Pyrrhus

Pyrrhus

 

II, 40

 

1660-1661

 

Un peu apres non point longue intervalle

Par mer & terre sera fait grand tumulte :

Beaucoup plus grande sera pugne navale :

Feus animaux, qui plus feront d'insulte.

 

"animaux" : toutes Ă©ditions (Pierre Brind'Amour, Les premières centuries, ou, Propheties de Nostradamus (Ă©dition MacĂ© Bonhomme de 1555), 1996 - books.google.fr).

 

Intervention du roi d'Epire Pyrrhus de -280 Ă  - 275

 

Les Romains, furieux du secours donné par les Tarentins aux Samnites, avaient pris ouvertement la défense des Thuriens attaqués, et, sous la conduite de Fabricius, avaient délivré la ville assiégée et l'avaient placée sous la protection des aigles romaines; une escadre romaine, composée de dix galères, osa même croiser dans le golfe de Tarente. L'apparition de cette escadre ennemie excita si fort l'indignation des indigènes, que, séduits par les déclamations d'un citoyen influent, nommé Philocharès, ils attaquent la flotte étrangère, la coulent à fond et en massacrent impitoyablement les soldats et leurs officiers. Les Tarentins ne s'en tiennent pas à cet acte hostile et provocateur; ils marchent aussitôt contre Thurium, en chassent la garnison romaine et mettent la ville au pillage.

 

La guerre étant alors inévitable, les Tarentins, trop faibles pour la soutenir, s'adressent à Pyrrhus, comme leurs pères se sont adressés autrefois aux rois Alexandre d'Épire et à Archidamus III de Sparte. Pyrrhus, avide de gloire et de conquêtes, accueille avec plaisir sa protection réclamée et se dispose à se mettre en marche pour la Sicile, son point de départ pour soumettre à ses lois tout l'occident de l'Europe.

 

Pyrrhus arrive enfin à Tarente, suivi de vingt mille fantassins, de trois mille cavaliers, de deux mille archers, de cinq cents frondeurs et de vingt éléphants.

 

Le triomphe de Pyrrhus à Héraclée sur les Romains est décisif et immense. A la nouvelle de ce succès éclatant, les Lucaniens et les Samnites se révoltent, les Apuliens et les Locriens s'insurgent, la garnison de Rhégium massacre les habitants de cette ville et se déclare indépendante et libre, les Mamertins et les Siciliens s'ébranlent, et le maître de Cinéas, qui échoue toutefois devant Naples et Capoue, s'empare de Frégelles, d'Anagni, de Préneste, et peut, comme Annibal, quelques années plus tard, contempler à peu de distance cette Rome encore si jeune et déjà si célèbre et si glorieuse. Mais n'osant risquer une tentative audacieuse qui pouvait bien ne pas réussir, content de ses premiers succès, le roi d'Épire rebrousse chemin vers Tarente (André de Bellecombe, Histoire universelle, II,5 1859 - books.google.fr).

 

"Feux, animaux" : les Ă©lĂ©phants

 

A HĂ©raclĂ©e, sur les bords du Siris, les bataillons romains viennent se briser contre une barrière Ă©trange et imprĂ©vue, les Ă©lĂ©phants, cette race d'animaux gigantesques encore inconnue par les vainqueurs des Samnites, qui les appellent, dans leur naĂŻvetĂ© originale, les bĹ“ufs de Lucanie. Les bĹ“ufs de Pyrrhus, et non Pyrrhus lui-mĂŞme, malgrĂ© sa vaillance et son intrĂ©piditĂ©, mettent les Romains en dĂ©route. Mais le roi d'Epire achète cruellement l'honneur de cette sanglante et mĂ©morable journĂ©e : «Encore une bataille comme celle-lĂ , s'Ă©crie-t-il hautement, et je m'en retournerai seul en Épire.

 

Pyrrhus voulait assurément la paix; mais une paix avantageuse à ses intérêts et profitable à sa réputation et à sa renommée. Le rôle de protecteur de Rome et de l'Italie lui aurait été assurément à merveille. Mais la fierté romaine ne pouvait se plier à ce protectorat arrogant et superbe.

