La Grande Prostituée

La Grande Prostituée

 

II, 73

 

1684-1685

 

Au lac Fucin de Benac le rivage

Prins du Leman au port de l'Orguion :

Nay de troys bras predict belliq image,

Par troys couronnes au grand Endymion.

 

"Benac le rivage"

 

Giorgio Jodoco Bergano poète latin, est auteur d'un poème en vers hexamètres intitulé : Benacus, Vérone, 1546, in-4, avec une carte représentant les contours de ce lac (aujourd'hui le lac Garda), célébré par Virgile et Catulle. Le poème de Bergano, très rare, est recherché des curieux (Biographie universelle, Tome 1, 1838 - books.google.fr).

 

Jules-César Scaliger, né à Riva, à la pointe septentrionale du lac de Garde, le 27 avril 1484, c'est-à-dire six ans avant Rabelais, arriva à Agen vers 1524, s'y maria en 1528 avec Andiette de la Roque-Lobejac, dont il eut quinze enfants (Joseph était le dixième), fut naturalisé en mars 1528, nommé médecin ordinaire du roi de Navarre en 1548 et mourut à Agen, dont il n'était plus sorti, le 21 octobre 1558 (L. de Santi, Rabelais à Toulouse, Revue du seizième siècle, Volumes 8 à 9, Société des études rabelaisiennes, 1921 - books.google.fr).

 

Nostradamus a connu Jules Scaliger à Agen.

 

Lac Fucin

 

Le cas du lac Fucin, drain√© sous le r√®gne de Claude est tr√®s int√©ressant ; il montre l'int√©r√™t de replacer une op√©ration dans l'histoire g√©n√©rale des techniques avant de porter sur elle un jugement de valeur. Les interventions romaines se situent √† un moment de l'histoire de l'hydraulique et √† l'int√©rieur d'un syst√®me agricole : elles sont limit√©es par des possibilit√©s techniques. Ce travail a √©t√© pris en exemple. Plus haut nous avons √©voqu√© le drainage du bassin de Mexico : A. Musset rappelle que, dans l'esprit des Espagnols, le drainage des lacs de Mexico, la desag√ľe, devait concurrencer celui du lac Fucin. L'√©poque moderne fournit un autre exemple de ce type de transmission par l'exemple : les papiers de l'architecte Robert de Cotte au XVIIIe si√®cle contenaient, outre une traduction de Frontin, un m√©moire dat√© de 1685 sur l'√©missaire de Claude qui est vraisemblablement li√© au projet de construction d'un canal destin√© √† prot√©ger Paris contre les inondations. Parmi les nombreuses d√©pressions ouvertes dans les massifs d'Ombrie et des Abruzzes, celle d'Avezzano est remarquable par son ampleur. D'origine tectonique, elle a √©volu√© comme un bassin ferm√© de type karstique √† drainage souterrain : l'absence de drainage vers l'ext√©rieur avait d√©termin√© la formation d'un lac qui fonctionna comme un polje avec exutoires lat√©raux. Elle constitue une alv√©ole ferm√©e dont le fond se situe √† 650 m d'altitude ; avant les travaux qui furent r√©alis√©s au XIXe si√®cle, le niveau du lac √©tait tr√®s variable: en 1861, il avait 18,6 m de profondeur; mais en 1916, 21 m et en 1835, seulement, 9,40 m ; la superficie lacustre √©tait de l'ordre de 155 km2¬† Des traces laiss√©es par les niveaux hauts du lac montrent qu'avant les premi√®res interventions romaines contre les crues, le niveau pouvait monter jusqu'√† l'altitude de 690 m. Au XIIIe si√®cle, l'Empereur du Saint-Empire Romain Germanique, Fr√©d√©ric II fit une nouvelle tentative pour assurer le drainage des bords du lac. Mais le probl√®me ne fut r√©gl√© qu'au XIXe si√®cle, en 1862, par l'ing√©nieur Franz Major de Montricher qui, gr√Ęce aux moyens nouveaux de la technique moderne, ach√®va le creusement d'un canal assurant l'√©vacuation totale des eaux du lac. On conna√ģt un certain nombre d'autres exemples d'√©missaires constitu√©s par des galeries souterraines dans les zones volcaniques d'Italie centrale entre le Latium et les Abruzzes: l'√©missaire du lac Albain (398/397 av. J.-C), celui du lac Nemi qui para√ģt contemporain, ceux des lacs de Giulianello et d'Asietino dans le Latium. Cela permettait de gagner √† l'agriculture des terres particuli√®rement fertiles. puits √©taient espac√©s (cas des galeries creus√©es √† grande profondeur). [...] Le percement de l'√©missaire du Lac Fucin est l'un des grands travaux du r√®gne de Claude. [...] C√©sar avait projet√© la d√©fense des rives du lac Fucin contre les inondations mais Auguste avait refus√© malgr√© les pri√®res des Marses Marses, d'entreprendre le creusement d'un √©missaire. C√©sar avait, lui, recul√© devant la d√©pense qu'impliquait la construction d'un port artificiel aux bouches du Tibre et Dion Cassius rapporte que les architectes de Claude esp√©raient que ¬ęl'√©normit√© de la d√©pense l'arr√™terait quand il l'apprendrait. Mais il avait con√ßu une Ňďuvre digne √† la fois de la majest√© et de la grandeur de Rome, et il la mena √† son terme¬Ľ (Histoire Romaine, 60, 1-5). Par la suite, sans doute est-ce bien, comme l'√©crit Pline, par haine de la m√©moire de Claude, que N√©ron laissa inachev√©s les travaux (Histoire Naturelle, 36,24, 125), car il n'h√©sita pas √† tenter de percer le canal de Corinthe et projeta de joindre √©galement par un canal le lac Averne aux Bouches du Tibre (Su√©tone, Vie de N√©ron, 31-5 ; Tacite, Annales, 15, 42 ; Pline, Histoire Naturelle, 17, 31), r√©alisant lui-aussi des projets con√ßus par C√©sar (Su√©tone, Vie de C√©sar, 44 ; Plutarque, C√©sar, 58) et faisant mieux qu'Agrippa qui s'√©tait content√© d'atteindre l'Averne (Philippe Leveau, Mentalit√© √©conomique et grands travaux hydrauliques : le drainage du lac Fucin aux origines d'un mod√®le, Annales, 48-1, 1993 - books.google.fr).

 

Op√©ra magna, potiusque necessaria, quam multa perfecit; sed Tel praecipua, aquarum ductum, a Caio inchoatum : item, emissarium Fucini lacus, portumque Ostiensem (Il entreprit de grands travaux; mais il s'attacha moins au nombre qu'√† l'utilit√©. Les principaux sont l'aqueduc commenc√© par Ca√ģus, un canal d'√©coulement pour le lac Fucin, et le port d'Ostie) (Suetone, Claude, les ecrivains de l'Histoire Auguste, 1855 - books.google.fr).

 

Rh√īne et √©missaires

 

Le lac L√©man (lac de Gen√®ve) est situ√© sur le cours du Rh√īne, au pied du versant nord de la grande cha√ģne des Alpes centrales, dans la partie sud-occidentale de la plaine suisse qui s'√©tend entre les Alpes et le Jura. Il a pour principal affluent le Rh√īne du Valais et pour √©missaire le Rh√īne de Gen√®ve (Fran√ßois Alphonse Forel, Le L√©man: monographie limnologique, Tome 1, 1892 - books.google.fr).

