L’incendie de LondresII, 511668-1669Le sang du juste à Londres fera faute : Bruslés par fouldres de vingt & trois les
six : La dame antique cherra de place haute : De mesme secte plusieurs seront occis. Il
manquera un juste à Londres pour éviter l’incendie qu’elle connut en 1666, depuis le 2 septembre pendant quatre jours
et quatre nuits, où 13000 maisons, 87 églises furent détruites, comme il manqua dix justes à Sodome
que Dieu anéantit malgré la supplique d’Abraham [1]. Le
juste qui fait défaut est identifié par Louis Schlosser avec la nonne Elizabeth
Barton [2]. Elle
prophétisa la mort, dans le mois, de Henri VIII quand il se remaria avec Anne
Boleyn, après son divorce non reconnu par le pape d’avec Catherine d’Aragon. La
nonne fut condamnée avec 6 fidèles par 23 juges. On remarque que, avec "vingt trois les six", on peut calculer 20 x 3 + 6 = 66 comme 1666. Manière de compter vigésimale comme on la retrouve dans les versions anglaises de l'Apocalypse (cf. quatrain II, 53). "score" signifie "vingt" : Here is Wisdom, Let him that hath understanding count the Number of the Beast : for it is the Number of a Man : and his Number is six hundred threescore and six (An Essay to the Explaining of the Revelation, 1661 - books.google.fr). Un autre incendie eut lieu en 1667 à Londres, celui de la flotte anglaise par l’amiral hollandais Ruyter. Il semble bien que l'incendie de Londres ait été un simple accident, mais au mois d'avril de la même année 1666, un procès avait en lien contre un certain nombre d'officiers et soldats qui avaient comploté de renverser le roi et le gouvernement. Une partie du plan consistait à mettre le feu à la ville, à surprendre les troupes, à s'emparer de la Tour, à fermer les portes de la ville de façon à empêcher les secours, et la date choisie étant celle du 3 septembre, que les astrologues du temps marquaient comme étant favorable à des entreprises de ce genre. La Gazette de Londres du 23-26 avril déclare que «les preuves contre les personnes furent très claires et nombreuses, et celles-ci furent reconnues coupables de haute trahison». Ce que fut leur sort, nous l'ignorons : il n'en est pas parlé par Pepys, bien qu'à la date du 13 décembre, il parle de ce procès, et rappelle la coïncidence entre la date de l'incendie et la date où le projet devait se réaliser. Il ne parait pas toutefois qu'aucune des mesures projetées, en dehors de l'incendie, ait été réalisée, ou qu'on ait même essayé de les mettre à exécution (J. La Frette, Le journal de Samuel Pepys, Revue bleue, Volume 35, Numéro 2, 1898 - books.google.fr). "dame antique cherra de place haute" "dame" est un des noms de la peste (Nicolas de Nancel, Discours de la peste, 1581 - books.google.fr). "antique" rappelle l'"antique playe" du quatrain précédent II, 50 qui parlerait de la peste anglaise en 1665, avec "playe" à entendre comme l'anglais "plague". Autrement "dame" vient du "domina" latin et "domina Luna" se traduit en grec par "Selenè despoina" employé par Héliodore dans ses Ethiopiques (X, 41, 1). Pétrarque imagina dans une version de son Canzoniere la mort comme "antica donna" accompagnée de la peste (ardente compagna) (Il Canzoniere: lettura micro e macrotestuale, 2007 - books.google.fr). Thielman Ier Kerver, seigneur de Mory, originaire de Coblence, installé à Paris en 1497 et mort 1522, fut libraire rue St Jacques à l'enseigne de la Claie de Fer, puis au Pont Saint Michel, à l'enseigne de la Licorne. On lui doit l'impression des Officia quotidiana sive horas où l'on trouve l'aphorisme dans un ensemble portant sur la Danse Macabre : Antiqua domina. Morte cadit prisco ritu formatus amictus. La figure correspondant est la douairière, coiffée d'un grand bonnet à cornettes (Nederlandsch archief voor kerkelijke geschiedenis, Volume 4, 1844 - books.google.fr, Xavier Barbier de Montaut, Traité d'iconographie chrétienne, Tome I, 1898 - livres-mystiques.com). Mais ce n'est pas la mort qui chute. Son fils Jacques (1535-1583) édite des ouvrages de Nostradamus : L'Almanach pour l'an 1557, les Présages merveilleux pour l'an 1557, et La Grande Pronostication pour l'an 1557 (fr.wikipedia.org - Jacques Kerver). C'est pendant l'épidémie de peste qui sévit en Grande-Bretagne en 1665-1667 que Newton découvre le principe de l'attraction. L'attraction avait été soupçonnée dès l'antiquité la plus reculée. Anaxagore