Rebellions dans les Balkans contre le joug turcII, 321654-1655Laict, sang, grenouilles escoudre en Dalmatie, Conflit donné, peste pres de Balenne, Cry sera grand par toute Esclavonie, Lors naistra monstre pres & dedans Ravenne. "Esclavonie"
On désignait autrefois sous le nom de Sclavonie ou Esclavonie toute la région qui comprend la Dalmatie, la Bosnie, la Servie, la Bulgarie,
la Moravie, la Silèsie, la Croatie et même la Russie. (V. l'Itinerarium d'Adorne, mss. n° 187 de la Bibl. de Lille, p. 150.)
(Édouard Hautcoeur, Documents liturgiques et nécrologiques de l'église collégiale de Saint-Pierre de Lille, 1895 - books.google.fr). Le mot Schiavonia n'était pas ethnographique ; il était géographique. Il est certain, en effet,
que jadis on employait de façon très arbitraire des mots qu'aujourd'hui nous prenons à la lettre. De même qu'on appelait Bulgarie des pays serbes, de même
Schiavonia peut recouvrir une Slavie de mauvais aloi. Pourtant, on a peine à comprendre pourquoi les Italiens, qui disposaient de Dalmazia, lui auraient substitué Schiavonia,
si ce changement de mot n'avait correspondu Ă quelque changement de fait. On comprend encore moins comment les Dalmates, qui renseignaient Giustiniani, auraient pris du roman pour du slave,
alors qu'ils connaissaient fort bien le slave authentique des campagnes. Voilà Zara, où justement Giustiniani oppose le slave au «franc»; les édits y
sont proclamés more solito, in lingua latina et in lingua slava devant les citadins et les campagnards (villici); comment croire qu'à ces campagnards on s'adressât
en roman ? Et comment, si la Dalmatie n'avait pas été slave, Giovanni Doglioni, dans son Amfiteatro d'Europa, aurait-il assimilé cette «Schiavonia» vénitienne
aux autres «slavonies», Carniole, Bosnie, Serbie, etc. ? Comment, dans ses Relazione universali, Giovanni Botero aurait-il spécifié que la langue slave
allait de l'Adriatique au pôle ? Comment admettre que tant de gens dont la tâche, du crieur public au géographe, était d'informer autrui, auraient pu se méprendre
Ă ce point sur les mots et les choses ?
(Emile Haumant, Un problème ethnographique, 1917 - books.google.fr). "escoudre"
Escoudre (latin excutire) = faire sortir, dégager en secouant, bien traduit par l'anglais to shake out (Gdf à escoudre, Hug. à escourre [n ° 1] et TL à escorre) :
la pluie de lait, de sang et de grenouilles est en quelque sorte secouée du ciel; Balenne demeure inexpliqué : l'Itinéraire des provinces d'Antoninus Augustus connaît une étape,
Costa Ballene («Côte de baleine»), sur la Voie Aurélienne, à 32 milles du sommet des Alpes, mais on songe aussi à Ljubljana en Slovénie.
Paraphrase : Du lait , du sang , des grenouilles de pleuvoir à verse en Dalmatie ; une bataille aura lieu , il y aura peste près
de Balenne ; le cri de détresse sera grand à travers toute la Slavonie ; alors naîtra un monstre près et dedans Ravenne.
Commentaire : Au quatrième vers, Nostradamus se réfère au célèbre "monstre de Ravenne". «Feust trouvé audit Ravennes un enfant monstre le plus horrible
qu'on vit jamais,» écrit Robert de la Mark, seigneur de Fleurange, en racontant le pillage qui suivit la prise de la ville par les troupes françaises en 1513
(Pierre Brind'Amour, Les premières centuries, ou, Propheties de Nostradamus (édition Macé Bonhomme de 1555), 1996 - books.google.fr). Battre les gerbes avec le fléau, pour en faire sortir le grain
(Nicolas Béronie, Dictionnaire du patois du Bas-Limousin (Corrèze) et plus particulièrement des environs de Tulle, 1824 - books.google.fr). battre, attaquer :
Mes adonc assaillir ne voudrent
La mestre tour, qu'aucuns escoudrent. (Guiart, v. 1068.)
