Egrégores

Egrégores ou Philippe V de Macédoine

 

IX, 8

 

2109-2110

 

Puisnay Roi fait son pere mettra a mort,

Apres conflit de mort tres inhoneste ;

Escrit trouve soubson donra remort,

Quand loup chasse pose sus la couchette.

 

Bretons

 

En rapport avec le quatrain précédent IX, 7 - Bretagne en majesté, la lien s'établit avec les "Bretons".

 

L'autorité fondatrice des innovations de Geoffroy est cependant au premier chef, à n'en pas douter, l'Enéide ; l'analyse détaillée faite par E. Faral des premiers chapitres de l'Historia a bien mis en lumière tout ce qu'il lui doit : nous pouvons donc nous contenter d'un rapide résumé. Dans une brève interpolation, l'Historia Britonum se bornait d'abord rapporter que Silvius dit Postumus, fils d'Enée et de Lavine (En., VI, 763), avait eu trois fils de la prêtresse Réa : Romulus et Rémus, fondateurs de Rome, et Brutus qui, après avoir conquis l'Espagne, occupa l'île de Bretagne et devint l'ancêtre éponyme des Bretons. Cette première affabulation, sommaire, fut ensuite supplantée dans les manuscrits postérieurs par une autre relation beaucoup plus suggestive qui ne faisait plus de Brutus le frère de Romulus et Rémus, mais qui le dépeignait comme un être prédestiné au malheur, meurtrier de sa mère, qu'il tue en naissant, de son père, qu'il abat d'une flèche, et chassé de partout (d'Italie, de Grèce, de Gaule) avant de pouvoir s'établir en Bretagne. A partir de ces quelques données qui ont dû stimuler son imagination, l'inventif Geoffroy a bâti tout un récit assez bien agencé ; son point de départ est manifestement la deuxième version, oedipienne, de l'Historia Britonum, qu'il suit parfois presque textuellement, tout en l'enrichissant de quelques additions significatives. D'abord Silvius, en accord avec certains manuscrits de l'Historia Britonum, n'est plus le fils d'Enée mais d'Ascagne désir sans doute d'éloigner des données historiques (ou considérées comme telles) le récit légendaire qui cherche à se constituer ; ensuite -  aggravation implicite de la faute initiale - Brutus naît des amours illégitimes de ce Silvius avec une nièce de Lavinie ; enfin le meurtre du père s'accomplit au cours d'une partie de chasse (Francine Mora-Lebrun, L'Énéide médiévale et la naissance du roman, 1994 - books.google.fr).

 

Dans l'OEdipe Roi de Sophocle, Apollon Lykeios est invoquĂ© d'abord dans la parados Cv. 151-215), oĂą le choeur supplie les dieux de dĂ©livrer Thèbes du flĂ©au qui la dĂ©vaste. Dans la dernière partie du chant, le chĹ“ur demande qu'Arès, responsable du flĂ©au, soit chassĂ© de la ville. Il prie Zeus, «maĂ®tre de l'Ă©clair enflammé», de lâcher sa foudre sur lui (v. 200-202). Puis vient l'invocation suivante (v. 203-208) : «Et toi aussi, dieu Lycien, je voudrais voir les traits partis de ton arc d'or se disperser, invincibles, pour me secourir, pour me protĂ©ger, en mĂŞme temps que ces flambeaux dont la lueur illumine ArtĂ©mis, quand elle court, bondissante, Ă  travers les monts de Lycie». Enfin, le chĹ“ur prie Bacchos de venir, «éclairĂ© d'une torche ardente», attaquer Arès (v. 209-215). Certains commentateurs estiment qu'Apollon Lykeios est invoquĂ© ici comme «tueur de loups», au sens figurĂ©, c'est-Ă -dire «destructeur d'ennemis». Selon R.C. Jebb, cependant, Apollon Lykeios doit ĂŞtre plutĂ´t considĂ©rĂ© ici comme un dieu de la lumière. R.D. Dawe reconnaĂ®t que l'Ă©pithète Lykeios est souvent associĂ©e au loup, mais juge, lui aussi, l'association du mot avec la lumière mieux en accord avec les autres images de cette partie de la parodos. On peut noter cependant que le mot "lukè", d'oĂą dĂ©riverait "lukeios", se trouve dans des mots comme amphilukè (Hom., Il., VII, 433), «épithète de la nuit dĂ©jĂ  un peu lumineuse avant l'aurore», ou comme "lukophĂ´s" (Élien, Nat. an., X, 26; HĂ©sych., s.v. "lukoeideos"), qui dĂ©signe le «crĂ©puscule du matin ou du soir». Ces mots Ă©voquent plutĂ´t l'idĂ©e d'une faible lumière que d'une lumière vive, comme celle de l'Ă©clair ou de la foudre de Zeus, des flambeaux d'ArtĂ©mis ou de la torche de Bacchos. Mais, pour les Anciens, il existait un rapport entre une telle lumière et le loup, puisque, d'après Élien : «On appelle "lukophĂ´s", le moment de la nuit oĂą seul le loup perçoit la lumière» (grâce Ă  sa vue perçante); et il donne une dĂ©finition semblable du mot "amphilukè". D'autre part, il est possible qu'il y ait, dans le texte de Sophocle, une relation entre la tournure "luke anax" (v. 203) et l'adjectif "lukia", «de Lycie» (v. 208), dĂ©signant le sĂ©jour d'ArtĂ©mis. On a donc peut-ĂŞtre ici une sorte de jeux de mots autour de l'Ă©pithète "lukeios", sans qu'il soit possible de dĂ©finir ce qu'il pouvait Ă©voquer pour le poète et pour ses auditeurs (Claire-Françoise de Roguin, Apollon Lykeios dans la tragĂ©die : dieu protecteur, dieu tueur, «dieu de l'initiation», Kernos n° 12, 1999, pp. 105-106).

