Clément IX

Clément IX

 

II, 54

 

1670-1671

 

Par gent Ă©trange, & de Romains lointaine,

Leur grand cité aprés eau fort troublée ;

Fille sans main : trop différent domaine,

Prins chef, ferreure n'avoir été riblée.

 

Le quatrain II, 43 et celui-ci se rapporteraient au même pape Clément IX Rospigliosi qui meurt l'année précédente en 1669, par la comparaison avec Grégoire Ier faite par le jurisconsulmte Antoine Dadin de Hauteserre. L'inondation du Tibre en 589 provoqua une invasion de serpents sur ses rives.

 

Siège de Rome

 

AGILVLFVS (590-616) rex Langobardorum, duc lombard de Turin, est choisi comme époux par la reine Theodelinda de confession catholique, après la mort du roi Autharis, en novembre 590, devenant ainsi roi des Lombards en mai 591. En 593, pendant le siège de Rome, A. accepte de négocier avec le pape Grégoire, qu'il rencontre sur les escaliers de St-Pierre, et accepte de lever le blocus et de regagner Pavie (Prosopographie chrétienne du Bas-Empire: Prosopographie de l'Italie chrétienne (313-604) 2 pts. (pt.1 A-K, pt.2 L-Z), 1982 - books.google.fr, J.-E. Darras, Histoire générale de l'Église jusqu'au XIIe siècle, 1871 - books.google.fr).

 

Il mit le siége devant Rome, dont le pape Grégoire le Grand sut l'éloigner, moitié par argent, et vengea la prise de Parme en saccageant Padoue, Mantoue, Crémone, qu'il garda en battant les Grecs à Camérino, en prenant l'Istrie, et en déchainant les Avares sur la Thrace. Ces cruels alliés pourtant ravagèrent aussi le Frioul. En général cependant, l'Italie se repeuplait, refleurissait. Agiluli et beaucoup de grands lombards, en renonçant à l'arianisme, se concilièrent les Italiens. C'est Theudelinde, dit-on, qui fit faire d'un clou de la vraie croix, la célèbre couronne de fer qui servait au couronnement des rois d'Italie (Valentin Parisot, Petite histoire d'Italie, 1843 - books.google.fr).

 

On trouve de la ferraille dans le clou de la couronne de fer des rois d'Italie.

 

"riblée" : vol de ferrures

 

Prononc. et Orth.: Att. ds Ac. 1694, 1718. Étymol. et Hist. 1. 1424 intrans. «se livrer Ă  la dĂ©bauche» (doc. ds Gdf.); 2. trans. a) 1462 «subtiliser quelque chose» (Villon, Testament, Ă©d. J. Rychner et A. Henry, 1195) ; b) 1842 technol. (Ac. Compl.). DĂ©r. de l'anc. verbe riber, v. ribaud; suff. -eler*. (www.cnrtl.fr).

 

On trouve dans la plupart des lois germaniques des articles concernant le vol des ferrures des moulins : Loi salique, titre XXII [no 55], Loi des Alamans, fragment XIII [no 55] (RenĂ©e Doehaerd, Le haut Moyen Age occidental, 1971 - books.google.fr).

 

Lors de la chute de l'Empire, les peuples du Nord trouvèrent Ă  Rome ces moulins Ă  eau ; ils en comprirent toute l'utilitĂ©, et en firent l'objet d'une lĂ©gislation spĂ©ciale. Ainsi nous trouvons dans la loi des Lombards (Liv I, tit. IX § IV, et tit. XXVII, § 1), dans celle des Visigoths (Liv. VII, § 11, et Liv. VII, tit. VIII, § XXX), et surtout dans celles des Francs (Loi salique, tit. XXIV, art. 1, 2, et 3, tit, XXXIII art. 3), des dispositions très-sĂ©vères pour punir tous les actes capables de porter atteinte Ă  leur conservation :

 

La propriété doit être respectée. La loi lombarde dispose :

 

Si quelqu'un a abîmé le moulin d'un autre ou rompu les écluses sans la permission du juge, qu'il paie douze sous au propriétaire du moulin. Si quelqu'un construit un moulin sur la terre qui ne lui appartient pas et qu'il ne puisse prouver lui appartenir, qu'il perde son moulin et tout son travail et que le moulin revienne au propriétaire de la terre (François Prevet, La moralité professionelle des origines à nos jours, Tome 1, 1956 - books.google.fr).