 

Un √©misssaire est chez les Romains un canal creus√© dans la montagne pour donner issue √† l'√©coulement des eaux de certains lacs qui √©taient dans le sol. Les deux plus grands √©missaires qui aient exist√© sont ceux du lac d‚ÄėAlbe et du lac Fucin. Le premier est dans le Latium; il a 72 m. de large, 2m.20 a 40 de haut, et 2 kil. 235 m. de long; il est enti√®rement creus√© dans la roche Volcanique. Le second, dans l'Abruzze cit√©rieure, a 3m.25 de largeur, 6 √† 7 m. de hauteur et 4 kil. 440 m. de longueur (Lucien Lanier, L'Europe : Choix de lectures de g√©ographie, 1896 - books.google.fr).

 

Le lac de Garde ou Benaco (360 kilom. car.) traversé par la frontière austro-italienne a pour émissaire à Peschiera le Mincio qui coule au nord jusqu'aux trois lacs de Mantoue, environnés de marécages (Lucien Lanier, L'Europe: Choix de lectures de géographie, 1886 - books.google.fr).

 

Le lac de nemi, miroir de Diane, a son emissarium (C. M. C. Green, Roman Religion and the Cult of Diana at Aricia, 2007 - books.google.fr).

 

L'émissaire du lac de Nemi et celui du lac Fucin sont conçus suivant le même principe (René Cagnat, Victor Chapot, Manuel d'archéologie romaine, Tome 1, 1916 - books.google.fr).

 

Orgon

 

Orguion : d√©signe peut-√™tre le Grau d'Orgon en Camargue o√Ļ d√©bouche (port) l'un des trois bras du fleuve, le Rh√īne, n√© dans le L√©man (Jean-Paul Cl√©bert, Nostradamus, mode d'emploi: la cl√© des proph√©ties, 1981 - books.google.fr).

 

L'atlas d'Abraham Ortelius, achev√© et √©dit√© en 1603 sous le titre de Theatrum orbis Terrarum, renferme une carte tr√®s-ant√©rieure √† cette date et portant ce titre : Galliae Regni potentiss : nova descriptio, Joanne Joliveto auctore. [...] La carte de Jean Jolivet, Galliae regni potentiss. nova descriptio, nous montre les trois bras du Rh√īne (Ernest Desjardin, G√©ographie de la Gaule romaine, Tome 1, 1876 - www.mom.fr).

 

On suppose g√©n√©ralement que l'embouchure du Petit-Rh√īne a de tout temps exist√© au grau d'Orgon. Astruc, dans ses M√©moires pour l'histoire naturelle du Languedoc, dit express√©ment (page 49) que le Rh√īne n'a jamais eu, ni pu avoir que les deux embouchures qu'on lui conna√ģt actuellement : ¬ę car, ajoute-t-il, l'embouchure ¬ę par o√Ļ le canal qui passe √† Peccais entre dans la mer , est une ¬ę embouchure moderne et faite de main d'homme, comme il para√ģt ¬ę par le nom de grau neuf qu'elle porte. ¬Ľ Il r√©sulte cependant, avec la derni√®re √©vidence, de l'enqu√™te qui fut faite sous Fran√ßois Ier, en 1532, qu'√† cette √©poque, comme pr√©c√©demment, le Petit-Rh√īne se dirigeait tout entier dans les √©tangs situ√©s au sud d'Aiguesmortes. Dans cette enqu√™te, on avait √©mis l'avis de construire des ouvrages en pierre au lieu, √©st-il dit, o√Ļ se d√©part icelle rivi√®re, qui d'une partie passe devant la ville d'Arles, et l'autre devant le lieu de Fourques, et de l√† vient descendre au port d'Aiguesmortes. Ces ouvrages devaient servir √† rejeter, dans la premi√®re de ces branches, une partie des eaux qui, affluant en trop grande abondance dans l'autre, venaient encombrer le port de sables et de limons. Si l'embouchure du grau d'Orgon e√Ľt alors exist√©, il est √©vident que les ouvrages jug√©s n√©cessaires pour diminuer le volume des eaux aboutissant au-dessous de Peccais, n'auraient pas d√Ľ √™tre ex√©cut√©s vers Fourques, mais √† Silver√©al, c'est-√†-dire √† l'endroit o√Ļ cette troisi√®me branche, devenue aujourd'hui un simple canal, se serait d√©tach√©e du Petit-Rh√īne pour se diriger vers Aiguesmortes. Il nous para√ģt donc bien d√©montr√©, comme du reste l'a pens√© Alexandre Esparron (v. le M√©moire pr√©liminaire de son recueil manuscrit), que lorsque le grau neuf eut √©t√© ferm√© par les sables de la mer, le Petit-Rh√īne, qui ne trouvait plus l√† d'embouchure facile, rompit ses digues aupr√®s de Silver√©al, et se d√©chargea dans l'√©tang d'Orgon, d'o√Ļ il s'ouvrit un nouveau passage √† la M√©diterran√©e. Nous avons sous les yeux une carte dress√©e par Jean Bompar, en 1591, dans laquelle la branche d√©bouchant au grau d'Orgon est d√©j√† indiqu√©e, mais beaucoup plus faible que celle dont le cours aboutissait aux environs d'Aiguesmortes. Une autre carte plus ancienne, intitul√©e : La vera Descrizione di tutta la Francia e la Spagna, 1542, et qui se trouve √† la Biblioth√®que nationale, ne pr√©sente que deux branches du Rh√īne, l'une passant pr√®s d'Arles et l'autre pr√®s d'Aiguesmortes. Quoique Pline ait donn√© trois embouchures au Rh√īne, les anciens g√©ographes, Strabon, Ptol√©m√©e, etc., ne lui en ont jamais reconnu que deux (F. Em. di Pietro, Histoire d'Aiguesmortes, 1849 - books.google.fr).

 

C'est en 1532 que Fran√ßois Ier, pour prot√©ger les grandes salines de Peccais des crues du fleuve, fit creuser directement vers le sud la d√©rivation qu'on a appel√©e le Rh√īne-Vif, aboutissant √† la M√©diterran√©e au Grau Neuf, et, c'est depuis cette √©poque seulement que les eaux et les alluvions du Petit-Rh√īne disparurent de la r√©gion situ√©e au sud d'Aigues-Mortes. Enfin, c'est plus tard encore que le fleuve, abandonnant son ancien lit √† Silver√©al, s'√©lan√ßa droit au sud-est, √† travers le monde d'√©tangs de la Petite-Camargue, pour venir aboutir au Grau d'0rgon, son embouchure actuelle (La G√©ographie, Volume 24, 1911 - books.google.fr).