De lĂ , on disoit adverbialement: Ă l'escoudre (Ibid. v. 19075)
(Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye, Dictionnaire historique de l'ancien langage françois, Tome 6 : Esci - Guy, 1879, 1879 - books.google.fr). Guillaume Guiart écrit la Branche des royaux lignages qui se déroule sous le roi Louis IX
(Guillaume Guiart, Branche des royaux lignages, chronique métrique, Volume 8, 1828 - books.google.fr). On bat le lait pour faire du beurre.
On bat le sang pour faire du boudin.
On bat les grenouilles pour les faire taire.
Le lait des Morlaques
Le lait est un des aliments les plus ordinaires de ces peuples pasteurs. Les Morlaques, après avoir battu le beurre, conservent le petit-lait pour
en faire leur boisson. Le fromage frit dans du beurre est un de leurs mets favoris. Ils font rarement usage de pain; ils mangent plus généralement des galettes de farine de millet,
d'orge, de maĂŻs, de doura et de froment, qu'ils font cuire sur la pierre de leur foyer
(M. Chopin, Bosnie, Servie…, L'Univers : histoire et description de tous les peuples, 1856 - books.google.fr). Les femmes morlaques ont la coutume d'oindre leurs cheveux avec du beurre, qui, devenu rance, exhale même de loin une odeur détestable: joignez à cela qu'elles
sont d'une malpropreté excessive. Quand elles sont filles, elles ont quelque soin de leur personne; quand elles sont mariées, elles se livrent à leur penchant naturel;
c'est peut-être la cause de la manière humiliante avec laquelle elles sont traitées par leurs maris et leurs parents. Elles ont néanmoins le mérite d'être beaucoup plus sobres que les hommes
(François Laurent Levasseur, La Dalmatie ancienne et moderne, 1861 - books.google.fr). Les étymologistes s'accordent à reconnaître dans le nom de Morlaque l'italien Morlacco, forme contractée du grec Mavrovlachos, d'après Mavros noir,
et Vlachos Vlah, Valaque. Les documents latins mentionnent les Morlaques sous le terme de Nigri Latini, nom par lequel on désignait les pâtres d'origine romaine
ou romanisés qui, après la colonisation slave au VIe siècle, s'étaient maintenus dans les régions montagneuses des Balkans. Dans les documents du XIIIe siècle,
les Morlaques (Valaques) sont mentionnés comme habitant sur les côtes de la Dalmatie. Mais le nom de Morlaque n'a pas toujours eu une signification précise ;
il a été employé pour désigner, tantôt des Slaves de la côte, tantôt des pâtres roumains de caractéristiques linguistiques et somatiques particulières
qui, fuyant l'invasion turque, s'étaient abrités dans les montagnes entre le lac de Skadar (Scutari) et le Velebit. La forme italienne Morlacco apparaît aux XVe-XVIe siècles
pour désigner les gens du pays installés dans les montagnes, depuis Kotor jusqu'au Kvarner
(Liljana Todorova, Les Slaves du sud au XIXe siècle vus par Xavier Marmier, 1980 - books.google.fr). "Balennes" : La Valona
Valona : Valonne (Comynes)
(Paul Durrieu, Valona, base d'une expédition française contre les Turcs projetée par le roi Charles VIII (1494-1495), Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 59° année, N. 2, 1915 - www.persee.fr). Ba(m)balona devient La Valona
(Matica hrvatska, Hrvatska revija, Tome 11, 1961 - books.google.fr). Otrante, Brindisi, Bari sur la rive occidentale du canal d'Otrante en face de Valona
(Venise et l'Orient, 828-1797, 2006 - books.google.fr). Vallena, Baleine, grand poisson de mer, Balena, gran pesce di mare. Vallenato, petit de la Baleine, il balenetto della balena.