 

"loup"

 

"liteau" : Lieu où le loup se repose durant la journée. 1655 licteau (Salnove, Venerie, p. 20 d'apr. DG) (www.cnrtl.fr).

 

Gîte, tanière, repaire (Lupus lustrum ou cubile) (François Joseph Michel Noël, Dictionnaire français-latin, 1871 - books.google.fr).

 

Mempricius ou Memprys, un des descendants directs de Brutus, qui régna jusqu'en 980 (av. J.-C), devint cette même année la victime des loups qu'il se plaisait à poursuivre et par lesquels il fut dévoré. It happynde syne at a hunting Wytht 'wolwys hym to weryde be (Wyntownis Cronykil). Blaiddyd , autre monarque breton (863 av. J.-C.), qui semble s'être adonné à la chimie, est regardé comme l'auteur de la découverte des propriétés médicinales des eaux minérales de Bath. Il avait remarqué que les bestiaux, lorsqu'ils étaient attaqués et blessés par les loups, allaient se plonger dans ces eaux et étaient ainsi guéris beaucoup plus promptement qu'ils ne l'eussent été par tout autre moyen. De ce fait, on peut inférer que la chasse au loup était regardée par les anciens rois bretons comme un exercice nécessaire et agréable à la fois, mais qui avait aussi ses dangers. «On ne trouve pas, dit Strutt, que, pendant l'établissement des Romains en Bretagne, il fût promulgué de lois contre la chasse. Les Romains semblent avoir maxime de leur ancienne jurisprudence de donner la propriété des choses sans maîtres aux premiers possesseurs. Les bêtes fauves, les oiseaux et les poissons, appartenaient à ceux qui les pouvaient prendre. Il est fort probable que les Bretons furent laissés libres d'exercer leurs anciens privilèges, car, s'il avait été édicté des lois contre la destruction du gibier, les anciens historiens n'eussent pas manqué de les mentionner (Les loups et leur extinction dans les Iles britanniques, Revue britannique, Volume 5, 1881 - books.google.fr).

 

