Les Vaudois et l'occupation de la Savoie

Liège et le charbon

 

II, 89

 

1696-1697

 

Un jour seront demis les deux grands maistres :

Leur grand pouvoir se verra augmenté :

La terre neufve, sera en ses haults estres

Au sanguinaire le nombre racompté.

 

"deux grands ma√ģtres" : deux bourgmestres de la ville de Li√®ge

 

"bourgmestres" et "estres" : rime riche, dans la prononciation et l'écriture.

 

Un des derniers actes de la vie de Ferdinand de Bavi√®re avait √©t√© de d√©cider la construction d'une citadelle destin√©e √† dominer la ville et √† contenir les habitants. La n√©cessit√© de recueillir les sommes n√©cessaires √† ce grand travail, qui fut achev√© par son successeur Maximilien-Henri de Bavi√®re, donna lieu √† de nouvelles exactions, et fut un nouveau motif de m√©contentement. Aussi le peuple li√©geois d√©signa-t-il, dans son √©nergique langage, ce monument d'oppression par le nom de HaCeLDaMa (c'est-√†-dire ager sanguineus, le champ qui fut achet√©, avec les trente deniers pour lesquels Judas avait vendu J√©sus.), dont les lettres num√©rales marquent pr√©cis√©. ment l'ann√©e o√Ļ il f√Ľt b√Ęti. Cette menace toujours suspendue sur la ville; ces √©p√©es allemandes qu'on y voyait briller; les mutineries de cette soldatesque √©trang√®re, qui, √† plus d'une reprise, se livra aux exc√®s les plus graves contre la population li√©geoise, irritaient singuli√®rement les esprits.

 

La guerre v√ģnt √† √©clater entre la France et la Hollande, en 1672. Les arm√©es de Louis XIV travers√®rent le pays, et le foul√®rent de toutes les mani√®res. Les Allemands y p√©n√©tr√®rent √† leur tour, et y commirent toute sorte d'exactions. Cet √©tat de choses dura jusqu'au trait√© de Nim√®gue, o√Ļ les Li√©geois intervinrent, et firent consacrer la neutralit√© de leur territoire. Ils n'avaient retir√© de ces hostilit√©s, comme compensation de tous les d√©g√Ęts dont ils furent les victimes, la d√©molition de l'odieuse citadelle, que le comte d'Estrades, mar√©chal de camp fran√ßais, fit raser en 1676. Mais ils furent si satisfaits de se voir d√©livr√©s de cette forteresse, qu'ils ne regrett√®rent pas m√™me le comt√© d'Agimont, que le trait√© leur enleva pour l'adjuger √† la France, ni le duch√© de Bouillon, dont la propri√©t√© fut rendue singuli√®rement pr√©caire. La citadelle d√©truite, le peuple de Li√©ge se crut libre, et les trente-deux m√©tiers reprirent la forme √©lectorale de 1603, avec l'addition de 1631 (Andr√© Henri Constant Van Hasselt, L'Univers. Histoire et description de tous les peuples, Belgique et Hollande, 1844 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Liste des bourgmestres de Li√®ge).

 

Cf. quatrain IV, 8 - Liège - 1784.

 

"sanguinaire"

 

Les Wittelsbach occup√®rent des si√®ges √©piscopaux de l‚Äôempire, tels Cologne - assorti de la dignit√© √©lectorale - (Ruprecht fils de Louis III du Palatinat, Ernest fils du duc Albert V, son neveu Ferdinand, son neveu Maximilien-Henri, son petit-cousin Joseph-Cl√©ment, son neveu Cl√©ment-Auguste), Strasbourg (Robert de Simmern en 1440-78, fils d'√Čtienne comte de Simmern et des Deux-Ponts ci-dessous ; Albert de Mosbach en 1478-1506, issu d'une branche fond√©e par un fils du roi Robert III-Ier), ou Li√®ge (le duc Jean III petit-fils du duc-empereur Louis IV, puis les m√™mes que les archev√™ques de Cologne : Ernest, Ferdinand, Maximilien-Henri, Joseph-Cl√©ment, enfin Jean-Th√©odore fr√®re de Joseph-Cl√©ment et de l'empereur Charles VII) (fr.wikipedia.org - Maison de Wittelsbach).

 