 

Les hostilités recommencèrent alors. P. Sulpitius et P. Décius Mus, les nouveaux consuls romains, rencontrèrent le roi d'Épire près d'Asculum. La bataille, qui dura deux jours, fut terrible et désastreuse pour les Romains et les Épirotes. Les éléphants de Pyrrhus, auxquels les Romains essayèrent de résister en les repoussant avec des dards enflammés, rompirent les légions consulaires et décidèrent encore la victoire en faveur de leur maître. Mais cette victoire fut presque une sorte de défaite pour le vainqueur, qui y perdit ses plus braves compagnons d'armes et l'élite de ses soldats.

 

Pyrrhus se tourna vers la Sicile sans succès.

 

Pyrrhus remit de nouveau le pied sur le territoire romain, et n'y fut pas plus heureux qu'en Sicile.

 

Le plan de Pyrrhus est d'attaquer séparément les deux consuls, espérant, par ce moyen, venir à bout plus facilement de leurs troupes séparées. Ce plan peut être bon, mais il doit être complètement déjoué par la fortune romaine, qui n'a besoin que d'un seul général et d'une seule bataille pour anéantir les projets gigantesques du second Alexandre. C'est Curius Dentatus, le rival de Fabricius en courage, en probité, en tempérance, en vertu civique et militaire, qui doit repousser du territoire de Rome Pyrrhus et ses éléphants formidables.

 

La bataille se livre dans les plaines de Bénévent. Les éléphants, qui font plier d'abord l'infanterie romaine, succombent devant un stratagème de l'habile consul. Accueillis par des traits garnis de poix et d'étoupes enflammées, comme on avait essayé de le faire, sans résultat, à la journée d'Asculum, les animaux invincibles tournent cette fois le dos aux Romains et contribuent à la perte du roi d'Épire, en portant la terreur et la confusion dans les rangs de ses propres soldats. La victoire est dès lors assurée et complète. Le camp de Pyrrhus est pris, deux de ses éléphants sont tués, huit autres faits prisonniers, des bataillons entiers de Bruttiens, de Lucaniens, d'Apuliens, de Molosses, de Thessaliens, de Macédoniens et d'Épirotes demeurent couchés sur la poussière ou sont chargés de fers. Les huit éléphants, chargés de leurs tours élevées, sont conduits à Rome en triomphe et y causent, pour la première fois, l'admiration du peuple par leur grandeur, leur épaisseur et leurs formes robustes et colossales. Pyrrhus, dont la seconde division vient aussi d'être battue en Lucanie par le consul Lentulus, brisé et anéanti, n'a plus qu'un parti à prendre, celui d'une fuite honteuse et humiliante (André de Bellecombe, Histoire universelle, II,5 1859 - books.google.fr).

 

Bataille navale en Sicile

 

Pyrrhus, au milieu de ces perplexités, toujours mal conseillé par son inspiration personnelle, fit embarquer subitement ses éléphants, ses cavaliers et huit mille fantassins sur les galères offertes par les Syracusains, et abandonnant avec la même facilité la conquête de l'Italie qu'il avait abandonné précédemment celle de la Macédoine, il se décida pour l'expédition de Sicile.

 

Pyrrhus, vainqueur des Mamertins d'abord, maître d'Agrigente, d'Héraclée, de Panorme et de Sélinonte, avait échoué devant Lilybée; puis brouillé avec les Siciliens et bloqué par les Carthaginois dans le détroit de Messine, avait vu sa flotte entièrement détruite par ses nouveaux ennemis. Sur cent dix galères qui composaient son armée navale au moment de l'action, le malheureux aventurier en ramenait à peine douze avec lui sur le sol italique (André de Bellecombe, Histoire universelle, II,5 1859 - books.google.fr).

 

"intervalle"

 

Pyrrhus forma le dessein chimérique, de faire un pont sur la Mer, depuis l'Epire jusqu'à Hydrunte en Italie. Quoique De Rome l'an le trajet de l'un à l'autre ne fût pas long, cependant Pyrrhus avoit éprouvé par lui-même, combien il y a de périls à transporter des troupes par mer, d'un Continent à l'autre. Il se figura qu'il pourroit, par là, joindre l'Italie à l'Epire; mais Pyrrhus a toujours passé pour un Prince fécond en projets imaginaire.