(César Oudin, Jean Nicot, la Crusca, Le thrésor des trois langues: espagnole, françoise et italienne, Tomes 1 à 3, 1617 - books.google.fr). "peste"
En 1043, le roi de Hongrie fut obligé de reconnaître la suzeraineté de l'empiré d'Allemagne, et de céder au margrave d'Autriche tout le pays entre
le mont Calenberg et la Leitha. Cette perte fut compensée par les conquêtes de Ladislas, qui enleva (v. 1080) à l'empire grec Sirmium ou Sirmich, et la partie
inférieure de l'Esclavonie, une partie de la Dalmatie, l'Esclavonie supérieure et presque toute la Croatie, érigée depuis 994 en royaume. La Hongrie eut alors pour
bornes au N. les monts Krapacks, Ă l'E. l'Aluta ou Alt, au S. le Danube, la Save et le Verbas, et Ă l'O. l'empire romain germanique
(Alfred Magin, Charles Barberet, Précis de géographie historique universelle, Tome 2, 1841 - books.google.fr). Guillaume de Pouille conclut le récit de la prise de Bari par Robert Guiscard avec la pêche par ce dernier d'un monstre marin qui lui sert à nourrir la population
(Huguette Taviani-Carozzi, La Terreur du monde - Robert Guiscard et la conquête normande en Italie, 2014 - books.google.fr). Après la conquête de la Pouille et de la Calabre, devenu maître d'un état puissant, Robert Guiscard éleva ses vues en proportion de ses forces. Il osa
méditer la conquête de l'empire d'Orient. Une armée de trente mille hommes, dont treize cents chevaliers étaient la fleur, fut rassemblée à cet effet, et cent cinquante
galères, fournies par la république de Raguse, les transportèrent en Épire. Son fils, Bohémond, si célèbre dans les guerres d'Orient, lui soumit l'île de Corfou;
(Petit de Baroncourt, Histoire resumee du moyen age a l'usage des colleges et des autres etablissements d'instruction publique, 1843 - books.google.fr). Dans la seconde moitié de mai 1081, Robert Guiscard s'embarqua à Otrante avec le gros de son armée, et un vent favorable le transporta, en quelques heures,
à Valona sur les côtes de l'Épire, tandis qu'une partie de la flotte se rangeait dans le port d'Oricus
(Odon-Jean-Marie Delarc, Saint Grégoire VII et la réforme de l'Eglise au XIe siècle, Tome 3, 1889 - books.google.fr). Après quoi Robert attaqua Durazzo, la clef occidentale de l'empire.
La persévérance et l'intrépidité de ce prince furent mises, pendant le siége, à une rude épreuve. Un ouragan engloutit une partie
de sa flotte; le reste fut dispersé et jeté sur les côtes d'Italie par les Vénitiens; dix mille hommes dans son camp furent enlevés par la peste; enfin, une de ses tours mobiles,
qui renfermait cinq cents soldats, fut consumée par le feu grégeois. D'un autre côté, le général grec, Alexis, fondateur de la dynastie des Comnènes, marchait contre lui à la tête
d'une armée de mercenaires étrangers, turcs, scandinaves, anglais et warangiens. Robert l'attendit sans s'émouvoir, avec les débris de ses troupes, le défit complétement sous les
murs de Durazzo, et emporta la ville dans un assaut de nuit (1082). Il se jeta ensuite à travers l'Épire. L'épouvante était dans Constantinople, mais il fut rappelé en Italie par
une révolte des barons de la Pouille. Il laissa son armée à Bohémond. Celui-ci, après deux victoires, échoua au siège de Larisse, par la trahison de ses soldats, et rejoignit son
père au moment où l'empereur Henri IV, à l'instigation des Grecs, descendait en Italie. Grégoire VII, assiégé dans le château de Saint-Ange, implora Robert, qu'il avait naguère frappé
d'anathème. Le Normand accourut à la hâte, et les impériaux se retirèrent à son approche. La ville de Rome fut pillée et à moitié incendiée par ses libérateurs, qui emmenèrent le
pape à Salerne, où il mourut (1085). La même année, l'infatigable Robert passa en Épire, à travers l'escadre combinée des Grecs et des Vénitiens. Vainqueur dans un dernier combat