donne aux astres une tendance vers la terre, et avance que ces corps ne tombent pas à cause de leur mouvement circulaire. Démocrite, Epicure, Plutarque, partagent cette opinion. Copernic expliquait la forme sphérique des corps célestes par la tendance des parties à se rapprocher, et admettait que la pesanteur n'était autre chose que cette tendance appliquée aux corps terrestres. Tycho-Brahé pensait que les planètes étaient retenues dans leur orbite par l'action du soleil. Bacon prononce le mot d'attraction : il ajoute que cette force agissant plus fortement près de la terre, une horloge à poids doit retarder sur une haute montagne. Galilée, Fermât, Hevelius, Roberval, Kepler ont émis des idées analogues. Le dernier attribuait le flux et le reflux de la mer à l'attraction de la lune. Hook, au commencement de son Système du monde, reconnaît non seulement que les corps célestes ont une gravitation sur leur propre centre, mais encore qu'ils s'attirent mutuellement, de manière que cette attraction, combinée avec leur vitesse de translation, leur fasse décrire une courbe concave. Il ajoute que cette force diminue avec la distance, tout en avouant qu'il n'a pu trouver la loi de cette diminution. C'est donc lui qui a le plus approché du principe général de l'attraction; mais il y a bien loin, comme le fait remarquer Montucla, des conjectures de Hook et des considérations sur lesquelles il cherchait à les appuyer, aux sublimes démonstrations de Newton. C'est en 1666 que ce grand géomètre découvrit la gravitation et ses lois. Pemberton rapporte qu'étant à la campagne, où il avait cherché un refuge contre la peste de Londres, Newton vit tomber une pomme. Il réfléchit sur ce fait si familier, et se demanda si, en supposant le point de départ plus élevé, par exemple à la distance où est la lune, le corps serait tombé de même; et il n'hésita pas à adopter l'affirmative. Or, la lune ne tombe pas, il soupçonna qu'elle en était empêchée par la force centrifuge et ce fut là le point de départ de ses recherches sur la gravitation (Pierre Adolphe Daguin, Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à météorologie et aux arts industriels, Tome 1, 1861 - books.google.fr, Stephen Inwood, The Man Who Knew Too Much: The Strange and Inventive Life of Robert Hook 1653 - 1703, 2011 - books.google.fr). On n'est pas bien certain de l'époque précise [...] de la découverte de la gravitation universelle. Voici ce qu'en dit sir David Brewster dans sa Vie de Newton (t. Ier, p. 290) : «On ne voit pas distinctement à quelle époque Newton fut informé de la mesure plus exacte de la Terre exécutée par Picard en 1670 et fut ainsi amené à reprendre ses recherches. La méthode de Picard pour mesurer son degré, et le résultat précis qu'il a obtenu, ont été communiqués à la Société Royale le 11 janvier 1672, et les résultats de ses observations et calculs ont été publiés dans les Transactions philosophiques pour 1675. Mais, quel que soit le temps où Newton eut connaissance de la mesure de Picard, il semble être tout à fait certain qu'il ne reprit pas ses premières vues relativement à la Lune avant 1684. Pemberton nous dit que « quelques années après qu'il eut mis de côté ses premières vues, une lettre du Dr Hooke lui fit chercher quelle est la vraie figure de la ligne que parcourt en descendant un corps abandonné à lui-même d'un lieu élevé, en tenant compte du mouvement de la Terre autour de son axe»; et que cela lui donna l'occasion de reprendre ses premières vues relativement à la Lune, et de décider, à l'aide des récentes mesures de Picard, que «la Lune paraît être retenue sur son orbite uniquement par la force de la gravité.» Mais bien que la lettre de Hooke de 1679 ait été l'occasion pour Newton de reprendre ses recherches, cela ne fixe pas l'époque à laquelle il a employé les mesures de Picard. Dans une lettre de Newton à Halley, de 1686, il lui dit que «les lettres de Hooke de 1679 furent la cause qui lui fit trouver la méthode pour déterminer les figures, méthode dont je mis de côté les calculs, lorsque je l'eus essayée dans l'ellipse, étant occupé d'autres études; et ainsi il s'écoula environ cinq années jusqu'au moment où, à votre demande, je recherchai mes papiers.» M. Rigaud considère comme évident que les figures dont il s'agit ici sont les trajectoires des corps soumis à l'action d'une force