 

C'est de Pline que nous apprenons cette particularité. Hoc intervallum pedestri continuare transin pontibus jactis primum Pyrrhus Epiri Rex cogitavit. Varron forma le même projet, lors qu'il commandoit la Flotte de Pompée, pendant la guerre des Romains, contre les Pyrates. Post eum, Marcus Varro cum classibus Pompeii Pyratico bello praesset (Histoire naturelle, Livre III, XVI).

 

La longueur de ce pont auroit été de cinquante mille pas, depuis Hydrunte jusqu'à la Ville d'Apollonie en Epire, c'est-à-dire, de plus de dix-sept lieuës Françoises. Pline ne donne pas plus de distance au trajet, qui sépare les rivages voisins de ces deux Villes. Ex Adverso Apolloniatum oppidum latitudine inter currentis freti quinquagint amillium non amplius. Barbarus au lieu de cinquante milles, a substitué cent milles dans le texte de Pline. Outre que la première distance est la plus universellement reçuë par les Géographes, ce Commentateur n'a pas pris garde, que Pline ne compte au plus que quatre-vingt mille pas, du Port Salentin à Orisum, ancienne Ville d'Epire. Or, pour peu qu'on jette les yeux fur les Cartes Géographiques, on fera forcé de convenir, que la traverse depuis Hydrunte jusqu'à Apollonie, est la moins étendue.

 

Tel fut le projet qu'il forma de faire un pont, sur le détroit qui sépare la Mer Adriatique de la Mer Ionienne, depuis Apollonie jusqu'à Hydrunte. Car bien que dans ce détroit, il y ait des écueils, & des bancs de sable, propres à recevoir des pilotis; cependant il est clair, que dans une aussi grande étendue, où la mer est três profonde, & très orageuse, Pyrrhus n'auroit pû former qu'un pont de batteaux. Pour l'éxécution d'une telle entreprise, il lui eût fallu plus de dix mille Galéres d'une grandeur prodigieuse. L'embarras eût été de donner de la consistance à son édifice, & d'assûrer ces Galéres contre les tempêtes, & les courants, par le moyen des cables, &. des anchres. On ne conçoit pas comment dans un espace de dix-sept lieuës, une armée entiére eût pû passer, sans courir des risques évidents (François Catrou, Histoire romane depuis la fondation de Rome avec des notes historiques, geographiques, & critiques, Tome 6, 1726 - books.google.fr, Pline, Histoire naturelle, Tome 3, traduit par J.B.F.E. d'Ajasson de Grandsagne 1829 - books.google.fr).

 

"insulte"

 

"insulto" au sens de «frapper des pieds» se construit habituellement avec un complément à l'accusatif ou au datif, voir cependant Thes. L.L., VII, 1, 2043, 3-7, qui donne quelques exemples d'emplois absolus dont celui de Dracontius, poète carthaginois du V-VIe siècles Claude Moussy, Étienne Wolff, Colette Camus, Oeuvres de Blossius Aemilius Dracontius, Tome 4 : Fragments, 1996 - books.google.fr).

 

Le principal service rendu par les Eléphants était de rompre les lignes et l'ordonnance de l'ennemi. Rien ne résistait à leur terrible masse; pas même la phalange d'Alexandre, toute hérissée de piques et pourtant intrépide et éprouvée. Ils faisaient de plus un merveilleux emploi de leurs armes naturelles. Leur trompe savait «cueillir» et étouffer les combattants, leurs défenses labourer et déchirer horriblement les flancs des ennemis, leurs pieds énormes écraser et piétiner à plaisir (Diodore de Scile II 16, 17, 18 et XVII, 88). Pour la cavalerie, ils étaient particulièrement dangereux car leur vue, leur cris et leur odeur effrayaient les chevaux et les incitaient à prendre la fuite. Les soldats Romains à la vue de ces animaux, dont ils s'exagéraient la force et la bravoure. Florus, Tite-Live, Arrien, Ammien, Marcellin, en parlent avec emphase et les comparent soit à des vaisseaux errant sans gouvernail au milieu des flots, soit même à des collines s'avançant dans la plaine. Aussi, lorsque Rome fut en état de faire la loi aux autres peuples, s'empressa-t-elle d'imposer à ses ennemis et notamment aux Carthaginois de livrer ou de détruire leurs Eléphants Gaston Tournier, Les éléphants, 1909 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 1660/1661 sur la date pivot -280/-275 donne -2221/-2211.