 

La position topographique de la Rome du moyen âge et de la Rome actuelle, l'aspect que présente la campagne romaine sont dus aux Barbares. Le jour où ils coupèrent les aqueducs, ils produisirent un grand changement dans Rome et hors de Rome. C'est surtout aux Lombards qu'il faut attribuer la dévastation de la campagne romaine, qu'ils ravagèrent à plusieurs reprises pendant près d'un demi-siècle. Ce furent eux qui, soit en coupant les aqueducs, soit seulement en empêchant de les entretenir et de les réparer, privèrent les Romains de l'eau qu'ils recevaient du dehors, et par là les forcèrent à quitter les hauteurs et à se presser aux alentours du Tibre. C'est ainsi que le Champ-de-Mars, inhabité au temps de Cicéron, est devenu l'emplacement principal de la Rome moderne, attirée par le fleuve. Cette interruption des cours d'eau artificiellement apportés par les aqueducs eut plusieurs résultats déplorables. En même temps que les Romains étaient privés de l'eau salubre des montagnes et réduits à l'eau bourbeuse et malsaine du Tibre, ils voyaient s’arrêter les moulins qui se trouvaient sur la rive droite du fleuve, là où ils sont encore aujourd'hui mis en mouvement au moyen d'un aqueduc que Paul V leur a rendu. Les Romains furent donc pris à la fois par la soif et par la faim. C'est de ce moment que date réellement la substitution de la ville basse à la ville haute et de la Rome misérable du moyen âge à la Rome encore magnifique de l'antiquité (François-Tommy Perrens, Le roman en Italie: Caractères et récits de la vie politique et militaire, 1857 - books.google.fr).

 

"fille sans main" : Ă©mancipation des femmes

 

"sans main" Ă  rapprocher de "Ă©mancipation" du terme de droit romain "emancipo" (ex mancipo, manus capio) acte qui faisait sortir de la "manus" le fils ou une Ă©pouse. Terme Ă  rappocher de manumissio (Gaffiot).

 

Le mundium Ă©tait insĂ©parable de la femme comme son âme : «A aucune femme libre qui vit selon la loi lombarde» (phrase emphatique sans allusion Ă  la possibilitĂ© que des femmes libres fussent Ă  mĂŞme de vivre selon une autre loi) «il n'est permis de vivre suivant son arbitre, c'est-Ă -dire comme selpmundia» («sui iuris»), «mais elle doit toujours rester sous le mundium des hommes de sa famille ou au moins du roi» (Gabriele Pepe, Le Moyen Age barbare en Italie, 1956 - books.google.fr).

 

L'Ă©mancipation de la femme avait fait encore un pas de plus dans la lĂ©gislation lombarde. Nous avons dĂ©jĂ  exposĂ© comment la femme Ă©tait toujours dans le mundium, fille, femme ou veuve. Le prix, meta chez les Lombards, ne revient mĂŞme plus en partie aux parents de la femme, comme le witlemon des Burgondes; la meta lombarde appartient en entier Ă  la femme, ainsi que le don du matin (morgincap), que le mari pourrait lui avoir donnĂ©. Mais il Ă©tait expressĂ©ment dĂ©fendu au mari, et Ă  peine de nullitĂ©, de donner quoi que ce fĂ»t Ă  sa femme en dehors de la dot et du don du matin dont la loi elle-mĂŞme avait fixĂ© la limite : ainsi le maximum d'une dot Ă©tait de 300 sols, les juges seuls pouvaient donner jusqu'Ă  400 ; quant Ă  la morgincap, elle ne pouvait excĂ©der le quart des biens du mari (M. Königswarter, Histoire de la civilisation, L'Institut, Sciences historiques et philosophiques. 2e section 1845 - books.google.fr).