centrale, et que la même occasion l'amena à reprendre ses premières vues relativement à la Lune, et à se servir des mesures de Picard pour corriger ses calculs. Ce fut donc en 1684 que Newton découvrit que la déviation de la Lune en une minute est de 16 pieds, la même que celle des corps à la surface de la Terre. Comme son calcul tirait à sa fin, on dit qu'il fut tellement ému, qu'il se vit obligé de prier un de ses amis de le terminer (M. Delaunay, La Lune, son importance en astronomie, Bureau des longitudes, Annuaire, 1798 - books.google.fr). Pemberton emploie pour la traduction "lieu élevé" "high place" (David Brewster, Memoirs of the Life, Writings, and Discoveries of Sir Isaac Newton, Tome 1, 1860 - books.google.fr). "Bruslés par fouldres de vingt trois les six" Foudre, tonneau, de l'allemand Fuder (tonneau) alors que le phénomène météorologique "foudre" vient du latin "fulgur" (Auguste Brachet, Dictionnaire étymologique de la langue française, 1870 - books.google.fr). On trouve "fouldres" pour "foudres", par ailleurs, comme tonneaux (David de Solemne, La charge du maréchal des logis, 1653 - books.google.fr). Late one September evening, in the year 1666, the king's baker was stoking his fire for the night in his bakery, in Pudding Lane. [...] Just down from the bakery, a shipbuilder's house stood, its cellar crammed with barrels of tar used to seal the seams of ships (Susan Wise Bauer, The Story of the World: History for the Classical Child: Early Modern Times: From Elizabeth the First to the Forty-Niners (Vol. 3) (Story of the World), 2004 - books.google.fr). Modern excavations have unearthed the carbonised remains of twenty tar barrels in the cellar below Pudding Lane, and it was probably their explosion that catapulted burning debris into the stables of the inn next door, setting fire to the hay piled up in the yard (Robert Lacey, Great Tales from English History (Book 2): Joan of Arc, the Princes in the Tower, Bloody Mary, Oliver Cromwell, Sir Isaac Newton, and More, 2009 - books.google.fr). La production et le commerce de goudron fut l'un des pans majeurs des économies de l'Europe du Nord et de l'Amérique du Nord. Sa principale utilisation était la préservation du bois des bateaux et le calfatage des coques. Le plus gros consommateur fut la Royal Navy. La demande en goudron déclina avec le développement des vaisseaux en fer et en acier, bien qu'il fût encore très utilisé pour le traitement des poteaux télégraphiques en bois. Le 11 avril 1855, MM. Gonnet et Morin à Saint-Étienne (France) ont déposé un brevet pour 15 ans portant sur l'invention d'un charbon synthétique dit «fulgor», à base de goudron (fr.wikipedia.org - Goudron). Dans le langage courant, on le confond souvent avec la poix, le goudron d'origine houillère, ou l'asphalte routier dont il n'est qu'un composant (fr.wikipedia.org - Bitume). L'arche était scellée avec du bitume, de la poix, "Kofer" (Genèse : 6,14). "Kofer", le bitume, a la même racine hébraïque que le mot "Kippour". A partir de cette structuration commune, la Kabbale dévoile la nature indestructible (Kofer) et Transcendantale (Kippour) du Lien, qui unit Dieu à Sa créature (Eric Daniel El-Baze, Secrets de Kabbale - Livre 1: Béréchit - (La Genèse), 2018 - books.google.fr). L'étymologie la plus probable nous apparaîtra dans la mise en parallèle de kippurim avec kofer : rançon. Chez les prophètes, le sens primitif de l'expiation par le kofer a tendance à se perdre. Un glissement intervient, et l'objet de l'expiation n'est plus Dieu en tant que personne offensée, mais la faute comme telle. Cette idée est très nettement mise en relief dans certains passages, par exemple dans Is., 6:7 : «Voici donc, ceci (la braise ardente) a touché tes lèvres, ton péché est effacé, ton impureté est expiée (we-hatatkha tekhuppar).» Ou bien ib., 27:9 : «Ainsi sera expiée la faute de Jacob (ba-zot yekhuppar 'awon ya'aqov)». I Sam., 3:14 : «C'est pourquoi je jure à la maison d'Eli — ni sacrifice ni offrande n'effaceront jamais (yitkapper) la faute de la maison d'Eli». Prou., 16:6 : «Par la bienveillance et la fidélité, on expie le péché (yekhuppar 'awon).» A la place du prêtre qui offre le kofer, c'est maintenant Dieu lui-même qui opère l'expiation, comme par exemple dans Deut., 21:8 : «Opère l'expiation (kapper) d'Israël ton peuple», et ib., 32:43 : «(Dieu) fera l'expiation