuge à Brandeis nad Orliczy (Branny Grad) auprès de Zerotin. Un autre Brandeis (Brandys)
(Olivier Cauly, Comenius, 1995 - books.google.fr). En terre
Comenius échappa à la persécution en 1627 en fuyant en Hollande avec quelques Frères rescapés.
Comenius prophétisa que les Frères Unis qu'il laissait derrière lui étaient la «semence enfouie» de Dieu qui croîtrait un jour pour redevenir un arbre fructueux,
capable d'adorer le Seigneur en toute liberté
(Roberts Liardon, Les missionnaires: Les généraux de Dieu, 2022 - books.google.fr). «grain de blé enfoui en terre» (Jn 12/24) pour «être élevé en gloire» (Jn 12/28), rejoint la grandiose vision de Paul dans son évangile de la
résurrection (1 Co. 15/1 sv)
(Marcel Schlewer, Choisissez donc la vie, 2001 - books.google.fr). La Bohême, livrée par sa sœur la Pologne, l'hérétique par la catholique, la Bohême, arrivée à sa dernière goutte de sang, reçoit sans
réclamer cette pelletée de terre qui la recouvre pour jamais
(Jules Michelet, Réforme, 1861 - books.google.fr). "tremblée" : Osiky/Osyky
"osyky" : tremble
(Karel Lad. Kukla, VelkĂ˝ lidovĂ˝ slovnĂk naucnĂ˝: vseobecnĂ˝ pramen osvety, vzd?lánĂ a poucenĂ pro vsecky vrstvy ceskoslovanskĂ©ho národa, Tome 3, 1907 - books.google.fr). Osiky (deutsch Ossik, frĂĽher Ossek) ist eine Gemeinde in Tschechien. Sie liegt zwölf Kilometer
nördlich von Tisnov und gehört zum Okres Brno-venkov. Die erste schriftliche Erwähnung des Ortes erfolgte im Jahre 1390 als Teil der Herrschaft Lomnice.
Im Jahre 1504 wurde Lomnice erstmals ein Städtchen genannt. 1572 verkaufte Oldrich von Lomnice die Herrschaft an Johann d. Ä. von Zierotin auf Rossitz.
Karl der Ă„ltere von Ĺ˝erotĂn (1564–1636), der ältere Sohn von Johann dem Ă„lteren (mort en 1583) und seiner ersten Frau Marta von Boskowicz, Herr auf Namiest,
Rossitz und Prerau, Landeshauptmann von Mähren, protestantischer Großgrundbesitzer, Schwager Wallensteins
(de.wikipedia.org - Osiky). A cette époque, œuvrait le Père Joseph (Le Clerc du Tremblay) qui deviendra l'éminence
grise de Richelieu, mort en 1638. Il était en relation avec le duc de Nevers Charles de Gonzague qui, alors qu'il cherchait des soutiens pour sa croisade en Morée, s'était entremis dans les affaires
bohémiennes à la demande de Louis XIII pour appeler les parties à la modération
(Gustave Fagniez, Le Père Joseph et Richelieu: l'avènement de Richelieu au pouvoir et la fondation du Calvaire, 1889 - books.google.fr). "trembler"
Vers l'époque de l'arrivée du prince de Gonzague
en Allemagne, la prise de Pilsen (21 novembre 1618) portait un coup sensible à la cause impériale, déjà affaiblie
par des échecs répétés en Bohême; la frontière autrichienne était franchie (25 novembre); les progrès des Bohémiens faisaient trembler Vienne; la fidélité de la
Haute et de la Basse-Autriche, celle de la Moravie inspirait de grandes inquiétudes. Ces inquiétudes, il est vrai, ne se réalisèrent pas immédiatement, mais le besoin
de la paix n'en était pas moins vivement senti par Mathias et plus encore par Ferdinand, et ses partisans devenaient de plus en plus nombreux et écoutés. Au commencement
de 1619, les hostilités proprement dites furent suspendues de fait et des négociations s'ouvrirent à Eger, mais elles n'amenèrent pas l'apaisement et n'empêchèrent
pas l'esprit d'insubordination ou même la révolte ouverte de se propager dans les États héréditaires et les pays de la couronne de Bohême
(Gustave Fagniez, Le Père Joseph et Richelieu (1577 - 1638), Tome 1, 1894 - books.google.fr). Acrostiche : QDTT, QueDeTTe
"quedette" : cône de conifère (Québec) en rapport avec le latin "cauda" et "queuette" (Touraine au XVIIe siècle)
(Gaston Bergeron, Discours simple !, 2017 - books.google.fr). Cf. encore le quatrain IV, 77, sa "terre blésique" (la terre de Blois est sigillée)
son acrostiche "SRMA", possible "syrma" synonyme de "cauda" en versification chez Dante. "syrmaticus" peut avoir le sens de boiteux, qualificatif de Charles II d'Anjou roi
de Naples, en action dans l'interprétation de IV, 77.