 

A cĂ´tĂ© de la dot du mari, nous retrouvons la dot de la femme. Le mot dos Ă©tant employĂ© pour dĂ©signer la première, la seconde fut appelĂ©e maritagium, nom latin qui remplaça la dĂ©signation germanique de faderfium ou fadergum, c'est-Ă -dire troupeau ou argent du père. Cette institution d'un apport par la femme, primitivement accessoire de celui du mari, se dĂ©veloppa au contact des lois romaines et devint d'un usage gĂ©nĂ©ral. Le mari n'acquĂ©rait cet apport que par sa survie, et encore il pouvait en ĂŞtre exclu comme indigne. La dot de la femme lui reste si elle est rĂ©pudiĂ©e ou si elle survit, mĂŞme si elle se remarie. La dos et le maritagium constituent de vĂ©ritables libĂ©ralitĂ©s entre Ă©poux au moment du mariage : la nature des objets primitivement donnĂ©s par le mari, comme par la femme d'ailleurs, montre que l'idĂ©e d'entretien du mĂ©nage leur est Ă©trangère. Il est donc facile de voir que le rĂ©gime nuptial germanique, bien qu'Ă©tant un rĂ©gime de sĂ©paration de biens, n'a pas influĂ© sur le dĂ©veloppement de la donatio ante nuptias et du rĂ©gime dotal du Bas-Empire. Nous ne trouvons pas dans le droit germanique cette idĂ©e fondamentale du rĂ©gime romain, celle d'un contre-poids apportĂ© Ă  la constitution de dot de la femme par la constitution de dot du mari, pour l'emploi de l'ensemble de leurs Ă©moluments aux charges de la vie commune. Au surplus, tandis que le rĂ©gime dotal se dĂ©veloppa depuis ThĂ©odose jusqu'Ă  Justinien dans la lĂ©gislation impĂ©riale, ce rĂ©gime ne put guère naĂ®tre et s'acclimater dans les pays oĂą les moeurs germaniques restèrent le plus vivaces. Et l'on peut dire que ce fut plutĂ´t la lĂ©gislation du code ThĂ©odosien qui altĂ©ra les coutumes barbares, sans parvenir Ă  les absorber, il est vrai (Georges de Laguarigue de Survilliers, Des libĂ©ralitĂ©s entre Ă©poux en droit romain et en droit français, 1887 - books.google.fr).

 

"domaine"

 

Quanto a Patrimonio di s. Pietro, questa seconda designazione, venuta in uso, come si è detto, solo nella seconda metĂ  del secolo XII, è anch'essa anacronistica, se applicata retrospettivamente all'intero arco dei secoli VII fine \ VIII- XII, benchĂ© a suo favore giochi il fatto che durante questi secoli l'estensione del dominio temporale rimase press'a poco inalterata. Essa presenta però un duplice inconveniente. Il primo concerne il momento successivo a quello in cui risulta essere stata adottata. Nel corso del secolo XIII il dominio temporale della chiesa romana subì un grande incremento, che ne mutò radicalmente la fisionomia. Altri territori egualmente compatti vennero ad aggiungersi al preesistente Patrimonio, il cui nome continuò ad essere usato in modo generico per l'insieme dei possedimenti papali. Ma contemporaneamente esso fu anche attribuito alla parte settentrionale del nucleo originario, la Tuscia romana, che diventata provincia a sĂ© stante nel 1199-1200 assunse la designazione ufficiale di Patrimonio di San Pietro in Tuscia. Come era stato, in parte, anche di altre designazioni, variamente attestate nei secoli precedenti (terra, territorium, terminus, fines, dominium s. Petri, o dominium Romanum o Romanae ecclesiae, nel sec. IX ; piĂą tardi : regalia, possessiones s. Petri) e non giunte a affermarsi nell'uso, ma con maggiore chiarezza di queste, la designazione di Patrimonium s. Petri sembra fatta per suggerire l'idea manifestamente assurda e comunque non corrispondente in nessun modo alla ealtĂ , che questo vasto territorio, sul quale da tempo la chiesa romana «governava» – nel senso piĂą o meno pieno del termine, a seconda delle epoche e delle diverse parti che lo costituivano, si fosse formato mediante l'accorpamento dei patrimoni fondiari preesistenti (Enciclopedia Gregoriana: la vita, l'opera e la fortuna di Gregorio Magno, 2008 - books.google.fr).

