Le Masque de fer II,
20 1645-1646 Freres
& seurs en divers lieux captifs, Se trouveront
passer pres du monarque : Les
contempler ses rameaux ententifs, Desplaisant voir menton, front, nez, les marques. "marques" Quant aux Chrestiens, il y en a de mesme par toute l'Inde, qui sont Portugais ou Espagnols, ou originaires conuertis, ou succedans à leurs peres desabusez, ou Chrestiens de S. Thomas, ou bien Abyssins. Quant aux Abyssins, quoy qu'il s'en trouue quelques vns Mahometans, toutefois la pluspart sont Chrestiens, adorans Christ à l'Ethiopienne, comme estans du païs du grand Negus. Ces Chrestiens par vn estrange baptesme, se bruslent le visage en quatre endroits, faisans vne forme de Croix. La premiere marque est au dessus du nez iusqu'à la moitié du front: la seconde & troisiesme à coste des yeux presque iusques aux oreilles; la quatriesme depuis la levre d'embas iusques au menton. Ces marques leur seruent de baptesme, pource qu'ils vsent du feu au lieu de l'eau (Pierre d'Avity, Le monde ou la Description générale de ses quatre parties, Nouvelle édition reveu, corrigé & augmenté par Jean-Baptiste de Rocoles, Tome 2, 1660 - books.google.fr). De nombreux écrivains des XVIe et XVIIe siècles ont prétendu que les Jacobites d'Orient, les Abyssiniens et les Éthiopiens imprimaient le signe de la croix avec un fer chaud soit sur le visage, soit sur le front de leurs enfants, avant ou après l'immersion baptismale. Un abbé d'Éthiopie, nommé Pierre, se plaignit au pape Paul III de cette accusation calomnieuse, et, pour y couper court, fit imprimer à Rome le Rituel baptismal de son pays. Un missionnaire portugais, Jérôme Lobo, disculpa également sur ce point les Abyssiniens; Assémani en fit autant pour tous les Jacobites. Le savant orientaliste Job Ludolf dit que les anciens voyageurs ont pris pour les stigmates d'un baptême de feu, les traces du cautère que plusieurs peuples d'Afrique appliquent sur la veine carotide ou sur les tempes de leurs enfants, croyant par là les préserver des catarrhes. Quant aux signes de croix que certains Orientaux portaient sur le cou, sur les bras ou sur quelque autre partie du corps, cela provient peut-être de ce que les Mahométans obligèrent parfois les Chrétiens de leur dépendance à porter ces marques extérieures de leur religion; ou, plus probablement, comme ledit Renaudot, les Chrétiens marquaient volontairement leurs enfants de ce signe pour qu'ils ne fussent pas exposés à être enlevés comme esclaves par les Mahométans qui ont horreur de la croix (Jules Corblet, Histoire dogmatique, liturgique et archéologique du sacrement du baptême, 1881 - books.google.fr). En Ethiopie L'avènement de Fâsiladas fut marqué par une vive réaction contre les missionnaires et leurs adhérents favorisés par son père. Les premiers, y compris le patriarche Mendez, reçurent l'ordre de quitter leur résidence pour aller à Frémonat, le berceau du catholicisme en Ethiopie. Ce fut en vain que le patriarche catholique écrivit au roi des lettres (V. Tellez, 1. VI, ch. II; Ludolf, Comment. ad hist. æth., p. 532-534) où il s'efforçait d'arriver à une entente : Fâsiladas lui répondit (Tellez, ibid.; Ludolf, Comment. ad hist. æth., p. 534-536) en énumérant les troubles occasionnés en Éthiopie par le zèle intempérant des Jésuites, les scandales qu'ils avaient causés en rebaptisant les hérétiques, en supprimant la communion sous l'espèce du vin, en changeant les jours de jeûne et la date de certaines fêtes, en violant quelques-unes des règles de discipline usitées dans l'Église éthiopienne, enfin en brisant les pierres d'autel et les arches vénérées par les Jacobites et en ordonnant une seconde fois des prêtres et des diacres. Les missionnaires durent obéir et abandonner malgré eux les canons et les armes à feu