Les Thermopyles et Salamine

Les Thermopyles et Salamine

 

IX, 97

 

2175

 

De mer copies en trois pars divisee,

A la seconde les vivres failleront,

Desesperez cherchant champs Helisees,

Premiers en breche entrez victoire auront.

 

Les Champs Elysées conduiraient en Grèce.

 

"trois pars" : guerre médique

 

En Grèce, l'armĂ©e perse s'avançait divisĂ©e en trois corps : l'un suivait les rivages de la mer; les deux autres marchaient Ă  certaines distances dans l'intĂ©rieur des terres. Les trois mille vaisseaux chargĂ©s de vivres longeaient la cĂ´te, et rĂ©glaient leurs mouvements sur ceux de l'armĂ©e. Les mesures avaient Ă©tĂ© prises pour que cette immense multitude trouvât partout des subsistances assurĂ©es. De nouvelles troupes fournies par les nations soumises venaient tous les jours l'augmenter encore (A. J. Meindre, Histoire ancienne: disposee conformement, 1848 - books.google.fr).

 

Par une critique serrée du texte d'Hérodote, M. Munro obtient un dénombrement rationnel des troupes amenées en Grèce par Xerxès. Et d'abord le tableau que trace l'historien grec du rassemblement de Doriscos, foule confuse, inorganique, est en contradiction avec sa propre description de la marche de l'armée royale depuis Sardes. En réalité, les trente généraux perses, commandants de myriades, et les six hipparques (un par corps d'armée de 60.000 hommes) supposent une armée de 360.000 hommes qui composent l'ensemble des forces militaires organisées par Darius. Mais Xerxès n'en a pris avec lui que la moitié, trois corps de 60.000 hommes, commandés par Mardonius, Artabaze et Tigrane soit 180.000 combattants, avec une flotte de 660 vaisseaux (non point 1207). (Biblipgraphie, J. Charbonneaux : L'empire perse et l'Occident (The Cambridge Ancient History), Journal des sçavans, 1927 - books.google.fr).

 

"seconde" : retraite après Salamine

 

Artabaze, fils de Pharnace, joua un très-grand rôle à la cour de Perse sous Xerxès, & sous son fils Artaxerxe I. L'an 480 avant J. C. Artabaze, qui commandoit le corps des Chorasmiens & des Parthes, fut celui qui couvrit la retraite de Xerxès, après la perte de la bataille de Salamine, & qui le conduisit jusques sur les bords de l'Hellespont. II revint dans la Gréce, & commanda, avec Mardonius, l'armée des Perses en 479 avant l'Ére Chrétienne. On voit dans Hérodote que, si ce dernier eût suivi ses conseils à la bataille de Platée, les Perses se seroient rendus maîtres de la Gréce. Après la défaite de l'armée Persane & la mort de Mardonius, Artabaze sauva un corps de 40000 hommes, qu'il reconduisit dans l'Asie mineure, à travers la Macédoine & la Thrace. Neuf ans après, ou en 470, il fut choisi pour conduire une négociation secréte avec Pausanias, roi de Sparte, qui offroit de livrer la Gréce aux Perses. Ce Prince, se croyant outragé par le corps entier des Grecs, qui lui avoient ôté l'administration générale des affaires pour la donner à Aristide, sacrifia les devoirs les plus sacrés au desir de se venger. Xerxès, pour mettre Artabaze en état de conduire plus secrétement la négociation, le nomma à la Satrapie de la Dascylitide, qui comprenoit la Mysie & la Phrygie jusqu'à Éphése. Peut-être lui donna-t-on aussi alors la seigneurie des villes de Cius & d'Arrhina, qui étoient dans ce gouvernement, & que les Dynastes de Pont conservérent jusqu'à l'an 302 avant J. C. Artabaze fut choisi 10 ans après, en 460, pour commander avec Mégabyse, fils du célebre Zopyre, l'armée destinée à marcher contre les Egyptiens révoltés. Douze ans après, c'est-à-dire en 448, il étoit encore vivant, & il fut nommé avec le même Mégabyse pour conclure un traité de paix avec les Grecs, aux meilleures conditions qu'il seroit possible; car, leurs pouvoirs n'étoient point limités. Cet Artabaze, selon M. Fréret, fut le cinquième ayeul de Mithridate, qui est regardé comme le fondateur du royaume de Pont; c'est-à-dire, que ce fut lui qui l'établit d'une manière plus solide que n'avoient fait fes prédécesseurs. Artabaze devoit être né l'an 516 avant J. C. Il étoit âgé de 36 à 37 ans lors de la bataille de Platée; & il n'avoit que 69 ans, lorsqu'il conclut le traité avec les Grecs en 448. Florus dit qu'Artabaze étoit issu de l'un des conjurés; c'est-à-dire, des seigneurs Persans, qui se révoltérent contre leur Roi. Cette expression, prise à la lettre, supposeroit que son pere Pharnace étoit fils de l'un d'entr'eux. Quoiqu'il en soit, Artabaze, suivant le même M. Fréret, doit être placé, avec Pharnace son pere, à la tête des rois de Pont. Et, en effet, nous apprenons de Pline que le plus ancien roi de Pont, ou de la Cappadoce septentrionale, se nommoit Pharnace (François Sabbathier, Dictionnaire pour l'intelligence des auteurs classiques Grecs et Latins, Tome 4, 1768 - books.google.fr).