pour le pays de son peuple (we-khipper admato 'amo)». La même terminologie est aussi employée dans Jér., 18:23; Ez., 16:63; PS., 65:4; 78:38; 79:9; 2 Chron., .30:18. Ce changement de langage, dans l'Ecriture, est évidemment conditionné par un changement sur le plan des idées. L'idée ancienne de la relation entre l'offense et l'expiation apparaît dans les paroles de David à Saül (1 Sam., 26:19) : «Si c'est Yahvé qui t'excite contre moi, qu'il soit apaisé par une offrande.» Cette conception n'a rien de particulièrement juif et est commune à tous les sémites. Dans le Code sacerdotal, l'idée de l'expiation suppose déjà celle d'une rupture avec Dieu intervenue à cause du péché, et la nécessité d'une réconciliation qui en découle pour la personne du pécheur. Tout péché, que ce soit het, l'égarement qui conduit l'homme loin du droit chemin, 'awon, l'iniquité dans la conduite, ou encore pesh'a, la transgression sous forme d'une révolte contre la Loi de Dieu, est avant tout une séparation, une rupture du lien qui existe entre l'homme et son Créateur : ha-nefesh ha-hotet hi tamut : «Celui qui a péché, c'est lui qui mourra» dit Ezéchiel (18:20; cf. Deut. 30:15-19 : PS., 1:6 ; Jér., 2:3). C'est le sentiment d'avoir été séparé de Dieu qui suggère au pécheur l'idée d'offrir un sacrifice d'expiation, et non pas le seul désir d'apaiser la colère de Dieu et d'atténuer ainsi les rigueurs du châtiment (Kurt Hruby, Le Yom-kippourim ou le jour de l'expiation, L'Orient syrien, Volume 10, 1965 - books.google.fr). Psaume 66 (Vulgate 65) Ps. 65,12-15 : inposuisti homines super capita nostra transivimus per ignem et aquam et eduxisti nos in refrigerium
introibo in domum tuam in holocaustis reddam tibi, vota mea quae distinxerunt labia mea et locutum est os meum in tribulatione mea
holocausta medullata offeram tibi cum incensu arietum offeram tibi boves cum hircis diapsalma
Ps. 66, 12-15 : tu fis chevaucher Ă notre tĂŞte un mortel; nous passions par le feu et par l'eau, puis tu nous as fait reprendre haleine.
Je viens en ta maison avec des holocaustes, j'acquitte envers toi mes voeux, ceux qui m'ouvrirent les lèvres, que prononçait ma bouche en mon angoisse.
Je t'offrirai de gras holocaustes avec la fumée des béliers, je le ferai avec des taureaux et des boucs
(www.psaumes.site-catholique.fr). Ce salut à travers eau et feu peut rappeler l'Exode, à travers la mer des Joncs et la "calcination" au désert (Nb 11,1-3)
(Olivier Béguin, Traduction oecuménique de la Bible: Ancien Testament, Tome 1, 1976 - books.google.fr). "dame antique" : la pomme Apis or Ladies Apple, which never wrinkles, but is known to be at Maturity, by the green Rind turning all yellow
(Jean de La Quintinie, The Compleat Gard'ner, George London, Henry Wise, 1699 - books.google.fr). Our Ladies Apple
(Nicolas de Bonnefons, The French Gardiner, and Now Transplanted Into English, by John Evelyn, Tome 1, 1669 - books.google.fr). The Api or Lady's apple is believed to be the Appiana, and by some the Petesia of Pliny.
The dark ages was a dark time for apples, but it is known that Agriculture and Horticulture were kept alive by religious establishments, endowed wich lands by princely
patrons. Cultivated apples doubtless owe much to their fostering care. The ancient Celts knew the apple calling it Abhail, Aval, Avel, in different dialects
(Charles H. Marot, The Gardener's Monthly and Horticultural Advertiser, Tome 5, 1863 - books.google.fr). Sources differ as to time and origin of the first cultivated apples in the New World. Some say that Puritan governor John Endecott
brought the first ones, others that the first French colonists in early 17th century Quebec raised the first North American apples. Anglican clergyman William Blaxton apparently raised the first named American
variety of apple—the Yellow Sweeting—on Beacon Hill in Boston about 1640. “New Englanders grew apples not so much for eating as for animal feed and cider making,” wrote naturalist Sue Hubbell.
The oldest apple variety surviving today is probably the Pomme d'Api, a small yellow or red fruit that originated in ancient Rome, known today in North America as the Lady or Christmas Apple. [...]
A falling apple (reputedly a Costard variety) bopped Sir Isaac Newton on the head at Woolsthorpe Manor in England, according to Voltaire, thereby inspiring Newton's theory of gravitation.
