Le comte d'Argyll et le duc d'York

Le comte d'Argyll et le duc d'York

 

II, 67

 

1680-1681

 

Le blonde au nez forche viendra commetre

Par le duelle & chassera dehors :

Les exilés dedans fera remetre,

Aux lieux marins commetant les plus forts.

 

II, 68

 

1681

 

De l'Aquilon les efforts seront grands

Sur l'Océan sera la porte ouverte

Le règne en l'isle sera réintégrant.

Tremblera Londres par voiles découvertes.

 

"forche" pour fourche ou force (G.F. Burguy, Grammaire de la langue d'oil: au Grammaire als diclectes francais any XIIe et XIIIe siècles, 1856 - books.google.fr).

 

Un nez fourchu est inconnu à part dans le nom d'un caméléon. Les fourches patibulaires désignent le gibet.

 

"Cheveux blonds"

 

Un peu au-dessus de la taille ordinaire, figure allongée, teint clair, cheveux blonds, physionomie agréable, à des sentiments profondément religieux, Jacques II joignait une intrépidité peu commune. Nos deux grands capitaines, Turenne et Condé, disaient en parlant de lui. « Si jamais fut au monde un homme inaccessible à la peur, c’est assurément le duc d’York ». Il existe sur sa personne certaines anecdotes assez malignes, mais aux-quelles ses adversaires mêmes ne prêtent aucune importance. Si nous reproduisons les suivantes, c’est uniquement sous bénéfice d’inventaire : Un rimeur faisant allusion au séjour de ce roi, à Saint-Germain-en-Laye, composa ce quatrain : C'est ici que Jacques second / Sans ministre et sans maîtresse, / Le matin allait à la messe / Et le soir allait au sermon. Voltaire rapporte que l’archevêque de Reims, frère de Louvois. dit tout haut, au château-vieux de Saint-Germain, dans l’antichambre de Jacques II : « Voilà un bon homme qui a quitté trois royaumes pour une messe. » (Siècle de Louis XIV) (J. Dulon, Jacques II Stuart : sa famille et les Jacobites à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise), 1897 - archive.org).

 

Le roi d'Angleterre est revenu à Londres, abandonné de ses plus fidèles en apparence; il avoit un furieux saignement de nez : s'il avoit été où il avoit dessein d'aller, on l'eût mis entre les mains du prince d'Orange. Il a été pressé de promettre un parlement libre pour le mois qui vient : on dit que c'est sa perte assurée (Lettre de Madame de Sévigné à Madame de Grignan, 13 décembre 1688)

 

Le Roi (d'Angleterre), en arrivant à Salisbery, fut surpris d'un grand rhume et d'un saignement de nez, qui l'obligèrent à se mettre au lit et à faire quelques remèdes. Ce contre-temps, qui paroissoit fort fâcheux, donna occasion à la découverte d'une conspiration faite par quelques seigneurs, pour enlever Sa Majesté durant qu'elle feroit la revue de ses troupes. (Gazette du 18 décembre, en date de Londres, le 9.) (Louis Jean Nicolas Monmerqué, Lettres de Madame de Sévigné: de sa famille et de ses amis, Tome 8, 1862 - books.google.fr).

 