L'empereur adressa des remontrances aux Li√©geois qui s'√©taient lib√©r√©s ; mais ils n'en tinrent aucun compte. L'√©v√™que ne r√©ussit pas davantage; et sa col√®re redoubla, quand il apprit que les d√©put√©s li√©geois avaient sign√© la paix de Nim√®gue en 1678, et compromis les droits de l'√©v√™ch√© sur Bouillon. Ce fut alors sur l'affaire √©lectorale que le pr√©lat se rejeta exclusivement. Il lan√ßa des troupes allemandes sur la principaut√©, qui fut livr√©e √† une ex√©cution militaire. Les Li√©geois appel√®rent √† leur secours la France, et Maximilien de Bavi√®re se radoucit enfin au point de leur offrir la paix : elle fut conclue le 22 novembre 1683, et publi√©e √† Li√©ge le 26 f√©vrier 1684. La cit√© consentit √† fournir au prince un don de cent mille √©cus. Mais les moyens employ√©s pour r√©unir cette somme donn√®rent lieu √† de nouvelles difficult√©s, et divis√®rent la ville en deux camps. Bient√īt se ralluma la guerre civile, et le sang coula de nouveau. On pr√©tendait que l'√©v√™que lui-m√™me cherchait, par des manŇďuvres souterraines, √† fomenter de nouvelles dissensions pour ne pas tenir la paix r√©cemment sign√©e, apr√®s que le peuple l'aurait viol√©e le premier. Ce que les tous esprits avaient craint ne tarda pas √† se v√©rifier. Maximilien, fatigu√© de lutter avec cette indomptable population, r√©solut d'en finir une bonne fois, et par un grand coup. Au mois d'octobre 1684, un corps de troupes de l'√©lectorat de Cologne entra brusquement dans la principaut√©; et les Li√©geois, apr√®s avoir vainement invoqu√© l'aide des Fran√ßais, furent forc√©s de se soumettre. Les deux bourgmestres, Renardi et Macors, qui se trouvaient √† la t√™te du mouvement, furent d√©capit√©s.

 

Les trente-deux m√©tiers furent abolis, et remplac√©s par seize chambres, qui, investies de droits politiques fort restreints, repr√©sentaient la cit√© de Li√©ge. Chacune de ces chambres √©tait compos√©e de trente-six assesseurs, dont vingt appartenant √† la noblesse et aux patriciens, dix appartenant au haut commerce, et six aux m√©tiers. Le conseil fut r√©duit √† vingt-deux membres, c'est-√†-dire deux bourgmestres et vingt conseillers. Les bourgmestres furent d√©pouill√©s du droit de faire des √©dits, et leurs fonctions limit√©es √† la simple administration des revenus de la ville, √† l'entretien des b√Ętiments, etc. Enfin, la constitution li√©geoise fut boulevers√©e, et re√ßut une nouvelle forme qui la mit tout enti√®re sous la main de l'√©v√™que, ma√ģtre, d√®s ce moment, des √©lections, et par cons√©quent de tout le pouvoir. Maximilien ne se borna pas √† cette mesure d'√©nergie : il fit reb√Ętir la citadelle, et ordonna la construction d'un fort au milieu du pont de la Meuse. Cette batterie re√ßut le nom de Dardamelie, et devait servir √† interrompre la communication des deux parties de la ville, et √† pr√©venir les √©meutes populaires. Maximilien de Bavi√®re mourut en 1688, et il eut pour successeur Jean-Louis d'Elderen. Sous ce nouvel √©v√™que, la ligue form√©e en. 1689, entre les princes de l'Empire, contre Louis XIV, amena de nouveaux malheurs pour le pays de Li√©ge. Les Fran√ßais √©taient entr√©s dans les √©lectorats de Mayence et de Tr√®ves, dans les √©v√™ch√©s de Worms et de Spire, et ils s'√©taient empar√©s du Palatinat. Partout ils lev√®rent d'√©normes contributions. La principaut√© de Li√©ge ne fut pas √©pargn√©e : ils en occup√®rent presque toutes les places, et agirent partout en ma√ģtres. Le 9 janvier 1689, les Li√©geois avaient conclu, √† Versailles, un trait√© par lequel leur neutralit√© fut d√©clar√©e maintenue, et la d√©molition de la citadelle stipul√©e; mais cette convention m√™me ne fut pour eux qu'une nouvelle source de d√©sastres. La ligue de Ratisbonne s'√©tant form√©e, et l'empereur ayant somm√© les Li√©geois de leur pays, qui fut enti√®rement mis √† ruine. Le trait√© de Ryswyck n'y mit pas un terme; car la guerre de la succession d'Espagne vint, bient√īt apr√®s, rouvrir la carri√®re des batailles; et la principaut√© en fut encore en partie e th√©√Ętre jusqu'√† la paix d'Utrecht, en 1713 (Andr√© Henri Constant Van Hasselt, L'Univers. Histoire et description de tous les peuples, Belgique et Hollande, 1844 - books.google.fr).

 

Les auteurs, qui dans l'expos√© de ces √©v√®nements, s'appuient plut√īt sur les pamphlets de l'√©poque que sur les histoires s√©rieuses, traitent Maximilien de despote et de tyran sanguinaire, parce qu'il a employ√© des moyens √©nergiques pour r√©duire ces factieux d√©magogues et ramener la paix dans le pays. C'est aller chercher de singuli√®res autorit√©s pour √©crire l'histoire, surtout √†, une √©poque comme la n√ītre, o√Ļ l'on devrait bien conna√ģtre la valeur que l'on peut attacher aux √©crits des pamphl√©taires. Mais, pour certains √©crivains, on est toujours digne de foi, du moment que l'on combat le pouvoir l√©gitime et la religion (Charles Pollet, Histoire de l'ancien dioc√®se de Li√©ge et des Saints qui l'ont illustr√©, Tome 2, 1860 - books.google.fr).

