Iatrochimie

Iatrochimie

 

II, 31

 

1653-1654

 

En Campanie Cassilin sera tant

Qu'on ne verra que d'eaux les champs couverts :

Devant, apres, la pluye de long temps :

Hors mis les arbres, rien l'on verra de vert.

 

Volturne

 

Annibal s'invite ici comme dans le quatrain précédent II, 30.

 

Casilinum est une ville antique de Campanie, en Italie. Elle se trouve à trois milles au nord-ouest de la ville antique de Capoue, à la place de l'actuelle Capoue. Le site de Casilinum se situe à la jonction de la via Appia et de la via Latina, au passage du Volturne sur un pont à trois arches qui existe encore. Cette situation donnait une importance stratégique à Casilinum au temps de la république romaine.

 

Pendant la Deuxième guerre punique, Casilinum a été occupée par Fabius Cunctator en 217 av. J.-C. Hannibal a conquis la ville dans l'hiver 216-215. L'année suivante, les Romains ont repris la ville et l'ont fortifiée pour en faire un bastion contre Capoue, qui s'était révoltée (fr.wikipedia.org - Casilinum).

 

Ti. Sempronius commandait l'année romaine, en l'absence du dictateur (Quintus Fabius Maximus Verrucosus dit Cunctator), parti pour aller reprendre à Rome les auspices. Comme Marcellus, il aurait désiré porter secours aux assiégés; mais Marcellus était arrêté par les débordemens du Vulturne, et par les prières des habitans de Noie et des réfugiés d'Acerra, qui redoutaient les Campaniens, si les troupes romaines venaient à s'éloigner. Gracchus, posté seulement auprès de Casilinum, et retenu par l'ordre du dictateur, qui lui avait défendu de rien entreprendre en son absence, restait clans l'inaction, bien qu'une patience à toute épreuve eût tenu difficilement contre les nouvelles qui arrivaient de la place (Tite Live, Histoire romaine, Bibliothèque Latine-Française, Volume 29, 1832 - books.google.fr).

 

La dernière fête qui se célèbre en août et qui occupe le jour mensuel extrême admis en général pour les feriae statiuae, le 27, est celle des Volturnalia. Elle est en outre la dernière avant l'équinoxe d'automne. [...] Volturnus, Vulturnus, n'est pas seulement le nom d'une rivière, mais aussi d'un vent d'Italie. Quitte à n'être pas toujours exactement suivis par les poètes, les savants de Rome, Pline, le Sénèque des Questions naturelles, Aulu-Gelle interprète de l'érudit Favorinus, l'ont situé avec rigueur sur la rose des vents (sud-est) (Georges Dumézil, Fêtes romaines d'été et d'automne / Dix questions romaines, 1975 - books.google.fr).

 

Une inondation près de Capoue

 

Dans la première partie de la Clélie de Madame de Scudéry (1654 - livre 1) : Nous sommes à Rome et autour de Rome, à la fin du règne de Tarquin le Superbe, au début de la République ( 510 avant Jésus-Christ). Le roman s'ouvre à Capoue sur le tableau du bonheur d'Aronce et de Clélie : leur mariage, un moment retardé par une inondation, va enfin être célébré. Mais voici qu'apparaît Horace, rival d'Aronce, et que survient un tremble- ment de terre qui sépare les deux amants. Quand le calme revient, Clélie a disparu. Apprenant qu'Horace l'a emmenée à Pérouse, le malheureux Aronce tente de rattraper sa maîtresse ; il y parviendrait au bord du lac Trasimene si son grand cÅ“ur ne l'obligeait à se battre pour défendre un vieillard attaqué par le grand nombre. A la fin du combat - victorieux - Clélie est de nouveau introuvable, cachée par le brouillard. Aronce apprend qu'il a sauvé Mézence, prince de Pérouse, qui tient prisonnier son gendre Porsenna, depuis vingt-trois ans. L'Histoire d'Aronce permet un retour en arrière et nous révèle qu'Aronce est fils de Porsenna ; sa mère, Galerite, l'a confié secrètement à des serviteurs, afin de le soustraire à la haine de Mézence pour Porsenna. Perdu en mer, élevé à Carthage par Clélius, un Romain exilé, ami de la Liberté et ennemi de Tarquin, le jeune homme, amoureux de sa sÅ“ur adoptive Clélie, s'est vu d'abord préférer Horace - le patriotisme de Clélius ne consentait à donner sa fille qu'à un Romain jusqu'au moment où il a sauvé la vie de celui dont il aspirait à devenir le gendre. Voilà le lecteur revenu au début du roman, c'est-à-dire aux noces interrompues d'Aronce et de Clélie (Chantal Morlet-Chantalat, La Clélie de mademoiselle de Scudéry: de l'épopée à la gazette : un discours féminin de la gloire, Tome 1, 1994 - books.google.fr).