Tous les exilés anglais acceptèrent avec joie Monmouth pour leur chef, mais il y avait une autre classe d'émigrés qui n'était pas disposés à reconnaître son autorité. Une administration pire qu'on n'en vit jamais dans la portion méridionale de notre île, avait chassé d'Écosse sur le continent bon nombre de fugitifs dont le zèle politique et religieux s'était enflammé en proportion de l'oppression qu'ils avaient eu à subir. Ces hommes-là avaient peu de goût pour un chef anglais; dans l'exil et dans la misère ils avaient conservé les scrupules de l'orgueil national, et ils n'auraient pas consenti à ce que leur pays descendît, par leur fait, au rang de province. Ils avaient donc un capitaine à eux, Archibald, neuvième comte d'Argyle, chef de la grande tribu des Campbell, et connu parmi les populations des montagnes d'Écosse sous le nom orgueilleux de Mac Callum More. Son père, le marquis d'Argyle, en qualité de chef des Covenantaires écossais, contribua grandement à la ruine de Charles Ier, et, aux yeux des royalistes, il n'avait pas suffisamment expié cette offense en accordant à Charles II le vain titre de roi et une prison d'État à Holyrood. Après le retour de la famille royale, le marquis fut mis à mort; son marquisat s'éteignit, mais on permit à son fils d'hériter de son titre de comte, et il se trouvait ainsi un des nobles les plus considérables d'Ecosse. La conduite du comte, pendant les vingt années qui suivirent la Restauration, fut, à son propre dire, criminellement modérée; il s'était bien opposé, en quelques circonstances, à l'administration qui opprimait son pays, mais cette opposition avait toujours été faible et prudente. Ses condescendances en matière religieuse avaient scandalisé les rigides presbytériens, et quand les Covenantaires, poussés à bout par les persécutions, se soulevèrent, bien loin de montrer des dispositions à la résistance, il mit en campagne pour le soutien du gouvernement un nombre considérable de ses vassaux. Telle avait été la conduite politique d'Argyle jusqu'au moment où le duc d'York, armé de toute l'autorité royale, arriva à Édimbourg. Ce despotique vice-roi s'aperçut bientôt qu'il ne pouvait pas compter sur l'appui absolu du comte; et comme le chef le plus puissant du royaume écossais ne pouvait être gagné, on résolut de se défaire de lui, sous des prétextes si frivoles, que l'esprit de chicane et l'esprit de parti mêmes s'en révoltèrent. On lui fit son procès pour crime de trahison. Il fut convaincu et condamné à mort. Les partisans des Stuarts ont affirmé, depuis, qu'on n'avait jamais eu l'intention d'exécuter la sentence, qu'on avait simplement voulu effrayer le comte et le forcer ainsi à abandonner sa puissante juridiction dans les Highlands. On ne peut décider aujourd'hui si Jacques eut, comme l'en accusèrent ses ennemis, la volonté de commettre un meurtre, ou simplement, comme l'affirmèrent ses amis, l'intention de commettre une extorsion à l'aide d'une menace de mort. « Je ne connais pas les lois écossaises, » dit à ce sujet Halifax au roi Charles, « mais je sais bien qu'ici on ne pendrait pas un chien pour les raisons qui ont fait condamner lord Argyle ». A l'aide d'un déguisement, Argyle put gagner l'Angleterre, et de là la province de Frise en Hollande, où jadis son père avait acheté une petite propriété, comme refuge pour sa famille en cas de guerre civile. On disait parmi les Écossais que cette acquisition avait été faite à cause de la prédiction d'un prophète celtique, auquel il avait été révélé qu'un jour viendrait où Mac Callum More serait chassé de l'ancien château de ses pères, à Inverary. Mais il est probable que les enseignements de son époque eurent plus d'effet sur le politique marquis que la révélation du prophète. Le comte Archibald se tint pendant quelque temps si tranquille dans la Frise, qu'on ignora généralement le lieu de sa retraite. Toutefois, il entretenait une correspondance avec ses amis, prenait part à la conspiration des Whigs, et concertait avec les chefs un plan d'invasion en Écosse. Ce plan, qu'il avait abandonné lors de la découverte du complot du « Rye-House », devint, après la mort du feu roi, le sujet de toutes ses pensées (Thomas Babington Macaulay, Histoire d'Angleterre depuis l'avénement de Jacques II, Tome 1, 1853 - books.google.fr).

 

Mais les temps de cette vertu n'étaient pas nés, pas plus en Angleterre qu'en France. Les Anglais qui s'indignaient justement des persécutions que Louis XIV faisait alors subir aux protestants, ne voulaient pas de tolérance pour les catholiques, et la Chambre, à la colère du roi, le mit en demeure de faire exécuter les lois pénales contre tous ceux qui n'appartenaient pas à l'Église d'Angleterre.

