Phaleg

Phaleg

 

II, 95

 

1700-1701

 

Les lieux peuplés seront inhabitables

Pour champs avoir grande division :

Regnes livrés à prudents incapables :

Lors les grands freres mort & dissension.

 

Phaleg

 

Comme on le voit dans le quatrain suivant II, 96, le nom biblique du fils d'H√©ber, Phaleg, signifie division, partage, au temps o√Ļ la terre fut partag√©e et les peuples dispers√©s apr√®s la chute de la tour de Babel. Phaleg avait un fr√®re puin√© Joctan.

 

PELEGRIN, PELLEGRIN, PELEGRI, PELLEGRI, PELLERI, PELERI, s. m., lat. PEREGRINUS, voyageur, étranger, pèlerin : Am que passava l'aigua del Var als PELLEGRINS (Vie de Saint Honorat, "Avec quoi il passait l'eau du Var aux pèlerins" (Dictionnaire de la langue des troubadours: Tome 4: L-P, 1842 - books.google.fr).

 

On trouve aussi Pelech pour Phaleg (Biblia medieval romanceada judio-cristiana: Paralipomenos-Macabeos, Tome II, 1955 - books.google.fr, Charles Huré, Dictionnaire universel de philologie sacrée, Tome 4, 1846 - books.google.fr).

 

Pelech, cat. Eau. V. Peleg. En lo gr an pelech de la mar. Dans la grande eau de la mer. Vie de saint Honorat. Ety. du lat. pelagus, la mer (S. J. Honnorat, Dictionnaire Provençal-Français, ou Dictionnaire de la Langue d'Oc, ancienne et moderne, suivi d'un vocabulaire Français-Provençal, Tome 2, 1847 - books.google.fr).

 

"Pelago", pelagus, la mer; de Peleg, Pe lamed gimel, fluctus, un flot ; Pelagim, les flots ; de Palag, Pe lamed gimel, dividere (Louis Thomassin, La methode d'étudier et d'enseigner: chrestiennement & utilement la grammaire, ou les langues par rapport a l'ecriture sainte, en les reduisant toutes à l'Hebreu, Tome II, 1690 - books.google.fr).

 

Cette partie, qui regarde principalement le dixi√®me chapitre de la Gen√®se, o√Ļ il est parl√© de la migration des premiers peuples, a √©t√© discut√©e par de savans hommes. Arias Montanus en a parl√© avec une juste & savante pr√©cision, dans son troisi√®me livre des Antiquit√©s juda√Įques; le laborieux P. Kircher en a dit des choses assez curieuses dans le livre qu'il a fait sur la tour de Babel. Mais personne n'a pouss√© cette mati√®re aussi loin que M. Bochart, qui a rassembl√© dam son Phaleg (ou Geographia sacra, Caen, 1646), non-seulement ce qu'il y a de plus certain sur cette mati√®re ; mais encore ce que le g√©nie le plus fertile en conjectures savantes a pu faire imaginer (Nicolas Lenglet du Fresnoy, M√©thode pour √©tudier l'histoire, Tome 1, 1772 - books.google.fr).

 

Samuel Bochart (1599-1667) d√©veloppe et pr√©cise l‚Äôorigine h√©bra√Įque du gaulois, et il a pour adeptes Dickinson (1624-1707) en Angleterre, et P.Borel (1620-1689) en France (Georges Dottin, la langue gauloise, 1918 - arbredor.com).

 

Grands frères

 

Cette expression ¬ęMaison de P√©leg¬Ľ du texte ess√©nien du Commentaire de Nahum, est en elle-m√™me fort √©nigmatique ; elle ne s'√©tait rencontr√©e ailleurs qu'une seule fois dans toute la litt√©rature qoumr√Ęnienne, √† savoir dans l'√Čcrit de Damas, XX, 22 ; mais nul critique n'avait pu jusqu'ici en deviner le sens exact. Notre Commentaire de Nahum en r√©v√®le, croyons-nous, la signification v√©ritable : c'est encore un surnom, une expression moqueuse, pour d√©signer tout simplement la Maison asmon√©enne, c'est-√†-dire cette famille, cette dynastie, alors divis√©e en deux clans, en deux partis : celui d'Hyrcan II et celui d'Aristobule II. Le mot ¬ęP√©leg¬Ľ, en effet, qui, dans la Gen√®se (X, 25), est le nom d'un des fils du patriarche 'Eber, se rattache √† une racine h√©bra√Įque courante qui signifie ¬ędiviser¬Ľ : la Gen√®se elle-m√™me, dans le verset cit√©, joue sur ce sens en expliquant que P√©leg fut ainsi nomm√© ¬ęparce que c'est de son temps que se divisa (la population de) la terre¬Ľ. L'auteur ess√©nien, recherchant pour la dynastie honnie quelque sobriquet de saveur biblique, a forg√© cette locution myst√©rieuse qui stigmatise le mal essentiel dont souffre cette dynastie : ¬ęMaison de P√©leg¬Ľ, c'est-√†-dire Maison de Division. [...]

 

Le Commentaire de Nahum nous livre une cl√© nouvelle pour la solution de probl√®mes chronologiques fondamentaux. Le Ma√ģtre de justice n'a pas exerc√© son minist√®re sous Jonathan ou sous Simon, au second si√®cle avant J.-C. : pour cette √©poque, l'expression ¬ęles impies d'√Čphra√Įm et de Manass√©¬Ľ n'aurait eu aucun sens, - mais au premier si√®cle avant J.-C, au temps de la rivalit√© des deux fils de Jann√©e ; c'est pour ceux-ci qu'ont √©t√© pr√©cis√©ment forg√©s les deux surnoms d'Ephra√Įm et de Manass√©, qui portent clairement la marque d'une situation historique bien d√©termin√©e (Andr√© Dupont-Sommer, Observations sur le Commentaire de Nahum d√©couvert pr√®s de la mer Morte, Journal des Savants, 1963 - books.google.fr).

 

Le Récit de l'enfance de Leabhar Breac nomme le père d'Alexandre Jannée Phaleg, ce qui est à mettre en rapport avec la "Maison de Phaleg" essénienne.

 

Pourtant Flavius Josèphe explique dans la Guerre des Juifs que ce père nommé Jean était aussi connu sous le nom d'Hyrcan, mais n'explique pas la raison qui justifiait cette dénomination (fr.wikipedia.org - Jean Hyrcan Ier).

 

102 As for Alexander, the son of Phaleg, who held the chieftaincy of the sons of Israel, as we have related, he had two sons, Aristobulus and Hyrcanus. Now it happened that Antipater son of Herod the Ascalonite at that time had become a rich, energetic man in the land of Judah. Hyrcanus son of Alexander then went to him, and they made a pact to be united in opposition to Aristobulus son of Alexander, his own brother. [...]

 

"Alexander the son of Phaleg" is Alexander Jannaeus, father of Aristobulus II and Hyrcanus (mentioned in Eusebius Hist. eccl. I. 6. 6) (The Infancy Narrative of the Leabhar Breac and related manuscripts, Apocrypha Hiberniae, 2001 - books.google.fr).