 

Pour la Clélie héroïne romaine, cf. quatrain I, 86.

 

L'inondation de la Clélie est suivie d'un tremblement de terre qui, s'il n'est pas mentionné dans le quatrain, se manifeste plusieurs fois en 1653 et 1654 dans le Sud de l'Italie.

 

272. 1653. à Smyrne, où 3,000 personnes périrent

273. Idem, fin de septembre. en Italie, où Césène & Faenza furent endommagées.

274. 1654, 20 mai. en Asie; Smyrne fut endommagée: il dura jusqu'au 20 juin.

275. Idem, 8 juillet. à Vienne en Autriche.

276. Idem, 23 juillet jusqu'au 12 août. Tremblement de terre dans le royaume de Naples; dans les Abruzzes, on compta 3,000 victimes de cet événement: Sora, Isola & plusieurs autres villes en souffrirent. (Encyclopédie Méthodique. Géographie-Physique, Tome 5, 1828 - books.google.fr).

 

"verts" : verdure

 

Le cabinet de verdure, tel que le décrit Palissy dans Le jardin delectable ou tel que l'a vu Montaigne au Castello de Florence, est un abri ombreux, s'ouvrant à peine sur le paysage (Julien Eymard, Le thème du miroir dans la poésie française, 1540-1815, 1975 - books.google.fr).

 

A compter des années 1640 en effet, la littérature galante renoue avec la tradition du «colloque», et adopte pour scène d'énonciation l'espace du jardin : à la différence de la ruelle, règne sans partage de la parole féminine et de ses thuriféraires, ou du cabinet studieux, celui-ci apparaît comme le lieu par excellence de la conversation mixte. Celle des hommes et des femmes d'abord, des lettrés professionnels et des honnêtes gens ensuite ; sa mixité, c'est enfin celle du style, harmonieux dosage du sérieux et de l'enjoué, refusant à la fois le coq-à-l'âne des propos décousus et la pesante composition du traité suivi. Le choix du jardin comme scène de paroles, pour l'échange de récits, les «conversations morales» ou même les entretiens philosophiques, devient progressivement l'un des traits distinctifs de la catégorie «galante», véritable opérateur de reconnaissance. Les exemples abondent pour la période qui nous occupe : Bernard Beugnot en a commencé l'inventaire, lorsqu'il annexait à son étude sur L'Entretien de nombreux textes ayant pour cadre un «cabinet de verdure», une allée écartée, ou le cercle formé par quelques «carreaux» jetés sur le gazon d'une propriété. Il s'agit parfois d'un pseudo-dialogue, comme dans Le Lycée de Pierre Bardin où la référence à l'enseignement d'Aristote et à ses déambulations philosophiques suffit à rattacher le traité moral au genre de l'entretien, tout en conférant à l'exposé des devoirs de l'honnête homme le souple caractère d'une conversation mondaine. Plus souvent cependant, de vrais échanges s'y déroulent : dans les romans de Madeleine de Scudéry par exemple, qui adoptent l'espace du jardin pour scène, alternative à la ruelle féminine (Delphine Denis, Du Parterre aux Promenades : une scène pour la littérature au XVIIe siècle, De l'imaginaire du jardin classique, XVIIe siècle, N° 209, 2000 - books.google.fr).

 

"J'aime si fort les jardins, que je ne puis jamais me resoudre d'en parler simplement en passant" (Madeleine de Scudéry, Clélie, histoire romaine, Genève, Slatkine Reprints, 1973 [1661], 5° partie, vol. IX, livre I, p. 324). Cette prédilection paraît se confirmer dans l'ensemble de l'œuvre (Marie-Christine Pioffet, Espaces lointains, espaces rêvés dans la fiction romanesque du grand siècle, 2007 - books.google.fr, Madeleine de Scudéry, Clélie: histoire romaine, Tome 3, 1655 - books.google.fr).