dont, au dire de Ludolf, ils auraient eu quelque tentation de se servir. (Cf. Tellez, 1. VI, ch. xxxvII; Ludolf, Hist. æth., 1. III, ch. XIV.). (René Basset, Etudes sur l'histoire de l'Ethiopie, Journal asiatique, 1881 - books.google.fr). Fasilädäs, né en 1603 à Mugar, dans le Choa (Shäwa/Shewa), et mort le 18 octobre 1667, fut negus d’Éthiopie sous les noms de règne d'Aläm Sägad et de Seltan Sägad de 1632 à 1667. Son père Susenyos (1607-1632) qui avait établi la foi catholique comme religion officielle abdique en sa faveur le 14 juin 1632. Fasiladas, ainsi que son jeune frère Galawdewos, avaient été, dès leur jeune âge, associés à la politique de leur père. Dès 1630, Fasilädäs était reconnu comme l'héritier officiel du trône par le pape Urbain VIII (fr.wikipedia.org - Fasiladas d'Ethiopie). Les succès continuels de Socinios (Susenyos), père de Fasiladas, et la manière dont il poursuivait la victoire, commencèrent à faire craindre à Gédéon que le monarque abyssinien ne détruisît la nation entière des juifs. En conséquence, il fit dire au roi que s'il voulait lui pardonner et lui accorder la paix, il lui remettrait entre les mains le rebelle Amda. Le roi accepta la proposition : Amda fut livré, et, convaincu de rébellion et de meurtre, il fut mis à mort. A la fin de l'année 1616, mourut le fils aîné du roi, Kenasfer-Kristos, jeune prince de la plus grande espérance, et également cher au monarque et à son peuple. Socinios le regretta beaucoup et lui fit faire des obsèques magnifiques dans l'église de Debra-Roma, bâtie par le roi Ishag, au milieu de la Tana. Pendant que le roi était plongé dans le deuil, parut un ordre sanglant et extraordinaire dans les annales abyssiniennes, tant il est contraire aux habitudes de tolérance religieuse de ce peuple. [...] Aussi n'échappa-t-il que quelques-uns de ces malheureux. Socinios fit vendre à son profit les enfants qu'on avait dérobés au glaive, et il fit enjoindre à tous les Falashas de la province de Dembéa et des autres pays soumis à sa domination, de renoncer à leur religion et de se faire baptiser, sans quoi ils seraient mis à mort (Philoxène Luzzatto, Mémoire sur les juifs d'Abyssinie: ou Falashas, 1852 - books.google.fr). Soixante moines d'un moines d'un monastère aimèrent mieux se précipiter du haut d'un rocher que d'obéir aux ordres de l'empereur qui leur commandait de se réunir dans le sein de l'Eglise catholique. Il y eut des insurrections d'hérétiques qui voulurent défendre leur croyance à main armée et répondre à la force par la force (M. Lacroix, Dictionnaire des missions catholiques, Tome 1, 1863 - books.google.fr). "Frères" L'Ethiopie tout entière fût sur le point de réintégrer la bergerie catholique et le pape Urbain VIII chantait déjà un Hosanna. La partie, si bien engagée, fut perdue par la faute du nouveau Patriarche, le Père Alphonse Mendès, un des rares jésuites de toute cette époque, et peut-être de tous les temps... qu'on découvre maladroit. Tandis que le Père Paez, précocement usé (il devait mourir à quarante ans, en 1622), voyait avec désolation menacer son œuvre, le nouveau chef exigea des formules écrites d'abjuration de tous les proches du Négus et de tous les grands vassaux, se mit en tête de supprimer la liturgie traditionnelle, de réorganiser le clergé jacobite... c'est-à -dire prit le contre-pied exact des sages méthodes ignatiennes. Quand il décida d'interdire la circoncision et le sabbat, deux usages qu'avaient conservés les Ethiopiens depuis un temps immémorial, ce fut le drame. Le Négus, Susenyos, en cherchant à le soutenir, ne réussit qu'à provoquer une révolution contre lui-même (Henri Daniel-Rops, L'Église de la Renaissance et de la Réforme, Tome 2, 1960 - books.google.fr). Sous Fasidalas, les missionnaires furent confinés à