 

La compilation J de l'enfance est un r√©cit apocryphe chr√©tien √©crit en latin portant sur l'enfance de Marie, la naissance de J√©sus et son enfance. On la qualifie de compilation puisqu'il s'agit du rassemblement de plusieurs textes. La lettre J vient du nom de son premier √©diteur, Montagues Rhode James. La compilation J originelle n'existe plus, cependant la recherche contemporaine a permis d'en reconstruire les sources : l'√Čvangile du Pseudo-Matthieu et une compilation plus ancienne, appel√©e compilation I, qui est √©galement √† l'origine d'apocryphes irlandais : le Liber Flavus Fergusiorum et le R√©cit de l'enfance de Leabhar Breac. Cette compilation I puise elle-m√™me √† deux sources : le Prot√©vangile de Jacques et une ¬ęsource sp√©ciale¬Ľ, correspondant peut √™tre au Liber de natiuitate saluatoris et de Maria uel obstetrice apocryphus mentionn√© dans le d√©cret de G√©lase (fr.wikipedia.org - Compilation J).

 

Le Leabhar Breac ou ¬ęLivre tachet√©¬Ľ (Royal Irish Academy, Ms. 23, p. 16) est un manuscrit au contenu principalement religieux, compil√© vers 1411 ou un peu avant par un des membres de la famille des MacEgans de Muscrige-T√≠re, dans le nord du Tipperary. Vers le milieu du XVIe si√®cle, il √©tait entre les mains d'une branche de la famille √©tablie √† D√ļn Daighre (Duniry) et a aussi port√© le nom de ¬ęGrand Livre de Duniry¬Ľ (Leabhar M√≥r D√ļna-Daighre). Il appartient √† la Royal Irish Academy qui en a publi√© un fac-simil√© ex√©cut√© par Joseph O'Longan en 1876 (Dominique Barbat-Massin, Le trait√© irlandais sur les couleurs liturgiques du Leabhar Breac, Corona Monastica: Moines bretons de Land√©vennec : histoire et m√©moire celtiques. M√©langes offerts au p√®re Marc Simon, 2015 - books.google.fr).

 

Daniel (Donal) MacEgan, du diocèse d'Ardagh dans la province d'Armagh en Irlande, alors qu'il avait une cinquantaine d'années, était professeur de théologie à l'université de Reims en France dans la seconde moitié du XVIIe siècle (Collectanea Hibernica, Volume 41, 1999 - books.google.fr).

 

Hyrcan II ou Jean Hyrcan II est un grand-pr√™tre du Temple de J√©rusalem et un roi appartenant √† la dynastie des Hasmon√©ens (mort en -30). Il est le fils d'Alexandre Jann√©e et de Salom√© Alexandra. Il joue un r√īle dans la prise du contr√īle du royaume de Jud√©e par les Romains en 63 av. J.-C. Puis il permet √† H√©rode le Grand de devenir roi en -37.

 

Apr√®s la mort de Salom√© Alexandra en 67 av. J.-C., une guerre civile √©clata entre ses deux fils Hyrcan et Aristobule, partisans l'un des Pharisiens, l'autre des sadduc√©ens. Hyrcan ajoute √† sa fonction de grand-pr√™tre la couronne de roi, car il avait probablement √©t√© d√©sign√© roi par sa m√®re. mais son pouvoir est violemment contest√© par son jeune fr√®re Aristobule. Celui-ci, √† qui Alexandra avait confi√© son arm√©e, √©crase les partisans de son fr√®re pr√®s de J√©richo, puis prend possession de J√©rusalem. Hyrcan, assi√©g√© dans le Temple avec ses partisans, h√©site √† se servir de la famille d'Aristobule qu'il retient en otage. Les deux fr√®res se rencontrent dans le Temple et passent une alliance : √† Aristobule revient la royaut√© et √† Hyrcan la charge de grand-pr√™tre. Pour renforcer leur alliance, Alexandra, la fille d‚ÄôHyrcan √©pouse Jonathan Alexandre II, le fils d'Aristobule. Il para√ģt alors renoncer au tr√īne ainsi qu'√† la dignit√© de grand-pr√™tre en faveur de son fr√®re cadet.

 

En 66 av. J.-C., la guerre civile juive semble termin√©e, lorsque intervient Antipater, un Idum√©en important d‚Äôune famille convertie au juda√Įsme sous Jean Hyrcan et dont le p√®re Antipas √©tait strat√®ge (gouverneur) d‚ÄôIdum√©e sous Alexandre Jann√©e. L'ambitieux Antipater a succ√©d√© √† son p√®re dans cette fonction et il poss√®de des troupes qui lui sont aussi fid√®les qu'elles sont efficaces. Antipater devient le principal conseiller d'Hircan. Antipater a plusieurs fils √† qui il confie des fonctions de gouverneurs d'autres territoires. L'un de ses fils r√©gnera par la suite en Jud√©e sous le nom d'H√©rode le Grand. Sous l‚Äôinfluence d‚ÄôAntipater, Hyrcan d√©cide de revenir sur son accord avec Aristobule et d‚Äôexiger le pouvoir avec le soutien du roi des Nabat√©ens Ar√©tas III qui entre en guerre contre Aristobule et d√©truit une partie de son arm√©e. Celui-ci se r√©fugie √† J√©rusalem et se retrouve assi√©g√© dans le Temple en -64. Le peuple et les Pharisiens soutiennent Hyrcan qui fait figure de souverain l√©gitime en raison de son droit d'a√ģnesse, mais la puissante caste des Sadduc√©ens reste majoritairement fid√®le √† Aristobule.

 

Le siège cesse lorsque le général romain Pompée, en campagne militaire en Orient, envoie Aemilius Scaurus à Damas. Antipater, se rend toutefois auprès de Pompée et parvient à le convaincre de fournir un arbitrage entre Hyrcan et Aristobule. Les partisans de ce dernier refusent d'obéir à sa rédition et se barricadent dans le Temple. Pompée assiège Jérusalem, mais les hommes de Jean Hyrcan II ouvrent les portes de la ville aux Romains. L'assaut final se conclut en carnage contre les partisans d'Aristobule (-63), qui se réfugient dans le Temple. Vers la fin de l'automne -63, après trois mois de siège, Pompée investit le Temple.

 

Hyrcan et Antipater se maintiennent au pouvoir √† l'ombre de Rome. En -58, Hyrcan doit fuir J√©rusalem pendant la r√©volte d'Alexandre II, fils de son fr√®re Aristiobule, r√©volte m√Ęt√© par les Romains.

 

En -42, avec l'aide de Ptolémée Mennaeus Tétrarque de Chalcis, de Marion tyran de Tyr et avec la complaisance de Fabius gouverneur de Damas, Antigone II, autre fils d'Aristobuile II, envahit la Judée mais il est repoussé par Hérode le Grand qui gouvernait le pays pour le compte d'Hyrcan II. Ce dernier pour remercier son sauveur et l'intégrer dans la famille royale lui accorde la main de Mariamme, sa petite-fille, fille d'Alexandre II fils d'Aristobule II.