 

Du temps du roi Béon, fils de Salatis, second roi pasteur de Basse Egypte (Hyksos) et de Nachor, fils du patriarche biblique Sarug (Nicolas Lenglet Du Fresnoy, Tablettes chronologiques de l'histoire universelle sacrée et prophane, ecclésiastique et civile, depuis la création du monde, jusqu'à l'an 1743, Tome 1, 1744 - books.google.fr, Louis Ellies Du Pin, Bibliotheque universelle des historiens, 1708 - books.google.fr).

 

Dodanim, dont les Epirotes (Dodone) ont été faits les descendants, est le quatrième fils de Javan (nom de la Grèce et dont sont issus les Ioniens), fils de Japheth, fils de Noé (John McClintock, Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature, Tome 2, 1868 - books.google.fr, Caspar Peucer, Les devins ou Commentaire des principales sortes de devinations, traduit par Simon Goulart, 1584 - books.google.fr).

 

There remains yet one thing more, as I believe, concerning the time of Salatis, and the war which he is affirm'd to have made; not only in the Lower, but also in the Upper Egypt; altho', as I have noted, he seems not to have staid there long, nor to have broken the succession of the Theban kings there remaining: And that is, the taking captive, and selling into Africa and into Greece, those two women who first founded the famous oracle of Jupiter Hammon, and Jupiter Dodonaus. Manetho tells us only in general, that Salatis invaded the Upper Egypt also; and that the pastors overthrew temples, and kill'd some Egyptians, and others they carry'd away into flavery. But Herodotus is more particular in his Euterpe, assuring us, that both the Egyptian Theban priests, in his time, and the priestess of Dodona, agreed in the substance of the story: Those of Thebes calling them clearly, two women prieftesses taken from Thebes: Those of Dodona calling them, metaphorically, two doves that spake with human voice, informing that the Fates had appointed two oracles to be there erected. (Richard Cumberland (1631-1718), Origines Gentium Antiquissimae Or Attempts for Discovering the Times of the First Planting of Nations, 1724 - books.google.fr).

 

1661

 

Le titre de prince ou de princesse de Tarente fut par la suite attribué à plusieurs membres de la famille royale, notamment à Charlotte de Naples, petite-fille de Ferdinand Ier et d’Isabelle de Chiaramonte. Le titre fut repris par la famille de La Trémoïlle, descendante de la fille de Charlotte, Anne de Laval; ainsi, le fils aîné des ducs de Thouars et de La Trémoïlle porta le titre de prince de Tarente jusque dans les années 1930 (fr.wikipedia.org - Principauté de Tarente).

 

TRÉMOILLE (Henri-Charles de la), prince de Tarente, était petit-fils de Claude. Il abandonna le parti de la cour dans le tems des guerres de la Fronde, suivit le prince de Condé en Flandre, et passa de là en Hollande, d'où il revint en 1655, après avoir obtenu son amnistie. L'évêque de Munster ayant déclaré la guerre aux Hollandais en 1661, La Trémouille leur offrit ses armes, défit un parti qui était au service de ce prélat guerrier, et fut nommé gén. de la cavalerie des États. Il meurt à Thouars en 1672, âgé de 54 ans. On a de lui: Mémoires de Henri-Charles de La Trémoille, prince de Tarente, Liège, 1767, in-12. (Gabriel Peignot, Dictionnaire biographique et bibliographique, Tome 4, 1815 - books.google.fr).

 

Thomas Corneille (dit Corneille de Lisle, 1625-1709), frère de Pierre, fait représenter pour la première fois en 1661 sur le Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne la pièce Pyrrhus, consacrée au roi d'Epire (theatre-classique.fr).