Paul Zumthor a proposé une analyse des prophéties de Merlin en six chapitres. La victoire des Saxons constituerait la date butoir de la première section, suivie par la deuxième établissant le règne des Normands jusqu'à Henri Ier. Puis, une suite d'allusions au règne d'Henri Ier, peu compréhensibles, précède des prédictions sans fondement historique sur le retour de la loi celtique grâce aux Armoricains, et la fin de la domination normande. S'ensuivent alors les ns attache géographique ni indication temporelle jusqu'au Jugement dernier. Geoffroy ajouta, pour terminer, une prédiction sur l'avenir de Vortigern qui se présente comme une transition avant la reprise du récit de l'Historia regum Britanniae. Rupert Taylor proposait, de son côté, un partage fort simple des prophéties du livre VII de l'Historia en quatre chapitres. Le premier est alors une préface ou un prologue au cours duquel Geoffroy interrompt son récit sur l'histoire des rois bretons, le deuxième est une épître dédicatoire à Alexandre de Lincoln, le troisième et le quatrième constituent le corps même des prophéties. L'auteur donne les grandes lignes du récit en insistant sur la victoire du dragon rouge sous le commandement du sanglier de Cornouailles. Les événements historiques ou légendaires, jusqu'à la conquête normande, sont marqués par la période de domination du serpent germanique aidé par le loup de la mer qui amène une période de famine et de décadence jusqu'à l'interlude du saint roi Cadwallader dont le règne sera suivi par une seconde domination germanique avant l'arrivée des Normands. Avec les Normands, Taylor a noté que le symbolisme animalier se précise, et Geoffroy met en scène Guillaume le Conquérant, ses deux fils Guillaume et Robert, sous la forme de dragons, puis le lion de Justice Henri Ier, enfin le sixième roi non identifié, puis le lynx sous lequel les Normands sont censés perdre leur domination Le pouvoir reviendrait alors aux descendants de Brutus, avec la prophétie sur l'union de Cadwallader avec Conan (Catherine Daniel, Les prophéties de Merlin et la culture politique, XIIe-XVIe siècle, 2006 - books.google.fr).

 

Des devins avaient prĂ©dit au roi latin Ascagne, fils du divin EnĂ©e, que l'un de ses fils serait deux fois parricide. Or, Sylvius Brutus, le plus jeune de ses enfants, accomplit involontairement la prĂ©diction fatale. Sa naissance coĂ»ta la vie Ă  sa mère ; devenu, adolescent, il tua son père d'un coup de flèche. Les Latins chassèrent d'Italie | le descendant maudit de VĂ©nus, et après de longues traverses, il s'arrĂŞta dans les Gaules, sur le bord d'un large fleuve entourĂ© de lentes rivières, et planta sa tente de voyageur au lieu oĂą les Turones Ă©tablirent leur mĂ©tropole. Puis l'exilĂ© leva sa tente, et avant d'aborder les terres lointaines, il offrit un sacrifice Ă  Diane et lui adressa cette question :

 

Diane à l'arc léger, apprends-nous quels destins

Garde encor Nemésis aux exilés Latins ?

 

La blanche déesse lui répondit en ces termes :

 

Il est Ă  l'Occident, loin de ces molles plages

Une île aux verts coteaux, aux longs et blancs rivages

OĂą s'endorment les flots.

Suis le destin.

C'est lĂ  la nouvelle patrie

Que Zeus Olympius et sa fille chérie

Livrent à tes héros.

 

L'oracle désignait Albion : Brutus mit à la voile et jeta l'ancre au pied de ses blanches falaises. Des géants l'habitaient, race effrayante à voir, barbares, énormes et stupides. Ils s'avancèrent dans la mer à l'encontre des vaisseaux des étrangers, qui les accablèrent de traits. L'ennemi exterminé, les Troyens débarquèrent sans obstacles, et détruisirent dans des embûches nocturnes les géants qui n'avaient point pris de part au combat. Puis Brutus nomma ce pays, de son nom, Britannia, et le partagea à ses compagnons dont la race le possède depuis sans interruption.

 

Ainsi sont narrées nos origines, ainsi sont celles de toutes les races dont l'antiquité défie les recherches de l'histoire. Quel dommage que ce poétique berceau de notre race ne soit qu'une brillante fiction née dans le cerveau d'un moine du Xe ou XIe siècle, amoureux d'Hérodote et de Justin ! (Guillaume Le Jean, La Bretagne: son histoire et ses historiens, 1850 - books.google.fr).

 

"couchette"

 

Mempricius, au cours d'une entrevue, assassine son frère Malim et se met à exercer le gouvernement avec une tyrannie sanguinaire, abattant toutes les têtes éminentes du royaume et tous ceux de ses sujets qu'il soupçonnait de vouloir lui succéder. Abandonnant sa femme, il se livre à la sodomie ; et finalement, au bout de 20 années de règne, il est misérablement mis en pièces à la chasse par une bande de loups. Synchronismes : Saül régnait alors en Judée et Euristhée à Lacédémone. A la mort de Mempricius, son fils Ebrauc le remplace et gouverne pendant 39 années. Il passe en Gaule, d'où il rapporte un riche butin d'or et d'argent. Il fonde au-delà de l'Humber, la ville de Kaerebrauc. Il fonde également, en Albanie, la ville d'Alctud. Il fonde, enfin, la cité du mont Agned, qui s'est ensuite appelée Château des Vierges et Mont Douloureux (Edmond Faral, La légende arthurienne: études et documents, 1929 - books.google.fr).