Protestants in England embraced the apple as spiritually superior to the Roman Catholic grape—thus transportation of apple trees to the New World looked somewhat beyond an exclusively secular matter of fruit culture
(John Eastman, Amelia Hansen, Book of Field & Roadside: Open-Country Weeds, Trees, and Wildflowers of Eastern North America, 2003 - books.google.fr). Il existe une pomme-dame, variété cultivée autrefois en Normandie à Cully (Calvados)
Au village de Cully, à trois ou quatre lieuës de Caen se trouue vne espèce de pomme qui fait bon sidre, & des premiers
prests Ă boire, comme le Renouuet, mais il ne se peut garder longuement. La pomme s'appelle Pomme Dame ou Pomme de dames
(Julien Le Paulmier, Traité du vin et du sidre (De vino et pomaceo), traduit par Jacques de Cahaignes, 1896 - books.google.fr). Julien Le Paulmier de Grantemesnil, né en 1520 à Agneaux et mort en décembre 1588 à Caen, est un médecin français protestant.
Jacques de Cahaignes (1548 - 1612), traducteur du traité du vin et du sidre (De vino et pomaceo)était un de ses élèves
(fr.wikipedia.org - Julien Le Paulmier). À l'époque de Shakespeare (1564-1616) et encore longtemps après,
la pomme Costard était la plus utilisée pour la préparation des "pies", sortes de tartes.
Le mot costermonger est attesté en 1514, aujourd'hui le "marchand de quatre saisons" mais primitivement le "costard monger", c'est-à -dire le marchand de pommes Costard. Le nom de cette pomme
était devenu un terme générique désignant la pomme par excellence, le fruit le plus populaire. Il est amusant de noter l'existence d'un personnage appelé Costard dans l'une des premières pièces de Shakespeare
écrite vers 1590, Love's labour's lost (Peines d'amour perdues). C'était une sorte de bouffon dont le nom venait de celui de la pomme. Par plaisanterie, au XVIe siècle en Angleterre, la pomme servait à désigner
familièrement la tête; en France c'est plutôt la poire qui a le même sens à partir du XIXe siècle. Il semble que la pomme Costard fut présentée pour la dernière fois en 1883 dans deux expositions
dans les comtés de Hereford et de Gloucester. Depuis, elle a officiellement disparu; peut-être existe-t-elle encore, anonyme et oubliée, dans quelques jardins familiaux ou dans quelques fermes du Herefordshire ?
Espérons le ! Dans les ouvrages anglais de pomologie il est fait état de trois variétés de couleur jaune-verdâtre, de saveur acide ou aigrelette, avec un extérieur souvent un peu côtelé, se conservant bien.
Cela pourrait correspondre à la variété appelée en France la Costard jaune
(Claude Hurel, Lesq costards : des pommes et des hommes, Revue de l'Avranchin et du pays de Granville, Volume 77, 2000 - books.google.fr). L'étymologie de costard a d'ailleurs été mis en relation avec le latin costa :
la côte (cf. la côte d'Adam et la pomme d'Adam au jardin d'Eden en lien avec le péché originel). The 'costard apple' is mentioned in the fruiterers' bills of Edward I (1292), when it was sold for one shilling the hundred under the name of
“poma costard.” It is curious to note that this costard apple gives us the original meaning of our word coster in the compound costermongeiy 'an itinerant seller of 'fruit.'
Formerly the word was spelt costerd- or costard-monger, and Professor Skeat tells us that in Drant's Horace the former spelling occurs as the translation of pomarius in Sat. II. 3, 227.
In the 'Promptorium Parvulorum' (p. 94) costard is explained by 'appulle,' quiriunwn. Drant's lines run thus : — 'The prodigall, by witte worde hath Ten talentes: in his heate He
biddes the costerdmongers and Thappothyearies neate.' In Shakespeare's time the costermonger appears to have been specially the fruitseller, for Ford, the dramatist (born 1586), makes one of his characters say,
“Upon my life he means to turn costermonger, and is projecting how to forestall the market. I shall cry pippins rarely."
(Edinburgh Review, Or Critical Journal, Volumes 157 à 158, 1883 - books.google.fr). Shakespeare qui, dans sa comédie Cymbeline, a entremêlé les éléments de plusieurs contes populaires, s'est inspiré
de certains épisodes de celui-ci qu'il est facile de reconnaître. La belle Imogène fuit aussi une marâtre; elle est accompagnée par un serviteur qui refuse de la tuer et rapporte un linge sanglant comme
témoignage; elle arrive à une caverne où elle entre et prélève une part du repas des occupants qui arrivent peu après, deux jeunes gens menant une vie demi-sauvage; et,
et, bien qu'elle soit déguisée et passe pour un garçon, elle s'occupe du travail intérieur; elle prend un breuvage qu'a fait confectionner sa marâtre et tombe en léthargie,
pleurée par ses jeunes compagnons qui la croient morte
(Paul Delarue, L'amour des trois oranges et autres contes folkloriques des provinces de France, 1947 - books.google.fr). C'est la vieille femme, ratatinée comme une pomme ridée, qui offre le fruit frais, empoisonné à moitié, à Blanche Neige. "Neither Pemberton nor Whiston," says Sir David Brewster, who received from Newton himself
the story of his first ideas of gravity, "records the story of the falling
apple. It was mentioned, however, to Voltaire by Catherine Barton, Newton's niece, and to Mr. Green by Martin Folkes, the President of the Royal Society. We saw the apple-tree
in 1814, and brought away a portion of one of its roots. The tree was so much decayed that it was taken down in 1720, and the wood of it carefully preserved by Mr. Turnor, of Stoke
Rocheford. See Voltaire's Philosophie de Newton, 3me part. chap. iii.; Green's Philosophy of Expansive and Contractive Forces, p. 972; and Rigaud's Hist. Essay, p. 2."-
Life of Sir Isaac Newton, 1855, i. 27, n.; and see ii. 416, n.