 

La gloire visitait Thomas Corneille et Quinault, c'est-à-dire le romanesque espagnol et la vieille galanterie héritée des pastorales (Marie-Aline Raynal, Le talent de Madame de La Fayette, 1978 - books.google.fr).

 

Souvent décrit comme un simple auteur à succès, Thomas Corneille, qui cherche aussi à fonder sa légitimité sur l'opinion des doctes et des mondains, travaille souvent sur cet implicite du sens, sur des sous-entendus qui donnent aux spectateurs éclairés l'impression plaisante de faire partie de ceux pour qui la pièce se donne à voir autrement qu'en spectacle. [...]

 

Dans le cas de certaines tragĂ©dies galantes de Thomas Corneille comme BĂ©rĂ©nice ou Pyrrhus, on peut considĂ©rer que la complexitĂ© mĂŞme de l'intrigue, cette tragĂ©die «implexe» dont parle Pierre Corneille, fait partie d'un jeu mondain, Ă  la manière des multiples renversements qui rendent successivement BĂ©rĂ©nice puis Philoxène indignes d'aimer ou d'ĂŞtre aimĂ©s : Philoxène, que l'on pensait prince de Lydie, est reconnu comme le fils du gouverneur ClĂ©ophis (BĂ©rĂ©nice, II, v). Cette bonne nouvelle permet Ă  BĂ©rĂ©nice d'Ă©pouser Philoxène, mais celle-ci s'avère ĂŞtre une princesse, fille du roi LĂ©arque: le schĂ©ma s'est donc inversĂ© et c'est Philoxène qui devient indigne de BĂ©rĂ©nice, jusqu'au dĂ©nouement qui rĂ©vèle que Philoxène est bien de sang royal (GaĂ«l Le Chevallier, Le Berger extravagant de Thomas Corneille, Thomas Corneille (1625-1709): Une dramaturgie virtuose, 2014 - books.google.fr).

 

Dans la tragĂ©die de Pyrrhus, le jeune Pyrrhus croit s’appeler Hippias et ĂŞtre le fils d’un sujet, tandis qu’Hippias croit ĂŞtre le prince Pyrrhus. Ajoutez Ă  ce très simple artifice les dĂ©clarations mal comprises, les histoires de portraits qu’on substitue l’un Ă  l’autre et qui font naĂ®tre des erreurs, «les jalousies conçues sur de fausses apparences, comme dit Madelon, et les rivaux qui se jettent Ă  la traverse d’une inclination Ă©tablie», tout l’éternel fond des romans, et il faudra bien que les quatre premiers actes soient remplis. Quant au cinquième, il est rĂ©gulièrement occupĂ© par l’inĂ©vitable sĂ©dition qui doit prĂ©cipiter le dĂ©nouement : dans les pays un peu lĂ©gendaires oĂą nous sommes transportĂ©s, les peuples sont toujours tout prĂŞts Ă  se mettre en rĂ©volte ; le moindre incident, une fausse nouvelle suffisent Ă  rassembler autour du palais une foule irritĂ©e : un amant rebutĂ© de la princesse se met, pour se venger, Ă  la tĂŞte des rebelles, les portes du palais vont ĂŞtre forcĂ©es et le roi commence Ă  n’être plus très rassurĂ©, quand, Ă  la tĂŞte de quelques soldats fidèles, le jeune prince longtemps mĂ©connu accourt pour faire tĂŞte Ă  l’orage. Il revient, deux scènes après, annoncer d’un air modeste que tout est rentrĂ© dans l’ordre et le roi enchantĂ© lui offre sa couronne, qu’il se fait un devoir de refuser, trop heureux d’avoir sauvĂ© la princesse et d’avoir mĂ©ritĂ© sa main. Il y a une sĂ©dition dans Darius, il y en a une dans Pyrrhus, une autre dans PersĂ©e et DĂ©mĂ©trius, il y en a deux dans ThĂ©odat. Ne fallait-il pas qu’il y eĂ»t Ă  la fin un peu de sang versĂ© pour que ces pièces si peu tragiques pussent s’appeler des tragĂ©dies ? (Gustave reynier, Thomas Corneille, sa vie et son théâtre, 1892 - www.xn--thtre-documentation-cvb0m.com).

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