 

D√®s le d√©but de son r√®gne, Jean de Bavi√®re s'attira l'hostilit√© de ses sujets li√©geois, soucieux de maintenir leurs privil√®ges et coutumes. De plus, l'√©lu refusait d‚Äôentrer plus avant dans les ordres pour devenir √©v√™que. Au bout de quelques ann√©es d'un r√®gne agit√©, il dut se retirer √† Maastricht (1402) alors que les autres villes choisissaient Henri de Perwez, sire de Hornes, comme mambour. Autoritaire, Jean de Bavi√®re se brouilla rapidement avec ses sujets. Encourag√©s par l'inaction de celui-ci, ses opposants pers√©cut√®rent ses partisans et proclam√®rent m√™me sa d√©ch√©ance en 1406. Le fils du mambour, Thierry de Perwez, fut choisi comme √©v√™que et ses troupes assi√©g√®rent Maastricht dans l'hiver 1407-1408. La maison de Bavi√®re ne pouvait tol√©rer ces humiliations : l'√©lu fut secouru par son fr√®re, Guillaume IV de Hainaut, et par son beau-fr√®re, Jean sans Peur, duc de Bourgogne. La bataille d√©cisive eut lieu pr√®s de Tongres, dans la plaine d'Oth√©e, en septembre 1408. Les rebelles furent √©cras√©s, huit mille Li√©geois p√©rirent dans la bataille, dont le mambour et son fils. √Ä la suite de cette victoire, la Paix des vainqueurs supprima toutes les institutions communales li√©geoises et Jean de Bavi√®re exer√ßa d√®s lors un pouvoir sans limites. Apr√®s sa restauration, Jean de Bavi√®re ordonna de terribles repr√©sailles qui lui valurent le surnom de Jean sans Piti√©. La veuve du mambour fut m√™me pr√©cipit√©e dans la Meuse (fr.wikipedia.org - Jean III de Bavi√®re).

 

Joseph-Clément de Bavière

 

Joseph-Cl√©ment de Bavi√®re (1694-1723) fera l'exp√©rience de ce nouveau jeu de contre-pouvoir, lui qui √©tait p√©tri de principes absolutistes. Son palais de Bonn ayant √©t√© bombard√© en 1689, il s'installe en bord de Meuse, au plus grand ravissement des Li√©geois appr√©ciant les f√™tes qu'il donnait. L'espoir des Li√©geois fut renforc√© lorsqu'ils apprirent qu'un contrat avait √©t√© sign√© le 28 mai 1695 entre le comte de Corswarem, intendant du prince, et l'architecte en titre des Wittelsbach, Henrico Zuccalli, alors √† Bruxelles. Joseph-Cl√©ment estimait que le palais d'Erard de La Marck m√©ritait quelques am√©nagements et d√©sirait la construction de chambres, d'un escalier et d'une galerie avec quatre chemin√©es. Le tout √©tait √©valu√© √† 18000 florins et devait se terminer le 29 septembre 1696. Ces travaux furent surveill√©s par le Sieur Gr√©goire et prirent du retard, mais durent √™tre finis en 1697, le comte de Corswarem mena√ßant de prison √† la citadelle de Namur pendant six mois les ouvriers. [...] Ainsi rafra√ģchi, le palais m√©ritait un c√©r√©monial, et d√®s le 4 octobre 1696, une √©tiquette √©tait √©tablie. Le Wittelsbach d√©terminait la liste de ceux qui auraient acc√®s tant √† la premi√®re qu'√† la seconde antichambre de son palais. Il r√©partissait la soci√©t√© en trois groupes, les eccl√©siastiques, les ¬ęgens de cour¬Ľ et les ¬ęgens militaires¬Ľ. Les √©v√™ques et suffragants, les chanoines de Saint-Lambert, les abb√©s et pr√©v√īts ainsi que son confesseur avaient acc√®s √† la seconde antichambre, les doyens de cath√©drales, les chapelains auliques ainsi que les prieurs des ordres √† la premi√®re. Ses partisans devaient s'efforcer d'√™tre compt√©s parmi ses ¬ęMinistres et Conseillers d'√Čtat et Priv√©¬Ľ qui, eux, faisaient partie des ¬ęgens de la cour¬Ľ. Quant aux s√©culiers, ils √©taient tenus en haleine, puisque seuls les ambassadeurs, les ministres et conseillers de Son Altesse et les gentilshommes de la Chambre √©taient admis dans la seconde antichambre. En √©taient ainsi exclus les membres de l'√Čtat noble, les deux bourgmestres de Li√®ge, les √©chevins de Li√®ge, les m√©decins personnels de Joseph- Cl√©ment et son ma√ģtre de chapelle. Les nobles li√©geois, peu habitu√©s √† de tels traitements, recevaient de la sorte un puissant stimulant: ils devaient tenter d'√™tre promus gentilshommes de la chambre ou conseillers. Cette derni√®re charge repr√©sentait par ailleurs l'unique possibilit√© pour les roturiers de franchir le seuil v√©n√©r√©, signe de leur ascension sociale. Chez les militaires, seuls les brigadiers, en compagnie des g√©n√©raux, pouvaient frayer avec l'√©lite du pays. Cette distinction entre les militaires et les gens de cour dispara√ģtra progressivement au profit de la noblesse du sang. L'appartenance¬† √† la cour devait donc devenir l'objet des ambitions tant de la noblesse que de la bourgeoisie li√©geoise s√©culi√®re ou eccl√©siastique. Il est symptomatique que ce soit son neveu Jean-Th√©odore de Bavi√®re qui ait r√©tabli √† Li√®ge en 1751 l'√©tiquette instaur√©e par son oncle et d√©laiss√©e par Georges-Louis de Berghes. Jean-Th√©odore durcira encore cette √©tiquette, puisqu'il fera r√©gresser dans la chambre du Dais le chapitre cath√©dral avec l'√Čtat noble et les bourguema√ģtres r√©gents. Cela signifiait une diminution de l'autorit√© des chanoines et une √©l√©vation de la noblesse. Seuls les ministres auraient acc√®s √† la chambre du Lit de parade ! H√©las ! Ses d√©m√™l√©s avec le chapitre cath√©dral entra√ģneront le d√©part de Joseph-Cl√©ment pour Bonn. Illusion du pouvoir, l'ordonnance de 1698 pour sa Maison √©tait le reflet des aspirations d'un homme d√©sargent√©. L'or de son nouvel alli√© Louis XIV (1701) lui permettra de r√™ver avant de conna√ģtre les al√©as de l'exil √† Namur, puis en France, √† Lille et Valenciennes (1702-1715). R√©tabli √† Rastadt, en 1714, il se fera construire un nouveau palais √† Bonn, l'actuelle universit√©, gr√Ęce aux donatifs de ses sujets li√©geois et aux bois de sa mense qui prendront le chemin de l'Allemagne. Certes, le palais de Li√®ge b√©n√©ficia encore en 1715 et 1716 de travaux pour le mettre au go√Ľt du jour, dont profit√®rent menuisiers, sculpteurs, serruriers, peintres, doreurs et vitriers, pour un montant de 5 000 √©cus, mais c'√©tait si peu ! (Bruno Demoulin, Francis Balace, Li√®ge et le palais des princes-√©v√™ques, 2008 - books.google.fr).