 

C'est d'Écosse que devaient venir les difficultés sérieuses. L'Écosse loyaliste avait bien accueilli la Restauration, mais depuis 1666, il y régnait une agitation constante. La cause en était avant tout et comme toujours, religieuse. Le Conseil privé d'Écosse avait entrepris d'expulser de leurs cures les non conformistes; comme les ministres protestants en France, ceux-ci tenaient des réunions religieuses ou conventicules dans quelque champ pierreux, ils étaient masqués et gardés par des veilleurs, par crainte des espions dont le pays était rempli. A cette agitation religieuse se joignit le mécontentement causé par la politique économique ; le commerce avec l'Angleterre avait été aboli, et les Écossais n'y pouvaient plus vendre leur blé ni leur bétail; la guerre avec la Hollande leur fermait le marché hollandais. Des troubles avaient lieu un peu partout. Lauderdale, chargé de l'administration, était un royaliste enragé qui voulait faire de Charles « le maître en toutes causes et de toutes personnes ». L'archevêque Sharp fut assassiné, c'est alors qu'il fallut envoyer en Écosse Monmouth, puis le duc d'York. On devine quelle guerre le duc fit aux non conformistes. Un parti s'organisa alors qui, du nom d'un de ses chefs, Richard Cameron, l'autre était Donald Cargill - s'appela les Cameronians. Ils levèrent hardiment l'étendard de la révolte contre Charles II. Le duc d'York renvoyé en Ecosse y fit voter par les États un bill déclarant que le catholicisme ne pouvait être une cause d'exclusion et il imposa pour tous les emplois un Test et il est piquant de voir le duc d'York, hostile au Test en Angleterre, l'imposer en Écosse ;il est vrai que ce serment était tel qu'on y jurait à la fois d'être presbytérien, épiscopalien et catholique romain. Argyll refusa de le prêter, fut poursuivi et s'échappa en Hollande. C'est ce comte qui, en 1685, entreprit de soulever l'Écosse. La situation était favorable, les persécutions redoublaient, l'Écosse était en proie aux dragonnades de Graham de Claverhouse. Argyll s'aboucha à Amsterdam avec Monmouth. Les conspirateurs s'aperçurent bientôt qu'il serait fort difficile de faire collaborer Écossais et Anglais à une expédition commune; il fut donc décidé qu'Argyll agirait avec les Écossais sur la côte occidentale d'Écosse et que Monmouth débarquerait en Angleterre. Jacques II, informé de ces préparatifs, pressa le gouvernement hollandais de les arrêter. La complication, la lenteur de la machine gouvernementale hollandaise ne permirent aucune mesure. Argyll mit à la voile le 2 mai, arriva aux Orcades le 6, puis parut sur les côtes, mais l'adversaire était prévenu et se gardait. Argyll voulait débarquer dans son comté, il ne le put; il remonta la vallée de la Clyde, mais ne tarda pas à être arrêté et exécuté. Monmouth avait débarqué à Lyme, sur la côte sud-ouest de l'Angleterre. Il y arbora un drapeau bleu, couleur des whigs. Beaucoup de yeomen, de marchands l'appelèrent le roi Monmouth; mais une armée avait été envoyée contre lui, les milices locales étaient convoquées et les troupes du prince étaient composées d'aventuriers ou de jeunes gens sans expérience de la guerre. Après quelques marches, il fut arrêté par Feversham à la bataille de Sedgmoor, la dernière bataille qui ait eu lieu sur le sol de l'Angleterre; il s'enfuit précipitamment et gagna Bristol; il erra quelque temps dans le sud, fut fait prisonnier, essaya de fléchir le roi, mais se heurta au « cœur de marbre » de Jacques II; il fut exécuté par un bourreau inquiet et tremblant qui le manqua plusieurs fois; il devint aux yeux des Anglais le martyr du protestantisme. La répression fut terrible, tous ceux qui, de près ou de loin, hommes ou femmes, avaient été compromis, furent envoyés à l'échafaud, ce fut la tournée de Jeffreys ou les assises sanglantes. Dans le sud, Dans le sud, le colonel Kirke présidait un tribunal militaire non moins expéditif : 320 personnes furent mises à mort, 800 condamnées à la transplantation. Les dames de la cour trafiquaient des grâces. Jacques triomphait. Il se crut dorénavant le maître et ne garda plus aucune mesure; il annonça aux Communes qu'il avait dispensé certains officiers du Test. Devant l'opposition du Parlement, il le prorogea; aucun Parlement ne fut plus réuni sous son règne.