(S. Austin Allibone, A Critical Dictionary of English Literature and British and American Authors, 1874 - books.google.fr). Comme au jardin d'Eden, la pomme de Newton est le fruit de la connaissance.
Il existe plusieurs versions de cette anecdote. L'une d'elle est rapportée par
John Conduitt, le mari de Catherine Barton, une nièce de Newton : «Dans l'année 1666, [Newton] quitta de nouveau Cambridge [...] pour se rendre chez sa mère
dans le Lincolnshire, et un jour qu'il méditait dans le jardin, il lui vint à l'idée que le pouvoir de la pesanteur (qui portait une pomme de l'arbre au sol)
ne se limitait pas à une certaine distance de la Terre, mais que ce pouvoir devait s'étendre beaucoup plus loin qu'on ne le pensait d'ordinaire.
Pourquoi pas aussi loin que la Lune [...] ?» (Keynes collection, King's college, Cambridge) Pourquoi l'anecdote ne serait-elle pas vraie ? Elle correspond à l'expé rience que chacun peut faire :
comme Vénus surgissant de l'écume, les meilleures idées naissent lorsque l'esprit détendu se livre à la méditation. Newton lui-même, nous dit-on,
colportait le récit de la pomme. Keesing a démontré son extrême plausibilité (The history of Newton's apple tree, 1998)
(François Rothen, Et pourtant, elle tourne ! Focus science, 2004 - books.google.fr). la nièce de Newton, Catherine, porte le même nom que la prophétesse Elizabeth Barton (typologie ?)
Elizabeth Barton est arrêtée en avril 1534 et pendue à Tyburn pour trahison.
She was 28 years old. Five of her chief supporters were executed alongside her ("plusieurs seront occis")
(en.wikipedia.org - Elizabeth Barton). Autre vielle dame : Mother Shipton et Samuel Pepys
The secular prophet Mother Shipton of Knaresborough, Yorkshire was reputedly born in 1488 or earlier.
William H. Harrison, who investigated the bulk of her prophecies, stated in 1881 'There is no absolute evidence that any one of the details [of Mother Shipton's life] is true,
but there may be some foundation for the incident narrated about Cardinal Wolsey'. Further details about Shipton's career appeared in the probably
fictional Life and Death of Mother Shipton (1684) by the Irish writer Richard Head. Another alleged biography, the Anonymous Strange and Wonderful History
of Mother Shipton (1686) claimed that Shipton had successfully foretold the Great Fire of London and the Plague of 1665. Samuel Pepys noted in his
diary that Prince Rupert exclaimed at the outbreak of the Fire of London : 'now Shipton's prophecy was out' (DNB, 'Mother Shipton', XIX : 119).
Although the events foretold by Shipton – Cardinal Wolsey's journey and death, the
destruction of Trinity steeple and Ouse Bridge, and Thomas Cromwell's beheading – took place during or after the reign of Henry VIII, no written record of her existence can be uncovered
before the edition of Richard Lownd's The Prophesie of Mother Shipton (1641), reprinted below. Given that these sorts of prophecies were often
reinterpreted in the seventeenth century to suit the particular political climate, one suspects that the story of Thomas Cromwell told by Mother
Shipton may have been reissued (or first written) for political reasons surrounding the rise of Oliver Cromwell. In addition to reprints in 1642,
1644, 1648, 1651, 1663, 1678, 1682, and 1685 by various printers, astrologer and almanack maker William Lilly also included Mother Shipton's prophecy
in his A Collection of Ancient and Moderne Prophesies (1645), and a comedy entitled Life of Mother Shipton : A New Comedy written by the 'Poor Plagiary'
Thomas Thompson appeared in 1668. A Dutch version entitled Moeder Schiptons prophecyen van Engelandt was published in 1667. These prophecies were taken
very seriously by both statesmen and ordinary citizens : Lilly's surviving printer's bill indicates that 4,500 copies of his Collection of Ancient and Moderne Prophesies were printed
(Thomas 412–13)
(Alan S. Webe, Almanacs, Printed Writings 1641–1700: Series II, Part One, Volume 6, 2017 - books.google.fr). Le nombre d'ouvrages qui en annoncent la date ne cesse d'augmenter :
on en recense 80 en 1649. Parmi les dates les plus souvent avancées : 1656,
qui correspond au nombre supposé d'années écoulées entre la création et le déluge, et surtout 1666, correspondant au chiffre de la Bête dans l'Apocalypse.