 

"jou" et "demis"

 

Dans l'édition de 1555 des Centuries le premier vers commence par "Du jou" (Pierre Brind'Amour, Les premières centuries, ou, Propheties de Nostradamus (édition Macé Bonhomme de 1555), 1996 - books.google.fr).

 

On trouve dans l'églogue IX des Bucoliques de Virgile "jugum demittere" :

 

Certe equidem audieram, qua se subducere colles, Incipiunt, mollique jugum demittere clivo, Usque ad aquam et veteris jam fracta cacumina fagi, Omnia carminibus vestrum servasse Menalcan. (J'avois cependant ou√Į dire que votre M√©nalque avoit m√©rit√© par ses vers qu'on lui conserv√Ęt tout le terrain qui s'√©tend depuis le penchant de cette colline jusqu'au fleuve, et jusqu'√† ce vieux h√™tre dont les hautes branches sont rompues) (Oeuvres de Virgile, traduites en Francois, le texte vis-a-vis la traduction, avec des remarques, par l'abbe Des Fontaines, Nouvelle edition, Tome 1, 1796 - books.google.fr).

 

Mantua vae miserae nimium vicina Cremonae !

 

Virgile, √† qui j'emprunte ce vers (√Čglogue IX), a c√©l√©br√© dans sa premi√®re √©glogue, sous le nom all√©gorique de deux bergers, les malheurs des propri√©taires brutalement expuls√©s des lieux qui les avaient vus na√ģtre, condamn√©s √† toutes les rigueurs de l'exil, auxquels un soldat barbare a notifi√© cette terrible sentence : Haec mea sunt, veteres migrate coloni (Ibid.) (Benech, Du respect des Romains pour le droit de propri√©t√©, Revue des revues de droit publi√©es √† l'√©tranger: recueil trimestriel, Volume 12, 1849 - books.google.fr).

 

A mettre en rapport avec la politique du "pré carré" de Louis XIV et ses guerres de conquêtes de territoires.

 

"estres"

 

"haults estres" : hautes salles d'un b√Ętiment (ch√Ęteau, rarement simple maison) (Pierre Brind'Amour, Les premi√®res centuries, ou, Propheties de Nostradamus (√©dition Mac√© Bonhomme de 1555), 1996 - books.google.fr).

 

L'√©difice dans lequel se r√©unissait la haute justice √† Li√®ge, depuis l'√©poque la plus recul√©e, se nommait le Destroit (districtus : ressort de la justice). C'√©tait en somme un local assez modeste, puisqu'il n'avait que trente pieds de long sur vingt de large, b√Ęti contre les degr√©s de la cath√©drale au march√©, pr√®s de l'h√ītel de ville, avec lequel il communiquait, dit-on, par un pont de bois. La salle de l'√©tage, nomm√©e salle de St-Michel, qui servait aux s√©ances, √©tait d√©cor√©e de vitraux peints portant les armes des √©chevins en fonctions en 1528. Ce b√Ętiment ayant √©t√© d√©truit en 1691 lors du bombardement de Li√®ge par le mar√©chal de Boufflers, les √©chevins all√®rent s'installer dans une aile du palais, qui leur servit de local jusqu'en 1794 (Jules Helbig, La R√©volution fran√ßaise √† Li√®ge et les Beaux-Arts, Conf√©rences, Volumes 1 √† 5, Soci√©t√© d'art et d'histoire du dioc√®se de Li√®ge, 1888 - books.google.fr).