 

Retraite prĂ©cipitĂ©e de Xerxès avec une partie de son armĂ©e, peut-ĂŞtre d'après le conseil de ThĂ©mistocle, dont les motifs ne sont pas connus. Le manque de vivres, les maladies et le froid de l'hiver enlèvent beaucoup de monde : dĂ©sastres au passage du Strymon, oĂą pĂ©rit la plus grande partie des soldats, engloutis dans le fleuve dont la glace se brise (Jean Moeller, Cours complet d'histoire universelle: Ă  l'usage des collèges et des maisons d'Ă©ducation, Tome 2, 1861 - books.google.fr).

 

Artabazus, fils de Pharnace, seigneur illustre entre les Perses pour les actes du passé et principalement pour ceux de nouveau ès affaires contre les Platéens, étant capitaine général de six myriades que Mardonius avait choisies et retenues, convoya le roi jusqu'au passage, et, l'ayant mis en Asie, retourna sur ses brisées (Herodotus Halicarnassensis, Histoires, traduit par Pierre Saliat, 1864 - books.google.fr).

 

Artabaze commandait le deuxième des trois corps d'armée qui attaquent les Grecs. Lors de la retraite de Xerxès, il est possible qu'il y eût reformation des troupes.

 

"brĂŞche"

 

On appelle brèche de Roland une large coupure, ou port, qui permet le passage de l'une à l'autre partie de la chaîne des Pyrénées. Le nom de brèche de Roland vient de la légende poétique qui attribue cette séparation de montagnes à la furieuse épée du héros carlovingien. (Louis Figuier, La terre et les mers: ou description physique du globe, 1884 - books.google.fr).

 

L'histoire de Roland, de son épée merveilleuse Durandal, de la brèche qu'elle fit dans la montagne, «Brèche de Roland», et la mort héroïque du paladin, sont le roman raconté dans une centaine de poèmes consacrés aux «Thermopyles des Pyrénées»; mais Léonidas était un patriote et Charlemagne un étranger. L'envahisseur allemand devint le héros du roman français, et ses pairs et ses paladins sont l'héritage des poètes du Nord. Il n'en est point ainsi en Espagne. Là, le héros de Roncevaux n'est pas Roland, mais le chevalier espagnol Don Bernardo del Carpio. Charlemagne est l'envahisseur qui prit la ville chrétienne de Pampelune et le roi Alphonse le traitre qui livrà son royaume à l'empereur franc. Bernard del Carpio est même plus mythique que Roland et Olivier (Maures et Castillans, Revue britannique, 1899 - books.google.fr).

 

Xerxès arrive enfin aux Thermopyles, défilé fort étroit par où il devait passer. Léonidas, roi de Sparte, l'y attendait avec quatre mille hommes (John Murgatroyd, Instruction sur l'histoire, 1847 - books.google.fr).

 

La bataille des Thermopyles, l'un des plus célèbres faits d'armes de l'histoire antique et des guerres médiques, oppose une alliance des cités grecques à l'Empire achéménide en août ou septembre 480 av. J.-C. L'armée grecque, environ 7000 hoplites, tente de retenir l'armée perse de Xerxès Ier, laquelle compte, selon les estimations modernes, entre 70 000 et 300 000 soldats à l'entrée du défilé des Thermopyles qui commande l'accès à la Grèce centrale, le long de la mer Égée.

 

À la suite d'une manœuvre de contournement par les Perses, la plupart des Grecs — pris sur leurs arrières — abandonnent le champ de bataille à cause de la trahison d'un des leurs et seuls les 300 soldats spartiates commandés par le roi Léonidas Ier, ainsi que 700 soldats de Thespies sous les ordres de Démophilos, décident de combattre jusqu'au sacrifice, malgré une infériorité numérique prononcée, pour laisser aux Grecs le temps d'organiser leur défense. Cette bataille devient l'un des symboles de la résistance grecque à l'envahisseur car, grâce à elle et malgré la prise d'Athènes par les Perses, les Grecs conservent leur indépendance après leurs triomphes à Salamine, en septembre 480 av. J.-C., et à Platées, en 479 av. J.-C. (fr.wikipedia.org - Bataille des Thermopyles).

 

Il est plus glorieux de mourir sur la brèche en combattant pour la Patrie, que d'expirer sur la tribune en parlant pour le Public. [...] Mais un Capitaine est quelque chose de plus honorable qu'un Harangueur; une brèche est un plus beau théâtre d'honneur qu'une tribune; une blessure reçûe pour la patrie, parle mieux que toutes les langues des Orateurs, & un Ajax qui soutient & qui repousse les ennemis, vaut mieux Ă  mon avis que cent Thersites qui se tuent Ă  exhorter les peuples. Que j'ai de plaisir Ă  me figurer un de ces braves sur une brèche ! Il me semble que je le vois comme un LĂ©onidas dans le dĂ©troit des Thermopyles (Oeuvres mĂŞlĂ©es de M. Flechier, evĂŞque de NĂ®mes: Contenant ses harangues, complimens, discours, poĂ«sies latines, poĂ«sies françoises, &c, Tome 2, 1712 - books.google.fr).