 

Aristobule III, petit-fils d’Hyrcan et frère de Mariamne l'Hasmonéenne, est alors le dernier prétendant légitime de la dynastie hasmonéenne. Avec Hyrcan, il représente un danger pour Hérode. Hérode lui accorde la charge de grand-prêtre bien qu'il n'ait que 17 ans, puis le fait noyer dans son palais de Jéricho. Cela soulève contre lui sa femme Mariamne, sa belle-mère Alexandra et Hyrcan. Hérode fait finalement tuer Hyrcan en -30, Alexandra et Mariamne en -29, puis les deux fils qu’il avait avec Mariamne, Alexandre et Aristobule IV, quelques années plus tard, en 7 av. J.-C. (fr.wikipedia.org - Hyrcan II).

 

Hyrcan II et Aristobule II était frères, grands peut-être par leur titre de grand prêtre.

 

Cf. le quatrain suivant II, 96 - Les cadeaux des Rois mages - 1701-1702.

 

L'Apocalypse d'Elie serait un ouvrage juif du Ier si√®cle avant J√©sus-Christ r√©utilis√© et actualis√© au III√®me si√®cle de notre √®re. Avec quelques autres pseud√©pigraphes pr√©occup√©s par la fin des temps, elle repr√©sente, sp√©cialement dans sa troisi√®me partie, un point de fixation important de la l√©gende de l'Ant√©christ. Sa description est vraiment pittoresque : ‚ÄúC'est un petit P√©leg, jeune, aux jambes gr√™les ; sur le devant de sa t√™te, il y a une touffe de cheveux blancs ; il est chauve ; ses sourcils vont jusqu'aux oreilles ; sur le devant de ses mains il y a une tache de l√®pre.‚ÄĚ (Caroline Cazanave , H√©noch et Elie : ‚Äúet c'est la fin des temps pour quoi ils sont ensemble...‚ÄĚ, Fin des temps et temps de la fin dans l‚Äôunivers m√©di√©val, 1993 - books.openedition.org).

 

Le mot P√©leg se trouve √©crit en copte pel√®g (version akhmimique de l'Apocalypse), pel√®k (version sahidique). Certes, en copte, la transcription de P√©leg la plus courante est phalek, mais les versions coptes se contentent alors de reproduire la transcription grecque du mot. pel√®g dans le texte akhmimique n'est en fait que la transcription, sans doute par un interm√©diaire grec, de l'h√©breu, de m√™me que pel√®k dans le texte sahidique. Cette explication laisse entrevoir, √† partir d'un exemple pr√©cis, toute une √©volution s√©mantique. Le nom de P√©leg, simple maillon d'une cha√ģne g√©n√©alogique dans la Gen√®se, devenu √† Qoumr√Ęn le symbole de la dynastie asmon√©enne honnie, en est venu √† d√©signer dans l'Apocalypse d'√Člie l'Antichrist (Jean-Marc Rosensthiel, Un sobriquet ess√©nien dans l'Apocalypse copte d'Elie, Semitica, Volume 15, 1965 - books.google.fr).

 

"incapables"

 

Lors de la rencontre avec Piomp√©e en -63, aux accusations de son fr√®re, Aristobule r√©pondit "qu'Hyrcan avoit √©t√© d√©pos√© uniquement √† cause de son incapacit√© : que sa nonchalance & sa paresse le rendant absolument incapable des affaires, le peuple l'avoit m√©pris√© : & que lui Aristobule avoit √©t√© oblig√© de prendre les r√™nes du gouvernement pour l'emp√™cher de tomber en des mains √©trang√®res : enfin, qu'il portoit point d'autre titre que celui qu'avoit eu son p√®re Alexandre" (Humphrey Prideaux, Histoire des Juifs et des peuples voisins, depuis la d√©cadence des royaumes d'Israel et de Juda jusqu'√† la mort de J√©sus-Christ, traduite de l'anglois, Tome V, 1744 - books.google.fr).

 

Avec le secours des Parthes, Antigone II renversa du tr√īne Hyrcan II, √† qui il fit couper les oreilles pour le rendre incapable d'exercer la souveraine sacrificature (Laponneraye, Biographie des rois, des empereurs et des papes, Tome II : H-Z, 1838 - books.google.fr).

 

Typologie

 

En prenant comme date pivot -55, le report de 1701 donne -1811, date selon la chronologie samaritaine (cf. quatrain suivant II, 96), de l'exil de Jacob en Egypte après une famine de 7 ans (Abbé Lenglet du Fresnoy, Tablettes Chronologiques De L'Histoire Universelle, Tome 1 : Premier Volume, Qui contient l'Histoire Ancienne, 1745 - books.google.fr).

 

Apr√®s √Čber, son fils Peleg. √Ä l'√Ęge de 130 ans, il engendra Re'u. En tout, il v√©cut 343 ans. En sa centi√®me ann√©e, le premier roi d'√Čgypte, Panopis, r√©gna 68 ans. En l'an 140 de Peleg, la terre fut partag√©e une seconde fois entre les fils de No√© (La chronographie de Bar Hebraeus, Tome 1, traduit par Philippe Talon, 2013 - books.google.fr).

 

Canada

 

On peut mettre en relation ce quatrain avec le I, 63 interprété comme colonisation de l'Amérique (1603-1604), réalisé par l'émigration de populations européennes :

 

Les fleaux passés diminué le monde :

Long temps la paix terres inhabitées :

Seur marchera par ciel, terre, mer & onde :

Puis de nouveau les guerres suscitées.

 

La Chasse doit avoir √©t√© une occupation tr√®s utile & tr√®s n√©cessaire dans les tems qui ont suivi imm√©diatement la dispersion, tous les Pays √©tant alors pleins de B√™tes sauvages, qui les rendoient presque inhabitables : voil√† pourquoi la qualit√© de grand Chasseur (que Nimrod possedoit probablement) √©toit tr√®s propre √† lui concilier l'estime & la bienveillance de ses contemporains. C'est par cet exercice, que les anciens Perses formoient leurs Rois √† la Guerre ; & m√™me, encore √† pr√©sent, la chasse est consid√©r√©e en plusieurs Pays comme une partie essentielle de l'√©ducation des Princes (Histoire universelle, depuis le commencement du monde, jusqu'√† present, 1770 - books.google.fr).

 

Phaleg a parfois été associé aux Pélasges, peuple établi en Grèce, en Italie.

 

Pélasges (en grec ancien Pelasgoí) est le nom donné par les Grecs anciens aux premiers habitants de la Grèce, avant les grandes invasions achéennes, éoliennes et ionienne (fr.wikipedia.org - Pélasges).