 

A Liège, le Destroit signifia le ressort territorial des Echevins et le local du tribunal de ces magistrats qui tenaient leurs séances dans un immeuble dont une salle haute était placée sous le vocable du ministre de la justice divine : saint Michel (Joseph Philippe, Van Eyck et la génèse mosane de la peinture des anciens Pays-Bas, Tome 1, 1960 - books.google.fr).

 

"estres" ou "a√ģtres" : disposition ou parties d'un b√Ętiment du latin extera, pluriel neutre du latin classique exter ¬ęqui est situ√© √† l'ext√©rieur¬Ľ (www.cnrtl.fr).

 

L'ensemble de la principaut√© de Li√®ge souffre en 1698-1699 d'une carence frumentaire plus grave que jamais, comme si elle n'arrivait pas √† r√©cup√©rer. En 1698. selon le Tiers Etat, la crise √©tait encore plus grande que "pendant le plus facheux de la guerre". Les crises c√©r√©ali√®res correspondent le plus souvent √† des p√©riodes de surmortalit√© et √† un appauvrissement des m√©nages. Quant aux pouvoirs publics, ils s'endettent faute de mati√®res imposables. La r√©duction consid√©rable du produit de la mense √©piscopale qui r√©sulte et le rapport des tailles confirment la gravit√© de la crise quasi permanente durant la derni√®re d√©cennie du XVIIe si√®cle. L'Etal l√®ve 120 tailles en 1690 et - chiffre record - 180 en 1691. Mais apr√®s 1689, le revenu n'arr√™te pas de diminuer en raison de la mis√®re qui ronge. En 1694, le grand doyen de Mean t√Ęche de faire √©chec √† la contribution de 120 tailles en raison de "la ruine" des quartiers de Moha, Hesbaye et Montenacken o√Ļ, il est vrai, le Chapitre cath√©dral poss√©dait ses plus riches propri√©t√©s. Elles sont quand m√™me vot√©es, mais les villes et les communaut√©s n'arrivent pas √† fournir leur quote-part. En 1696, les r√©sultats sont catastrophiques. A la journ√©e d'octobre 1697, la r√©ponse des Etats au prince - qui s'ent√™te √† vouloir maintenir une arm√©e - r√©sume les √©meuves de la population. Celles du conflit apparaissent en filigrane. "Il est d'une notori√©t√© publique qu'une partie des villages sont abandonn√©s et d√©serts, les terres incultes et en friche", pr√©tendent-ils. Si les "pauvres habitants" ne sont pas soulag√©s, il "leurs serat impossible de subsister ny de furnir √† la despense n√©cessaire pour restablir leurs familles d√©sol√©es, r√©parer les maisons ruin√©es et abandonn√©es, et remettre les terres en leurs premiers estres ou en culture". En cons√©quence, les Etats d√©cident de n'exiger aucune taille en 1698 et 1699. L'√©norme dette publique les oblige pourtant √† en lever 12, mais ils ne pers√©v√©reront pas dans cette intention "puisque l'√©tat pitoyable du plat pays ne s'√©tait pas am√©lior√©" (Jean-Pierre Rorive, Les mis√®res de la guerre sous le Roi-Soleil: les populations de Huy, de Hesbaye et du Condroz dans la tourmente du Si√®cle de malheur, 2000 - books.google.fr).

 

"terre neuve" : charbonnage

 

"terre neuve", "terre naturelle" ou "plein vif thier" dans la région de Liège c'est une veine de charbon qui n'a pas été travaillée (Descriptions des arts & metiers, Tome 44 : L'art d'exploiter les mines de charbon de terre, 1779 - books.google.fr).

 

On dit un plein vif thier, pour signifier que la veine est dans son entier, sans avoir été travaillée; au bout d'une telle voie nous avons rencontré le vif thier : c'est à dire que la veine s'y est rencontrée en son entier (Mathias G. de Louvrex, Recueil contenant les édits et reglemens faits pour le pais de Liege, Tome 2, 1750 - books.google.fr).