 

C'est à l'époque des premiers états de Blois que l'on commença à parler des mignons et que ce mot trotta, dit Bodin, dans la bouche du peuple. On distinguait trois classes, les mignons de couchette, les mignons de la chambre et les mignons moins favorisés .Les deux premières classes étaient distinguées par une fraise semblable à celle que portait le roi, et, à table, par un cadenas, c'est-à-dire par un coffret fermant à clef, qui contenait des assiettes, des couteaux et des fourchettes. Le roi de Navarre ayant appris en Gascogne l'assassinat de Saint-Mégrin, tué par vingt ou trente hommes qu'on crut être affidés du duc de Guise, dit : Je sais bon gré à mon cousin le duc de Guise de n'avoir pu souffrir qu'un MIGNON DE COUCHETTE le fît cocu. (Journal de l'Étoile, sous la date du 21 juillet 1558.) Sur les mignons en général, voyez l'Ile des Hermaphrodites, pag. 13. (Pierre-Louis Roederer, Le budget de Henri III: ou les premiers états de Blois, comédie historique, 1830 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 2110 sur la date pivot de -980 donne -4070 qui tomber au temps du patriarche Jared, fils de et père d'Hénoch.

 

De vieilles analyses du livre d'Énoch contiennent un résumé que voici de la chute de ces Anges appelés Egrégores :

 

Quand le nombre des hommes se fut multiplié, ils eurent des filles d'une beauté si prodigieuse, que les Égregores ou Anges gardiens en devinrent épris et se proposèrent de les épouser (Genèse 6,1-3). Le nombre de ces Anges était de deux cents, qui descendirent du temps de Jared du sommet du mont Hémon. Ils épousèrent des femmes et vécurent avec elles jusqu'au déluge. Leurs enfants furent les géants, qui devinrent bientôt anthropophages, ce qui diminuait chaque jour le nombre des hommes. Ceux-ci se plaignirent à Dieu, et le conjurèrent d'avoir pitié d'eux. Quatre Archanges regardèrent vers la terre, et y voyant du sang répandu, ils firent leur rapport à Dieu, qui leur ordonna de jeter les coupables dans l'abîme. Uriel fut envoyé vers Noé, fils de Lamech, pour l'informer que toute la terre devait être détruite par un déluge, et l'instruire de quelle manière il devait échapper à ce fléau. Raphaël eut ordre de lier le chef des prévaricateurs par les pieds et les mains, et de le porter dans un désert obscur, sur des pierres pointues, supplice qui ne doit finir que pour faire place à un autre plus rigoureux au jour du jugement. La commission de Gabriel fut de détruire tous les géants, fils des Égregores les Anges déchus, en les excitant à se faire la guerre, afin qu'ils s'exterminassent les uns les autres. Enfin Michel fut chargé d'enchaîner les Anges transgresseurs et de les conduire au bout de la terre, où ils doivent rester pendant soixante-dix générations, c'est-à-dire jusqu'au jugement ; alors ils seront précipités dans un étang de feu.

 

Quoique cet ouvrage soit, sinon supposĂ©, du moins fort altĂ©rĂ©, plusieurs Pères en ont pensĂ© plus favorablement, apparemment parce qu'il a Ă©tĂ© citĂ© par saint Jude. Les mahomĂ©tans disent qu'Énoch, qu'ils appellent Édris, avait reçu de Dieu trente livres de rĂ©vĂ©lations. On lit dans le Yaschar (livre du Juste), traduit par M. le chevalier Drach, que, quand Énoch fut mĂ»r pour le Seigneur, une voix fut entendue; c'Ă©tait la voix d'un Ange qui disait : Énoch, j'ai ordre de vous enlever au ciel, pour y rĂ©gner sur les enfants de Dieu, comme vous ĂŞtes sur la terre roi des enfants d'Adam. Et comme il Ă©tait environnĂ© d'une grande multitude, Ă  qui il enseignait les voies du salut, les hommes qui Ă©taient lĂ , au nombre de plusieurs mille, virent descendre des cieux un grand cheval, qui, traversant les airs, vint se poser devant Énoch. Le prophète le monta, en annonçant qu'on ne le verrait plus. Après qu'il eut donnĂ© ses dernières instructions, il fut enlevĂ© au ciel sur un char de feu. Mais après qu'il eut disparu, les hommes retombèrent dans leurs mauvaises voies. Les rabbins croient qu'Énoch, transportĂ© au ciel, fut reçu au nombre des Anges, et que c'est lui qui est connu sous le nom de MĂ©traton et de Michel, l'un des premiers princes des phalanges cĂ©lestes, lequel tient registre des mĂ©rites et des pĂ©chĂ©s des IsraĂ©lites, Ils ajoutent qu'il eut Dieu et Adam pour maĂ®tres (Jacques-Albin-Simon Collin de Plancy, LĂ©gendes de l'Ancien Testament recueillies des apocryphes des rabbins et des lĂ©gendaires, 1861 - books.google.fr).