Dans le traité d'hippologie et d'hippiatrie arabes intitulé le Nacéri, traduit de l'Arabe d'Abou-bekr-Ibn-Bedr
par M. Perron, qui vivait sous le du règne d'El-Mélik-el-Nacer (714) de l'hégire, 1314 de l'ère chrétienne, on utilise la terre rouge (terre sigillée : "thin makhtoum" en arabe) pour soigner la verge des chevaux
(M. Viardot, Sur le Dourin des Arabes ou Maladie du coït, Journal de médecine et de pharmacie de l'Algérie, 1879 - books.google.fr). Autre "queue" au quatrain VIII, 99 ("trois Rois temporels") avec l'acrostiche "PEOS" (en grec "pénis").
En 1618, on installa dans la cour de l'entrée de la pinacothèque
du Vatican la grande «pomme de pin» en bronze qu'accompagnaient, à l'origine, les deux paons, également en bronze,
qui sont maintenant sur la balustrade de l'escalier, au sommet du mausolée d'Adrien (château Saint-Ange). Cette «pigna» (pomme de pin) avait
été utilisée au Moyen Age comme ornement de la fontaine principale de l'atrium ou «paradisum» de la basilique de Constantin et c'est là que Dante la vit,
quand il la décrit dans la «Divine Comédie» (Enfer XXXI, vers 59). Plus tard, on installa au centre de cette «grande niche» le soubassement de la colonne Antonino Pio,
découverte en 1703 et ornée de reliefs qui racontent les exploits et le triomphe de l'empereur. Avec ces ajouts successifs d'une rare cohérence, ce complexe monumental
s'est formé avec les années et a pris un caractère «antique» de plus en plus marqué. La construction de la «nouvelle aile», où Sixte Quint fit installer la bibliothèque
vaticane, a coupé en deux la cour de Bramante; c'est ainsi qu'aujourd'hui il n'est plus possible d'admirer la «grande niche» d'en bas ni de loin, comme Pirro Ligorio l'avait,
bien sûr, prévu. Mais le charme de cet édifice, qui est sans aucun doute le plus célèbre de ceux du fantaisiste architecte napolitain, n'en est pas pour cela diminué
(Oreste Ferrari, Les trésors d'art du Vatican, 1970 - books.google.fr). En Boheme, les forests de pin sont communes, tresgrandes & épaises. [...]
Il y a force pins domestics au terroir de Rauenne, asses prés du riuage
de la mer Adriatique, & en autres lieus d'Italie, specialement es vergiers des monasteres. Quant est des sauuages il y en a plusieurs especes. Les vns sont
de montaigne, les autres maritimes. Ceus de montaigne sont de trois sortes. Le premier, celui qui est le plus haut de tous, qu'on trouue en abondance es forests
de Boheme, Silesie, Polonie, aux enuirons de Trente, es montaignes d'Ananie, & de Flemes, desquels les paĂŻsans sont la poix. Ce pin sauuage est du tout semblable
au domestic, hormis que ses pommes font moindres, car elles ne sont que vn peu plus grandes que celles du cyprés, toutesfois plus longues, & plus serrees, entassees
d'écailles ne plus ne moins que celles du pin domestic, resineuses, odorantes…
(Commentaires de P. A. Matthiole sur les six livres de P. Dioscoride, Mis en François par J. des Moulins, 1572 - books.google.fr). Suite
Les
protestants donnent, en 1619, la couronne du pays à l’électeur palatin Frédéric
V, chef de l’Union évangélique. Celui-ci accepte. La guerre de Trente ans
commençait. Les
protestants sont battus à la Montagne blanche en 1620. Le culte réformé est
interdit. Les protestants tchèques ne seront plus qu’une minorité quelques années plus tard. La
puissance de la Maison d’Autriche risquant de devenir trop importante, d’autres
Etats européens s’en mêlent. En 1625 le Danemark sans succès ; en 1630 la
Suède de Gustave-Adolphe qui disposait d’une armée régulière et qui menaça
Vienne en 1632 (« Trembler Vienne ») quelques temps avant sa
mort ; enfin en 1635 la France de Richelieu qui dĂ©clarait la guerre Ă
l’Espagne principal soutien de l’Autriche. La
guerre avec la France dura jusqu’en 1659, terminée par le traité des Pyrénées. |