 

La Belgique a fouill√© ses mines de houille en m√™me temps que l'Angleterre. C'est au village de Pl√©nevaux, pr√®s de Li√©ge, que semblent avoir commenc√© les exploitations vers le XIIe si√®cle. Ici la l√©gende se m√™le √† l'histoire d'une mani√®re ing√©nieuse. Voici le fait tel que le racontent les chroniqueurs : Houillos, mar√©chal ferrant √† Pl√©nevaux, √©tait si pauvre qu'il ne pouvait suffire √† ses besoins. Un jour que, sans travail, il √©tait presque d√©cid√© d'en finir avec la vie, un vielliard √† barbe blanche se pr√©senta dans sa boutique. Ils entr√®rent en conversation. Houillos lui confia ses chagrins. Le bon vieillard √©tait √©mu jusqu'aux larmes. ¬ęMon ami, dit-il au forgeron, allez √† la montagne voisine; vous y fouillerez le sol, et d√©couvrirez des veines d'une terre noire excellente pour la forge.¬Ľ Ainsi dit, ainsi fait. Houillos alla au lieu indiqu√©, y trouva la terre annonc√©e, et l'ayant jet√©e au feu, parvint √† forger un fer √† cheval en une seule chaude. Rempli de joie, il ne voulut pas garder pour lui seul cette pr√©cieuse d√©couverte; il en fit part √† ses voisins, et m√™me aux mar√©chaux ses concurrents. La post√©rit√© reconnaissante a donn√© son nom √† la houille (on a vu qu'il s'appelait Houillos), et, sous ce rapport, il a √©t√© plus heureux que beaucoup d'autres inventeurs. Son souvenir est encore conserv√© par tous les mineurs de Li√©ge qui, le soir, racontent dans les veill√©es l'histoire du prud'homme houilleux ou du vieillard charbonnier, comme on se pla√ģt √† surnommer Houillos, le forgeron de Pl√©nevaux. Il y a enfin des grammairiens qui regardent l'histoire de Houillos comme un mythe, et se contentent de faire venir le mot houille du saxon ULLA, charbon de terre : grammatici certant !

 

L'exploitation de la houille en Belgique ne se concentra pas √† Li√©ge. Le combustible min√©ral fut bient√īt √©galement d√©couvert √† Charleroy, √† Mons, et avec l'emploi de la houille si convenable en ces pays pour la forge, se d√©veloppa la fabrication des armes, qui remonte chez les Belges aux temps les plus recul√©s. On dit qu'ils pratiquaient cette industrie bien avant m√™me la conqu√™te de Jules C√©sar, et des historiens tirent argument de ce fait, pour pr√©tendre que la houille a √©t√© connue et employ√©e de tout temps en Belgique (Louis Simonin, La vie souterraine ou les mines et les mineurs, 1867 - books.google.fr).

 

L'acrostiche du quatrain dans son édition de 1557 est ULLA : ("Un jour" au lieu "Du jou").

 

Le lecteur verra √©galement s'il doit admettre que le mot houille vient du nom de l'auteur de la d√©couverte, Hullos, Houlloz, ou bien Houilleur; si, au contraire, la houille (hulla) a donn√© son nom √† celui qui l'a trouv√©e, ou le premier exploit√©e en grand en Belgique ; ou si, enfin, le mot houille vient du saxon hulla, comme l'enseigne la commission d'enqu√™te de 1832, d'apr√®s le dictionnaire technologique, et ce dernier, probablement, d'apr√®s Du Cange. Quant √† nous, nous croyons que, d'o√Ļ qu'il vienne, le mot houille est originaire de la Belgique; tout au moins, il est certain que c'est de la Belgique que nous l'avons emprunt√©. Morand dit, en effet, qu'il se sert des mots houille, houillerie, houilleurs, parce qu'ils sont employ√©s √† Li√®ge. Si le mot bouille est aussi employ√© en France √† cette √©poque, c'est dans le nord ; on se sert encore alors, dans le midi, des mots charbon de terre et charbon de pierre, et c'est apr√®s la r√©volution de 1789 seulement, que l'on semble s'accorder √† employer en France le mot houille, a en usage, disent les r√©dacteurs du Journal des mines, dans nos d√©partements qui avoisinent le pays de Li√©ge et la Belgique¬Ľ. Quoi qu'il en soit, la houille exploit√©e suflit long-temps aux besoins des habitants du Hainaut et des provinces voisines, la Flandre, la Picardie, etc. D√®s le XVIIe si√®cle, les mines du Hainaut commen√ßaient √† prendre de l'importance et attiraient l'attention des capitalistes. C'est alors (1678) qu'arriva la division de cette province, qui, peu apr√®s, fut momentan√©ment r√©unie aux mains de la France (1691 √† 1697). A cette derni√®re date, l'intendant du Hainaut donnait √† Louis XIV les renseignements suivants sur ces houill√®res: ¬ęLa houille ne se trouve que dans la partie du Hainaut qui est de la d√©pendance de Mons, depuis Qui√©vrain jusque vers Marimont, cela fait sept lieues de longueur, et le terrain o√Ļ les veines se trouvent a environ deux lieues de large. Les puits ont 35 toises de profondeur. Les paysans qui travaillent aux houill√®res ne sont pas assez riches pour faire les frais de l'√©puisement des eaux, cela fait qu'ils ne travaillent que sur une premi√®re superficie. Il serait √† souhaiter que des personnes plus riches et plus intelligentes s'appliqu√Ęssent, par l'usage des machines pareilles √† celles dont on se sert dans le pays de Li√®ge, √† tirer d'une m√™me fosse tout ce qu'il peut y avoir de charbon. Il s'est fait depuis deux ans une soci√©t√© d'ouvriers et de marchands qui ont √©tabli un travail sur ce pied , sur le territoire de Wasmes, √† deux lieues de Mons. Ils ne craignent point que l'eau les surmonte et les accable, parce qu'ils ont une machine pour la tirer continuellement, faite √† peu pr√®s en petit comme celle de Marly¬Ľ (Edouard Grar, Histoire de la recherche, de la d√©couverte et de l'exploitation de la houille dans le Hainaut fran√ßais, dans la Flandre fran√ßaise et dans l'Artois 1716-1791, 1847 - books.google.fr).