 

Acrostiche : DADP, Dadi (P ?), village dans les environs du Parnasse et des Thermopyles

 

Rachova ou ARAKOBA, gros village situé sur la pente du Parnasse, renommé par la bonté de ses vins et la longévité de ses habitans; on voit tout près l'antre Corycius nommé Saran d'Anli par les indigènes; il sert depuis long-temps de rendez-vous aux brigands du Parnasse; moins renommé que celui d'Anti-Paros, il est beaucoup plus grand; il est assez vaste pour contenir plus de 3,000 personnes; il y a une grande salle de 330 pas de long sur 200 de large, toute remplie de stalactiles et de stalagmites superbes; cet antre forme pour aiusi dire le pendant de la caverne fortifiée d'Odysseus, qui ne la surpasse que sous le rapport de la difficulté d'y parvenir. Dadi, gros village, industrieux, auquel il y a quelques années on accordait 700 maisons. Bodonerza, petite ville, importante par ses fortifications modernes et par le voisinage du fameux défilé des Thermopyles, ainsi nommé des sources sulfureuses qui jaillissent dans ses environs. Nous ferons remarquer que depuis la glorieuse résistance opposée par les 300 héros spartiales à l'innombrable armée de Xerces, ce passage n'a presque jamais arrêté l'ennemi, ayant toujours élé tourné (Adriano Balbi, Abrege de geographie, 1833 - books.google.fr).

 

Typologie

 

Le report de 2175 sur la date pivot -480 donne -3135.

 

Epoque après la naissance de Sem, Cham et Japhet, fils de Noé, celui du déluge (Nicolas Lenglet Du Fresnoy, Tablettes chronologiques de l'histoire universelle sacrée et prophane, ecclésiastique et civile, depuis la création du monde, jusqu'à l'an 1743, Tome 1, 1744 - books.google.fr).

 

Le deuxiéme évenement que les Marbres de Paros rapportent au regne de Cranaus est le déluge de Deucalion arrivé dans sa quatriéme année, environ 1529 ans avant l'Ere vulgaire. Les Marbres disent simplement qu'il arriva une inondation, que les pluïes obligerent Deucalion de quitter la Lycorie & de se retirer à Athenes, où il sacrifia à Jupiter Sauveur. Herodote fait une ample description de ce déluge, dont il rapporte plusieurs circonstances. Cranaus ne regna que neuf ans, ayant été chassé par Amphiction, que quelques uns font fils de Deucalion, & les autres de Hellen; mais c'est à tort; & il vaut mieux croire que c'étoit un Athenien dont on ignore la famille. On ne sait rien de ses exploits, sinon qu'après dix ans de regne il fut dépouillé de la souveraineté par Erichton. Mais il tombe sous son regne quatre époques très-importantes, dont il est nécessaire de dire ici quelque chose. Amphiction, fils de Deucalion, regnoit aux Thermopyles, en la seconde année d'Amphiction Roi d'Athenes. Ce Prince voulant avancer le culte des Dieux & l'union des Grecs, procura une confederation de douze peuples, qui s'assembloient deux fois l'an aux Thermopyles, pour faire des sacrifices communs, & pour déliberer sur les affaires publiques & particulieres de chaque peuple. Ces assemblées se nommerent Amphictions du nom de leur auteur. On les appella aussi le conseil des Portes, à cause qu'il se tenoit au passage des montagnes, ou parce qu'on le tint enfuite à la du temple de Cerès, ou de celui d'Amphi&tion, qui furent l'un & l'autre élevés long-temps après dans le lieu le plus étroit des Thermopyles (Nicolas Lenglet Du Fresnoy, Methode pour etudier l'histoire, Tome 1, 1737 - books.google.fr).

 

Cf. l'amphictionie de Rhodes au quatrain IX, 92.

 

La Chronique de Paros, également appelée le Marbre de Paros, est une inscription chronologique grecque composée de trois fragments en marbre trouvés dans l'île de Paros; datée de 264-263 av. J.-C., elle a pour ambition de fournir une liste de tous les événements marquants du passé jusqu'à cette date. La Chronique de Paros est composée de trois fragments. Les deux premiers ont été vendus en 1627 à Thomas Howard, 14e comte d'Arundel, qui achète alors des marbres antiques pour décorer sa demeure. Ils sont publiés en 1628-1629 par le juriste et érudit John Selden. Au cours du XVIIe siècle, le fragment supérieur est employé pour réparer une cheminée; on perd alors sa trace. Le second morceau est offert en 1667 à l'université d'Oxford par Lord Henry Howard, petit-fils de l'acquéreur original; il se trouve depuis à l'Ashmolean Museum. Le dernier fragment, de taille moindre, a été découvert en 1897 et déposé au musée de l'île, où il se trouve toujours (fr.wikipedia.org - Chronique de Paros).

 

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