naval, il prit ou coula à fond les galères de Venise, et mit en fuite les brigantins grecs; mais il n'y survécut guère. Une maladie épidémique se déclara parmi ses troupes,
et ce grand homme y succomba, à Céphalonie, âgé de soixante-dix ans (1085)
(Petit de Baroncourt, Histoire resumee du moyen age a l'usage des colleges et des autres etablissements d'instruction publique, 1843 - books.google.fr). Battre le sang : Boudin, Bodin/Bodino
Mihailo de Voislav tient l'ancien titre princier de Prince de Rascie jusqu'en 1077, où il reçoit le titre de Roi des Slaves et une couronne du pape
Grégoire VII. Pour marquer son couronnement, le pape élève l'évêché de Bar en un archevêché en 1080. Son royaume est connu sous le nom de royaume du Monténégro, et Mihailo
porte le titre de Souverain des Tribaux et des Monténégrins. Durant l'expansion de la Dioclée en Croatie, où les forces diocléennes font une incursion aussi loin que Knin,
le titre souverain intégral devient roi de Dioclée et de Dalmatie. Il envoie son fils avec une armée aider l'insurrection de George Voiteh en 1072 durant la rébellion slave en
Macédoine ancienne. Constantin Bodin est accepté en tant que Petar III, Tsar des Bulgares (voir Liste des souverains de Bulgarie), mais il est capturé par les forces byzantines.
En 1078, les Vénitiens délivrèrent Constantin Bodin et le rendirent à son père Michel I de Zeta. Peu après, en 1081, Michel mourut et Constantin Bodin succéda à son père en tant que roi.
VeniseVers 1085, lui et ses frères réprimèrent la révolte de leurs cousins, les fils du frère de Michel Radoslav dans la zupa de Zeta, et Constantin Bodin régna désormais sans
contestation. En dépit de son antérieure opposition à l'Empire byzantin, Constantin Bodin soutint d'abord les Byzantins contre l'attaque de Robert Guiscard et ses Normands à Durazzo
en 1081, mais ensuite resta inactif, laissant les Normands prendre la ville
(fr.wikipedia.org - Constantin Bodin). Argyritzos, lorsqu'il livra Bari Ă Guiscard, lui envoya une fille en otage. Sa fille Jaquinta Ă©pousa Constantin Bodin, roi de Serbie de 1082 Ă 1101,
lorsqu'il était prince héritier (Bodino autem regi nati sunt filii quatuor de Jaquinta, filia Archiriz de civitate Barensi)
(Marguerite Mathieu, La geste de Robert Guiscard de Guillaume de Pouille, 1961 - books.google.fr). Les sources d'informations concernant le nouveau souverain se limitent principalement à deux textes : l'Alexiade d'Anne Comnène et la Chronique du Prêtre de Dioclée. Ce
dernier document est peu fiable, car il résulte, semble-t-il, non d'une chronique du XIIe siècle, mais d'une compilation plus tardive, sans doute opérée au XVIe siècle, par un
montage assez habile de textes alors disponibles sur la côte dalmate ; aussi ne peut - on considérer cette Chronique comme une source autonome
(Jean-Claude Cheynet, La place de la Serbie dans la diplomatie byzantine à la fin du XIe siècle, Recueil des travaux de l'Institut d'études byzantines, Tome 45, 2008 - books.google.fr). The Morlachs were not, as has been sometimes supposed, "dwellers on the sea" (in Serb Morjaci), but Mavpóblachou", or Black Vlachs, an etymology borne out by
the early Dalmatian chronicler, the Presbyter of Dioclea, who, after identifying them with the descendants of the Roman Provincials, translates their name into Nigri Latini
(Sir Arthur Evans, Anitquarian Researches in Illyricum, 1883 - books.google.fr,
Solange Bujan, La Chronique du prêtre de Dioclée. Un faux document historique. In: Revue des études byzantines, tome 66, 2008 - www.persee.fr). "grenouilles" : Venise
"Rane", ("rana" : grenouille en latin) pourrait désigner la ville amphibie de Venise dans d'autres quatrains (V, 3; IX, 60).