 

De ce temps des Egrégores étaient les Géants (genèse 6,4).

 

D'autres GĂ©ants furent combattus pas Brutus sur la terre d'Albion.

 

Autrement

 

"Puisnay"

 

"Puisnay Roi fait son pere mettra a mort" : un roi fera mettre à mort son fils puîné, déclaré roi par ailleurs.

 

Démétrios est l'un des fils du roi de Macédoine Philippe V qui le fait assassiner en 180 à la suite d'une querelle de succession avec son autre fils Persée. Otage à Rome après la Deuxième guerre macédonienne, il est en étroite relation avec les Romains, ce qui explique en partie son exécution.

 

Démétrius, de retour en Macédoine, y trouva une faction puissante qui voulait à tout prix la paix et qui plaça à sa tête l'ami des Romains. Les partisans de la guerre avaient pour chef un frère aîné de Démétrius, Persée, qui, né d'une femme de basse naissance, craignait que Philippe ne laissât sa couronne à Démétrius. Pour perdre ce rival, il le peignit au roi comme un traitre pressé, par Flamininus et par son ambition, de lui ravir le pouvoir (Victor Duruy, Histoire des Romains: De la bataille de Zama au premire triumvirat, Tome 2, 1880 - books.google.fr).

 

"Roy"

 

"Roy" porte sur le "père", ce qui est le cas, ou sur le "Puisnay" :

 

Le droit de primogéniture appelait Persée, l'aîné des fils du roi, à lui succéder: mais Persée devait le jour à une mère de la plus basse condition. Un inconnu déclara à Démétrius que les Romains placeraient bientôt sur sa tête la couronne de Macédoine, le même inconnu écrivit à Philippe qu'il convenait d'envoyer une seconde fois à Rome Démétrius et ses amis. Par ces odieux moyens, le sénat espérait voir bientôt Philippe et Persée craindre, le premier d'être précipité du trône de son vivant, le second, d'en être écarté, après la mort de Philippe, par Démétrius. Il se flattait que tous deux se réuniraient contre leur commun ennemi et menaceraient ses jours; que Démétrius, de son côté, armerait pour défendre sa vie, et commencerait contre son père et son frère une guerre doublement parricide (Auguste-Simon-Jean-Chrysostome Poirson, Histoire romaine, depuis la fondation de Rome jusqu'à l'établissement de l'Empire, Tome 2, 1826 - books.google.fr).

 

"conflict"

 

Le conflit de DĂ©metrius et PersĂ©e, auquel Tite-Live consacre plusieurs chapitres de son livre XL, illustre parfaitement cette proposition : le projet fratricide dont l'aĂ®nĂ© prĂ©tend avoir Ă©tĂ© victime est un parricidium parce qu'Ă  travers lui, c'est l'ordre paternel et royal de Philippe qui Ă©tait visĂ©. L'accusation mensongère de PersĂ©e, portĂ©e devant la juridiction domestique du roi, se nourrit du thème du complot, tramĂ© avec l'aide du gĂ©nĂ©ral ennemi Flamininus, du crimen cupiditatis regni, rĂ©bellion contre un droit successoral dont le roi - père est le suprĂŞme garant. Trahison, attentat contre la constitution monarchique, le fratricide est un crime contre le père et, au delĂ , contre les ancĂŞtres paternels (iratos paternos deos). Philippe lui mĂŞme, ouvrant l'instance, Ă©nonce clairement ce qui est en cause : son pouvoir, enjeu d'une inimitiĂ© qui l'atteint Ă  travers ses fils : «Eo usque me vivere vultis, donec alterius vestrum superstes haud ambiguum regem. Nec fratrem nec patrem potestis pati» (Yan Thomas, Parricidium, MEFRA, Volume 93, Partie 2, École française de Rome, 1981 - books.google.fr).