 

MŇďbius, dans son Trait√© des Oracles, d√©clare que la race am√©ricaine eut pour anc√™tres les ap√ītres et quelques femmes gro√ęnlandaises qu'ils trouv√®rent √©gar√©es sur les rivages d√©serts du Canada, o√Ļ ils venaient apporter la lumi√®re de l'Evangile. Le p√®re Lafiteau pense, au contraire, que le Nouveau-Monde doit sa population aux √©migrations de ces peuples antiques si c√©l√®bres, sous le nom de P√©lasges, comme fondateurs des nations les plus civilis√©es de l'Ancien Monde: les Grecs, les Etrusques, les Troyens, etc. Les Cara√Įbes lui paraissaient √™tre une tribu de Cariens, √† cause de la conformit√© du nom, et surtout, dit Voltaire, persiflant sans piti√© le malencontreux j√©suite, parce que les femmes cara√Įbes accommodaient la cuisine de leurs maris absolument comme les femmes cariennes. Une chose pourtant inqui√©tait Lafiteau, la couleur rouge d'une partie de la population am√©ricaine. Mais cette difficult√© n'√©tait pas de nature √† l'arr√™ter longtemps, et il suppose que les Cara√Įbes naissent rouges √† cause de l'habitude qu'avaient jadis leurs p√®res de se peindre le corps avec cette couleur, d'o√Ļ il r√©sulte que leurs femmes, les voyant teints de cette sorte, en eurent l'imagination si frapp√©e, que leur race s'en ressentit pour jamais. Le temps de ces vaines explications est pass√©, et nous avons accompli assez de progr√®s dans la science pour pouvoir traiter de r√™veries absurdes ces th√©ories qui ont longtemps occup√© les esprits les plus s√©rieux. Quelques √©quipages ph√©niciens ou carthaginois, dans leurs navigations sur les c√ītes occidentales de l'Afrique et sur celles des lies de Mad√®re ou des Canaries, ont pu √™tre jet√©s par la temp√™te sur les plages am√©ricaines et y apporter quelques √©l√©ments de civilisation. Mais c'est l√† tout ce qu'on peut raisonnablement admettre (Grand dictionnaire de g√©ographie universelle, Tome 1, 1857 - books.google.fr).

 

Joseph-Fran√ßois Lafitau, n√© et mort √† Bordeaux en France (1681 - 1746), est un missionnaire j√©suite en Nouvelle-France. On le conna√ģt surtout pour un ouvrage d'ethnographie qui lui a valu d'√™tre consid√©r√© comme un pionnier de cette discipline. Lafitau est un observateur attentif des coutumes am√©rindiennes. Il fait para√ģtre en 1724 MŇďurs des sauvages am√©ricains compar√©es aux mŇďurs des premiers temps, o√Ļ il tente, en les mettant en parall√®le avec celles des soci√©t√©s de l‚ÄôAntiquit√©, de d√©montrer que les mŇďurs des Iroquois ne sont pas aberrantes. Il s‚Äôefforce aussi de prouver l‚Äôorigine commune des Am√©rindiens et des Occidentaux et d‚Äô√©tayer ainsi le concept d‚Äôunit√© de l'humanit√© tir√© de la Gen√®se (Adam et √ąve, couple initial unique) (fr.wikipedia.org - Joseph Fran√ßois Lafitau).

 

"grands frères" au Canada

 

La fondation de Qu√©bec en 1608 par Samuel de Champlain, marque en Nouvelle-France le d√©but de l‚Äôexploitation m√©thodique des immenses richesses des for√™ts bor√©ales par les marchands venus de la m√©tropole. Le contr√īle des r√©seaux de la traite des fourrures devient un enjeu de rivalit√© entre les diff√©rentes nations am√©rindiennes, chacune souhaitant appara√ģtre en interlocuteur privil√©gi√© aupr√®s des Europ√©ens. La ¬ęguerre des fourrures¬Ľ oppose bient√īt les Hurons et les Algonquins alli√©s des Fran√ßais aux nations iroquoises de la puissante Ligue des cinq nations soutenues par les Hollandais puis les colons anglais.

 

À compter de 1697, les Iroquois se départent progressivement de leur attitude intransigeante. Leur déclin démographique s’est accentué au fil des conflits et des épidémies, mettant en péril jusqu’à leur existence même. Parallèlement, le commerce en Iroquoisie est quasi-ruiné à la fin du XVIIe siècle et seuls les marchands de Nouvelle-Angleterre trafiquent avec les Cinq-Nations. Le verrou iroquois enfin levé, rien ne s’oppose désormais à l’élaboration d’une paix globale profitable à l’ensemble des parties. Jusqu’alors et tout au long du siècle, plusieurs paix séparées avaient été conclues tant entre les Français et les Amérindiens qu’entre nations Amérindiennes. Toutes se révélèrent sans lendemain. À la lumière des tentatives précédentes, cette négociation décisive va faire l’objet de plusieurs étapes préliminaires.

 

En mars 1700, une premi√®re conf√©rence est organis√©e en territoire iroquois, √† Onontagu√©. En septembre de la m√™me ann√©e, une paix pr√©paratoire est sign√©e √† Montr√©al avec les Cinq nations iroquoises. Treize marques am√©rindiennes figurent sur le trait√©. √Ä la suite de cette premi√®re entente, il est convenu qu'une invitation sera port√©e √† toutes les nations des Grands Lacs pour qu'elles se rendent √† Montr√©al √† l'√©t√© 1701 afin d‚Äôy ratifier l‚Äôentente g√©n√©rale. Des √©missaires fran√ßais, religieux et soldats particuli√®rement bien introduits parmi les Am√©rindiens, sont charg√©s de cette approche diplomatique, notamment Jean-Baptiste Nicolas Perrot, le ¬ęFran√ßais le plus connu √† l'Est du Mississippi¬Ľ, qui avait auparavant visit√© nombre de tribus am√©rindiennes au cours de ses voyages et fut pionnier du Wisconsin. Dans l‚Äôattente du grand rassemblement, les n√©gociations continuent : √† Montr√©al, en mai 1701, c‚Äôest la question de la neutralit√© des Cinq nations qui est abord√©e.

 

La signature s‚Äôeffectue le 4 ao√Ľt dans une grande plaine en dehors de la ville, am√©nag√©e pour l‚Äôoccasion. Les repr√©sentants de chacune des nations apposent la marque de leur tribu au bas du trait√©, le plus souvent un animal. Un grand banquet suit l‚Äôacte solennel puis le calumet est √©chang√© par les diff√©rents chefs, chacun d‚Äôentre eux pronon√ßant une harangue de paix. L'entente est importante. Elle met fin aux guerres entre les Fran√ßais et les Iroquois, ainsi qu'entre ces derniers et les autres nations autochtones alli√©es des Fran√ßais. Trois clauses ressortent particuli√®rement : tous les captifs, autochtones ou non, sont lib√©r√©s et retourn√©s dans leur nation ; les territoires de chasses sont mis en commun et partag√©s entre les autochtones. Cette clause a toujours valeur juridique ; les nations am√©rindiennes demeurent neutres en cas de conflit entre les colonies fran√ßaises et anglaises (fr.wikipedia.org - Grande paix de Montr√©al).

 

La Ligue des Cinq Nations est une confédération de tribus iroquoises fondée en 1570 : Seneca, Cayuga, Onondaga, Oneida, Mohawks, auxquels les Tuscarora viennent s'ajouter en 1722.

 

Traditionnellement, le Grand Conseil de la Ligue compte approximativement cinquante chefs issus des clans des villages qui composent les Cinq Nations. [...] Les dissensions internes de chaque nation et entre les nations membres étaient laissées à la discrétion du conseil de ces nations, de même que les décisions de guerre qui semblent être une affaire individuelle. [...] Mohawks, Onondagas et Senecas (les grands frères) représentent le principe paternel ou agadoni, alors que les Oneidas et Cayugas (les frères cadets) représentent le principe maternel (Marie-Laure Pilette, Un dilemme iroquois: combattre pour s'allier et s'allier pour combattre, Recherches Amérindiennes Au Québec, Volume 21, 1991 - books.google.fr).