Collelâ d'abord, puis ensuite à Frémona. Délibérant sur la situation, ils résolurent d'envoyer quelqu'un d'entre eux à Goa pour exposer aux supérieurs le triste état auquel leur mission venait d'être réduite. Barradas fut choisi, et en 1633, accompagné de quelques autres Pères, il se mit en route pour Goa où il ne devait arriver qu'en septembre de l'année suivante. Parti en effet de Massaoua le 19 août, il abordait à Aden douze jours après; mais là il fut arrêté, puis retenu captif durant six mois. Ce fut alors, précisément, qu'il écrivit trois traités. Barradas qui ne reverra plus l'Éthiopie, continuera sa vie laborieuse dans les dans les missions de l'Inde, et mourra à Cochin en 1646, à l'âge de soixante-quinze ans, après cinquante-neuf ans de Compagnie, dont cinquante-cinq en pays de mission (Bibliographie : Rerum Aethiopicarum Scriptores occidentales inediti a saeculo XVI ad XIX. T. IV. P. Emmanuelis BARRADAS, S. J., Etudes religieuses, philosophiques et historiques, 1907 - books.google.fr). Les deux capucins Agathange de Vendôme et Cassien de Nantes s'étaient joints à une caravane qui se rendait à Souakim. Quand ils arrivèrent à la frontière abysinienne, leur visage, leur robe, à peine dissimulée sous le costume de moine copte qu'on leur avait fait prendre, les autels portatifs, les vêtements sacerdotaux et les vases sacrés contenus dans leur bagages, les firent de suite reconnaître. Ils furent enchaînés et mirent un mois, au lieu de huit jours, à franchir à pied la distance qui sépare Séravi, où ils avaient été arrêtés, de Gondar, résidence du négus. Interrogés par celui-ci, qui inclinait à les faire reconduire en Égypte, ils furent, sur les instances de Pierre Léon, du métropolitain Ariminios et de la reine mère et après avoir été sommés d'abjurer, condamnés à être pendus. La foule abrégea la strangulation en les lapidant en août 1638 (Gustave Fagniez, Le pére Joseph et Richelieu (1577-1638), Tome 1, 1894 - books.google.fr). D'après Mendez, le prince Gälawdéwos, condamnant la luxure d'un prélat égyptien orthodoxe, dénonce publiquement ce dernier devant le roi et ses ministres. Ce discours a pour effet de retourner les deux partis contre lui. Le roi estime que son frère remet en cause sa politique religieuse, à savoir le fait qu'il ait renvoyé les catholiques, puis fait venir le patriarche égyptien sans être ensuite intervenu pour châtier ce dernier dont la luxure devenait pourtant un sujet de mécontentement grandissant parmi ses sujets. Cela serait alors le début de la brouille entre le roi et son frère. Nonobstant, le roi prend enfin des mesures contre le prélat copte, en l'enfermant, avec ses femmes et ses enfants, sur une haute montagne. Mendez ajoute même que Marqos se trouve alors prisonnier sur une montagne en face de l'endroit où est enfermé le ras Se'ela Krestos, le fidèle allié des catholiques. Mendez continue à construire l'image des martyrs provoqués par la politique du roi Fasilädäs, le roi devenant alors l'ennemi de la chrétienté dans son entier et un suppôt potentiel de l'islam. Son Catalogus Martyrum Aethiopiae sub Fasiladas iussu patr. Mendez confectus an. 1654, BECCARI, XIII, p. 399-407 est la liste des martyrs catholiques jusqu'en 1653, date à laquelle meurt B. Nogueira, le dernier informateur catholique présent en Éthiopie, et date à laquelle mourrait aussi, selon Mendez, la figure symbolique du ras Se'ela Krestos. Ces deux décès mettent une fin à tout espoir de retour des catholiques en Éthiopie et permettent à A. Mendez de finir son ouvrage (Anaïs Wion, Paradis pour une reine: Le monastère de Qoma Fasilädäs, Éthiopie, XVIIe siècle, 2019 - books.google.fr). Bernard Nogueïra, le dernier prêtre catholique demeuré en Éthiopie après la mort ou l'exil des autres, écrivait de Masouâ, le 