 

En 1552, lors d'une crue, la presque totalit√© des eaux emprunta ce passage plus commode pour le fleuve. C'est ainsi qu'apparut le Rh√īne d'Orgon, segment terminal du petit Rh√īne, d√©bouchant √† la mer au grau d'Orgon. De nos jours, la promenade sur ce fleuve indolent enchante. Pass√© le bac du Sauvage, l'eau, √† bout de forces, s'endort, lov√©e clans le merveilleux m√©andre Saint-Antoine. Franchi enfin le grau, seuil incertain entre deux mondes aquatiques, c'est maintenant l'emprise des vagues... En ce lieu m√™me disparut, apr√®s le XVIIIe si√®cle, l'√ģle d'Orgon... La date de 1552 signe donc l'arr√™t de toute activit√© du Rh√īne de Peccais dans le golfe d'Aigues-Mortes, tant le volume d'eau d√©tourn√© √©tait grand et, par-l√†, les apports nourriciers. Si la Petite Camargue ne re√ßoit plus d√©sormais sa quotepart du fleuve, c'est la mer, et elle seule, qui va lui apporter les mat√©riaux qui continuent toujours √† l'enrichir (Cl√©ment Martin, L'√éle de Camargue : histoire d'un pays singulier, 1988 - books.google.fr).

 

En 1532, la d√©viation artificielle des eaux du Rh√īne de Saint-Roman a permis de former le Rh√īne Vif (M√©nard, 1753). L‚Äôobturation du Rh√īne Vif s‚Äôest produite en 1552 (Kruit, 1955) lorsque les eaux d‚Äôune crue de d√©bordement se sont engouffr√©es dans la prise d‚Äôeau creus√©e plus √† l‚Äôest par les habitants des Saintes-Maries-de-la-Mer. Le nouveau lit du Rh√īne, l‚Äôactuel Petit Rh√īne, a d√®s lors constitu√© son embouchure au Grau d‚ÄôOrgon. Cette date de 1552 appara√ģt dans un devis repris par M√©nard, 1753 (Tony Rey, Dynamiques hydro-s√©dimentaires en Petite Camargue √† l‚ÄôHoloc√®ne, 2008 - pdfs.semanticscholar.org).

 

Du L√©man au Grau d'Orgon, il est donc question du fleuve Rh√īne.

 

"predict belliq image"

 

Entre la France et Charles-Quint la paix ne pouvait subsister longtemps. Elle venait d'√™tre rompue en 1552, lorsque le lieutenant du roi dans la province, apprenant qu'une flotte espagnole √©tait sortie du port de Barcelone, et craignant qu'elle ne v√ģnt attaquer Aiguesmortes, enjoignit sur-le-champ au s√©n√©chal de Beaucaire de convoquer de nouveau tous les nobles sujets au ban et √† l'arri√®re-ban, et de leur ordonner de se rendre dans Aiguesmortes, mont√©s et bien arm√©s, au plus tard dans le d√©lai de huit jours. La pr√©caution √©tait inutile; les Espagnols ne se pr√©sent√®rent pas. Mais pendant la dur√©e de cette nouvelle guerre, l'attention du gouvernement ne cessa pas d'√™tre √©veill√©e sur ce point. Le conn√©table de Montmorency, √† qui le roi avait momentan√©ment retir√© le commandement des arm√©es, √† cause de la jalousie survenue entre lui et le duc de Guise, √©tait venu r√©sider dans la province dont le gouvernement lui √©tait confi√©. De Montpellier, il se rendait souvent √† Aiguesmortes pour s'assurer que la place se maintenait en √©tat de d√©fense et n'avait rien √† redouter des ennemis (F. Em. di Pietro, Histoire d'Aiguesmortes, 1849 - books.google.fr).

 

La situation internationale restait instable. En avril 1552, Henri II s'empare des Trois-√Čv√™ch√©s de Metz, Toul et Verdun dont il avait obtenu le vicariat par le trait√© de Chambord. En Italie, la ville de Sienne avait chass√© sa garnison espagnole le 26 juillet 1552 et demand√© l'intervention fran√ßaise. C'√©tait pour la France l'occasion d'ouvrir un nouveau front : cette guerre de Sienne dura trois ans. En octobre, Charles Quint tente de reprendre les Trois-√Čv√™ch√©s et met le si√®ge devant Metz, mais la ville, d√©fendue par Fran√ßois de Guise, r√©siste et les Imp√©riaux l√®vent le si√®ge en janvier 1553. En 1553, Fran√ßais et Turcs, qui soutiennent les Corses, r√©volt√©s contre les G√©nois, d√©barquent sur l'√ģle. La m√™me ann√©e, Charles Quint fait raser Th√©rouanne, en Artois, la ville √©tant tomb√©e apr√®s avoir √©t√© assi√©g√©e. En juin 1554, le conn√©table de Montmorency reprend le projet avort√© d'une marche sur Bruxelles. Il dispose de 40 000 fantassins et de 1200 cavaliers. Gaspard Ier de Coligny prend Dinant mais Montmorency, h√©sitant, √©vite un combat frontal. Il se replie devant l'arm√©e imp√©riale vers Cambrai, Calais, Boulogne et enfin Renty, petit village dot√© d'un solide ch√Ęteau aux mains des troupes du Saint-Empire. Apr√®s un combat acharn√©, les Fran√ßais, invaincus, abandonnent le si√®ge faute de munitions. La ville de Sienne, d√©fendue par Monluc, dut finalement capituler le 17 avril 1555. L'Espagne c√®de Sienne √† Florence mais conserve les pr√©sides toscans de Piombino et Orbetello. C'√©tait pour la France la fin d'un r√™ve toscan. L'empereur accepta la tr√™ve de Vaucelles le 15 f√©vrier 1556, il laissait √† Henri II la Savoie, le Pi√©mont, Metz, Toul et Verdun, comme la Corse qui avait √©t√© conquise (fr.wikipedia.org - Guerres d'Italie).

 

Le si√®ge de Metz se d√©roule d‚Äôoctobre 1552 √† janvier 1553. Il se solde par le retrait des troupes imp√©riales de Charles Quint, et par l'occupation de Metz, jusqu'alors Ville libre d'Empire, par les troupes du roi de France. L‚Äôoccupation, par la France, des Trois-√Čv√™ch√©s, Metz, Toul et Verdun, ne sera ratifi√©e qu'en 1648, par le Trait√© de Westphalie. Le si√®ge affecta psychologiquement l'empereur Charles Quint qui aurait dit ¬ęla chance est femme, elle pr√©f√®re un jeune roi √† un vieil empereur¬Ľ. Il se retira dans un couvent espagnol. Il y mourut en 1558 en d√©clarant : ¬ęSi l'on ouvrait mon cŇďur, on y trouverait le nom de Metz¬Ľ (fr.wikipedia.org - Si√®ge de Metz (1552)).

 

Pline l'Ancien qui avance que le Rh√īne avait trois bouches √† l'encontre de Strabon et d'autres, dans son Livre XXXV de l'Histoire naturelle qui expose l'art de la peinture, note qu'Apelle avait fait une "imago belli" dans une repr√©sentation d'Alexandre le grand son contemporain triomphant

 

Arellius peint les d√©esses en r√©alisant des portraits de ses ma√ģtresses (35, 119); on pourrait donner d'autres exemples o√Ļ imago signifie portrait sans aucun doute; notons que parfois le portrait en question peut √™tre all√©gorique: Pline parle de l'imago Atticae plebis, ou de l'imago Belli (35, 137 et 93) (Y. Perrin, Pline et l'√©volution socio-culturelle, Pline l'ancien: temoin de son temps : Conventus Pliniani Internationalis, 1987 - books.google.fr).

