La guerre de Hollande, soutien anglais à la France jusqu’en 1674
La guerre de Hollande, soutien anglais à la France jusqu’en 1674

Augmentation des impôts pour financer la guerre

 

II, 59

 

1674-1675

 

Classe Gauloyse par apuy de grand garde,

Du grand Neptune & ses tridents souldars :

Rousgée Provence pour sostenir grand bande :

Plus Mars Narbon par javelotz & dards.

 

La guerre de Hollande est l’occasion de batailles navales opposant la flotte française, soutenue par l’Angleterre, alors première puissance maritime de l’époque (« grand Neptune »), à celle des Pays-Bas. En juin 1673, la flotte franco-anglaise est repoussée par Ruyter au banc de Schoonveldt. Si les Anglais se retirent en 1674, les Français s’opposent aux Hollandais à la bataille indécise de Stromboli, puis à Agosta où Ruyter est tué, et à Palerme où Duquesne est vainqueur.

Pour assurer le financement de ses guerres Louis XIV, avait besoin d’argent. « Le revenu des tailles, de la gabelle et des aides suffit jusque vers 1672 au paiement des dépenses annuelles. Mais à partir de la guerre de Hollande, il fallut chercher des ressources supplémentaires [1] ».

En Provence la « part du « don gratuit » s’éleva constamment (500 000 livres de 1672 à 1675 ; 600 à 800 000 livres de 1676 à 1692) pour plafonner à 700 000 livres en 1693 [2] ». « Au XVIIème siècle, et malgré de fréquentes interventions du pouvoir royal dont par ailleurs la fiscalité charge le pays, les communautés provençales restent accablées de dettes et le plus souvent impuissantes à s’en libérer [3] » (« Rousgée Provence » pour « rongée » : grever une population d’impôts [4]) . Les populations campagnardes sont particulièrement touchées. Pèsent sur elles lourdement les levées des deniers du roi et du pays, en forte ascension après 1660, les dépenses pour la milice, les frais de logement des gens de guerre [5].

Le dernier vers concerne toujours les impôts contre lesquels se révoltèrent, en 1670, des Vivarois dirigés par Antoine du Roure. La rébellion fut durement réprimée (« Mars » : dieu de la guerre) avec l’assentiment du Cardinal Bonzi, devenu archevêque de Narbonne (« Narbon ») et président des Etats du Languedoc en 1673 [6].

 



[1] A. Malet et J. Isaac, « XVIIème & XVIIIème siècles », Hachette, 1923, p. 285

[2] « Histoire de Provence », sous la direction de Edouard Baratier, Privat, 1969, p. 313

[3] « Documents de l’Histoire de Provence », sous la direction d’E. Baratier, Privat, 1971, p. 219

[4] Pierre Brind’Amour, « Les premières centuries », Droz, 1996, p. 273

[5] « Histoire de Provence », sous la direction de Edouard Baratier, Privat, 1969, p. 317

[6] « Histoire du Languedoc », sous la direction de Philippe Wolf, Privat, 2000, p. 350

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