 

Sans doute la scène de l’aveu que la princesse de Clèves fait à son mari dans un cabinet de verdure reste l’exemple le plus éclatant de la stratégie littéraire de Madame de Lafayette vis-à-vis du modèle scudérien. La princesse avoue à son mari qu’elle en aime un autre. À leur insu le duc de Nemours, en bon héros de roman, les écoute en cachette. Le thème du cabinet de verdure qui sert de lieu de rencontre à un tête-à-tête intime était déjà familier aux lecteurs de Scudéry, thème qui reflétait deux aspects de la vie mondaine à l’époque, d’abord celui de la vie domestique dans les maisons nobles, où à l’intérieur de leurs appartements les dames n’étaient jamais seules, et ensuite celui du goût de la nature apprivoisée que représentaient les jardins au XVIIe siècle. Mais chez Scudéry, ces entrevues avaient lieu entre amants ou entre des personnes du même sexe. Dans son choix du cabinet de verdure, Mme de Lafayette a fait d’une pierre deux coups : d’une part elle situe ce dialogue tellement dramatique dans un endroit où le prince de Clèves et sa femme ne seraient pas accompagnés de leurs domestiques, et par ce fait elle insiste sur l’intimité qui règne entre les époux, un élément des plus frappants du texte, et qui a sans doute frappé les contemporains comme tel. Mais s’il était surprenant pour un lecteur de 1678 de trouver des époux et non des amants dans cet endroit solitaire, cet aveu de la part de l’héroïne de son amour pour un homme autre que son mari a dû être d’autant plus étonnant pour un lecteur qui avait déjà goûté ce thème chez Scudéry, et c’est lorsqu’on lit cette scène déchirante à la lumière de cette tradition littéraire antérieure qu’on se rend compte de la profonde vérité du jugement de Joan DeJean lorsqu’elle écrit que c’est avec La Princesse de Clèves que le thème du mariage est entré dans le roman (Shirley Jones Day, Mademoiselle de Scudéry et le roman féminin. Madeleine de Scudéry : une femme de lettres au XVIIe siècle, 2002 - books.openedition.org).

 

Selon les registre de l'hôpital d'Alise, les pèlerins viennent non seulement de l'Auxois et de la Bourgogne, mais encore de provinces comme la Champagne, la Normandie, l'ÃŽle-de-France ou le Lyonnais, ou même de pays étrangers, tels la Suisse, la Savoie ou les Pays-Bas, voire l'Allemagne ou l'Italie. On se rend donc en foule à Alise et souvent de fort loin pour tenter d'obtenir, en buvant de l'eau de la source miraculeuse ou en se plongeant dans les bassins aménagés par les moines, la guérison de nombreuses maladies ou infirmités. Le cordelier Pierre Goujon cite les formes sévères de la fièvre, la goutte, la gale, l'hydropisie, les maladies vénériennes et la paralysie. Un autre hagiographe contemporain, Méat, mentionne également la gravelle et la claudication. À partir de 1656, des curistes se joignent aux pèlerins. Car, dans une perspective plus proprement médicinale, les cordeliers procèdent alors à la mise en bouteilles de l'eau de la source et à son expédition vers Paris. Ainsi s'instaure l'usage, pour les gens de qualité, de venir prendre les eaux à Alise ou, pour certains médecins, de prescrire à leurs patients de «l'eau de sainte Reine», comme en témoignent des lettres de Bussy-Rabutin, madame de Sévigné ou Madeleine de Scudéry. Un tel afflux à Alise de pèlerins, de malades ou d'infirmes nécessitait la création d'un établissement susceptible d'héberger, nourrir et soigner les plus pauvres d'entre eux. En 1659, deux pèlerins parisiens, Jean Desnoyers, ancien cuisinier du maréchal de La Meilleraye, et Pierre Blondel, maître cordonnier, fondent un hôpital. L'établissement sera desservi par les Filles de la Charité à partir de 1666 (Claude Ternet, XVIIe-XXIe siècles, Saint Reine : une tradition qui perdure, Tragédies et récits de martyres en France (fin XVIe-début XVIIe siècle), 2009 - books.google.fr).

 

Cf. quatrain VII, 34.

 

Acrostiche : EQ DH et la maladie de la pierre

 

DH : de Harlay. EQ : equestris.

 

Jean-François de Gondi né en 1584 à Paris est un prélat français, premier archevêque de Paris (fr.wikipedia.org - Jean-François de Gondi).