 

¬ęTous les √™tres, qu'ils soient humains ou non, sont parents et forment une famille. La terre est la m√®re de tous, la lune est la grand-m√®re, les vents sont les grand-p√®res, les autres Nations sont les petits et grands fr√®res, les cousins etc. (...) L'ordre social tout entier est bas√© non sur des droits mais sur le devoir qui vient de la nature, √† savoir, d√©couvrir et suivre la place qui est assign√©e √† chaque √©l√©ment du cercle par les dispositions du Cr√©ateur et inscrite dans la nature des choses.¬Ľ (Vachon, 1992 : 8-9) (Christoph Eberhard, Le droit au miroir des cultures: pour une autre mondialisation, 2006 - books.google.fr).

 

"prudents incapables"

 

Malheureusement, la paix √† peine conclue avec les Indiens, la guerre de Succession d'Espagne, d√©clar√©e le 15 mai 1702, allait de nouveau plonger Anglais et Fran√ßais d'Am√©rique dans la discorde. Citoyens de Montr√©al et de Deerfield allaient s'entretuer parce que, √† des milliers de kilom√®tres, le Duc d'Anjou montait sur le tr√īne d'Espagne. Cet √©pisode sanglant dura quelques ann√©es. En r√©alit√©, c'est √† partir de 1709 que la ville s'affranchit de la guerre. En effet, les lroquois respect√®rent toujours les termes de l'accord de 1 700 et lorsque les Anglais reprirent la lutte, ce fut en dehors des limites de la cit√©. Cette paix se prolongea jusqu'en 1760. Pourtant, par prudence sans doute, ce fut pendant cette √©poque de tranquillit√© que Montr√©al devint une ville fortifi√©e, entour√©e d'une muraille h√©riss√©e de bastions qui devait par la suite se r√©v√©ler inutile (Roger de Groote, Sports olympiques, album officiel, Montr√©al 1976, 1975 - books.google.fr).

 

Les hostilités commencèrent en Italie dès le mois de mai 1701. Dans le Milanais, Catinat commandait les contingents franco-espagnols, auxquels le duc de Savoie, sollicité par Tessé, finit par joindre le sien, à condition qu'il serait généralissime et que sa seconde fille épouserait Philippe V.

 

Le mar√©chal Catinat √©tait d√©j√† vieux; la vivacit√© du prince Eug√®ne l'√©blouissait : il devint timide √† force de prudence, et perdit successivement la ligne de l'Adige et de l'Oglio, et se retira derri√®re l'Adda, laissant son heureux adversaire, qui descendaient du Tyrol, ma√ģtre de tout le pays entre cette derni√®re rivi√®re et l'Adige. Dans sa retraite, il fut surpris dans le poste de Carpi (9 juillet), et n'opposa qu'une faible r√©sistance. Le Prince Eug√®ne s'ouvrit la roule du Milanais.

 

Catinat, en pleine campagne, fut d√©pouill√© de son commandement et plac√© en second sous les ordres de l'incapable Villeroy. Autant Catinat √©tait modeste et prudent, autant Villeroy √©tait pr√©somptueux et t√©m√©raire. Celui-ci ordonna, au nom du roi, "de passer les rivi√®res, de chercher l'ennemi, de faire l'impossible pour combattre plut√īt que d'avoir la honte de voir les Imp√©riaux hiverner en Italie". Cette pr√©cipitation eut un effet fatal : en marchant sur Chiari, qu'il croyait inoccup√©, Villeroi y rencontra l'arm√©e ennemie retranch√©e et dut battre en retraite apr√®s avoir perdu 2000 hommes. Le duc de savoie, qui m√©ditait une trahison, avait contribu√© √† cet √©chec, en renseignant le prince Eug√®ne sur les op√©rations projet√©es par Villeroi.

 

Le 1er février 1702, un hardi coup de main du prince Eugène valut un succès à notre armée et la débarrassa de son chef. Ayant réussi à faire entrer la nuit, par un égout, 5000 hommes dans Crémone, il surprit la garnison, enleva Villeroi, mais dut se retirer avec de grosses pertes quand nos troupes se furent ressaisies. A l'armée comme à Paris, on chansonna la captivité de ce général incapable :

 

Fran√ßais, rendez gr√Ęce √† Bellone.

Votre bonheur est sans égal,

Vous avez conservé Crémone,

Et perdu voire général.

 

Villeroi fut remplac√© par l'audacieux Vend√īme (Histoire de France, illustr√©e, Tome II : 1610 - 1871, Larousse, 1900 - archive.org, Adrien Pascal, Histoire de l'arm√©e et de tous les r√©giments depuis les premiers temps de la monarchie fran√ßaise jusqu'√† nos jours, Tome 2, 1853 - books.google.fr, La Science catholique, Volume 16, 1902 - books.google.fr).

 

Phaleg illuministe

 

Marie-Louise de Monspey (17331-1813), dite √Čgl√©e de Valli√®re ou Madame de Valli√®re, chanoinesse de Remiremont, est l‚Äôune des filles de Joseph-Henri, marquis de Monspey, comte de Valli√®re et de Marie-Anne-Livie de Pontev√®s d‚ÄôAgoult. Elle fut une c√©l√®bre mystique et voyante de son temps, se faisant appeler l'¬ęAgent inconnu¬Ľ et jouant un r√īle notable dans l'√©sot√©risme fran√ßais de la fin du XVIIIe si√®cle ainsi que dans la cr√©ation de hauts grades ma√ßonniques fran√ßais et plus particuli√®rement dans ceux du Rite √©cossais rectifi√© (fr.wikipedia.org - Marie-Louise de Monspey).

 

Tous les rites ma√ßonniques, poss√®dent comme mot de passe, TUBALCAIN, soit au premier grade pour les rites modernes soit au troisi√®me grade pour les rites anciens. Il existe cependant une exception, √† cette r√®gle, elle concerne, le Rite Ecossais Rectifi√©, qui pour les raisons d√©velopp√©es ci-dessous, va remplacer au premier grade, le mot Tubalca√Įn par Phaleg.

 

"Nous sommes, tard dans la nuit, le Mardi 5 Avril 1785, Jean-Baptiste Willermoz et deux de ses proches, re√ßoivent une bien √©trange visite assortie d'une bien √©trange r√©v√©lation, qui encore aujourd'hui marque le R√©gime Ecossais Rectifi√©. En effet, un messager, Pierre-Paul-Alexandre de Monspey se pr√©sente √† eux. C'est un fr√®re, membre de la Loge La Bienfaisance qui apporte √† Willermoz onze cahiers r√©dig√©s par sa sŇďur Marie-Louise de Monspey dite Madame de Valli√®re, qui sous l'emprise d'une force extranaturelle et sous l'emprise de ce qu'elle appelle des "batteries", sortes de coups qu'elle re√ßoit dans son corps, √©crit ce qu'un √™tre sup√©rieur lui fait √©crire.

 

Que nous dit "l'Agent Inconnu" sur Tubalca√Įn ?