Venise est allégorisée en grenouille par Ulrich von Hutten (1488 - 1523) dans son poème intitulé Marcus
(Brigitte Gauvin, L'allégorie et ses fonctions dans l'œuvre d'Ulrich von Hutten, Le Sens caché : Usages de l’allégorie du Moyen Âge au XVIIe siècle, 2020 - books.google.fr). S'ils avaient ainsi contracté des alliances commerciales et signé des traités nombreux, les Vénitiens, enfermés dans leur lagune, possesseurs de quelques
lieues de terre ferme, éprouvaient la plus grande difficulté pour se procurer du bois de construction; ils profitèrent de l'arrivée des Normands dans l'Adriatique (1080)
pour s'engager dans une entreprise qui devait les amener Ă la libre possession de l'Istrie, de la Dalmatie et de l'ancienne Albanie fertiles alors en forĂŞts et cruellement
dépouillées aujourd'hui de toute végétation. L'empereur grec avait vu Durazzo assiégée par les Normands et était impuissant à se défendre; Venise vint à son secours et sauva
Alexis Comnène, qui ne mit plus aucune borne à leurs franchises et les autorisa même à fonder des comptoirs et des fondaks à Durazzo; il stipula une redevance annuelle de l'empire
grec pour l'église de Venise et obligea même les habitants d'Amalfi, qui avaient été les alliés des pirates normands, à payer à la basilique de Saint-Marc une rente annuelle énorme.
Mais ce n'était pas assez, les Vénitiens avaient un but plus considérable: les empereurs d'Orient avaient affiché des prétentions sur la Dalmatie; les Vénitiens, qui venaient de s'en
emparer, n'en jouissaient pas sans conteste; ils demandèrent l'abandon des droits de l'empire par une ambassade solennelle envoyée par le doge Vital Faliero. Déjà l'empire d'Orient
était en proie aux discussions et aux usurpations; Alexis Comnène se souvenait avec reconnaissance du secours donné devant Bari, il leur céda ses droits sur l'Istrie et la Dalmatie (1084) :
c'était leur ouvrir la libre exploitation des forêts et leur donner la possibilité de construire ces grandes flottes qui, mises en œuvre grâce à la richesse commerciale qu'ils s'étaient
acquise, allaient rendre les Vénitiens les maîtres de l'Adriatique
(Charles Yriarte, Venise: histoire, art, industrie, la ville, la vie, 1878 - books.google.fr). Naissance d'un monstre
Britannicus est une tragédie en cinq actes et en vers (1768 alexandrins) de Jean Racine, représentée pour la première fois le 13 décembre 1669 à Paris, à l’Hôtel de Bourgogne
(fr.wikipedia.org - Britannicus (Racine)). L'action de la pièce de Racine se situe en 55 ; Néron, âgé de 18 ans, est empereur depuis un an ; c'est à la fin de la pièce qu'il commet son premier meurtre, celui de Britannicus.