30 janvier 1649, à Alfonse Mendez, réfugié aux Indes, pour demander des secours au pape et au Portugal, tant en son propre nom qu'en celui du Râs Së'la-Krëstos qu'il avait vu au mois d'août 1648. (Cf. Legrand, Relat. histor. d'Abissinie, p. 150-152.) Les tentatives faites pour introduire en Éthiopie d'autres religieux que les jésuites, dont on accusait l'orgueil et la maladresse, furent inutiles. De six capucins français, envoyés par la Propagande et qui voulurent y pénétrer par Magadocho, sur la côte orientale d'Afrique, deux furent tués par les Gâllà s, deux autres lapidés en Éthiopie, et les deux derniers s'empressèrent de fuir de Masouâ où ils étaient arrivés. Trois nouveaux missionnaires furent décapités à Saouâkin; enfin Nogueira, arrêté par ordre de Fâsiladas, fut pendu, et la mort du patriarche Mendez en 1656 ne contribua pas peu à faire oublier pour longtemps la mission d'Éthiopie. (Cf. Ludolf, Hist æth., 1. III, ch. XIV; Legrand, Relat., p. 148-157; Bruce, Voyage, t. II, p. 447-448.) (René Basset, Etudes sur l'histoire de l'Ethiopie, Journal asiatique, 1881 - books.google.fr). "passer près du monarque" Quelques seigneurs qui n'avaient pas apostasié comme leur souverain, protégèrent les missionnaires et leur donnèrent asile; c'étaient Jean Akay, roi du Baharnagash, Técla Emmanuel, vice-roi du Tigre; Za-Mariam, vice-roi du Temben. Le premier, gagné par l'empereur, abandonna bientôt ses hôtes ou du moins se refroidit beaucoup à leur égard; le second fut disgracié, destitué et chargé de chaînes; le troisième périt les armes à la main en défendant le catholicisme. La chute de Técla Emmanuel qui fut remplacé par Melca-Christos, schismatique zélé et violent persécuteur, eut pour effet la prise et le martyre des PP. Pael, Pereira et de Sainte-Croix, en 1635. Alors l'empereur feignit d'être apaisé, de vouloir rendre aux Jésuites la liberté et sa bienveillance; il prescrivit de leur rendre leurs maisons et témoigna le désir de les voir à sa cour. Za-Mariam pensa que c'était un leurre de la part du monarque, qui voulait simplement savoir s'il existait encore des Jésuites dans ses Etats, Jean Akay était d'avis au contraire que les nouvelles dispositions de l'empereur ne cachaient pas de piége et qu'on ferait bien d'en profiter. Le P. Almeida partageait ainsi que les autres Jésuites l'opinion de Za-Maria; cependant ils aimèrent mieux se livrer que de continuer le genre de vie qu'ils menaient et qui compromettait les Chrétiens dont ils recevaient l'hospitalité. L'évêque de Nicée se rendit donc à la cour avec le P. Hyacinthe Franceschi et le P. François Rodriguez. Sur leur passage ils ne reçurent que des marques d'honneur; mais arrivés auprès de Facilidas, il les fit charger de chaînes, et condamner à mort par un tribunal fanatique ou complaisant, puis il ordonna de différer l'exécution et les confia à la garde d'un geôlier barbare, qui fit endurer à ses prisonniers la faim, la soif et toutes sortes de tourments. Exilés ensuite dans une île du lac Dembéa, ils y furent en butte à la haine des moines schismatiques dont elle était peuplée, et comme ils recevaient en secret la visite de quelques néophytes fidèles qui venaient puiser auprès des confesseurs la consolation et la force contre les persécutions, les moines demandèrent avec instance qu'on mit à mort ces ennemis de la foi d'Alexandrie. L'empereur y ayant consenti, l'évêque de Nicée, le P. Rodriguez et le P. Franceschi furent pendus à des branches d'arbres et assommés à coups de pierres : c'était au mois de juin 1638. Il ne restait plus que les PP. Bruno et Cardeira; ils étaient près de Za Mariam, qui ne voulut jamais consentir qu'ils quittassent l'asile qu'il leur avait donné. Basilides l'attaqua et fut vaincu; mais, peu de temps après, ce brave