 

Nous ne pouvons r√©sister au plaisir de reproduire le passage essentiel du discours du premier pr√©sident du parlement de Paris, Gilles le Maistre adress√©e au roi Henri II en 1557 au cours d'un lit de justice : "...Plutarque, ancien historiographe, escript et souhaite trois choses √† ung grand roy et prince comme vous estes, Sire, pour ex√©cuter haultes et grandes entreprinses belliqueuses. Ces troys choses sont la b√©n√©volence de Pomp√©e, la magnanimit√© d'Alexandre et la fortune de C√©sar. Vous avez les deux premi√®res, cela est indubitable et notoire √† chacun. Et quant √† la tierce, Dieu a commenc√© √† vous en faire bonne part au recouvrement de votre ville de Bouloigne, et autres bonnes rencontres et fortunes qu'il vous a donn√©es Les hommes donnent les batailles, mais Dieu donne les victoires" (Gaston Zeller, La r√©union de Metz √† la France: 1552-1648, 1926 - books.google.fr).

 

Ce n'est pas à l'occasion de la prise de possession de Metz, mais cela concerne Henri II déjà roi en 1552.

 

Pétrarque, Ronsard et Endymion

 

Endymion : 1) gendre de Deucalion (le déluge), promit sa couronne à celui de ses fils qui vaincrait les autres à la course - 2) berger grec auquel les dieux accordèrent le don de dormir à volonté, et qui passait ses veilles à étudier les astres (Jean-Paul Clébert, Nostradamus, mode d'emploi: la clé des prophéties, 1981 - books.google.fr).

 

Et amant de Diane, la Lune.

 

P√©trarque avait de m√™me envi√© le sort d'Apollon poursuivant Daphn√©, sans qu'il e√Ľt √† √©prouver sa d√©ception (sext. A qualunque, fin), ou mieux Endymion visit√© par Ph√©b√© (sext. Non ba tanti, fin); mais son expression √©tait rest√©e chaste (Paul Laumonier, Les amours (1552) de Ronsard, 1939 - books.google.fr).

 

L'opposition entre le po√®te mal aim√© et Endymion, aim√© de Diane, est fr√©quente chez les po√®tes du XVIe si√®cle. Cf. Sc√®ve, D√©lie, CXXVI, Ronsard, Premier livre des CLII : Lune √† l'ail brun, R√©my Belleau, Bergerie (√©d. Marty-Laveaux, t. I, p. 253) (Henri Weber, Jacques Bailb√©, Marguerite Souli√©, Ňíuvres d'Agrippa d'Aubign√©, 1969 - books.google.fr).

 

Ronsard Sonnet 152 des Amours de 1552 :

 

Lune à l'oeil brun, la dame aux noirs cheveux , [...]

Toy mignottant ton dormeur de Latmie...

 

Lune √† l'oeil brun.) Il dit que ses souhaits sont contraires √† ceux de la Lune : car elle, tenant entre ses bras son Endymion, voudroit bien que la nuict durast fort long temps. Mais parce qu'il ne peut de nuict jouyr du bien, que luy apporte la ve√Ļe de sa dame, d√©s le commencement de la nuict il souhaite le jour. Ton dormeur de Latmie.) Endymion fut un fort beau jeune homme, duquel la Lune estant amoureuse, l'endormit d'un sommeil perpetuel en une montaigne de Carie, nomm√©e Latme, afin de le pouvoir baiser mieux √† son aise. Auteur Ciceron au premier des Tusculanes. Les autres le racontent autrement. Mais ce ne seroit jamais fait. Qu'une course endormie Retint le train de ton char.) Que ton char courust plus lentement, afin que la nuict fust plus longue. Pour voir le jour.) La beaut√© de ma dame (Hugues Vaganay, Les Amours (1552) de Ronsard, 1970 - books.google.fr).

 

"trois couronnes"

 

Les ¬ęTrois Couronnes¬Ľ toscanes : Dante, P√©trarque et Boccace

 

P√©trarque re√ßut les trois couronnes de lierre comme po√®te, de laurier comme triomphateur et de myrte comme le plus tendre des amants par le s√©nat romain en 1341 le jour de P√Ęques (Dictionnaire historique, critique et bibliographique, Tome 21, 1822 - books.google.fr).

 

A simple couronne ou √©cho : La blanche colombelle belle (CI. Marot). A double couronne : ¬ęSi V√©nus nuz nous tient en ses lacz las (Cretin). A triple couronne (ou emperi√©re) : ¬ęEn grand remord Mort mord¬Ľ. Du Bellay a us√© une fois de la rime en √©cho (Chamard, th√®se fr., p. 233), mais son proc√©d√© est tr√®s diff√©rent de celui des Rh√©toriqueurs : il pose une s√©rie de questions auxquelles il r√©pond par la rime dans le vers suivant (proc√©d√© l√©gitime, repris par Hugo dans les Odes et Ballades et dans Cromwell), tandis que la rime couronn√©e des Rh√©toriqueurs avait lieu dans le vers lui - m√™me et n'√©tait pas une r√©ponse √† une question ; c'√©tait a un √©cho sans √Ęme¬Ľ, comme le dit tr√®s bien Tabourot dans ses Bigarrures (√©d. de 1584, chap. XVI, De l'Echo) (Paul Laumonier, Ronsard, po√®te lyrique: √©tude historique et litt√©raire, 1997 - books.google.fr).

 

J√©r√īme de la Rov√®re, √©v√™que de Toulon, puis archev√™que de Turin, √† qui fut d√©di√© par Ronsard le ¬ęSonge¬Ľ de La Vertu amoureuse dans le Bocage royal (1560) o√Ļ est mentionn√©e la "triple couronne" papale (Les Oevvres De Pierre Ronsard Gentilhomme Vandosmois Prince Des Poetes Fran√ßois, Tome 10, 1609 - books.google.fr).

 

Pétrarque 1552

 

La deuxi√®me p√©riode de l'influence p√©trarquiste en France est celle qui commence avec L'Olive de du Bellay en 1549, et avec la d√©couverte du bembisme. En effet, Pietro Bembo, bien qu'admirateur de Tebaldeo, ¬ęn'eut pas de souci plus pressant que celui de la perfection impeccable de la forme¬Ľ (Vianey 3, 82). Celle-ci s'√©tait f√Ęcheusement fig√©e avec Tebaldeo et ses disciples, en m√™me temps que leur po√©sie s'emp√™trait dans les comparaisons faciles, les r√©p√©titions interminables, l'accumulation d'antith√®ses et de m√©taphores. En 1545, l'anthologie des Rime Diverse...¬† de l'imprimeur¬† Giolito r√©v√®le l'effort de toute une √©cole jusque-l√† mal connue des √©rudits fran√ßais. Ne doutons pas que cette publication f√Ľt un trait de lumi√®re pour du Bellay, familier de l'Italie puisqu'il y s√©journa pendant quatre ans. Dans la pr√©face de la premi√®re √©dition de son Olive, en 1549, l'Angevin admettait avoir imit√© P√©trarque ¬ęet non luy seulement, mais aussi l'Arioste, et d 'autres modernes Italiens¬Ľ (Jean Paul Barbier, Ma biblioth√®que po√©tique, Partie 4, 1994 - books.google.fr).