 

"Escrit trouvé"

 

Philippe envoya des ambassadeurs à Rome, pour y sonder la disposition des esprits à l'égard de son fils Démétrius, et s'informer sous main des discours qu'il y avait tenus, principalement avec Quintius, sur la succession au trône. Les ambassadeurs auxquels on avait fait la leçon avant qu'ils partissent de Macédoine, rapportèrent exactement tout ce que la méchanceté de Persée leur avait dicté, et présentèrent au roi une fausse lettre, scellée du sceau contrefait de T. Quintius Flaminius, par laquelle il le "priait de ne point savoir mauvais gré à son a fils Démétrius de quelques paroles imprudentes qui pouvaient lui être échappées à Rome dans des conversations, au sujet de la succession au trône, l'assurant qu'il n'entreprendrait rien contre les droits du sang et de la nature. Il ajoutait en parlant de lui même, qu'il était fort éloigné de lui donner jamais de pareils conseils." Cette lettre confirma tout ce que Persée avait avancé contre son frère (Madame Le Prince de Beaumont, Traits détachés de l'histoire pour l'instruction de la jeunesse, 1813 - books.google.fr).

 

Remords

 

Le malheureux père hésitait entre ses deux enfants. Mais un jour Persée accourt; dans un tournoi, son frère, dit-il, a voulu le tuer, et la nuit suivante il a assailli sa demeure avec des gens armés. D'ailleurs il veut fuir chez les Romains pour revenir sans doute avec les légions. Philippe interroge; le crime semble prouvé; et le jeune prince ayant tenté de s'enfuir à Rome, le roi se résolut à le faire secrètement périr. Invité par le gouverneur de la Péonie, dépositaire des ordres du père, à un repas de sacrifice, Démétrius se rendit à Héraclée où se faisait la fête. On mêla du poison aux viandes sacrées, et, comme la douleur lui arrachait de grands cris, on l'étouffa sous des couvertures. On dit que plus tard Philippe reconnut son innocence, et que la douleur le conduisit au tombeau (Victor Duruy, Histoire des Romains: De la bataille de Zama au premire triumvirat, Tome 2, 1880 - books.google.fr, Les decades de Tite-Live, Tome 7, 1722 - books.google.fr).

 

"mort inhonneste" : inhonesta mors

 

Las de la cupiditĂ© sans fin de NĂ©mĂ©sis, qu'il ne peut satisfaire qu'en commettant des impiĂ©tĂ©s, Tibulle en vient Ă  envisager, peut-ĂŞtre sĂ©rieusement, le sacrilège suprĂŞme : s'en prendre, physiquement, Ă  sa maĂ®tresse confondue d'ailleurs, en une mĂ©taphore complexe, avec VĂ©nus elle-mĂŞme. Tuer la femme perfide, c'est (du moins ce serait, puisque le projet est abandonnĂ© dès les vers suivants) tuer l'amour. Properce en arrive, lui aussi, Ă  ces extrĂ©mitĂ©s. Dans une Ă©lĂ©gie dont la composition chaotique exprime le dĂ©lire mental de celui qui l'Ă©crit, au paroxysme de la douleur et de la jalousie, il s'Ă©crie : «Mais tu ne m'Ă©chapperas pas : il faut que tu meures avec moi; un mĂŞme fer fera couler notre sang Ă  tous deux, jusqu'Ă  la dernière goutte. Et si cette mort doit me dĂ©shonorer, elle me dĂ©shonorera, mais tu mourras».

 

Properce, II, 8, 25-28 : Sed non effugies : mecum moriaris oportet; / Hoc eodem ferro stillet uterque cruor. / Quamuis ista mihi mors est inhonesta futura : / Mors inhonesta quidem, tu moriere tamen.

 