 

Grégoire Ier

 

Comme Ninive et Babylone, Rome paĂŻenne Ă©tait condamnĂ©e; pendant que le flot des barbares balayait le sol oĂą devait s'Ă©lever la capitale des Papes, les populations se rĂ©fugiaient sous l'Ă©gide du Souverain Pontife; la confiance populaire dĂ©fĂ©rait au chef de l'Église la souverainetĂ© de fait sur la campagne romaine, les pays circonvoisins appelĂ©s duchĂ© de Rome et d'autres contrĂ©es plus Ă©loignĂ©es. Cette souverainetĂ© de fait fut rĂ©glementĂ©e Ă  la fin du VIe siècle par le pape saint GrĂ©goire Ier, appelĂ© justement le Grand. Issu de la race des Scipions et des Gracques, arrière-petit-fils des deux empereurs Gordien, saint GrĂ©goire rĂ©unissait toutes les qualitĂ©s d'un fondateur d'État. Les domaines de saint Pierre Ă©taient alors au nombre de vingt-trois. Plusieurs avaient une grande importance; celui des Alpes Cottiennes, notamment, comprenait toute la ville de GĂŞnes. Saint GrĂ©goire traça dans le Pastoral un admirable règlement de conduite aux administrateurs du domaine de Saint-Pierre; pour leur rappeler leur haute mission, il leur donna le nom de dĂ©fenseurs du peuple : Defensores. Les revenus du patrimoine de Saint-Pierre servaient en grande partie Ă  soulager les pauvres; on montre Ă  Rome la table Ă  laquelle un ange vint miraculeusement s'asseoir au milieu des pauvres nourris chaque jour par saint GrĂ©goire. Digne imitateur de saint LĂ©on le Grand, saint GrĂ©goire prĂ©serva Rome de l'invasion du roi Lombard, Agilulfe, qui vint dĂ©poser son Ă©pĂ©e et son baudrier d'or sur le tombeau de saint Pierre (M. Jonglez de Ligne, Echos de Rome sur le pape-roi, AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des catholiques du Nord et du Pas-de-Calais tenue Ă  Lille du 27 novembre au 2 dĂ©cembre 1888, Volume 453, 1889 - books.google.fr).

 

"chef pris"

 

Autharis mourut en 591. Les Lombards remirent le choix de son successeur à sa veuve Théodelinde, en déclarant qu'ils reconnaîtraient pour roi le nouveau mari qu'elle choisirait. Théodelinde choisit Agilulfe. Sous ce règne, Grecs ne furent pas plus heureux que sous Autharis, l'Italie ne souffrit pas moins. D'abord Agilulfe lutta contre les ducs; il tua Minulfe, qui s'était livré aux Francs; Gaïdulf, duc de Bergame, se fortifia dans sa ville, puis donna des otages, et fit la paix avec le roi. Rebelle une seconde fois, Gaïdulf se sauva dans l'île Comacine; chassé de là par le roi, il revint à Bergame et rentra en grâce parce qu'il était puissant. Bientôt le duc Maurisius passa aux Grecs. Sa défection permit à l'exarque de reprendre Sutrium, Polimartium, Tudertum, Amérie, Pérouse. Agilulfe courut assiéger Pérouse, prit Maurisius et le tua. La vengeance lombarde était terrible. Le pape Grégoire Ier en fut si effrayé, qu'il suspendit ses pieux travaux sur l'Écriture, mais pour parler au Barbare, comme autrefois Léon Ier. Il l'avertit par ses lettres, et obtint la paix pour Rome par l'entremise de la reine Théodelinde, celle qui eut la gloire de convertir les Lombards de l'arianisme à la foi catholique (M. de Gaillardin, Histoire du moyen age, 1843 - books.google.fr).

 

Acrostiche : PL FP

 

PL : Plebs (peuple) ; FP : forma publica (Auctores latinae linguae, in usum redacti corpus, 1602 - books.google.fr).

 

Quant à la pecunia signata forma publica populi Romani (Lex Rubria C. I.L. I, n° 205, col. 11, lin. 23), ce serait la seule monnaie légale, par rapport à toutes les autres monnaies, qui étaient considérées comme marchandises (Manuel des antiquités romaines : De l'organisation financière chez les Romains, 1888 - books.google.fr).

 

Clément IX, la première année de son pontifical, fit distribuer aux cardinaux, au clergé et au peuple, la monnaie que, suivant l'ancien usage, les papes répandaient quelquefois, et qu'on appelait la Presbytérienne (Trésor de numismatique et de glyptique : Médailles des papes, 1858 - books.google.fr).

 

Sur cette monnaie "presbytérienne" peu d'autres choses.

 

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