Les prophètes rejoignent ici les astrologues, comme Israël Hiebner, de Dantzig. L'effet sur les contemporains semble toutefois minime, si l'on en juge par
les Mémoires de Samuel Pepys, qui écrit le 18 février 1666 : «Je me suis arrêté chez mon libraire et j'ai acheté un livre écrit il y a environ vingt ans
sur une prophétie concernant la présente année, 1666, expliquant que c'était la marque de la Bête. Je rentrai, commençai à lire, puis soupai et
allai me coucher.» Le 4 novembre, il est encore sur le sujet : «Je rentrai à la maison, et là je commençai à lire le discours de Potters sur 666, qui m'intéressa beaucoup
Puis je m'arrêtai, je soupai et j'allai me coucher.» Visiblement, la prophétie ne lui coupe pas l'appétit et ne l'empêche pas de dormir, même si elle éveille sa curiosité. Mais
nous sommes là à un âge plus rationnel
(Georges Minois, Histoire de l'avenir, Des prophètes à la prospective, 2014 - books.google.fr). "Dame antique" : Cybèle
La pierre de la Mère des dieux qu'on adorait sur l'Ida, suivant
Claudien (De Rapt. Proserp., I, 201), n'était peut-être pas différente de celle de Pessinunte; au moins est-il
permis de supposer, dans un auteur de basse époque tel que Claudien, une confusion de Pessinunte et de l'Ida, deux siéges, très voisins l'un de l'autre, du culte
de Cybèle, dans l'Asie-Mineure. Quoi qu'il en soit, on ne peut disconvenir qu'il existait dans les idées superstitieuses des anciens, un rapport étroit entre les
aérolithes et Cybèle. Le poète Pindare ayant vu tomber une pierre de cette espèce, au milieu des flammes et du bruit, la consacra à la Mère des dieux (Schol. ad Pyth., III, 137). Les aérolithes
ne se rapportent pas seulement à Cybèle; on les trouve aussi dans la mythologie d'Astarté, prototype de la Cybèle phrygienne, si réellement, comme bien des raisons nous
porteraient à le croire, l'origine de la religion phrygienne remonte à la source orientale où domine le culte d'Astarté. Au moins ne peut-on guère interpréter autrement que
par un aérolithe, l'astre tombé du ciel qu'Astarté elle-même, suivant Sanchoniathon (Ap. Euseb., Præp. evang., 1, 9, p. 34, Orell.), consacra dans l'île de Tyr
(Ch. Lenormant, Etude de la religion phrygienne de Cybèle, Nouvelles Annales Publiées Par La Section Francaise De L'Institut Archéologique, Volume 1, 1836 - books.google.fr). Cf. pour "dame" comme Cybèle ("Domina" à Rome) les quatrains II, 44 et I, 94.
The last fall I shall notice here is that of some enormous stones, two and three hundred
pounds in weight, which fell at Verona, with a tremendous noise, on the 19th or 21st of June, 1668. They fell during the night, the weather being perfectly serene at the time;
and the fall was witnessed by several hundred people. Valisnieri, Montanari, and other writers, hava given accounts of the phenomenon
(Thomas Lamb Phipson, Meteors, Aerolites, and Falling Stars, 1867 - books.google.fr). Acrostiche : LBLD, L (50) BLooD
In 1618 Harvey discovered that the blood circulates in animals, including humans,
but he published the result only in 1628 in the treatise De motu cordis et sanguinis in animalibus ("On the motion of the heart and blood in animals")
(The A to Z of Descartes and Cartesian Philosophy, 2010 - books.google.fr). Although Harvey published his theory of the circulation of blood
only in 1628 it required less than a year for Colle to suggest seriously that
transfusion was a practical proposition, but it was some twenty-four years before anyone actually attempted to do it. It was a dismal failure, however,
for Francis Potter, a clergyman, employing as his subject the domestic hen, failed "to strike the veine so as to make him bleed in any considerable quantity."