La grammaire mĂŞme rĂ©vèle, en latin, le trouble du poète : Ă  un clair erit est substituĂ©e la pĂ©riphrase futura est, destinĂ©e, sans doute, Ă  mettre en valeur l'adjectif inhonesta qui caractĂ©rise, selon Properce, le genre de mort qu'il envisage, comme il a pu caractĂ©riser, tout au long de son existence, son amour. Car loin de se poser en juge qui châtie, Properce sombre bien plutĂ´t, Ă  force de chagrin, dans une sorte de folie, qui seule le conduit Ă  cette rage destructrice. Il ne punit pas Cynthie, mais l'entraĂ®ne avec lui dans le nĂ©ant tant il est vrai qu'Ă  «la diffĂ©rence des hĂ©roĂŻnes tragiques, le poète Ă©lĂ©giaque ne se venge pas, mais souffre». Et de fait, plus souvent, l'amoureux envisage la mort pour lui-mĂŞme : plus que la tentation de l'homicide, c'est celle du suicide qui le hante. LĂ  encore, Tibulle et Properce sont ceux qui ont exprimĂ© le plus clairement cette tentation. Faut-il lire, dans la fin de l'Ă©lĂ©gie II, 4 de Tibulle, l'acceptation explicite de la mort donnĂ©e par NĂ©mĂ©sis ? Le poète y affirme : «Tous les poisons de CircĂ©, tous ceux de MĂ©dĂ©e, toutes les herbes qui poussent sur la terre de Thessalie, et l'hippomane coulant des cuisses de la jument en rut, lorsque VĂ©nus fait souffler l'amour sur les troupeaux sauvages, si ma NĂ©mesis ne me jette pas un regard ami, dĂ»t-elle y mĂŞler mille autres herbes, je boirai tout». Bien sĂ»r, le problème se pose, quant au sens qu'il faut attribuer au terme ueneni du vers Nous y voyons, comme M. Ponchont dans la C.U.F., la signification de «poison»; l'allusion au suicide est, alors, Ă©vidente. Mais plusieurs commentateurs ont prĂ©fĂ©rĂ© donner Ă  ce uenenum le sens de «philtre», et plus prĂ©cisĂ©ment, compte tenu du contexte, de «philtre d'amour». C'est le cas notamment de M. C. J. Putnam dans son commentaire de Tibulle, et de A.-M. Tupet dans son ouvrage sur la magie. Ces vers ne seraient, donc, qu'une manière d'affirmer une soumission plus totale encore Ă  NĂ©mĂ©sis, puisque le poète se dit prĂŞt Ă  renoncer, Ă  cause des philtres, Ă  toute chance d'Ă©chapper Ă  son emprise (Sylvie Laigneau, La femme et l'amour chez Catulle et les ÉlĂ©giaques augustĂ©ens, 1999 - books.google.fr).

 

"loup"

 

Si l'image du loup connote Ă  chaque reprise chez Polybe la sauvagerie attribuĂ©e Ă  l'ĂŞtre humain, elle demeure nĂ©anmoins ambivalente. Elle traduit en effet deux contraires : soit la supĂ©rioritĂ© du sauvage dans sa fĂ©rocitĂ© implacable (Philippe V de MacĂ©doine), soit son infĂ©rioritĂ© lorsque le fauve est piĂ©gĂ© par une force supĂ©rieure Ă  la sienne (l'alliance des AthĂ©niens et des Romains rĂ©duisant Ă  merci les insulaires) (Sylvie Vilatte, Les lieux du compoprtement sauvage en Grèce, dans l'oeuvre histortique de Polybe, Les espaces du sauvage dans le monde antique : approches et dĂ©finitions, 2004 - books.google.fr).

 

Et comme s'il avait pris goût au sang humain, au massacre et à la trahison de ses alliés, il se transforma, non pas d'homme en loup, selon la légende arcadienne que cite Platon, mais de roi en tyran cruel.

 

Polybe, VII, fr. 13, 7, explique la transformation de roi en despote cruel de Philippe V de Macédoine «ayant eu goûté au sang humain», lequel s'est ainsi rapproché du monde sauvage (Yannick Muller, Le sang dans les récits de mutilations corporelle d'Homère à Didore de Sicile, L’Antiquité écarlate: Le sang des Anciens, 2022 - books.google.fr).

 

Le parallèle établi entre le lycanthrope et le tyran insiste ici sur la dualité de Philippe V, métamorphosé de bon roi en tyran (Gerbert-Sylvestre Bouyssou, Le tyran ou le banquet impossible, Le banquet du monarque : Dans le monde antique, 2022 - books.google.fr).

 

Acrostiche : PEAQ, P(h)Ă©aques

 

CORCYRE, actuellement Corfou, en face de l'Epire. Selon Diodore cette Ă®le avoit pris son nom d'une nymphe ainsi appelĂ©e qui avoit Ă©tĂ© enlevĂ©e par Neptune : Homère la nomme l'Ă®le des PhĂ©aciens ou PhĂ©aques. Elle a environ douze lieues de long, du S. E. au N. O., et seulement cinq dans la plus grande largeur. Un canal assez Ă©troit la sĂ©pare du continent (Edme Mentelle, urs de cosmographie, de gĂ©ographie, de chronologie et d'histoire ancienne et moderne: divisĂ© en cent vingt-cinq leçons, Tome 1, 1800 - books.google.fr).