 

Dans l'√©dition Giolito de 1552 les illustrations, pour la premi√®re fois, encadraient le texte entier et ne repr√©sentaient plus seulement des √©pisodes tir√©s des nouvelles. Sans doute parce que la fa√ßon dont y √©taient repr√©sent√©s les bosquets et les clairi√®res o√Ļ se prom√®nent les narrateurs correspondait bien √† la c√©l√©bration de la vie rurale √† laquelle invitait la riante campagne lyonnaise, ses xylographies furent imit√©es par l'illustrateur des minuscules √©ditions in-12 de Rouill√©, celle de 1555 qui, on s'en souvient, √©tait imprim√©e en ¬ębegli e piccoli caratteri¬Ľ - m√™me si ses figures sont plus impressionnistes et anim√©es - et celle de 1558 dont le caract√®re pr√©cieux √©tait soulign√© par de beaux encadrements ovales (Jean-Louis Gaulin, Lyon vu/e d‚Äôailleurs (1245-1800): √Čchanges, comp√©titions et perceptions, 2019 - books.google.fr).

 

Lyon, ville o√Ļ confluent Rh√īne et Sa√īne et o√Ļ est n√© l‚Äôempereur Claude.

 

Pétrarque, lac de Garde et lac Fucin

 

Sirmione sur le lac de Garde est la patrie du poète latin Catulle.

 

G. B. Cardogna, abbé d'Itri et chapelain du prince de Sulmona, décrit dans le Racconto delia

guerra la p√©riode de sa vie pass√©e au service du prince, les voyages faits avec lui, dont les deux s√©jours √† Padoue en 1551 et en 1552. Sa description d'Arqu√† date du mois d'ao√Ľt 1551) (Anna Bettoni, Vers itin√©raires de Claude Enoch Virey, 1999 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Claude-Enoch Virey).

 

Those who visited it were Italian admirers of Petrarch's, like Giovanni Battista Cardogna, who in the summer of 1551 visited the place three times and has left a rather detailed description of its museological disposition after Valdezocco's alterations (Harald Hendrix, Writers'Houses and the Making of Memory, 2012 - books.google.fr).

 

Philippe de Lannoy (prince de Sulmone), né en 1514 et mort en 1553, était en 1544 un chef militaire italien de l'armée espagnole. Il est le fils de Charles de Lannoy et Françoise d’Entremont de Montbel. Pendant la bataille de Cérisoles, il commandait la cavalerie napolitaine. Il fut admis dans l'ordre de la Toison d'or en 1546. Il épousa en 1535 à Castel Capuano Isabelle Colonna, veuve du capitaine impérial Louis Gonzaga "Rodomonte", comte de Sabbioneta (mort en 1532), qui lui donna cinq enfants

 

Le titre est créé, une première fois, en 1526, sous le règne de Charles Quint comme roi de Naples, au profit de Charles de Lannoy, seigneur de Senzeille, en reconnaissance de son travail accompli comme vice-roi de Naples (fr.wikipedia.org - Philippe Charles II de Lannoy).

 

Sulmona, est pr√®s de Corfinium. Deux grands canaux, encore visibles et utilis√©s, amenaient vers Corfinium l'un les eaux des sources voisines de l'Aterno, √† c√īt√© du village de Raiano, l'autre les eaux de la Sorgente Cauto, pr√®s du Sagittario, en face d'Anversa; ce dernier traverse par un tunnel les derni√®res pentes du Monte Cosimo entre Sulmona et Prezza (Annales de g√©ographie, Volume 13, 1904 - books.google.fr).

 

Padoue, pr√®s de laquelle se trouve Arqua-Petrarca, et Venise sont l'aboutissement d'une route traditionnelle qui passe par le sud du lac de Garde. Riva o√Ļ est n√© Scaliger se trouve sur la rive nord du lac.

 

Cf. l'interpr√©tation du quatrain II, 96 - Les cadeaux des Rois Mages - 1701-1702 o√Ļ le "Rosne" est mentionn√©.

 

Par la Val Camonica, Virey avec Christophe de Harlay atteint Brescia et, de l√†, suivant la route habituelle le long du lac de Garde, V√©rone, Vicence et son premier but, ¬ęPadoue, je veux dire, o√Ļ nostre mire estoit¬Ľ (I, 787). Les vers de Virey d√©crivent les reliques que les propri√©taires de la maison de P√©trarque √† Arqu√† exposaient au culte des visiteurs (Anna Bettoni, Vers itin√©raires de Claude Enoch Virey, 1999 - books.google.fr).

 

Le Guide des chemins de France de Charles Estienne para√ģt en 1552, le Trait√© de Fardements et des Confiture aussi.

 

Une anecdote illustre sympathiquement l'amour un peu chauvin de P√©trarque pour l'Italie. Un jour, il accompagnait le Cardinal fran√ßais Guy de Boulogne et ils arriv√®rent en Italie en passant par le lac de Garde. Le Cardinal s'arr√™ta avec sa nombreuse escorte de gentilshommes fran√ßais et italiens pour admirer le spectacle des montagnes couronn√©es de neige entourant l'azur du lac et dominant la riante plaine et s'adressant √† P√©trarque, il lui dit : ¬ęCertes, je l'avoue, vous avez une patrie plus belle que la n√ītre !¬Ľ Puis voyant la joie de P√©trarque qui approuvait et applaudissait, le Cardinal ajouta : ¬ęMais nous avons un Etat mieux organis√© et un meilleur gouvernement¬Ľ. Et il allait poursuivre apr√®s cette revanche lorsque P√©trarque l'arr√™ta : ¬ęMais votre Etat et votre gouvernement, qui nous emp√™che de les avoir ? Tandis que vous, c'est la nature qui vous emp√™che d'avoir un pays comme celui-ci¬Ľ (Fran√ßois Pitti-Ferrandi, Pages de Corse, de France et d'Italie, 1996 - books.google.fr).

 

Le pays abruzzais est divis√© en petits compartiments √©tages les uns sont des plateaux comme celui de Leonessa et le Piano di Cinque Miglia, d'autres des vall√©es encaiss√©es comme celles de l'Aterno du Sagittario et du Gizio dans la portion sup√©rieure de leur cours, d'autres enfin des bassins comme ceux du Fucin Aquila et de Sulmona. Le nom¬† de conques sous lequel on d√©signe souvent les cuvettes des Abruzzes est particuli√®rement commode et expressif. Il convient √† merveille au lit dess√©ch√© du lac Fucin autour duquel les monts des Marses et de la Sabine d√©crivent un cercle parfait ainsi qu'√† la plaine ou prend naissance l'Aterno au pied du Gran Sasso domin√©e par la butte Aquila. Il ne applique pas moins bien la vall√©e que traverse dans toute sa longueur du S au N, le Sagittario, grossi du Gizio et que baigne son extr√©mit√© septentrionale le cours moyen de l'Aterno, devenu apr√®s sa jonction avec le Sagittario, la Pescara est l'ancien pays des P√©ligniens qui avaient pour capitale Corfinium aujourd'hui Pentima. Sulmona antique Sulmo patrie Ovide en est maintenant la principale ville (Maurice Besnier, La conque de Sulmona. In: Annales de G√©ographie, t. 13, n¬į70, 1904 - www.persee.fr).

 

C'est par une victoire décisive sur Conradin que Charles d'Anjou élimine ses concurrents à la couronne de Naples en 1268, près du lac Fucin au Champ du Lys (Pierre Joseph d'Orléans, Histoire des revolutions d'Espagne, Tome 1, 1734 - books.google.fr).