défenseur du catholicisme tomba et périt dans une embuscade. Bientôt les missionnaires furent découverts, et, le 12 avril 1640, moururent du même genre de supplice que leurs saints compagnons. Après leur mort, il n'y eut plus en Abyssinie, pour administrer les sacrements aux catholiques, que cinq prêtres portugais et quatre religieux abyssins (Dictionnaire des missions catholiques, Tome 1, 1863 - books.google.fr, Encyclopédie théologique, Dictionnaire des persécutions, Tome 4, 1851 - books.google.fr). Le lac d'Abyssinie appelé Tana par les habitants du pays, Tsana par les gens du Tigré est nommé par les géographes Dembéa, nom qui n'est pas celui du lac, mais du pays occupant sa rive septentrionale et où se trouve la ville de Gondar fondée par Fasiladas. L'île sainte Debra-Mariam ou le «Mont de Marie», résidence de l'abouna ou métropolitain d'Abyssinie, est tout au S. dans l'estuaire par où sort l'Abaï. Plus au large, à 5 kil. environ d'un promontoire de la rive méridionale, se trouve la plus grande des îles du lac, Dek ou Deg, qui a 5 kil. de longueur sur 3 kil. de largeur et qui est entourée de quatre îlots, Dega Istefanos à l'E., et le groupe des trois îles Nargué au S.-O. Presque toutes ces îles sont des cônes volcaniques, qui, selon la nature des laves qui les composent, présentent tantôt des roches dénudées, tantôt des pics couverts d'une brillante végétation. Leurs monastères sont des sanctuaires révérés et l'accès en est interdit aux étrangers. Dega Istefanos est remarquable par un pic portant un de ces monastères, et qui se voit de tous les points du lac (Louis Vivien de Saint-Martin, Nouveau dictionnaire de géographie universelle, Tome 6, 1894 - books.google.fr). Au XVIIe siècle, le lac Tana se trouvant à proximité du lieu de vie et d'exercice du pouvoir devient de ce fait un lieu de visite. Les souverains viennent jeûner et célébrer certaines fêtes religieuses dans les monastères du lac. Pour les rois du XVIIe siècle, les établissements monastiques sur les îles et le pourtour du lac sont des lieux de retraite et de prière. La sainte Walatta Petros, opposante à la catholisation de sa patrie, se déplace autour du lac Tana cherchant refuge à Tana Qirpos, ou étant reléguée chez les moines de Meslé, passés au catholicisme (Claire Bosc-Tiessé, Les îles de la mémoire: Fabrique des images et écriture de l’histoire dans les églises du lac Tana, Éthiopie, XVIIe-XVIIIe siècle, 2019 - books.google.fr). "Sœurs" Wälättä Giyorgis. “Daughter of [Saint] George." The daughter of “Queen” Amätä Krestos, the cousin of King Fasilädäs (r. 1632–67), and the wife of Abeto (Prince) Zä-Iyäsus. According to the WP gädl, Fasilädäs sent her to WP to be converted back to Orthodoxy from Catholicism, but it was not until after the death of Susenyos that Wälättä Giyorgis was converted back to Orthodoxy. However, as Ricci points out, some Jesuits report that Wälättä Giyorgis never reconverted to Orthodoxy but rather died in exile, a Catholic martyr. Almeida says she remained constant in the Catholic faith and was punished by Fasilädäs for it, a view supported by others (Beccari 1913). Mendes says that she was eventually sent to Däq Island to be converted by nuns but refused and so was tortured until she died in 1652 (Wendy Laura Belcher, Michael Kleiner, The Life and Struggles of Our Mother Walatta Petros de Galawdewos, A Seventeenth-Century African Biography of an Ethiopian Woman, 2015 - books.google.fr). Acrostiche : FSLD, FaSiLaDas Miraculeuse inspiration divine, d'après coup peut-être... "rameaux ententifs" "ententif" vient du latin "intentivus" de "intentus", comme attentif de "*attentivus" de "attentus" (Pierre Brind'Amour, Les premières centuries, ou, Propheties de Nostradamus (édition Macé Bonhomme de 1555), 1996 - books.google.fr). Le grammairien et poète Priscien de Césarée donne le terme "intentivus" : qui a force augmentative, comme la particule latine "ve" ("intentio" : en terme de grammaire "augmentation") (Wilhelm Freund, Dictionnaire latin-français, traduit par Napoléon Theil, 1889 - books.google.fr). Priscien de Césarée, en latin Priscianus Caesariensis, est un grammairien latin du VIe siècle ayant exercé à Constantinople. On pense depuis le Moyen Âge qu'il est né à Césarée de Maurétanie, aujourd'hui Cherchell en Algérie vers 470, sous la domination vandale. La Périégèse est une traduction en vers de Denys le Périégète (fr.wikipedia.org - Priscien de Césarée). Les Éthiopiens, qui aiment la justice et vivent de longs jours, habitent Érythia, près de l'Atlas : ils sont venus là autrefois des régions hyperboréennes, après le trépas de Géryon, dompté par le grand courage d'Hercule. [...] Après tous ces peuples et les derniers sur l'extrême frontière, les Éthiopiens s'avancent jusqu'aux limites des rivages de la Libye, jusqu'à Cerné, où se brisent les vagues de la mer embrasée par un soleil ardent. Non loin sont les Blémyes et le sol brûlant de leurs collines. De cette contrée descendent les eaux du Nil, fleuve nourricier, qui, s'élançant de la Libye vers le soleil levant, reçoit des Éthiopiens le surnom de Siris, tourne ensuite vers Syène, dont les habitants l'appellent Nil, roule de là vers les régions boréales ses ondes limoneuses, féconde les grasses campagnes de la fertile Égypte, et par sept embouchures refoule la mer d'Alexandrie (Poésies de Priscien : La périégese, traduit par Etienne François Corpet, 1845 - books.google.fr). Du cycle de Pâques, seule la fête de Hosanna les Rameaux déploie un faste extérieur. Dans Axoum, le lent chœur des chantres évolue en psalmodiant devant l'austère façade de Sainte-Marie-de-Sion. Les rigueurs du jeûne, l'Eglise les compense par le faste des célébrations qu'aux dates voulues elle offre à son peuple. Les plus spectaculaires sont la Sainte Croix (Masqal, 17 maskaram); l'Epiphanie (Timkat, le 11 tér); Hosanna, le dimanche des Rameaux et la Nativité de la Vierge (1er guénbôt). Déjà splendidement célébrées au cours des siècles précédents, elles acquièrent, à l'époque gondarienne et particulièrement dans Gondar même, plus de richesse et d'apparat (Jean Doresse, La vie quotidienne des Éthiopiens chrétiens au XVIIe et XVIIIe siècle, 1972 - books.google.fr). De toutes ces fêtes, celles qui sont à Axoum les mieux caractérisées, les plus ferventes, les plus ardentes... ce sont celles qui se déroulent pour Notre-Dame-de-Sion, la vénérée patronne de la cathédrale, et plus encore celles des Samedi et Dimanche des Rameaux. La fête des Rameaux s'appelle Hosanna (Mot hébreu, qui signifie "sauvez-nous, je vous prie"). Elle revêt à Sion une ampleur toute particulière, que des touristes de plus en plus nombreux peuvent découvrir aujourd'hui, à l'occasion des voyages de printemps (Paulette Déribéré, Maurice Déribéré, L'Éthiopie, berceau de l'humanité, 1972 - books.google.fr). Toujours psalmodié avec les psaumes 93 (92) et 141 (140) lors des Wazema (office de la veille), le psaume 24 (23) occupe une place importante dans le rite éthiopien. Le dimanche des Rameaux, les versets 7 et 8 du psaume 24 sont chantés, avant la célébration eucharistique. Après la distribution des palmes, tout le monde sort de l'Église, en procession, pour la lecture de l'évangile. Ensuite, alors que le prêtre se tient à l'intérieur de l'Église, le diacre, avec l'assemblée, reste à l'extérieur. Celui-ci frappe portail de l'Église à l'aide d'une grande croix et chante : «O princes ouvrez les portails...» De l'intérieur du sanctuaire, le prêtre entonne le verset 8 : «Qui est ce roi de gloire ?» Cela se répète à trois reprises