 

Rome se trouvait dans une des situations les plus critiques qu'offre sa longue et sanglante histoire: Annibal venait de remporter la victoire de Cannes (215); Philippe, roi de Macédoine, se préparait à une expédition en Italie; l'Illyrien Démétrius avait en même temps fait défection. Cependant le consul Émilius commença par replacer sous le joug l'Illyrie, et par en chasser Démétrius. Les Corcyréens combattirent sous ses drapeaux; ils s'opposèrent aussi à l'expédition du roi de Macédoine, et s'adjoignirent au consul Flamininus contre ce roi, qui, sentant son impuissance contre les Romains, leur demanda la paix. Persée, fils de Philippe, rompit cette paix, qui était humiliante pour la Macédoine, et dans un premier combat défit les Romains, inférieurs en forces. Mais ils reprirent bientôt le dessus avec Paul-Emile, qui arriva à Corcyre pour agir de là contre Persée. Les Corcyréens fournirent un secours considérable. Paul-Emile livra une bataille sanglante aux Macédoniens, et les écrasa. Persée, vaincu et prisonnier, fut amené par Paul-Émile à Corcyre, où il y eut une entrée triomphale; après quoi Paul-Émile emmena à Rome le roi captif, qui mourut bientôt à Albe. Une nouvelle prise d'armes des Macédoniens ramena les Romains, commandés par Quintus Métellus. Les Romains furent vainqueurs, avec l'active coopération des Corcyréens. La guerre s'étant engagée entre Rome et la Grèce, les Corcyréens ne furent pas moins fidèles à leurs alliés dans cette guerre nouvelle, où ils se retrouvèrent aux prises avec leurs vieux ennemis les Corinthiens, qui avaient assassiné les envoyés de Rome. Les Corcyréens prirent place dans les légions du consul Mummius. Corinthe succomba, fut entièrement rasée, et la Grèce fut soumise (Louis Lacroix, Iles de la Greces, 1853 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 2110 sur la date pivot -180 donne -2470.

 

Epoque de Mykerinos, pharaon de la IVe dynastie (Nicolas Lenglet Du Fresnoy, Tablettes chronologiques de l'histoire universelle sacrée et prophane, ecclésiastique et civile, depuis la création du monde, jusqu'à l'an 1743, 1744 - books.google.fr).

 

L'histoire de Rhodopis de Naucratis, est encore plus extraordinaire et en ferait une Cendrillon antique : «Alors quelle se baignait dans le fleuve, un aigle enlève une de ses sandales quelle avait laissĂ©es sur le rivage et l'emporte jusqu'Ă  Memphis oĂą le roi est en train de rendre la justice en plein air. L'aigle fait tombĂ© la sandale sur les genoux du roi. Celui-ci Ă©merveillĂ©, par la beautĂ© de l'objet, fait rechercher dans toute l'Egypte la propriĂ©taire de la sandale. On la dĂ©couvre Ă  Naucratis et Rhodopis devint la femme du roi.» (C. Salles, Les Bas Fonds de l'AntiquitĂ©, ed. R. Laffont, Paris 1982) En rĂ©alitĂ©, Rhodopis fut affranchie (car il ne faut pas oublier que la plupart de ces ces hĂ©taĂŻres commençaient leur vie comme esclaves) par le frère de la poĂ©tesse Sappho, Charayos de Mytilène, qui versa une somme considĂ©rable cette femme d'une beautĂ© Ă©blouissante. Rhodopis a joui, au VIe siècle avant notre ère, d'une telle rĂ©putation, que l'on prĂ©tend qu'avec le dixième des revenus de son commerce elle fit fabriquer d'immenses broches en mĂ©tal que l'on installa devant le temple d'Apollon Ă  Delphes et mĂŞme, bien que ce soit chronologiquement invraisemblable, qu'elle fit construire la grande pyramide de MykĂ©rinos (Pierre Gouirand, Aristippe de Cyrène : le chien royal : une morale du plaisir et de la libertĂ©, 2005 - books.google.fr, Les neuf liures des histoires de Herodote prince et premier des historiographes Grecz, traduit par Pierre Saliat, Jean Roigny, 1556 - books.google.fr).

 

Les États thraces retrouvent leur indépendance dès le milieu du iiie siècle av. J.-C. Le royaume de Macédoine conserve les régions méridionales au sud des Rhodopes alors qu'Athènes contrôle les colonies sur les rivages du Pont Euxin et le sud-est de la Thrace, voisine de Byzance (fr.wikipedia.org - Thrace).

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