 

L'archevêque de Paris, à la suite d'une violente attaque de gravelle. Cet événement eut lieu le 21 mars 1654, à quatre heures du matin, et à cinq heures, avant que la cour en fût prévenue, le coadjuteur son neveu Paul de Gondi fut proclamé archevêque de Paris par le chapitre de Notre-Dame, qui avait reçu de lui, d'avance, une procuration en due et bonne forme. Jamais Mazarin n'avait été plus habilement joué (François Régis Chantelauze, Saint Vincent de Paul et les Gondi: d'après de nouveaux documents, 1882 - books.google.fr).

 

De la gravelle, Mazarin avait éprouvé des atteintes en 1654, et dont 6 ans à la suite il n'avait pas ressenti la crainte même (François-Vincent Raspail, Revue complémentaire des sciences appliquées à la médecine et pharmacie, à l'agriculture, aux arts et à l'industrie, Volumes 3 à 4, 1857 - books.google.fr).

 

François de Harlai est né à Paris en 1586, du mariage de Jacques de Harlai, marquis de Chanvallon et de Bréval, et de Catherine de la Mark, fille du duc de Bouillon.

 

Depuis quelques années, déjà paralysé dans son activité, en proie aux douleurs aiguës qui résultent de la maladie de la pierre, le vénéré pontife avait remis en partie les soins de l'administration à M. Gaulde, son plus cher confident. Puis, se voyant réduit à l'inaction et n'ayant plus pour consolation que la prière et ses chers livres qu'il faisait apporter de Rouen, il écrivit à l'Assemblée du clergé de France pour lui recommander son neveu François de Harlai de Chanvallon, qu'il désirait avoir pour successeur sur le siége de Rouen.

 

Mûr pour le ciel, il expira en faisant des actes d'amour et de résignation le 22 mars 1653, dans ce château de Gaillon (Jean-Baptiste Lecomte, Monseigneur François de Harlai de Chanvallon, 1613-1653, 1868 - books.google.fr).

 

Ce prélat, qui avait le goût des lettres, publia un ouvrage ayant pour titre : Observations sur l'Epitre aux Romains; et ce livre fut imprimé au château de Gaillon même, en 1641 (Mystères des vieux châteaux de France, ou Amours secrètes des rois et des reines, des princes et princesses, ainsi que des grands personnages du temps, Tome 2, 1848 - books.google.fr).

 

L'application aux points positifs de la loi a induit les Juifs à croire qu'ils se faisaient une justice en pratiquant des œuvres. Or il n'y a de véritable justice que celle qui vient de la foi, comme Paul l'a démontré. Les Juifs devaient pratiquer la loi, mais ne pas se figurer que les œuvres par elles-mêmes les rendaient justes, comme on l'imaginait dans le rabbinisme contemporain.

 

Ainsi Paul montre que les Juifs ont causé eux-mêmes leur déchéance : tout en courant, ils ont manqué le but, parce qu'ils ont suivi leur idée qui était fausse. Mais cette part faite à l'activité humaine n'est point en contradiction avec la thèse maîtresse du chapitre. Le tout n'est pas de courir, mais de trouver grâce. La péricope montre une fois de plus que ces métaphores s'entendaient de l'histoire du salut, non de la prédestination à la gloire ou de la réprobation.

 

Paul découvre enfin la cause de son deuil : les Juifs dans l'ensemble, au moment où ils couraient, se sont butés à la pierre d'achoppement "proskoptein tini" dans ce sens, Xénophon Eq. VII, 6 (De re equestri). L'expression désigne évidemment le Christ qui a été pour les Juifs une occasion de chute, un scandale ("skandalon"), surtout à cause de sa croix (I Cor. 1, 23; cf. Gal. v, 11), si choquante pour leur idéal du messianisme (Marie-Joseph Lagrange, Saint Paul, Épitre aux Romains, 1950 - books.google.fr).

 

Il faut lâcher librement la jambe et le pied, à partir du genou : car, que l'on roidisse la jambe, si elle rencontre quelque chose, l'assiette en sera dérangée; au lieu que la jambe étant molle, cède si elle vient à heurter, et ne dérange point la cuisse (Xenophon, Du commandement de la cavalerie et de l'équitation, traduit par Paul-Louis Courier, 1807 - books.google.fr).