 

Tubalca√Įn est plac√© sur le m√™me niveau qu'Adam en ce qui concerne la chute et la perversion de l'homme. Il est qualifi√© d' "agent diabolique" et portant les "vices charnels¬Ľ, "c'est un nom d'abomination", car Tubalca√Įn est "coupable des plus honteuses pr√©varications", qu'il n'apprit l'art du travail des m√©taux et la ma√ģtrise du feu que par des voies profanatrices et sataniques. Ainsi ce nom, devait √™tre supprim√© au profit de Phaleg, fondateur des Loges et donc de la Ma√ßonnerie. Le 5 Mai 1785, Jean-Baptiste Willermoz remplace Tubalca√Įn par Phaleg, sur d√©cision de la R√©gence Ecossaise de Lyon et par Arr√™t√© du Directoire d'Auvergne. Arguant que la d√©cision avait √©t√© prise √† Wilhemsbad, et donc le dimanche 5 mai 1785 le Directoire Provincial d'Auvergne avec √† sa t√™te le Chevalier Gaspard de Savaron officialise la d√©cision (D Sappia APRT, De Tubalca√Įn √† Phaleg, 20 Mai 2012 - hautsgrades.over-blog.com).

 

Depuis plusieurs ann√©es cependant, on constate en France un regain d'int√©r√™t pour l'Ordre du Temple, qui int√©resse Raymond Bernard depuis longtemps, et dont l'AMORC, du reste, √©voque l'histoire largement mythique, dans certaines monographies de son 12e degr√©, r√©dig√©es par Spencer Lewis lui-m√™me. Au nombre des quelques organisations qui se r√©clament de la tradition templi√®re, Raymond Bernard est en relation avec l'Ordre du Temple de J√©rusalem, dirig√© par Jacques Gavillier, soi-disant marquis de Vaux; il re√ßoit en 1963 un dipl√īme sign√© Leuprecht, de l'Ordre souverain et militaire du Temple de J√©rusalem (OSMTJ); il fr√©quente les cadres de l'Ordre souverain du Temple solaire (OSTS), issu de la r√©surgence d'Arginy. [...] Situ√© dans le Rh√īne, sur la commune de Charentay, le ch√Ęteau d'Arginy, qu'on dit construit au XIe si√®cle, et qui accueillit en 1253 Louis de Beaujeu, passe pour le berceau de l'Ordre du Temple, son grand quartier g√©n√©ral occulte, le lieu de r√©union de son chapitre secret. C'est pure l√©gende sans le moindre fondement historique. Mais le ch√Ęteau appartint √† Joseph Henri de Monspey, marquis de Valli√®re et comte d'Arginy, p√®re de Marie-Louise de Monspey qui entra dans l'histoire de l'illuminisme sous le nom de ¬ęl'Agent inconnu¬Ľ. Puis il fut vendu comme bien¬† national sous la R√©volution, et en 1883 il devint propri√©t√© de la famille Chambrun d'Uxeloup de Rosemont, dont le dernier descendant, Jacques de Rosemont, re√ßut en 1952 l'occultiste Jacques Breyer (1922-1996), qui y v√©cut dans une tour jusqu'en 1958 (Serge Caillet, Raymond Bernard, L'Ordre r√©nov√© du Temple: Aux racines du Temple solaire, 1997 - books.google.fr).

 

Il y lance une r√©surgence de l'ordre du Temple m√©di√©vale, avec, entre autres le journaliste Marcel Veyre de Bagot et l'alchimiste et astrologue Armand Barbault : ¬ę√Ä l‚Äôissue d‚Äôune op√©ration particuli√®re, conduite le 12 juin 1952, les trois occultistes sont convaincus d‚Äôentrer en contact avec l‚Äô√©gr√©gore de l‚ÄôOrdre du Temple m√©di√©val et ce sera pour eux le jour d‚Äôune "nouvelle √®re du Temple"¬Ľ (fr.wikipedia.org - Jacques Breyer).

 

La terre de Valli√®res (Valli√®re) √©chut aux Monspey par mariage de Louis de Monspey avec Lucr√®ce de David (fille d'Alexandre de David, seigneur de Valli√®re) en 1652. Leurs descendants prirent alors motu proprio le titre de Comte de Valli√®re. En 1726, Joseph-Henri de Monspey (petit-fils des pr√©cit√©s) dit le Comte de Valli√®re √©pousa Marie-Anne-Livie de Pontev√®s, fille de Jean-Fran√ßois de Pontev√®s et derni√®re survivante de la branche des Marquis de Buous en Provence. Leurs descendants prirent alors, √† nouveau motu proprio, le titre de Marquis de Monspey. Il semblerait que les Monspey prirent, √† cette √©poque, l'habitude de se parer du titre de ¬ęMarquis de Valli√®re(s)¬Ľ. M. de La Chenaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, 2e √©dition, t. 10, p. 204-209 (fr.wikipedia.org - Famille de Monspey).

 

Louise Cornélie, une soeur de Marie-Anne-Livie, née le 18 février 1701, professe le 24 février 1720 sous le nom de soeur Roseline, morte le 20 novembre 1795 : Note extraite des registres du Monastère de Salette communiquée par les Pères de la Grande Chartreuse. Celle religieuse a laissé un volume de poésies sacrées qui nous ont été conservées par sa soeur la Comtesse de Monspey Vallière (Bulletin, Volumes 8 à 9, Société des sciences et arts du Beaujolais, 1907 - books.google.fr).

 

La fondation de Salettes en 1299 est intimement li√©e √† la famille du Dauphin. En effet Humbert Ier de La Tour, son √©pouse Anne, fille de la ¬ęGrande Dauphine¬Ľ, ainsi que leur fils Jean fondent la chartreuse de Salettes sur le territoire de La Balme (Thomas J√©r√īme, La couronne, la mitre et le voile, √©lites et moniales chartreuses du XII au XVIIe si√®cle, Les chartreux et les √©lites, XIIe-XVIIIe si√®cles: colloque international du CERCOR (30-31 ao√Ľt 2012), 2013 - books.google.fr).

 

SŇďur Roseline ou Rosoline prend son nom de sainte Roseline, de la famille d‚Äôorigine catalane des Villeneuve install√©e en Provence, aux Arcs sur Argens (Var). Elle a son tombeau pr√®s de l√†, dans ce qui reste de l‚Äôancien monast√®re de l'ordre des Chartreux de la Celle-Roubaud.

 

Chartreux et Phaleg

 

Des membres fran√ßais de l'ordre des Chartreux, oppos√©s √† la bulle Unigentus condamnant le jans√©nisme, et pers√©cut√©s, se r√©fugi√®rent en Hollande en 1723. ¬†Dans l'Apologie des RR. PP. Chartreux Opposans au D√©cret Quo zelo & √† la Bulle Unigentus, ces chartreux se comparent aux moines de Nitrie appel√©s "Grands Fr√®res". Ils √©taient pers√©cut√©s par Th√©ophile d'Alexandrie sous pr√©texte d'orig√©nisme. Ils durent s'exiler en Palestine, en furent chass√©s par Th√©ophile et furent re√ßus par Jean Chrysost√īme √† Constantinople (Gabriel-Nicolas Nivelle, La Constitution Unigenitus d√©f√©r√©e √† l'Eglise universelle, ou recueil g√©n√©ral des actes d'appel interjet√©s au futur concile de cette Constitution, 1757 - books.google.fr, S√©bastien Le Nain de Tillemont, M√©moires pour servir √† l'histoire eccl√©siastique, Tome 11, 1706 - books.google.fr).