 

La séparation du Royaume de Sicile de celui de Naples se fait à l'occasion des fameuses Vêpres Siciliennes en 1282 sous Charles II d'Anjou fils du vainqueur du Champ du Lys. Robert d'Anjou, roi de Sicile, fils de ce dernier, se glorifiait des titres de poète et de philosophe. Il aimait passionnément Pétrarque, qui le surnommait Argus, et lui fit subir lui-même le fastueux examen qui précéda l'exaltation du poète au Capitole (Anatole de Montesquiou, Pétrarque, Tome 3, 1843 - books.google.fr).

 

Vaucluse et Ventoux

 

Rien n'a rendu la fontaine de Vaucluse si célèbre, que le séjour qu'a fait autrefois sur ses bords le fameux Pétrarque (Antoine-Augustin Bruzen de La Martinière, Le Grand Dictionnaire géographique historique et critique, Tome V : Q-S, 1768 - books.google.fr).

 

La Sorgues, affluent de l'Ouvèze, est formée par l'épanchement des eaux de la Fontaine de Vaucluse (vallis clausa) (Encyclopédie moderne: Dictionnaire abrégé des sciences, des lettres, des arts, de l'industrie, de l'agriculture et du commerce, Tome 27, 1862 - books.google.fr).

 

Si le mont Ventoux est un pur paradigme moral et l'ascension, l'√©quivalent sensible d'une exp√©rience spirituelle, que reste-t-il du paysage ? Y a-t-il m√™me un paysage ?¬† On le cherche en vain dans la lettre IV, 1 o√Ļ le promeneur, parvenu au sommet dit ¬ęsommet √† l'Enfant¬Ľ, se livre √† une br√®ve glose nominaliste, et plus loin nous offre, en guise de description, une s√®che nomenclature topographique : ¬ęLes Pyr√©n√©es, qui s√©parent la France de l'Espagne, ne se voient pas de l√† [...] ; √† droite, tr√®s nettement, se d√©coupaient les montagnes de la Lyonnaise, √† gauche c'√©tait la mer qui baigne Marseille, et celle qui bat les remparts d'Aigu√ęs-Mortes, dont me s√©paraient quelques jours de marche ; le Rh√īne lui-m√™me √©tait sous nos yeux.¬Ľ P√©trarque n'a pas gravi le mont Ventoux pour d√©couvrir des sensations nouvelles, mais accessoirement pour v√©rifier l'exactitude de ses notions g√©ographiques sur la r√©gion - c'est en effet l'un des traits de l'humanisme p√©trarchesque que ce besoin ¬ędi tutto commisurare alla personale esperienza¬Ľ (Isabelle Abram√© Battesti, P√©trarque au mont Ventoux , Les paysages de la m√©moire: autres Italies, 1998 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 1684 sur la date pivot de 1552 donne 1420.

 

Après le concile de Constance et l'installation du pape Martin V à Rome (1420), Avignon n'a plus aucune prétention à redevenir le siège de la papauté mais garde tout de même un intérêt politique non négligeable. Maintenant, de fait, capitale du Comtat Venaissin, elle fut, pendant près d'un siècle, l'enjeu d'une lutte acharnée entre le roi de France et le pape. Les conflits se manifestèrent surtout lors de la désignation des légats, représentants du pape, juges et administrateurs, et des évêques (Françoise Robin, Midi gothique: de Béziers à Avignon, 1999 - books.google.fr).

 

En 1337, P√©trarque choisit de quitter Avignon, o√Ļ il a fini par s'installer en sa qualit√© de chapelain et familier du cardinal Giovanni Colonna, pour de longs s√©jours √† Vaucluse : "Ne r√©ussissant pas √† supporter la fastidieuse aversion que j'√©prouvais pour l'ignominieuse Avignon - aversion que je ressens naturellement pour toutes les villes mais pour celle-l√† en particulier -, je trouvai une vall√©e petite mais solitaire et am√®ne..." (A la post√©rit√©). Le site de Vaucluse est √† la fois un asile pour l'exil√© et, pour le po√®te, un lieu propice √† l'√©tude et √† la m√©ditation. Aussi l'attitude pour le moins critique de P√©trarque envers Avignon refl√®te-t-elle un autre clivage : √† l'√©loge d'une existence hors du temps, enti√®rement vou√©e √† l'otium, c'est-√†-dire au loisir humaniste, il oppose la vie tumultueuse, tout enti√®re consacr√©e aux negotia, aux affaires, de la cit√© (Lettres fam., XI, 9, 2 ; XIV, 4, 8) ; √† l'effet b√©n√©fique d'une nature incontamin√©e, l'irritation caus√©e par l'"effroyable puanteur, ennemie de toute f√©licit√©" (ib√ģd., XIII, 8, 16 ; XV, 8, 5), de la nouvelle Babylone. On voit ainsi que la repr√©sentation id√©ale de la vall√©e close, une repr√©sentation fortement investie par ailleurs par les mod√®les antiques, a son in√©vitable pendant dans la repr√©sentation, jusqu'√† la caricature et l'outrance, qu'il donne d'Avignon. Si l'√©l√©ment antique a une grande importance dans la constitution du mythe vauclusien, c'est aux livres proph√©tiques, en particulier √† Ez√©chiel et √† l'Apocalypse de Jean, et √† la litt√©rature qui s'en est inspir√©e, que P√©trarque emprunte les motifs de sa pol√©mique anti-avignonnaise. Avignon est, en effet, pour P√©trarque avant tout la cit√© des papes : √† ces derniers il reproche leur inf√©odation aux rois de France, en m√™me temps qu'il d√©nonce les exc√®s et les mis√®res de la Curie. Assimil√©e √† la Grande Prostitu√©e de la Bible, elle est la ville diabolique par excellence, image invers√©e de la ville sainte que devrait √™tre le si√®ge de la papaut√©. Dans le sonnet CXXXVI du Chansonnier, il invoque sur elle une pluie de feu ("Que le feu du ciel te tombe sur les tresses / mis√©rable, toi qui d√©laisses l'eau du fleuve et les glands / pour d√©pouiller autrui et te faire riche et grande"), comme celle qui d√©truisit les villes de Sodome et Gomorrhe, au comble de la perversion. On retrouve sous sa plume les grandes accusations que les mouvements spirituels formulent, √† la m√™me √©poque, √† l'encontre de la hi√©rarchie eccl√©siastique - son attachement aux richesses et au pouvoir temporel -, pr√īnant le retour √† la pauvret√© et au d√©nuement de l'Eglise primitive (Brigitte B√©n√©zet, L'Universit√© d'Avignon: naissance & renaissance, 1303-2003, 2003 - books.google.fr).

 

Ronsard, en prenant en main la cause de la ¬ęGrande Prostitu√©e¬Ľ, a bien m√©rit√© la triple couronne. Et pourquoi finalement ne la verrait-on pas ceindre sa noble t√™te, que d√©corent d√©j√† le Myrthe, le Ga√Įac et le Laurier ?... Oui, grand po√®te, ton destin fatal :

 

Me dit que quelque jour tu seras Cardinal,

Et Pape puis après !...

Et si l'on a bien vu que jadis Alexandre

(Je dis ce Borgia qui fit son fils son gendre)

A tenu si longtemps le siège du Papat

(Pour autant qu'il aimoit si fort le célibat !)

Si Caraffa aussi a pu estre du nombre

Du grand Collège rouge, asseuré dessous l'ombre

Du Saint-Père son oncle, il ne faut point douter

Que tu ne puisse aussi en tel degré monter.