Five years later, in 1657, Sir Christopher Wren (then Dr. Wren) injected fluid into the veins of animals, which experiments were later published in the History of
the Royal Society. Probably the first positive success in transfusion proper was that of a Mr. Thomas Cox, who in 1665 related that he had injected the blood
of one pigeon into the vein of another. A week or so later a Dr. Wilkins also recorded (Journal Book of the Royal Society-quoted by Avelin, 1873) that he had injected
2 oz. of blood into the crural vein of a bitch. It fell to Richard Lower, a medical practitioner of Oxford, to achieve the real success in 1666, when he transfused blood
from the cervical artery of a mastiff into the jugular vein of a smaller dog, first bleeding the latter so that "it was quite clear from its howls and struggles that its
strength was nearly gone, and that convulsions were not far off." The following year (1667) a French professor of philosophy, Jean Denys, described how he had transfused
the blood of a calf into the veins of a dog, but his real claim to success lay in the fact that he transfused about 9 oz. of lamb's blood into a boy aged 15 who had
suffered for many months from a "fever." This, incidentally, appears to be the first record of obvious incompatibility, for the youth felt "a very great heat along the arm."
More alarming still, however, was another of Denys's patients who, after receiving calf blood, showed pain in the arm, a rapid, irregular pulse, sweating, pain in the back,
vomiting, diarrhea and hæmaturia. The following year one of Denys's patients died as a result of transfusion and a law case ensued! Soon the method fell into disrepute and
it was not until 1818, when the first transfusion of human blood in London, by Blundell, took place, that real confidence in the procedure was established.
(The Journal of the Royal Army Veterinary Corps, Volumes 13 à 17, 1941 - books.google.fr). Le lien se fait dans le quatrain par Wren, par ses études sur la circulation du sang et la reconstruction de Londres.
Un grand événement, l'incendie de Londres, le rappela bientôt en Angleterre. L'habile mathématicien eut
l'heureuse idée de faire servir cette calamité à l'embellissement de la capitale, et dressa un plan général de reconstruction. Soumis aux débats du parlement, ce projet ne fut adopté qu'en partie;
mais il avait révélé les talents de Wren, qui, après la mort de J. Denham (1668), fut nommé architecte du roi, et, en cette qualité, chargé de la
direction d'un grand nombre d'édifices publics. En 1675, il jeta les fondements de la basilique de St-Paul, qui ne fut terminée qu'au bout de 35 ans. Pendant
ce long intervalle, il érigea au lieu même où avait commencé l'incendie, et pour en perpétuer le souvenir, la fameuse colonne à laquelle les habitants
de Londres imposèrent le nom de Monument, et dont la hauteur est de 188 pieds (français), en y comprenant le piédestal et le couronnement. Il
construisit encore plusieurs autres édifices remarquables, tels que : le Théâtre (pour les exercices littéraires et les réunions d'assemblées de l'université
d'Oxford); l'église de St-Étienne de Wallbrook, la Douane de Londres, le Palais royal et le Palais épiscopal de Westminster, le Mausolée de la reine
Marie à Westminster, l'hôpital de Chelsea, etc. Wren mourut en 1723, et fut enterré sous le dôme de St-Paul, privilège exclusif pour lui et sa famille
(Biographie universelle, Tome 6, 1841 - books.google.fr). "sectes"
Si Nostradamus avait écrit ce quatrain, et s'il s'agissait d'Elizabeth Barton, ceux qui sont "occis" ne peuvent être catholiques, puisque
les catholiques, comme Nostradamus, ne se considèrent pas comme sectaires. Alors qu'elles sont ses "sectes" ?
Newton était unitarien. Il était aussi un traditionaliste au conformisme raisonnable, membre de l'Eglise anglicane et président de la Société
Royale. Il distinguait nettement religion et philosophie. «Nous ne devons pas introduire la philosophie dans notre foi, ni la religion dans notre travail de savant»
(p. ex. à la Société Royale). Il était un «séparatiste» et non un «pansophiste». Pourtant dans son esprit il n’y avait pas de compartimentage. Etudier la nature
relevait pour lui de l’obéissance au Père céleste; il s’agissait d’une obligation morale, et non utilitaire. Il cherchait une seule structure unifiante, valable
également pour les sciences physiques
(Jan van Goudoever, Jacques Blondel, La religion d’Isaac Newton. In: Études théologiques et religieuses, 64e année, n°1, 1989 - www.persee.fr,
Robert Wallace, Antitrinitarian biography, 1850 - www.teleiosministries.com). Parmi les martyrs de l'antitrinitarisme, Michel Servet (1511 - 1553), brûlé dans la Genève de
Jean Calvin, incarne pleinement l'Humanisme de la Renaissance : découverte de la petite circulation du sang (pulmonaire) et remise en question du sens des textes sacrés
(en.wikipedia.org - List of Unitarian martyrs,
fr.wikipedia.org - Michel Servet). |