 

[En échange d'une Déclaration d'Indulgence pour les catholiques et quakers écossais en 1686, généralisée l'année suivante, Jacques II accordait la liberté de commerce avec l'Angleterre.]

 

Il fit publier les lettres de Charles II qui montraient que ce prince avait été catholique. Personne ne doutait plus d'un plan de restauration de l'Église romaine. Louis XIV comprenait qu'il ne pouvait compter sur l'Angleterre tant qu'elle aurait un Parlement ; il encourageait le roi dans sa politique absolutiste. Des conseils plus sages lui venaient de Rome; Innocent XI, mieux renseigné par  le nonce, comprenait quel danger la conduite de Jacques II faisait courir à la couronne et - l'engageait à la prudence. Du côté whig, on ne sut former qu'un projet grotesque : Rochester  imagina de se servir de Catherine Sidley, maîtresse du roi, pour le ramener à l'Église protestante. Rochester était un anglican convaincu ; on a de lui des méditations religieuses écrites au moment même où l'un des agents de Louis XIV, Bonrepaux, signalait cette étrange combinaison que la reine sut déjouer. Jacques II s'efforça alors d'introduire les catholiques dans l'Église anglicane ;il rétablit la cour de haute commission religieuse, essaya de convertir ses sujets et ne convertit que l'avide Dryden. Puis il s'efforça de se rallier les puritains et y fut aidé par Penn. Son plan semble avoir été d'amener l'Angleterre à tolérer les catholiques; il rendit la fameuse Déclaration d'Indulgence (4 avril 1687) par laquelle il suspendait toutes les pénalités contre les catholiques et les dissidents. Il faut bien convenir que cet acte était fort louable en soi et fait un parfait contraste avec la révocation de l'édit de Nantes. Mais personne n'était en état de le comprendre et le roi semblait prendre à tâche d'exaspérer l'opinion en exerçant une pression sur les Universités pour y faire entrer des professeurs catholiques. Cette ingérence royale avait des précédents, cependant Cambridge et Oxford se soulevèrent. Ce qui manquait le plus à Jacques II, c'était l'intelligence des sentiments de ses sujets. Le roi voulut préparer les voies à de nouvelles élections; comme il ne pouvait douter  qu'elles lui fussent hostiles, il entreprit de les faire faire sous la pression de ses agents et pour cela transforma les administrations locales par une série de coups de force et de destitutions. Puis il renouvela la Déclaration d'Indulgence et ordonna au clergé de la lire en chaire. Il se heurta à une énergique résistance; les évêques rédigèrent une protestation; ils furent arrêtés, cités au banc du roi, acquittés à la grande joie du peuple et aux acclamations des soldats.

 

C'était le commencement de la Révolution. Un fait nouveau se produisit, inattendu, bien que parfaitement naturel et légitime, une grossesse de la reine; celle-ci avait déjà donné au roi plusieurs  enfants qui n'avaient pas vécu. Après un délai de cinq années, on annonça cette nouvelle grossesse. Chose étrange, et qui ne peut s'expliquer que par la passion politique : le peuple refusa d'y croire. Jusqu'ici le peuple avait toléré un roi catholique, dans la conviction que c'était un accident passager et qu'avec sa fille Marie, femme du protestant Guillaume d'Orange, le danger d'une restauration catholique serait définitivement écarté. Aussi le peuple vit-il dans une grossesse qui venait déranger toutes ses espérances, une machination des Jésuites. L'ambassadeur de l'empereur, Hoffmann, déclarait nettement à son maître que si l'enfant à naître était un fils, cet événement, loin de consolider la monarchie, en amènerait la ruine (Henri Prentout, Histoire d'Angleterre: depuis les origines jusqu'en 1919, 1920 - books.google.fr).

 

Dans la Lettre à Henry, Aquilon pourrait signifier le Saint Empire Germanique, comme dans des écrits prophétiques médiévaux, mais par rapport à l'Angleterre, l'Aquilon ou le Nord désignerait l'Ecosse.