Aussi Racine, répondant par sa première préface à ceux qui lui reprochent d'avoir «fait Néron trop bon», écrit-il ceci : «Je l'ai toujours regardé comme un
monstre. Mais c'est ici un monstre naissant. Il n'a pas encore mis le feu à Rome. Il n'a pas tué sa mère, sa femme, ses gouverneurs
À cela près, il me semble qu'il lui échappe assez de cruautés pour empêcher que personne ne le méconnaisse»
(klubprepa.fr). L'impie et ambitieux Guibert de Ravenne, bien qu'il ne fût pas encore formellement proclamé antipape, comme il devait l'être quelques années plus tard au
conciliabule de Bressanone, se montrait si ouvertement hostile au saint Pontife Grégoire et briguait si ardemment la Papauté, qu'il était considéré de tous comme antipape
de fait, et quiconque n'était pas pour Grégoire se déclarait à haute voix pour Guibert. Or, à la suite du concile romain, qui souleva tant de colères chez l'empereur et parmi le
clergé rebelle, par l'abolition des investitures et les canons lancés contre l'incontinence, Guibert était resté à Rome pour organiser sous main ses trahisons, contre l'inflexible
Grégoire ; celui-ci travaillait de tous ses efforts à affranchir l'Eglise de la tyrannie séculière et à l'épurer des vices de ceux qui eussent dû surpasser en pureté la lumière du soleil.
Ce monstre, pour se concilier la faveur d'Henri et pour se frayer la route au Pontificat, conçut l'infâme dessein d'assassiner Grégoire: il s'aboucha à cet effet avec Cencio, le plus
scélérat et le plus déloyal des barons romains, exécré de tous les honnêtes gens: à force d'or et de promesses il le détermina à consommer l'horrible attentat: il fut décidé que le
vicaire de Jésus-Christ serait égorgé, en officiant à la messe de Noël, célébrée à minuit à la crèche du Sauveur. Cencio recruta clandestinement en Lucanie, dans la Pouille et à Rome,
des bandits aussi exécrables que lui-même, qui ne manquèrent pas de se trouver à leur poste à l'heure convenue. Au moment où le pontife venait de distribuer la communion aux fidèles et où
tout le peuple était plongé dans un silence solennel, les sicaires font irruption dans la basilique, massacrent les assistants, arrachent avec de terribles vociférations la grille de la
chapelle papale, égorgent plusieurs prélats, se ruent comme des tigres sur le Pontife, le traînent par les cheveux sur les degrés de l'autel, le frappent des pieds et des mains, tandis que
l'affreux Cencio lui porte au front un coup d'épée: ils lui arrachent ensuite ses ornements sacrés, le chargent de fers et l'entraînent au donjon de Cencio pour le livrer vivant à Henri.
Le bruit de cet attentat eut bientôt rempli toute la ville : les Romains outrés d'indignation, sonnent le tocsin, s'arment de torches et parcourent les quartiers en criant: Mort aux ennemis
de Dieu et de Rome : élargissez le Pontife ! Vive Grégoire ! Le peuple envahit la demeure des amis les plus connus de Cencio, la saccage et y met le feu; on pénètre dans les tours pensant
y trouver Grégoire; mais une voix s'élève de la foule Grégoire est au donjon des Cenci ! Le matin venu ils se portent au palais, dont ils enfoncent les portes à coups de bélier: ils appuient
des échelles aux fenêtres, démolissent la tour, et ouvrent une large brèche par où ils se précipitent pour sauver Grégoire.
Cependant le perfide Cencio se voyant à l'extrémité et ne pouvant échapper au supplice, s'élance sur les pas du Pontife, tombe à ses pieds, embrasse ses genoux, en le
supplĂant avec larmes de lui pardonner son crime et de le protĂ©ger contre la fureur du peuple. GrĂ©goire l'accueille dans ses bras, lui pardonne avec une charitĂ© toute paternelle,
se fait conduire aux fenêtres du palais, d'où il exhorte le peuple à se calmer et à rentrer dans les maisons; mais la foule monte dans les salles et emporte Grégoire en triomphe,
d'abord au Capitole, puis à la basilique pour y célébrer les saints mystères. Cencio qui devait la vie à l'héroïque et magnanime charité du Pape, reçut pour pénitence d'aller en
pélerinage à Jérusalem: le traître ingrat se réfugie au contraire à la cour d'Henri pour machiner de nouvelles perfidies contre son sauveur. Guibert, aussi pervers et
aussi cruel que lui, voyant le coup manqué, se sauve en Lombardie où, secondé par Théobald de Milan et quelques autres seigneurs dissolus, il fomente des troubles et soulève contre
l'Eglise des séditions pleines d'horreur et d'atrocités
(Antonio Bresciani (S.J.), La comtesse Mathilde de Canossa et Yolande de Groningue, 1859 - books.google.fr). Cf. les interprétations des quatrains I, 57 - 1599 avec l'exécution de Béatrice Cenci; et I, 58 - avec son monstre à deux têtes accouché par césarienne.