 

Souvent considéré comme l'auteur des deux plus anciens traités d'équitation de l'Histoire. Xénophon (env. 428-355 av. J.-C.) n'est pas un simple théoricien. Cavalier lui-même, Il a parcouru - à cheval - les vastes espaces de l'Empire Perse lors de la fameuse expédition des Dix Mille : ayant renié quelque temps sa cité d'origine, Athènes, il a combattu dans la cavalerie de Sparte - acquérant ainsi une solide expérience qu'il fixa plus tard dans ses deux célèbres ouvrages : De l'Equitation (traduit parfois De l'Art équestre) et Le Commandant de la Cavalerie (connu aussi sous le titre L'Hipparque) (www.decitre.fr).

 

Pendant le Parlement, et qu'ils musaient sur leurs sûretés, la ville de Casilinum fut saisie par surprise (Tite-Live, XXIV, 29. 2). Et cela pourtant au siècle et des plus justes Capitaines et de la plus parfaite milice Romaine : Car il n'est pas dit, qu'en temps et lieu il ne soit permis de nous prévaloir de la sottise de nos ennemis, comme nous faisons de leur lâcheté. Et certes la guerre a naturellement beaucoup de privilèges raisonnables au préjudice de la raison. Et ici faut la règle, neminem, id agere, ut ex alterius prædetur inscitia [que personne n'agisse de façon à faire sa proie de l'ignorance d'autrui]. Mais je m'étonne de l'étendue que Xenophon leurs donne, et par les propos, et par divers exploits de son parfait Empereur : auteur de merveilleux poids en telles choses, comme grand Capitaine et Philosophe des premiers disciples de Socrates, et ne consens pas à la mesure de sa dispense en tout et partout. Monsieur d'Aubigny assiégeant Cappoue, et après y avoir fait une furieuse batterie, le Seigneur Fabrice Colonne, Capitaine de la ville, ayant commencé à parlementer de dessus un bastion, et ses gens faisant plus molle garde, les nôtres s'en emparèrent, et mirent tout en pièce (en 1501) (Livre I, chapitre VI) (Denis Bjaï, Bénédicte Boudou, Jean Céard, Les essais de Auteur de Michel de Montaigne (1595), 2001 - books.google.fr).

 

Il faut évoquer pour finir le cas tout à fait particulier des carrières proches de Casilinum, en Campanie, qui ont pris place dans nos sources de manière plutôt inattendue : elles sont en effet signalées par le médecin SCRIBONIUS LARGUS (1re moitié du Ier siècle de notre ère), dans ses Compositiones, Corpus Medicorum Latinorum, V, XXVI, 9, non pas pour la roche qu'on en tirait, mais pour de petits animaux qui y vivaient accrochés aux parois (probablement des vers appelés spirorbes) et qu'on ramassait pour en tirer un remède contre la maladie de la pierre (Robert Bedon Robert, La pierre et les carrières de l'Occident romain dans les textes antiques. In: La pierre dans la ville antique et médiévale, Revue archéologique du Centre de la France, 2000 - www.persee.fr, Georg Helmreich, De medicamentis liber de Marcellus Empiricus, 1889 - books.google.fr).

 

"Casilinum" serait une erreur de transcription de Marcellus pour "Gai Iuli" de Scribonius (Berliner philologische Wochenschrift, Volume 10, 1890 - books.google.fr).

 

La "maladie de la pierre", les coliques néphrétiques, sont monnaie courante. Elles torturaient Montaigne et tant d'autres. Dans Les Essais, Montaigne souligne : «Je me tiens à cheval sans démonter, tout coliqueux que je suis et sans m'y ennuyer, huit à dix heures, vires ultra sortemque senecta.» (ESSAIS, liv. III) (Hortense Dufour, Margot, la reine rebelle, 2010 - books.google.fr).

 

Pour l'emploi des cavaleries dans la campagne autour de Casilunum cf. Plutarque (Plutarque, Annibal, Les vies des hommes illustres : et Supplément aux Vies, Volume 13, 1803 - books.google.fr).

 

Cf. quatrain V, 44.