 

The name derives from Old Gaelic airer Goídel (border region of the Gaels). The early 13th-century author of De Situ Albanie explains that "the name Arregathel means margin (i.e., border region) of the Scots or Irish, because all Scots and Irish are generally called Gattheli (i.e. Gaels), from their ancient warleader known as Gaithelglas."However, the word airer naturally carries the meaning of the word 'coast' when applied to maritime regions, so the placename can also be translated as "Coast of [the] Gaels" (en.wikipedia.org - Argyll).

 

Le ministre espagnol rapporta à son gouvernement, et par l'intermédiaire de son gouvernement au pape, qu'aucun Catholique ne devait se sentir de scrupule de conscience au sujet de la dernière révolution d'Angleterre, que Jacques était seul responsable des dangers auxquels étaient exposés les membres de la véritable Église, et que Guillaume seul les avait sauvés d'une persécution sanguinaire. Les princes de la maison d'Autriche et le souverain pontife apprirent donc avec une satisfaction à peu près sans mélange que le long vasselage de l'Angleterre était terminé. Quand on sut à Madrid que Guillaume était en pleine voie de succès, une seule voix dans le conseil d'État espagnol s'éleva pour exprimer quelques faibles regrets que cet événement, qui au point de vue politique était très-heureux, fût préjudiciable aux intérêts de la véritable Église. Mais la politique tolérante du prince apaisa bientôt tous les scrupules, et les dévotieux grands d'Espagne virent avec presque autant de satisfaction que les Whigs anglais son élévation (Thomas Babington Macaulay, Histoire d'angleterre depuis l'avenement de Jacques II, Volume 2, traduit par Émile Montégut, 1854 - books.google.fr).

 

Le terme "réintégrant" n'aurait pas le sens moderne de retour mais de redevenir entier (cf. Gui de Chauliac du latin "integrans" qui rend complet).

 

La Restauration de 1660 amena le rétablissement des trois royaumes séparés et des instances politiques qui leur étaient propres. Mais la lutte s'éternise et les années 1681 à 1685 voient de telles atrocités qu'elles garderont le nom de temps des tueries, the Killing Times.

 

Le patronyme Campbell est établi en Argyll à la fin du XIIIe siècle. En 1445, un premier Campbell acquiert le titre de seigneur. Un autre, Colin Campbell est anobli à titre de comte d' Argyll en 1457 ; plus tard, il est devenu baron de Lorn. Au cours des siècles, divers chefs du clan Campbell ont joué les rôles principaux dans les histoires écossaise et britannique. Pendant les guerres de l'indépendance écossaise, le clan Campbell combat auprès du roi Robert le Bruce d'Écosse. En retour, le roi accorde aux Campbell les terres de ceux qui s'étaient opposés à lui à la bataille de Halidon Hill en 1333. Pendant des siècles, de nombreux conflits ont opposé le clan Campbell à d'autres clans. En 1296, lors de la bataille de Red Fort, les MacDougall saisissent le château des Campbell dont le chef est abattu et son corps est transporté à l'église St. Peter the Deacon at Kilchrenan, près de Loc Awe. En 1513, le clan Campbell combat aux côtés du roi écossais James IV, contre une armée anglaise. Le 10 sept. 1547, le Black Salurday, les Campbell combattent les Anglais dans la bataille de Pinkie Cleugh. En 1567, un conflit oppose les MacDonald au clan MacArthur, leurs voisins, qui, en tentant de se défendre, périssent noyés dans le Loc Awe ; en 1970, une ancienne épée a été retrouvée sur les rives de ce lac. L'année suivante, ils combattent contre les forces de la reine Marie Stuart à la bataille de Langside. En 1594, les Campbell et leurs alliés, les Atholl, Chatan, MacKintosh et Forbes, sont battus par les forces composées des clans Gordon, Cumming et Cameron. En 1640, ils attaquent le clan Munro. Le 2 mai 1644, le château des Irvine passe entre les mains des Campbell. En 1645, lors de la bataille de Inverlochy, 1500 Macdonald et MacLean battent 3000 Campbell qui, l'année suivante, envahissent le clan Lamont, détruisent leurs deux châteaux et abattent 200 hommes, femmes et enfants. Au siège du château Duart, en 1647, les Campbell sont battus par les MacLean. L'année suivante, ils combattent à la bataille de Stirling avec le marquis d'Argyll. Lors de la bataille d'Altimarlech, en 1678, un si grand nombre de Sinclair sont tués par les Campbell qu'ils ont pu traverser la rivière sans se mouiller les pieds ; trois ans plus tard, les Sinclair ont repris leurs terres grâce à un ordre du Parlement. En 1678, les Cambell envahissent les terres du clan MacLean sur l'île de Mull. En 1692, soixante-dix-huit Macdonald sans armes sont tués par le clan Campbell après avoir apprécié leur hospitalité pendant plus d'une semaine. En 1715, lors de la bataille de Sheriffmuir, le clan Campbell combattent les Macdonald. Pendant le soulèvement jacobite de 1745-1746, les Campbell soutiennent les Britanniques et sont victorieux (Jeannine Ouellet, Des Écossais à Rivière-du-Loup et leurs descendants, 1763-2004, 2006 - books.google.fr).