 

Hyperbole mordante et vraiment juv√©nalesque ! Cela va de ce ton, et c'est la revanche huguenote pour apprendre √† messire Ronsard √† :

 

 Se moquer des habits que portent les Ministres,

Les appelant brigands, assassineurs, bélistres,

Sans combattre pourtant par aucune raison

La doctrine qu'ils ont en leur religion.

Il faut encor, Ronsard, faire des exorcismes

Contre eux, non contre ceux qui induisent les schismes,

Qui ont dedans la teste un démon pour martel,

Non point pour conjurer les songes de Postel

(Postel, ton grand amy) qui a toute remplie

De sa grande fureur la France et l'Italie,

Et qui a pu aussi ton esprit attiser (Bulletin historique et littéraire, Volume 37, Société de l'histoire du protestantisme français (France), 1888 - books.google.fr)

 

Endymion 1686

 

Apr√®s la mort de Lully, des noms nouveaux apparaissent. Voici le jeune Henri Desmarets (1661-1741) en qui le roi voit un successeur du Surintendant. Malheureusement, les pages compos√©es par ce musicien pour Versailles semblent perdues. Citons, n√©anmoins, son Endymion de 1686 dont la Dauphine trouva ¬ęla musique si belle qu'elle a ordonn√© qu'on la fit chanter aux premiers appartements¬Ľ (Dangeau) (XVIIe si√®cle, Soci√©t√© d'√©tude du XVIIe si√®cle (France), 1957 - books.google.fr).

 

Hydrologie

 

L'homme s'est int√©ress√© tr√®s t√īt au cycle hydrologique, puisqu'on trouve des enregistrements en Chine, qui datent de 1200 avant J.-C. Dans la Gr√®ce ancienne, les √©tudes remontent √† 300 avant J.-C., quand le philosophe Th√©ophraste (372-287 avant J.-C.) a d√©crit le cycle atmosph√©rique ; celui-ci a ensuite √©t√© √©tendu au cycle continental par l'ing√©nieur romain Marcus Vitruvius qui a introduit les concepts d'infiltration et d'eaux souterraines, afin de d√©crire l'√©coulement vers les fleuves d'une partie des pr√©cipitations. Pendant la Renaissance, les mesures de L√©onard de Vinci (1452-1519), de Bernard Palissy (1510-1589), de Pierre Perrault (1608-1680), d'Edme Mariotte (1620-1684) parmi d'autres, parviennent √† √©tablir que les rivi√®res sont aliment√©es par l'eau des pr√©cipitations. Plus tard, des scientifiques comme Edmond Halley (1656-1742) quantifient les termes du bilan hydrologique pour la r√©gion m√©diterran√©enne. Enfin, John Dalton (1766-1844) √©tablit la loi fondamentale de l'√©vaporation et identifie clairement les composantes du cycle hydrologique ; les lois d'√©coulement des eaux souterraines seront pr√©cis√©es gr√Ęce aux travaux d'Henri Darcy (1803-1858) (Jean-Louis Fellous, Catherine Gautier, Comprendre le changement climatique, 2007 - books.google.fr).

 

Du huiti√®me Livre de l'Architecture consacr√© par Vitruve √† l'eau se d√©gagent deux perspectives diff√©rentes: l'hydrologie (√©tude des eaux, de leurs propri√©t√©s) et l'hydraulique (utilisation technique de l'eau). La volont√© encyclop√©dique est √† l'origine de ces deux aspects, puisque l'architecte, d'apr√®s Vitruve, maitrise la th√©orie, en l'occurrence l'hydrologie, et la pratique, l'hydraulique. Le lecteur de son huiti√®me Livre b√©n√©ficie par cons√©quent en hydrologue de la description des propri√©t√©s de l'eau, mais il connait en hydraulicien √©galement les principes de la technique. En dehors de cette optique qui est sous-jacente √† la structure coh√©rente du livre entier, il y a propos d√©lib√©r√© de rassembler les connaissances: ainsi Vitruve d√©crit l'eau dans la partie hydrologique du livre selon les crit√®res des m√©thodes d'investigation, de la d√©termination g√©ographique des sources, de la qualit√© des eaux, des eaux min√©rales et des eaux merveilleuses pour aboutir √† cinq moyens d'appr√©cier la salubrit√© des eaux (Stephan Schuler,¬† Les rives m√©di√©vales du savoir aquatique dans les compilations d'histoire naturelle et l'encyclop√©die universelle du Bas Moyen Age, Dans l'eau, sous l'eau: le monde aquatique au moyen √Ęge, 2002¬† - books.google.fr).

 

L’abbé Edme Mariotte est un physicien et un botaniste français, né vers 1620 à Dijon et mort le 12 mai 1684 à Paris (fr.wikipedia.org - Edme Mariotte).

 

Port de Sète achevé en 1684

 

Au dix-septième siècle, devant le comblement lent et continu du golfe et devant l'impossibilité d'utiliser le port d'Aigues-Mortes, on s'est décidé à créer à l'entrée de l'étang de Thau le port de Cette (Paul Kaeppelin, Maurice Teissier, La géographie de la France & des colonies, 1921 - books.google.fr).

 

Colbert fait construire en 1667 un port, (achev√© en 1684 et inaugur√© par Vauban) qui deviendra ensuite une ville. C'est gr√Ęce √† sa position strat√©gique, faisant le lien entre le canal, l'√©tang et la mer que S√®te a connu un d√©veloppement √©conomique important bas√© sur le commerce et le fret de marchandises. Les Barques de Poste, hal√©es par des chevaux, naviguaient entre 1673 et 1858 sur le canal. Il leur fallait quatre jours pour rallier S√®te √† Toulouse. Les haltes du midi √©taient appel√©es "d√ģn√©es". Les haltes du soir √©taient appel√©es "couch√©es" (Jer√īme Sabatier, La France du Patrimoine Mondial: Guide de voyage Les plus beaux sites class√©s, 2019 - books.google.fr).

 

Con√ßu pour √™tre la terminaison du canal des Deux Mers, S√®te ne le sera que tr√®s imparfaitement. La ville succ√®de aussi d'une certaine mani√®re √† Aigues-Mortes puisqu'elle sera la ¬ęmarine¬Ľ de Montpellier. S√®te, port de mer pr√©vu pour √™tre au point de jonction du canal des Deux Mers et du canal des √©tangs qui joindrait le Rh√īne, est fille du XVIIe si√®cle, fruit de la floraison des projets d'am√©nagement des d√©buts du grand r√®gne, de l'obsession hollandaise des cercles dirigeants : un bon port devait comporter une liaison par eau avec l'int√©rieur, d'o√Ļ la pr√©dilection des sites d'estuaire ; √† d√©faut, des √©missaires de canaux susceptibles de remplir les m√™mes fonctions. Sa croissance fut relativement lente malgr√© l'attention qu'on lui porta, sans comparaison avec celle des cr√©ations m√©di√©vales spontan√©es de Perpignan et de Montpellier. √Ä la fin du XVIIIe, S√®te comptera moins d'habitants que Narbonne et que Agde. Les formes les plus abouties de fondations ne verrons cependant le jour ni √† S√®te ni √† Agde, bien que le plan d'une ville nouvelle y fut esquiss√©, mais √† Port-Vendres o√Ļ le commandant en chef de la province du Roussillon, le mar√©chal de Mailly, entreprit de fonder une ville nouvelle d√©di√©e √† la gloire du souverain. Situ√©e √† l'oppos√© d'Aigues-Mortes - on voit le sens dans lequel se d√©roulent successivement les fondations : de l'int√©rieur vers la c√īte avec l'√©tape interm√©diaire mixte de Vauban, de l'est vers l'ouest et le sud -, Port-Vendres s'en distingue radicalement : la ville nouvelle, prot√©g√©e par des batteries capables de tenir √† distance d'√©ventuels assaillants, ne devait pas avoir de remparts. Dans une position de fronti√®re, moins expos√©e depuis l'arriv√©e des Bourbons sur le tr√īne d'Espagne, Port-Vendres pr√©figure la ville contemporaine (Lionel Dumond, Louis Dermigny, J√©r√īme Thomas, Les ports dans l'Europe m√©diterran√©enne: trafics et circulation, 2007 - books.google.fr).