 

Il y avait, dans les monast√®res d‚ÄôEgypte, un grand nombre de moines, tr√®s-vertueux assur√©ment, mais sans aucune science. Ils avaient pris √† la lettre cette expression de la sainte Ecriture : Faisons l'homme √† notre image et ils en concluaient que Dieu avait la forme humaine; on les appela Anthropomorphites. Les th√©ologiens se moquaient de la simplicit√© de ces pauvres moines, et se montraient grands partisans d‚ÄôOrig√®ne dont les doctrines √©taient aussi spiritualistes que la croyance des moines √©tait mat√©rialiste. Parmi les moines, il y avait cependant plusieurs hommes instruits, lesquels, comme les autres savants, admiraient les ouvrages d‚ÄôOrig√®ne. Parmi eux √©taient trois moines tr√®s-c√©l√®bres qui √©taient fr√®res et que l‚Äôon appelait les grands fr√®res, √† cause de leur taille √©lev√©e. Th√©ophile, √©v√™que d‚ÄôAlexandrie, √©tait un homme orgueilleux et violent. Il d√©passait les¬† bornes, m√™me lorsqu‚Äôil poursuivait un but utile. C‚Äôest ainsi qu‚Äôen combattant l‚Äôidol√Ętrie, il avait excit√© √† Alexandrie une grave √©meute, en faisant promener par les rues les idoles ridicules des payens, et les preuves de la cruaut√© et de l‚Äôimmoralit√© de leurs pr√™tres. On l‚Äôa accus√© √† tort d‚Äôavoir incendi√© la fameuse biblioth√®que d‚ÄôAlexandrie, comme nous l‚Äôavons √©tabli pr√©c√©demment, mais son caract√®re violent ne le met pas √† l‚Äôabri d‚Äôautres accusations parfaitement fond√©es. S‚Äô√©tant attaqu√© aux anthropomorphites, ces moines firent irruption dans la ville d‚ÄôAlexandrie. Ils ne cachaient pas leur intention de tuer l‚Äô√©v√™que. Th√©ophile, tout en conservant ses croyances spiritualistes, crut devoir capituler. Il se pr√©senta aux moines en leur disant avec plus d‚Äôesprit que de franchise : ¬ęEn vous voyant je crois voir la figure de Dieu.¬Ľ Les moines furent flatt√©s et crurent que l‚Äô√©v√™que n‚Äô√©tait pas orig√©niste, car ils donnaient ce titre √† tous ceux qui croyaient √† un Dieu spirituel et invisible. Ils demand√®rent donc √† Th√©ophile la condamnation d‚ÄôOrig√®ne et celui-ci leur r√©pondit que depuis longtemps il avait l‚Äôintention de le condamner. Telle fut l‚Äôoccasion des attaques qu‚Äôil dirigea dans ses lettres paschales contre le saint et savant pr√™tre qui avait fait la gloire de l‚Äô√Čglise d‚ÄôAlexandrie. Ses lettres ne furent pas approuv√©es de tout le monde. Les moines les plus savants, et surtout les grands fr√®res, les bl√Ęm√®rent. Pour s‚Äôen venger, il obtint du gouverneur de la¬† province des soldats avec lesquels il fit irruption dans le d√©sert, saccageant et br√Ľlant les cellules des moines opposants (Histoire de l'Eglise, 1994 - foi-orthodoxe.fr).

 

La bulle Unigenitus ou Unigenitus Dei Filius est la bulle que le pape Cl√©ment XI fulmine en septembre 1713 pour d√©noncer le jans√©nisme. Elle vise plus particuli√®rement l'oratorien Pasquier Quesnel et condamne comme fausses et h√©r√©tiques cent une propositions extraites des R√©flexions morales, son ouvrage paru en 1692 et qui continue d'asseoir son succ√®s. Loin de mettre fin aux divisions de l'√Čglise, cette bulle provoque la coalition, voire la fusion de plusieurs oppositions : gallicane, rich√©riste et jans√©niste. Face au refus du parlement de Paris de l'enregistrer et aux r√©ticences de certains √©v√™ques, Louis XIV cherche √† l'imposer par la force (fr.wikipedia.org - Unigenitus).

 

Les puissances Seculieres, loin de pouvoir les favoriser, sont au contraire tenu√ęs de les reprimer. Sinnich rapporte √† ce sujet l'exhortation que le Bienheureux Pierre Damien adressoit autrefois √† Henry Roy des Romains, depuis Empereur, alors fauteur du Schisme de Cadola√ľs contre Alexandre II. Cette exhortation est si forte, si touchante, si convenable, que je crois devoir la tranfcrire ici. Noli esse Phaleg qui conjuncta dividas, dit ce Bien-heureux Cardinal au Roi Henry, & nous le pouvons dire apr√©s lui aux Appellans, & √† ceux de Meffieurs les Gens du Roy qui seroient tentez de les favoriser dans quelques-uns de nos Parlemens. [...]

 

A quel danger s'exposeroient donc des Magistrats dans quelques-uns des Parlemens du Royaume, si apr√©s avoir re√ß√Ľ la Constitution des mains de l'Eglise & du plus grand de nos Rois; si apr√©s l'avoir enregistr√©e comme une loy, m√™me de l'Etat, pour √™tre execut√©e, gard√©e & observ√©e suivant sa forme & teneur ; si apr√©s s'√™tre unis √† l'Eglise & au Roi pour de Ro, d√©fendre √† toutes sortes de personnes de soutenir ou favoriser, ledit Livre [de Quesnel] & renouveller les Propositions condamnees, √† peine d'√™tre proced√© contre-eux comme perturbateurs du repos public; si, dis-je, apr√©s avoir ainsi rempli un de leurs principaux devoirs, ils s'en √©cartoient aujourd'hui, en continuant de proteger ceux qui Appellent de cette Constitution, & qui loin de l'executer, de la garder, de l'observer, soutiennent au contraire ledit Livre,¬†comme font plusieurs Sorbonites, ou renouvellent au moins les Propositions condamn√©es, ce que font tous les Appellans jusques dans leur acte d'Appel ? Est-ce l√†, comme il convient √† des Magistrats Disciples de J. C. rejoindre √† son corps les membres qui s'en s√©parent ? Esto Discipulus Christi, qui divisa conjungas. N'est-ce pas au contraire imiter Phaleg, fomenter le schisme au lieu de l'√©teindre, donner lieu √† une plus grande division de la robe de J. C. & se rendre coupables des malheurs que ce schisme naissant peut causer √† l'Etat ? Ce qui √©tonne encore davantage, c'est qu'au lieu de punir les Appellans, qui renouvellent les Propositions condamn√©es & de proceder contre eux comme perturbateurs du repos public, conform√©ment aux ordres du Souverain enregistrez dans tous les Parlemens, nous voyons au contraire que des Juges la√Įcs en quelques endroits du Royaume s'efforcent d'emp√™cher les Ev√™ques de se fervir du glaive, spirituel pour procurer que la Bulle soit execut√©e, gard√©e, observee ; ils vont m√™me jusqu'√† maltraiter ces Ev√™ques zelez & leurs Ecrits (Isaac Habert, Les Appelans de la Constitution Unigenitus convaincus de Schisme, 1719 - books.google.fr).