 

Jacques II tremblera non pas à cause de la rébellion d'Argyll et Monmouth mais par le débarquement de Guillaume d'Orange, mari de la fille du roi d'Angleterre Marie, en 1688, année où il saignera du nez (cf. quatrain II, 87). C'est sous la reine Anne, seconde fille de Jacques II, que le royaume d'Ecosse cesse d'exister pour devenir partie du Royaume Uni de Grande-Bretagne en 1707 (Abigael Brisou-Nowik, Écosse, Guides Marcus, 1998 - books.google.fr).

 

Sanguinaire

 

"The sanguinary punishments of the English law against priests and Jesuits were edged by something even keener than the fear of treason" (Dean Church on Bacon's Observations on a Libel).

 

That bold bad man, whose favour is the great reproach of Elizabeth's reign, the earl of Leicester, and the sagacious, disinterested, inexorable Walsingham, were deemed the chief advisers of sanguinary punishments. But, after their deaths, the catholics were mortified to discover that lord Burleigh, from whom they had hoped for more moderation, persisted in the same severities (Henry Hallam, The constitutional history of England, Tome I, 1850 - books.google.fr).

 

The forme of an Act agreed upon by the Committee and Lords of the Articles to be brought into the Parliament of Scotland in favour of the Roman Catholics: The States of Parliament takeing into their serious consideration his Majesties desire exprest in his gratious letter directed to them for granting ease and relief to Subjects of the Popish perswasion. And that although there are Severall Lawes and Acts of Parliament, containing Sangainary and other punishments against Papists, yet such has been the force of Christian Charity, and the meakness and lenety of the Protestant Religion that those lawes have seldome or never been put in Execution since the Reformation by those religious predecessours. And as the States of Parliament are firmly resolved to adheare to the true Protestant Religion by law Established within this Kingdome and which is, and alwaies shall be dearer to them then all Worldly concerns, Yet so far as their Religion and Conscience will allow, being willing to yield in humble and dutyfull complyance with his Majesties desire, Therefore his Majestie with the advice and Consent of the States of Parliament Statutes and Ordaines that those of his Majesties Subjects of the Romish Religion are and shall be under the protection of his Majesties Government and lawes for their private and civill interest and shall not for the Exercise of their Religion in their private houses (all publick Worship being hereby excluded) incur the danger of Sanguinariae or other punishment contained in any lawes or Act of Parliament made against the same. It is alwayes hereby declared that this immunity and forbearance granted to Papists for the Exercise of their Religion in their private houses allenerly shall no wise import any allowance or approbation of their religion or anywise evict infringe or prejudge the lawes and Acts of Parliament made against Popery, or in favour of the Protestant Religion (The History of the State and Sufferings of the Church of Scotland, from the Restoration to the Revolution, Tome 2, William Crookshank, 1749 - books.google.fr, Mark Goldie, The Entring Book of Roger Morrice (1677-1691): The reign of James II 1685-1687, Parliamentary History Yearbook Trust, 2007 - books.google.fr).

 

Après avoir soumis ce texte au Parlement écossais, Jacques II le proroge (anglais prorogue : discontinue a session of (a parliament or other legislative assembly) without dissolving it) comme il avait fait du Parlement anglais en 1685 (John Lingard (1771-1851), A History of England, From the First Invasion by the Romans to the Accession of William and Mary in 1688 - Volume X, 1874 - books.google.fr).