 

Inondations du Rh√īne en fin de XVIIe si√®cle

 

En 1679, le 29 novembre, Avignon souffrit beaucoup de la crue du Rh√īne, et en 1681, la Durance grossie par les grandes pluies, inonda le terroir jusqu'aux portes de cette ville. Le 22 ao√Ľt 1684, dans l'apr√®s-midi, le L√©z : d√©borda √† Boll√®ne et combla enti√®rement le b√©al du moulin communal. Les 5 et 6 octobre 1685, une forte crue se fit encore sentir sur la m√™me rivi√®re; elle emporta ses digues √† Boll√®ne, plus une grande muraille qui se trouvait dans le voisinage; elle barra le grand chemin de Boll√®ne √† Valr√©as, de inani√®re √† rendre le passage dangereux et en lui faisant subir des avaries importantes, sous la date du 6 octobre 1685, il est fait mention d'un d√©bordement du Rh√īne √† Avignon, moins consid√©rable que celui de 1433. [...] Le 21 octobre 1689, les eaux du fleuve furent encore tr√®s-√©lev√©es; on allait en bateau dans les bas quartiers d'Avignon. Les Consuls firent distribuer six mille pains dans cette partie de la ville, dont les eaux ne commenc√®rent √† se retirer que le 23 octobre. [...] Le 24 novembre 1694, Avignon eut √† souffrir d'une tr√®s forte inondation; comme en 1689, les bas quartiers furent envahis; on ne pouvait y circuler qu'en bateau, et les Consuls y firent distribuer du pain en grande quantit√© (Maurice Champion, Les inondations en France depuis le VIe si√®cle jusqu'a nos jours, Tome 4, 1862 - books.google.fr).

 

Lettre du cardinal Cibo, aux consuls, au sujet des réparations des bords de la Durance, ravagés par les inondations (6 novembre 1685) (Inventaire-sommaire des archives communales antérieures à 1790 de la ville d'Avignon, 1906 - books.google.fr).

 

Alderano Cibo ou Cybo (n√© le 16 juillet 1613 √† G√™nes, Italie, alors dans la R√©publique de G√™nes, et mort le 22 juillet 1700 √† Rome) est un cardinal italien du XVIIe si√®cle. Il est un parent du pape Innocent VIII et des cardinaux Lorenzo Cibo de' Mari (1489), Innocenzo Cibo (1513) et Camillo Cibo (1729). Il est de la famille des ducs de Massa et Carrare. Cibo est cardinal secr√©taire d'√Čtat de 1676 √† 1689, l√©gat √† Avignon de 1677 √† 1690 (fr.wikipedia.org - Alderano Cibo).

 

Jean de Nostredame (1507 - 1577), fr√®re pu√ģn√© de Nostradamus, avait une correspondance avec un Scipion Cibo dont il flatte "l'illustre famille" dans ses Vies. Laurent Cibo, neveu du Pape L√©on X, √©pousa Richarde Malaspina, h√©ritiere de Massa & de Carrara, & ajouta le nom de Malaspina au sien (Jean de Nostredame, Les Vies Des Plus Celevres Et Anciens Poetes Provencaux, 1913 - books.google.fr).

 

Le Seigneur Scipion Cibo de Genes lequel estoit retiré à Siene pour y vivre à son goust et y achever le reste de ses jours (II, 1857). Depuis de XIVe siècle, la famille génoise des Cibo, très célèbre, puissante et ramifiée, pouvait compter parmi ses membres un pape, Innocent VIII (cf. II, 1863), onze cardinaux, un vice-roi de Naples, des généraux, des condottieres, des gouverneurs de la région de Massa-Carrare. Nous n'avons pas réussi à identifier avec précision son représentant que Virey cite ici (Anna Bettoni, Vers itinéraires de Claude Enoch Virey, 1999 - books.google.fr).

 

Trois ans plus tard : Augsbourg

 

Une chronique messine anonyme rapporte, sous la date de 1552 : ¬ęLe roi Henry second receut en sa protection la ville purg√©e de Ministres, de Presches et d'H√©r√©tiques connus, √† condition d'y conserver la Religion Catholique en l'estat auquel il la trouva la susdite ann√©e¬Ľ En effet, l'occupation de Metz ne devait rien changer √† ses institutions politiques, ni √† son statut religieux. [‚Ķ]

 

Avant 1552 l'√Čvangile √©tait pr√™ch√© √† Metz par Watrin Du Bois, ¬ęsuivant la confession d'Auspourg... en l'√©glise de Saint-Nicolas au Neufbourg¬Ľ. Pierron le Bourguignon, bourgeois de Metz, jadis sergent de justice, certifia ¬ę par serment et en v√©rit√©, que avant de commencer lesdittes pr√©dications, il fut envoy√© par feu maistre Jean Praillon lors secr√©taire et greffier de cestedite Cit√©, par les paroisses d'icelle, porter aux curez certains brevets, pour annoncer au peuple qu'il estoit permis audit maistre Waltrin de prescher, en ladite Eglise, l'√Čvangile pur et net, et sans y rien adjouster ou diminuer, et que chacun y pouvoit aller sans repr√©hension¬Ľ (Henri Tribout de Morembert, La R√©forme √† Metz : Le luth√©ranisme, 1519-1552, 1971 - books.google.fr).

 

En 1685, Louis XIV révoque l'Edit de Nantes.

 

Pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688), les ¬ęconvertis¬Ľ messins furent particuli√®rement surveill√©s Il n'est pas interdit de penser qu'ils souhaitaient la d√©faite de la France afin de retrouver une √®re de paix religieuse. En janvier 1688, un √©dit de Louis XIV r√©unit au domaine les biens des consistoires et ceux des r√©form√©s qui √©taient sortis ou sortiraient du Royaume. C'est Nicolas Mamiel, notaire royal, ¬ęcommis et pr√©pos√© √† la r√©gie des biens de ceux de la R.P.R. absents du Royaume¬Ľ par M. Charuel d√®s le 7 mai 1686, qui liquida la situation. Le compte √©tabli en juillet 1688 porte en recettes 16610 livres et en d√©penses 15243 livres. La majeure partie de l'argent fut vers√©e √† la Propagation de la Foi ou en aum√īnes aux pauvres nouveaux convertis (Henri Tribout de Morembert, La R√©forme √† Metz : Le luth√©ranisme, 1519-1552, 1971 - books.google.fr).

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