Louis XIV
Louis XIV

 

II, 11

 

1639

 

Le prochain fils de l’asnier parviendra

Tant eslevé jusques au regne des fors :

Son aspre gloire, un chascun la craindra,

Mais ses enfants du regne getés hors.

 

L'ânier

 

Helladius de Bysance donne Denys (431 - 367), tyran de Syracuse qui régna 38 ans, pour fils d'un ânier (Oeuvres de Plutarque: Les vies des hommes illustres, pour servir de supplément aux vies de Plutarque, traduit par A. Allègre, 1819 - books.google.fr).

 

Typologiquement une autre possibilité est plus intéressante.

 

Celle de Demarate, roi de Sparte (515 - 491), de la maison des Eurypontides (fr.wikipedia.org - Démarate de Sparte).

 

Hérodote rapporte également l'histoire d'Ariston, le père de Démarate qui ne crut pas à la légitimité de son fils, issu de sa troisième femme et longtemps attendu (Sandra Boehringer, Des femmes en action: L'individu et la fonction en Grèce antique, 2017 - books.google.fr).

 

Cléomène, un des rois de Sparte, animé par des sentiments de vengeance, cherchait, par tous les moyens possibles, à perdre son collègue Démarate, fils d'Ariston, et afin de le forcer à quitter la royauté, il contestait la légitimité de sa naissance, et, d'accord avec Léotychide qui ambitionnait de devenir roi, il faisait répandre le bruit qu'il était le fils d'un ânier. Un mot imprudent prononcé par Ariston, devant les éphores, au moment de la naissance de l'enfant, prêtait aux suppositions les plus étranges et favorisait les desseins des ennemis de Démarate. Or la mère du roi, interrogée par son fils au sujet de sa naissance et suppliée de dire la vérité, lui avoua que la troisième nuit après son mariage, elle avait reçu la visite d'un fantôme, ayant la forme et les traits d'Ariston, qui lui avait posé des couronnes sur la tête. Plus tard on sut que ces couronnes avaient disparu de l'édicule d'Astrabacus, héros indigène, et les devins, consultés à ce sujet, déclarèrent que le fantôme n'était autre que le héros lui-même. «Ainsi, ajouta la mère de Démarate, tu es le fils d'un héros, et Astrabacus est ton père, ou bien tu es le fils d'Ariston. Laissons en partage à la femme de Léotychide et aux femmes de tes ennemis qui répandent ces odieux bruits, d'avoir des enfants d'âniers».

 

Le mot "astrabè" en grec, signifie bête de somme, âne, mulet ; de là le jeu de mots entre "astrabakos" et "onophorbos", d'autant plus facilement amené qu'il n'y a qu'une légère différence entre "astrabakos" et "astrabagos", muletier, conducteur d'ânes. Mais à côté d'"astrabakos" les lexicographes donnent la forme "astrobakos", qui semble impliquer un sens sidéral (J. de Witte, Apollon Cillaeus, Revue numismatique, Volume 9, 1864 - books.google.fr).

 

Le nom de Demarate vient de "demos" (peuple) "araomai" (je prie) : populi precibus et votis expetitus, ce qui revient à-peu-près à Dieu-donné (Histoire d'Hérodote, traduit par Pierre-Henri Larcher, 1802 - books.google.fr).

 

Pierre Henri Larcher (12 octobre 1726 – 22 décembre 1812) était un helléniste et archéologue français Vers 1748 il séjourne deux ans en Angleterre. À son retour, il engage une carrière de traducteur, du grec et de l'anglais (fr.wikipedia.org - Pierre-Henri Larcher).

 

Il se peut que les enfants de Démarate, qui apparaissent dans des sources plus tardives, aient essayé de rétablir la mémoire de leur père en diffusant l'image d'un Démarate philo-lacédémonien en Perse. Plutarque accueille une tradition évoquant ces enfants qui se lancaient dans des attaques hostiles à Léotychidas. Pausanias atteste que les descendants de Démarate restèrent en Asie fort longtemps. Xénophon donne les noms de deux arrière-petits-enfants, Eurysthène et Proclès qu'il décrit comme installés, en 400, à Pergame, Teuthrania et Halisarna en Asie Mineure, dans les domaines que Xerxès avait offerts à Démarate un siècle auparavant. Il ajoute que ces descendants se rangèrent du côté de Thibron (Sandra Boehringer, Des femmes en action: L'individu et la fonction en Grèce antique, 2017 - books.google.fr).

 

Crainte et gloire

 

Il peut s'agir de la crainte et de la gloire des Grecs et non de celles de Démarate qui ne scouvrit pas de gloire, sauf à vaincre dans une course de char aux Jeux olympiques (dans une traduction de l'Odyssée par Lemenius "fortis athletae" (Odysseae Homeri libri XXIIII a Simone Lemnio, 1581 - books.google.fr).

 

Xerxès demande à Démarate en exil chez lui combien il restait de Lacédémoniens pareils à ceux—ci ? Démarate répond que Sparte en renfermé huit mille; et comme le roi veut son conseil sur la guerre, Démarate est d‘avis d’envoyer trois cents vaisseaux sur les côtes de la Laconie près desquelles est l’île de Cythère : — Chilon, l’homme le plus sage que nous ayons eu, reprit-il, disait qu’il serait bien pour les Spartiates que Cythère fut au fond des eaux, car il pensait qu‘elle donnerait lieu à quelque projet contre cette ville. Ce conseil eût séparé en deux la flotte des Perses, ce qui le fait rejeter. Démarate le donnait-il en faveur de Sparte ? C’était lui qui, de Suse, avait averti secrètement les Spartiates des desseins de Xerxès contre la Grèce. Comme les moyens lui manquaient, il avait pris des tablettes doubles, et après en avoir ôté la cire, il avait écrit sur le bois de ces tablettes en le recouvrant ensuite de cire. L’envoyé de Démarate les remit sans qu'on pût rien comprendre, puisqu’on voyait la cire sans écriture; ce fut Gorgo, fille de Cléomëne et femme de Léonidas, qui devina le secret. Ou lut l’avertissement et on en fit part à toute la Grèce.

 

Simonide s‘écrie : "Que le Sort de ceux qui moururent aux Thermopyles est glorieux ! Que leur destinée est belle ! Leur tombeau est un autel, leur renommée les pleurs, leur mort leur louange ! Ni la mousse destructive, ni le temps qui subjugue tout, ne les flétrira. Enceinte sacrée, tu renfermes la gloire des habitants de la Grèce ! J’en atteste Léonidas, roi de Sparte, qui dans ces lieux a laissé ce grand exemple et acquis une gloire immortelle." (Hortense Allart de Méritens, Histoire de la République d'Athènes par mme. Hortense A. de Méritens, 1866 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Louis XIV est né en 1638 de Louis XIII (« asnier » : homme à l’esprit pesant ou bien jeu de mot « asnier »/Anne) et d’Anne d’Autriche. Son règne glorieux, mais âpre, fut marqué par un nombre important de guerres difficilement supportées par la population française.

 

Louis XIV est aussi prénommé Louis-Dieudonné, car, après presque vingt-trois ans de mariage sans enfant, plusieurs fausses couches de la reine et la mésentente du couple royal, la naissance inattendue de l’héritier du trône est considérée comme un don du Ciel (fr.wikipedia.org - Louis XIV).

 

Aucun de ses fils ni aucun de ses petits-fils ne régna en France. Le Grand Dauphin décéda en 1711, son fils Louis de France en 1712. Ce n’est que l’arrière petit-fils du Roi Soleil, Louis XV, qui lui succédera après la régence du duc d’Orléans.

 

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