et se termine par l'ouverture du rideau et, s'il y en a, des portes du sanctuaire (Daniel Assefa, Le psaume 24 à la lumière de l'exil babylonien dans le rite éthiopien, - books.google.fr). Aussi de tout temps les plus belles & augustes ceremonies du Clergé de Metz ont esté faites en cette mesme Eglise. Entre autres la benediction des Palmes le Dimanche des Rameaux, ce qui se faisoit auec tant d'appareil & de magnificence, suiuant le rapport de l'ancien ceremonial, que toute la ville y accouroit (Antonio de Yepes, Chroniques générales de l'ordre de S. Benoist, traduit par le R. P. Dom Martin Rethelois, Tome 5, 1666 - books.google.fr). Quelque célèbre qu'ait été la fête des palmes ou des rameaux depuis les premiers siècles de l'Eglise (catholique), on a jugé à propos d'en réduire toute la cérémonie à une bénédiction et à une procession solennelle qui représente l'entrée triomphante de Jésus-Christ dans Jérusalem, aussi bien que son entrée dans le séjour de la gloire (Les Petits Bollandistes: Vies des saints de l'Ancien et Nouveau Testament, des Martyrs, des Pères, des Auteurs sacrés et ecclésiastiques, Tome 16, 1888 - books.google.fr). Une double réforme acheva l'unification de la liturgie catholique : la première sous Innocent III , dont les Franciscains assurèrent la diffusion à travers toute l'Europe, fixa le rituel de la Messe et de l'Office; la seconde, plus importante, fut l'œuvre du Concile de Trente qui en confia la continuation au Pontife romain. Elle assura l'hégémonie de la liturgie romaine devenue la liturgie de l'Église latine et renforça l'unité en réservant au Saint-Siège la fixation des moindres détails du rituel et l'approbation de toute liturgie particulière. Le concile de Trente avait néanmoins prévu la sauvegarde des liturgies ayant plus de deux siècles d'existence. C'est ainsi que d'antiques usages furent conservés par l'ordre monastique notamment dans l'Office divin, par les Prémontrés et les Dominicains, qui sauvegardèrent les usages français des XIIe-XIIIe siècles, par les Carmes qui gardèrent longtemps les usages du saint Sépulcre à l'époque des Croisades. De nombreuses Églises, surtout en France, en Allemagne et en Angleterre, auraient pu se prévaloir de cette décision. Le schisme d'Henri VIII excluait l'Angleterre; en France, la création intempestive de liturgies néo-gallicanes aux XVIIe-XVIIIe siècles, en Allemagne les troubles politiques et religieux, la rendirent dans la plupart des cas inopérante (Initiation théologique, Tome 1, 1952 - books.google.fr). Le concile de Trente se termine en décembre 1563 et le nouveau missel paraît en 1570. s’il réussit à s’imposer assez largement et à uniformiser davantage les pratiques, ce missel perpétue l’oubli de l’assemblée. La base du nouveau missel est celui de 1474 à l’usage de la curie romaine, un missel conçu pour une célébration en l’absence du peuple. Ce missel a été en usage jusqu’à la promulgation du missel de Paul VI, le 3 avril 1969. Ainsi, pendant près de quatre siècles, les assemblées ont participé à une célébration eucharistique mise en œuvre selon un ordo missæ qui les ignorait. il faut attendre le Mouvement liturgique du XXe siècle pour que les choses commencent à changer (Gaëtan Baillargeon, La redécouverte de l’assemblée liturgique, Vivre et célébrer, 2018 - liturgie.catholique.fr). "contempler" On rapporte "Les" à "ses rameaux" (cérémonie liée au "monarque" éthiopien) et non aux "frères" dans une tournure méprisante (cf. "Desplaisants") ou ironique : Le fait est qu'il y a assez longtemps que, moi aussi, je lui ai promis de les contempler, ses légumes ! s'écria Durtal (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, 2020 - books.google.fr). "allophulos" désigne, dans le langage allégorique hérité d'Origène, les