 

En 1701, pouss√© par le p√®re de La Chaise, Louis XIV d√©cida de frapper plus fort. √Ä sa demande, son petit-fils, Philippe V, roi d'Espagne, fit arr√™ter le p√®re Quesnel qui, depuis la mort d'Arnauld, survenue en 1694, √©tait devenu, pour les j√©suites, le symbole des jans√©nistes tant d√©cri√©s. De plus en plus hostile, le roi se rapprocha du pape Cl√©ment XI (√©lu en d√©cembre 1700), afin d'obtenir de lui une bulle condamnant d√©finitivement leur doctrine. En janvier 1705, il l'avertit que, s'il demeurait silencieux, l'assembl√©e du clerg√©, convoqu√©e au printemps, pourrait l√©gif√©rer √† sa place. Cette mise en demeure pr√©cipita les choses et, le 15 juillet 1705, la bulle Vineam Domini Sabaoth exigea qu'en signant le formulaire, ¬ęon juge√Ęt effectivement le livre de Jans√©nius infect√© d'h√©r√©sie¬Ľ. L'assembl√©e du clerg√©, sur l'invitation du roi, s'empressa de recevoir ce texte, et le cardinal de Noailles, qui la pr√©sidait, donna bient√īt un mandement pour le publier, en t√™te duquel il mit ces mots expr√®s : ¬ęContre le jans√©nisme.¬Ľ (Daniel Amson, La Querelle religieuse: Quinze si√®cles d‚Äôincompr√©hensions, 2004 - books.google.fr).

 

Pierre Damien était de l'ordre des Camaldules dont certains furent aussi appelants.

 

Origénisme et illuminisme

 

Pr√©cisons tout d'abord que l'illuminisme ne pr√©tend pas d√©finir des v√©rit√©s absolues d'ordre th√©ologique. Il ne fonctionne pas selon un enseignement magist√©riel, il fait preuve d'audaces et soutient en effet des th√®ses qui puisent √† des sources diverses, √† l'int√©rieur desquelles le n√©oplatonisme et la pens√©e d'Orig√®ne occupent une place importante. Toutefois, il est int√©ressant de constater cette identique influence n√©oplatonicienne et orig√©niste chez quelques P√®res de l'Eglise comme saint Gr√©goire de Nysse, saint Gr√©goire de Nazianze, Evagre le Pontique ou encore saint Denis l'Ar√©opagite, pour ne citer que les principaux, ainsi que chez de nombreux mystiques dont les rh√©nans, ce qui ne met pas l'illuminisme dans une position totalement incongrue et marginale au sein de la spiritualit√© occidentale, l'inscrivant dans cette sensibilit√© d√©sign√©e sous le nom de ¬ęth√©osophie chr√©tienne¬Ľ qui surgira entre les XVIe et XVIIIe si√®cles en Europe, dont particip√®rent par √©minence, Martin√®s, Saint-Martin et Willermoz, dont on se gardera d'oublier, lorsqu'on aborde leur pens√©e, qu'ils sont ¬ęth√©osophes¬Ľ, c'est-√†-dire ni philosophes ni th√©ologiens, mais des mystiques sp√©culatifs, qu'il convient d'accepter comme tels sans chercher √† les corriger ou les ramener √† des conceptions th√©ologiques dogmatiques, si l'on veut conserver dans leur authenticit√© et leur originalit√© les voies initiatiques dont ils sont √† l'origine (Jean-Marc Vivenza, La doctrine de la r√©int√©gration, 2019 - books.google.fr).

 

La sympathie de l'archev√™que de Lyon Mgr de Montazet, au moins apparente pour les port-royalistes a pu, en revanche, laisser entrevoir aux adeptes de l'Ňíuvre une possibilit√© d'action. Elle se situe aussi dans un contexte r√©gional qui stimule la r√©sistance jans√©niste. A c√īt√© des attaques dont l'archev√™que est l'objet depuis le d√©part des j√©suites (en 1763) c'est l'Oratoire qui s'attire les foudres des opposants. En 1768 a lieu une √©meute populaire contre leur coll√®ge dont plus de cinq cents personnes enfoncent la porte sous le pr√©texte qu'on y diss√®que vifs des enfants enlev√©s. Des bruits courent √† propos d'un prince manchot qui y serait cach√© et pour qui l'on couperait le bras √† des enfants retenus prisonniers. Le palais de l'archev√™que, accus√© de prot√©ger les ind√©sirables, est m√™me menac√©. Les j√©suites sont accus√©s d'√™tre √† l'origine de ces rumeurs. Il est fort probable que ces √©v√©nements aient provoqu√© diverses r√©actions de d√©fense de la part de port-royalistes favoris√©s jusque-l√† par un laxisme √©piscopal ambiant, et l'adh√©sion convulsionnaire pourrait √™tre l'une de ces voies choisies. Mais le contexte plus g√©n√©ral de ces ann√©es soixante-soixante-dix joue un r√īle dans cette √©mergence. Sans insister sur la crise d'identit√© religieuse qui s√©vit alors et touche l'ensemble du pays, il faut pourtant retenir que cette deuxi√®me moiti√© du si√®cle est travers√©e par des remises en cause de l'√Čglise que n'explique pas √† elle seule la critique des Philosophes. Une insatisfaction plus globale marque l'essoufflement sur le tard d'une reconqu√™te tridentine entam√©e depuis un si√®cle. Cette crise du sentiment religieux expliquerait la recherche d'autres voies, d'autres cheminements, pour retrouver l'union avec Dieu. La recherche mystique de quelques privil√©gi√©s, √©lus, tente de retrouver les valeurs non souill√©es du christianisme primitif, et le rigorisme, qui s'oppose ainsi au rel√Ęchement eccl√©siastique ambiant, est ainsi un moyen d'atteindre une v√©rit√© voil√©e. Cette analyse pourrait s'appliquer √† d'autres formes que le jans√©nisme convulsionnaire, notamment ces courants mystiques et illuministes lyonnais qui lui sont contemporains : en 1753, Jean-Baptiste Willermoz fonde √† Lyon la loge de la ¬ęParfaite Amiti√©¬Ľ, puis il tente d'obtenir une forme sup√©rieure de christianisme qui retrouverait la parole divine originelle. C'est Camille Latreille qui r√©sume en quelque sorte le mieux la situation spirituelle des Amis : D√©sireux de s'attacher solidement √† la religion, ils avaient cherch√© de bonne foi la v√©rit√© entre les deux enseignements (jans√©niste et moliniste) qui partag√®rent le clerg√© d'alors (Jean-Pierre Chantin, Les Amis de l'Ňíuvre de la V√©rit√©: jans√©nisme, miracles et fin du monde au XIXe si√®cle, 1998 - books.google.fr).

 

Suivant Jules Africain (IIIème siècle), contemporain et correspondant d’Origène, le monde devait durer 6000 ans. Trois mille ans s'étaient écoulés depuis la Création jusqu'à Phaleg, le patriarche qui divise le temps aussi bien que les peuples, 2500 ans de Phaleg à Jésus-Christ. Le monde n'en avait donc plus que pour trois siècles environ. C'est aussi le système d'Hippolyte. La durée des temps est considérée comme une grande semaine dont chaque jour dure mille ans. On déduisait cette idée d'un texte fort connu (Psaume 89(90),4) (Louis Duchesne, Histoire ancienne de l'Eglise, 1908 - books.google.fr).

 

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