 

Antimoine

 

Une dose d'une certaine préparation d'antimoine est de deux grains jusques à quatorze, & á trente en nécessité ou avec du sucre , ou avec du vin, bouillon, eau, conserve de roses. Elle sert pour la goute, la gravelle, l'hydropisie, l'épilepsie, la peste & toutes fortes de fiévres, & fur tout la quarte. On peut prendre un bouillon aussi tôt que l'on a pris ce remede, mais après il faut demeurer quatre heures sans manger (Noel Chomel, Dictionnaire oeconomique contenant divers moyens d'augmenter son bien et de conserver sa sante, Tome 1, 1732 - books.google.fr).

 

La première clé des douze clefs de philosophie de Frère Basile Valentin, est consacrée aux deux agents de l'œuvre et à leur préparation. Les époux royaux qui les symbolisent, y apparaissent près de Saturne affublé d'une jambe de bois qui l'assimile en l'occurrence à Vulcain, et d'un loup bondissant au-dessus d'un creuset enflammé. Cet animal est le produit purificateur, l'antimoine cher à Basile Valentin. Le texte le désigne comme étant le fils de Saturne. «Que le diadème du roi soit d'or pur et que la chaste fiancée lui soit unie dans le mariage. C'est pourquoi, si tu veux travailler par nos corps, prends le loup très avide qui... par sa race... est le fils du vieux Saturne. Jette à ce loup même, le corps du roi... et lorsqu'il aura dévoré le roi, fais un grand feu et jettes-y le loup... et alors le roi sera délivré». [...]

 

La clé VI en revient aux noces des époux royaux qui sont ici consacrées par un évêque incarnant le sel, troisième principe. Le mariage s'effectue entre deux alambics. Celui de gauche présente le double visage d'un Vulturnus, ou double vent qui doit souffler sur les opérations, tantôt pour séparer les matières, tantôt pour les unir. Le cygne qui trompette à proximité, signale la bonne marche des opérations. Ce n'est rien d'autre que le «chant du cygne». Le texte rapporte que «l'homme double igné doit se nourrir d'un cygne blanc» pour permettre l'apparition de la pierre au rouge. Cette victoire apparaît dans le ciel sous forme d'un arc-en-ciel (les couleurs de l'œuvre) reliant le soleil et la lune, l'or et l'argent (Jacques Lennep, Alchimie: contribution à l'histoire de l'art alchimique, Crédit communal de Belgique, 1985 - books.google.fr).

 

Combien de fois madame de Sévigné recommandera-t-elle à sa fille, à ses amis, la poudre de Delorme, la poudre du bonhomme, le crocus, l'émétique, qui sont tous des dérivés de l'antimoine ? Malgré l'enthousiasme de la famille Sévigné et de beaucoup d'autres, la Faculté n'avait pas encore désarmé. Patin conduisait toujours le combat ; il avait encore stigmatisé l'antimoine à l'occasion de la mort d'Henriette d'Angleterre, en 1670, à laquelle Vallot avait prescrit du vin émétique. «Le croiriez-vous, race future, que la fille du Grand Henri eut en mourant même aventure que son père et que son mari ? Tous trois sont morts par assassin: Ravaillac, Cromwell, médecin. Henri d'un coup de baïonnette, Charles finit sur un un billot et maintenant meurt Henriette par l'ignorance de Vallot.» Mais, malgré cette agitation, la guerre de l'antimoine allait toucher à sa fin. Cette drogue avait été réhabilitée par un arrêt du parlement de Paris le 10 avril 1666. Un grand événement avait précédé cette prise de position officielle. Nous l'avons déjà relaté. En 1653 Louis XIV tomba malade à Mardyck, alors qu'il guerroyait contre les Flamands. Un médecin d'Abbeville, Du Saussaye, fut appelé qui lui administra de l'émétique. Ce vin blanc, chargé d'antimoine pour avoir séjourné dans un gobelet fait de ce métal, était un puissant vomitif et purgatif. L'oxyde d'antimoine ainsi dissous dans le vin en était la cause. On lui attribua à tort ou à raison la guérison du Roi et la décision du parlement de Paris, qui en accepta la preuve, fera cesser cette guerre à laquelle s'étaient mêlés beaucoup de protagonistes dont le journaliste Théophraste Renaudot, [qui] supporta, jusque devant les juges, les pires insultes de Guy Patin. [...] Avec l'antimoine, l'ère de la chimie s'ouvrait, celle qui prendrait le pas sur l'herboristerie (Yves Pouliquen, Madame de Sévigné et la médecine du Grand Siècle, 2006 - books.google.fr).