 

William Penn, fondateur de la Pennsylvanie, était le fils du chevalier Penn, Vice-Amiral d'Angleterre et favori du duc d'York, futur Jacques II et Grand Amiral.

 

Penn, who himself had been confined in England for his Quaker beliefs, abolished the severe criminal code, instituted by the Duke of York, that was in effect in other parts of British North America. Upon Penn's death, conservative elements in the colony and in England reintroduced many of the more sanguinary punishments. As late as 1780, punishments such as the pillory and hanging were carried out in public (Norman Johnston, The World's Most Influential Prison, Corrections: A Text/Reader, 2012 - books.google.fr).

 

La semence d'une première sanguinaire, plante connue sans doute de Nostradamus qui herborisa beaucoup, "fourche et s'étale tel un pied" d'oiseau. La plante fait saigner du nez. La seconde sanguinaire appelée aussi bourse à pasteur arrête les saignements de nez.

 

bursa pastoris ou bourse-à-pasteur, que l'on nomme aussi sanguinaire parce qu'elle arrête les saignements de nez, a des feuilles semblables à celles de la petite roquette et des semences qui rappellent des bourses. Elle croît au bord des chemins. On doit la cueillir au mois de juin, à la lune descendante. Elle a des vertus cachées et secrètes. Pour arrêter les saignements de nez, il faut que le patient en tienne dans la main droite deux branches l'une sur l'autre. A ceux qui ont des ruptures et des relâchements de veines, il convient de donner à boire à jeun de sa poudre dans un très bon vin. [...] Quand quelqu'un saigne du nez, lui donner à tenir cette herbe dans la main opposée au côté du saignement (s'il saigne de la narine droite, il faut qu'il la tienne de la main gauche). La poudre de cette herbe accompagnant les aliments est bonne pour ceux qui sont blessés ou ont des veines rompues ; de même son jus (ou un coton trempé dans son jus) arrête tout saignement de nez.

 

Sanguinaire, digitaire : On donne le nom de sanguinaire à deux herbes : à l'une parce qu'elle fait saigner et à l'autre parce qu'elle arrête le Sang. Mais, ici, c'est de la première que nous parlerons. On l'appelle aussi pied-d'oiseau parce que sa semence fourche et s'étale tel un pied de cet animal. Qui introduit une branche ou un épi de cette herbe dans le nez le fait aussitôt saigner. Elle est recommandée dans les cas de pesanteur provoquée par surabondance de sang. Contre les morsures de chiens enragés, elle est efficace broyée avec du pain, et appliquée en emplâtre (Le livre des simples médecines: d'après le manuscrit français 12322 de la Bibliothèque nationale de Paris, traduit par Ghislaine Malandin, 1986 - books.google.fr).

 

L'attestation du XVe s. est celle du Grant Herbier, 157. Le n° 416 y est consacré à la « Sanguinaire », en latin « Sanguinaria ». Citons: « De la première [sanguinaire] parlons cy endroit, et l'appelle l'en autrement galligrus ou pié de oison, pour ce que sa semence se espart et fourche comme le pied d'ung oison ». Il s'agit donc d'une plante à épis digités, du nom latin de « galligrus », dont on sait qu'« elle fait saignier ». C'est une graminée, la Digitaria sanguinaria Scop., selon l'éditeur G. Camus, qui rapproche du texte quelques lignes de Mattioli et signale que la miniature représente bien cette plante. On peut ajouter que les termes latins de gallicrus et de sanguinaria désignent probablement cette même digitaire, André 146. L'identification de « pié de oison » (XVe s.) a donc toutes les chances d'être juste dans le FEW (Französisches Etymologisches Wörterbuch de W. von Wartburg). Comme « pié de oison » traduit fort mal gallicrus, on peut supposer que le traducteur du Grant Herbier utilise ici une forme du français populaire de son temps (Raymond Arveiller, Noms de plantes français au XVIème siècle, XIV Congresso Internationale Di Linguistica e Filologia Romanza: Napoli, 15-20 Aprile 1974, 1978 - books.google.fr, Le Grant herbier En françoys contenant les qualitez vertus et proprietez des herbes arbres gommes et semences, 1521 - books.google.fr).

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