 

Echevins et charbonnage

 

La Paix de Saint-Jacques doit être replacée dans son contexte historique. Elle n’a pas du tout la morphologie des paix antérieures, mais constitue, de l’aveu même de ses auteurs, un abrégé des lois du pays, réalisé en raison du fait que les archives confisquées par Charles le Hardi en 1468 tardaient à rentrer de Gand. Il ne s’agit donc pas de dispositions nouvelles, mais d’une manière de synthèse de celles qui existaient antérieurement aux événements et paraissaient dispersées (mettre tout en ung volume […] pour roisteir toute prolixité d’escripture).

 

On sait que cette paix eut bien du mal √† √™tre appliqu√©e, puisque ce n‚Äôest que le 20 f√©vrier 1507 que fut mis en garde de loi un cri proclam√© au perron √† Li√®ge, selon lequel la Paix de Saint-Jacques sortirait ses effets, sauf les mod√©rations contenues dans une ordonnance du prince-√©v√™que √Črard de la Marck, du 18 du m√™me mois. Le cri annonce que la paix aura dor√©navant cours dans huit jours ensy et en tel manier qu‚Äôil sera mis √† ung piler en l‚Äôegliese de Liege, √† la maison de la Violette et sur le Destroit.

 

On voit par ces deux derniers textes que l‚Äôaffichage √† la traille, mais aussi √† la Maison de la Cit√© (d√©nomm√©e ¬ęla Violette¬Ľ d‚Äôapr√®s l‚Äôenseigne qui signalait jadis l‚Äôimmeuble) et au local des √©chevins (le ¬ęDestroit¬Ľ, si√®ge du districtum), conf√©rait √† la paix son caract√®re ex√©cutoire. La publicit√© donn√©e au texte dans trois lieux officiels devait suffire √† emp√™cher tout nouveau retard dans sa mise en oeuvre. Cet aspect est important car, mis en traille, un texte constitue une version ¬ęofficielle¬Ľ, dont on peut tirer une copie jug√©e fiable.

 

Les seules coutumes conserv√©es dans le pilier sont relatives au m√©tier de la houillerie. La mention dont nous disposons est trop sibylline pour que nous puissions trancher sur leur teneur pr√©cise. Il devait s‚Äôagir des usages en mati√®re de houillerie d√©j√† attest√©s vers 1318-1330 et qu‚Äôun record prononc√© par les voirs-jur√©s des charbonnages en date du 10 f√©vrier 1377 compl√©tait. Ces coutumes fixaient les droits des diff√©rents intervenants √† l‚Äôexploitation : le hurtier, propri√©taire de l‚Äôh√©ritage sous lequel s‚Äôop√©rait l‚Äôextraction, le terrageur exploitant de la mine moyennant le paiement d‚Äôune rente fonci√®re irr√©dimible et l‚Äôarainier, entrepreneur qui creusait les galeries par lesquelles s‚Äô√©coulaient les eaux qui avaient envahi les veines. Une √©tude de premier plan a r√©cemment insist√© sur l‚Äôextr√™me pr√©cocit√© de ce type de dispositions juridiques

 

La cour des voirs-jur√©s des charbonnages relevait de la juridiction des √©chevins de Li√®ge qui en nommait les membres. Elle √©tait comp√©tente pour accomplir des missions de conciliation et d‚Äôexpertise en fait d‚Äôexploitation charbonni√®re et d‚Äôapplication du droit minier. Cf. pour la p√©riode moderne, HANSOTTE, Institutions, p. 165. La Paix de Saint-Jacques proc√©dera √† un travail de codification de ces usages (Paul Bruy√®re, Un mode singulier d‚Äôaffichage des lois et des coutumes au Moyen √āge. La traille de la cath√©drale Saint-Lambert de Li√®ge, Revue Le Moyen √āge, 2007 - www.cairn.info).