Acrostiche : LCCL, L'eCCeLino
On connaît depuis 1080 un certain Eccelino (1080 - 1108), qui fut nommé évêque de Vicence par l'antipape Guibert de Ravenne
(Tommaso Riccardi, Storia dei vescovi vicentini dedicata a sua eccellenza reverendissima monsig. Marco Zaguri nel suo ingresso a questa sede di Vicenza, 1786 - books.google.fr). Au Moyen âge, Vicence est administrée par des évêques-comtes de Aicardus (ou Sicardus) (872-882) à Aribertus (1164-1179)
puis par des Podestats à partir Ezzelino Ier da Romano. Elle devint au XIIe siècle une des républiques de la Haute-Italie, et prit part aux deux ligues lombardes : Frédéric II la saccagea en 1236.
Elle eut ensuite à subir la tyrannie des Romano, obéit quelque temps aux Della Scala avant de devenir, ainsi que tout le Vicentin, province vénitienne en 1404
(fr.wikipedia.org - Vicence). Typologie
Le report de 1654 sur la date pivot 1080 donne 506.
Les Ă©crits du pape GĂ©lase (492-496) marquent une Ă©tape dans la constitution de la doctrine pontificale et dans les relations avec la Dalmatie.
Il s'inquiète de la "peste" pélagienne auprès de l'évêque de Salone et obtient la tenue d'un concile en Dardanie voisine pour s'y opposer. Sous le pape Hormisdas
(511 - 523), les relations au début du VIe siècle sont apaisées avec la Dalmatie qui tient cependant à son autonomie comme le montrera l'affaire des Trois chapitres.
La partie orientale de l'Adriatique fait partie de l'aire d'influence de Rome
(Stéphane Gioanni, Gouverner le monde par l’écrit : L’autorité pontificale en Dalmatie de l’Antiquité tardive à la réforme «grégorienne», 2022 - books.google.fr). Guerre et rebellions en Adriatique
La
période de recul de l’Empire ottoman favorise les rebellions dans ses
possessions européennes. Des sujets du sultan quittent la Bosnie ou le
Monténégro pour se réfugier dans l’arrière-pays dalmate dès le début de la
guerre de Crète (1645-1669). Ils forment des bandes d’irréguliers au service de
Venise (« grenouilles » peuvent symboliser Venise, ville
amphibie). En 1645, les Monténégrins « participent à une incursion
vénitienne qui atteint Cetinje, et en 1657 soutiennent Kotor contre une attaque
ottomane [1]». De Venise ledit, jour 25 Avril 1655... Le Général Zéno qui commandé en Dalmatie, fait aussi de son costé tout ce qu'il juge à propos pour
incommoder les Turcs: 200 desquels ayant n'aguéres fait vne course dans le voisinage de Zara, 100 soldats de la garnison Vénitienne qui est dans la place,
sortirent sur eux avec tant de bonheur, qu'ils en tüérent quelques vns, leurs prirent quantité de Chevaux, & firent esclaves 12 de ces Infidelles, lesquels furent aussi tost
mis à la chaisne, par l'ordre de ce Général : qui donna aux soldats 300 piéces de 8 réales, à raison de 25 pour chacun de ces esclaves, afin d'encourager les autres à se
porter avec affection pour tout ce qui regardera le service de la RĂ©publique
(Gazette (Lyon), Impr. P. Valfray, 1655 - books.google.fr). |