ennemis de la vie spirituelle, les Philistins, Egyptiens, Ethiopiens, Babyloniens, etc.; en un mot, tous les adversaires de ceux qui montent vers la Jérusalem de la contemplation (Irénée Hausherr, Les leçons d'un contemplatif : Le traité de l'oraison d'Évagre le Pontique, 1960 - books.google.fr). Origène, commentant l'entrée de Jésus à Jérusalem sur une ânesse le jour des Rameaux y voit la figure de son entrée dans la «vraie» Jérusalem, la céleste, sur son «véhicule corporel». L'ânesse est le symbole du corps du Christ (Henri Crouzel, Les Fins Derniéres Selon Origéne (1990), 2024 - books.google.fr). "Desplaisants" Ici, ce serait les "frères" et les "sœurs" (catholiques) qui seraient choqués du rite éthiopien ("marques"). Autrement en France Un monarque sera confronté à des frères et des soeurs (les siens ?). On ne peut que penser à cette date de 1645 aux théories du jumeau de Louis XIV. Mais ici, la fratrie est plus nombreuse. Bien des forteresses doivent leur notoriété à la personnalité des prisonniers qui y furent enfermés plus qu'à des hauts faits guerriers. C'est le cas des donjons d'Écosse chantés par Walter Scott et du château d'If, planté sur un rocher blanc au large de Marseille, qui détint un temps l'infortuné et mystérieux "Masque de fer" et, surtout, inspira à Alexandre Dumas son Comte de Monte-Cristo. Une forteresse bien gardée est un endroit commode pour tenir à l'écart des rivaux dangereux ou des familiers trop ambitieux. L'empereur éthiopien Fasiladas enferme au sommet de l'inaccessible amba Wahni, montagne-prison des princes gondariens à l'est du lac Tana, son trésor et les princes qui lui portent ombrage, qu'il pouvait craindre comme prétendants à la couronne (Suzanne Agnely, Jean Barraud, Chefs-d'œuvre des hommes et de la nature, 1981 - books.google.fr, Georg Gerster, L'Ethiopie: toit de l'Afrique, 1974 - books.google.fr). Le frère de Fasiladas Claude (Gälawdéwos) et son fils David (Dawit) furent enfermés à Wahni (James Bruce, Travels to Discover the Source of the Nile in the Years 1768-1773, Tome 3, 1813 - books.google.fr). Le 15 de teqemt, on amena les enfants du roi défunt (Fasiladas), on les fit sortir de la ville et on les fit monter sur la haute montagne qui s'appelle Wahni, sans en laisser un seul. Ce jour-là la terre trembla. Toute cette affaire des enfants du roi défunt et leur arrestation étaient dues au conseil du blättengeta Malke'a Krestos. Au commencement, ils furent arrêtés, notre maître et roi Yohannes n'eut pas de part à son dessein de s'en saisir; il l'ignora jusqu'à son avènement au trône, lui qui régnait pour la clémence et la miséricorde (Annales Iohannis I, Iyasu I, Bakaffa, Volume 23, 1903 - books.google.fr). Dans Le siècle de Louis XIV, en 1751, Voltaire est le premier à évoquer un hypothétique frère aîné du Roi-Soleil, d'abord élevé dans un lieu secret par Mazarin et Anne d'Autriche, puis découvert par Louis XIV et alors incarcéré. Le philosophe des Lumières s'empare de cette énigme pour faire du prisonnier un symbole du despotisme de la monarchie absolue : sous sa plume, le détenu apparaît en homme raffiné, aimant la musique, aliéné par un terrible masque d'acier (et non de velours). La légende du "Masque de fer" était née. Par la suite, en 1790, l'abbé de Soulavie apporte sa contribution dans des "Mémoires" où il propose la thèse du frère-jumeau de Louis XIV, qui sera reprise par Alexandre Dumas popularisant en 1850 cette légende dans son roman "Le Vicomte de Bragelonne". Autres hypothèses pistant le sang bleu : celle d'un fils illégitime d'Anne d'Autriche et de Mazarin, du duc de Buckingham, ou même d'un bâtard de Louis XIV (www.linternaute.com - Masque de Fer). Cf. les quatrains II, 7 et III, 42 pour le siècle de Louis XIV et ses "deux dents en la gorge". |