 

"le nombre racompté"

 

D√©j√† en 1649, √† la suite des √©v√©nements qui amen√®rent la soumission des Li√©geois, on vit Ferdinand de Bavi√®re apporter d'importantes modifications dans le gouvernement des finances des villes, et d√©clarer, entre autres, qu'√† l'avenir les comptes de la cit√©, au lieu d'√™tre rendus comme autrefois par-devant les trente-deux m√©tiers et toute la bourgeoisie, ne le seraient plus qu'en pr√©sence de douze personnes, dont six d√©put√©es par le prince. Cette ordonnance ayant √©t√© abrog√©e, en 1676, Maximilien-Henri de Bavi√®re, successeur de Ferdinand, publia, quelque temps apr√®s, le fameux r√®glement de 1684, puis l'√©dit de 1686, dans lesquels on trouve, relativement √† la comptabilit√© communale, certaines dispositions qui devinrent la base de l'administration financi√®re des villes. A Li√©ge, les trente-deux m√©tiers furent remplac√©s par seize chambres, auxquelles l'√©v√™que laissa la facult√© de s'imposer des moyens proportionn√©s aux d√©penses de la commune, mais parmi d√©lib√©ration pr√©alable, agr√©ation et confirmation requises; les taxes vot√©es par la cit√© ne furent plus exigibles qu'apr√®s un mandement d'approbation √©man√© du prince. La connaissance et l'ex√©cution des moyens publics continu√®rent d'appartenir au magistrat, sauf l'appel au conseil priv√© de l'√©v√™que. Les redditions de comptes eurent lieu d√©sormais devant les d√©l√©gu√©s du prince; une copie authentique devait lui en √™tre remise chaque ann√©e, pour √™tre d√©pos√©e dans les archives de l'√Čtat. Le r√®glement de Maximilien-Henri de Bavi√®re demeura en vigueur jusqu'√† la r√©volution (Jean Baptiste Nothomb, Rapport sur les octrois communaux de Belgique: pr√©sent√© √† la Chambre des repr√©sentants, le 28 janvier 1845, Tome 2, 1845 - books.google.fr).

 

Areines de Liège

 

Une areine (il existe plusieurs orthographes : arène, araine, etc.), en région liégeoise, seuwe, sèwe, saiwe en Hainaut, ou encore conduit dans le Borinage ou le Centre, désigne une galerie creusée au pied d'une colline, destinée à évacuer l'eau par écoulement et permettre l'exploitation de la houille. On parle aussi de galerie d'exhaure (à Liège, de xhorre).

 

L'areine du Val Saint-Lambert fut ¬ęabattue¬Ľ, apr√®s n√©gociations avec les principaux int√©ress√©s (exploitants, areiniers, meuniers, etc.) sur l'areine de la Cit√© en 1697 par le Conseiller Roland (fr.wikipedia.org - Areine).

 

Il est certain que l'exploitation du charbon avait lieu dans la r√©gion de Saint-Nicolas avant le 14e si√®cle. Parmi les areines ayant d√©merg√© les exploitations de la Campagne de Saint-Nicolas : l'Areine du Val-Saint-Lambert d√©mergeait les travaux souterrains des hauteurs d'Ans, Glain et Saint-Nicolas. Son issue se trouvait au bas de la rue des Moulins, √† Ans, o√Ļ ses eaux s'√©coulaient dans la L√©gia, aidant √† faire tourner les moulins situ√©s en aval. Au puits des Bons Buveurs, elle √©tait √† environ 60 m√®tres de profondeur. Elle fut commenc√©e en 1313 par les abb√©s du Val-Saint-Lambert et, en 1697, ses eaux furent d√©finitivement abattues sur l'areine de la Cit√© ; L'Areine de la Cit√©, plus basse de 11 √† 12 m√®tres et plus ancienne que l'areine du Val-Saint-Lambert, fut creus√©e √† une √©poque tr√®s √©loign√©e et a pris ce nom vers 1294, √† la suite de la r√©union des eaux de deux anciennes areines (Gilman et Lardier). Elle d√©mergeait les bures [puits] des hauteurs de Saint-Nicolas, Ans et Glain et d√©versait ses eaux dans un grand bassin, place Saint-S√©verin, d'o√Ļ, par tuyaux, √©taient aliment√©s en eau le palais et la place du March√© (Chronique Archeologique du Pays de Liege, Volumes 38 √† 44, 1947 - books.google.fr).

 

Malgr√© toutes les recherches aux archives de l'√Čtat, dans celles de la ville et dans celles de la Soci√©t√© des Fontaines-Roland, du Bureau de bienfaisance, etc., il n'a pas √©t√© donn√© de retrouver l'original de la n√©gociation, quoique cit√©e encore dans le pr√©sent si√®cle qui eut lieu de 1683 √† 1697, entre le conseiller Roland et consorts d'une part et d'autre part le monast√®re de St-Lambert, le chapitre de la cath√©drale (pour les moulins des Bas-Rieux) et la cit√© de Li√®ge, au sujet de l'abattement de l'areine du Val-St-Lambert, qui n'avait plus qu'un mince filet d'eau, sur celle de la Cit√© (Bulletin de L'Institut Arch√©ologique Li√©geois, Volume 15, 1880 - books.google.fr).

 

L'areine de la Cité était voisine de celle de messire Louys Douffet sur laquelle l'abattement de celle du Val St-Lambert était aussi envisagé. Le conseiller Roland était Jean Roland quui avait obtenu par voie de "conquête" les mines de houille à l'ouest de la ville de Liège en 1683 avec Wery Raick et Coune (Godefroid Eugène Brixhe, Essai d'un répertoire raisonné de législation et de jurisprudence, en matière de mines, minières, tourbières, carrières, etc., Tome 1, 1833 - books.google.fr).

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