 

Dioscoride et Galien ne virent dans le stibium qu'une substance dessiccative et astringente. Mais, vers la fin du moyen âge, on administra à l'intérieur, outre la stibine ou antimoine cru, divers agents antimoniaux que la chimie et la polypharmacie avaient découverts ou inventés, par exemple : le régule d'antimoine (antimoine métallique), le crocus metallorum, le verre d'antimoine (oxysulfures d'antimoine), l'antimoine diaphorétique, le vin antimonié, obtenu par macération du crocus ou du verre d'antimoine dans des vins riches en tartre, tels que les vins du Rhin; d'où résultait la formation d'une petite quantité de tartre stibié qu'on employait ainsi sans le savoir. C'est surtout à Paracelse (1493-1511) qu'est due la promotion des antimoniaux dans la thérapeutique. On lui attribue le Triumphwagen (Carus triumphalis antimonii) que d'autres disent avoir été écrit par Basile Valentin, bénédictin d’Erfurth; mais ce moine paraît n'avoir jamais existé, de sorte que son nom serait le pseudonyme d'un alchimiste resté inconnu. Quelques années après la mort de Paracelse, parut, en 1564, le livre de Louis de Launay, qui fit répandre l'usage des antimoniaux, mais devint aussi l'origine de persécutions dirigées contre ces médicaments. La lutte s’accrut au XVIIe siècle. Tandis que le tartre stibié qui avait été découvert par Adrien de Mynsicht, en 1631, était recommandé par Eusèbe Renaudot dans son Antimoine justifié et dans son Antimoine triomphant, livres qui parurent en 1653, Jacques Perreau publiait le Rabat-joie de l'antimoine et inventait cette histoire d'après laquelle plusieurs moines auraient été empoisonnés par le stibium, d'où l'expression d'antimoine. Le plus ardent et le plus mordant adversaire fut Guy-Patin, qui appela le tartre stibié : tartre stygié, comme s'il conduisait sur les bords du Styx tous ceux qui avaient le malheur d‘en prendre (Antoine Rabuteau, Eléments de thérapeutique et de pharmacologie, 1873 - books.google.fr).

 

Leonardo Di Capua (Bagnoli Irpino, 10 agosto 1617 - Napoli, 17 giugno 1695) è stato un medico, scienziato e filosofo italiano.

 

Nel 1650 Leonardo Di Capua, Tommaso Cornelio, Francesco D'Andrea, Giovanni Alfonso Borelli fondarono a Napoli l'Accademia degli Investiganti insieme ad altre illustri personalità del mondo scientifico filosofico napoletano. Questa Accademia sorse in uno scenario di fervore intellettuale nuovo, dall'esigenza, quindi, di allontanarsi dalla filosofia aristotelica e dalle teorie di Ippocrate e di Galeno, per abbracciare le nuove teorie rivoluzionarie. Il motto degli Investiganti era una citazione di Lucrezio: "vestigia lustrat" seguito dall'immagine di un cane che segue le tracce e fiuta le impronte, rappresentando a pieno lo sforzo degli Investiganti nella ricerca delle cause alla base dei fenomeni naturali. (it.wikipedia.org - Leonardo Di Capua).

 

Le mécanisme des Investiganti ne s'en tient presque jamais aux formulations pures de Descartes: c'est ce que l'on peut bien voir par l'exemple de Leonardo di Capua, dont les deux ouvrages sur l'incertitude de la médecine soulignent la crise de la physiologie mécaniste cartésienne en tant qu'elle est incapable de rendre raison de l'énorme complexité de l'organisation du corps: on se donne désormais pour fin première de développer cette science, débordant le cadre intellectuel du cartésianisme, qu'est la chimie, et dont les autorités étrangères, Boyle et Van Helmont, sont connues depuis le voyage de Tommaso Cornelio (Paolo Cristofolini, Tommaso Cornelio et l'histoire du matérialisme, Gassendi et l'Europe, 1592-1792: actes du colloque international de Paris, "Gassendi et sa postérité (1592-1792)", Sorbonne, 6-10 octobre 1992, 1997 - books.google.fr).

 

Léonard de Capoue raconte que Paracelse et Van Helmont, tous deux célèbres chimistes, ont éprouvé plusieurs maladies graves en préparant leurs médicaments (Bernardino Ramazzini, Traité des maladies des artisans, traduit par Fourcroy, 1855 - books.google.fr).

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